‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 182 sur 209 · TE · texte numérisé non relu

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DES INTENIlONa

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neate à penle , le passe dans la rÎYîère eo J agîUal plus ou moins pour bien l'épurer de toutes les matières dont ou veut le débarrasser ; puis il remet la peote à e6té de lui, en preed une antre , et ainsi de suite. On roit tout d*abord ce gu'une telle manipulation doit présenter d'irrégularité; eertaines pentes seront laYées, d^rgées à fond, d'autres le seront moins ; dans cba-

3 ne pente, U' partie que tenait Touvrier ans sa main n a pu se dégorger aussi bien que le reste , ce a quoi il remédie le plus liossible en la changeant de position; en* fin , ee qui e$t pins grave * c'est que ce IsTage, tout impanait qu*il soit , est péni- Me, long, et ^ lors coûteui.

Souvent, pour opérer un lavage plus complet, on plaee, a la suite les uns des autres, quatre, cinq, six et jusqu'à sept ou* ▼riersqui se passent chaque pente de co« ton de main en main , après 1 avoir agitée dans Teau. Pour les lavages après le jpjà9^ sage au chlore, ce mode est nécessaire* ment suivi , et néanmoins il est rare ou'après cette tfianipulation Todorat ne révèle pas encore la présence du chlore dans le coton, preuve évidente qu'il y a mieux à fiiire. Cest donc ce travail, coûteux et rarement parfoit , que M. Léveillé confie à mie macnine dite à dégorger. Elle se compose de deux paires de cylindres horizontaux en bois, d'environ 0*50 de longueur sur 0*15 de diamètre; un bAti en fonte reçoit cette double paire de cylindres et leurs accessoires , ee qui forme deux machines symétriques ou jumelles qui sont placées sur le bord postérieur d*un pont en bois établi sur la rivière , et dont la partie antérieure est occupée parles ouvriers «mployés au lavage et leurs ustensiles de transport pour les cotons. Le pont est mobile , on le monte ou on le descend sui- Tant que les eaux s'élèvent ou s'abaissent. Bans chaque machine , le cylindre inférieur a une de ses extrémités entièrement libret sacs cela on ne pourrait placer la pente de coton : l'arbre en fer qui le traverse et se confond avec son axe sort par l'autre extrémité ; il porte deux gorges qui se lofçent dans des collets attaches au bâti ; il est muni aussi d'un débravage et d'une roue dentée pour commander le cylindre supérieur qui en porte une semblable. La dislance de l'axe des cylindres inférieurs à la surface de l'eau est d'environ 0*40, telle enfin qu'une pente de coton , assise sur le cylindre , trempe dans l'eau d'uq

en fonte oui se meut autour d'un axe en fer parallèle et postérieur k celui des cylindres, ce qui permet d'écarter à volonté chaque cylindre supérieur de l'inférieur. Uu arrêt mobile sert à retenir le cylindre supérieur k une distance de6ou7cen.timètres

Sen Jant que l'on engage ou dégage îa pente, ^ans le travail, le cylindre supérieur pèse de tout son poids sur l'autre; cette pres-

sion est même augnuintée dîme partie du poids du châssis , et on peut lui donner telle intensité que l'on veut. C'est le cylindre inférieur qui commande le cj[lindre supérieur, parc^ue c'est lui oui reçoit l'action du moteur, et que ces deux cylindres sont armés de roues d'engrenage égales* à dentures profondes, afin de rester engrenées , quelle que soit l'épaisseur de la pente de coton engagée entre les deux cylindres.

S'il n'en était pas ainsi, si le cylindre inférieur ne commandait le cylindre supérieur que par entraînement, par frottement, il pourrait y avoir glissement, et les cotons eu souffriraient. Lorsqu'on place ainsi une pente de coton sur le cylindre inférieur, elle n'occupe d'abord qu'un très-petit espace eu largeur, quelques centimètres seulement ; mais à peine a-t-elle lait quelques tours» qu'elle s'est étendue en nappe mince sur toute la surface du cylindre sur laquelle elle roule, comme le fetsii un tissu. Pour contenir cet élargissement qui porterait le coton au delà des eitrémités des cylindres , des guides en fer rond sont placés un peu au-dessus de la surface de l'eau ; ils maintiennent cette largeur dans des limites convenables. Dans quelques cas, on qoute un compteur à sonnerie à chaque machine à dégorger ; on le règle de manière à sonner après viujst, trente, quarante tours de cylindre, suivant que le genre de marchandise l'exige; de cette manière, l'ouvrier est averti quand il doit mettre une nouvelle pente au lavage. Ce mécanisme n'est pas utile dans la plupart des cas, l'ouvrier étant suflSsamment prévenu ope le lavage est parfait quuid l'eau qui jaillit du coton est daire et limpide.

Pour son service ordinaire, M. LéveiUéa placé sur le même pont et sur une seule li*gne quatre de ces machines (deux machines doubles) ; il suffit de deux ouvriers pour las desservir, et quelquefois d'un seul. Les cotons à laver sont amenés sur le pont, derrière les ouvriers, au moyen de brancards. A mesure qu'une pente est lavée, l'ouvrier la jette sur un autre brancard ; les hommes n'arrêtent point, et chaque machine n'arrête tout juste que le temps nécessaire à enlever la pente lavée et à en mettre une autre.

Il est facile de comprendre comment le Iê^ vage du coton se pratique dans ce cas : la machine est arrêtée, dès lors le cylindre supérieur est écarté de 6 à 7 centimètres du cylindre inférieur. L'ouvrier prend la pente, il l'ouvre et la place sur le cylindre inférieur qu'il met en mouvement au^moren de l'embrayage, puis il abaisse le cylindre su-

Eérieur et l'abandonne ; la pente de coton aigne dans l'eau et s'y développe successivement par le mouvement des cylindres; l'eau en est continuellement expulsée par la pression du cylindre supérieur qui appuie dessus. Pendant que le lavage s'opèm ainsi, l'ouvrier va faire la même opération sur la machine voisine, et il parvient à alimenter deux dégorgeiKS, s'il s agit d'un petit lavage, el quatre s'il s'agit d'un grand lavage.

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parce qoe, dans ce dernier caSt le coton restant davantage sur la machine, l'ouvrier peut alimenter plus longtemps ces madiines.

Le lavage est d'une grande uoiformité et aussi parfait qu'on le veut» puisqu'il suffit de laisser cbaaue pente an quart ou une demi-minute de pius pour obtenir toute la perfection désirable ; il n'y a plus à redouter l'ioattention ou la paresse, ou bien encore la fatigue de l'ouvrier ; ce n'est pas loi Îui fait le lavage, il le surveille seulement. In une beure un seul homme lave une mue de coton (115 è 120 kilog.) grand lavage ; en trois quarts d*heure deux hommes larent une mute petit lavage, ce qui, pour être moins bien fait à la main, aurait exigé le travail de six hommes pendant une heure et demie ; un homme fait donc le travail de six dans ce cas.

Pour toutes les opérations dans lescfuelles il n'y a qu'à se débarrasser d'un liquide, cette dégorgeuse concentrique est excellente. Je l'appelle concentrique par opposition à la suivante dans laquelle le cylindre a un mouvement excentrique; mais s'il faut purger le coton de matières solides, en pouore, en copeaux minces, etc., comme il arrive lors(|u'il sort d'un bain de garance, où la matière tinctoriale en poudre, le liquide et le coton sont mêlés ensemble dans la même chaudière, alors la dégorgeuse que nous avons décrite ne pourrait servir ; la pression du cylindre supérieur rendrait les matières étrangères au coton plus adhérentes. Il faut enfin une autre machine, dans laquelle le mouvement de la main de l'homme, oui secoue la pente dans l'eau, soit imité. Cestce qui a été réalisé par la dégorgeuse excentri* que. Elle consiste en un cylindre horizontal en bois d'environ 0*35 de longueur et 0^25 de diamètre, dont l'axe de mouvement (arbre en fer) est parallèle, mais ne se confond pas avec l'axe de figure ; il en résulte que ce eyiindre sautille au lieu de tourner sur lui*' même ; la pente de coton placée dessus, et qui trempe en même temps dans la rivière, se développe successivement sur la surface du cvlindre, et subit un mouvement saccadé qui l'ouvre et la débarrasse des impuretés qu'elle contient.

Plus le mouvement de rotation du cylindre est rapide, plus la secousse qu'il donne au. coton est vive, ce qui fournit un moyen d'augmenter à volonté l'action de la machine. Quant è la disposition générale et au service, ils sont les mêmes que pour les dégorgeuses concentriques; deux machines jumelles, soit guatre cylindres, sont établies dans des bAtis en fonte sur le bord postérieur d'un pont dont la partie antérieure est occupée par les ouvriers et les agrès du service ; deux hommes suffisent au travail de cet assortiment.

M. Léveillé a encore introduit en France une troisième machine qui est un complément nécessaire aux opérations mécaniques de la teinture que nous venons de décrire ; c'est une machine h tordre les pentes dé coton, o*est-à-dire une machine à expulser

le liquide qu'elles peuvent eonteoir» soit en sortant de telle ou telle opération* soit eo sortant du rioçaffe* Cette opération se fait ordinaironent k la main ; l'ouvrier place la pente à tordre sur un crochet en fer rond fixé à la hauteur de sa tête dans un poteau vertical , puis la laissant pendre , il passe dans la partie inférieure un fort bAton de S9,k 40 centimètres de longueur en lui faisant dire trois, quatre ou dng tours, il tord ainsi cette pente dont le liquide est expulsé. Pour que l'extraction soit plus tomplète et plus uniforme, l'ouvrier recommence la manœuvre sur la même pente um: deuxième fbis, mais après avoir fait glisser la pente sur le crochet, afin que la toraen s'opère sur d'autres points. Cfette opération n'est ni longue ni difficile, seulement il n'est pas aisé d'obtenir un degré uniforme de torsion, et dès lors d'extraction pour toutes les pentes; puis il pourrait arriver

Su'un ouvrier brutal tordtt arec trop de >rce et altérât ainsi les colons.

