‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 204 sur 209 · TL · texte numérisé non relu

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et essuyés» ooapés par fragments d*an pouce ou deux au plus , ayant soin » ebaque fois qu'on en retire un morceau , que le reste soit bien conrert de graisse. Ces agents de la conservation ont auelque défaut dont on peut les corriger : le plus frappant* c'est cette disposition de passer à la rancidité* et de contracter alors un coût Acre et fort, lia ils communiquent ensuite h la riande ou an poisson ; rien n'est plus aisé que de le détruire. Il suffit de les soumettre préalablement à Topéralion du beurre fondu* c'està-dire , d'évaporer leur bumidité surabondante f de les tenir sur le feu pendant un certain temps dans l'état fluide, et d'enlcTer, avec récumoire, la matière caséeuse ou albumineuse qui se rassemble à la surface et prend une forme à demi concrète . Yiande marinée." L*application des acides aux végétaux n'est pas seulement utile à la conservation des fruits et des légumes; elle a encore de grands avantages pour les substances animales menacées de s'altérer dans les grandes chaleurs; en laissant macérer les viandes pendant 4g heures dans le vinaigre , on parvient à les attendrir et à corriger même cette saveur rude et ammoniacale qu'on trouve souvent au gibier et même à la viande de boucherie, surtout au temps du rut; mais il faut convenir qu'en sortant de cette espèce de saumure ou marinade , ces viandes n*ont plus la saveur qui leur appartient ; car quelles que soient les précautions dont on se serve* le vinaigre se fait toujours remarquer; et si quelquefois on en aime le goût , on désirerait le plus souvent qu'il ne fût pas aussi sensible; dans ce cas, le vinaigre faible doit être préféré. L'usage de conserver le poisson est beaucoup plus générai dans le Nord que parmi nous; non - seulement on le sale et on le confit dans Thuile , mais on emploie encore le vinaigre pour en prolonger la durée pendant six mois. Les acides minéraux peuvent aussi concourir h la conservation des viandes ; mais il ne faut pas qu'ils soient dans leur étal de concentration ordinaire , car ils agissent alors sur leur tissu et les rendent coriaces; l'alcool rectifié est aussi moins propre que l'eau-de-vie à ce genre d'opération, bans cette circonstance, on a laissé de la viande pendant neuf mois dans lalcool à 30 degrés, elle a fourni au bout de ce temps de fort bon bouillon , et si on préconise 1 acide muriatique comme un moyen merveilleux de leur donner une saveur agréable et de favoriser leur digestion, c'est lorsqu'il est étendu dans une certaine quantité d'eau. Un autre fait qui constate la préférence que l'on doit donner aux acides afiaiblis pour conserver pendant quelques jours les substances animales au milieu des «haleurs excessives de Télé, et pour les préserver de leur tendance naturelle à la. corruption ; c'est le procédé qui consiste à les faire macérer dans le lait caillé ; nonseulement elles y conservent tout leur caractère; mais on remarque qu'elles acquièrent plus de disposition à se cuire » qu'elles

deviennent plus délicates et d'une digestion plus facile. Cette pratique, adoptée ans les départements du Haut et du Bas -Rhin, offre l'avantage de se procurer de la viantle dans un état frais, r tunde èoucoii^e. — Les soldats , auxquels on distribue quelquefois de la viande pour huit ou dix jours , sont dans l'usage de lui faire subir tfne légère dessiccation préalable au feu ou a la fumée , ce qu'on appelle boucaner ; ils parviennent, par ce moyen, à la manger le dixième jour, sinon aussi délicate , au moins aussi saine que quand elle est nouvelle; mais, les viandes salées préalablement à l'opération qui fume, comme le txBuf de Hambourg, le lard, le petit salé, les jambons, sont d'une conservation infiniment plus . durable. Exposées dans une cheminée , à une distance suffisante de la flamme de bois vert ; d'abord, elles perdent leur humidité sumbondante, et elles éprouvent une sorte de combinaison; leurs surfaces, s'enduisent ensuite d'une espèce de vernis noirStre, qui les préserve , pendant un certain temps , de la rancidité , et leur donne un goût de fumée qui n'est point désagréable. C'est à la faveur d'un procédé à peu près semblable que les Irlandais préparent les harengs saures ; dès que ces poissons sont retirés de la saumure, on les suspend dans des espèces de cheminées faites exprès, dans lesquelles on fait un feu susceptible de donner beaucoup do fumée , où ils sèchent en moins de 24 heures, et se recouvrent d'un vernis conservateur. La dessiccation est un des plus puissants moyens de conservation des viandes; les Lapons s'en servent pour prolonger la durée de leur poisson , et ils la poussent aussi loin qu'ils le peuvent ; elle est bien plus efficace quand on l'applique à la viande salée.

