‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 191 sur 209 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

DES INVENTIONS

•nr

iroo

à la semelle de chaqae touche, dans un cer- Iciin ordre, selon que l'on amène le clavier plus ou moins en arant, une de ces vis porte tantAl à gauche, c'est-à-dire sur un bémol, tantôt à droite sur une note naturelle ou dîésée, d'après l'ordre voulu par le nombre de dièses on de bémols de la clef, c'est-à-dire, d'après ietondu morceau de musiqueque l'on exécute. On conçoit dès lors que Torganisle n'aura plus aucunement à se préocuper de reproduire les accidents de la clef* et qu'en jouant les notes naturellement, c'est-à-dire telles qu'il les aperçoit dans le cours du morceau, ces notes ne se reproduiront pas moins telles que l'exige cette musique.

Quelle simplification ne résulie-t-il pas de cette belle idée, tous les tons ramenés en tU, c'est-à-dire dans un ton qui peut s'apprendre en huit jours d'étude !

A celle innovation M. l'abbé Perrard ajoute la transposition ordinaire, de sorte qu'il n'y a plus qu'un seul reproche à faire à 1 auteur, c*est de ne pas avoir produit sa conception

Elus tôt, et de la laisser gémir et oublier, [enreusement que M. l'abbé Perrard a bien voulu confier l'exécution de ses moyens et la propagation de son système à notre habile facteur d'orgues H. Stein qui, lui donnant Tappui de son nom et de sa maison, saura bientôt la répandre comme elle le mérite.

Nous ne saurions trop louer H. l'abbé Perrard du zèle et du désintéressement qu'il a apporté dans la cession de son brevet à M. stein : Voilà mon idée^ dit-il, voilà le produit de quelauei annéti de labiur intel^ lectttet. Donnex'lui Vtsêor dont vou$ U jugerez digne^ et pour toute récompense^ je ne réclame me rhonneur de mon invention; je serai assez keureuXy ât, comme je le crois, elle est tUile à mes confrères et au bien de la religion.

TREMPE. — Opération par laquelle on augmente considérablement la dureté de l'acier. Pour cela, il suffit, lorsqu'il a ac-

auis une chaleur convenable, de le refroiir subitement en le plongeant dans l'eau froide ou dans le mercure , dans les acides, des huiles ou autres compositions anciennement fort en vogue et a peu près négligées aujourd'hui. L'acier acquiert , par la trempe, de l'élasticité, delà dureté et devient cassant ; il perd , par conséquent sa ductilité et sa malléabilité, son tissu est plus serré et plus fin. L'acier se détrempe et reprend ses qualités primitives quand, après ravoir fait rougir, on le laisse refroidir lentement à l'air ; use pièce détrempée peut sa retremper plusieurs fois; mais elle perd de son carbone et par conséquent de ses qualités , à moins qu'on ait le soin de le lui rendre par (a cémentation. Dne fois trempé, Tacier devient propre à une fouie d*usages auxquels il ne pouvait servir auparavant, 'tous les outils exigent une trempe douce ; tous les instruments tranchants doivent leur qualité à la trempe : poli , l'acier trempé augmente d'éclat , mais s'il Test d'une manière trop forte, il se brise comme du verre; recuit après la trempe, il devient au contraire si souple que les ressorts en sont fabriqués.

Bien que l'opération de la trempe soit dos

Elus simples, elle n'en exige pas moins eaucoup d'habitude et d'habileté , surtout pour l'appréciation du moment ou le métal est arrive au juste degré de chaleur nécessaire. Au-dessous de ce point l'acier ne se trempe pas ; au-dessus , la trempe est moins bonne ou imparfaite , si même elle n'est tout à fait mauvaise; l'acier reste mou ou devient cassant. Pour les aciers ordinaires, la chaleur convenable est indiquée par la couleur rouge cerise; malheureusement, ce degré doit varier suivant les qualités de l'acier; c'est donc inutilement qu'on avait imaginé de faire chauffer l'acier dans un bain d'alliages métalliques dont la fusibilité était en rapport avec la chaleur qu'on croyait bon de donner à l'acier.

