‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 181 sur 209 · TAN · texte numérisé non relu

TAN

ses DifEEmCKiS.

TâN

soot en Qsme dans un grand nombre d^arts. Ces cttîrs^ en général, moins épais et moins solides qae les cuirs forts, se distinguent par une plus grande souplesse. Parmi ces derniers on peut ranger ceux que Ton tanne par une méthode particulière en usage dans certains pays du nord , et à lauuelle on donne le nom de sippage ou mpprA à la damoiâe.

Après afoir suiisamment lavé et ramolli les peaux, on les plonge de suite dans un bain neufde chaux et on lesT laisse environ un mois* ou jasqu*i ce Qu'elles soient en état d*ètre débourrées; après le débourrement, le lavage et le travail au dievaiet, on les plonge dans un passement rouge , comme l*on eut pour les cuirs à Torge. Il ne s*agit plus ensuite que de les soumettre au tan* nage. On y procède de la manière suivante ; on coud les peaux sur les bords, on en iait des espèces de sacs ; on ne laisse qu'une ouverture, par laquelle on introduit du tan neuf et de 1 eau, et qu'on bouche ensuite em adievant de les coudre. Ainsi disposées en boules, les peaux sont placées dans des fosses ou cuves remplies de dissolution de tan ; on les comprime pour qu*elles soient entièrement submergées; on les retire tous les deux jours ; on les bat fortement pour que toutes les parties des sacs soient également mises en contact avec le tan. Deux mois de s<^ur avec celte seule écorce suflkent, dit-on, pour obtenir le but qu'on se propose. Ce cuir, trè$-*souple, très-nant, d'une couleur jaune clair, est un cuir à œuvres proi>rement dit, et ne peut jamais remplacer es cuirs forts.

On prépare encore les veaux minces, à l'usage des relieurs, par une méthode qui se rapproche beaucoup de celle que nous venons de décrire. L'usage que l'on fait de ce cuir n'exigeant pas qu*il soit résistant, les peaux de veaux mort -nés, celles en un Ofot, qui sont les plus minces et à bas prix, suflBsent pour cette préparation. Comme elles sont ordinairement aj^portées sèches, on les fait revenir en les jetant dans une fosse remplie d'eau, que Ton nomme ^cAon^^, où ou les laisse tremper pendant trois jonrs, après lesquels bn les travaille au chevalet et on les repasse dans l'échange, jusqu'à ce qu'elles soient suflisamment ramollies. On leur donne ensuite, successivement, les trois bains de chaux, mort, iidble et neuf; et dès que les poils se détachent, on les débourre et on les échame jusqu'au vif , au point aue le c6té de la chair soit prévue semblaole à celui de la fleur. On les replonge dans l'échange, on les presse de noureau au chevalet pour en ei traire la chaux ; ofl les mettait ensuite, autrefois, dans un bain d*eau chaude où l'on avait délayé de ÏM fiente de poule; on a substitué à ce bain une eau de son aigrie, on les j laisse en Fentretenant chaud jusqu'à ce qu'elles se prêtent et s'allongent, en ajant bien soin néanmoins de modérer la chaleur, pour empêcher qu elles ne se fondent et ne se réduisent en colle. AU sortir de ce bain, on

DiCTiONii. i>BS Imvb^tioiis. II.

les met dans de l'eau k laquelle on ajoute une corbeille de tan, et après les avoir agitées et retournées à plusieurs reprises, on les y laisse jusqu'au lendemain ; on les retire, on les fait égoulter sur dë& planches, puis on les coud par les bords A l'exception d'une ouverture par laquelle on introduit dans l'intérieur une suffisante quantité de tan; puis enfin on continue la couture jusqu'au point de ne laisser que de quoi passer la tige d'un entonnoir, au moyen duquel on les remplit de jus.de tan chaud. On lie ensuite l'ouverture avec une petite lanière prise sur les queues pour cet usage, et ou place sur on râtelier disposé sur une cuve, pour que l'eau filtre peu à peu k travers les coutures. On répète trois fois cette opération, toujours avec de nouveau jus chaud, ensuite on les découd et on les vide de leur tan. Cette opération porte le nom de cAîppagtf vraisemblablement par corruption du mot Mippage, méthode qui sert dans la préparation des peaux au tannage.

