SIC
joignit è une solidité convenable» et qui consenrAt un bas prix aux potiers , après avoir essayé une grande partie des composés fusibles que présente la matière, s*est arrêté aux matières volcaniques que H. Chaptal a indiquées comme pouvant être employées avec avantage à la vitrification; et, parmi ces matières volcaniques, la pierre-ponce lui a paru, dans cette circonstance, mériter la préférence, tant h cause de son degré de fusibilité, qu*à cause de son abondance et des autres qualités qui en facilitent l'usaKe. Le prix des matières employées généralement par les potiers de terre commune, pour la composition de leur couverture, est d'un tiers au moins plus élevé que la pierreponce; et si celle-ci exige, pour se vitrifier, un coup de feu un peu plus considérable qu'un mélange d'oxyde de plomb et de sable, outre que les poteries gagnent à ce plus haut degré de température, la dépense ilu combustible, que cette pierre nécessite, est suffisamment balancée par la modicité de son prix. Pour ce qui concerne les grès, remploi de la pierre-ponce, à cause de sà facile fusibilité, ne peut point ajouter à leur prix, lorsqu'on croit devoir la préférer è la «ouverture employée jusqu'à présent sur ces sortes de poteries. Une poterie commune, fabriquée avec un des biscuits dont il est parlé plus haut et recouverte de pierrepoftce vitrifiée, est parfaitement salubre ei suffisamment durable pour les usages auxquels elle est généralement destinée ; et c'est sans doute beaucoup d'être parvenu à ce |)ointde perfection. Mais M. Fourmy n'a rien dit sur la tressaillure. Son silence sur cet objet peut faire soupçonner que les poteries sont encore susceptibles d'un degré de per« fection. Il est vrai que, lorsque les tressaillures sont très-nombreuses, la dilatation qu'éprouve le biscuit étant répartie sur toutes les petites fentes de la couverture, la largeur de chacune d'elles est très-petite ; mais cela dépend du degré de chaleur, et il est bien des cas où cette chaleur est suflisante pour offrir au liquide un passage entre les intervalles que laissent entre elles les petites écailles dont se forme alors la couverture, l Société (t encouragement ^ an XI, paçe 59.)
M, Parmentier. — Ce vernis, qui est propre à recouvrir les tasses à café, et qui résiste à l'eau bouillante, se compose ainsi qu'il suit :
Huile de lin , Karalié,
Litharge pulvérisée.
Minium pulvéri&é, Céruse pulvérisée,
i llv. ifi
I 5 onces*
On fait bouillir, dans une marmite non vernissée, Thuile de lin ; on a un petit sachet de toile propre à contenir aisément la litharge, Xe minium et la céruse ; on lie ce sac et on le suspend dans la marmite pour qu'il n'en touche pas le fond. On continue lébullition jusquà ce qu*il commence à brunir; alors on le retiie et on continue à
faire bouillir Thuile de lin, en y ajoutaoi une gousse d'ail mondée; et quand elle est desséchée on en met une autre, et on coivtinue à en mettre jusqu'au nombi^ de six ou sept ; alors on fait fondre dans une mermite de terre non vernissée, le karabé delà manière suivante. On prend environ deux onces d'huile de lin pour humecter le karabé et faciliter sa fonte, qui doit s'exécuter i l'aide d'un feu très-violent. Quand il esl fondu, on le mêle avec l'huile de lin etoD le fait bouillir environ deux minutes; od le retire et on le coule à travers un linge un peu clair; quand il est refroidi on le met dans une bouteille bien bouchée, nourqu'ij ne se dessèche pas. Pour se servir du Ternis^ on prend la pièce qu'on veut vernisser, on la polit bien avant d'appliquer le vernis dessus. Afin d'opérer cette application, on prend du noir de fumée, du vernis et un peu d'essence de térébenthine, que l'on mêle ensemble avec un pinceau. On