C'est dans ces limites qu'il iaut regarder la machine è tordre comme ulUe. Eue se compose de deux forts crochets en fer rond ou en cuivre, disposés horizontalement eo face l'un de l'autre. Le premier a un mouvement de rotation qui lui est transmis par une courroie passée sur la poulie que poKe la tige de ce crochet ; l'autre n'a fioinl de mouvement de rotation; mais il ^isse parallèlement à lui-même dans une boite cyaodrique, et peut ainsi avancer vers le premier crochet ou s'en éloigner. La madune est réglée de telle sorte que, une fois que ce deuxième crochet est amené k une certaine distance du premier, un petit butoir soulève un déclenchement qui fait passer la courroie sur la poulie folle, ce qui produit la suspension du mouvement. Tout cela est monté sur un bftti en fonte dont la partie moyenne et inférieure est occupée par une bassioe en zinc pour recevoir le liquide extrait des pentes par la torsion. La manœuvre se fail de la manière suivante : l'ouvrier passe use des extrémités de la pente à tordre dans le crochet fixe, puis son autre extrémité dans le crochet mobile qui doit être à uue distance telle que la pente, ainsi placée, soi( légèrement tendue : alors l'ouvrier fait passer la courroie sur la poulie de commande ; aussitôt le premier crochet fait quelques tours et tord la pente. Mais il ne peut en être ainsi sans que cette pente se raccour-; cisse; dès lors le deuxième crochet, qui n'est retenu dans sa botte que par un cootre-poids suspendu à une corde, avance touiours à mesure que la torsion a lieu; mais bientôt le butoir soulève le déclao* chement, et la machine s'arrête. L'ouvrier détord la pente, l'enlève, en met une autre, et ainsi de suite tant qu'il y en a à tordre. Cette manipulation est pour le moins aussi longue, et plus peut-être que la torsion à la main, mais elle est plus régulière; toutes les pentes sont également tordues, et la tor* sioii ne peut dépasser le terme quiconvienL Les machines à dégorgei sont susceptibles

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d*aDe fbule d^applications aTaotagenses en teinture. C*est ainsi que M. LéveilTé emploie la dégorgeuae concentrique pour le passade des cotons à rbuiie* préparation que doivent subir tous les cotons pour la teinture grand teint (rouges, brunes, liias, etc. ); je dis à rhuile et au bain blanc, pour me conformer à Tusage* car le bain dans lequel on passe^insi les cotons est un mélange ahuile et d'une dissolution aqueuse de carbonate de soude, c*estrè^ire que c'est un véritable sa- Ton liquide non encore complètement formé.

Ce trarail se faisait autrefois à la main; l'ouvrier maiaiait le coton dans une terrine contenant le bain d'huile et d'alcali, un autre le tordait, et ainsi de suite jusqu'à la fin* C'était long et pénible, les cotons se trouvaient fatigués et rarement ils étaient bien uniformément atteints.

Si l'on considère que ces passages au bain d*huiie se répètent sans autre interruption qu'un passage à l'air et jusqu'à huit et dixibis, selon qu'on veut obtenir des nuances pi us ou moins intenses, plusou moins solides, on conçoit que cette manipulation doit être fort coûteuse, et qu'il est bien important de la faire mécaniquement. Ayant une machine à dégor^ ger donnle dans un seul bâti, et au-dessous de lUiaque paire de cjlindres une bassine en zinc dans laquelle on met le bain d'huile et d'alcali, on place la pente sur le cylindre inférieur, elle trempe dans le bain, et on met lamacbine en mouvement ; en moins d'une minute le colon est infiniment mieux imprégné, pénétré du liquide savonneux, qu'il ne peut l'être par le travail à la main. Un autre avantage fort important qui résulte de l'emploi de ce procédé mécanique, c'est l'économie d'huile.

M. Léveillé affirme qu'avec 60 Idlo^mmes d'huile il Uii autant qu'avec 100 kilogrammes, ce qu'il iknt attribuer à ce que cette huile, étant mieux battue, infiniment plus divisée, se trouve plus utilement employée : Taction mécanique facilite l'action chimique en augmentant les contacts ; il y a donc tout à la fois économie de matières et perfectionnement des résultats.

Ces machines, si simples, si légères, si peu coûteuses, ont été inventées par M. Pré- «tnotre. manufacturier à Harlem, en Hollande.

TÉLÉGRAPHIE. —L'idée de communiquer à de grandes distances a été connue et pratiquée des anciens. Dès la plus haute antiquité leslndiensseservaieutdesfeuxartificielspour signaux. Ces procédés; perdus dans la suite des temps, ont été retrouvés depuis. Nous donnerons un bref exposé de la composition de ces feux, connus sous le nom de feux bUmeê ée$ Indiens.

Feu bUme Indien. — Ce feu consiste en uoe poudre dont la composition a été tenue secrète jusqu'ici, parce que les Anglais, qui la connaissaient, en ont fait un okget de commerce , et la vendaient dans des boites eo bois aux astronomes français, qui en faisaient des signaux, etc. Le feu d une boite de dix pouces de diamètre et de quatre pouces de hauteur se voit à une distance de quarante milles en mer, pendant un temps

couvert et nébuleux, à la vue simple «c sans télescope. Voici quelle en est la préparation. On pulvérise et on mêle bien ensemble vingt-quatre parties de salpêtre, sept parties de fleur de soufre, et deux parties d'arsenic soufré ; ce mélange est renfermé dans des boites rondes ou carrées, fermées d'un couvercle du même bois, dans le milieu duquel on pratique une petite ouverture pour allumer la poudre. Pour transporter ces boites, on les colle tout autour, de même gue l'ouverture du couvercle, avec du papier, pour que la poudre ne puisse se disperser ; si ensuite on veut allumer une pareille boite, on coupe d'abord le papier qui couvre la jointure du couvercle, et l'on ouvre également l'ouverture du milieu ; par rette ouverture on allume la poudre avec une mèche ordinaire; la poudre s'enflamme tout à la fois sans explosion. Elle répand une lumière très-brillante avec un peu de fumée, qui oblige celui qui l'allume à se mettre au vent, pour éviter les vapeurs arsenicales. Une boîte de six pouces de diamètre et de trois pouces c|® hauteur brûle à peu près l'espace de- trois minutes, et l'on en peut apercevoir la lumière, peu avant le coucher du soleil, a une distance de trentesix mille toises. La lumière de ce feu est d'un éclat tellement brillant, qu'il blesse les yeux de ceux qui s'en approchent beaucoup, au point qu'il les rend, quelque temps incapables de distinguer les oqjets, et qu'ils éprouvent les mêmes efléts qu'on ressent après avoir regardé le soleil. Le prix de cette poudre est à peu près égal à celui de la poudre de canon ordinaire. Quant aux mèches, void la manière de les préparer : On pulvérise quatre parties de salpêtre raffiné, deux parties de poudre à canon, deux parties de cnarbon et une partie de fleur de soufre; et, après avoir bien mêlé le tont, on le passe au tamis. Cette poudre est mise dans des cartouches de papier de la longueur d'un tuyau de plume ; on ferme ces cartouches d'un papier collé fort, roulé autour d'un bâton oe la longueur d'un jusqu'à deux pieds. La poudre est foulée an moyen d*un morceau de bois d'égale dimension ; on attache ces mèches à un bftton de longueur convenable; im coupe avec des ciseaux le bord du papier, et 1 on allume la mèche au moyen d'une chandelle ou de charbons ardents. L'eflet ne manque jamais, et les mèches résistent au vent et à la pluie. Lors* Su'on veut les éteindre, il faut couper avec es ciseaux la partie enflammée. L'auteur, artificier à Marseille, propose pour ces mèches un mélange de huit parties de fleur de souire, quatre parties de salpêtre, et deux parties de poudre à canon , le tout réduit eo poussière une et bien mêlé ensemble. (Ajinalee des Arts et Manufactures, tome XL, page 312.)

Revenons maintenant à la TiLfeaAPma proprement dite. Cette importante invention, qui est appelée à laire en quelque sorte une révolution dans les relations politiques e* commerciales, doit être exposée ici avec

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tous les détails que son importance exige. Nous ne pouvons rien faire de mieux que de suivre Texceilent travail de H. Figuier» dont nous recommandons l'ouvrage à nos lecteurs. Nous laissons parler M. Figuier. « La télégraphie électrique, dont la réalisation parfaite ne date qiie de quelques années, est cependant d'une origine ancienne; il y a tout juste un siècle que les premiers essais de ce genre furent exécutés. L'idée d'appliquer l'électricité à la transmission des signaux est en effet si simple, q[u*elle vint naturellement à l'esprit des physiciens qui observèrent les premiers la rapidité prodigieuse avec laquelle le fluide électrique circule dans ses conducteurs. Mais pour plier aisément Télectricité aux exigences infinies des communications télégraphiques, il aurait été nécessaire de posséder une connaissance approfondie des propriétés de ce fluide. Or, pendant toute la durée du xvin* siècle, l'électricité ne fut que très*imparfaitement connue. Aussi , bien des tentatives, bien des essais inutiles furent-ils réalisés à cette époque ; l'idée de la télégra-

{)hie électrique fut dans cet intervalle cent bis abandonnée et reprise. D'ailleurs, en même temps que les physiciens s'efforçaient d'appliquer l'agent électrique à la transmission de la pensée, d*autres savants cherchaient la solution du même problème dans l'emploi de moyens en apparence plus sim<^ pies. Un grand nombre de mécaniciens s'occupaient d'établir un système rapide et régulier de correspondance, en combinant divers signaux formés dans l'espace et yU sibles à des distances éloignées. Les difficultés sans cesse renaissantes que l'on rencontrait dans le maniement pratique de l'électricité encourageaient naturellement les efforts des partisans de la télégraphie aérienne. Enfin, dans les dernières années du siècle, la persévérance et le génie d'un mécanicien français mirent un terme à ces luttes. La découverte du télégraphe de Chappe, qui remplit d'une manière si remarquable les conditions les plus variées et les plus difficiles de l'art, consacra le triomphe de la télégraphie aérienne. C'est alors que fut adopté et établi le système de télégraphes aériens qui couvrent aujourd'hui de leur réseau la surface de la France et des grands Etats de l'Europe.

€ Cependant , depuis cette époque , la physique s'est enrichie d'admirables c^n-

3u6tes; l'électricité a révélée nos savants es propriétés inattendues. Ces caractères, ces aptitudes nouvelles, si heureusement' découverts dans l'agent électriaue, ont permis de le manier et de l'assouplir comme le plus docile de nos instruments. Dès lors la télégraphie électrique a pu regagner le terrain qu'elle avait perdu, elle n a pas tardé è mettre en évidence son incontestable supériorité sur la télégraphie aérienne, et partout aujourd'hui elle tend à se substituer à sa rivale. Il sera donc nécessaire de comprendre ici, dans la même étude, l'histoire de ces deux inventions. Elles ont mar-

ché simultanément, s'atteignant, 9e dépa^ sant entre elles au milieu des fortunes le^

[ilus diverses, s'empruntant mutoellemeni e secours de leurs méthodes, se disputant à des titres divers le succès et la faveur pu^ blique. Leur marche, leurs progrès, leur$ peifectionnements successifs sont si étroites ment unis, qu'à les disjoindre, à les considérer isolément, on courrait le risqae d'être inexact ou inintelligible.