Cfûr façon de Ruiêie. — Préparé d'abord exclusivement en Russie» ainsi que son nom l'indique, ce cuir a été depuis trèsbien imité en Angleterre et plus récemment en France, par MM. Grouvelle et Duval* Duval. 11 est remarquable par sa souplesse, son inaltérabilité à l'air humide, au contact duquel il ne contracte point de moisissure, par son imperméabilité à l'eau et surtout par son odeur particulière qui en éloigne les insectes. Il doit ces deux dernières qualités, à ce ou'on l'impr^e d'huile empyreumatique de bouleau, qui contient elle-même une matière résineuse qui recouvre l'épiderme de l'écorce de cet arbre; matière découverte par H. Chevreul qui lui a donné le nom de BetuUne. La préparation du cuir de Russie appartient aux arts du tanneur et du corroyeur. Nous n'hésitons pas à penser que ce n'est point au tannage léger qu'on lui fait subir qu'il doit son imperméabilité et les autres qualités qui le font rechercher, mais bien à l'huile empyreumatique et à la résine de bouleau dont il est pénétré. Ce cuir est rarement employé dès qu'il sort des mains du tanneur, il est le plus souvent soumis ultérieurement à quelques préparations nécessaires pour le mettre en œuvre. Le corroyeur est chargé de ce travail

Cuir façon de Hongrie. — Ce cui r n'est point soumis à l'action du tan ; il doit sa conservation et son inaltérabilité aux matières grasses dont il est imprégné. Cette méthode de conserver les peaux, qui n*exige que deux mois de préparation est mise en pratique par des ouvriers auxquels on donne le nom de honaroyearê. Après avoir lavé, écorné, fendu les peaux, on les rase, on les trempe, on les foule k plusieurs reprises dans des solutions d'alun et de sel marin, et on les

fOMêe ou Êuif

On ne tanne pas les peaux de chèvres, de moutons, avec lesquelles on fait le parchemin, les peaux de veaux, de chevreaux et d'agneaux mort - nés destinées à la Ik-

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mcnONNAIRF

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brication du TéHn ; les peanx de boacs et de loaps ponr les tambours, Di les peaux d*Ane dont on se sert pour les timbales. Ces' peaux larées, écbarnées, sorties des plains à la chaux, mlées et lavées de noufeau, sont naisës à sécher sur la berse, pour les ero-

Eécher de se raccourcir. Lorsque la peau est ien sèche ou l'échame à sec, jusqu'à ce qu'il n*7 ait plus de chair et que ce côté soit semblable à celui de la fleur ; puis on procède au ponçage avec de la chaux éteinte en passant dessus fortement la pierre ponce. {Dictionnaire technologique^ art. Tinkaob.) Pour terminer l'article tannage , il nous resterait à parler des cuirs deRuaie^ des cuirs hongrois f de la mégisserie ^ de la cAomoiserie et du maroquin. Mais ce ne sont pas ]k précisément des découvertes^ et nous renvoyons aux traités spéciaux pour ces objets. Toutefois nous dirons que le maroquin se fait ordinairement avec les peaux dechèvres et même avec celles de moutons que Ton fait revenir pendant deux ou trois jours;

{mis on écharnet on épile à la chaux et l'on ait dégorger avec le plus grand soin. Lorsqu'on veut donner a ces peaux la teinte rouge, on les coud deux à deux en forme de sacs , la chair en dedans , puis on les passe dans un bain préparé à la chlorure d'étain,et ensuite dans un autre bain de cochenille. On rince, on tanne en introduisant du sumac dans le sac et le gonflant d'^ir. Enfin on agite ces peaux pendant quatre heures dans une dissolution de sumac.

L'art du mégissier consiste à préparer les peaux de moutons pour la ganterie ; au lieii du tan, il emploie le chlorure d'aluminium pour la conservation des peaux.

TAPISSERIE. — La tapisserie est une pièce d'étoffe faite à l'aiguille ou au métier avec des fils de laine, de soie ou autres, dont les diverses couleurs sont disposées de manière à former des dessins d'ornements ou de figures. Nous n^entreprendrons point ici d'entrer dans tous les clétails que comporte la fabrication des tapisseries, ce que nous avons dit aux mots Laines, Tbintuu, J>RAPs, Lin, Métiers âla jacquart, mettant sufiisamment le lecteur au courant de la fabrication et de la teinture des divers tissus ; nous nous contenterons de donner, d'après M. Bourquelot, un rapide historique des divers genres de tapisserie connus.

Ce genre d'ouvrage semble avoir été pra-* tiqué de toute antiquité. Au temps cle la guerre de Troie, il était déjà célèbre eu Asie, et surtout en Pbrygie, d'où est venu son nom d'opiM Phrygium acupictum. Ho* mère en fait mention en divers endroits.

Les Grecs suspendaient dans les temples des tapisseries peintes et historiées, et les Romains faisaient grand cas de ces tissus colorés qu'Us appelaient pictur4B textiles. Verres en mit quelques-uns au. nombre des curiosités dont ses palais étaient remplis.