11 y a déjà fort longtemps que M. Casalet, de Bordeaux , a découvert un procédé pour dessécher le bœuf et le mouton pendant cinq à six ans. U consiste à mettre la viande désossée et sans la cuire, à l'élu ve , et à Ia vernir ensuite, soit avec de la gomme, soit avec de la colle de poisson ou de la gélalioe. Cette viande, renflée dans l'eau et préparée» a autant de saveur que la même viande la plus fratcbe. On peut conserver la viande dans un endroit où il ne règne que 10 à

12 degrés de chaleur, mais on doit s'abstenir de la porter à la c&ve, parce qu'elle y contracte toujours un goût désagréable , surtout si, dans le voisinage ,.il existe ua tuyau de fosse d'aisance, quand même il serait revêtu d'un double mur. Exposée à une température au-dessous de zéro, la viande reste dans l'état de fraîcheur qu'elle avait à l'instant où le froid l'a surprise; c'est ainsi que les habitants du Canada gardent leurs provisions. Lorsqu'il s'agit d'en faire usage , il faut la soumettre à un dégel insensible, afin qu*elle perde moins de sa saveur naturelle. . Fiande altérée. — C'est en vain qu'on se flatte de rétablir la viande qui a , éprouvé un commencement d'altération, en la lavant à diverses reprises avec de l'eau saturée d'acide carbonique» en la faisant

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bouillir avec un nouet de charbon , ou en plongeant dans le bouillon qui la cuit un charbon allumé; on peut bien* à Taide de ces précautions , diminuer sa défectuosité , mais elle n'a jamais la couleur, la sareur, la consistance et Taspect d'une tiande fraîche , mioique masquée à force d'assaisonnement. Quand le poisson arrive dans cet état qu'on nomme pâmé, il faut se hAter de le vider, de le jeter et le laver dans plusieurs eaux , de le cuire ensuite dans un court bouillon uu'on puisse encore iaire servir une autre lois; si, traité ainsi, il n'a pas la même saveur que le poisson frais , on peut du moins le manger le jour même ou le lendemain sans répugnance. {Bullelin dephar^ macie, 1809, p. 405.)

Dès 1841, M. Gannal avait présenté à l'Aeadémie des sciences un procédé de conservation des viandes qui avait l'inconvénient de donner à la viande une saveur particulière, mais qui avait cependant de tels avantages, que les Monté vidéens et leurs voisins de Buenos-Ayres l'emploient aujourd'hui journellement.

Depuis cette époque If. Gannal a continué ses recherches, et les résultats qu'il a obtenus permettent de garder la viande fraîche pendant quinze ou vingt jours si on a le soin de l'abriter des mouches : au bout de ce temps, elle n'a rien perdu de sa fraîcheur et de son goût, la surface seule est peutêtre un peu desséchée. A cet état elle soutient facilement la comparaison avec la viande ordinaire.

^ Si on la laisse plus longtemps exposée à l'air, elle se dessèche pou a peu et complèloment; elle devient alors dure et sèche comme du bois, et est inaltérable indéQniment; nous avons vu des biftheaks ainsi conservés qui avaient l'air de morceaux de bois.

Déposée dans l'eau pendant une vingtaine d'heures, cette viande reprend la presque totalité de son humidité ; on peut alors la loire cuire, et on obtient ainsi un aliment i)ui, s*ii est réellement inférieur à la viande Iralche, est du moins bien préférable à la viande salée et fumée qui fait la base de la nourriture de nos marins. De plus, celte viande fait d'excellents bouillons.

Il y aurait donc là une éconoinie notable, car on garderait pour les rôtis e( les ragoûts la viande du paj^s, et l'on sacritierait pour le bouillon les viandes sèches et à boa marché venant de l'Amérique du Sud.

11 y a donc deux choses distinctes dans Tinvention de M^ Gannal : d'abord, l'établissement dans tous les pays d'élèves, d*al>attoirs où Ton préparerait la viande et on l'enverrait h Paris, où elle pourrait être vendue è la criée à des prix modérés.

Puis l'application de ce procédé à une industrie fructueuse et d'une exploitation facile, qui consisterait k importer en France les viandes des pays où elles sont à si vil prix qu'on les y perd, et à, créer ainsi un produit qui, facilement transportable, serait «xcellcnt pour les marins elles soldats.