« Premiers eseaie de télégraphie. — .iiiMlofif . — Guillaume Marcel. — TeUgra^ acouêHque de dam Gauthey — Lies premiers essais sérieux de télégraphie ne daieiil que de la fin du xvii' siècle. Chez tous )ts peuples et dans tous les temps on a employé, il est vrai, divers systèmes de signaux destinés à transmettre rapidement des avis d'un {>oint à un autre; mais ces moyens, imparàits et grossiers, n'offraient aucune combinaison possible, ou du moins suffisante, pour exprimer plus de trois oo quatre pensées bien déterminées d'avance. L'art des signaux, que l'on rencontre ï (tivers degrés de perfectionnement chez toutes \es nations civilisées, ne pouvait en effet se déve\opper et s'étendre que par les progrès de Toptique. Pour écrire de loin, il faut voir de loio : la découverte des lunettes d'approche et des télescopes pouvait donc seule permettre ds créer la télégraphie.

« C'est à un physicien français , Amenions , que revient l'honneur d'avoir ap-

fliqué le premier les instruments d'optiqoe l'observation des signaux aériens. Dans YEloge (filmcmlofu, Fontenelle a décrit son invention avec assez d'exactitude : Peut-être^ dit Fontenelle, ne prendra'4'On que pour im jeu d'eipriif maïs du motne trie^-ingénieiàXt un moyen ou't7 inventa de faire $a»oir tout €$ qu^on voudrait à une tres-grande distance, par exemple de Paris à ilome, en iris^peu de tempst comme en trois ou quatre heures^ et même sans que la nouvelle fut sue dans tout Vespaee d^entre-deux. Cette proposition^ fl paradoxe et si chimérique en apparence^ fui exécutée dans une petite étendue ae pags^ uns fois en présence de Monseigneur ei une autre fois en présence de Madame. Le secret eoiuiitait à disposer dans plusieurs postes consécu» tifs des gens jut, par des lunettes de longuevue^ ayant aperçu certains signaux du poite précédent , les transmissent au suivant^ ei toujours ainsi de suite ^ et ces différents signaux étaient autarttde lettres d'unalphabtt dont on n'avait le chiffre qu'à Paris et à Rome, La plus grande portée des lunettes faisait le distance des poètes^ dont le nombre detél être le moindre qu'il fût possible: et comme le second poste faisait des signaux au trot' siime à mesure qu'il les voyait faire au pre^ mter, la nouvelle se trouvait portée de Paru à Rome presque en aussi peu de temps quii en fallait pour faire les signaux à Paris. < Amontons était un des physiciens les lus habiles du xvir siècle. Ses travaux sur e thermomètre à air, sur le baromètre conique et sur rhygrornétrie ont exercé i»ur les progrès de la physique naissante uae

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influence manifeste. Il élail né inventeur. Mais* s'il avait le ijénie qui dicte les déeoiH ▼elles, il était loin de réunir les qualités d'esprit qui font le snceès et la fortune des inventions. Hors de ses livres et de ses machines, c'était rhomme le plus gauche el le plus ennuyeux du monde. Ajoutez qu'il était sounL 11 ne voulut jamais essayer de guérir sa surdité; ilêttraucaU frim, dit Fontenelle, de ee redaublememi tatUniUm ei de reeueiile' WêeiU fu*elle lui jn-ocuraiif eembtabie emquel^ aueekoseàcet oHcienque Pan ditquieeereva iesyei$xpourn*iirepa$ dieiraii dans ses mé' diiaiianspkilosophufues. Ceci était admirable pour faire des découvertes, mais fort peu propre à en assurer le retentissement au dehors. Aussi est-il probable que la machine k signaux qu'il imagina vers 1690 serait restée à jamais inconnue, si le hasard ne s'en était mêlé.

c Mademoiselle Chouin, maîtresse du premier dauphin, fils de Louis XlV, entendit parier à Versailles de la découverte d'Amontons.Bn sa qualité de favorite, mademoiselle Chouin avait ses caprices ; elle eut la fimtaisie de voir fonctionner la machine du savant. Mais mademoiselle Chooin avait d'autres qualités : elle avait du coBur; elle s'intéressa k la fortune du pauvre inventeur ignoré ; elle ne manquait pas d'ailleurs d'un certain esprit d'intngue, ce qui fit qu'en dépit de nndolence et de Tapathie du dauphin, elle obtint de lui la promesse d'une expérience publique. L'expérience eut lieu dans le jardin du Luxembourg ; mais eUe tourna fort aaal. La présence du dauphin, les brillants costumes des seigneurs qui l'entouraient , tout cet étalage solennel et inusité tioublèrent le savant. Sa surdité augmentait sa eonfnrion. Il manœuvra tout de travers et ne put transmettre aucun signal ; le prince se mit k bâiller, et tous les courtisans de rimiter. La séance se termina sur cette triste impression. Cependant mademoiselleChonin ne se découragea pas : elle obtint une seconde épreuve, qui se fit en présence de la danphine. Cette fois les choses marchèrent Dieux; mais tout le crédit de la favorite ne put aller plus loin. Que pouvait-elle obtenir de plus de la nullité d'un prince oui, au rap^ port de Saint-Simon, depuis qu'il était sorti des mains de ses précepteurs, n*avaiU de sa Tte lu que rariiele Paris, dons la Gaxeiie de Frtmeef pour y voir lee mariaaes eilee marte f Amootons, découragé, abandonna sa découverte. 11 se consola de cet échec en prenant Claee, quelques années plus tard, sur les ancs de l'Académie des sciences.

« On a beaucoup vanté les encouragements et les honneurs qui furent accordés sous Louis XIV aux lettres et aux beaux-arts. U faudrait qonler, pour tout dire, que les sciences ne participaient guère à ces hautes laveurs. Quand Louis aIV eut fondé TAcadémie , lorsqu'il l'eut installée au Louvre, et qu'u eut ainsi fait aux académiciens la politesse royale de les recevoir #:bez lui , il se Crut SMiBsamment acquitté envers la science. Cinq ou six pensions ac-

cordées i quelques savants bien en cour , adulateurs emérites, de la trempe de Fontenelle ou de Fagon , en de rares occasions , quelques visites solennelles aux académiciens assemblés, voilà k peu près k quoi se réduisit la protection du grana roi. On cesse d'être surpris de la lenteur qu'a présentée , au xviii* siècle, le développement des sciences, quand on songe qu'elles avaient Fontenelle pour interprète et Louis XIV pour protecteur. On vient de voir comment fut accueillie l'idée d'Amontons, qui renfermait le germe de la télégraphie moderne ; quelques années après, un autre inventeur se présenta avec la même découverte, et il ne fut pas mieux traité. Cet autre inventeur s'appelait Guillaume Marcel ; il occupait k Arles la place de commissaire de marine. Après plusieurs années de recherches, il était parvenu k construire une machine qui transmettait des avis dans Tintervalle de temps <^'il aurait fallu pour les écrire. Les expériences faites k Arles, et dont le procès-ver* bal existe encore, ne laissent aucun doute k cet égard. Les mouvements de la machine s'exécutaient, dil*on, avec une rapidité égale k la pensée. En outre, Tappareil fonctionnait de nuit aussi bien que de jour ; il présentait donc le phénix tant cherché de la télégra-

Ehie nocturne. L'inventeur se refusa k pulier sa découverte ; il voulut d'abord la mettre sous l'invocation et la protection de Louis XIV. Marcel avait déjà servi, quoique indirectement, le grand roi. Avocat au conseil, il avait suivi M. Girardin à l'ambas-, aade de Constantinople ; nommé ensuite commissaire près du dey d'Alger, il y conclut le traité de 1677, qui rétablit nos relations commerciales dans le Levant. C'est en récompense de ses services qu'il avait obtenu la place de commissaire de la marine, à Arles. Il voulut donc présenter au roi l'hommage et les prémices de son invention : il lui adressa un mémoire descriptif avec les dessins de son appareil ; il ne demandait rieo d'ailleurs, et solliciuit seulement le transport de sa machine k Paris. Ce mémoire resta sans réponse ; le roi était vieux, il commençait k négliger pour les choses du ciel son royaume terrestre. Marcel écrivit lettres sur lettres aux ministres ; mais Colbert n'était plus Ik, il n'y avait plus que Chamillard, et le pauvre homme avait assez k faire avec la coalition européenne k combattre et madame de Maintenon à ménager. Marcel attendit longtemps. Enfin un jour, fatigué d'attendre et dans un moment de désespoir, il brisa sa machine et jeta au feu ses dessins. A quelques années de là il mou^ rut, emportant son secret. 11 ne laissa ni plan, ni description de ses instruments , et l'on ne trouva dans ses papiers que son Livre des signaux (Ciiaiœ ver aéra deeursio* net), dont sa femme et un ae ses amis avaient seuls la clef. Le nom de Guillaume Marcel est k peu près oublié aujourd'hui, ou du moins il n'est resté attaché qu'à quelques ouvrages qu'il a laissés, concernant 1 histoire sacrée et profane et la chronologie. C'était

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le premier chronologiste de son siècle. Il réuoissaity en effet, toutes les qualités de l'état ; sa mémoire tenait du prodige; le Journal d^ $avanit de 1678 (où il est désigné» par erreur typographiqne » sous le nom de Marcet) nous apprend qu'il faiâail faire Vexereiee à un baiaillony notnmani ioue les toldatâ par le nom qu'ils avaient pris en défilani une fois devard lui ^ et qu'il exécutait de mémoire une opération d'arithmétique, fùt*elle de trente tisures. On ajoute qu'il dictait à la fois à plusieurs personnes en six ou sept langues différentes.

« L'histoire des premiers essais de la télégraphie nous amène à dire quelques mots des expériences de télégraphie acoustique» faites en France vers la fin du siècle dernier.

« Le 1** juin 1782, l'Académie des scien- * ces tenait sa séance au Louvre» lorsque l'on vit entrer, conduit par Gondorcet» un moine revêtu de la robe des Bénédictins ; c'était dom Gauthey, religieux de l'abbaye de Clteaux. Dans les loisirs du clottre, il avait imaj^iné un moyen de correspondance entre les lieux éloignés, et il venait en faire l'exposition devant TAcadémie. Dom Gauthey avait vingt-cinq ans à çeine ; il était d'une taille élevée, et son visase était empreint d'une douceur et d'un charme inexprimables. Quand il prit la parole pour faire connaître les principes de son invention, son élocution contenue et çrave produisit sur la docte assemblée l'effet le plus heureux. Son succès fut complet ; il dépassa bientôt les limites de l'enceinte académique. Pendant quelques jours , le jeune bénédictin fut le héros de la cour et de la ville. Gondorcet écrivit à ce sujet un rapport plein d'éloges, et Louis XVI s*empressa d'ordonner l'essai public du système de dom Gauthey. Ce système consistait à établir, entre des postes successifs, des tubes métalliques d'une trèsgrande longueur, à travers lesquels la voix se propageait sans perdre sensiblement de son intensité. Dom Gauthey afflrmait pou- 'voir transmettre ainsi , dans une heure, un avis k deux cents lieues de distance.