L'eau convient tout particulièrement pour le refroidissement des pièces destinées à être trempées, et certaines eaux jouissent d'une préférence de la part de quelques praticiens. Il est des cas aussi où l'eau ôrue donnerait une trempe trop vive : on répand alors sur l'eau une couche d'huile qui s'oppose au saisissement trop prompt de la pièce qu'on y plonge ; d'autres fois, on fait tiédir I eau ou bien l'on trempe dans l'huile, dans la graisse, dans de la corne même, etc. Les eaux alcalines sont bonnes quand l'acier est peu carboné. Lorsqu'on trempe des pièces déNcates, on les enduit d'un lut fait d'argile délayée dans de Teau pour les mettre au feu , et dont on les débarrasse en les secouant avant de les jeter dans le liquide refroidissant.

L'acier trempé , s'il restaii dans tout soa dur, serait trop cassant; on ne le laisse donc dans cet état que lorsque le polissage est sa seule destination. Pour lui donner du liant et de l'élasticité , on le fait revenir , c'està-dire qu'on le remet au feu après avoir été refroidi. Il passe alors par les couleurs d'eau, jaune paille, jaune d'or, rouge-gorgi^ de pigeon, violet foncé, bleu foncé, bleu clair; c'est alors qu'essentiellement élastique il est propre à faire des ressorts; on ne doit attendre le gris cendré auquel il arrive ensuite , que pour les aciers très-ûns.

La trempe, dite au paquet n*e$t autre chose qu'une cémentation interromput*.

Pour cela, on met au feu du simple fer mêlé de charbon de bois dans une botte bien fermée. Quand la boite est arrivée à M couleur rouge t>lanc, on l'ouvre et on retire la pièce qu'on jetle dans Teau. Si la pièce est mince, elle est enlièremeul iransibrmée en acier ; si elle est épaisse , sa surface seulement s'est plus ou moins profondément combinée au cartMme, et par consi^qunt aciérée. On la recuit ensuite si cela est nécessaire (I).'

T0RBINE5. Voy. Roces hydraluques.

TYPOGRAPHIE, roy. lupaiHEftiE.

(I) Extrait de VEnendûpédie de$ gens du monde^ (M. L. Lotwei.) — Voir pour plus aiiiples deuils les artides Aciee ei Daoas.

ir>f

VAC

fMCnONKAIRe

YAC

URANE, sobsUnce minérale découverle en France dans le déparlemenl de Saône-et- Loire. Il résulte de l'analyse que Turane de France est un oxyde mélailique, une combinaison d'urane et d'oxygène. En 1846 M. Pé-

ligot a reconnu que cette substance était un oxyde de Yuranium. On remploie, sous le nom d*oxyde d'urane, dans les peintures sur porcelaine ; il sert aussi dans les Tcrrenes où Ton fabrique les verres de couleur.

VACCIN. Yoy. VjkcaNE.

VACCINE (de vacca, vache). — Le Yaccio est en effet un virus emprunté à ces animaux, et inoculé aux hommes par la vaccination.

Le cofivpox, vérole ou picote des vaches, est une pustule qui survient au pis de ces animaux, et qui se communique par le contact. La remarque faite que les personnes atteintes de ces pustules échappaient à la terrible contagion de la vartoie conduisit l'illustre Jenner à Tune de ces découvertes immortelles (la vaccincUion ou Vinoeulation) qui le place au premier rang parmi les bienfaiteurs de l'humanité. Grftce à sa sublime découverte nos campagnes et nos villes ont cessé d'être décimées par le fléau. Nous ne croyons pas qu'il soit hors de propos de donner ici un court aperçu biographique sur cet homme utile ; nous emprunterons ces lignes à VEncyclopédie det gens du monde,