Ce on il y a de plus remarquable dans le procédé de H. Gannal, c'est one son emploi ne reviendrait pas à plus de 3 francs par bœuf et proportionnellement pour les autres bestiaux.

VINAIGRE DE BOIS. Foy. AcmB mou-

GNEUX.

VINS. — {Siphon propre à augmenter la qualité des). — Intention de M. Lavocat. Ce siphon a pour objet de retenir une partie des gaz qui se dégagent pendant la fermentation du moût des raisins. Il est composé de trois tubes en fer étamé réunis; le premier, plus long que les autre.s, traverse la bonde et plonge dans le tonneau qull ferme hermétiquement, à l'aide d'étoupes dont on l'entoure. L'intérieur du tonneau, préalablement rempli de moût jusqu'aux trois quarts et demi, ne doit pas avoir de communication avec l'air extérieur. Pour cet effet, on introduit dans le dernier tube de l'eau qui passe aussi dans le second et se met de niveau. Tout élant ainsi disposé, la fermentation ne tarde pas à avoir lieu, et les gaz qui se dégagent du liquide en fermentation exercent une pression sur l'eau, puis la traversent lorsqu'ils sont assez abondants; ils sortent facilement par le dernier tube, mais l'air extérieur ne peut sy introduire, tant que les gaz se d^agent ou qu'il ne se fait point de vide dans le tonneau. C'est à l'interception de l'air de l'atmosphère et à son isolement de la masse en fermentation que M. Lavocat attribue la qualité que le vin acquiert. (Annales des art» et «mumfactures^ tom. V, 2* collect,, pag. 101.)

H. Julien, de Paris, a inventé un siphon et divers autres ustensiles, propres à transvaser les vins. En ajoutant Quelques perfectionnements au siphon ordinaire, M. Julien a eu pour but ue le rendre propre à la décantation des fluides éthérés, sans répandre d'odeur dans l'atmosphère; il j est parvenu sans augmenter la longueur et la difficulté le l'opération. Il a substitué au tube d'aspiration une pompa dont le piston se meut à l'aide d'une manivelle passant par l'axe d'une roue dentée qui engrène un cric. Par ce moyen l'aspiration se fait plus exactement qu'avec la bouche; celle-ci est très- fatigante lorsqu'on a à employer de grands siphons, et désagréable quand il sV ffit de transvaser des hqu^urs fétides, des huiles essentielles ou des esprits de vio, parce que l'ouvrier ne peut éviter d^eo re^ cevoir quelques gouttes dans la bouche.

M. Julien a ajouté au tube ordinaire qui porte le liquide d'un vase dans l'autre, un second tube destiné à transmettre l'air du vase qu'on remplit dans celui qu'on Tide; ce tube, qu'il nomme aérifère, prend nais» sance à l'extrémité de la branche inférieure du siphon ; ils traversent ensemble un bouchon ou une bonde servant à fermer hermétiquement le vase qu'on remplit; le tulie aérifère remonte ensuite jusqu à la brandie plongeante, au haut de laquelle il se termine, après avoir traversé un autre bouchon qui ferme le vase qu'on vide. Une caunclU?

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adaplée à rextrémité de îa branche iiifé« rieure, se ferme quand on aspire, ets^ouvre lorsqu'on Teut faire couler. Pour rider des ▼ases plus ou moins profonds et plonger à Tolocte dans le liquide, Tauteur a brisé la branche plongeante, dont une partie rentre dans l'autre, de manière à pouvoir s'allonger et se raccourcir à volonté. Ce siphon, qui réunit plusieurs avantages, permet de transvaser le liquide d'un grand vase dans un petit, sans crainte de .voir couler le trop plein, parce que les deux vases sont pariai* tement bouchés. Lorsque la liqueur du vase qu'on vide se trouve an niveau de la branche plongeante, et que l'écoulement cesse, la totalité de celle deià montée dans le siphon descend dans le vase qu'on remplit; en employant le siphon ordinaire, elle se {Kirlage et une partie retombe dans le vase qu'on vide, ce qui peut troubler les liqueurs sujettes à dé{)Oser. {Sodéié d^encouragemeni.

1809, tome VIII, page 57, planche *, Agore 13 ; Maniieur, même année, page SaO; Annoie» de chimie, tome LXXII, pa^e 108, el brevets non publiés.)