« Les expériences ordonnées par Louis XVI eurent lieu dans un des tuyaux qui conduisent l'eau à la pompe de Chaillot, sur une longueur de huit cent mètres. Elles ne laissèrent aucun doute sur la vérité des assertions de dom Gauthey. A la suite de ce premier essai, l'inventeur demanda l'épreuve de son système acoustique sur une échelle plus étendue. 11 proposa de poser des tubes enchAssés les uns dans les autres de manière à former un tuyau non interrompu ; il prétendait ayec trois cents tuyaux de mille toises chacun pouvofr faire passer en cinquante minutes les dépèches à cent cinluante lieues de distance. Cependant cette expérience fut jugée ruineuse, et la munificence royale reculadevant les dépenses qu'elle devait entraîner. Dom Gauthey se tourna alors d'un autre côté; il ouvrit une souscription, tuais elle fut insuffisante pour couvrir les Irais probables de l'entreprise. L*engouement

du public avait disparu. Dans cette société frivole, les impressions se formaient et s'effaçaient avec la même promptitude ; le ca* pnce d'un jour avait élevé la fortune du jeune bénédictin, elle s'envola au premier souiQe contraire. Au bout de six mois, dom Gauthey était si parfaitement oublié, qu'il ne put trouver en France un imprimeur qui consentit à publier, même à prix d*ar{;ent, l'exposé de son système. £n désespoir de cause, le pauvre inventeur s'embarqua Tannée suivante \\out l'Amérique ; h y fit connaître sa découverte et demanda des souscriptions. Mais il ne put trouver qu'un imprimeur qui voulût bien publier fou Prospectus^ qui parut à Philadelotiie en 17KI.

« Les idées de dom Gauthey étaient cependant beaucoup plus rationnelles et plus pratiques qu'on ne le penserait peut-être au pre> mier aperçu. Rien n'indique dans la théorie mathématique du mouvement de l'air» que le son doiTe s'affaiblir en parcourant de longs tuyaux, et il est probable que les expériences de dom Gauthey, repnses d'une manière sérieuse, amèneraient d'utiles résultats. Le son parcourt trois cent çiuaraote mètres par seconde, ou trois cent six lieues par heure ; on conçoit donc que s'il peut se transmettre sans s altérer dans des tuyaux cylindriques, on pourrait obtenir, en disposant un certain nombre de postes aux distances convenables, un moyen de correspondance qui ne serait pas sans valeur. Nonseulement, en effet, les tubes propagent très-bien le son,' mais ils en accroissent singulièrement la puissance. Un coup de pistolet tiré à l'une des extrémités d'un tube fait entendre à l'autre extrémité le bruii du canon. If. Jobard a reconnu que le meuve* ment d'une montre, qui n'est pas sensible à la distance de seize centimètres, s'enleod très-bien au bout d'un tuyau métallîqiK de seize mètres, sans que la montre touche le métal et même lorsqu'elle en est éloignée de plusieurs pieds. Dom Gauthey avait d^è reconnu le même fait avec un tuyau de cent dix pieds. MM. Biot et Hassenfratz ont fût des expériences plus décisives encore et qui confirment parfaitement les faits avancés par le moine de Clteaux. Us ont reconnu qu'à travers des tubes souterrains la voix se propage sans rien perdre de son intensité à un kilomètre de distance (1). Le son pmit

(1) Ces curieuies expériences ont été futaâ l'aide des tubes cylindriques qui servent à réooilemeot souteriain des e«ul de Paris. Au moyen di ces tubes, M. Biot pat soutenir une conTeissUoni i^oix basse avee une personne placée à près d*u ki lomèire de disunce ; ni lui ni son inieriecsiev n'enrent besoin de poser rorellle sur le Uiyso, taM la perception était aisée. Les sons lenr parvesiieK dans toute leur pureté; on les eotendili mèmaéess fois trèi-distioctemeni : une fëis dans le lobe, nst autre fois à travers l'air extérieur.

c Les mots, dits aussi bas qoe lorsqnV» parie m f secret à Poreille , éuieni reçus ei apprtcies. ta f coups de pistolet, tirés à Tune des exirémilés, ocf casionnaient à Pautre une €iplo»ioa coosidera- I bte; l'air éuilt cbâssé dn luyaa avee asscx de Usm

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d*ailleiir8 se transporter à des distances considérables sans rinteriiiMiaire d*aucan coa-ducteur. Le docteur Arooldt raconte que pendant son retour d'Amérique en Europe a tx>rd du paquebot, tout à coup un matelot s*écria ou'il entendait le son des cloches. Ceci fit beaucoup rire l'équipage ; on était à cent lieues de la côte. Cependant le docteur prit la chose au sérieux. H remarqua qu'il régnait une brise de terre assez forte et

Sue dans ce moment la Toile du vaisseau tait concave. 11 se plaça au fojer de la Toîle et entendit parfaitement la volée des docbes. Il tint note du jour et de l'heure. Six mois après, de retour en Amérique, il apprit qu'au*jour et à l'heure qu'il avait notés, il y avait eu à Rio-Janeiro un branlebas des cloches à l'occasion de la f&te de la Tille. Un autre jour, le docteur Arnold, se trouvant sur le bord d'un lac de sept lieues de large, entendit d'une rive à l'autre le cri des marchands d'bultres et le bruit des rames. Au rapport de Franklin, des globes de feu formés par des météores à plus d'une lieue d'élévation dans les airs produisent, en éclatant à cette hauteur, un bruit que l'on entend sur la terre vingt-cinq lieues à la ronde (1). Le traducteur de FranUin igoute qu'il a entendu à Paris des coups de canon tirés à Lille.

« C'est d'après tous ces faits que quelques irsonnes ont cru à la possibluté d'établir

, jrjeiar,àpla|bd*ondeaiiHiièire, éeseorpa lé* c gen, al paar éteindre de« laniérêg... Edfin, aja«c leniles aoiears de cecieexpérieaoe • le •eoi mofttk • de ae pat être enieoda à eeuc disunce eût été de c ne Ms parier da loat. > (Mémolreê de la Société é'AreueH, U IL)

M. lobard a répété et a baiaooop étdada ces cxpérieacet. Il fit placer 600 pieJt de tnbe4 de xioe de 5 paaees de dlamèlre diat an vat te atelier. Cm Ivbes, dont Isa divenca perlioaa étaient mal jttinlae, JbnnaieDt entre ciix*ans6 coudes à aagle Ofoti; ils ■MmialcBtet deicendaîeni d'étage en éuge. «ne éaitie était snspendae aax mars • «lae aatra caacaéa sor le plancher. Platieart œntaîoes de personnes oot contiaié qa*oo s^entendaît ainsi narfiiitemaat, même en cassant à voix basse. Ce dentier f «il a mis bars de donte m point ope MM. Biotet Hiaieairatt a*avaient pas rénila : ew qne la brait extériear n'entrave pas les oammanications aeoastlqocs ; en efEet, pendant cette eipérience, dfs machines I vapeor marcbaîeat, des tdors, des limes ci des marteaux branlaient toes les étages de IV teKer, sans nnire ancanament à la perosplion dts

Des mgénienrs distingaés ont étadié, en Belgique, la qoestîon de l'éublissement des tnbes nconsûqnes. On a reconnu qna les conditions de aaecés résident dans la natnre àe^ tnbes, qui dO'vent être eooposés de métaux sonores et dans lear isoleottnt le pins complet possible par rapport au aol. Le gouvemement beige a depuis longtemps accordé raoïorisation d'éublir le kwg des rentes des labes de œ genre, il ii*eftt pas dontcnx qo*oa ne pàt pnnrenir i eorfe»pondre ainsi entre des villes fort éWfnécs rnoe de raatre. Le savant Babbago ne fait mrt de caaaer de Londres avec aaa per- MHme résiitont à Uverpool , qui en est éloif née de 70 lienes. Rnmibrd ruit pins bardi : U pensait que U voix bnmaine peut francbir ainsi des centaines delieoffs.

(I) Lettre de Franklin do 20 jollict f 702.

des tél^;ra|Aes nar le langage parlé. Il serait Ikcile, selon le ciocteur Arnoldt, de créer un service télégraphique fondé sur ces principes. Tout Fappareil consisterait en une sorte de miroir métallique concave placé sur une émînence à l'une des extrémités de la ligne; puis k quelques lieues delà, à Tautre extrémité de la ligne, un porte-voix parabolique serait dirigé vers cette surface. On recueillerait les sons envoyés par le

Eorte-voix en se plaçant au foyer du miroir, e serait Ik évidemment un moyen de cor* respondance fort peu dispendieux. Malheureusement la démonstration pratique a manqué jusqu'ici au système proposé par le docteur Arnoldt.

< Le désir de jusIiQer les idées de dom Gauthey, à peu près oubliées aujourd'hui, nous a entraîné à une digression un peu longue. Revenons à la série des essais télégraphiques.

« Première applieaSion de réleeiriciié à la iransmiêiUm de$ êignaux. — Leeage. — £ofnoMd. — Reiser, — Béianeaurt. — François Salva. — Retour A la télégraphie aérienne. — Linguet. — Dupuis. — Bergstraeeer. — La découverte des phénomènes généraux de l'électricité vint bientôt changer la direction des essais entrepris jusqirk cette épo- Îue pour la création ou le perfectionnement e l'art des signaux.

a Les phénomènes de l'électricité statique ne sont connus que depuis le milieu du siècle dernier. C'est vers l'année 1750 oue Grey en Angleterre et Dufav en France uécouvrirent les premiers les bits qui devaient servir de base à toute une science nouvelle. L'observation du transport à distance de Télectricité, celle des corps conducteurs et non conducteurs, les curieuses propriétés de rétincelle électriçiae» tous ces faits si remarauables et si nouveaux avaient excité au plus haut degré l'attention des savants. Les découvertes arrivaient de tous les côtés. Mussenbroëk construisait la bouteille de Leyde ; Lemonnier observait les singuliers eflets de l'électricité statique sur le corps de Tbomme et des animaux, Franklin essayait d'apprécier la vitesse de transmission de l'électricité, et il vovait avec un étonnement profond ce fluide franchir, dans un temps mappréciable, la distance rie deux lieues Peu de temps après, il découvrait au sein de l'atmosphère la présence de l'électricité libre ; préludant à la plus éclatante des découvertes humaines, il s'apprêtait à aller conjurer au sein des nuées orageuses les terribles effets de l'électricité météorique. Au milieu de cet élan général vers l'étude des phénomènes électriques, il était impossible que l'idée si élémentaire et si simple d'appliquer Télectricité à la transmission des signaux ne vint pas à se produire. Dès Tannée 1750, on avait, dit-on, conçu, en Angleterre, l'idée d'un télégraphe mis en action par l'électricité ; cependant ce projet resta sans exécution. L'honneur «ravoir réalisé pour la première fois cette belle application des pnénomènes électriques a|>«

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eirtient à un savant genevois d'origine ançaise » nommé George$ - LeuU Lesaae.

