‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 28 sur 209 · MONNAIE · texte numérisé non relu

MONNAIE

LIME. — Outil d'acier trempé, dont les faces sont hérissées d'une multitude do dents que l'on forme on relevant la matiè*re, avant qu'elle soit trempée, au moyen d'un ciseau. On forge d'abord l'acier pour lui donner à peu près la forme que doit avoir la lime, puis on la dresse, c'est-à-dire qu'on enlève la superficie qui s'est oxydée sous le marteau, en la faisant passer sous la meule ou sous la lime. Elle est alors bonne à tailler. Pour cette opération, la lime est maintenue sur un tas recouvert de plomb par deux courroies, et le tailleur, armé d'un ciseau et d'un marteau, fra|ipe à coups préci-

Sûtés sur la verge, de manière à former une bule d'entailles à égales distances et égales profondeurs,, et dans une direction oblique a l'axe de la lime ; puis, par de nouvelles entailles croisant les ()remieres, il en résulte des dents plus ou moins fines, suivant que les entailles ont été plus ou moins éloignées.

On sent que l'habileté nécessaire ne peut s'acquérir qu'à force d'habitude, et jusqu'ici les machines n'ont pu remplacer avantageusement ce travail manuel, qui demande tant de tact pour coordonner le coup de marteau avec la dureté de la matière frappée ou la coupe du ciseau. Après avoir été taillée, on trempe la lime, opération non moins difficile et d'où la bonté et la durée de Youiil dépendent, puisque trop molle elle ne mord pas, trop dure elle s'égrène.

Ces instruments, si utiles dans tous les arts mécaniques et auxquels les métaux doivent l'uni de leur surface, sont d'une variété de formes infinie. Les grosses limes, qui servent à dégrossir, ont quatre faces égales, deux à deux; renflées au milieu, elles s'amincissent par le bout et sont taillées à fortes dents sur les quatre faces. Les limes moyennes ou bâtaraes sont ordinairement plates, taillées à dents plus ou moins serrées sur trois faces seulement; elles sont dites douces ou demi-douces, lorsque leurs dents sont taillées encore plus finement. Suivant leur forme et indépendamment de la taille, elles sont nommées tiers-points lorsqu'elles n'ont que trois faces et présentent trois an* gles ou arrêtes ;9ueue de rat lorsqu'elles sont toutes rondes ; deFiit-rondei lorsqu'elles présentent une surface plane et une surface con* vexe ; feuilles de sauge quand ses deux surfaces sont convexes ; cotUelles ou fendantes quand elles ont la forme d'un couteau; carreleltes si les quatre faces égales forment ou carré parfait. Il y a encore d'autres outils taillés comme les limes, mais qui, au lieu de s'emmancher ainsi qu'elles, se recourbent de mille façons et ne se taillent qu'aux extrémités. On les tient par le milieu et l'on atteint ainsi dans les angles où les limes ordinaires ne sauraient arriver; on les nomme rifloirs. Les rflpes ou limes à bois ne sont pas taillées à l'aide de ciseau, mais on se sert pour cette opération d'un burin eut relève un petit ergot formant la dent; plus

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fin, cet ergol fiiil donner à la râpe le nom é^écûuenme.

Ce D*est pas chose facile que de bien lifioer, de donner au métal sur lequel on agit one snrfâce parfaitement unie et horizoatale.Ponr acheter de le polir, après s*ètre successi¥ement senri de limes cfe plus en plus douces, on inierpose entre la lime et le métal an papier sur lequel on a répandu et filé par une couche de colle forte de J'éfoeri ; si la surface n*est pas encore suffisamnent polie» on peut employer le brunissoir.

A cet article, extrait de VEncyclopédie des fou du wumde^ nous joignons quelques considérations pratiques tirées du Dictionnaire ia DéamÊerît».