VIS DIVERS {machines et procédés pour fabriquer les). --^ Invention de M. Jecker. de Faris. — Sur le rapport des commissai^e^, MM. Coulomb, Lagrange et Borda, le bureau de consultation accorda h cet habile artiste un encouragement de 3,000 francs. La machine à tailler les vis est en entier de son invention ; elle a été présentée en modèle au bureau de eonsullation ; il en fut fait un rapport infiniment favorable. L'auteur a présenté ensuite la machine elle-même, exé* cutée d'après les dimensions convenables pour le service auquel elle est destinée; on ne peut obtenir de résultats plus satisfaisants, ni de dimensions plus exactement régulières. {Moniteur.)

ZINC (Bling db) ouOxtdb ds zinc. — Tout le monde sait que la peinture à l'huile dans Tintérieur des bâtiments cause souvent des maladies funestes, entre autres celle connue tous le nom' de colique des peintres : ces maladies ont été attribuées avec juste raison aux miasmes émanés du plomb et de ses différentes compositions. Depuis longtemps effectivement on a reconnu que la préparation des blancs de plomb donne naissance à des vapeurs qui deviennent mortelles ^ur les ouvriers qui les manipulent. C'était donc une œuvre de haute pliilanthropie que de rechercher une substance qui réunît la salubrité dans son emploi, aux avantages de brillant et de solidité des préparations à base de plomb. Le célèbre Guyton de Morveau s'était occupé de cette recherche avec succès, mais ce n'est que plus tard que cette belle découverte a pu être exploitée en grand, et donner les résultats que Ion était en droit d'en attendre. Le rapport suivant, fait par If. Chevallier à la Se-ciété d^encouraqementf au nom du Comité des arts chimiques, sur la substitution du 6/anc de xine et des couleurs à base de zinc au blanc de plomb et aux couleurs à base de plomb et ae cuivre, par M. Leclaire, entrepreneur de peintures, mettra le lecteur au courant de toutes les phases qu'a parcourues cette utile découverte, et lui retracera mieux que nous ne saurions le faire les efforts et les recherches qu'ont dû faire les hommes de la science ou de la pratique pour atteindre leur but philanthropique.

c Voici, dit M. Chevallier; l'exposé des fnits contenus dans le mémoire de M. Leclaire.

m M. Leclaire, frappé des nombreux accidents qui atteignent les ouvriers cérusiers, les ouvriers qui travaillent à la peinture, s'est occupé de rechercher quelle^ seraient les substances inoffensives que l'on pourrait employer dans les arts et dans riuduslrie

pour remplacer le carbonate de plomb, la céruse. Son attention s'étant portée sur Toxyde de zinc, il fit des essais dès 182S ; mais ce n'est qu'en 18U, et après de nombreuses expénences, qu'il parvint à reconnaître que cet oxyde, préparé d'après certains procédés, offrait, pour la peinture, tous les avantages désirables et qui sont les suivants :

« Obtention de tons frais, d'une blameheur éclatante, tons qui ne sont point altérés par les vapeurs hydrosulfuréeSf qui, comme on le sait, noircissent les peintures au blanc de plomb.

« M. Leclaire, après avoir reconnu les avantages qui résultent de remploi du Toxyde de zinc, s'est occupé : 1* de la préparation d*uoe huile siccative qui ne dût pas ses propriétés au plomb; il y est parvenu en faisant usage de l'oxyde de manganèse : 2* de la préparation des couleurs que l'on peut obtenir avec le zinc, en excluant do ces couleurs les préparations plombiques.

« Cet industriel dit qu*à partir de 18U, il a appliqué de mille à douze cents fois son procédé de peinture, soit sur des maisons entières, soit sur des parties de maison,

S[ue cinquaute entrepreneurs de ses conrères ont aussi fait usage de la peinture à l'oxyde de zinc, de façon que cette nouvelle peinture a été appliquée dans plus de deux mille maisons ou édifices publics.

c M. Leclaire termine son mémoire em établissant : 1^ que ceux qui, avant lui, s'é-» taient occupés de l'application de l'oxyde de zinc avaient laissé beaucoup à faire, puis-

3ue, la découverte faite, il n'y a pas eu 'application suivie de cette découvertes 2* qu'il a fabriqué le premier le blanc du zinc sur une lai^e échelle par des prbcédéa de son invention, procédés qui lui permets tent de livrer cet oxyde au même prix quo la céruse ; 3* que I emploi de l'oxyde do zinc, celui de la |ieinturo préparée avec cet

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ox^yde n'offrent aucun danger pour les ouvriers; 4* qu'il a trouvé le moyen d*obtenir une huile siccative dans la préparation de laquelle il n*entre pas de plomb; 5* qu'il est parvenu à préparer une série de couleurs inoCTerisives, inaltérables aux vapeurs hvdrosulfurées, couleurs qui sont destinées à remplacer avec avantage, dans la peinture historique et industrielle , les couleurs à base de plomb et de cuivre.