C'était un physicien habile qui a laissé des travaux estimés ; il vivait à Genève du produit de quelques leçons de mathématiques. Cest vers l'année 1760 que Lesage coogut le projet d'un télégraphe électrique qu'il établit à Genève en VI*Ik. Cet instrument* qui ne pouvait être qu'un appareil de démonstration et dressai, se composait de vingt-quatre fils métalliques séparés les uns des autres et noyés dans une substance non conductrice. Ghague fil allait aboutir à un électromètre particulier formé d'une petite balle de sureau suspendue à un fil de soie. En mettant une machine électrique ou un bÂton de Terre électrisé en contact avec l'un de ces fils» la balle de l'électromètre qui y correspondait était repoussée, et ce mouvement indiquait la lettre de Talphabet nue l'on voulait désigner d'une station è lautre.

« Lesage était en correspondance suivie avec les savants les plus distingués de l'Europe, et particulièrement avec d'Alembert. C'est ce dernier sans doute qui lui suggéra l'idée <ie faire hommage de sa découverte au grand Frédéric qui aurait aisément fait la fortune de Tinvention. Lesage se proposait en effet d'offrir sa découverte au roi de Prusse ; il avait même préparé la lettre suivante, qui devait .accompagner l'envoi de ses iïistruments :

c Ma petite fortune est non-seulement suflic santé pour tous mes besoins personnels , c mais elle suflit même à tous mes goûts » ■ excepté un seul, celui de fournir aux be- « soins et aux goûts des autres hommes. • C% désir Ift, tous les monarques du monde € réunis ne pourraient me mettre en état c de le satisfaire pleinement. Ce n'est donc € point au patron qui peut donner beaucoup c que je prends la liberté d'adresser la déP- « couverte suivante , mais au patron qui c peut en faire beaucoup d'usage. »

< Hais Frédéric se trouvait à cette époque au milieu des embarras de la guerre de sept ans; Lesage abandonna son projet.

< Cependant l'idée de la télégraphie élec* trique avait déjà si bien pénétré dans tous les esprits, qu'on la trouve, quelques années après, réalisée k la fois en France, en Allemagne et en Espagne. En 1787, un physicien, nommé JLomond, avait construit à Paris une petite machine à signaux fondée sur les attractions et les répulsions des corps électrisés. C'est ce que nous apprend Arthur Young dans son Voyagt en Franct :

« M. Lomond , dit-il, a fait une découverte remarquable dans VélectrtcUé. Voue écrivez deux ou troii mots sur du papier^ il les prend avec lui dans une chambre^ et tourne une machine dans un étui cylindrique au haut duquel est un électromitre avec une jolie petite balle de moelle de plume ; un fil iarchal e$t joint à un pareil cylindre placé dans un apporte" ment éloigné^ et sa femme , en remarquant les mouvemtnls de la balle qui y correspond, écrit

les mots qu'ils indiquent ; d^oAU paraU quil a formé un alphabet du mouvement. Comau la longueur du fil d'archal ne fait aueusts différence sur Ceffet , on pourrait eniretesUr une correspondance de fort loin^ par exemple^ avec une ville assiégée , ou four des objets beaucoup plus dignes d'attention ou mille fois plus innocents. Quel que soit l'usage quon en pourra faire ^ la découverte est admirable. 9

« En Allemagne , Reiser proposa en 1794 d'éclairer à distance , au moyen d'une décharge électriaue , les diverses lettres de l'alphabet, que ron aurait découpées d^avance sur des carreaux de verre recouverts de bandes d'étain. L'étincelle électrique devait se transmettre par vingt -quatre fils corres-* pondant aux vingt-quatre lettres ; on aurait isolé les fils en les enfermant sur tout leur parcours dans des tubes de verre.

« En Espagne, Bétancourt avait déjà essajé en 1787 d appliquer l'électricité à là production des signaux, en se servant de bouteilles de Leyde, dont il faisait passer la décharge dans des fils allant de Madrid à Aran^uez. Mais, quelques années plus tard , la télégraphie électrique était beaucoup plus avancée dans le même pays. En 1796, François Salta établit à Madrid un télégraphe électrique. François Salva était un médecin catalan qui s'était acquis dans la Péninsule une grande réputation par le courage et la persévérance qu'il avait montrés comme propagateur des progrès de la vaccine. Il lutta pendanl touie sa vie contre l'ij^norance du peuple. Ce médecin, qui savait, comme on le voit , reeonnattre et servir les découvertes utiles, présenta à l'Académie des sciences de Madrid un mémoire sur l'application de réledricilé à la production des signaux. Le priiice de la Paix voulut examiner ses appareils, et • charmé de la promptitude de leurs effets, il les fit fonctionner lui-même en présence du roi. A la suite de ces essais , l'iafaot don Antonio , fils de Ferdinand, fit construire, dit-on, un télégraphe semblable qui embrassait un espace très-éteudu.

c Toutefois, hàtons-nous de le dire , un télégraphe électrique, fondé sur les seuls phénomènes d'électricité que l'on connaissait à la fin du dernier siècle, ne pouvait , dans aucun cas, être considéré comme un appareil sérieux. On pouvait en faire une curieuse machine de cabinet , un instrument propre à fournir quelques expériences intéressantes, mais il était impossible de penser à rappliquer au dehors a une correspondance télégraphique. A cette époque , on ne connaissait en effet, que l'électricité statique^ c'està-dire celle qui est dégagée parle Irottement ou fournie par les machines électriques et la bouteille de Leyde. Or, l'électricité provenant de cette source ne réside qu*à la surface des corps qu'elle occupe, et tend continuellement à s'en échapper. C'est une électricité animée d'une girande tension, comme on le dit en physique. Il r^ésulte de là qu'elle abandonne sia conducteurs sous

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rinfluenee des causes les plos indifféreoCes ; Taîr humide, par exemple» suffit pour la dissiper. Uu ageol aussi difficile k manier et à contenir ne pouTait donc , en aucune laçoo, être utilisé pour le serfice de la télégraphie. C'est dire assez que toutes les tentatiTes laites jusau*à la tin du siècle dernier pour plier l'électricité au besoin de la correspondance durent être frappées d'une impuissance radicale. Après trente ans de traTaux et de recherches inutiles, on al>andonna cette idée comme impraticable , on fut contraint de revenir aux signaux formés dans l'espace et yisibles à de grandes distances. C'est k cet époque , c'est à la suite de ces travaux infructueux , que le télégra-

{»he aérien aujourd'hui en usage en Europe ut découvert en France par la patience et le génie de Claude Chappe; mais, avant d'en venir à une découverte qui a si dignement marqué dans l'histoire de la civilisalion moderne, il convient de signaler quelques recherches intermédiaires qui l'ont précédée, sinon préparée.

« Dans ses Mimoire$ sur la Baêtille , le journaliste Linguet revendique l'honneur de la découverte du télégraphe français. Par suite de son humeur agressive et inquiète, Linguet passa , comme on le sait , plusieurs années de sa vie à la Bastille. Dans les loisirs forcés de la captivité, son ardente imagination continuait de se donner carrière. Comme il s'était occupé de tout, Linguet avait fait quelques études sur la lumière ; il a même publié quelques pages sur cette question. C'est à la suite de ses observations d'optique qu'il fut conduit à imaginer un plan de télégraphe aérien. II proposa au gouvernement d'en révéler le secret en échange de sa liberté ; il ne donnait cependant aucune description de sa machine , disant seulement qu'elle avait beaucoup d'analogie avec un outil très-employé dans les ateliers. On ne voulut pas écouter le journaliste, et peu de temps après le ministère le laissa sortir sans conditions. Une fois dehors, Linguet oublia sa d^uverte : il ne s'en souvint qu'au bout de plusieurs années, pour revendiquer visà-vis de Claude Chappe la découverte .du télégraphe.

« En 1788, l'auteur de YOrigine des cultes^ François Dupuis, habitait Bel leville, tandis que son ami Fortin avait 6xé sa résidence i Bayeux. Pour correspondre avec son ami k travers la distance de plusieurs lieues qui les séparait, il imagina et fit placer au-dessus de sa maison une machine télégraphique.

Cette machine devait avoir quelque valeur, car elle a subsisté longtemps. Cependant , à l'apparition du télégraphe de Chappe , Du^ puis la fit enlever.

« En Allemagne , un satant de Hanau , nommé Bergstrasser^ a consacré ^ vie presque entière à Tétude de la télégraphie. Il a écrit sur ce siqet quelques ouvrages estimés el a construit un très-grand nombre d'appareils télégraphiques. Le mérite principat de ses travaux se trouve dans les perfectionne-

ments qu'il a apportés au vocabulaire de la correspondance. Il représentait les mois par des chiffres ; seulement, comme le système ordinaire de numération aurait exigé un trop

Srand nombre de caractères, il iaisait usage e Tarithmétique binaire ou quaternaire, qui n'emploie que deux ou .quatre signes pour représenter tous les nombres. C'est le système qu'ont adopté plus tard les ingénieurs anglais pour leur télégraphe aérien.

« Cependant Bergstrasser se proposait moins ue construire un télégraphe que d'expérimenter les divers moyens de transmettre au loin la pensée. 11 avait étudié dans cette vue tous les procédés de correspondance imaginés avant lui. 11 employait le feu , la fumée , les feux réfléchis sur les nuages, l'artillerie, les fusées, les explo* sions de poudre, les flambeaux, les vases remplis cTeau , signaux des anciens Grecs , le son des cloches, celui des trompettes et des instruments de musique, les cadrans, les drapeaux. mobiles, les fanaux, les pa* villons et les miroirs. Nous n'avons pas besoin de iaire remarquer tout ce qu'avait d'impraticable la combinaison de tant de moyens. L'arithmétique binaire exise que l'on répète un très-grand nombre de fois les deux signes qui représentent les différents nombres , lorsque ces nombres sont un peu élevés ; il résultait de là que , pour transmettre une phrase de quelques lignes , il fallait reproduire à l'infini le même signal. Si l'on faisait usage du canon ou de fusées, pour une phrase composée d'une vingtaine de mots, Bergstrasser faisait tirer vingt mille coups de canon ou vingt mille fusées. L'excentncité allemande ne perd pas ses droits ; Ber(;$trasser fut un moment sur le point de voir adopter ses vingt mille coups de canon. Il ne manauait à sa gloire que d'avoir composé un télégraphe vivant. C est ce qu'il fit en 1787 , en dressant un régiment prussien à transmettre des signaux.

