‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 186 sur 209 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

eu 80

en 100

Ainsi deux thermomètres, l'un à mercure, Tautre à alcool, .qui marquent ensemble 0,80 degrés, sont tout à fait discordants ; dans rintervalle à 36 degrés du dernier, le premier marmie 3^,003 m.de moins. Le thermomètre à alcool n*est donc propre à indiquer les températures qu'autant que son écnelle est marquée par comparaison avec un étalon è mercure. Sous la pression ordinaire, l'alcool bout à 78 degrés centigrades ;roais, cette liqueur, hermétiquement enfermée dans un vase, développe une atmosphère qui retarde considérabloutcnt

le terme de l'ébullition; on peut doac soumettre ce thermomètre aux mêmes termes de graduation que celui à mercure : mais alors rinstrument est défectueux ; il ne peut plus même servir à mesurer des températures un peu élevées; parce que, près du terme de 1 ébuUition ou du changement dTétat^ la dilatation doit être très-irrégulière.

Et voilà pourquoi précisément le tber^ momètre à mercure ne peut servir à mesurer de basses températures, puisque ce fluide se congèle à 39 degrés centigrades. L'eau ne pourrait pas être employée vers + k degrés , et même au-dessous de ce terme, le verre se briserait par l'accroissement de volume de la ^lace qui se formerait.

Comme il importe de ne pas donner au tube barométrique trop de longueur, ce qui rend Tinstrument dimcile à faire ^ fra-

file et embarrassant, il n'y a guère que les talons qu'on construit avec l'échelle entière d'au moins 100 degrés; presque tous les usages de l'instrument n'exisent que quel-

Sues degrés au-dessous de zéro , et M) à 50 egrés au-dessus ; c'est pour cette étendue qu'on le construit; mais il convient, pour que les subdivisions soient faciles à disdi?guer, qu'elles soient grandes , et par conséquent, que le tube soit très-cupillaire; mais alors le filet de mercure est si délié qu'on a peine à le voir. On a réussi à éviter cette difficulté en se servant de tubes plats intérieureipent , qui, ayant même capacité que les cylindriques, présentent plus de largeur, et laissent mieux voir Textrémité de la colonne ; seulement , il est plus difficile de les trouver calibrés; alors, par les procédés ci-dessus, on fractionne la longueur en parties d'égales capacités , qu'on est en droit deregarder comme cylindriques, et qui ont leurs subdivisions égales entre elles, mais un peu différentes des inférieures et des supérieures.

THBRUOHÈTRBs A AIR. — L'aif et les gai secs se dilatent tous de la même quantité par des températures égales. Ces fluides sont donc excellents pour faire des thermomètres. On introduit dans la boule de Tair sec, par les procédés connus; une petite goutte de mercure intercepte la communication avec l'air extérieur, Lorsque la température varie, cette goutte sert d'index, monte et descend au gré des variations correspondantes du volume d'air.

Ces instruments ont le défiiut de ne montrer que des résultats complexes, parce que la pression atmosphérique agit dans l'expérience; en outre, il ne faut pas que la boule dépasse en capacité le triple de la cojonne du tube , parce qu'à 100 degrés le mercure sortirait et il entrerait dans la boule à zéro. On n'emploie les thermomètres à air que dans les recherches délicates, et pour mesurer de basses températures.

Le$ thermomètres différentiels de Leslié sont composés de deux boules réunies par un tube et l'on y introduit de l'air sec , ou du mercure qui intercepte la communication. Un Délit tube ouvert et elDlé sert à

fm

THE

THE

frire entrer ces fluides , par le moyen de la chaleur et de soins qu'il serait superflu de décrire ici. On ferme ensuite Tonfice à la lampe. On peut faire passer une partie de Tair d'une boule dans Tautre aussi par la chaleur, de manière à loger le mercure dans telle partie qu'on veut de l'appareil.

Cet instrument ne sert qu'à mesurer les différences de températures auxquelles les deux boules sont exposées» attendu que celle qui est le plus échauffée refoule le mercure dans le tube. Le zéro de l'échelle est mis au point où les deux boules sont à la même température; on se procure un autre point en plongeant Tune des boules dans de l'eau chauffée à un degré déterminé. Si l'eau est à 20 degrés de plus que l'air, la différence de température des deux boules est de 10 degrés ( du moins si on est mis à Tabri du rayonnement en interposant un écran); on divise ensuite l'intervalle parcouru par le mercure en 10 parties égales qu'on répète au defà et en deçà des deux linaites. Ces instruments sont le plus souvent faits avec de l'acide sulfurique coloré qui remplace le mercure.

Le thermomètre de Rumford n'est aue l'instrnment qu*on vient de décrire dont les deux boules sont très^cartées , pour en assurer les indications : on sépare ces boules par un écran revêtu de papier doré.

Thermomètre a maxima et a minima. — Souvent on désire qu'un thermomètre indique la plus haute ou la plus basse température survenue en l'absence de l'observateur. Voici comment on atteint ce but.

