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lignes anglaises, |>orl« le non de télégraphe ieadram. ladiq^ooiis rapidcmunl les principes sur lesqjuels reposent le mécanisme et le jeu Je ce bel instrument. Aux deux extrémités ie la ligne lélégrapbique, on place deux cakans circulaires parfaitement semblables »l qui portent inscrits sur leur circonférence es vjiigl-quatre lettres de Talphabot et les 1 X cliilfres de la numération. Ces doux cairans communiquent entre eux par le fli :onducleur de la pile. A Taide de disposijons mécaniques convenables, chacune des «lires (ta cadran peut, par Taction du courant vollaïque étanli ou interrompu, se dé* .i*cher du cercle et venir se placer au-devant runa sorte .d'indicateur qui permet de la ire. Ces deux cadrans placés aux deux stations extrômes sont lies entre eux de telle uanièrcy que les mouvements qui s'exécutent sur l*un sont répétés exactement et au môme instant par Tautre. D'après cela, si l'on fait passer Télectricité fournie par ia pile dans le conducteur qui relie les deux cadrans» et qu'à la station d'où partent les dépêches on amène successivement les diverses lettresderalpbabetdevantrindicateur»
les mêmes lettres se détachent instantanément sur le cadran placé à la station extrême. On peut transmettre ainsi quarante lettres au moins par minute et faire immédiatement la lecture des mots transmis. Malgré tous les avantages qu'il présente, le télégraphe à cadran deM. Wheatstone a cessé d'être employé en Angleterre. Le système adopté par son auteur pour faire apparaître les lettres sur les cadrans offrait dans son maniement qoelaues difficultés, parce qu'au lieu d'avoir simplement recours à un effet mécanique, on avait cru devoir se«servirde la force éleciro-magaéiique. Cette disposition, plus élégante sans doute, amenait cependant certaines diflicullés manuelles dont on ne pouvait triompher qu'avec une grande habitude et beaucoup de dextérité. Ce vice de construction auquel il était facile de remédier et que M. Froment a d'ailleurs, chez nous, si admirablement annulé dans son télégraphe à cla» tter,a fait renoncer en Angleterre à l'emploi des cadrans. Ils sont remplacés aujourd hui «r une nouvcllg combinaison imaginée par f . Wheatstone, qui porte le nom de télégraphe à double aiguille. C'est l'instrument téégraphique réduit, on peut le dire, à sa plus simple expression. Il se compose uniquement en effet de deux aiguilles fixées chacune au centre d'an cercle ; elles peuvent se mouvoir autour du cercle, auquel elles appartiennent en s'arrëlant à volonté h l'un
Îuelconque des points de sa circonférence, es aiguilles sont mises, en mouvement à l|aide de deux manivelles ou poignées que l'opérateurtientdanschacunedeses mains. Le mouvement imprimé aux manivelles établit ou interrompt le courant électrique et t'ai- |uille peut, de cette manière, pn;ndre sur la circonférence du cercle toutes les positions que l'on désire. Ces deux aiguilles et leurs radrans sont fixés sur le panneau antérieur 4'uue sorte d? grande boite offrant Faspéct
d*un toml>eau antique. Od sait que les Anglais aiment à donner à leurs meubles ou à leurs appareils celte forme que nous nous accoixions, en France à trouver un peu lugubre.
« Les différentes positions que peuvent prendre les deux aiguilles ont servi a former un alphabet télégraphique. Les signes adoptés pour la désignation des lettres sont les suivants :
A on oonp à gaochë de Taifurie de gauche. B deux coap$ de la même aiguille à gauche. G trois coups de ta même aiguille à gaucbr. D qiiaure coups de la même aiguille I gauche. £ un coup de IVIguille de giucoe et deux de Tal-
giiille dé dfuit^.
F tto coup de raiguille de gauche et trois de l'ai-
guille de droite, etc.
« C'est, comme on le voit, un véritable alphabet de sourd et muet. M. Wheatstone a compté sur l'adresse, sur l'habitude particulière des employés pour suppléer a l'insuffisance du mécanisme de son instrument et k la simplicité de son vocabulaire. L'expérience a parfaitement justifié d'ailleurs la conGance qu'il avait mise dans les ressources infinies de l'organisation physique servie et réglée par l'intelligence. Le moyen physiologique supplée ici de la manière la plus heureuse à l'imperfection de la combinaison mécanique. Pour faire manœuvrer les aiguilles des cadrans, on a chosi en Angleterre de jeunes garçons de quinze ou seize années; on comptait avec raison sur la vivacité et la délicatesse de mouvements naturels à cet Age, pour se plier plus aisément aux conditions si nouvelles et si particulières de ce service. Ces enfants n'ont pas tardé, en effet, k acquérir une habileté prodigieuse k comprendre ce vocabulaire et à exécuter les signaux qui le composent. Rien n'égale leur dextérité dans le maniement
Eratique de ce langage de sourd et muet. es aiguilles s'agitent sous leurs doigts avec la promptitude de la pensée ; les mouvements sont si pressés et si rapides, que l'œil a de la peine k les suivre. On lit en gros caractères sur les murs de la salle : Ne dérangez pae les employés pendant gu*it$ sont occupée à leurs appareils. Cet avis est assez superflu, car pendant le cours de leur travail on voit les enfants causer, rire et s'occuper de ce qui se passe autour d'eux, comme s'ils exécutaient la besogne la plus simple et la plus indifférente. Il leur arrive même pendant l'expédition d'un messagf", de faire des a parte télégra[)hiques et d'assaisonner les dépêches qu'ils sont occupés k transcrire de quelques plaisanteries à l'adresse de leur camarade. On a observé, en effet, que les jeunes employés du télégraphe finissent par faire en quelque sorte connaissance avec les agents cies autres stations qui correspondent habituellement avec eux. Celte espèce d'intimité est m biea établie, quMls savent reconnaître aux pre-^ miers mouvements dos cadrans celui do:
leurs camarades qui se dispose k leur écrire. On entend quelquef^s (ift des employés de
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Londres s'éorier^ en remarquant les mouvements de ses aîgai.les que l*on commence à faire agir de Manchester, par exemple : Ahl voHà Georges qui est revenu! Un autre, en voyant les premières oscillations de ses aiguilles que Ton fait mareher de Liverpool» s^assied aevaqt son appareil d*un air de contrariété et de mauvaise humeur, eu disant ! Allons} c'est encore ^e brutal de John qui est là-bas! Ces sentiments d'antipathie qui s*étabiissent ainsi entre les employés d'une môme ligne vont quelquefois au point de forcer Tadministration à les séparer; c'est oe que l'on fit récemment sur la ligne de Lonares à Birmingham, où d^ux jeunes gens étaient sans cosse occupés à se quereller et à échanger des injures par le télégraphe.
«c Le lan^ge télégraphique permet d'obtenir une vitesse de transmission (elle, que Ton expédie facilement en trois secondes un mot d'une longueur ordinaire, ce qui revient à une vingtaine de mots par minute. En cas d'accident arrivé à l'appareil, on peut écrire avec une seule aiguille au moyen d'un alphabet différent préparé pour ces sortes de cas. Mais alors la vitesse n'est plus que de huit à neuf mots par minute. Les fils conducteurs employés en Angleterre sont de cuivre. Ils sont, comme en Amérique, suspendus à trois ou quatre mètres de hauteur sur des poteaux de bois de sapin ; mais on les établit avec plus de solidité et on les préserve de l'action des* tructive de l'atmosphère par la galvanisation, c'est-à-dire en les enveloppant d'une légère couche de zinc qui les défend de l'oxydation. Cependant l'usage des Qls souterrains commence à se répandre eu Angleterre. Notons en passant qu'un seul conducteur suffit pour le service d'un télégraphe ; l'expérience a démontré, en effet, que le sol peut fonctionner comme un conducteur excellent, de telle sorte que, au lieu d'employer comme autrefois un second fil destiné à compléter le circuit, on se contente aujourd'hui de placer, h la station extrême, le bout du conducteur en contact avec un des rails du chemin de fer; l'électricité retourne à la pile par le conducteur naturel que forme la terre. Cette heureuse modification est d'ailleurs mise en usage aujourd'hui dans les télégraphes électriques de tous les pays.