donne une couche sur la pièce, et quand la coudie est sèche on en met une autre, josqu^aa nombre de quatre; lorsqu'elles sont sèches on met la pièce dans une étuve ou dans ne four, pour la faire dessécher entièrement. Ou la polit ensuite avec la pierre-ponce en poudre et du tripoli. Pour préparer la pièce que Ton veut vernisser, on prend du bois de no^er, d'aulne ou de cerisier, parceqae c» bois sont poreux , et qu'ils ne se tourmentent plus quand ils sont parfaitement secs. On commence par dégrossir la pièce qae Ton veut faire et on la met sécher au four; après cela on la travaille et on la polit comme si c'était fini ; ensuite on vernitainsi qu'il vient d'être indiqué. Si Ton veut que le fond de la tasse ait une nuance rou^e, on projette dans le vernis un peu de roioiam ou plutôt du cinabre; il en est de même pour toute autre couleur que l'on veut donner à la pièce vernissée. {Annales dt cUmU^ 1805, tome LVI, page 25b.}
Découverte de M. Laurent^ de Saint'imand (Nièvre). — L'auteur a trouvé le moyen de tirer du laitier des hauts-fourneaux, en le réduisant en poudre très-fine, un vernis dont il recouvre les objets de poterie de sa manufacture. (Moniteur^ 1806, page iiSi).
M. Schweighaenser^ de Strasbourg, a obtenu de la Société d'encouragement, une médaille d'argent, pour son vernis qu'on peut appliquer sur des casseroles de fonte. 11 résiste a une forte percussion , à l'action de la lime, à celle des acides végétaux et aux changements brusques de temgpérature. [Mont/eur, 1816, page 1319).
Jf. W.Smith, de Paris. — Meubles dont le vernis imite le laque de la Chine. {Livre d*honneurj page 1^15.)
M. Le Normand. — Tout copal n'est pas propre à faire le vernis blanc. ; il faut le choisir avec soin, et ne prendre çue les morceaux essavés de la manière suivante : On verse sur chaque morceau de copaJ ane goutte d'huile essentielle de romarin, bien pure et non altérée, et on ne prend que ceux qui se sont ramollis dans la i^^^
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JMSS INVENTIONS.
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qui en a été imbibée» et sur lesquels , jpar conse<}uent, l*buile a fiit une certaine im«
Îression. On pulvérise ce copal, on le passe trarers un tamis de soie fin, et on le met à Tair dans un verre, à la hauteur d*un travers de doigt au plus ; on verse dessus autant d*essence de romarin, et on remue avec un morceau de bois pendant quelques minutes; le copal est dissous sous la forme d*un corps visqueux» et le tout forme une liqueur assez épaisse. On laisse reposer pendant deut heures, après quoi on verse doucement deux ou trois gouttes d'alcool bien pur, qu'on promène sur la masse aqueuse, en inclinant le verre en différents sens par des mouvements doux. Par ce moyen on parvient à Tincorporer, et on répète cette opération peu è peu jusqu*à ce que le vernis soit au point de liquidité convenable. Il faut observer que les premières gouttes d'alcool sont les plus difficiles et les plus longues à incorporer; que la difficulté diminue è mesure que ces gouttes sont incorporées, ou bien que la masse approche de fa saturation Lorsque le vernis est parvenu au degré de liquidité convenable, on le laisse reposer pendant quelques jours, et lorsqu'il est bien clair on le décante. Le marc qui reste peut encore être utile, en y versant de l'alcool, mais très peu à la fois. Ce vernis se fait ft froid ; il est très-limpide et sans couleur. On l'emploie avec le même succès sur le carton, le bois et les métaux; il se travaille et se polit avec facilite, et mieux
Sue les autres vernis connus. On le place ur les peintures, dont il relève singuli^einent les beautés. {ArclUvet des découverte» et inventions^ tome I*', pase 3<I3.)