Le goût des tapisseries persista à travers les événements qui signalèrent Tagonie de l'empire romain. Les historiens parlent de

tapisseries en décrivant le palais de Jusiinien. En Gaule, sous les Romains , la rille d'Arras était renommée pour les tissns de pourpre qu'on y fabriquait. Dès le ni* sîè* cle, les tapisseries furent employées \ la décoration des églises. Dagobert, qui prodigua dans la construction de la basilique de Saint-Denis l'or, l'argent, le marlM-e, les pierreries, ne fit point peindre l'intérieur de l'édifice : il couvrit entièrement les murailles et même les colonnes de tentures eoricbies de perles, et cette innovation eut une grande influence sur la décoration ultérieure des églises. L'usage des tapisseries s'étendit successivement et devint de plus en

flus commun, au préjudice de la peinture fresque. Les riches abbés tenaient à honneur d'étaler dans leurs églises les plus f;rands et les plus magnifiques tapis. D*après es règlements de l^bbaye de Cluny,. fondée en 910, les murs, les bancs, les sièges du monastère , dans la partie destinée aux étrangers, devaient être, aux jours de grandes fêtes, couverts de tapisseries. En 1095, le jour de Pâques, l'église de l'abbaye de Fleury fot, disent les historiens, convenablement ornée de tentures de soie.

Il est question , au x' et au xi' siècle , ie diverses fabriques de tapisseries. 11 y en avait une , vers 985, dans l'abbaye de âaint- Florent de Saumur. Les moines tissaient des tapisseries et les ornaient de fleurs et de figures d'animaux. En 1(35, on faisait à Poitiers des tapisseries et des tapis dont les dessins représentaient des portraits de rois et d'empereurs , des animaux , des personnages bibligues, etc. Les prélats d'Italie faisaient venir des produits de cette manufacture, et Guillaume V, comte de Poitiers, offrit au roi Robert, outre une grosse somme d'argent , de lui donner cent pièces de ta-

f>isseries,s'ii voulait favoriser ses projets sur Italie. En 1060 Gervin , abbé de Saint- Riquier , se signala par les tentures et les beaux tapis dont il enrichit son monastère; enfin on sait ou'il y avait , depuis le ix* jusqu'au XII' siècle , un grand nombre de ta* pisseries à l'abbaye de Saint -Denis , à celle de Saint-Wuast, au Mans, dans diverses églises de la Picardie et de la Normandie , À Saint-Martin du mont Canigou (Pyrénées- Orientales), etc., et l'on peut en conclure que la fabrication des tapisseries était alors tiès-commune en France.

On a tant parlé de la tapisserie de Bayeux, précieux monument qui existe encore, qu'il nous semble inutile d'en donner ici la description. Elle date du xi* siècle , et représente la conquête d'Angleterre par les Normands. La tradition et la plupart des écrivains qui s'en sont occupés l'attribuent à Mathilcfe , femme de Guillaume le Bâtard • c'est-à-dire à I» première reine normande de la Grande-Bretagne. Quelques-uns veu-> lent que la tapisserie de Baveux soit l'ouvrage d'une autre Mathilde, fille de Henri l"*, roi de France, d'abord femme de l'empecrur Henri V , puis du comte d'Anjou, Geoffiroj Plantagenct.

TAP

DES UnmiTIONS.

Paris avait , aoos le règne de saini Louis, des febriques de tapisseries dont les ou- Triers formèrent dans la ville un corps à part. Etienne Boileau , dans son liwt des Métiers , cite la corporation des tapissiers de tapis sarrazenois, qui imitaient dans teurs ouvrages la manière des Orientaoï. On voit ainsi oue Tart de la tapisserie pratiqué à Aleianarie , à Damas, au Caire* etc., imt une certaine influence sur TOccideot à Ja suite des croisades ; mais cette influence ne paraît pas avoir été aussi grande que Font prétendu quelques écrivains, et Ton a dit k tort que l'industrie des tapis était venue en Europe par les croisades. Saint Louis en- Toja des tapis aux princes musulmans ; et quand la rançon de Jean, fils de Louis de Maie, comte de Flandre, fait prisonnier en 1396 k la bataille de Nicopolis , fut pajrée à Bajazet, on donna à ce prince de ncbes tapisseries d*Arras, reprâentant l'Histoire d'Alexandre.