« Voila les principales dispositions adoptées en Angleterre pour l'application de Téléctricité à la correspondance télégraphitjue. Nous avons dû seulement négliger ici la description d'un grand nombre d'appareils Accessoires qui sont indispensables pour assurer la régularité et la commodité du service : tels sont, par exemple, les moyens de sonner la cloche qui avertit les stationiiaires de se préparer à recevoir et h lire une dépêche; le mécanisme très-simple qui permet de faire savoir à la station du départ qu'un mot ou une lettre n'oot pas été com-r pris î l'appareil qui sert à indiquer que le fil en fonctionne pas, qu'il a été brisé, et le
point probable de la ligne où il s'est rompu; enfin la machine qui, si on !e désire, peut imprimer les dépèches à mesnre qu'elles sont transmises. Personne n'ignore qu*BB Angleterre la télégraphie électrique «st exploitée aujourd'hui sur une échelle trèsconsidérable. Depuis 1846, une compagnie puissante, connue sous le nom de Comporgnie du télégraphe électrique, s'est formée
Eour étendre ce genre de communication toutes les villes importantes de l'Angleterre et de l'Ecosse. Elle a fait élever, en 18i8, un établissement magnifique dans h cité de Londres, b proximité de la Bourse et du quartier de la Banque. Ces bfttiroents forment le point de jonction où Tiennent aboutir les lignes télégraphiques qui rayonnent de soixante villes importantes. Londres se trouve ainsi mise en communication instantanée avec Cambridge, Norwrck, Porfsmouth; avec Birmingham, Stratford, Derby, Notlingham,Liverpool, Manchester ,Glasoow, Edimbourg, etc. Elle communique aussi de la même manière avec Folkslone et Douvres. Le bureau central de la compagnie se trouve relié avec toutes les tètes do chemins de fer qui ont des bureaux électriques, \^t des conducteurs qui passent dans les mes à travers des conduits souterrains. Ce bureau central communique ainsi avec toutes les lignes électriques d'Angleterre, et il correspond dans ce moment avec cent dix-huit stations ou bureaux électriques situés dans Londres et les autres villes importantes de la Grande-Bretagne. Depuis l'année 18^7 jusqu'à celte année, la compagnie a étendu d'une manière remarquable les fils du réseau télégraphique. D'après un relevé donné récemment par M. Valker, 2,218 milles anglais (917 lieues de France) sont aujourd'hui occupés par les fils du télégraphe léleetri* que, ce qui rovieht h dire qu>n Angleterre presque tout le parcours des chemins de fer se trouve muni de ces précieux appareils. « Mieux éclairée et plus libérale que la nôtre, l'administration anglaise a mis dès les premières années le télégraphe électrique à la disposition du public. Tandis qu'en ]^rance nous jouissons à peine depuis quelques mois de ce précieux privilège, il existe en Angleterre depuis plus de six ans. La Compagnie du télégraphe éleciri^ue, qui, en Angleterre, a le monopole de toutes les communications télégraphiques^ est chargée de l'exécution de ce service. Les correspondances du gouvernement ont lieu comme celles du public, par le bureau central de la compagnie ; seulement le gouvernement obtient, par déférence^ la priorité pour le passage de ses dépêches. On assure môme que ce privilège peut lui être cobteslé.
« Comme rorganisation des établissements publics de télégraphe électrique est de nature 5 intéresser nos lecteurs, nous donnerons une idée des dispositions intérieures du Télégraphe central de Londres.- Le Tétégraphe électrique central est situé dans la rue Lothbupy, eu face du mur extérieur fl^
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la Banque. Quand on entre dans i'élablissement, on IrouTe d'abord ane grande salle commane éclairée par le haat et supportant t^ois galeries placées les unes au-dessus des autres. Au milieu de celte salle règne une longue table divisée par des rideaux verts en SIX compartiments ou pupitres. C'est là que le public est admis à écrire les communiealioos desiiqées à être expédiées par le téié^^raphe. Les messages doivent être inscrits sur une feuille de papier à lettre, dont près de la moitié est d^à remplie par une formula imprimée» avec des blancs deslinés à recevoir le nom et l'adresse de l'expéditeur* celui de la personne à qui la communication est adressée» le prix au message ei celui de la réponse» la date el l'heure de ia réception de !a dépêche» enfin la date et rhcure A laquelle la transmission a été cornipeoeée et terminée. A mesure que les messages sont écrits» ils sont passés Tun après l'autre par un guichet vitré» dans une petite pièce ap{)elée bureau d'mregUirement^ Là il en est pris note» et on les marque d*un nu*» »éro d'ordre ; l'employé qui vient de faire cet enregistrement les place ensuite dans une petite botte et tire le cordon d'une $onaette. Au même instant la boite s'envole par une espèce de cheminée de bois et transporte son contenu à la partie supérieure de rédifice dans la êolle des inslrwmenls. Si Ton rejoint la dépêche en suivant la voie plus lente» mais plus commode» de l'escalîer, on arrive dans une assez grande pièce où se trouvent disposés huit appareils télégraphiques destinés à transmettre dans ïes djllérentes directions le texte des messages* Chacun de ces appareils porte les Boms des six ou huit stations avec les* quelles il correspond. En général» un employé suiEt pour desservir trois de ces appareils.
«Quand lesdilTérents messages sont arrivés à Tétage des instruments, un employé lesap* porte sur l'appareil qui doit en faire Texpédilion»et lejeunegarçon chargé de ce travail se met aussitôt à l'œuvre, il commence par faire sonner» à l'aide du courant électrique» une ^ tUe sonnette, qui donne simultanément l'éveil à toutes les stations de laligne. Mais» tout en attirant ainsi l'attention des agents placés è chacune des stations» le bruit produit par les sonnettes cesse presque immédiatement
le message qui va arriver n'est adressé qu'à lui» et au moyeu d*un signal correspondant» il fait savoir à la station deLondres qu*il est à son poste» prêt à recevoir la communication annoncée. Notre jeune garçon saisit alors de fies deux mains les manivelles de cuivre qui foot mouvoir les aiguilles» et se meta transcrire la dépêche» eu faisant rapidement manœuvrer en divers sens cette poignée» qui imprime à ses aiguilles et à celles de son correspondant des mouvements convnisils désignant telle ou telle lettre de l'alphabet électrique. Le message reçu à la station où
il a été envoyé est immédiatement copié et remis à son adresse par un piéton attaché à rétablissement. Les dépécnes expédiées des diffi^rentes stations du royaume etaboutissant à Londres sont reçues dans la même iûlle aux imtrumenti- d'où nous venons do voir nartir un message. La manœuvre pour la réception est tout aussi simple que celle de l'envoi. Deux employés se tiennent audovaiit de l'aptuireil occupé à transmettre une dépêche. L'un d'eux lit les mots à mesure (]u*ils se présentent sur le cadran» et les dicte à son camarade. Cette dictée est si rapide que la plume a de la peine à la suivre. Si un mot n'a pas été bien compris, l'employé en informe immédiatement son correspondant par un signal particulier, et celui-ci recommence. Quand la dépêche est terminée» celui qui l'a reçue reli( le manuscrit pour reconnaître si aucune erreur n'a été commise. X*heure et la minute de la réception sont notées ; la copie est signée et elle descend au bureau d*enr^strement où elle est transcrite sur un registre» et enôo envoyée à son adresse par un laeleur. Le tableau suivant donnera une idée des prix assez élevés perçut par la Compagnie du iélégraphe électrique pour l'expédition des dépêches adressées de Londres aux différentes stations provinciales :
Birmingh m* 45 liei ej, 39 eeDiioes pir mot. Djrby, 53 f 4i f »
Live fKiol» 80 f 51 f I
Yoik» 87 » 54 » »
Ediiuboorg» 170 » 78 • »
GUcoW» 188 t 84 » •
« Indépendamment de la transmission des messages particuliers» la Compagnie du télé* graphe électrique a établi » au centre des princ.pales villes du royaume» des bureaux où l'on peut recevoir et d'où l'un peut expédier à toutes les autres stations des renseignements .et des communications diverses. H y a à chacune de ces stations une salle pour les abonnés» dans laquelle on affiche sur des tableaux» au fur et à mesure qu'elles arrivent, toutes les informations d'un intérêt public ou commercial» telles que le cours de la bourse de Londres, les mercuriales des différents marchés» le prix courant des marchandises dans les pnncipaux centres manufacturiers» Fétat de la mer et de l'atmosphère pris à neuf heures du matin dans les divers ports, larrivée et le départ des navires, les sinistres de mer, les nouvelles du eport et du parlement, les nouvelles générales, etc. Les communications de cette nature sont conQées, dans rétablissement central de Londres» à un département spé- 4 cial liommé département des nouvellei , distinct du département des mes$age$ privée^ et qui a pour mission exclusive de fournir des nouvelles aux salles de souscription d'Edimbourg, de Glascow, de Liverpool, de Leeds, de Manchester, de UuH, de Newcastle, etc. A sept heures du matin, tous les journaux de Londres sont apportés au chef de ce département, qui en extrait, pour être trans-
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mises, soas une forme abrégée» aux iiflTérentes stations provinciales, les informations qu*il juge devoir être plus particulièrement utiles à chacune d*elles. Les journaux (le ces diverses localités attendent, pour mettre sous, presse» l'arrivée de ces communications électriques» et c'est ainsi que le négociant de Manchester reçoit, h huit heures du matin, des nouvelles que le chemin de fer n'apportera qu^à deux heures moins un quart» et qui ne parviendront à Edimbourg, par celte même voie, qu'à neuf heures et demie du soir. La plupart des journaux de province ont des abonnements au télégraphe électrique de Londres pour recevoir instantanément les nouvelles ae la journée. Il en résulte un avantage précieux pour eux ; car ils ont ainsi, sur les journaux de la capitale, une priorité qui tourne au profit de leur influence.