Sur une planchette sont fixées deux thermomètres a tiges horizontales ; l'un est en alcool limpide, et contient dans son tube on petit cylindre d'émail plus mince que le tube n'est large; on amène cet index, par l'inclinaison , au dedans du liquide et au bout de la colonne ; si la liqueur se dilate , cet index reste en place ; mais , dans le cas contraire, la liaueur l'entraîne avec elle, et il rétrograde le long du tube • s'arrètant dès que la température est au minimum.

L'autre thermomètre est à mercure et renferme un index d'acier qui est poussé par le mercure, quand il y a dilatation et qui demeure en place, lorsque la condensation ramène le fluide. Cet effet résulte de ce çiue l'acier n'est pas mouillé par le mercure. Ainsi l'index marque le maximum de température.

Thermomitrei métalliques. — Thermomètre de Bvégfxei. — Cet instrument est un des plus ingénieux qu'on ait imaginés. L'hélice cylindrique estforméede trois feuilles excessivement minces de platine , d'or et d'arwgent, soudées par une forte pression, et {ensuite découpées et contournées; on fixe on bout à un support, l'autre extrémité porte une aiguille très-légère, l'inégalité de dilatation des métaux fait tordre ou dérouler la spirale; l'aiguille tourne donc» et ses excursions sont indiquées sur un cadran horizontal. Le tout est recouvert d'une petite cloche de verre.

Comme il a été constaté que les arcs dé-

crits par l'aiguille sont proportionnels aux degrés de température, il a suffi, pour évaluer toutes les variations en degrés du thermomètre à mercure, de comparer ces deux instruments. On sait alors combien il faut de degrés du cercle pour représenter un degré thermométrique et k quelle division on doit placer le zéro de température. Cet instrument est surtout utile dans les expériences dans lesquelles la chaleur joue un rôle subit, parce que le métal est si sensible à ses effets, qu'il en rend sur-le-champ témoignage; tandis qu'un thermomètre en verre est ordinairement très-paresseux à se mettre k l'unisson de température de l'air ambiant.

Le plus commode des thermomètres mé* talliques est celui qu'on fabrique par la méthode de compensation de balancier. Une lame courbe est formée de cuivre et de platine soudés sur leur épaisseur : comme ces deux métaux ont des dilatations inégales, les yarialions de température déforment la courbe, et l'extrémité étant fixée par une vis, le bout s'approche ou s'éloigne du centre d'un râteau denté dont elle pousse le court talon. Le plus petit mouvement de la lame est de la sorte agrandi et rendu sensible à l'extrémité de l'arc dont le rayon a dix fois au moins la longueur du talon. Ce râteau engrène avec un pignon et le fait tourner. Une aiguille portée par l'axe de ce pignon agrandit encore ces effets, et va marquer sur un cadran concentrique les variations de température, ou plutôt les degrés thermométriques ; car par quelque essai et en comparant les excursions de l'aiguille à un bon thermomètre h mercure, il est facile de marquer sur le cadran les deux températures extrêmes qui font accomplir k Paiguille une révolution complète ; et faisant pirouetter l'aiçuille sur son axe, où elle n'est tenue qu'a frottement, on fait en sorte que la température moyenne, ou 10 degrés, soit k la division de la demi-circonférence. Les arcs égaux marquent sur le cadran des variations égales de température.

Un ressort spiral et capillaire, monté sur l'axe du pignon, k la manière de ceux des balanciers de montre, ramène sans cesse le talon de la lame dont il doit suivre les mouvements. En limant cette lame ou le talon pour raccourcir, on les travaille et on Ves amène au point de ne pas produire de trop grands mouvements. Dans les limites de température qu'on veut mesurer, cet instrument est très-sensible ei aussi exact qu'un thermomètre k mercure. Il se place dans une botte de montre et compose un bijou for' élégant. Du reste, l'exécution en est assez délicate ; ce sont les hortogers de Genève, de NeuchAtel, qui en fournissaient le commerce. Il a été inventé par un horloger de Copenhague, nommé Jungerseon.

Le plus simple des thermomètres métalliques est celui qui est formé d'un barreau de métal qu'on fait lutter par un bout contre un obstacle, tandis que les variations de longueur sont attestées k l'autre extré-

THE

DlCTlONNiURE

THE

f3fl

mité par uc appareil à levier semblable à ceux du comparateur.

Les règles de platine qui serrent à mesurer les hases géodésiques contiennent dans une rainure sur leur épaisseur, une réglette en cuivre fixée par un bout et libre par l autre. Comme la longueur absolue d*une règle dépend de sa température» il importe d'en mesurer les variations pendaut qu^n remploie ; mais la réglette en cuivre s'allonge deux fuis plus qu'une pareille Ion* gueur de la règle de platine. Si 1 on a fait un trait rectiligne sur Tune et Tautre, quand la température était à zéro» il n'y a plus coïncidence entre les deux traits quand celle-ci s'élève ou s'abaisse, et l'on peut, à l'aide d'expériences, de verniers et de loupes microscopiques, saisir jusqu'aux moindres variations de température. (Dtca'onnotre technologiquCy art. Thermomètre.)