Au uv* siècle, les tentures en tapisseries furent très-rechercbées, et la manufacture de Saint-Florent de Saumur eut à lutter eonire celles qui s'établirent en Picardie et dans la Flandre. Dans un inventaire des meubles de Charles d'Orléans, il est question d'un iappix4 ffmagtSf oii sont représentés les Vices et les Vertus, les Joutes de Lancelot , iHistoire de Renaud de Montauban, la Destruction de Troie, l'Histoire de Thésée, etc. Ces ouvrages étaient fort anciens. Car le tapis de haute lisse représentant Thésée est mentionné dans une o&dule de Louis d'Orléans, du 11 janvier 1392 , comme ayant été acheté quelques années auparavant, moyennant la somme de 1,200 francs d*or. Le même prince fit faire des tapisseries par Jehan de Faudroigne et Jacques Dourdan(1393). Il est question de tapis sarrazenois à or, de l'Histoire de Charleroagne, laits poor le duc de Touraine, en 1396, et destinés «a château deBeauté par Jehan de Croizottes.

Au XV* siècle» la tapisserie à person* nages, ou historique , prit un grand développement. On la prodigua dans les églises, dans les monastères, dans les palais et les maisons des gens riches. Les bannières des saints, la tasse ou tablier dans lequel les maires mettaient les placets qu'on leur adressait , étaient ornés de broderies . à i*aignille. Les tapisseries provenant de la catnédrale de Montauban, à laquelle elles avaient été données par un évdque nommé Bespien, datent du xv* siècle. Elles repré* sentent en seize tableaux la Légende de saint Martin de Tours. L'église de Saint* Anatole de Salins possédait autrefois quatorze {lanneaux ue tapisserie de haute lisse faite à Bruges ; il n*en reste aujourd'hui que quatre. En 1^28, Simon de Crois était repareurde la tapisserie de Charles d'Orléans. En 1450, Nie. de La Ruelle, tapissier, fabriqua pour le consulat de Montpellier un bancal vert, sur lequel étaient tracées las armes de la ville. La cathédrale de Sens possède de belles tapisseries des XT* et XVI* siècles, qui heureusement ont

attiré dans ces dernières années fattention du Comité des arts et monuments. Jean Briche, avocat de Tours, qui écrivait en 1558, parle de belles étoffes en soie et en or, et de tapisseries au point et au métier, exécutées par Jean Duval et ses enfants, ouvriers célèbres an milieu du xvi* siècle. Des produits de cette époque ornent encore la cathédrale de Beauvais ; enfin il exista au musée de Dijon une tapisserie de la première moitié du xn* siècle, divisée en trois compartiments et représentant le siège de Dijon par les Suisses^ en 1513.

Les manufactures de tapisseries de Flan* dre et de Bruges avaient été pendant longtemps les plus renommées en ce genre.

Depuis le xvr siècle, la France put lutter avantageusement avec l'étranger. Un teinturier de Reims, Gillei GobtUn^ qui virait au temps de François 1**, fonda à Paris, en s'associent ses frères, la célèbre fabrique oui garda son nom. Cette faorique, que uobelin fut bientôt obligé d'abandonner fiftute de ressources suffisantes, passa en diverses mains. En 1690, elle devint la propriété d*un Hollandais nommé Gluck et d'un tapissier de Bruges, qui lui rendirent quelque éclat, et rétablissement, agrandi par le ministre Colbert (1666), prit le nom de Manufacturé royale de$ tapistaries et meii* Met de la eouronne. On j instalJa/ies ateliers* de bijouterie, de marqueterie, d ébénisterie, de peinture, de gravure, etc., qui furent dirigés par des artistes habiles. Le peintre Lebrun, mis à la tète de la maison des Gobelins, et Mignard, son successeur (1690), avaient élevé au rang d'objets d'art les produits de cette manufacture, lorsque la pénurie des finances força Louis XIV k la fermer. Elle fut rouverte sous Louis XV, et, d'après les conseils de Vaucanson, des améliorations importantes furent introduites dans la fabrication.

Au milieu do xthi* siècle, il j avait à 1» eour huit tapissiers servant chez le roi par quartier, et employés à la confection des meubles des palais royaux. Les fabriques les plus en réputation étaient celles des Gobelins, de la Savonnerie, celles de Rouen et de Be^game, où Ton faisait des ouvrages destinés aux pauvres gens; celles de Flandre et d*Oudenarde» celle de Bruges, celles de Venise, d'où soruient les brocarts et les cuirs dorés, celle de Beauvais, transformée par Colbert en manufacture royale et celle d'Âbbeville fondée par ce grand ministre. — Aujourd'hui l'art de la tapisserie a en partie changé de destination. Les papiers peints ont remplacé les étoffes tissées, pour la tenture ws murailles. On orne les meubles de tapisseries* et l'on couvre de riches tapis fabriqués à la mécanique le sol des palais et des maisons privées.