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«Telles sont les dispositions intérieures de rétablissement central de télégraphie électrique à Londres. Ajoutons que rédiOce est décoré sur sa porte extérieure d'une horloge mise en mouvement parTélectricité; une petite pile met les aiguilles en mouvement. Si la compagnie adoptait pour son éclairage la lumière électrique au liou du gaz, l'établissement, on le voit, serait complet dans son genre. Nous n'ajouterons rien au récit de ces faits. Pour les admirer il suffit de les connaître.
« La télégraphie électrique est assez avancée en Allemagne, car ce pays a suivi l'un des premiers la voie si heureusement ouverte jiar le génie américain; dans ce moment» elle est établie entre toutes les villes suivantes: Âix-la-Chapelle, Cologne, Elberferd» Hanovre» Brunsivick, Hambourg, Berlin, Cassel» Dresde, Leipsig, Nuremberg, Auçsbourg, Francfort-sur-le-Mein» Munich,Stettin, Breslau» Vienne» Pesth et Prague. La ligne télégraphique se continue môme jusqu'à Trieste, Cracovie, Milan, Vérone et Venise. Le système adopté en Prusse est le télégraphe à cadran et à vocabulaire alphabétique» assez heureusement modifié par M. Siemens» de Berlin. Pour la pose des fils conducteurs, il se rapproche de celui des Etats-Unis» en ce
3u'il est tout à l'ait indépendant des chemins e fer. La plus grande partie des fils est enfpuie dans le sol» le reste disposé sur le bord des routes. Les conditions libérales accordées on Angleterre etaux Etats-Unis pour l'exploitation des télégraphes électriques n'ont pas été imitées en Allemagne. En Prusse et en Autriche» ce moyen de côrres()ondance est la propriété exclusive et le privilège de l'Etat; cependant le gouvernement le livre sous son contrôle et sous sa surveillance, à Tusage du public.
« Les télégraphes électriques qui existent en Hollande et en Belgique sont soumis aux mômes conditions. Le télégraphe électrique belge a été mis à la disposition du public depuis quelques années. Le taux |K)ur la transmission des dé})ôches est le suivant:
fr.c.
Dd Broietles à Malinet 4e 1 à 20 mots.
,mmm
Anvers. —
Gani. —
mmm.
Osirade. —
Liège. —
Verviers^ —
Qjiévraîii. —
« En Hollande et en Belgique, la télégraphie électrique n'a reçu encore qu'une extension assez faible; elle est néanmoins suffisante pour que» dans ce moment» Vienne Berlin et Bruxelles soient rattachées entre elles par un lien électrique. Comme» d'un autre côté, Bruxelles correspond directement avec Paris par une voie semblable, on voit* que toutes les grandes capitales du continent européen profitent aujourd'hui desavantages de cette conquête précieuse de la science moderne. En résumé, on peut dès à présent correspondre directement de Paris avecBruxellci, Cologne, Francfort-sur-le-Mein, Hanovre, Berlin, Hambourg, Leipsig» Dresde, Breslau» Vienne et Trieste. Lorsque. le fil sous-marin quî^ traversant l'Océan, doit faire communiquer Douvres et Calais» sera étal>ii d'une maniéré définitive, cet admirable réseau» symbole futur de la paix universelle et de la mutuelle affection des peuples, sent complété sur toute son étendue. La pose du fil sous-marin tentée au mois de juin de l'année dernière a malheureusement rencontré certaines difficultés, et bien que les journaux anglais se (ilaiscnt à annoncer tons les mois l'heureure fin de l'entreprise» il est certain que dans ce moment les travaux sont loin d'être terminés. Cependant» comme les obstacles à vaincre sont assez médiocres en définitive, le retard apporté à rexéculion de ce projet admirable ne sera que momentané. >
« La télégraphieélectrique en France.— Ouand on se propose de faire connaître rétablissement (le la télégraphie ëfectrique en France, rhistoire de ses progrès en Amérique et en Angleterre est» il faut en convenir, un préambule d'un assez fâcheux effet. A côté de rinitiative hardie, des expériences brillantes» des résultats magnifiques obtenus à l'étranger, il faut se résigner à signaler chez nous des essais tardifs» timides, embarrassés, une réussite presque contestattle. A de telles com[)araisons» l'amour-propre national court les risques de nlus d'un fâcheux mécompte.
« Tandis qu en Angleterre et dans le ooaveau monde» la télégraphie électrique se jouait» grâce au génie de Wheatstohe et de Morse» de la distance et de l'espace» elle rencontrait en France une résistance oll^tioée. Enchaînée par ses habitudes de rontiDe, no* tre administratioa fermait les yeux à la lu* mière des plus éclatants progrès. Sans la perséTérance du savant qui eut la gloire de découvrir les phénomènes physiques sur desquels repose le mécanisme du télégrapba électrique, il est probable que nous en sa* rions encore à envier à nos voisins la pos* session de cet instrument merveilleux. (T'est en effet^à l'initiative de M. Arago que nous sommes redevables de l'existence dans outra
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pajs de la lél^rapbie électrique. Au mo'S de juio 18^2, le gouveroement présenta à la chambre des députés une demande de crédie pou r perfectionner la télégra iihie aérienne. Il s agissait d'expériences de télégraphie nocturne» et si nous ne nous trompons, on se proposait d'essayer le système d'éclairage de M. Jules Guyot. M. Pouillet élait rapporteur du projet. Dans un rapport de ce genre il était bien difficile de se taire sur Texistencede la télégraphie électrique» dont tes journaux étrangers apportaient par inlervaiies les plus étonnants récils. II. Pouillet, en parla en effet, mais ce fut pour déclarer que la télégraphie électrique n'était qu*une utopie brillante qui ne se réaliserait jamais. Une telle assertion, émise par un juge aussi com()étenK, semblait devoir relarder indéâ-. niment l'installation de la lélégraphieélectrinue en France. Heureusement M. Arago prit en main les droits de la science. Il énuméra, dans une improvisation brillante, les avantages de la télégraphie électrique ; il fit connaître les admirables résultats obtenus en Amérique par les instruments de M. Morse ;. il prouva enfin gu*il était facile de créer en France des établissements analogues. Dès ce jour, les incertitudes, les résistances de Tad* niinistratio.i durent cesseK et peu de temps après, le gouvernement envoya en Angleterre M. Foy, administrateur en chef des lignes télégraphiques, avec mission d*y étudier les nouveaux appareils électriques.
« A la suite des rajiporls de M. Foy, le gou- Temement s'entendit avec 11. Wheatstone pour rétablissement en France d'une lif ne de télégraphie électrique. On stipula le prix qui serait accordé à l'inventeur pour l'emploi de ses procédés et la fourniture des instruments. M. Wheatstone vint à Paris. Mais au moment de prendre les arrangements définitifs, des difficultés regrettables s'élevèrent inopinément. M. Arago et les savants français prétendaient que les lignes établies eu Angleterre n'embrassaient pas une étendue suffisante peur décider a priori que les comsanicatious entre deux villes très-éloignées telles que Paris et le HArre, Paris et Lyon, pussent se faire sans auctme station interluéliaire ; ou exigeait donc des expériences spéciales. M. Wheatstone assurait, au contraire» que tout essai de ce genre était superflu, parce qu'il avait théoriquement et expérimentalement prouvé que le télégraphe électrique peut transmettre une dépêche à cent quarante lieues de dislance sans aucune station intermédiaire. Les doutes de DOS savants blessèrent un inventeur que huit années de travaux et de triomiihes incontestés semblaient devoir affranctiir d'un pareil contrôle. Ces premières difficultés en amenèrent d'autres; bref, le conflit dégénéra en rupture complète. La commission instituée par le gouvernement pour rétablissement d'une ligne télégraphique de Paris à Bouen, crut pouvoir se passer des lumières du physicien anglais, et M. Wheatstone quilta Paris. Pour l'avenir de nos établissenieuts de télégraphie électrique, il ne pou-
vait rien arriver de plus fâcheux. On va voir, en effet, h quels regrettables errements s'est laissée entraîner la commission livrée à ses seules lumières, et privée du concours et de l'expérience du savant illustre qui a doté l'Angleterre de son nouveau système de télégraphie. Il y avait bien des manières dVtciblir en France la télégraphie électrique. On pouvait adopter le système américain de M. Morse, dont la pratique attestait tous les jours la parfaite c^jnvenance. On pouvait employer les a;ipareils à cadran imaginés par M. Wheatstone, que nous croyons pour notre compte le dernier root de l'art. On pouvait prendro» en les modifiant, les combinaisons mécaniques adoptées par M. Steinhuil ou par M. Jacobi, dans les télégraphes Cfinstruits par ce^^ savants en Allemagne et en Russie. La commission repoussa tout cela. M. Foy, qui présidait la commission et qui parjlt avoir eu la haute main dans la direction de ses travaux, s'arrêta à l'idée étrange et bizarre défaire exécuter par le télégraphe électrique le» signaux ordinaires du télégraphe aérien.Commeni une idée pareille a-t-elle pu être accueillie par une commission formée d'hommes instruits et familiers avec toutes les difficultés et les exigences de la télégraphie électrique? Nous l'ignorons; toujours est-il que le projet de M. Foy fut adopté. M. Bieguet construisit deux petits télégraphes longs de quelques pouces ; on les plaça aux deux extrémités de la li^ne ; on tenait deux fils métalliques aboutissant à chacune des ailes de ces télégraphes, et , aiirès de très-longs essais préalables, ce système fut définitivement installé le 9 décembre f 8^i. 11 fonctionne auiouni'hui sur toutes no.s lignes de télégraphie électrique.