« Avant de vous faire son rapport, le Comité des arts cbimi(|ues a cru devoir faire procédera des expériences, visiter des maisons peintes au blanc de zinc, consulter les documents fournis par les personnes qui ont fait usage de cet oxyde. Nous allons successivement vous faire connaître ce qui est résulté de nos investigations; mais avant tout, nous pensons qu'il est convenable d'établir, le plus succinctement possible, quel était Tétat de la question lorsque M. Leclaire a cru devoir s'en occuper.

« M. Leclaire, nous devons le dire, en prenant ses brevets à fait connaître : 1* que Gnyion de Morveau; 2* quAlkinson, s'étaient occupés de la préparation du blanc de zinc.

« L'idée d'employer 1* l'oxyde de zinc, 2' le carbonate de ce métal dans'l'art de la peinture n'est pas nouvelle. En effet, on snii que, dès 1780, Courtois^ attaché au laboratoire de l'Académie de Dijon, présenta h cette compagnie , par rintermédiaire de Gmjftan de Morveauy du blanc de zinc qui avait la propriété d*étre inaltérable. Plus tard, en 1789, Guyton de Morveau publia, dans les Mémoires de l'Académie de Dijon, une dissertation sur le blanc de zinc, dissertation qui fut reproduite dans les Nou- Teilei de la républitfue des lettres et arti^ et dans l'Encyclopédie méthodique {arts et êciencei ), t. VI, p. U6. Dans cette dissertation, Guyton après avoir démontré que la ct^ruse devrait être abandonnée, et par me* sure d'hygiène et parce que les peintures à la céruse poussent au noir, fait connaître : 1* les expériences qu'il a faites sur diverses préparations de couleurs blanches, la sélé» ntXtf, le spath pesant^ le borate de chaux^ le iartrate de chaux^ le saccharate de chaux (1), Voxalate de chaux^ les sulfates de plomb et de bismuth^ préparations qui ne présentent aucun avantage, si ce n'est le tarirate de chauXf pour la préparation des couleurs blanches. 2* Les essais qu'il a faits sur les oxydes d'étain^ d'anltmotne, de bismuth^ de manganèse^ de xinc^ ont fait connaître que l'oxyde d'étain et celui de zinc pouvaient <^tre employés dans la peinture; il dit que, pour obtenir ce dernier oxyde, il a fait usage des dissolutions de zinc et des alcalis caustiques et effervescents ( carbonates alcalins) de la calcination du métal, soit seul, soit avec le nitre, de la calcination du métal dans un creuset posé horizontalement

(1) Gnyion de Morvean désigne c* produ'l f us le Min fie saccharate calcaire , ou chaux saciéc.

dans réehancrure d*un fourneau \ réverbère, prenant les fleurs de zinc firoduiie», les passant à Teau pour séparer le loélai w i> oxydé, broyant ensuite Toxyde avec un piu d'alumine, de craie ou guhr blanc.

« Guyton dit que, plus tard, considérant le procédé de la calcination è Taide du creuset comme imparfait, pénible et même dangereux pour les ouvriers, il proposa un appareil tout différent établi sur d« nouveaux principes et qui a été exécuté avec le plus grand succès.

c Par des expériences faites dans one séance publique présidée par M. le prince de Condé, (luyton fit constater que des peintures exécutées avec le tarirate de chaux^ le blanc d'étain^ le blanc de zinc, qui avaient été exposées au contact d« I hydrogène sulfuré, n'avaient pas sensible* ment changé de couleur.

« Le prix du blanc de zinc , è celte époque, était de 12 fr. le kilogramme pour la première qualité, de 8 et 9 fr. pour la seconde.

« Le blanc de zinc fournissant des couleurs moins siccatives que la c-éruse, Gtiyioa conseillait d'ajouter à la peinture un peu de sulfate de zinc calciné, ce qui lui donnait la propriété de sécher.

« L'application du blanc de zinc à la peinture fut, dès sa découverte, le sujet d'observations critiques ; ces critiques furent réfutées par M. Vincent - Montpeiii ^ dans un travail intitulé : Observationê sur le xine proposé dans la peinture intérieure des appartements au lieu du blanc de plomb. Ce travail fut le sujet d'un rapport favorable de MM. Mauduit^ Bossut^ Ckerpitel et Antoine^ membres de l'Académie roj^ala d'architecture,' qui avaient été charg^*s par l'Académie, le 13 mars 1786 de Texamen de ce travail.