Les soldats exécutaient les manœuvres télé-

{graphiques par les divers mouvements de eurs bras. Le bras droit étendu horizontalement indiquait le numéro un ; le gauche Iriacé de la même manière , le numéro deux; es deux bras ensemble, le numéro trois ; le bras droit élevé verticalement , le numéro quatre, et le bras gauche en l'air, le numéro cinq. Ces télégraphes animés ont manœuvré en présence du prince de Hesse- Cassel. Le régiment obtint un succès de fou rire. A part ces bizarreries , Bergstrasser a rendu à la télégraphie des services sérieux. Ses calculs pour la combinaison des chiffres représentatif des mots étaient d'une rare justesse. Sa prévoyance n'était jamais en défaut. Il embrassait même le cas où les interlocuteurs ne pourraient s'apercevoir entre eux, bien qu'ils fussent assez près pour se toucher. Alors il armait leurs mains d'un miroir avec lequel ils dirigeaient les reflets du soleil sur un objet placé à l'ombre ; la répétition de ce signal a intervalles fixes était, dans ce cas, la base do l'alphabet.

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c Un autre oKginal, le b^ror^ Boucheiteder» paratt avoir été jaloux de Tuoe des inventions de Berg^strasser , c'est-è-dire de ses télégraphes animés. Il était colonel d'na réffiment de chasseurs hollandais, et eu 1795, il dressa ses soldats à des manœuvres télégraphiques. La moitié du régiment déserta , Tautro moitié entra à l'infirmerie. Au sortir de Thôpital, les soldats refusèrent de recommencer les exercices; le colonel , furieux, alla se plaindre à l'empereur François qui lui rit au nez, ce qui occasionna, dit-on, au savant guerrier une telle colère, qu'il eu mourut. C'est ce même Boucherœder qui , dans son traité de VAri de$ signaux ^ im-^ primé à Hanau en 1795, prétend que la tour de Babel n'avait d'autre objet que d'établir un point central de communications télégraphiques entre les différeotes contrées habitées par les hommes.

« Ainsi jusqu'à la un du siècle dernier , l'art télégraphique ne présentait aue des principes confus et vagues ,. entièrement

Ç rivés de la sanction d'une pratique sérieuse, butes ces idées , dont la plupart sont res* tées sans application, n'enlèvent donc rien à rorigioalite des travaux de Chappe, qu'il est juste de considérer comme le seul inventeur de la télégraphie moderne.

« Vaboé Chappe. — Ses expirienceê tili* graphiques. — Etablissement des premiers télégraphes aériens. — La télégraphie aé^ rienne établie en Europe. Claude Chappe était tils d'un directeur des domaines de llouen ; il était le neveu de l'abbé Chappe d'Auteroche que son dévouement à la science a rendu célèbre, et qui, envoyé par l'Académie des sciences dans les déserts de la Californie pour observer le passage de Vénus sur le disque du soleil , y périt victime du climat de ces contrées. Claude Chappe était né à Brûlon , dans le département de la Sarthe. Cadet d'une famille nombreuse, il entra dans les ordres. Il avait Obtenu k Bagnolet , près de Provins, un bénéfice d'un revenu assez considérable, qui lui fournissait les moyens de se livrer à son

F;oût pour les recherches de physique. A flge de vingt ans , il faisait déjà partie de la Société phuomathique f qui commençait à cette époque à prendre Beaucoup d'importance. La révolution française l'arrêta oans ses travaux. Il perdit son bénéfice et retourna à Brûlon au milieu de sa famille , où il retrouva quatre de ses frères, dont trois venaient aussi de perdre leurs places. Dans ces circonstances il lui vint à la pensée de mettre à profit quelques essais qui remontaient aux premières années de sa vie. 11 i^spéra pouvoir tirer parti » dans l'intérêt de sa famille, d'une sorte de jeu qui avait fourni des distractions à sa jeunesse. L'abbé Chappe avait été élevé dans un séminaire près d'Angers , tandis que ses frères étaient placés dans une pension à une demi-lieue du séminaire. Pour tromper les ennuis de la séparation et de la solitude, il avait imaginé une manière de correspondre avec eux. •une règle de bois tournant sur un pivot et por-

tant à ses extrémités deux règles mobiles de moitié plus petites, était rinslroaieot qui leur avait servi à échanger quelques pensées. Par les diverses positions de ces règles, on obtenait cent quatre-Tingt^-douze signaux qu'il était facile de distinguer avec une longue-vue. Claude Chappe pensa qoe Ton pourrait tirer un grand parti oe ce mode de signaux, en l'appliquant sur uoeéchelie étendue aux rapports du gouvernement avec les villes de l'intérieur et de la frontière. Il proposa donc à ses frères de perfeciioooer ce moyen de correspondance et de Toffirtr ensuite au gouvernement. Il fit adopter «es vues à sa famille, et décida ses frères à W seconder dans ses recherches.

« Le système des règles mobiles, qui avait fonctionné heureusement lorsqu'il ne s'était agi que d'une correspondance entre deux points, rencontra des diflicnltés insurmontables quand on voulut multiplier les stations. On renonça donc à cette combinaison pour essayer l'électricité. Dans ses travaux de phvsique, l'abbé Chtppe s'était surtout occupe d'électricité , et cet agent semblait si bien satisfaire à loules les conditions du problème télégraphique, que des essais de cette nature étaient pour èinsi dire commandés. Son cabinet de physique

tiermit d'entreprendre les expériences; mais es frais qu*elles occasionnaient ne tardèrent pas à s'élever si haut , qu'il fallut veodre tous les instruments. D'ailleurs, ces essais, exécutés nécessairement avec l'électricité statique , n'amenaient aucun résultat araotageux. On en vint alors à se servir d un corps opaque, isolé dans l'atmosphère et qui, par son a|)parition et sa disparition successives, indiquait l'instant précis de marquer ,1e chiffre désigné par deux pendules placées aux deux stations et parfaitement concordantes entre elles. On put ainsi correspondre régulièrement et a?ec une grande promptitude à trois lieues de distance. Ces résultats furent parfaitemeot constatés par des expériences spéciales dont le procès-verbal existe encore , et qui fureot exécutées en présence des officiers municipaux et des notables du pays, aacbâteaa de Brûlon. Muni de ces procès-^verbaox t l'abbé Chappe vint à Pans vers la fin de 1791, et après bien des difficultés et des démarches , il obtint la permission d'éleier un de ses télégraphes sur le petit parilloa de gauche de la barrière de l'Étoile. Deux de ses frères le secondaient dans ces expériences qui donnaient les meilleurs résultats. Hais une nuit plusieurs hommes masqués envahirent le pavilUm et enlevèrent le télégraphe. Cette mjrstérieuse disparitioo de leur machine ^ qui n'a jamais été bien expliquée , découragea les inventeurs et reiroidit Leur zèle. Ils auraient probableoeot renoncé pour jamais à ^entreprise sans an événement qui vint leur rendre quelque espoir. L'aine des frères Chappe fut noofflé^ par le département de la Sarthe , membre de l'Assemblée législative. Comptant dès lors sur le crédit du nouveau député, Tabbé

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DES toiYEMtlONâ.

Chappe relounia a Paris, et il obtiot lauto* hsalion d'établir un autre télégraphe dans le beau parc que Lepellelierde Saint-Fargeaa possédait à JÛiéoflmoDtaot. Ce nouTelap*

Eareil consistait en une sorte de grand taleau de forme rectangulaire, qui présentait plusieurs surfaces de couleurs différentes et dont Taxe pivotait de telle sorte que ces surfaces paraissaient et disparaissaient h volonté. Ce n^était pas encore là, comme on le Toil , le télégraphe actuel ; c*est néanmoins la disposition qui a servi de modèle au télégraphe aérien aujourd'hui en usage eu Angleterre et en Suëde. Les frères Chappe travaillaient avec ardeur k perfectionner et h régulariser le jeu de cet instrument , lorsqu'un maMn , eu moment ou ils entraient dans le parc « ils virent accourir ves eut le tardinier tout épouvanté , ({ui leur cria de 8*enfuir. Le peuple s*élait inquiété du jeu perpétuel de ces signaux ; on avait vu là une machination suspecte , on avait soupçonné quelque correspondance secrète avec le roi et les autres pnsonniers du Temple ^ el l'on avait mis le feu à la machine. Le peuple menaçait de jeter aussi les mécaniciens dans les flamuj^s. Les frères Chappe se retirèrent consternés. Cependant Claude Chappe ne se laissa point abattre. Il voulut poursuivre jusqu'au bout une découverte dont la première pensée lui appartenait. Pour la troisième lois, il demauda l'autorisation d'établir de nouvelles machines à ses frais et il l'obtint par le crédit de son frère le député. Il disposa donc trois postes, dont l'un fut placé à Ménilmoutant , l'autre à Ecoueo, village situé à cinq lieues de Paris, et le troisième à Saint-Martin-du- Tertre, à quatre lieues d'Ecouen. C'est à cette énoque que furent arrêtées entre les frères Cnappe les dispositions et les combinaisons du télégraphe actuel. Le mécanisme des trois règles mobiles et le vocabulaire qui se rapporte à ces signaux furent alors mis en pratique pour Ta première fois.