THERiionÈTaEs DIVERS. — luveuHon de M. Régnier, — On sait, par expérience, qu^une lame de enivre jaune ne s'allonge, pour un degré de température de plus, c^ue de Ffo¥»' ^^ ^^ longueur, quantité excessivement petite, et quit pour devenir sensible, exige un mécanisme très-compliqué. Une lame de cuivre jaune, Helle que M. Régnier se propose de l'employer et qui a pour Ion* gueur un double mètre, ne s'allonge donc, pour un degré de température, de plus que d'environ 77^ de ligne ou de -ni? de millimètre. Mais le moyen employé par M. Régnier rend cet allongement beaucoup plus sensible. Il a remarqué qu'une règle de 91k millimètres de long, posée à plat sur une table, et soulevée par sou milieu, de manière à lui donner une courbure qui ait 27 millimètres de flèche , ne faisait éprouver à la règle qu'un raccourcissement de â,26 millimètres. £n plaçant sou mécanisme à cette courbure, il a donc un effet douze fois aussi sensible que si le mécanisme était placé à l'extrémité de la règle. Il compte donner à son thermomètre 60 degrés de marche, kO au-dessus du terme delà glace et 20 au-dessous, afin d'avoir plus qu'il n'en faut pour se prêter à toutes les variations de température de l'atmosphère. Or une lame de cuivre jaune d'un double mètre de longueur s'allonge pour ^0 degrés de température, de plus de 2,7 millimètres, puisque la courbure de la lame donne environ douze fois autant de jeu qu'en donne son allongement : donc, si pour 60 degrés elle s'allonge de 2,7 millimètres, la courbure donne un jeu de 32,5 millimètres. Mais M. Régnier, au lieu d'une seule lame de cuivre, en emploie deux, dont les courbures se font en sens opposé, et se présentent l'une à Tautre par leur concavité ; l'une porte un pignon sur l'axe duquel est portée l'aiguille qui marque les degrés, et l'autre porte un râteau qui engrène les ailes du pignon, et qui, en avançant et en reculant, le lait tourner et l'aiguille avec lui. Ce moyen donne un jeu double, puisque les deux lames se courbent de plus en plus, le râteau et le pignon reculent tous deux à la

fois, et, lorsqu'elles se redressent, le rateao et le pignon avancent l'un sur l'autre, ce qui donne, pour 60 degrés, 65 millimètres. Mais il faut retrancher de ee jeu celui que peut donner, par son allongement ou son raccourcissement, le fepdont est formé le châ^ sis dans lequel sont fixées les deux lames de cuivre. Ce j>ii du fer est à peu près les f de la totalité; il reste donc pour le jea réel de l'instrument environ 26 millimètres ; ainsi» tout le mécanisme de cet instrument se réduit à fixer dans un châssis de fer, ou de toute autre substance, qui, pour le même degré de chaleur, s'allonge sensiblementmoins que le cuivre, et à fixer deux lames de cuivre jaune à quelque distance l'une de l'autre, et déjà assez courbées pour que l'effet de leur raecourcissement, causé par le froid, ne puisse pas les redresser entièrement. L'excès de leur allongement ou de leur raccourcissement sur ceux du fer se porte en entier dans la courbure, puisqu'elles ne peuvent pas, dans leur longueur, s'allonger ou se raccourcir plus que le châssis. M. Régnier se propose de donner 649 millimètres de rayon à l'aiguille de son thermomètre; elle parcourt donc un cercle de 1~299 de diamètre. Si l'on donne huit ailes au pignon et que huit dents du râteau occupent l'espace de 27 millimètres , la proportion est telle que les 60 degrés, pour lesquels il nj a que 26 millimètres de jeu, ne font pas faire à l'aiguille tout à fait le tour du cadran, qui a 1*299 millimètres de diamètre. La circonférence de ce cadran est de près de 4*85 millimètres ; chaque degré peut donc avoir environ 67 millimètres, étendue assez grande pour qu'on puisse l'apercevoir aisément, môme de loin. L'auteur se propose, au lieu de faire le châssis de fer, d'y substituer la pierre ou le marbre, comme moias sujets à se détériorer; il produirait encore un assez grand effet , parce que les pierres s'allongent moins que le fer pour le même degré de chaleur ; et pour prévenir l'oxydation du râteau et du pignon, M. Régnier se propose de les faire en cuivre dore ou en pïaline, et de faire mouvoir les pivots du pignon dans des trous percés dans l'agathe. Ces thermomètres, en petit, peuvent se poser horizontalement ou verticalement. (Ifiemoires de r Institut, sciences physiques et mathématiques^ an vil, tom, U, page 18.)