La manufacture des Gobelins, qui avait été déclarée nationale en 1789, et qu'on avait réservée uniquement à la confection des tapisseries, fut bientôt après fermée et demeura vacante jusqu à Van IX. En 1793,

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MCTKNOIAlflB

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ODliffa-llarépuidioue des StaCs-Ums, en payement du blé qu elle a¥ail fourni à la France^ de belles tapisseries de Bea^irais et des GobèBas. Le premier consal rouTrit les UobeliBS.4>n y copia des taUeaax de Gros, de GéraKi«el de Girodet, sous Tempire, et des peiotnesdeRnbenssous hBestaoratioD.

En IflU, oo entreprit la lSrt>rication des tapis façon «de Perse, et, dans la iDème année, l'etaMissement de la Savonnerie fut nni k celui des Gobelins. L'art de la tapisserie, rendu jAus bcile par radmirafaie invention de^/acqoart, a pris une grande extension et aofuîs une perfection remarquable ; la manuiacture (TAubussoa en particulier a pu iaire concurrence à la manufecture royaia. C*est dans cette dernière qu'on a teomioé un immense tapis destiné k orner la, gaande salle des Ambassadeurs à Versailles, et commencé en 1783. 11 est entouré de fleurs et d'arabesques. Aux quatre coins sont de gros bouquets de roses exécutés d'après les aquarelles faites par Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, et renfermant toutes les espèces de roses connues vers la fin du-xvm* siècle.

On doit rattacher k la tapisserie la soie brochée, les dentelles brodées à la main, la guipure, les étoffes k ramages et ces tissus avec lesquels étaient faits les ornements des prêtres, el dont on trouve de très-anciens et très^beaux exemples, k Sens et k Provins. (Extrait de Patria.)

TEINTURIs - La teinture est l'art de fixer des particules oelerantes k la snrftce des fibres textiles. Les matières textiles sont rarement employées daas leur état originel. Par la teinture, on leur communique une variété considérable de couleurs; mais pour cela il est essentiel qu'elles aient été soumises préalablement k différentes opérations : le lin, le chanvre, le coton sont soumis au blanchiment, la laine a« dessuintage, la soie au décreusage. — Fey. Lin, Laihk, Coton.

11 n'entre pas dans>notre cadre de donner un traité de l'art du teinturier, on trouvera dans ce Dittionnaire nombre d'articles. Îui s'y rapportent. Voyex Bleu de crusse, LàNc, Jaune, Outremer, Kervés, In- Diûo, Pastel, Brun, Garmn, Garance, etc. Mous nous contenterons de donner avec le Manuel Raret un aperçu des travaux aux-

2uels la teinture a donné lieu k diverses poques.

« La riche variété des couleurs de la nature, en éveillant chez Thomme dont elle flatte la vue le désir de les imiter, a dû faire naître les premiers essais de Vart de la Teinture^ qui, sans doute remontée laplus haute antiquité. Les sauvages eux-mêmes, après avoir choisi pour parure des plumes et des coquillages aes couleurs les plus vives, ont tenté de reproduire ces brillantes couleurs naturelles par des peintures fixées sur la peau et dont les impressions les plus riches, reser^ vées k la vanité des chefs, servent k les faire distinguer, en attirant les regards de la mul* titude. Il est plus que probable que la nature

offrant des substances colorantes dont rapplication devint facile aux peuples les moins avancés en civilisation, ces couleurs, d*abord imitées, furent ensuite perfectionnées par les nations plus policées, qui Tinrent après eux. Nous voyons ainsi que les Gaulois préparèrent des couleurs, et qu'il s'établit chez eux quelques espèces de teintures qui ds furent pas dédaignées des Romains. L art de la teinture a dû naturellement suivre les progrès de l'industrie ainsi que ceux du loxe.

c Les Egyptiens, au rapport de Pline, avaient trouvé un moyen de teindre cfoiafiit quelque analogie avec celui que nous employons pour les toiles peintes. Ce fut k Fèpoque de l'invasion d'Alexandre dans les Iodes, qu'on y teignit de différentes couleors les voiles de ses vaisseaux ; d'où Pline conclut que ce futauxindiens que les Grecs em- 1>runtèrent l'art de teindre les toiles, qui eur avait été jusqu'alors inconnu.