Vkbnis. {Leur emploi aam la peinture à rAut/e.)— Lorsqu'on vernit un tableau immédiatement après qu'il est achevé, le vernis se mêle avec les glacés et U*% touches légères qui ne sont pas complètement desséchées ; dans cet état, il est presque impossible de ne pas gAter le tableau en le nettoyant. On peut remédier à cet inconvénient avec un vernis de copal , aussi blanc que celui au mastic, et dur en même temps comme celui des voitures. Lorsque la couche qui a été appliquée sur le tableau est complètement sèche, on en met une autre au mastic pour défendre la première du contact de 1 air et l'empêcher de jaunir; car il n'^ a point de vernis ni de résine qui ne
{'aunissent avec le temps par le contact de *air. On supplée au vernis de copal par une couche légère d'une dissolution de colle de poisson. On emploie ce moyen lorsqu'on a k vernir un tableau dont la toile est trèsvieille; sans cela la toile absorbe cinq à six couches de vernis. Quand on vernit un tableau trop frais, on court le risque de le faire gercer: siirtout lorsque la superficie de la peinture est plus sèche que les couches intérieures. (Société d^ encouragement^ an XII, pag. 194.)
Vbbnis. {Moyen de V enlever de dessus tes tableaux.) — Ce procédé consiste à mêler partie égale d*huile un peu siccative et
d*essence de térébenthine; on frotte le tableau avec ce mélange. La première couehe s*emboit aussitôt si le tableau est desséché ; on en remet de nouvelles couches jusqn*^ ce qu'il ne s'emboive plus. L'huile essentielle de térébenthine dissout peu à peu le vernis, ou du moins le ramollit au point qu'avec un tampon de coton on l'enlève quelquefois totalement; s'il en reste des parties qui résistent , on ajoute au mélange d'huile et d'essence un peu d'esprit-de-vin ; et, pour prévenir les accidents, on tient d'une main un petit tampon rempli d'huile, afin d'arrêter Taction dissolvante de l'espritde-vin aussitôt qu'elle se porte sur la couleur. L'avantage de cette méthode sur celle des lessives alcalines, est que Ton voit toujours l'état du tableau; et qu'au lieu de le dessécher, l'huile le nourrit et rattache les écailles prêtes à tomber. {Société d'enrouragementf an XU, pag. IM.)
Vernis pour métaux. — Invention de M.
Chaumette. ^- L'auteur a obtenu un brevet de quinze ans, pour la fabrication d'un vernis propre à être mis sur les métaux. (Dtetionnaire des découvertes^ tom. VI, p. hSk.)
MÉTAL VBRHis ( Moycns de dorer à rhuile^ en or brunie toutes sortes d'objets fabriaués en) — Invention de M. Monteloux-la-Villeneute, Par le premier procédé, on emploie pour mordant la composition suivante : or couleur et huile cuite dégraissée mêlés ensemble en proportion égale. Les pièces étant vernies et polies , l'opération consiste à appliquer le mordant de la manière suivante : il faut d'abord réchauffer la pièce et la faire ressuyer dans l'étuve, afin de s'assurer qu'il n'y a pas la moindre humidité sur les parties qu*on destine à être enduites du mordant; dans cet état parfait de siccité, on place avec précaution et le plus également possible, ttant en quantité qu*en distant-e, des mouches du mordant préparé, et assez promptement pour que les premières gouttes ne prennent pas un degré de consistance qui pourrait nuire à la parfaite extension qui se fait d'abord en se servant d'un petit tampon de taffetas et ensuite d'un velours qui étend le mordant et en diminue la quantité au point nécessaire. Sans cette précaution, le principal inconvénient serait de nettoyer l'or en I appliquant, ce qui lui ôterait toutle brillant qu'il obtient par la seule ap-