Invention de M. Gouberl. — Cet artiste a eu l'idée ingénieuse de faire un thermomètre avec le baromètre lui-même; on peut observer, sur son instrument, d'abord la hauteur barométrique; puis, par uu simple changement de situation, la température du mercure. Il n'est pas plus compliqué que le baromètre à siphon. L'Académie de Dijon, sur le rapport d'une commission^ a donné son approbation à cet instrument. Le thermomètre de M. Goubert, à l'esprit de yin el au mercure, est gradué d'après là congélation du mercure; il a l'avantage de rendre les observations plus courtes; et plus faciles à faire et i inscrire qu'en employant les thermomètres anciens. L'instrument à l\

TOI

DES INTENTIONS

TOI

prit de viDy'coloré en jaune foncé, eonser?e mieux sa couleur , et, étAnt ré^Ié sur des étalons en mercure, il s'accorde parfaitement avec ce derni^^r dan^ Tusage ordinaire. (Moniteur, 1806, p. 1205.)

TOILES PEINTES. — La perfection de ce genre de produits dans Tlnde lui a fait donner le nom d'indiennes^ sous lequel on le désigne dans le commerce. La fabricalîon d' s toiles fut introduite en Europe vers le milieu du siècle dernier, et en France, comme on sait, parOberkampf, vers 1760 (1). Sans avoir atteint le degré d*éclat et de solidité dans leurs teintes propres aux véritables indiennes, nos fabricants ont su successif TemenI apporter de notables améliorations k leurs procédés, et se sont surpassés à l'envi par la beauté de leurs couleurs, la variété et la richesse de leurs dessins.

La principale opération pour la peinture des toiles est Tapplication des mordants (Koy. Teixtdkb) sur les tissus. Ces mordants sont généralement Tacétate d*alumine et l'acétate de fer, susceptibles tous deux de se mêler avec des matières épaississantes. Les cou* leurs s'épaississent au moyen de farine bouillie, de l'eau d'amidon torréGé ou encore de leïcone ou dextrine. Lorsque les tissus ont été mordaocés, il est utile deles faire sécher et de leui* enlever, par le lavaee, J'acide et les matières épaississantes. On emploie pour cela Teau mélangée d*uoe certaine quantité de bouse de vache. Après ces premières préparations , on fait subir aux tissus le bain ordinaire de la teinture, puis, comme sur toutes les parties qui n'ont pas été soumises à l'action des mordants la couleur s'altère aisément, on expose sur pré les toiles, et , en les lavant avec une légère eau de eblore, on reud au fond sa blancheur. Mais revenons k l'application des mordants. On se sert à cet euet de plusieurs moyens, les planches ou blocs, les planches plates et les cylindres. Les blocs sont en bois dur, gravés en relief ou incrustés de lames ou fils de métal ; on les imprègne de mordant, puis on les applique sur la loiie recouverte d une étoffe de laine, en les portant successivement sur tous les points nécessaires. I^s planches plates gravées en taille-douce ayant environ un mètre carré de surface, sont aussi recouvertes de mordant; mais avant de les appliquer «sur la toile, on les essuie avec une lame d'acier que Tou nomme le docieurt de telle sorte que le tissu ne reçoit que le mordant, resté dans les tailles. On a

{généralement remplacé ces deux procédés ongs et minutieux par des cylindres gravés aoit au poinçon , soit à la molette. Ces cylindres font partie d'une machine qui les introduit dans une auge, où ils reçoivent .e mordant, puis les mène au docteur qui na leur en laisse que ce qui est nécessaire, et enfin, les met en contact avec les cylin-

(I) Malkoase, où las premières toiles de eotoo fa* reni tiiiées ea t7e3, éiaii eacore, k celte ^ poqae, Qoe rài^iaae aUiéo es la Saiste. V^ ScheBixier, Ae Ueréiiion de la rkhesee, 1. 1«', rageSaO et s«vantes.

dres sur lesquels sont roulés les tissus, quii s'imprègnent en passant, jusqu'k la fin de la' pièce.

^n Angleterre, on est parvenu k perfectionner cette machine, en combinant des cvlindres gravés en relief, avec lesquels on ODtient d'admirables résultats. On a aussi trouvé le moyen d'imprimer jusqu'k trois couleurs, k l'aide d'un mélange convenable de couleurs et de mordants, qu'il ne peut entrer dans notre cadre de décrire ici.

La difficulté d'obtenir des teintes parfaitement pures, k cause de l'action incomplète du docteur, a féit découvrir k M. Per- Totj de Rouen, une machine très-ingénieuse, et dont la rapidité est telle que deux ouvriers peuvent avec son secours faire le travail de quarante-huit autres. Cette machine est connue sous le nom de Pbeeotibx*

La fabrication des toiles peintes exige surtout une connaissance approfondie de Taction des couleurs, les unes sur les autres, et de la combinaison des mordants et des couleurs. Ainsi, la garance avec l'acétate d'alumine donne du rouge et du noir, et avec l'acétate de fer, des bruns foncés et des DOirs, et des teintes brunes, rouges, avec leur mélange. On tire un très^grand parti de ces réactions pour obtenir dès dessins variés k l'infini.