c D'après les belles couleurs que présentent les toiles des Indes, connues d'abord sous le nom de pers m, parce oue ce fut par le commerce avec la Perse ç|u'eiles nous parrinrent; il y aurait lieu de croire que l'artde la ieinlure avait été porté dans l'Inde à un grand degré de perfection; mais on voit dans le TrmU $ur les toUeê pemie$f par Duiay , oi^ se trouTe décrite la manière dont on les fabrique aux Indes et en Europe, que les procédés indiens, compliqués, longs et imparfûts, avaient été bientôt surpassés par l'industrie européenne, tant k raison de la correction du desstn que sous les rapports de la variété des nuances et de la simplification des manipulations. Cependant TËurope resta longtemps sans pouvoir égaler la vivacité de deux ou trois couleurs que les Indiens obtenaient de quelques substances colorantes particulières k leur pays, et qu'ils appliquaient sans art, k peu de fraisi et avec cette dextérité

Îue donne toujours une longue habitude, armi ce petit nombre de substances, il coovientsurlout de distinguer celle que sir Humphry Davy désigne par Vottrum des Boraaios, la pourpre des Grecs, regardée chez ces peu-

Sles comme la plus belle couleur et l'objet u luxe le plus recherché; les procédés de cette teinture ont été mieux conservés dans les monuments historiques que ceux des couleurs obtenues par d'autres substances colorantes. La pourpre, si célèbre parmi les anciens, dit le docteur Edward Bancrofl, dans ses Recherches expérimentales sur hsphfsi'

Sue des couleurs permanentes^ parait avoir té trouvée k Tyr, environ douze siècles avant Tèrc chrétienne : cette découverte, ùmeuse dans l'antiquité, de la pourpre de Tyr, contribua beaucoup k l'opulence de cette ville si renommée. On tirait cette teinture d'un coquillage univalve {murex) dont il y a deux espèces. Vitruve assure que la couleur différait suivant le pavs d'où provmait le coquillage; (jue sa couleur était plus foncée et approchait davantage du violet dans les pays du nord, tandis qu'elle était plus rouge dans les contrées méridionales: il «ouïe qu'on préparait la couleur en battant rani-

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DES INVENTIONS

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laf avec des mstrumeats de fer; puis, après roir séparé la liqueur pourpre du reste de animal, on la mêlait avec un peu de miel. uiraDt Bancroft, le co<iuillage se péchait ar les bords de la Méditerranée ; on faisait es incisions k la gorg;e de Taniroal» ou bien n le broyait tout entier, et on le tenait eniiite pendant plusieurs jours en dissolution aûs de l'eau et du sel, en renfermant le méloge dans des vases de plomb. La très-pe- (e quantité de liqueur que Ton retirait de baque coquillage, et la longueur du {irocédé e teinture, dont les opérations duraient au loins dix jours, avaient fait monter la pourra i an si haut prix, que du temps d'Auguste D nej)onTait «voir pour 1,000 deniers (enironTOO francs de i^otre monnaie) un demiilog. de laine teinte en pourpre de Tyr. lelte précieuse teinture fut presque partout iD attribut de la haute naissance et des diaillés. La pourpre servait de décoration aux iramiëres magistratures de Rome, juaqu'à «(]Qd les empereurs se fussent réserve le Irou delà porter ; bientôt elle devint le sym- K)\ed6 leur inauguration; et enfin la peine le mort fut décrétée contre ceux qui auraient »é porter la pourpre, même en la couvrant l'une autre teinture.

( Comme on employait différentes métholes pour teindre avec le suc de la pourpre, >a obtenait ainsi une grande variété de oulears de pourpre que 1 on distinguait par lilférents noms : la pourpre de Tyr avait, uiyaat Pline, la couleur du sang coa^lé ; & pourpre améthyste avait celle de la pierre le ce nom; uoe autre pourpre ressemblait la violette. 11 paraît que quelques*unes de as espèces de pourpre conservaient pen- ^iDt très*longtemps leur couleur ; car Plu- ^rque fait reinarqu^er, dans la Vie d'Alexan* Ire, que les Grecs trouvèrent dans le trésor lu roi de Perse une grande quantité de ourpre dont la beauté n'était pas altérée, uoiqu'elle eût 190 ans d'ancienneté.

Ledocteur Bancroft raconte qu'en 1683, un lomme qui gagnait sa vie en Irlande à marquer du linge avec une belle couleur ramoisie qu'il obtenait d'un coquillage ^arjn, trouva, après quelques recherches, ur les côtes des comtés de Sommerset et » (Galles, une grande quantité de buccins ui doonaient une couleur visqueuse blan- Mtre lorsqu'on ouvrait une petite veine rèsde la tête de l'animal; aes marques tites avec cette liqueur prenaient, au con* >ct de l'air, une couleur d'un vert tendre, ui passait ensuite par degrés , lorsqu'on exposait au soleil, a un pourpre très4>eau durable. En 1799, il. de Jussieu trouva ir les'côtes occidentales de la France un Blit buccin semblable au limaçon des jar*» îns ; et l'année suivante, M. de Réaumur iserva sur les côtes du Poitou ce même )quillage en grande abondance. Le même ituraliste trouva, en 1736, sur les côtes léridionales, la purpura^ seule espèce de lurei qu'on connaisse maintenant. Tous ?s coquillages fournissent un liquide qui •JSbède dans un degré plus ou moins émi-

nent les propriétés dont il vient d'être parlé. On peui conclure de ces dicowoerte»^ dit le docteur Rancroft, que nout avont tout U iecrei de la pourpre de TTyr.