« Plus tard, Guyton de Morveau fut forcé de s'occuper encore du tdanc de zinc; un étranger, M. Atkinson^ de Harrington, près Liverpool, prit, le 8 mars 1796, une patente pour l'application du blanc do zinc comme succédané du blanc de plomb ; Guyton réclama, dans les An^ nales des Arts et Manufactures^ rédigées par O'Reilly, la priorité de cette application. Dans sa réclamation, Guyton établit ; 1* que la fabrication du blanc de zinc, ainsi qu'il l'avait indiquée en 1781, n'était pas un simple aperçu, mais un acte sérieux; que le citoyen Courtois en avait entrepris la fabrication en grand, qu'elle était en pleine activité; qu'il y avait magasin ouvert h Dijon et a Paris ; que des avis imprimés furent di&trilMiés et affichés avec la permission de M. fmotr, alors lieutenant de police ; que des détails sur la fabrication et sur l'emploi du blanc de zinc avaient été, en outre, insérés dans le Journal de Paris et dans ies Petites- Affiches; 2* que le blanc de zinc avait été employé \ la peinture de divers ta-

DES INVENTIONS

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bleauT» aue les artistes ont déclaré n*a- Toir employé que du blanc de zinc pour romifrc les autres couleurs : * un de ces laiilfaux était dû au pinceau de M. YincetU- MonipeiiL

« GuytOD, dans sa réclamation , parlait du fourneau qu'il arait emploj'é et dool les dessins accompagnaient la description des arts aui traitent du zinc, dans se$ cours publics à Dijon, et plus tard dans ^es leçons à TEcole polytechnique. Il lait aussi connaître les aifficultés qu'il rencontra lorsqu'il voulut faire l'application de l'oiyde de zinc à la peinture ; on reprochait alors à oette peinture :

« 1* De ne pas sécher aussi vite que celle à la céruse;

« 2*^ De ne présenter aucun avantage sous le mp*port de la salubrité *

< 3* De ne pas couvrir comme la peinture à la c(^ruse.

m Des essais Furent alors faits sur quel-

2ues panneaut intérieurs du vaisseau le anguedoct par une commission chargée d'examiner la question de la peinture au blanc de zinc. Le rapport de cette commission^ composée de MM. Lapoirriff Sané^ Fraboulet^ Guignan, le comte de Bruyhf»^ rapport qui porte la date du 18 novembre 1786, établit :

« 1* Que la peinture au blanc de zinc a donné un blanc a«sez beau, un peu moins Tif que celle à la céruse (1) ;

< 2* Que, dans sa fraîcheur, cette peinture avait une odeur moins forte et moins désagréable que celle au plomb ;

« S* Que la dessiccation n'a été comi»lète que le sixième jour, celle du plomb le quatrième (2) ;

.c K* Que 8 onces (250 grammti) de blanc de zinc, qui ont pris un poids égal d'huile de noix, ont couvert une sulface d'un peu plus de 36 pieds carrés (3 mèire» cubes 798) ; que 8 onces (250 grammes) de céruse, oui ont pris 3 onces (96 grammes) d*huile, n'ont couvert que 15 pieds carrés (1 m^- /ra cube 572) ; d où il suit que malgré le liant prix du blanc de zinc , oui coûterait k livres 10 sous {k fr. 50) la livre, il n'y avait de différence réelle, par toise carrée (3 mètres cubes 798), que 8 sous (M ceniimes) à 3i sous (1 fir. 70).

« Copie du rapport de la 'commission fut envoyée à Guyton par M. le mare* chai de Castries , alors ministre de la marine; ce ministre exprimait, lors de cet envoi, le désir qu'il avait de voir adopter la peinture au blanc de liiic dans Tintérieur des vaisseaux.

(I) Il |w*atl qne k blanc de EÎnc fahrtqnë à cef e é^ ^ fi méi il |*a8 autfi i beau que celtn qu*on obbeul

(9) On Mi qii^ M. L#«laîre >joot^ à la peîntnre UM»i«-ca.ileuci){;i|Uc , Tboile préparée au uianga-

« La différence du prix établie dans la rapport fut encore levée par Guyton de Morveau , qui envoya au ministre une pièce par laquelle il s'engageait à livrer le blanc de zinc au prix de 1 fr. 25, k |)artir du jour où il lui en serait fait une commande de 6,000 livres.

« Guvton fait connaître encore que le blanc de zinc en trochisqne.?, de la fabrique du sieur Courtois^ de Dijon, fut Tendu par des marchands de couleurs sous le nom de blmnt d'argenif au prix de 75 centimes les 32 grammes.