Il y a des cas, appelés réeervei^ où, avant de passer une étoffe dans un bain de tein* ture, on applique sur certains points de sa surface une substance qui empêche la couleur de s'y fixer; et d'autres cas encore, où Ton veut avoir des parties colorées sur le même fond, ce que Ton désigne par le nom de laptf . Les premières réserves se font par des dissolutions de sulfate ou d'acétate de cuivre, ou de sulfate de zinc avec de la terre de pipe, de la farine, de l'amidon soluble ou de la gomme ; les secondes se font par le mélange de mordants, ou de sels qui, par double décompositiou, peuvent fournir certaines couleurs. On se sert encore de certains corps, appelés rongeun ou rongeants^ pour obtenir, sur un fond uni, des points complètement blancs : tels sont d*abord l'a* cide oxalique et le chlore, puis, h un degré inférieur, le protochlorure d'étain, le chromate de plomb et de sel d'éiain, l'acide hydrochlorique, l'acide chromique, etc.

11 existe, dans la fabrication des toiles peintes, un grand nombre de couleurs brillantes qui ne résistent pas k l'action de la lumière et de l'arr, lorsqu'on n'a pas recours, pour'Ies fixer, k un dernier procédé, qui consiste k enrouler l'étoffe autour de cylindres percés de trous, ou k les étendre sur des ca^es à claire- voie dans lesquelles ou introduit de la vapeur. Ou laisse ensuite refroidir, et l'étoffe est exposée k un courant d'eau, d'où la couleur sort aussi solide que le comporte sa nature (i). i

lOlLSS A BMPLOTBE SAlfS COUTCEB [FTO-

cédé pour la fabrication des). — Invention de M. Debe%ieux, de Nice (Alpes-Maritimes).

(t) Elirait de VEncyc'op die des grn$ du monde*

VM

rm

^Lt métier 4e tubage doat li se sert est le 0iihrie qae le roétier oriiDJire de tisseran'l, %V^ïm en r|goi les pr'x.é'J^ 4e M« Det#ezieaf dit^enl de eeoi eoiDÎoyés précédTcniûent. En ourdisMot îa cfalne, «io fui dr/fioe ooe \ffn'jpiHur 4otitAe de e^-ife oa'e'.^e devrait iToîr V^ur ooe toîle sinupre; les eoscNiples do métier à ti«%er doîTent être parftitecD^nt au oireao Tune de Taotre; on piastre la chiJifne, double en nombre de fiU, sur Ten^^upie de derrière, eriiaiDe oo tail aetaeli^ment. On DOue tous les fils rjpîufne a l'ordinaîre; lorvjo'ils soot repris, et les deux efisouples les ajaot tendus, on rapproche les barres de celle de derrière, et les deof toiles se troorent séjiarées el %n\tfiT\fff%^% % on garnit les bobines selon le nomlire dont on a besoin. De la main

Ïaoche on lanr;e la navette dans ia toile e deMUS, aossitAt la loain droite l« renvoie à la première, à travers la toile de dessous ; et tandis qu'elle parcoon cette loile, on |iorle la main droite sur le battant, qu'on ne doit jamais taire mouvoir qu'après cette double opération, c'est-à-dire qu'après que Tune et I autre des deux (orties de la toile a reçu on fil de trame. Ainsi que le métier de tisserand , celui de l'auteur n'a que deux marches, mais elles sont échancrées k l'exlrémité ; chacune d'elles font mouvoir deux cordes, dont l'une, qui porte sur le plein, se trouve toujours à peu près tendue ; l'autre, qui correspond à l'écoancrure, n'v devient adhérente qu'au moment où l'on fait descendre la marche, de manière qu'elle soit mise en jeu plus tard, et moins profondément. La manière de faire le CToisaije de la toile, de façon à rendre les chemises closes du haut, les sacs du l)as, les paillasses des deux bouts, consiste à repousser avec le pied celle des deux cordes qui joue dans l'échancrure de chaque marche vers le plein bois, et jusqu'à l'endroit oiiw trouve l'autre corde qui est tendue; on fait la môme opération sur l'autre marche et on pèse successivement une fois sur chacune d'elles. Il résulte de ce mouvement, que l'ouverture qui était auparavant alternativement au milieu de chacune des deux moitiés de la toile pour v laisser circuler la navette, se trouve alors dans le milieu entre les deux pièces. Lorsque cette nouvelle voie est pratiquée, on y jette la navette, on baisse Vautre marche, et on y jette de nouveau la navette : dès lors la toile se trouve parfaitement croisée et close; on ramène les cordes de devant au point des marches où elles étaient précédemment, et on continue le travail comme avant cette opération. L*auteur fait observer que pour travailler aux chemises, on doit avoir deux navettes en activité, c'est-à-dire afin que les ouvertures auxquelles doivent s'appliquer les manches, et par lesquelles les chemises qui sont terminées par le bas, sortent faites, on doit employer un» navette pour chaque

Eartie (dessus et dessous) de la toile. Il est ten entendu qu'on n'en doit conserver