« Ou se serait proposé de chercher le plus imparfait de tous les systèmes de télégrajiliie électrique, certes on n'aurait pas trouvé mieux. Nous allons essayer de le prouver. En [Premier lieu, le télégraphe Fo>-Bréguet exige l'emploi de deux courants Yoltaïques et de deux conducteurs au lieu d'un seul courant et d'un seul fil que présentent tous les appareils employés aujourd'hui. En effet, })Our faire agir une des branches de ce petit télégraphe aérien, il faut une pile, un courant, un fil conducteur» un mécanisme d'horlogerie formant les si* gnanx; pour faire agir l'autre branche» il * uut une autre |Hle, un autre courant, ua autre conducteur, un autre mécanisme d'horlogerie. Il faut faire travailler côte à c6te ces deux appareils jumeaux qui cependant sont indépendants l'un de l'autre. Ou comprend tous les inconvénients qui découlent de celte inutile et ma*encontreuse complication. Les dépenses sont doublées; mais ce qu'il y a de plus grave, c'est que les chances d'erreurs sont illimitées par suite des emt>arras continuels qu'amène la manœuvre de ces deux instruments isolés et cependant liés entre eux. Un autre inconvénient du système de M. Foy, et qui a tout autant de gravité que le précédent, c'est qiie le nombre des «imaux est excessi-
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rement redtreink. Quand On voit manœuvrer ees télégraphes en miniature on esl assez naturellement porté à croire qu'ils reproduisent fidèlement tous les signant de Tins* trument de Ghappe; c'est là cependant une erreur qu'un peu d'attention fait aisément ri^connaitre. Les télégraphes de M. Foy ne donnent que tout juste la moitié des signaux consacrés à la correspondance du télégraphe aérien. Ceci exige, pour être compris» une courte explication. Le télégraphe de Ghap) e se compose, nous l'avons dit, de iroiê piiet$fnobile$: le régulateur et les deux ailes. Les ailes peuvent prendre quarante-neuf positions; ces qu;irante'neuf combinaisons
Sraphiques sont vues sous deux aspects itférents, selon que le régulateur est porté à l'obliaue de droite ou à l'oblique de fauche : de làv deux fois quarante-neuf ott quatre-vingt-dix-huit signaux dans la télé* graphie aérienne. Or le télégraphe électrique de M. Foy ne possède que deux piice$ mobiles, les ailes. £n effet, le régulateur,
Îui n'existe que pour la forme, est fixé ans la position horizontale, au lieu d'être mobile autour de son poidt d'appui comme dAns le télégraphe de Chappe. Ce régula* leur ne peut donc plus servir, comme celui du télégraphe aénen, à doubler par ses deux positions le nombre des combinaisons qui résultent de la situation des ailes. Le télégraphe électrique de M. Foy reproduit très-bien les quarante-neuf signaux du té« légraphe aérien dans lesquels le régulateur est horizontal, mais il ne peut représenter un seul des signaux dans lesjucls le régulateur est oblique ou vertical. Le vocabulaire du télégraphe de Ghappe, destiné à la composition des dépèches, se compose, comme nous l'avons vu, de quatre-vingtdix-huit figures. Le télégraphe Foy-Bréguet ne donne que quarante-neuf de ces figures ; il ne fournit donc que la moitié des signaux qui forment le vocabulaire de la télégraphie aérienne. Pour justifier l'emploi du système
âu'il a fait adopter sur les lignes françaises, l. Fov invoquait ce motif, qu'il désirait ne rien cnanger au personnel des employés de la télégraphie. Mais il est facile de voir, au contraire, que tout employé ayant 1 habitude de manœuvrer le télégraphe aérien est par cela même impropre au service électrique. La raison en est simple. La manivelle qui fait tourner les ailes du télégraphe de Chappe se meut dans, tous les sens, et l'employé doit, d'après le mécanisme de l'ins^ truinenl, la tourner tantôt h droite, et tantôt à gauche; au contraire, dans le télégraphe électrique do M. Foy, la manivelle doit constamment tourner dans le même seps, et si l'employé, obéissant à l'empire de Thabitudet lo ramène dans le sens contraire, l'ai* guille est déplacée d*un cran et tout le système des signaux se trouve compromis. On a dit eiicore en faveur du télégraphe Fojr- Bréguel, que les tronçons de lignes électriques devant se souder aux lignes aériennes dniis la partie de la France où le réseau électrique n'est pas encore terminé^ il sera
plus commode pour re seririoe, que le signal ne change pas de fonoe pendant le trajet. Cette observation sAfsit fondée si le signal conservait sa forme* mais nous avons m que le télégraphe de M. Foy ne donne que la moitié des signaux du télégraphe Chappe. Comme on ne peut pas s'astreindre à se pri» ver ainsi volontairement sur téi& Kfpes aériennes do la moitié du vocabulaire, il e&l évident que les sicnaux doivent se transformer pour passer du système électri^ que au système aérien. D'ailleurs il doit exister tout au plus trois ou quatre de ces soudures, et cet ^lat ne peut durer que quelques années; ii serait peu logique^ pour un avantage d'une durée si faible, de laisser s*établir parmi nous un s^rstème dont les inconvénients et les impossibilités parlent à tous les yeux. Il nous paraît donc indispensable d'abandonner le système que M. Foy a fait établir sur les ligues françaises; les embarras, les inconvénients san^ nombre des dispositions actuellement adoptées en font uiie loi. Les appareils k cadran nous seaoblent appelés à remplacer la vi^ eieuse combinaison en usaçe aujourd'hui; Si, néanmoins, l'administration tenait absolument à conserver pour le télégraphe électrique l'usage des signaux aériens, on pour^ rait dessiner ces signes sut un appareil à cadran et les faire successivement apparaître ainsi dessinés à la station extrême; on pourrait tracer sur un même cadran deux ou troisse^ents concentriques portant deux ou ti;ois séries des signaux de Chappe. AL froment a construit et livré à l'étranger quelques télégraphes électriques sur ce modèle. On pourrait encore^ comme le propose M. Moigno, employer un certain nombre de cadrans portant tous des signes dîCTéreolSi quatre-vingt-douze cadrans, si l'on Teut« pour correspondre aux quatre-vingt-douze pages du vocabulaire phrasique de Tadministration. Remplacer un cadran par un au« tre serait une opération de quelques se* condes; on indiquerait» par un signal particulier, celui des cadrans que l'on doit itistallor actuellement, celui des segments dont les signes vont être transmis et doiveuc, par conséquent, être remarqués et uotés.
« Nous ne voyons pas néanmoins pourquoi on s'obstinerait à conserver dans la télégraphie électrique l'usage des signaux de ta télégiaphie aérienne, il n'y a qu'uae utilité très-contestable à combiner mire eux ces appareils qui ont été institués chacun eu vue d'exigences très-diverses. Les inconré* nienls de cette fusion sont, au contraire, de la nature la plus grave. On limite eu effet, par là, les ressources de la correspondance au répertoire très-borné du vocabulaire de Ghappe. Et quelle nécessité d'enchaîner ainsi la langue des communications télégraphiques dans ce cercle étroit d'où elle ne pourra jamais sortir? Evidemment, le meilleur parti à prendre, c'est de renoncer à l'usage des signaux aériens et d'adopter le système à cadran. Dn cadran circulaire |)or^ tant les vingt^quatie lettres de l'alphabet ei
iffn
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DES 0VGM1ON$.