Jeivhee (Edwardjt médecin anglais dont le nom est inséparable de l'utile découverte de la vaccine, naquit à Berkelev (Glocestershire) le 17 mai 17M. Destine à la carrière médicale, il reçut h Londres les leçons du célèbre anatomiste/oAn Hunier^ qni voulut se rattacher; mais Jenner revint dans son pays natal, au sein de sa famille, pour cultiver les sciences naturelles et exercer les différentes branches de sa profession. Un mémoire de Jennor, plein (l'originalité et d'une grande exactitude d'observations sur l'histoire naturelle du coucou le fit recevoir membre de la Société royale des sciences de Londres. Les différentes observations qu'il fit en médecine offrent généralement un

f;rand fond d'intérêt et de nouveautés; mais es plus belles, celles qui consacrent à jamais sa gloire, sont celles qui l'amenèrent à découvrir dans la vaccine l'antidote assuré de la petite vérole. Depuis 1776 son attention s'était portée sur cet objet et ce fut en 1798 au'il offrit au public sa grande découverle dans le livre intitulé : An Inquiry into ihe causes and effecis of Ihe variolœ vaccinœ^ a Discase discovered in some of ihe westery eounlries of England particularly Glocesterhire and known by Ihe name ofthe Cow-pox (trad. dans toutes les langues). Les années suivantes, il publia de nouvelles observations, et en 1801 il fit (paraître YOrigine de Vinoeulation de la vaccine. Bientôt on lui contesta le mérite de Tinvention, on exhuma de vijux livres, on rappela des conversa-

tions. Rien ne prouve que Jenner en ait eu connaissance,' et d'ailleurs il avouelui-mêroe que depuis lonj^temps il avait entendu parler de la propriété qu'avait la communication d'une érufUion survenant au pis des vaches et appelé cow-pox^ picote de vaches, pour préserver de la variole ; mais ce fait extraordinaire avait été si mal observé que cette opinion populaire était regardée comme un préjugé par les hommes instruits et surtout par les médecins. Que ne doit-on pas dès lors è celui qui a entrepris les expériences nécessaires, et qui, après avoir trouvé la vérité, a su répandre avec succès une méthode si utile au bien de l'humanité? La vaccine, due aux savantes observations de Jenner, fut pour la première fois apportée en France par H Aubert ; les premiers essais en furent faits sous les yeux rte M. Pinel (1). Dès le mois d*avril an YIII, M. le duc de La Rochefoucault-LiancourC ouvrit une souscription, et contribua puissamment è l'établissement d'un comité de yaccioe. Des expériences nombreuses furent faites, desavants observateurs se livrèrent sans relâche à l'examen de celte nouvelle inoculation. On donna la plus grande publicité aux expériences et aux résultats, et trois mem* bres de l'Institut firent inoculer leurs enfants. Le préfet de la Seine destina spécialement l'hospice dit du Saint-Esprit au service de la vaccine, et dès lors les exfiériences se multiplièrent, les faits furent et mieux suivis et mieux jugés, et l'on en con^ dut que la vaccine était un préservatif de la petite vérole. Le vaccin ou la liqueur prise soit au pis de l'animal, soit dans le bouton qui a été le résultat d'une première inoculation^ étant inséré de quelque ma-

(1) Voici ce qae dit M. Cadet rdativeaneni i U découverte de la ViiccÎDt; : c M. Gbaptal, dans sm séance (le la Société d'eneouragemênt ^ a prnové qie, 1% découverte de U vaccine a eu lieu à Mompellier en 1781. M. P«!0, chirurgien anglaîa, *yu a cet e époque accompagné dans celle ville M. Ir« lm«t, négociantfdu Brésil, M. Rabaud-Saiot-Eùttafle. luinisire protesiant , qui depuis la révolotion a Ih gure dans nos asseubtées législatives, proposa à M. Pew d^essayer le vaccin des vacJies, appdé fticole dans le pays, pour inoculer la peiile vénile. C»*s détails sont «fiablis par deux lettres écrites cb 1784 de Bri tul par M. Jrland ^ II. Rabaud. Heureux d^avoir diaiinué les uriux «te rhiimaniié ft peii ambitieux, ce digue pasteur i/a p<iinl réclane U d/codverte de la vjccitie, dont la première i«let lui :4ppartient. i

?AC

DES INVENTIONS

Page 1