« Guyton de Morveau adressa, le 28 plu- TiAse an Xi, au eitoyen 0*Reilly, un mémoire sur le moyen d'employer le blanc de zinc.

« Dans un rapport fait à Tlnstitut natio» nal, en 1808, par MM. Fourcroy^ BerikoUei et Vauqueiin^ rapport relatif à la fabrique de M. ItoUerai^ on trouve le passage suirant :

Parmi les produits de fétabiissemeni de M. MoUerat figure le blanc de zinc» dont an ne saurait trop recommn- der C emploi: les défauts quon lui reproche sont si peu de chose^ auprès des intonvénienis aue présente Teniploi du blanc de plomba qu on ne peut raison-' noblement se refuser à Vadopter^ au moins pour la peinture en bâtiments, A Vaiantage de la salubrité- il réunit ceux-ci : les teintes quil donne sont plus pures^ plus nettes: son éclata s'il est moins vif^ ne se ternit point: à quantités égalet^ il couvre plus de superficie que le carbonate de plomb. Il est vrai qu'il ne foisonne pas assez sous le pinceau ; mais on V remédie en chargeant le pinceau plus souvent^ ou en donnant une couche de plus aux ouvrages. Si les particuliers qui font dé» corer leurs appartements pouvaient bien se pé^ nétrer du danger que présenter emploi du blanc de plomba il n'y a point de doute qu'on n'en restreignît Vusage: mais on se prémunit rurement contre un danger que Fon ne cannait paSf et que l'on regarde comme incertain et éloigné. Il est cependant iien prouvé que beaucoup de maladies^ dont il est souvent aifficile d'assigner les causes, peuvent être occa^ sionnées par les émanations du plomba toisjours nuisibles à la santé. On doit savoir gré à MM, MoUerat d'avoir dirigé leurs travaux sur un objet d'un si grand intérêt (1).

« Si Ton examine ce qui s'est passé depuis 1808, on voit que, malgré toutes les démarches faites par Guyton de Morreau en 1786, puis en 1802; que, malgré le rapport dn Fourcroy, de Beribollet et deVauquelin, hi peinture au blanc de zinc n'a pas eu d'application suivie en France : cela résuite des faits, qui démontrent qu'elle élait entièrement abandonnée lorsque M. Leciaire s*occupa de nouveau de son application.

« léB blanc de zinc a été employé dans la

(1) Noos pmirrions citer, è Pappiti du âlre <tfs mv^nis , qui oui éié no!» maiirctf , la mort du ikieicur Goreio , qui fuccomba pour avoir Tiinta trop tét liabiler les pièces qu'il aTjîi f^ii peindre.

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p*fiiiiurepour le tableau. H. Duval^Leeamuêf en 1821, sur \à demande de M, Lassaigne^ tit le portrak de ce savant, portrait qui fut exécuté arec le bianc de zinc préparé par M. Lassaîgne; ce tableau que nous avons eu entre les mains, et que nous avons fait voir à divers artistes, a conservé dans les tons blancs toutesavivacitéet toute sa fraîcheur .

« Nous devons dire que l'on a aussi indiqué sous le nom de blanc de xinc le carbonate de ce métal.

« Ainsi Gray (Traité pratique de chimie^ 1829, t. III, p. 23) dit aue le blanc de zinc, {xinc tthite) carbonate ae xinc^ se prépare en versant du carbonate d'ammoniaque dans le sulfate de zinc, jusqu*è ce qu'il ne se forme plus de précipité, lavant et faisant sécher.

« Selon Tau leur, ce sel est employé comme couleur; maie il ne couvre pas aussi bien que le blanc de plomb.

9 Herman [Bulletin des sciences technolo^ giqueê de France^ t. VU, p. 295) indique la préparation d'un blanc de zinc qui n'est autre chose que le carbonate de ce métal.

« En septembre iSkk^M. Hathîeua adressé h r Académie des sciences une iVo/e «tir Tod^yde de jitiic, produit qu'il obtient, dit-il, dans uu grand état de pureté, de beaucoup supérieur aux oxydes fournis par le commerce. Ce produit est obtenu par un procédé beau*» eoup moins coûteux ; mais M. Ualhieu ne