c Ainsi, 1 opinion de ceux qui regardaient celte couleur, si fameuse par sa beauté, comme perdue, n'était pas fondée. Les coquillages qui fournissaient la liqueur colorante de la pourpre existent probablement avec autant d'abondance qu'autrefois, et ils ont été suffisamment désignés pour qu'on puisse les reconnaître ; en effet, indépendamment de ceux qu'on a trouvés dans rAmérique méridionale, jouissant de toutes les propriétés décrites par Pline et hs auteurs anciens, et dont il est dit, dans VHit^ ioire philoeophique et politique du Commerco des Indes j qu'on fit quelque emploi dans ces contrées pour teindre du coton, il fut découvert de semblables coquillages, en 1686, sur les côtes d'Angleterre, et depuis on en rencontra une espèce aux Antilles. Réaumur a fait plusieurs expériences sur les buccins trouvés par lui sur les côtes du Poitou. Duhamel en a fait aussi sur le suc colorant du coquillage qui doit porter le nom do

[)Ourpre, et qu'il a trouve en abondance sur es côtes de Provence. U a observé, ainsi que Réaumur l'avait déjà remarqué dans le suc colorant du buccin, que ce suc, d'abord blanc, prend une couleur vert jaunAtre, qui se fonce en tirant au bleu ; qu'enfin on le voit rougir, et qu'en moins de vingt minutes il devient d'une couleur pourpre très-vive ' et très-foncée ; or, la couleur pourpre des anciens avait ces caractères.

<c Si nous négligeons de nous procurer la

Î ourpre des anciens, si l'on n'a pas cherché tirer parti des expériences que quelques modernes ont faites avec succte k cet éçard, c'est que l'art de la teinture nous a enrichis de couleurs plus belles et moins chères. U est vrai que la découverte du nouveau monde nous a procuré la connaissance de

1>lusieurs substances tinctoriales, telles que a cochenille, le boisdeRrésil, le campécne, le rocou ; mais c'est k l'art de préparer l'alun et la dissolution d'étain, qui ravivent un

!;rand nombre de substances colorantes et es font briller d'un nouvel éclat, que nous devons surtout la supériorité de nos teintures.

c La découverte de l'orseille fut faite par hasard vers l'an 1300, par un négociant de Florence : ajant remarqué que l'urine donnait une belle couleur k une espèce de mousse, il fit des essais, et apprit k préparer l'orseille. Il tint pendant longtemps cette découverte secrète.

« Les arts continuèrent k être cultivés en Italie avec succès. En 14^29 parut à Venise le premier recueil des procédés employés dans les teintures, sous le nom de JVoranjr/ta deW urte dei tifUori^ dont il se fit une nouvelle édition en ISIO. Un certain Giavam Vmture Roeetti ayant voyagé dans les différentes parties de l'Italie et des pays voisins où les arts avaient commencé k ren^tre, pour s'instruire des procédés qu'on y suive:!

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MCTIOIWAIRE

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dans les ateliers de teinture, donna, soos le nom de Plictko , un recueil qui, selon Biscboff,est le premier où l'on ait rapproché les différents procédés de teinture, et t^ai doit être re^rcié comme le premier mobile de la perfection à laquelle a été porté depuis Fart de la leinlure, devenu maintenant un art chimique ; mais comme dans Plictko il D*est parlé ni de la cochenille ni de l'indigo, il parait probable que ces deux substances colorantes n'étaient pas encore en usage en Italie. Cependant l'Italie, et particulièrement Venise, posséda presque exelusivemeot cet art des teintures, qui contribuait à la prospérité de ses manufactures et de son commerce, et qui ne s'introduisit en France que plus tard et peu à peu. Gilles Gobelin établit un atelier de teinture dans le lieu qui porte encore actuellement son nom. On regarda cette entreprise comme tellement téméraire, au'on donna à l'établissement le nom de Fotie- Gobelin^ et le succès qu'elle eut fut un grand sujet d'étonnement et d*é-. mutation pour nos aïeux.

« La dè(H)uverte de la teinture en écarlate doit faire époque dans l'art de la'teinture, non-seulement par l'éclat qui caractérise cette belle couleur, mais encore par celui que l'on procure, au moyen du même proeiédé, à plusieurs autres couleurs.