La bonté d*une lime dépend de la nature de Pader avec lequel elle est formée, de sa (rempe, de sa forme et de sa taille. En général, les aciers les plus fins forment les meill^res limes^ par la raison surtout que M trempe qolls peoTent recevoir est plus parfaite que la trempe dont sont susceptibles les tnefsd*ane qualité inférieure. Le choix de Tader ast essentiel ; car rimperf ection d*un imtntiDent dépend souvent de ce qa'il n*a pmntètéfÉbriiîaé avec l'acier qui lui convenait, ce qui a empêché de lui donner la trempe qui loi était nécessaire. Il est difficile defixerd*ooe. manière précise et de soumeUreides lois exactes Tart de la trempe, cl cette difficulté augmente encore avec les drlTéreotes qualités d*aciers qui exigent pour ehaeiui d'eux une trempe différente. 11 est à présumer que cette opération dépend entièmneat du degré de chaleur et du refroidissement qn*oo fait éprouver à l'acier. Aussi, jii5qa*i présent, c*est à Tusage et à la pratique seule qu*pn a laissé le soin de juger de la qualité de ce métal et du degré de cha- Jear auquel il est nécessaire de le soumettre pour le tremper et lui donner la ténacité; la doreté et Télasticité dont on a besoin. Ces aoDsidératioiis doivent faire sentir Timportaoce de toujours employer un acier de ■èoenature pour fabriquer les mêmes objets :conuDe il enrésulte nécessairement une pjas grande expérience, il doit en résulter aassi une plus grande perfection. Considérées dans les limes, les deux Qualités préaUentes sont surtout relatives a leur durée* Les deux qualités suivantes ont une infccDoe plus {larticulière sur les résultats des upérationsqui s'exécutent à Taide de ces insimments. Sans une forme convenable dans ses limes, Tartiste ne peut souvent parvenir ila perfection qu'il cherche; mais cette venté est peu connue de la plupart des fabricaots, car cette partie est extrêmement ttégiif^. L'inconvénient se fait surtout sentir dans les limes plates, qui servent à former Us surfaces planes, et dont la forme semble ^tre le plus arbitraire. Ce sont cependant tes sortes de limes qui exigeraient le plus ie MÀsis ; leurs laces doivent toujours avoir Aie certaine convexité qu'il serait essentiel ^ déterminer exactement et de maintenir avecsoin ; maisla trempe les déforme souvent.

La taille d'une lime est sans contredit de toutes les qualités, celle qui influe le plus sur sa perfection. En vain une lime seraitelle fabriquée avec le meilleur acier, treni|)é au plus juste degré, et formé delà manière la plus convenable, si la taille n'est pas uniforme et si ses dents ne sont pas dans de justes proportions, la lime s'usera facilement, et 1 on ne parviendra pas à exécuter les choses délicates avec la précision et Fexactitude nécessaires. Ces différenf s inconvénients se font d*autant mieux senlir, que ces limes ont besoin d'une taille plus fine; mais cette qualité si essentielle, quoique la plus facile peut-être à donner à une lime, puisqu'on pourrait employer à cela des moyens purement mécaniques, est celle qui semble avoir été le moins perfectionnée. En effet, excepté quelques machines à tailler les limes plus ou moins imparfaites et dont on ne se sert pas, et les grossières mécaniques employées en Allemagne pour tailler les grosses limes ou les râpes, on ne connaît point de machines à tailler les limes qui

Suissent avec avantage remplacer les bias ans cette opération, ni de fabriques qui par leurs produits puissent en faire soupçonner l'emploi; du moins le commerce n'offre-t-il aucune lime qui, par l'uniformité et l'exactitude de sa denture, fasse présumer qu'elle a été taillée mécaniquement. Cette opération parait être tout entière abondonnée à la routine des ouvriers.

Jusqu'à ces dernières années, la France tirait toujours ses limes de l'Angleterre et de l'Allemagne, et aujourd'hui elle est encore obligée a en tirer la plus grande partie. Plusieurs fabriques de limes ont essayé de s'établir, mais la plupart n'ont pu soutenir la concurrence de l'étranger, soit è cause de l'imperfection de leurs produits, soit à cause du haut prix de leur fabrication.

LIME (MicHiifKS ▲ TAILLER LEs}. — Ihventian. — M. Perseval^ horloger à Reims an VIIl. — Avec la machine dont M. Perseval est l'inventeur, une seule personne peut tailler par jour depuis cinq jusqu'à douze douzaines de limes, selon leur grandeur et la finesse de leur taille ; elle possède le précieux avantage d'espacer les tailles également et à volonté, de les croiser de manière Sue les limes ne dévient point de la ligne ans laquelle on les fait agir, de former des dents sans rebarbes, enfin de donner toujours le coup de marteau dans un plan perpendiculaire à l'axe du ciseau, et de graduer la force de ces coups suivant l'augmentation ou la diminution de surface de la lime. ( Rapport historique sur les progris des sciences^ fait en 1808, page 256.)

M. Petit-Pierre. i8H. — La machine de M. Petit-Pierre est disposée pour tailler douze limes à la fois ; elle est principalement composée : i* d'un gros tas en fer fondu, pesant environ 150 kilos, porté sur un billot de bois comme une enclume; 2* d'une forte plaque de fer forgé, de la même forme que le tas et lyustée dans deux coulisses qui lui permettent d'aller et venir

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