TEL
les dix chiffres de la numération est pareooru par une aiguille qui, par un mécanisme approprié, s*aFrête a volonté devant chacune de ces lettres. Deux cadrans parfaitement semblables étant dis|K>sés aux deux stations e\u*émes, par exemple à Paris et à Rouen, Usé aiguilles des deux cadrans sont d abord placées sur un même signe servant de point de repère; les cadrans sont ainsi réglés et mis d accord. Si alors, sur le cadran de Paris, on an)ène successivement Taiguille devant les différentes lettres qui doivent composer le mot, le mécanisme de Tappareil présente Taiguille au-<levant des mêmes lettres sur le cadran de Rouen. L'employé peut ainsi lire et noter successivement les mots qui lui sont transmis. Pour indiquer la fin du mot, il suflit, à la terminaison de chaque mot, de lamener Taiguille à la position de son point de départ. Tel est le principe des télégraphes électriquesque construit aujourd'hui M. Froment, et que nous avons vus foncti«3Dner dans les ateliers de ce savant mécanicien. Le clavier qu'il a ajouté récemment à cet appareil, et dont le jeu repose sur une des combinaisons les plus remarquables de la mécanique, rend remploi de cet instrument plus facile et plus merveilleux encore. Ce clavier est semblable à celui des pianos, chaque touche portant une lettre ou un chilire ; il suilit de poser le doigt sur une des touches pour que Taiguille de Tautre statiou vienne se fixer sur la lettre correspondante. La main la muins exercée peut envoyer une dépêche en touchant sur le clavier les lettres qui la composent, sans craindre dVrreur fTOvenant de lappareil.
Cne touche frappée mal à propos n'amène aucune altération dans les signes suivants, et la disposition mécanique est si parfaite, que Ton peut promener au hasard et laut qu*on veut les doigts sur le clavier sans introduire le moindre désaccord entre les signes suivants. L'extrême simplicité, l'exactitude, la régularité du jeu de cet appareil, nous jiaraissent lui assigner le premier rang parmi Its divers systèmes de télégraphes électriques exécutés jusqu'ici. C'est à grand tort que l'on objecterait qu'avec les appareils de M, Froment, le secret des dépêches ne serait |ias suffisamment assuré. Pour réunir tofites les garanties nécessaires, il suiTirait de prendre pour le vocabulaire une clef de convention, c'est-à-dire d'attacher aux lettres une valeur diQérenie de leur signification habituelle, ainsi qu'on le fait pour les messages diplomatiques. 11 faut bien remar- Cfoer d'ailleurs que cette question du secret <ïes dépèches, si grave lorsqu'il s'agit de la télégraphie aérienne, n'a qu'une très-faible ifffipôrtauce dans la télégraphie électrique. l^o télégraphe aérien étale ses siguaux h tous les jeux; il les déploie librement è la face <itJ public, dont il semble provoqaer sans cesse et irriter la curiosité. Aussi doit-on j^ rendre des précautions de tout genre pour 4jéj€>\xer les surprises de commentaires intéressés. Mais avec le télégraphie électrique, ne transpire au dehors ; noo-seulement
l>iCTio!«!i. DES Inventions. IL.
personne ne peut observer les signaux au passage, mais même aucun indice extérieur ne trahit le moment où la correspondance est en action. Toute surprise étrangère est donc impossible, et l'on n'a à se prémunir que contre l'indiscrétion de quelques em-
E lovés. Le changement de la clef du vocabulaire suilit, et bien au delà, pour remplir cette condition. Ainsi la question du secret des dépêches, si grave, lorsqu'on fait usage du télégraphe de Chappe n'est qu'infiniment accessoire avec les appareils électriques.
« En résumé, nous croyons pouvoir conclure avec assurance que le svstème de té* légraphie électrique aujourd'hui usité en France ne saurait être plus longtemps conservé. Des intérêts de toute nature en prescrivent l'abandon. 11 sera l>on alors de soumettre à un examen sérieux les appareils de M. Froment, ou plutôt il sera plus convenable et plus juste d'adopter une mesure depuis longtemps réclamée par les mécaniciens français et les constructeurs étrangers; il faudra ouvrir un concours de télégraphes électriques, en choisissant, pour juges, les savants les plus compétents sur la matière. Il appartiendrait à un gouvernement éclairé do prendre l'initiative de cette mesure, qui serait à la fois conforme à la justice, importante pour l'avenir de nos établissements de télégraphie, et en harmonie enfin avec l'esprit de nos institutions actuelles. Il serait d'autant plus urgent de s'occuper des perfectionnements que réclame le mécanisme de nos appareils, que depuis cinq ans la télégraphie électrique a subi eu France une extension notable, et qu'elle semble vouloir regagner au milieu de nous le temps qu'elle a perdu. A l'heure où nous écrivons, vingtcinq villes en France sont reliées par des conducteurs électriques, et ce système est destiné à acquérir un plus grand développement à mesure que s'étendra le réseau de nos lignes de fer. En mettant les télégraphes électriques à la disposition du public, la loi du 29 novembre 1850 a donné une satisfaction légitime h des besoins depuis longtemps exprimés; tout perfectionnement qui permettra de rendre plus sûr, plus commode et plus rapide le jeu de nos appareils électriques, sera donc reçu avec reconnaissance, parce qu'il constituera un nouveau et remarquable service rendu à la fois à l'administration et au public.
« La télégraphie électrique s'étend aujourd'hui à peu près sur tous nos chemins de fer en cours d'exploitation. Dans ce moment, la ligne de Paris à la frontière belge, celle de Paris à Calais et au Havre sont pourvues de conducteurs électriques qui mettent Bruxelles, le Havre et Calais en communication instantanée avec Paris. Le chemin de fer du Centre, qui s'étend jusqu'à Angers d'une part et jusqu'à Châtesuroux de l'autre, et le chemin de Paris à Lyon, terminé maintenant jusqu'à Châlons-sur« Saône, sont également reliés avec Paris par un conducteur électrique. L'administration a le projet de munir de cette annexe pré-
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cieuse chacune de nos volés ferrées, au fur et à mesure de leur terminaison (1). Conformément à la loi du 29 novembre 1850, »e service de la télégraphie privée est organisé en France depuis le 1*' mars de cette année. Il n'existe encore que sur quelques lignes, sur les chemins de fer du Nord et sur celui du Centre, mais il ne tardera pas à recevoir toute l'extension nécessaire.
« L'institution de la télégraphie privée est encore parmi nous de date trop récente pour qu'elle ait pris beaucoup d'importance; elle n en est encore qu'à ses débuts. Dans les deux premiers mois on n'a guère expédié de Paris que 500 dépêches ; c'est à peu près le travail que fait en un seul jour la télégraphie de Londres. Aussi le service est-il Âabli chez nous dans des proportions et sur une échelle infiniment plus modestes que chez nos voisins. C'est au ministère de rintérieur qu'est placé le bureau qui doit recevoir et expédier les communications du public. Au fond de la grande cour du ministère, sous le télégraphe qui la décore « se trouve une grande voûte servant de passage ; c'est à droite de cette voûte, au bout d'un corridor obscur, que l'on trouve une petite salle consacrée au service de la télégraphie privée. Cette pièce est divisée en deux parties par une cloison grillée et vitrée ; derrière ce vitrage, trois ou quatre employés attendent le public. Tout se passe là assez bourgeoisement. Un employé vous présente une feuille de papier blanc sur laquelle vous inscrivez en termes aussi laconiques que possible votre missive que vous signez et dont vous acquittez le prix. La dépèche est ensuite portée dans la pièce suivante, oiise trouvent deux petits télégraphes Foy-Bré-
f;uet. Traduite en signaux selon le vocabuaire de Chappe, elle est immédiatement transmise à sa destination.
«La taxe des dépêches privées estfixéed'après le tarif suivant :
fr. c.
De Paris à Rouen de 1 à dû mois. 4 68
— Amiens — 4 80
— Arras — 5 64 ^ Lille — 6 56 •^ Calais — 7 56
— Valenciennes 6 56
— DoDkerque — 7 5i
— OrlésDë — 4 56
— filois — 5 28
— Tours — 5 88
— Angers — 7 20 ~ Bourges — 5 88
— Nevers — 6 72 -.- Chàteauroux 6 24
(i) Pour étendre à toute la surface de la France le réseau delà tél^raphie électrique, il ne serait pas nécessaire d'ailendre rachèveinent complet de nos ebemius de fer. L*eafouissemeni des fils conducteurs sons le sol des grandes routes suffirait pour atteindre.ce résultat. On a craint pendant Iringiemps que la télégraphie souterraine ne présentait pas toutes les conditions de sûreié et de régularité uécessairee; mais Texpérience a prononcé, et ce s> terne qui fottciionne eu Prusse et dans plusieurs parties de rAineriqne, avec toute l'exactitude désirable, a reçu
« La loi du 29 novembre 18M,qQièr«^ glé les rapports du public avec TadotiDistration des télégraphes, renferme plusieurs dis(>ositions qui ont été robjetdecritiquej assez vives (2). La nécessité de faire conv tater son identité pour être admis à ei[^ dier une missive , robligation d'écrire li dépêche en langage parfaitement iniài^M pour les employés , enfin la faculté eiortn tante accordée à ces derniers d'accepter oa de refuser la missive , sont des Bm^ marquées évidemment au coiud'ane ri^for administrative des plus exagérées. («satraves , nous Tespérons , sout destinée^ a disparaître. Nous ne pouvons penser p l'administration ne consente à ac^ordenj public Tusage d'un moyen de corre5p dauce si précieux à tant d^égards, qoâli condition de rendre son exéculioadM et parfois impossible. Malheureu&eM b considérations politiques ont toujoars (kminé et opprimé en France l^questm d'intérêt public. 11 serait temps eepeodaD! de comprendre que le gouvernestent n'est
f>as précisément une abstractioDpos«i:è{i ace de la société, ayant un bat distiBa^ des intérêts opposés; mais que c'est, ao contraire , la société elle-même admiaiitrant avec unité les intérêts commoQS à !':»>$ les citoyens, et que, par conséquent, toat ce qui contribue à augmenter les ressoiirees les moyens d'action et le bien-être des iisli-j vidus, doit tourner en même lempsaupré de rinfluence de l'Etat. Aucune entriree^ apportée, en Angleterre et aux Eui^fe* au droit de se servir des appareils ^ phiques ; on a pensé que la s\^ ^ l'expéditeur apposée au bas de ui^^;^ était une garantie parfaitement snû'pour sauve-garder tous les intérê\î.lr conditions sont-elles assez différentes s^ ces deux peuples et nous, pourjustiâ»^ mesures si opposées ?