f>lication. Dans le deuxième procédé, toutes es préparations ci-dessus étant effectuées, on peut parvenir à produire le même effet par l'addition de deux parties de cire à une partie de vernis à mastic, fait d'huile de lin dégraissée et de mastic, qu'on applique de même que le mordant; lorsqu'il est frotté et bien étendu, il faut l'exposer à la chaleur d'une étuve pour achever l'extension. Dans le troisième procédé, on com|)Ose le mordant d'une portion de vernis blanc au carabe, et de vernis noir aussi au carabe, et de deux portions d'huile grasse ; on couche le mordant au pinceau, et après cette opération, on essuie avec un velours, et l'on met un intervalle entre l'application du mordant et
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celle de Tor. On se sert d*un coussin de
{^eau de veau fauve sur lequel on étale une èuille d*or battu, qu*on divise en petites portions relatives à la dimension de la place mise en mordant, on appuie dessus avec un morceau de peau bien propre; on repasse ensuite avec un velours bien net afin d'unir et de donner le brillant nécessaire ; on le laisse sécher dans une étuve très-douce, et on lui donne après une ou plusieurs couches de vernis gras, mais lorsque For est parfaitement sec et n'est plus susceptible a être imbibé du vernis. Les couches de vernis que l'on donne par-dessus l'or servent à le mettre à l'abri des frottements et à même d'êtrs lavé. (Breveti publiés, tome III, page ±90.1
VERRE.— Leverre est connu depuis la plus haute antiquité. — Au chapitre XXVJII, f 17, Job parle du cristal qu*ii met sur le même rang que l'or et les pierres précieuses. Au chapitre XXIII, t 31 du livre des Proverbes on lit : « Ne regardez point le vin, lorsqu'il paraît clair, lorsque sa couleur brille dans le verre. » L'an 370 avant Jésus- Christ, Théophraste cite les verreries phéniciennes. Les Egyptiens possédaient 1 art de fabriquer les verres blancs ou de couleurs, de les tailler et de les dorer. Deux siècles avant Jésus-Christ, les Romains connaissaient le verre; et au moyen âge, Venise se distingua* par ses verreries. Nous empruntons au Dictionnaire technologique les détails suivants sur cette importante industrie.
On nomme verre une substance diaphane, blanche ou colorée, dont les usages sont généralement répandus.
Le verre était connu des Phéniciens, qui, pendant longtemps ont, pour ainsi dire»
conservé le monopole de sa fabrication, favorisés par la réunion du natron, du sable et du combustible, et la proximité des bords de la mer.
il est probable que les anciens Egvptiens n'ont pas connu le verre, car la Rime n'en fait pa:) mention. D'après Pline et Strabon, les verreries de Sidon et celles d'Alexandrie étaient fort célèbres et produisaient des ouvrages Irès-perfectionnés : déjà on taillait, on gravait, on dorait le verre, et même on faisait des verres colorés, à Timitation des
1)ierres précieuses, ce qui annonce une fa- >riration très-ancienne. . Les Romains employaient le verre h divers usages, indiquant ainsi une fabrication active. On trouva dans Herculanum des vitres, évidemment faites par un procédé de soufflage plus ou moins analogue à celui employé encore dans ces derniers temps.
Les procédés de fabrication conservés en Phénicie furent sans doute pris, aux xii* et XIII* siècles, par les Européens, au temps des croisades. Transportés d'abord à Venise, qui fut longtemps la métropole du verre, ils furent importés en France par Colbert.
Le hasard fut sans doute pour beaucoup dans l'invention du verre; maison aurait pu trouver, h cet égard, parmi les arts con-
nus des anci^s, des phénomènes propres à y conduire. La fabrication des poteries, l'extraction des métaux , exigent l'emploi d'un feu violent et soutenu, ce qui suffit pour don* ner naissance à des silicates fusibles, ayant plus ou moins d'analogie avec le verre.
Dès la plus haute antiquité, la fabrication eut lieu par des moyens analogues à ceux gu'on emploie aujouid'hui. Toutefois, cette industrie a beaucoup profité des progrès de la chimie moderne, depuis surtout qu'elle trouve à bon marché des alcalis très-purs dans le commerce.
