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figurer rondes et carrées. Ce qui nous reste des miroirs des anciens prouve la môme chfose*
En 16W, on découvrit à Nimègue un tombeau où se trouva entre autres meubles un miroir d'acier ou de fer pur, de forme orbicuiaire, dont le diamètre était de 5 pouces romains: le revers en était concave et recouvert de feuilles d'argent avec quelques ornements.
Quoiquele métal fût longtemps la seule matière employée pour les miroirs, il est cependant incontestable que le verre a été connu dans les temps les plus reculés : le hasard fit
découvrir celte matière environ mille ans avant i ère chrélienr^e. Fline dit que des marchands de nitre qui traversaient la Phénicie, s'étant arrêtés sur le bord du fleuve Bélus, et ayant voulu faire cuire leur viande, mirent, au défaut de pierre, des morceaux de oitre pour soutenir leur vase, et aue ce nitre mêlé avec le sable, ayant été embrasé par le feu, .se fondit et forma une liqueur claire et transparente, qui se figea , et donna la première idée de la façon du verre.
Il est d'autant plus étonnant que les anciens n aient pas connu Fart de rendre le verre propre à conserver la représentation des objets, en appliquant Tétain derrière les glaces, que les progrès de la découverte du verre furent poussés chez euxfort loin. Quels beaux ouvrages ne fit-on pas avec cette matière 1 quelle magnificence que celle du théâtre de M. Scaurus , dont le second étase était entièrement incrusté de verre 1 Quoi de p|tts superbe, suivant le récit de Clément d'Alexandrie, que ces colonnes de verre, d'une grandeur extraordinaire, qui ornaient le temple d'Aratus I
Nous ignorons le temps où les anciens commencàreot à faire des miroirs de verre. Nous savons seulement que ce fut des verreries de Sidon que sortirent les premiers miroirs de cette matière : on y travaillait trèsbien le verre, et l'on y faisait de très-beaux ouvrages, qu'on polissait au tour, avec des ornements de plat et de relief comme sur des instruments d'or et d'argent.
Il ne faut pas confondre les miroirs des anciens avec la pierre spéculaire ; cette pierre était d'une nature toute différente, et employée à un tout autre usage ; on ne lui donnait le nom de »pecularis qu'à cause de sa transparence ; c'était une sorte de pierre blanche et transparente qui se coupait par feuilles ; mais qui ne résistait point au feu. Ceci doit ia faire distinguer du talc, qui ea a bien la transparence et la blancheur, mais qui résiste à la violence des flammes.
On doit rapprorter au temps de Sénèque l'origine des pierres spéculaires ; les Ko-* mains s'en servaient à garnir leurs fenêtres comme nous nous servons du verre, sur^ tout dans les salles à manger, pendant Thiver, pour se garantir des pluies : ils s'en servaient aussi pour la litière des darnes^ comme nous mettons des glaces à nos car*rosses ; ils les employaient également pour )es ruches, afin d'y pouvoir considérer l'ingé-
nieux travail des abeillea. L'usage des pierres spéculaires était si général, qui. y avait des ouvriers qui ne faisaient autre chose que de les travailler et de les mettre en place.
Outre la pierre appelée spéculaire, les anciens en connaissaient une autre appelée pheugiteê^ qui ne cédait pas à la première en transparence : on la tirait de la Cappadoce ; elle était blanche et avait la dureté du marbre. L'usage en commença du temps de Néron ; il s'en servit pour construire le temple de la Fortune, renfermé dans ce riche palais, qu'il appela la Maison Dorée. Ces pier- ' res répandaient une lumière éclatante dans l'intérieur du temple: il semblait, selon l'expression de Pline, que le jour y était plutôt renfermé qu'introduit, tanquam inr clusa luce^ non trantmitsa. Nous n'avons pas de preuves que la pierre spéculaire ait été employée pour les miroirs, mais l'histoire nous apprend que Domitien avait fait garnir de carreaux de pierres pheugites les murs de ses portiques, pour apercevoir, lorsqu'il s'y promenait, tout ce qui se faisait derrière lui, et se prémunir contre les dangers qui menaçaient sa vie.
Tel est le peu que Thistoire nous a trans* mis sur les miroirs des anciens, j'entends les miroirs en métal. Quant à ceux en verre, l'origine en est ignorée. On sait seulement qu'ils sont bien postérieurs aux autres.
Les Indiens de Caravaro et de Catiba dans le Nouveau-Monde portaient au cou des miroirs d'or ; leur pays n'était point avare de cette matière. Au commencement du xvi' siècle les Espagnols en rapportèrent en Europe. L'industrie des anciens Péruviens employait, au lieu de métaux, certaines pierres tirées des environs de Quito. Ces pierres étaient le gallinQce et Vinca. Toutes deux, sous leurs mains adroites, se façonnaient en miroirs plans ou courbes. Dom d'Clloadit en avoir vu un d'inca dont le dia* mètre était de dix-huit pouces. Le cabinet du roi en renferme un autre de gallinace, trouvé dans une gouaque ou tombeau, sur la montagne de Pichencha ; ses deux côtes sont convexes, mais le poli se ressent du long séjour qu'il a fait dans la terre.
Mémoire sur la construction de$ miroirs â réflexion^ qui n'offrent qu'une seuU image bien nette et parfaitement terminée. — Newton, après avoir découvert au moyen de prisme que les rayons de lumière dans leur transmission au travers du verre ne suivaient pas la même route après en être sor* tis, crut qu'on ne pourrait point espérer de perfectionner les télescopes dioptriques; car, pour avoir une image bien distincte et bien terminée, il faudrait que tous les rayons qui partent d'un môme point de Tobjet pussent, après leur traversée dans le verre, se réunir bien exactement au même point qu'on appelle foyer ; or c*est ce qui n'arrive point, caries rayons qui tombent le plus près de la lentille'se réunissent plus loin que ceux qui tombent plus loin de cet axe. D'un autre côté, ces rayons se déeonH
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DES INVENTIONS