« 11 s'est formé tout récemment a Pi'j deux entreprises industrielles connues îm le nom d'Offices Uligraphlques , dont Ir son siège rue Laffitte , et l'autre place^^ Bourse. Elles ont pour but de receroir.; la voie des télégraphes électriques M et par le télégraphe français, desnoa^t i des points les plus importants de \^^f Les agents de ces établissements tont'j^ \qs jours recevoir , au bureau du télégrf:';
f)ublic , les dépêches que leur ^\Y^ eurs correspondants de l'étranger. Nos |jÇ naux ont des abonnements aux 0\^& *^ graphiques , et c'est par celte voie m cours des principales bourses de TE'^-^ et quelques nouvelles politiques ouw merciales , sont mis depuis quelque tisons les yeux du public. Le cours ^
de la praiique une sanclîon défialUve. Ri^ *^^ empêcherait donc d*adopter celte difposiii^^ ma» éproavie, qui nous permeariJidewi^^ des avanUg«s de la léL'gr;»pbie nonvelletevi^^ parties de ia France qui, comme nob .d<PT du Midi sont encore dépoorvues de voies fefl^ (2) Oq iroavera à la fin de ranicle, le ^ celle loi.
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DES INVENTIONS
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bour$e d'Autriche t eipëdié de Vienne -à quatre heures de raprës-inidi, est ainsi connu à Paris dans la soirée.
« Répanse aux objeciions contre Fusagede la télégraphie électrique. — Services qu'elle a rendus.^Messages télégraphiques. — La télégraphie électrique , qui a si bien triomphé en Angleterre et aux Etats-Unis • a trouvé parmi nous d'assez nombreux adversaires.
Le motif de la résistance ou plutôt de la tiédeur qu'elle eut à combattre se puisait surtout dans l'importance exagérée .que l'on accordait à certains inconvénients attachés à sou emploi. Il sera donc utile de résoudre ici brièvement les diverses objections qu'elle a suscitées.
« Dans une brochure intitulée Des télégra^
Shes aériens et électriques , publiée en 1845, L Ennemond Gonon a instruit d'une ma* nière assez complète le procès de la télégraphie électrique. M. Gonon est l'inventeur d'un nouveau télégraphe aérien fonctionnant de jour et de nuit, et dans l'intérêt de son œuvre il a essayé de battre en brèche ie sjstème électrique. Il s'efforce donc de mettre en relief les avantages de la combinaison télégraphique dont il est l'inventeur, et de faire ressortir en même temps les inconvé* nients qui résultent de l'emploi des appareils électriques. Aussi trouverons-nous tout tracé dans la série de ses raisonnements le programme des objections que l'on a coutume d'élever contre l'usage de la télégraphie électrique. Il nous suffira» pour répondre à notre objet, d'emprunter a M. Gonon le texte de ses arguments et d'essayer ensuite de les réfuter.
m On ne cannait pas encore^ dit M. Gonon, {«
moyen de faire mouvoir le télégraphe électri^
que sûrement et perDétuellement â travers les
mille variations de i atmosphère ; et quoiqu'il
ait été publié dans les journaux que le télé--
graphe électrique avatt parfaitement font"
iiannijour et nuit de Parts à Rouen^foseaf^
frm/er que c'est faux; car depuis les premiers
essais de ce télégraphe jusquaujourahui^ on
me peut justifier qu il y en ait un seul qui aii
marché six heures de suite. Les inconvénients
gae présentent les variations de Faimosphère
sont déjà tris-nombreux^ et cependant tous ne
sont pas encore connus^ Je citerai comme
ejcemple les forts brouillards et la pluie qui
déchargent le tU conducteur le long des po-
Seaux. Ce système a en outre des causes de dé-^
f^erdition aans Tapplication aérienne le long
eies chemins de fer. Lorsque la vapeur de la
lacomotive est portée sur le fil^ elle fait Vof'
fice du brouillard et de la pluie : elle termine
te circuit ou Faffaiblit considérablement. Ce
eiéfaut se fait bien plus remarquer encore
Mems les tunnels^ lors du passage des convois.
^out y est humide^ tout y devient conducteur^
m£ la perte devient énorme. Cette perte croîtra
^wncore avec la prolongation de la ligne tilé-^
ffT'aphique. Le voisinage de la mer^ les pays
ttndsrécageuXf etc.^ seront des causes de déper-
éiition du courant dont on ne peut encore in-
éiiquer les limites (t).
<1; Des télégraphes aériem et éieeiriques, p. 43.
La pratique a soflisamroent répondu h ee^ craintes. L'isolement des fils conducteurs est absolu. Sous les tunnels, comme sur les bords de la Toie, le courant n'est jamais in* terrompu ni dissipé. Les métaux étant les conducteurs les plus parfaits du fluide électrique, on n'a aucune crainte de ce genre à concevoir. Aussi le couraut se maintient*!! avec la même régularité par les lemps hu' mides, durant la nluie, au milieu des .plus épais brouillards. On amêmeremarqué que la pluie est quelquefois une condition plutôt laTorable que contraire à la transmission des signaux.
• Lafoudre^ ajoute M. Gonon, attirée par ce long conducteur ^peut le fondre instantanément dans plusieurs points de sonporcours^ et cette attraction^ augmentée encore par le mouvement des convois f est ujn da$iger réel pour les voya^ geurs^ quand bien même ils se trouveraient fort éloignés du lieu où Forage éclate. Ce quê j'ai fait connaître dans la dernière brochure publiée par moi sur les télégraphes électriques vient de se réaliser en partie, voici ce qu'on lit dansée Constitutionnel du 15 jum dernier : c Deux fois le tonnerre est tombé aux euvi- « rons de Rouen. 11 a frappé, au pont du « Manoir, les poteaux qui soutiennent les « fils conducteurs du télégraphe électrique, « dont il a ainsi momentanément intercepté c les fonctions entre Paris et Rouen. » Si ce dernier événement n*a pas été plus fa^ tal^ c'est parce que, ie V affirme sans crainte d'être démenti^ le télégraphe électrique n'était pas, comme on le dit, en fonction aans ce moment-là; car autrement il eiU été dévoré d^un bout à l'autre par la foudre.
« L'objection tirée de la présence de l'électricité libre dans l'atmosphère a un côté sérieux» bien qu'elle offre plus d'apparence
Sue de gravité. Comme, d'ailleurs, beaucouji e per;»onnes partagent les craintes manifestées à ce sujet par M. Gonon, il ne sera pas inutile d'examiner ici la question avec quelque détail.