«at,

qoone, K*^ qa»i« «« chevûse, à îV&in>«t oa il s'y a lore« Le travail avce <kcx même, et ne préseiMe pas p- m que si Ton faisait certanes sières ravées fil et tfAfm^ Am BDétier de M. Debezieux, les sortent plissées. FiKir octesir ce il fiiot avoir une navette tm téarr\ de fil lonio, et, lorsqu'on es est sage, oo peut se servir de ce fil q[^ le re»l plus fort, et ensuite on le jette an Sonr, dont on laisse sortir les deux Umis. Telles sont les différences qn*il était nécessaire d*indîquer entre le travail ordinaire dn tisserand et la manière de travailler dr^ot VL, Debezienx est rinvenicnr. (Arcnala nnn

ToiLss A vonJBs. — /ntvnlian i^ MM. F#resipêreeifiU^deMcmieramlSemê rf-Jfnrne}, — La matière qni entre dûs la fabrication des toiles dont il s*agit ici est nne filasse provenant des écorees de tilleol, de booleau, de merisier, de bêtre, de mûrier et de cbâtaigner, que Ton mêle arec de la filasse de cblanvre. La préparation pour obtenir de la filasse des éeoroes de tous les arbres que Ton vient de désigner, consiste à Cure rouir ces éoorces dans reau froide ; à les lessiver ensuite dans l'eau bouillante ; à les faire sécher un peu ; à les battre avec un morceau de bois préparé à cet efiTet ; à les fiiiro bien tremper encore dans l'eau froide ; à les frotter avec les mains de la même manière qu'on frotte le linse pour le savonner, ce qui fait séparer les fils de l'écorce; à les faire sécher de nouveau ; enfin, à le passer au séran. La filasse étant faite par les moreiis que Ton vient d'indiquer, la toile se uibrique au métier comme la toile ordinaire, en y mettant pour la rendre plus forte, un tiers ou moitié de filasse de chanvre ; il résulte de ce mélange une toile de très-bonne qualité. On doit faire remarquer que la grosse écorce de dessus ne serait point propre k ce genre de fabrication, parce

Qu'elle ne peut produire de la filasse assez ne ; il faut donc la séparer avec soin de celle qui se trouve dessous, et qui est la seule que l'on puisse employer comme il vient d'être dit. On peut au surplus tirer un parti très-avantageux de la grosse écorce qui donne une filasse dont on peut faire de ia ficelle, du cordeau et de la petite corde d'emballage; elle serait aussi très-bonne pour faire de la grosse toile d'emballage el cette même toile peut en outre servir a recevoir du papier, ilne partie de ces écorees ayant la propriété de repousser la vermine de toute espèce, notablement les punaises, on obtiendrait salubrité et propreté en collant du papier sur cette toile que l'on appliquerait dans'les endroits où on la jugerait nécessaire. La préparation pour la erosse écorce est la même que pourTécorce fine, excepté qu il est indispensable de la lessiver deux lois au lieu d*une dans Teau

TOI

Des INTENTIONS-

TOI

43lg

bouillante pour faire disparaître la gomme dont elle est inpr^nte. Le déchet provenant de la préparation en filasse produit encore des étoupes qui sont d*an usage précieux ; ces étoupes sont très-bonnes pour faire des matelas propres à remplacer ceux de laine. En employant les matelas faits avec ces mêmes étoupes, dans les maisons de détention, dans les dépôts de mendicité, dans les casernes, etc., Tauteur assure

2u*on j trouverait le double avanlage d'une conomie notable, et d'une propreté qu'il est difficile d'atteindre dans tous ces grands établissements, la vermine fuyant, comme on Ta dit plus haut, l'odeur de plusieurs de ces écorces.

Métieri à fabriquer le» toiles à voiles. — Invention de MM. Queval et compagnie de Fécampt 1805. — Ce métier marche avec la plus grand régularité, et on peut lui donner telle célérité gue l'on juge convenable pour I espèce du tissu qu'il s'agit de fabriquer. La navette passe avec une vitesse de dixhuit & vingt fois par minute. La chasse fraope deux coups sur chaque fil de trame, et I on peut calculer par approxinuttion, que le travail de ce métier est le double de celui d'un bon ouvrier dans le même espace de temps. L'ensouple destinée à recevoir la chaîne de même que celle sur laquelle s'enroule la toile fabriquée, marchent de manière que, quelle que soit la grosseur ou la finesse du tissu ou de la chaîne, celle-ci se trouve lâchée, et la toile faite, recueillie dans la proportion convenable. Ce métier mécanique peut être appliqué k toute espèce de tissu et sans aucun changement ; tous les numéros de la toile k voile peuvent

J' être fabriqués ; on peut y adapter indiféremment toute espèce de moteur, et le faire travailler soit au moyen d'un courant d'eau, soit k bras, soit par le vent ou par un manège. Due propriété particulière de ce mécanisme est de pouvoir être mu sans interruption, et le métier s'arrêter k la Tolonté de l'ouvrier, quoique le moteur commun continue toujours u'être en activité. Le mécanisme de \a navette est tellement combiné avec celui des chasses et des autres parties du métier, que jamais les chasses ne peuvent frapper quand la navette parcourt la chatne et que toutes les fois qu'elle se trouve arrêtée dans cette dernière, soit par Téboulement de la trame, soit par un fil cassé de la chatne, ou tout antre accident, le métier se trouve arrêté de lui-même dans toutes ses parties et le moteur marche toujours. (Société d^encouragementf tome IV, p. 22^.)