Quand les slalionnaires furent convenablement exercés à toutes les manœuvres de la ligne, l'inventeur demanda au gouvernefuenl l'examen public de sa découverte. Un an s'écoula sans amener de 'réponse. En d^autres temps peut-être ce retard eux été iodéfini, et le projet de Chappe , enseveli dans les cartons poudreux d'un ministère , serait resté à jamais oublié. Mais à une époque où plusieurs armées éparses sur divers points éloignés du territoire a vaieiit besoin de pouvoir communiquer librement et rapidement entre elles, un agent de correspondance précieux à tant d'égards devait appeler l'attention des dépositaires de l'aulorité publique. Un député, nommé Homme, qui avait quelques notions de sciences, découvrit l'exposé de Chappe dans les bureaux du comité de l'instruction publique. Frappé de la lucidité de ce travail et en comprenant toute l'importance , il le signala avec éloge au comité. Nommé rapporteur du projet, le k afril 1793, il monta à la tribune le mé^ Bioire de Chappe à la main , et obtint de la

DlCTIO.%5. DES I5YB^TI0!IS« IL

Convention qu une somme de six millefrancs fût consacrée à l'essai de ce système télégraphique. Les expériences eurent lieu le 12 juillet suivant. Dauuou et Lakanal , commissaires de la Convention , se tenaient à Saint-Martin , l'un des postes extrêmes , avec Abraham Chappe; Arbogast et quelques autres députés se trouvaient , avec

I abbé Chappe , à Ménilmoutant. Les expériences durèrent trois jours. A la distance de sept lieues , toutes les dépêches furent transmises avec une précision et une promptitude extraordinaires. De retour à Paris • les commissaires firent à la Convention un rapport qui détermina l'assemblée à ordonner rétablissemetit d'une ligne télégraphique de Paris à Lille. L'abbé Chappe fut chargé du soin d'organiser cette première ligne ; la Convention crut devoir Tbouorer à celle occasion du titre peu euphonique dingénieur télégraphe.

« Les travaux pour la construction de cette ligne durèrent plus d*une année. Nous n'avons pas besoin de dire quels obstacles il fallut surmonter, quelles ressotirces, quelle activité il fkllût déployer dans l'organisalioii d'un système si nouveau. Ces diUicuItés ne

f mouvaient être vaincues que par le courage, a persévérance et l'accord d'une famille intéressée au succès d'une création dont la

fjloire devait lui revenir tout entière. La igné télégraphique fut inaugurée par l'annonce d'une victoire. Dans la séance du 30 novembre 179^, Carnot apporta à la Convention la nouvelle exi>édiée par le télégraphe de la prise de Coodé sur les Autrichiens. Aussitôt les applaudissements éclatèrent sur. tous les bancs de l'assemblée. La Convention transmit immédiatement cette réponse : Larmée du Nord a Uen mérité de la patrie. £lle envoya eu même temps un décret par lequel le nom de la ville de Condé était cnangé en celui de Kord-Libre. La dé|>êcbe, la réponse et le décret furent transmis avec une telle promptitude, que les ennemis crurent que la Convention ellemême siégeait au milieu de l'armée.

« En 1796 , on construisit la ligne de Strasbourg. En l'an Vil, le Directoire commença la ligne du Midi , qui s'arrêta à Dijon et ne fut pas mise immédiatement en activité. En 1805 , Napoléon décréta la ii-

(;ne de Paris à Milan. Celle de Lyon à Touon a été construite sous la Restauration. Toutes ces lignes ont été organisées par les frères Chappe, qui furent mis dès le début à la tête de Tadministration des télégra-phes.

« L'abtié Chappe est mort sous l'empire , à la suite d'un dîner de savants. Les convives étaient un peu animés ; il se laissa choir dans un puits qu'il n'avait pas aperçu.

II eut la fin de l'astrologue de la Fable, avec lequel il n'est pas sans avoir eu queluue ressemblance durant sa vie. Ses deux iiè* res René et Abraham restèrent, après lui » à la tête de l'administration jusqu en juillet 1890 , époque à laquelle le gouvernement provisoire les mit à la retraite. Abraham

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Chappe fut deslilué pour avoir refusé* le 31 juillet 1830, de faiçe passer dans les déparlements les dépêches du gouvernement provisoire. René Lhappe fut renvoyé tout simplement, parce que Ton avait besoin de sa place. Il avait cependant prêté serment au gouvernement nouveau, comme ^f en avais prélé dix autres , ajoute-t-ii assez piteusement dans sa brochure publiée,* en 18U), au Mans, où il s*était retiré.

« Il faut convenir que, dans cette affaire, la sévérité fut poussée jusqu'à Tingratitude. Le nom des Cliappe est une des gloires de la Franco; leur découverte a excité l'envie ,et l'admiration do l'Europe; ils avaient épuisé leur fortune dans de longues et dispendieuses études ; ils avaient donné à i'administralion quarante ans de leur vie; ils avaient dune b'cn acquis le droit de mourir à leur poste. Si quelquefpis les gouvernements sont ingrats, la conscience publique se montre plus tidèle au souvenir de nos gloires nationales. Quand on entre nlansle cimetière de l'Est, on aperçoit, dans un coin retiré, un monument très-simple qui porte pour tout emblème un télégra.phe do fonte : c'est la tombe de l'abbé Clhappe. Les hommes n'ont pas élevé d'autre monument à sa mémoire ; . mais celui-là suffira, dans sa simplicité éloquente, pour rappeler le nom du savant , laborieux et modeste, dont la vie n'a pas été sans influence sur nos destinées contemporaines.

a La découverte du télégraphe français produisit en Europe une sensation tièsvivo ; tous les peuples étrangers s'empressèrent de l'adopter ou de 1 imiter. Notre télégraphe fut établi en Italie et en Espagne. •Dans les pays septentrionaux, les brumes particulières à ces climats rendent difficilement visibles les signaux allongés ; on préféra se servir de volets mobiles , dont les combinaisons sont assez variées pour offrir une multitude de signaux. On a vu d'ailleurs que Chappe avait pendant quelque temps omplové celte disposition. En Angleterre eteh Suéde, les télégraphes aériens sont 'C.onsti'uits d'après ce système. Le télégraphe suédois, construit par M. Endelerantz, se compose d'un grand cadre offrant des volets placés à égale distance , et disposés sur trois rangées verticales ; chacun de ces volets est Qié sur un axe mobile ; ils peuvent prendre une position horizontale ou verticale, et en s'ouvrant ou se fermant de cette manière, ils forment raille vingt-quatre signaux qui suffisent aux besoins de la correspondance. Les premiers essais du télégraphe suédois furent faits entre Drottmn* gholm et Stockholm le 30 octobre 179^. En 1796, on disposa trois télégraphes pour servir à la correspondance des deux bords d'Alaiid, & la distance de 8 lieues de France. 4Le télégraphe suédois était à peine établi, que le gouvernement anglais en adopta un -k peu près semblable, qui fut élevé en 1796 sur l'hôtel de l'Amirauté. C'était une sorte de grille remplie de six volets très • rappro-

shé^ Mais cette disposition, qui expose trop aisément à confondre crttre eux les signes placés à côté ou au-dessus les uns des autres, jointe d'ailleurs à l'existence habituelle des brouillards sous le climat si défavorable de l'Angleterre, emjiécha de retirer du télégraphe tous les avantages

Su'on en obtient dans les pays m(*ridionaux. n a nrétendu que le premier télégraphe établi a Londres eu 1796 ne pouvait servir

Îue vingt-cinq jours au plus dans Tannée, iverses moditications apportées à cet appareil ont amélioré, depuis cette époque, l'état de la télégraphie aérienne, sans l'amener cependant a un degré suffisant de valeur. C'est précisément en raison des insuccès répétés de la télégraphie aérienne que la télégraphie électrique devait [)lus tard prendre en Angleterre un essor si rapide.

« La découverte française se répandit plus lentement en Allemagne. Bergstrasser,

3ui n'abandonnait pas aisément la paitie, épeçi, mutila le télégraphe* français, cl ea fit une machine assez informe qui ne put jamais être employée. Il allait chîTthor toutes les raisons du monde ))0ur donner te change à ses cotnpalrioles sur le mériie de l'invention franç;iise. Et parfois il rencontrait de singuliers arguments. Au resie^ ditil dans un ouvrage dédié à l'empereur François U, je pense que les Français n'emploient pas leur télégraphe à autre chose quà un bat politique : on s'en sert paur amuser tes Parisiens, qui 9 les yeux sans cesse fixés sur la machine, disent : il va, il ne va (>as. On pro^ fite de cette occasion pour détourner l'atten^ tion de VEurope^ et en venir insensiblement à ses fins. Cependant on ne tint pas côm|p(o d^aussi bonnes raisons, et le télégraphe de Chappe est le seul ai)paruil aérien qui fonctionne aujourd'hui uans les l^ats allemands. « Le télégraplie aérien fut un niooiciit sur le point de s'intallcr en Turquie. L^ambas* sadeur ottoman fit demander pour son sou* yerain un modèle de télégraphe au gouvernement franguis. Les appareils furent envoyés, mais personne à Consl;intino|>ie ue put réussir à les faire fonctionner. La dé* couverte de Chappe devait trouver en Bçypte un accueil plus heureux. Méhémet-Ali^ désireux de doter son pays de cette nouvelle conquête de la civilisation européenne» char» gea un ingénieuri M. Abro, d'établir une ligne télégraphiciue du Caire k Alexandrie. On fit venir de France les modules, les lunettes d'approche et tous les instruments nécessaires. M. Abro , accompagné de M. Coste, uu des ingénieurs du j)rince, fil la reconnaissance des lieux et présida à la construction des tours. La ligne télégraphique créée par Méhémet-Ali fonctionne trèsbien aujourd'hui en Egypte; on «reçoit en auarante minutes à Alexandrie les nouvelles u Caire au moyeu de dix -oeuf stations, « Là télégraphie a roncontré plus de difficultés en Russie ; ce n'est guère qu*en lS3i qu'elle a pu s'y établir d'une manière déliuitive. Cependant l'utilité d'un tel a^^eot de

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correspondance se faisait sentir en Rosste

Elus quedans toute autre partie de TEurope. immense étendue de cet em(>tre est un obstacle continuel à la transmission des ordres en? oyés de la capitale ; il faut des mois entiers pour les faire parvenir et pour assurer leur eiëcution. La dislance qui séfmre les divers peuples soumis à l'autorité du rzar est si considérable, qu'ils ne peuvent former entre eux de relations suivies, et qu**ls sont pour la plupart comme é rangers les uns aux autres. Toutes ces circonstances «levaient donner h l'établissement de la télé|;raphie cliez les Russes un prix inestimable. Aussi Tempereur attachait-il la plus haute importance è cette question. Malheureusement les résultats répondirent mal k son impatience et à ses désirs. Un grand nombre de ftersonnes avaient essavé à Sainl- PétersbOBi^ de construire des télégraphes, mais leurs tentatives avaient été si mal combinées, qu'il en reste à peine quelques traces. Nous ne connaissons de ces essais infructueui que l'esquisse de machine télégraphique qui fut proposée au czar par i abbé Haûy, connu par sa méthode d'éducation des ave<igle$. Dans une krochure pulilîée e:i 1805, Haiîy annonce: mil vieni tf appliquer heureusement sa méthode à la romposition ffun système et d'une machine télégraphique dont il a accommodé le service exprès pour Vusage de Vempire de Russie, 11 est assez difficile de comprendre comment une méthode imaginée |H>ur des aveugles peut servir k a[iercevoîr des signaux à de gravides distances. Cette idée n'eut aucune suite. Les journaux annoncèrent en 18M qu'un M. Volque allait ^oncbir Saint-Pétersboui^ d*un télégraphe aérien. Cet appareil devait mal remplir les vues du gouvernement, puisque son auteur crut devoir fan^e suivante le transporter à Copenhague. Cependant, en 1809, le consul de Danemark fit au gouvernement français la demande d'un télégraphe, ce qui ne plaide pas en faveur de l'appareil imaginé par M. Volque. Tous les essais entrepris en Russie pour la création des lignes télégraphiques avaient donc échoué, et depuis trente ans une commission officielle, instituée en vue de cette question, n'avait encore absolument rien produit, lorsqu'on 1832 un ancien em* ployé de la télégraphie française vint proposer au czar de doter son empire du moyen de correspondance depuis si longtemps ctierché. C était M. Chatau, qui, au moment de la révolution de juillet, avait été destitué avec Abraham Chappe. Le système qu'il imaçina est une modihcation du télégraphe de Chappe qui a pour principal avantage de diminuer le nombre des signaux. If. Chatau a établi en Russie deux lignes de télégrapliie aérienne, l'une de huit postes entre Saint- Pétersbourg etCroustadty et une seconde de cent quarante-huit postes entre âaint-Pétersbourg et Varsovie. La première a été ouverte à la lin de février 18^4, la seconde à la fin de mars 1839. La ligne télégraphique de \'arsovie est la plus étendue de l'Europe.