« La cochenille était connue depuis peu de temps en Europe, lorsque l'on découvrit le procédé de Técarlatepar la dissolution d'étain. On raconte qu'en 1630, Corneil Debbrel observa, par un mélange accidentel, l'éclat donné par la dissolution d'étain à l'infusion éb cocnenille.

« L'usage de l'indigo, cette précieuse aoquisitionpour la teinture, fut d'abord proscrit en Angleterre sous le règne d'Elisabeth, et depuis en Saxe^ ce ne fut qu'avec beaucoup de peine que Vojà parvint à l'établir, tant l'iiH duslrie s'affranchit dif&cilement des entraves du pouvoir absolu. Enfin, l'administration chargée de la surveillance des arts et manufactures, s'occupant du soin de faire fleurir rindustrie française, eut recours aux moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour y parvenir, ceux de répaîndre Tinstruetion et les lumières.

« Dufay, flellot, Macquer, ont été successivement chargés de s'occuper de la perfection de l'art de la teinture, et leurs travaux ont

{puissamment contribué à ses progrès. Dufay ut le premier gui fit des recherches sur la nature des parties colorantes, et sur la force par laquelle elles adhèrent aux étoffes. Il examina Quelques procédés, et il établit les épreuves les plus sûres que l'on put trouver alors pour déterminer d'une manière prompte et usuelle la bonté d'une couleur. Hellot publia une description méthodique des procédés que l 'on exécute dans la teinture en laine ; c'est peut-être encore le meilleur ouvrage qu'on ait sur cet objet. Macquer a décrit avec exactitude, dans un traité spécial, la teinture de la soie ; il a fait connaître les combinaisons du principe colorant du bleu de Prusse ; il a cherché à en appliquer Tusage à la tein-

ture : il a donné un procédé pour commuoî-quer à la soie des couleurs vives par le moyen de la cochenille.

< Toutes ces recherches contribuèrent efficacement aux progrès de l'art de la teinture en France. Anuerson attribue à la perfection des teintures la supériorité que cpielques manufactures françaises ont conservée sur celles des nations qui possèdent cependant les plus belles laines ; et dans son ITûlery ofCommerce^ H. Home dit que c'est k l'Académie des Sciences que les Français doivent la supériorité qu'ils ont dans plusieurs art^ notamment dans celui de la teinture.

€ Les chimistes français depuis ce temps, en contribuant puissamment aux progrès de la science générale de la chimie, ont fiiit ftire un pas immense è l'art de la teinture ; aussi les industriels de tous les pays rattacheront désormais avec reconnaissance à cet art important et qui exerce tant d'influence sur la i prospérité du commerce, les noms depuis ongtemps célèbres deBerthoUetet Vauque* lin, auxquels sejoignent maintenant ceux de MM. Vitalis et Cnevreul. »

Nous terminerons cet article par une note insérée au BuUetin de la SociAé dCmeouragement (18<h9) sur de nouvelles machines employées dans la teinture (1). Ces machines ont été importées en France par M. Lé veillé , elles ronctionnent dans son

Srand et bel établissement de teinture à ouen. Elles sont au nombre de trois : la i)remière est une dégoi^euse concentrique, a deuxième une dégorgeuse excentrique , la troisième une machine à tordre ; toutes trois ont pour but le lavage et les manipulations que subissent les cotons en pente (ou écheveau) dans les diverses opérations de la teinture.

La teinture est un art mixte qui exige tout à la fois le concours de la mécanique et celui de la chimie : tel bain de teinture, quoique fort bien préparé, chimiquement parlant, ne produira que des nuances douteuses , marnrées , si les préparations qui ont précédé ce bain n'ont pas été bien laites ; au nombre de ces préparations sont les lavages, opérations toutes mécaniques, et qui cependant exigent bien des précautions. On conçoit , en effet, que si une pente de coton (écheveau pesant 150 à 250 gram.) qui sort d'une prépiaration quelconque n'est pas uniformément lavée, si certaines parties retiennent encore plus de cette préparation que d'autres, lorsqu'on la plongera dans le bain où elle doit absorber la matière colorante ou le mordant, elle Tabsorbera inégalement ; de là de mao* vais résultats. Or, comment se font ces lavages ordinairement ? Sur le bord de la rivière sont enfoncés en terre un certain nombre de tonneaux défoncés par le bout supérieur ; c'est dans ces tonneaux que les ouvriers se placent. Le coton à laver est déposé tout près de l'ouvrier : il le prend

(I) Celte note est de M. Bresson, iogéojcar civil à Rouen.

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