Toiles et taffetas gommés niPBHMiA- Bus. — Invention de Jf. Collet. — On tend Ses tissus en soie, fil ou coton sur un cadre de bois, on les couvre d'un enduit imperméable composé d'huile de lin, de blanc de plomb, de terre d'ombre et d'ail, dans les proportions suivantes : pour une livre d'huile, une once et demie de blanc de plomb, deux onces de terre d'ombre et une gousse d'ail ; on fait bouillir le tout pendant dfouze heures

k petit feu. On connaît que l'enduit est parfait lorsqu'il se forme une peau sur la surface et qu'il a de la consistance. Lorsqu'il est bien appliqué et sec, on unit l'étoffé par la pierre ponce, on la recouvre d'un mordant composé d'huile de lin, d'oxyde vitrenx de plomb, de sulfate de zinc et d*oxyde de céruse légèrement calciné au jaune, dans les proportions suivantes : pour une livre d'huile, une once d'oxyde vitreux , ouatre gros de sulfate, quatre onces d'acide cie céruse. On fait bouillir le tout dans une chaudière de fer, jusqu'k ce qu'il prenne la consistance de pâte. On l'applique sur l'étoffe de manière que toute sa surface en soit également couverte. Le lieu de l'opération doit être échauffé. On introduit l'étoffe dans un coffre dont le fond est en peau ; dès que le mordant happe, on le recouvre de laine moulue, et, en frappant avec une baguette le fond du coffre, on agite la laine et le mordant la happe jusqu'k ce qu'il en soit saturé. Pour perfectionner l'adhérence, on transporte l'étoffe sur une table bien unie, et on promène un rouleau dessus. On la fait sécher à une chaleur de trente k quarante degrés. On fait la même opération des deux cAtés du tissu ; il en résulte un beau drap qui résiste au frottement et au lavage, et qui est imperméable. Sans altérer le mordant , on lui donne la couleur de la laine que l'on yeut appliquer. {Brevets non publiés^

Toiles impbem6ables. — Invention de Jf. Desquinemare ^ ingénieur mécanicien à Paris. — La toile imperméable de H. Des-

auinemare peut remplacer avec succès , it-il, pour le service do la mer, toutes les toiles connues sous le nom de prétarts.EUe a sur elles l'avantage d'une plus grande durée ; elle est très-flexible et n'est point cassante. Loin de pourrir k l'eau, elle n'en re» çoit aucune atteinte, et surnage, quel que soit le volume de capacité qu'elle renferme. Les bardes des équipages, presque toujours k l'air et exposées aux injures du temps, renfermées dans des sacs de cette toile, en sont parfaitement garanties; et les équipages eux-mêmes peuvent s'en revêtir, convertie en capotes, gilets et pantalons. Pour le service de terre, ajoute H. Desquinemare, on peut en faire les havre-sacs des soldats ; outre une moindre pesanteur, «comparativement au poids de ceux dont ils se servent, ces nouveaux sacs peuvent les soutenir sur l'eau dans le passage des rivières. On en fait des guêtres, des souliers, des bottes et des capotes pour les soldats eu faction et au bivouac. {Moniteur^ an VU, p. ihhS.)

Tissus doubles imperméables. — Dès 1793, M. Besson fabriquait des tissus doubles; en 1811, H. le chevalier Champion en fit pour 1 armée; mais comme il était possible de produire pour ce service des tissus simples tout aussi avantageux et moins coûteux, on dut préférer ceux-ci. Plus tard, MM. Rattier et Guibal ont exploité, en France, la liibricaiion des tissus doubles importés d'Angleterre. Cette industrie ae* quiert tous les jours un grand développe*

TOI

TOI

ment. Nous allons dire son bistoriqoe, puis examiner les avantages et les inconvénienU de ces produits. M. Maekintosch préparait à Mancnester, vers 1825, des tissus doubles en caoutchouc, d'abord seul, et, plus tard, avec M. Hancock. MM. Rattier et Guibal achetèrent à ces manufacturiers le secret du procédé qu*ils suivaient pour enduire les tissus et les réunir ; mais ceux-ci gardèrent la recette pour composer leur enduit liquide, et fournirent cette substance aux deux fabricants français Jusqu'au moment où un industriel, honorablement connu par ses travaux et sa coopération au Journal des connaissances utiles, M. Claudot-Dumonl, leur offrit, h un prix moins élevé, un enduit comparable pour le moins à celui qu'ils liraient de Manchester. Le procédé de M. Claudol-Dumont reposait sur la dissolution du caoutchouc dans l'huile essentielle de charbon de terre; et, à cette époque, M. Claud'i-Dumont avait passé un marché avec Tune des fabriques de gaz extrait de la houille, pour l'achat du goudron brut, résidu de leur fabrication, et dont on sépare l'huile essentielle. Depuis cette époque, MM. Ratiier et Guibal ont cessé d'importer d'Angleterre l'enduit de caoutchouc, louic l'huile essentielle des fabriques de gaz-light de Paris ayant été mise à leur disposition.