(f ) Après avoir signalé toun les avanûget que prcsente , ^oiisle rapport de rbygièiie, la ^ub8litaliun des composés Einciques aux compusés plorobiques , dans ta peinture , M. Gaulii4>r de Cbubry indique une applica.tiofl d'aoe très-haute importance qui faciliterait Mnguiièreinent cetie subiiiiution , en même temps quVi e réaliserait une des grandes modifica* tiiihs que Ton peut auemire des mécaniques , p^r l'emploi des forci» électrioues en remplacement de la vapear. En effet, on a déj^ appliq^'é très-utilemeut la force motrice provenant des actions galvani* qtiet» et l'on peut citer particulièrement , à cet égard, M. Froment , qui fait mouvoir plu&leurs macliinf s de ses ateliers au moyen de courants électriques; mais le prix élevé auquel revient cetie force ne a*abaiiserait au point convenable que si les disiolutioDS de sine trouvaient des applications importan» 1rs. Userait donc à désirer que Tua parvint à faire servir le carbonate ou Toxyde de zinc obtenu par le moyen de ces dissolutions à la peinture, puiiqoe l'on aurait, par là, déterminé Ttx tension de remploi des forces électriques. {Annales d'hygiène publique.)

(2) Lorg de la lecture de ce rapport , notre honorable collègue M. Jomard ni)u*4 fit connalim que \^ aavant Conté ft*était occupé de rapplicatîon de la peinture au blanc de zinc. A Tappui de «eue asserlion on trouve , dans une notice sur Conté , insi^rée «lans VAthenœnm^ janvier 4806, le passage suivant : Conté s'occupait aussi de joindre à sa manufacture un nouveau genre de couleur pour la peinture à Chuile^ la miniatmre et le lavis. M. Fvureroy a publié Icê avantages de ces couleurs^ dans un rapport sui le prog' es des arts, fait à la tribune de la Convention l*endant ki révolution. Les couleurs de Conté sont in:<tuqnab'e« par les agents connus. Le blahc MfiHB , qui fait le dcsespoT des artistp» , a résiste , liCpuLi viiigi-cioq ans , à toutes ks itOuences de la

fait pas connaître ce procédé; seulefn«>nt i| insiste sur l'importance de TécoDomie qui doit résulter du nouveau mode, en faisant remarquer que l'oxyde de zinc parait destiné à remplacer, avant peu, le blanc de plomb dans beaucoup d'applications, et avec d'autant plus d'avantage qu'il ne compromet pas la santé des ouvriers employés à le préparer. {Comptes rendus , année 18U, S* semestre» séance du 9 septembre 1844 [1] }

« Là se bornent les faits relatifs an blanc de zinc et à son application à la peinture qui sont arrivés à la connaissance du Comité (2).

« ftous allons maintenant vous ia re connaître le résultat des travaux entrepris par M. Leclaire.

« M. Leclaire, pour obtenir l'oxyde de zinc en grand, a fait établir dans les^ enviions de Paris, un four dit silésien\ pour recevoir dix cornues. Un sj'stème de grattoirs dégage régulièrement la bouche des cornues; devant cette bouche est une trèspetite chambre qu'on désigne par le nom de guéritCj dont le plancher est mobile, et dont la porte ouvre dans la pièce oi^ est le four; au-dessus de la guérite est un conduit communiquant avec la partie supérieure des chambres dites de condensation, qui sont placées à droite et à gauche du four, et qui descendent plus bas que le sol de la chambre du four.

é Un puissant système d'appel est applique àrexlrétuité d'une série de toiles destinées à condenser et à recueillir l'oxyde de zinc; dans le plancher des chambres sont pratiquées des trémies à travers lesquelles l'oxjde de zinc tombe dans des tonneaux.

« Fabrication. — Quand le four est porté à un degré de température suffisant, on ouvre la porte de la guérite, on introdtiit le zinc dans la cornue, on ferme la porte, on ia lute, on relève le plancher mobile sur la guérite, et l'on met ainsi en communica- (iou la cornue avec la partie inférieure do la chambre de condensation ; la cooibustion du zinc commence immédiatement pour ne s*arr6ter que lorsque le métal est brûlé.

a L'air s'élève de la partie inférieure de la chambre de condensation , et l'ox vffène se combine avec le métal enflammé a la bou> che de la cornue; l'oxyde ainsi formé tombe l>ar la trappe , ou est entraîné par la cheminée d'appel à travers le tuyau placé audessus des guérites, et va tomber par les trémies, au-dessous desquelles sont des tonneaux pour recueillir l'oxyde de zinc

« On sait quel'on trouve, dans le commerce, 1"* de ia cérusCf 2* du blanc d^argeuL

lutnièr^ et aux variations de Tatoiusphère, perdre de sa pureté.

Conté, apppW, avec d'autres savants, à fair^ paitis de IVxpeditiun 't'fgypte , n*a pu luciins U deim^tt main à cette nitrepi ii»e préeieuse , réct^méii »«<c impatience par eux qui cvoaaissaieot ses travaax»

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