ElleaSMlieuesde lonçieur. Son organisation est entièrement militaire.Chacun des postes

renferme^inechambreàcoucher, une cuisina, deux remises, une cave, une vaste cour, un jardin et un puits. Quatre employés sont attachés au service de chacune des stations. Cette ligne donne d'exceUenta résultats; M. de Barante et le général Lamoriciëre ont . rendu témoignage des parfaites conditions du service organisé par M. Chatau. Après avoir doté la Russie de cet établissement remarquable, notre compatriote est rentré en France banoré d'une pension de lempe-.

reur.

c Principes du télégraphe aérien. — if/eonisme des signaux. — Vocabulaire, — Ineofk^ ténients de la télégraphie aérienne. — TéUgrdphie de nuit. — £e télégraphe de Chappe^ dit M. Jules Guyot, homme fort compétent sur cette mafière, est le plus parfait de tous ceux qui ont été inventés soit atant^ soit, après son établissement. Non-seulement il est plus parfait^ mais il dépasse encore d'une perfection infinie tous ceux qu'on a essayé d établir ou -qu'on a établis après lui tant en France quen Europe (1).

« Essayons de bire comprendre le mécanisme du télégraphe de Chappe et les principes sur lesquels repose le vocabulaire dont il fait usage. 11 est d'autant plus utile d'en- Jrer à cet éçard dans quel<(ues détails, que la télégraphie est encore aujourd'hui un ari fort peu connu. On s'imagine en effet qu'elle constitue un des secreU de TEtat ; c*est une erreur : les principes delà télégraphie n'ont rien de mystérieux; le gouvernement ne réclame que le secret de ses dépêches, qui n'est en rien compromis par la publicité donnée aux règles de cet art. Le télégraphe proprement dit, ou la partie de la machine qui forme les signaux, se compose de trois branches mobiles : une branche principale de quatre mètres de long, appelée régula^ teur^ et deux petites branches longues d'un mètre appelées indicateurs ou ailes. Le régulateur est fixé par son milieu à un mât qui s^élève au-dessus du toit de la maisonnette où se trouve placé le stationnaire. Ces branches mobiles sont dispesées en forme de persienne, c'est-à-dire composées d*un cadre étroit, dont l'intervalle est rempli par des lames minces, inclinée<« les unes au-dessus des autres. Cette disposition a l'avantage de donner aux pièces une grande légèreté ; elle leur permet aussi de résister aux venta et de combattre les mauvais effeta de la lumière. Les branches mobiles sont peintes en noir, afin quelles se détachent avec plus de vigueur sur le fond du ciel. L'assemlHage île ces trois pièces forme un système unique, élevé dans l'e^ce et soutenu par un seul point d'appui, I extrémité du mât, autour duquel il peut librement tourner. Les pièces du télégraphe se meuvent à l'aide de cordes de laiton. Ces cordes communiquent, dans la maisonnette, avec les branches d*un autre télégraphe, qui est la reproductioo eo

(i) De la télégraphie àe jmur et de nmt^ par le doc.eur Jd!es GutoIi p* 3L

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petit du lèlographe extérieur. C*est ce second appareil que le guetteur manœuvre; ;o télégraphe placé tfu-^éarsus du tort ne ftit que rTipéterles mouvements imprimés ili* rectetnent à la machine intérieure. Le régulateur est susceptible de prendre quatre po^ silions : verticale^ horizontale^ oblique de droite à gauche^ oblique de gauche à droite. Les aiies peuvent former avec lui des angles droits, aigus ou obtus; ces signau\ sont cbirs, faciles è apercevoir, faciles à écrire, il est impossible de les confondre. Voici maintomint les conventions et les principes qui règlent la formation des signaux. Les frères Chappe ont décidé qu*aucun signal ne serait formé sur le régulateur placé dans la situation horizontale ni perpendiculaire ; les signaux ne sont valables que quand ils s\)tï{ formés sur le régulateur placé obliquement, ils ont encore décide qu'aucun signal n*aurait de valeur et ne devrait par c'crnséquent êl^e écrit el rénété que lorsque» étant fo^mé sur une des deux obliques, il serait transporté tout formé soit à Thorizonlaie, soit à la verticale. Ainsi le guetteur qui voit former le signal le remarque pour se préparer à le répéter, mais il ne récrit point ; aussitôt qu'il le voit porter & Thorizontale ou à la verticale, il est certain que le signal est bon ; alors il le répète et le noto. On appelle cette manœuvre aesurer un signal. Cette manière d'opérer a pour but de bien marquer au stationnaire quel est, au milieu de tous les mouvements successifs des pièces du télégraphe, le signal définitif auquel il doit s'arrêter pour le reproduire. L0S diverses positions que peuvent prendre le régulateur et les ailes donnent quaranteneuf siftnaux 'différents; mais chaque signal peut prendre une valeur double, selon qu'il est transporté à l'horizontale ou à la verticale : ainsi quarante-neuf signaux peuvent recevoir quatre-vingt-dix-huit significations, Bn partant de l'oblique de droite» pour être affichés horizontalement ou rerticalement ; de m^me pour l'oblique de gauche : ce qui donne en tout cent quatre-vingt-seize signaux. Les frères Chappe ont arrêté que la Tnoitié de ces cent quatre-vingt-seize signaux "Serait consacrée au service des dépèches, Bt l'autre moitié à h police de la ligne» c'estli-dire aux -avis et indications à donner aux stationnaires. Les quatre-vingt-dix-huit signaux formés sur l'oblique de droite servent a la composition des dépèches ; les quatre- ▼jngt-dix-huit signaux formés sur l'oolique de gauche sont destinés au règlement de k ifgne. Maintenant, comment ces différents ^signaux peuvent-ils transmettre l'expression de la pensée? C'est ici que le génie de Tin- «venteur ¥a se montrer avec toute la simplicité qui le distingue. Les frères Chappe ont consacré quatre-vingt-douze des signaux prii^jitifs de roblique ue droite h représenter la série des quatre-vingt-douze nombres, depuis un jusqu'à quatre-vingt-douze ; ensuite )ls ont composé un vocabulaire de quatrevingt-douze pages, dont chaque page contient quatre-vingt-douze mots. On est con-

venu que le premier sigual donné par le télégraphe indiquera la page du vocabulairo, et queie second signal indiquera le numéro porté dans celte page répondant aa mot de la dépèche. On peut ainsi» par deux aignaui^ exprimer huit mille auatre cent soixantequatre mots. C'est la le Vocabulaire dn mots. Cependant huit mille quatre cent soixante^iuatre mots seraient insuÏBsanls pour traduire toutes les pensées et pour ré|M>odreauxcas imprévus; d'un autre côté, il est des idées qui doivent revenir fréquemment dans le cours de ia correspondance; ou a donc composé un second vocabulaire, que l'on nomme vocabulaire des phrases. H est formé, comme le précédent» de quatrevingt-douze pagas,contenaot chacune quatrevingt-douze phrases ou membres de phrases» ce qui donne huit millequalre cent soixantequatre idées reproduites. Ces phrases s'appliquent particulièrement à la marine et à l'armée. Il est bien entendu que, pour se servir de ce vocabulaire, le télégrapne doit donner trois signaux : le premier, povr indiquer qu'il s'agit du vocabulaire phrasique; le Second, pour indiquer la page du vocabulaire, et le troisième, pour le numéro de cette page.

« On a créé enfin sur les mêmes principes un autre vocabulaire, nommé géographi- S If, qui porte la désignation des lieux, epuis 1830, on a refondu en un seul les trois vocabulaires de Chappe, que Ton a d'ailleurs fort étendus. Les phrases ^t les mots sont disposés dans un ordre plus simple qui facilite considérablement la composition et la traduction des dépèches, il est inutile de dire que l'administration a soin de changer très-souvent, pour dérouler le» observations indiscrètes, la clef du vocabulaire. Quant aux signaux destinés simplement à la police de \^ ligne, on coqiprcDd que l'emploi de tout vocabulaire serait su-

1)erflu. Les ceut quatre-vingt-<louze signaux ormes sur l'oblique de gauche, qui ont cette destination, sont connus de tous les emploj^és.lls expriment les avis que Tadministration transmet aux stationnaires : l'ur-

{;ence, le but, la destination do la dépèche, es congés d'une heure, d'une demi-heure,accordés aux guetteurs , Terreur commise dans un signal, l'absence d'un employé, en un mot tous les cas qui peuvent être prévus, depuis l'absence ou le retard d'un stationnaire, jusqu'à la destruction d'un télégraphe par le vent ou la foudre. Ces sortes d*avi$ parcourent la ligne avec la rapidité de Téclair, et l'administration est instruite en ui clin d'œil do la nature de Tobstacle qua rencontré la dépèche et du lieu précis oà elle s'est arrêtée.-

, « La France est couverte aiyourd^hui d*uD vaste réseau de télégraphes aériens**, dont la principale artère, partant de Paris, traverse Dijon et descend jusqu'à Ljon et Avignon, puis prenant à l'ouest, passe par Montpellier et Toulouse, remonte vers le nord-ouesl pour gagner Bordeaux et de là revient à Taris par Poitiers et Tours. Gr&ce à cctie coa-

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