Agricola, le plus ancien de tous les auteurs qui ont écrit sur la fabrication du verre, décrit des fourneaux et des procédés analogues à ceux qu'on emploie encore de nos jours.
Neri, Merret, Kunckel, Henckel, Potl, Achard et quelques autres chimistes se sont occupés de la fabrication du verre ; mais on doit mettre hors ligne, comme ouvrages remarquables sur cette matière, ceux de Neri ; de Rose, d'Antié, de Loysel,etc. ; malheureusement tous ces travaux sont incomplets ou datent d'une époque où les matières premières différaient trop par leur impureté de celles que l'on emploie de nos jours, pour
2ue les phénomènes observés alors puissent tre aujourd'hui fort utiles à consulter.
Quoique la théorie de la fabrication do verre soit à peu près établie, ce n'est guère dans les ouvrages spéciaux qu'il faut la chercher : presque tous ont été écrits avant que le rôle de la silice y fût bien connu.
Depuis les récherches de Rerzelius , qui levèrent tous les doutes sur le caractère acide de la silice, la composition générale du verre ne peut plus offrir de dimcultés : le verre se compose d'un ou de plusieurs sels; ce sont des silicates à base de potasse, de soude, de chaux, d'oxyde de fer, d'alumine ou d'oxyde de plomb, dans lesquels on peut remplacer l'une de ces bases par l'autre, |)Ourvu qu'il reste toujours une l>ase alcaline. La silice, à son tour, peut être remplacée en partie par l'acide borique, sans que le verre perde ses caractères princijiaux.
On désigne généralement, sous le nom de verre, diverses substances fusibles à une température élevée, solides à la température ordinaire, cassantes et brillantes; mais, dans les arts industriels, le verre est toujours formé de silicates, parmi lesquels ou peut distinguer les espèces suivantes :
1* Verre soluhle. Silicate simple de potasse ou de soude, ou mélange de ces deux silicates.
2" Terre de Bohême (crown-glass). Silicate de potasse et de chaux.
3* Verre à vitres^ gobletterie^ glaces , elc Silicate de potasse, ou de soude et de chaux.
4° Verre à bouteilles. Silicate de potasse ou de soude, de chaux, d'alumine et de fer.
5® Cristal ordinaire. Silicate de potasse et de plomb.
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DES INVENTIONS
TER
€* Hini-glass. Silicate de potasse et de plomb plus riche en plomb que le précédent.
T Strass. Silicate de potasse et de plomb encore plus riche en plomb que le flintglass.
8* Email. Silicate et siannate ou antimoniate de potasse, de soude et de plomb.
Tous ces verres peuvent être teints par des silicates colorés, qu*on mélange à dessein ou accidentellement dans leur masse, pendant qu'ils sont fondus. Nous nous en occuperons plus loin ainsi que de Tart de peindre le verre qui a fait des progrès si remarquables en France, dans ces derniers temps.
Propriétés du verre. — Nous allons examiner les propriétés générales du verre, sous les influences chimiques et physi(]ues de ce corps si utile dans ses usages variés.
Toutes les espèces de verre comprises dans le tableau précédent, peuvent éprouver une fusion complète à la température de rouge cerise ou au-dessus. Les verres à base de plomb sont les plus fusibles et ils le sont d'autant plus qu'ils renferment une quantité plus considérable d'oxyde de plomb. Les verres ordinaires le sont, au contraire, d'autant moins qu'ils contiennent une plus forte dose de chaux et d'alumine; ainsi, le strass, le flint-glass et le cristal sont plus fusibles que le verre ordinaire qui, lui-mftme, l*est un peu plus que le verre à bouteilles.