« L'électricité qui existe à l'état libre dans l'atmosphère peut tooubler en effet le jeu des appareils télégraphiqpies. Ces perturtia*' tious varient d'intensité selon Tétat de l'atmosphère. Par un ciel serein, Télectricité répandue dans l'air n'exerce aucune action appréciable sur les instruments télégraphiques. Seulement, si le vent Tient brusquement à changer, il s'établit un courant qui influence faiblement le fil conducteur ; dès lors l'appareil parle, c'est-à^lire qiie les signaux, subitement mis en jeu, exécutent pendant quelques instants de brusques oscillations. Si le ciel est couvert et les nuages fortement électrisés, quand le vent les chasse dans la direction du fil, ces nuages agissent sur le conducteur, et les signaux se mettent encore en branle. Dans ces deux cas cependant, ces effets n'ont rien de fïcheux, ils ne peu* rent aucunement troubler le service, car les employés savent tenir compte de ces perturbations passagères. Mais si la foudre éclate, si Tétincelle électrique partant d'un nuage fortement électrisé vient a frapper le
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«oi, le fH métallique du télégraphe offrant à récoulement du fluide uq passage facile, le conducteur peut être foudroyé. Quels aont les effets de ce coup de foucfre ? Quelquefois le fil est rompu, les communications sont alors interceptées entre les deux stations ; mais ces événements sont extrêmement rares, le fil étant d'un trop fort diamètre pour être aisément fondu. Dans tous les cas , si le fil est fondu, il ne Test jamais que sur quelques points de sa continuité, et tout se Dorne à cette rupture. M. Gonon nous fait redouter que la loudro ne dérore le conducteur d'un bout à l'autre; c'est une crainte qui fera sourire les physiciens. Le plus sourent la foudre, en frappant le conducteur, n'a d'autre effet que ao fondre le fil très-fin qui s'enroule autour de l'électroaimant, c'est-à-dire de l'appareil qui forme les signaux; alors les communications sont arrêtées. C'est un accident qui s'est présenté quelquefois sur la ligne de Rouen. Quand la foudre vient frapper un conducteur télégraphique, tout le dommage est habituellement supporté par les poteaux placés le long de la voie. Ils sont renversés ou mis en pièces. M. Baumgartner a rapporté quelques faits de ce genre observés sur la li^ne de Vienne. Le 17 août 18M, un orage qui avait éclaté è Ollmutz se propagea jusqu'à Triebttz, c'est-à-dire à une distance de 10 milles : un ouvrier employé à cette station à monter les fils ressentit une secousse qui le renversa, et il éprouva une véritable brûlure aux doigts qui avaient touché le métal. Le 25 août, par suite d'un autre orage à Ollmutz, l'électricité, conduite par les fils du télégra-
Êhe, foudroya un support aux environs de rodek. Une partie du courant s'échappa dans le sol le long de ce support, une autre partie fila jusqu'à Prague; on put s'en assurer par l'inspection du conducteur dont l'extrémité était fondue. Dans la nuit du 18 au 19 juin 18^9, un violent orage éclata entre Brunn et Reigem; la foudre brisa complètement deux supports et en endommagea neuf autres. Le 9 juillet, la foudre anéantit trois poteaux situés entre Kindberg et Krieglach, dans la Styrie, et respecta le fil conducteur. C'est encore aux environs de Kindbers que le tonnerre détruisit les sup-
E)rts télégraphiques le 19 juillet dernier, es ouvriers occupés à proximité éprouvèrent un éblouissement, et l'on observa, à l'extrémité d'un des fils situés le lonç d'un poteau, une aigrette lumineuse. Ainsi, dans ces divers cas, les poteaux de bois avaient seuls supporté les effets de la déchaîne électrique. Si le coup de foudre n'a pas assez' de violence pour endommager les supports placés le long de la voie, ou pour rompre le tjl de l'électro-aimant, il peut cependant
Eroduire encore certains effets désagréables. >a présence, dans les conducteurs, d'un excès d'électricité étrangère fait que l'électroaimant est à diverses reprises fortement attiré et qu'il s'établit ainsi, dans l'appareil destiné à former les signaux, une série d'oscillations folles qui persistent pendant plu-
sieurs minutes. Sur le télégraphe américain, qui, comme nous l'avons vu, écrit lui-même ses dépêches, on voit quelquefois Tinstrument, subitement mis en action par l'électricité atmosphérique, inscrire sur le papier une série de signes confus et précipités : c'est réclair qui envoie son message et qui consigne lui-même sa présence par écrit. Ajoutons enfin que l'appareil télégraphique peut être influencé, bien que la foudre n ait pas directement frappé le conducteur. Quand un nuage électrisé se décharge à quelque distance du fil du télégraphe, il s'établit aussitôt dans le conducteur un de ces courants électriques que les physiciens appellent courant a induction, et qui est provoqué par le voisinage de la décharge atmosphérique; ce nouveau courant fait encore parler les appareils, mais ce dernier accident D*a aucune importance.
« Ainsi les troubles que peuvent provoquer les phénomènes électriques de Tatoiosphère dans le sein des appareils télégraphi-
3ues n'ont, en définitive, rien de grave, et ans aucun cas ils ne peuvent sérieusement compromettre le service. L'expérience a bien vite éclairé les employés sur la nature de ces perturbations accidentelles, et fa transmission des dépêches ne peut jamais en être compromise d'une manière durable. Pour combattre les mauvais effets de la
f présence de l'électricité atmosphérique sur es fils conducteurs, il suffit presque toujours d'augmenter l'intensité du courant de la pile au point de le rendre supérieur a*i courant perturbateur. Aussi les irrégularités du genre de celles qui nous occupent n'ont elles été remarquées que dans les télégraphes dans lesquels le courant éleclri* que est réduit à la plus faible intensité possible; dans ceux ou l'on fait usage de cou- , rants énergiques, les troubles de ce genre sont rares ou insignifiants. Disons, d^ail leurs, que sur les chemins de fer anglais, H. Wheatstone a établi quelques appareils qu'il nomme eonducteur$ de la foudre^ et qui ont
r^our but de préserver le fil métallique de 'action de l'électricité météorique. Ces appareils, fondés sur le principe conou en physique sous le nom de pouvoir des pain" teif^ sont de véritables petits paratouoerres et suflisent à écarter les effets fâcheux provenant de l'électricité atmosphérique.
€ Les fils conducteurs, dit encore M. Go- < non, sontexposés forcément, dans leur étal « de continuité, aux injures de Tiguorance « et de la malignité. Qui ne prévoit pas que « ce défi porté par le pouvoir à la curiosité « et à l'obéissance passive du vulgaire tourte nera immanquablement à mal, daus tous « les cas de mécontentement, de sourJes « menées et de révoltes? Croit-on que les « complices d'un assassin ou d'an banqueff routier laisseront transmettre Tordre d'ar- « rêter leur associé î Pense-t-oo que Peu* « nemi, en cas d'invasion, respecterait « davantage ce moyen de communication?
« Non, assurément. L'intérêt des criminels « et de tous les partisans de troubles étant
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DES INYEMTIONS.
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c de détruire ce qui s'oppose à leursdesseins, « il est par trop injprévojant, de la part da « gouvernement, de mettre les moyens de « correspondance à la portée des hommes « dangereux. L'engouement du jour peut à « peine expliquer ce fait. »
cEnAnglelerreetenAmériqae.ilestencffet arrivé quelquefois que le fil s'est trouvé rompu au moment précis où l'on avait à expédier les dépêches les pIusimporlantes,mais ces accidents sonlprévusdanslescrvice. M. Wbeatstone a construit uo appareil qui permet de reconnaître approximativement sur quel point de la ligne existe la rupture. Dans ce cas, le 01 est promptement rétabli, car les caulonoiers du chemin de fer sont munis des outils nécessaires pour souder les couducteurs rompus. L'accident est donc assez promptement réparé, et la dépêche un ins- ^tiijeià^é^^ s'élance de nouveau avec ta rapidité de I éclair et peut ainsi triompher des effets de la méchanceté ou du crime. Pour ce qui est de la destruction des fils par suite de désordres ou de révolte iolérieure, nous n avons pas besoia de faire remarquer que es maisonnettes des stationnaires de Ja télégraphie aérienne isolées et perdues dans la camnagne, sont tout aussi exposées que les conducteurs du télégraphe électrique à des attaques de ce genre. Il suffit, en effet, pour interrompre dans toute son étendue, une ligne de télégraphie aérienne, de forcer I entrée d unecabane et d'emporter la lunette d approche. N'oublions pas d'ailleurs que les télégraphes sont avant tout les établissements de fa paix ; la régularilé de leur service n est assurée que par la tranquillité du pays et sa sécurité intérieure. C'est donc sortir des bornes véritables de la question que de raisonner, en ce qui le concerne, sur des éventualités de désordre ou de guerre.