Quant à la fabrication des tissus doubles, Tenduit de caoutchouc est étendu sur ces étoffes, non dans un état de liquidité parfaite, car il imprégnerait et traverserait ces étoffes, mais à Vétat de consistance presque pâteuse, par couches successives aussi éfçales que possible; et l'action du cylindre^ en serrant et faisant adhérer les tissus à la dernière couche, achève d'aplanir et d'étendre l'enduit dont l'excès déborde de chaque côté.

Les tissus doubles de ce genre conservent l'odeur, malheureusement trop sensible, de l'huile essentielle de charbon de terre.

Les tissus doubles sont employés à la fabrication des manteaux, des matelas et des coussins, que Ton gonfle en y soufflant de l'air, des chaussures, des taWers de nourrice, iies clysoirs, etc. ; les tissus simples ont sur eux l'avantage d'une plus grande légèreté, de l'infériorité du prix, et en outre ils ne peuvent se décoller comme les tissus

doubles. . . , ^

Les tissus doubles ou simples employés pour renfermer du gaz, comme dans les coussins à air, les aérostats, présentent une difficulté. Quand on coud les bords rapprochés de réloffe, chaque point de l'aiguille laisse un vide que couvre mal le fil, et à travers lequel peut s'écouler lé gaz enfermé. Celte difficulté, plus sensible dans les tissus simples que dans les tissus doubles, peut être vaincue, soit en étendant sur les coulures une nouvelle couche d'enduit, ce qui est, à la vérité, assez coûteux; soit en superposant les bords, sur une certaine larwur, de manière à faire adhérer les deux surfaces d'enduit dans la même étendue.

On pourrait rendre ce moyen plus efficace en imprégnant d'enduit les surfaces in-

ternes au moment de les coudre. {Diction^ naire technologiqtie, arl. Toux.)

Toiles incoublst'ibles. — découverte de M. Gay-ljussac, de l Institut, — Ce savani a découvert que la toile trempée dans uoe solution fie phosphate d*ammoniaque , et sécbée ensuite, ne produit aucune flamme lorsqu'eUe est exposée à l'action du feu. Le sel se fond, l'aoïmoniaque se d<!*gage, la toile se roussit et se charbonne« sans changer de foriuR, et est préservée de toule combustion ultérieure par le vernis que l'acide phosphorique forme autour dés fils. Ce procédé, qui garantit aussi le papier de la flamme, peut être très-utile fiour les décorations de thc^'âtres et beaucoup d'autres objets. (Journal de pharmacie, 1820, p. 150. Revue encyclopédique, janvier 1821 , 25* li* vraison, p. 207.)

Toiles coton. — L'on nous saura gré, sass doute» de faire connaître l'histoire de cette industrie en France. £n 1746, on iniprimail des éloffes coloriées pour tapisserie. \iM les couleurs étaient si j)eu solides qu'elles ne résistaient pas à une simple iminersioo dans l'eau. Aussi les Hollandais et les Suisses versaient-ils en France, à cette époque, d'immenses quantités de toiles peintes en couleurs vives et solides. Mais le commerre se plaignit auièrement contre la fabrication et l'usage des cotonnades imprimées. Pour mettre Un à ces plaintes, le i^ouverneiaeal probiJ)a l'enliée des cotonnades. Alors le commerce de France cherciia le nioyea de rivaliser avec ses voisins. Le gouvernement fut assez sage pour encourager leurs efforts

et ils obtinrent des suciiès merveilleux. Parmi les fabricants du siècle dernier qui

ont laissé la réputation la plus glorieuse, parla hardiesse et la eonstance dans les entreprises , nous devons citer au premier rang le célèbre Oberkampf , qui a porté les procédés du garancage sur les toiles de coton au plus haut degré de splendeur.

Obbekaupf [Christophe-Philippe, baron) , fondateur de l'industrie des toiles peintes et de la Glature du coton en France , naquit , le 11 juin 1738, à Weissenbach (margraviat d'Anspach). Son père qui s'établit à Aarau (canton d'Argovie), lui do na les premiers principes de Tari qu'il était destiné à perfectionner. Il quitta la maison paternelle à l'âge de 19 ans, avec 25 louis, pour venir à Paris naturaliser une industrie qui devait atTrancfair la France du tribut qu'elle payait à l'étranger. L'ordonnance royale de 1759^ autorisa une fabrication jusqu'alors défeodue dans le but de proté|^er la culture du chanvre, du lin et de la soie. Plein de courage, Oberkampf se livra uresque sans aide à ses premiers essais. Loge dans une chaumière du village de Jouy, dans ta vallée de Bièvre, non loin de Versailles, il était à la fois dessinateur, graveur , teinturier et imprimeur. Le progrès vint rapidement. Oberkampf forma des ouvriers, et son établisse* ment prit de Texlension ; une contrée mariîcageuse fut desséchée et assainie ; en ()eu d^années, le village de Jou; ne fut pàs re-

TOI

DES UfTENTIONS.

Page 1