Les verres à plusieurs bases peuvent éprouver diverses altérations quand ils sont fondus ou refroidis lentement; la silice se partage entre ces bases, et forme ainsi des composés à proportions définies qui cristallisent en se séparant, de sorte que le mélange intime des matières qui constituent le verre se trouve détruit. Le verre devient alors très-dur, fibreux, opaque, beaucoup moins fusible et meilleur conducteur de l'électricité et de la chaleur; c'est en cet état que Réaumur l'appelle verre dévitrilié.
La dévitrification du verre, dont la découverte est due à Réaumur est un phénomène général que peuvent présenter toutes les espèces ae verre, mais plus particulièrement les verres k plusieurs bases terreuses et plus difficilement les verres plombiférés ou les verres seulement à base de soude et de potasse.
On peut presque toujours produire la dévitrification en fondant le verre et l'abandonnant à un refroidissement très-lent, ou bienenle chauffant au point de le ramollir,
imis le soumettant à cette température proongée et k un refroidissement gradué. L'opération réussit mieux sur le verre à bouteilles que sur tous les autres; viennent ensuite classés sous ce rapport le verre vert ordinaire, puis le verre Clanc, ensuite le verre simplement à base de soude ; après celui-ci, le cristal, puis le verre simple k base de potasse : le dernier est le moins fkcilement dévitrifiable. {Dictionnaire technO' logique, àri. Verre.)
Verre solubte. — Le verre soluble est un composé qui, longtemps inconnu, laissa bien des accidents inexplicables. C'est un silicate simple, k base de potasse ou de soude, soluble complètement dans l'eau bouillante, quoique peu altérable dans Teau froide. Un semblable verre devait être fortement hygrométrique. Le fait suivant, parmi tant d'autres, démontre les inconvénients qui en résultent. £n 1780, on faisait en France des verres de Bohême, dont le procédé était alors récemment importé au moyen de deux recettes ci-après indiquées :
En Champagne»
Dans les Vosges.
Silice ,
Pota.sftt*,
Cliau&
lOU
Sîlîce, Chaui,
too
lOU
Il arriva que le verre des Vosges fut inaltérable k l'air, tandis que celui de la Champagne manquait de limpidité, de brillant et de solidité ; il attirait 1 humidité de l'air au point que le fond des verres k boire se remplissait dans les magasins d'une dissolution saturée de carbonate de potasse. Ce fait ra^H porté par M. Bosc d'Antic et beaucoup d'autre% prouve la nécessité indispensable de la chaux ou de l'oxyde de plomb pour la fabrication des verres, qui doivent résister soit k Taction de l'eau, soit k l'air humide.
Le verre soluble, fabriqué pour l'objet spécial que M. Puchs se proposa, c'esl-kdire son application sur les bois ou les tissus qu'on veut rendre incombustibles, est composé de telle manière que la silice contient sept fois plus d'oxygène que de potasse, ou ce qui revient au même, que pour sept atomes de silice il s'en trouve un de potasse. Ce verre contient donc :
7 aiomet silice i aïoiD. pousse
15i8 o« 69,88 587 50,li
11 paraît que le verre soluble k base de soude, ne conserve sa solubilité qu'aaunt que la dose de soude est plus grande ; elle peut même être portée jusqu'k deux atomes pour sept de silice, sans que le lerre devienne soluble k froid.
Verre de Bohême. —M. Perdonnel qui a eu l'occasion de visiter une verrerie de Bohème, k Kenvelt, fit connaître k M. Dumas le dosage suivant que Ton y emploie.
Qutrti. 1^
Chaox caastiqoe, 50
CarlK>nate de pousse, 75 Salpêtre, acide anénieox, peroxyde de maDganése en qaaolité convenalile.
Le verre pris dans cette verrerie, par M. Perdonnel, a été analysé par M. Gras, dana le laboratoire de VEcole des mines.
Cette analyse a donné :
fSG
TER
Chavs* Pousse, Alaniine»
Magnésie, Otydede fer, Oi^dede aaiiganèsey
DKTIOMIlAIilB
Ml
ZSL