« Le télégraphe électrique, dit enfin M. Go- •o?n» coûte énormément » cher à établir. « Il après des calculs fort justes, on peut es- « tinier les frais d'établissement, pour une « ligne de 200 lieues, à 4 millions de francs m environ, auxquels il faudrait ajouter enm suiteiesdépensesannuelles pour l'entretien * journalier des appareils, le renouvellement « des fils au moins tous les deux ans, le « Iraitemeot des hommes de l'art et le per- « sonnel des employés. »
^ • I-'évaluation des frais d'établissement des télégraphes électriques est ici notablement exagérée. Il est reconnu que tous les frais d installation ne dépassent point la soxDoie de 800 francs par kilomètre, ce qui sur une ligne de 200 lieues porte la dépense seulement à six cent quarante mille francs. D un autre côté, les frais journaliers sont assez faibles, puisque tout se réduit à l'entre Cien des fils conducteurs, et le personnel est SI peu nombreux que les dépenses d'administration sont insignitiantes. Il ne faut «lafis la télégraphie électrique qu'un trèspetit nombre d'employés. Les frais d'entre lien et de personnel pour les télégraphes aériens sont bien plus considérables, puis-
qu'ils s'élèvent annuellement h phis d*un million. Toutefois les frais d'installation de la télégraphie électrique fussent-ils beaucoup plus considérables qu'ils ne le sont réellement, cette considératioB ne pourrait dans aucun cas constituer un obstacle sérieux. La question des frais de premier établissement est ici entièrement secondaire, car les télégraphes électriques livrés au public deviennent pour l'État la source d'un revenu important qui couvre une partie de ses avances. D'un autre côté, la vitesse prodigieuse de l'expédition représente une autre source d'économie. Aujourd'hui la télégraphie aérienne coûte annuellement plus d'un million au budget, le gouvernement ne s'en inquiète guère, car celte dépense est couverte en grande partie par les économies que l'on réalise sur les estafettes et les courriers; que sera-ce donc lorsque la vitesse sera centuplée et quand le télégr»phe pourra manœuvrer en toute saison, à toute heure de la nuit, à toute heure du jour, sans rien perdre de sa prodigieuse rapidité I Nous n'avons pas la prétention de surprendre beaucoup nos lecteurs en leur parlant de la merveilleuse promptitude avec laquelle les dépêches sont transmises par le télégraphe électrique. Nous ne pouvons cependant nous dispenser de citer quelques exemples susceptibles de donner en quelque chose la mesure de cette vitesse. Nous nous bornerons toutefois h un petit nombre de faits dont la plupart môme se rapportent à Tépoque des débuts de la télégraphie nouvelle.
« Le discours prononcé en 18M( par I» président des États-Unis, annonçant la déclaration de la guerre contre le Mexique,, discours qui occupait deux longues colonnes en petits caractères, dans un journal de la plus grande dimension , fut transmis enentier par le télégraphe de M. Morse et copié en moins de trois heures. Pendant cette longue communication, le télégraphe transcrivait 84 lettres par minute , c'est-à-dire, le double de ce que l'inventeur avait promis.
« Le discours du roi des Belges, à l'ouverture des chambres de 18^9, était entièrement parvenu à Anvers quarante-sept minutes après avoir été prononcé à Bruxelles. Ce discours ne comprenait pas moins de* 8k2 mots formant 4,600 lettres. La transmission de cette dépêche avait donné lieu à il»660 mouvements télégraphiques.
« Le discours de M. Clary sur la guerre du Mexique, dans le Congrès des États-Unis de 1849, a été transmis en deux heures de Cincinnati à New- York avec une exactitude inappréciable, quoique le résumé n'occupât pas moins d'une colonne et demie d'un, journal, petit texte.
« Un journal américain, le New-Tork Expreâê^ rapportait en 1849 que le volumineux message du président Polk, contenant plus de 50,000 mots, fnl transporté en un jour da Baltimore 4 SeinI- Louis ^ alimentant de copies sur son passage dix-
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sept villes des Elats-Unis. Encore fautnl en déduire deux heures perdues à la suite d'un orage.
« Le discours de la reine d'Angleterre pour la prorogation du parlement en 18^9 fut expédié de Londres à Norwick, à la distance de 61 lieues, en moins de 18 minutes.
« Les premières nouvelles de la révolution de Février arrivèrent en Angleterre par un bateau-pilote» et furent immédiatement transmises à la métropole. Dès ce moment, jour par jour et presque sans relAche, un fleuve continuel de correspondances arrivait à Londres par le fil maeique ; et pendant que le commissaire et Te directeur du chemin de fer' se tenaient nuit et jour à la station de Londres, le directeur des télégraphes se plaça sur la côte, aux stations de Douvres et de Folkstone, pour recevoir les avis et les communiquer à Londres. De cette façon, chaque scène successive de la révolution arrivait d'abord à Londres par la ligne télégraphique ; ce qui permit de prendre beaucoup de dispositions importantes pour les villes de la côte intéressées à ces événements.
« Les journaux anglais et américains se plaisent à raconter des fbits particuliers qui viennent par intervalles prouver d'une manière irappante toute Tutilité du télé-
Sraphe électrique dans Tes rapports privés es citoyen& On remplirait aisément un ▼olume de récits de ce genre. Comme nous n'entendons pas user d'un tel procédé, nous nous bornerons à deux ou trois de ces faits.
« En 1848, un convoi du chemin de fer avait apporté à Norwick la nouvelle de la chute du pont suspendu de Yarmouth.
Qu'on juge de l'inquiétude et de l'effroi des haoitantsl ils avaient presque tous leurs enfants en pension à Yarmouth. Ils coururent en foule à la station du chemin de fer, demandant à grands cris des nouvelles de leurs enfants : Tous lt$ enfanii sont sauvés! dit le télégraphe électrique.
« Le jour du nouvel an de 1850, le télégraphe électrique prévint en Angleterre une catastrophe terrible. Un train vide s'étant choque à Gravesend, le conducteur fut jeté hors de la machine , et celle-ci continua à courir seule et à toute ▼apeur, vers Londres. Avis iut immédiatement donné par le télégraphe à Londres et aux stations intermédiaires ; le directeur s'élança sur la ligne avec une autre machine à la poursuite de l'échappée; il l'atteignit, et mancBuvra de manière à la laisser passer; puis il se mit en chasse après elle. Le conducteur de sa machine réussit enfin à s'emparer de la fugitive, et tout danger disparut. Onze stations avaient été traversées ainsi sans accident ; la locomotive n'était plus qu'à deux milles de Londres quand on l'arrêta. Il est certain Que si, sur le parcours du chemin de fer,
on n'avait pas été prévenu de l'éTénemeDi, le dommage causé par la looomolife ig.
rait surpassé la dépense de toute la lieu télégrapnique. Ainsi le télégraphe pajate jour-là le prix de son installation.
«Lesjournaux anglais ont raconté ayecbeaocoup de détails le fait suivant, qui prodokii à Londres une grande sensation et qui four- Dît en effet une preuve éclatante de l'ulilité du télégraphe électrique en matière chm:nelle. Au mois de janvier 18U, un horrible assassinat fut commis à Saltbil. L'assassin, nommé John Tawell , s'étant rendu immédiatement à Slough, y prit une ^lace poir Londres dans le convoi du chemin dek qui passait à sept heures quarante-deui où- Dûtes du soir. La police, avertie do criiue. était déjà à ta poursuite du coupable. Ih arriva à Slough presque au moment où 1« train devait arriver à Londres. Mais le télégraphe électrique fonctionnaiti et pemitirl que le meurtrier, confiant dans la rte extraordinaire du convoi, se croyait eo s^ reté parfaite, le message suivant volait ssr les fils du télégraphe :
« Un assassinai vieni d'être commt i MthiL On a vu cdui qu'on suppon art tusassin prendre un billet de prmundm pour Londres^ par le trainquiafàtéSlo\i§h a sept heures quarante-deux mimtn du soir. // est vêtu en quaker^ avec wu redingote brune qui lui descend presque sur k» toloni. // est dans le dernier compartùml de k seconde voiture de première clam.
« Arrivé à Londres, John Tawell se MU de monter dans un des omnibus ducbemia de fer. Blotti dans un coin de la voitore, il se croyait dès ce moment à l'abri de loata les atteintes de la justice. Cependant le cooducteur de l'omnibus, qui n'était aatreà^e qu'un agent de police déguisé, ne le perdait pas de vue, sûr de tenir son homme comm^ un rat dans une souricière. Arrivé dans la
Juartier de la Banque, John Tawell desccnit de l'omnibus, se dirigea vers la staliw du duc de Wellington , et traversa le p de Londres ; il entra ensuite au café daLwpard, dans le Borough, et se retin enim dans une maison garnie du voisinage. Logent de police qui, attaché è sespas,UTai suivi dans toutes ses évolutions, entra apf» lui, et tenant la porte enlr'ou verte, luiû^ manda d'un ton très-calme : iVVIei-wwf^ arrivé ce soir de Slough? A celleques^ si etfrayante pour le coupable, J<^?V.*V se troubla et balbutia unNonqmmyr veu de son crime. Arrêté aassilÔti"W\" en jugement, condamné comme assassiu
^^^ A quelques mois de M, dit i^îf^^^^ Family library, nous faisions U iw Londres à Slough, far le chemin ay^ fine voiture remplie de personnes éim^ les unes aux autres. Tout ^^^"f^^^ft.
le silence, comme c'est asset S^^^^^gi sage des voyageurs anglais, xvow ^^^y parcouru pris de quinze miljet '?" Lu seul mot eût été prononcé, tortgu^L monsieur, à la taille épaisse, o» <:ou ^'*
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DES INVENTIONS
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1 à Pair taiUeur$ tris-rupectable, qui Hait utm à rim des edm de la voiture^ fixant le$ yeux tur les poteaux et les fU$ du télégraphe étectriauej qui eemblaient voler dan$ un $en$ oppoié au nôtre^ murmura tout haut^ en accompagnant $on obeervation d'un mouvement de tête significatif :
« Voilà les cordes qui ont pendu Jobn «Taweill 9