MONNAIES
MONTRE. — (Démonstration, indication.) Ce nom fut d'abord celui du cadran des horloges, qu'on appelait la montre de l'horloge; appliqué ensuite aux petites horloges de poche, le nom de la partie C|ui seule indiquait l'heure est devenu celui de la machine entière. On a donné la description de cet ingénieux instrument au mot Horlogbrib {Voy. ce mot); mais nous nous sommes ré* serve d'ajouter ici quelques mots sur les montres plus compliquées, et sur l'histoire de leur mécanisme.
Le premier pas de leur invention fut fa substitution d'un ressort comme moteur à l'action des poids des horloges. Mais on s'operçut bientôt que la force du ressort va-
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DES INVENTIONS
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Ait suiîant son degré de tension, en sorte Bi« la marche de la montre s'accélérail d'a- Hjrlet se ralentissait ensuite : pour obvier ictftiacoQTénient, après plusieurs tentative, 01 imagina la fusée, dont la forme cogqje sert à rétablir l'équilibre nécessaire \m ia force motrice et la résistance. On iven effet que lorsque le ressort a toute M éoergie, c'est-à-aire quand la montre r.^ d'être montée, la traction de la chaîne (j^^fc SQf le plus petit diamètre de la fuvei^ur agir successivement sur un diaroèïf qui s*aceroU à mesure que la puissance iuressort diminue 9 et Ton comprend que jjijae diamètre successif de la fusc^e sur efiel agit la chaîne est un bras de levier jKudeTeoaDt de plus en plus grand, offre ie résistance moindre à l'action décroisât du ressort. Pour communiquer à cette bée le mouvement produit par le ressort, Mfeserfit longtemps d*une corde de boyau, pi éiail une autre source d'inégalités ; car Btiu corde, soumise k Faction hvKromélri- (isJerair, se raccourcissant ou s allongeant icnni la sécheresse ou Thumidité» faisait ttlinuellement retarder ou avancer la mon- ^m le plus petit espace de temps. £nt va parvint à laire de très-petites chaînes <ieVf,qu*on substitua aux cordes de boyau, fiit^!Ssort spiral ayant été inventé à peu p^^^nlamème époque, les montres acquir^a/Qoe justesse à iaauellc de nouvelles 4^'>'rer(es n*ont fait qu ajouter.
itpius usité des écnappeuients est celui C:u cjlindre, d*où les montres oui en sont ^Dormes ont pris le même nom. On rappelle ^'ide ia forme de la pièce essentielle qui Blrt dans sa composition. Cette pièce est ta njiiidre creusé et entaillé, qxn oscille vr^unaie, et présente alternativement sa wri>ure intérieure et sa courbure extéieure aui dents de la roue d'échappement , mire laquelle il frotte, et qu*il arrête mo- ^i3Dément. Le balancier ayant le même i( que le cylindre, on sent qu*ils dépeutitt (0U5 deux de la roue de rencontre, ^ui, V 1^ frotlnment, influe sur leur oscillation, «échappements à cylindre ont subi bien » uioditicalions depuis leur invention par fthain. On fil d*abord la roue en cuivre et ) €} lindre en acier ; mais ce mécanisme «dit proujptement, et on Tabandonna ; ce- ^aot un oorloger ayant imaginé de faire ( ^m aussi en acier trempé, le système ^nt laveur. Enfin, F. Berthoud eut Theu- ^ idée de substituer è Tacier, pour les ]uodrcs,les pierres fines d'une grande ^^eté, telles que le rubis, ce qui assure à *« montres une très-longue durée. Ordi- *femeoi, pour faire tourner les cylindres ^our d*un axe, on emmanche dans leurs 'ïvrémiiés deux tampons d*acier, dont l'un ^termine par un pivot^ et l'autre porte le « ancier avec son ressort spiral.
Les pierres fines n'entrent pas seulement |*|is la composition des échappements à ^'^ttdre; on peut s'en servir dans toutes les MOiurei, quel que soit leur mécanisme, r^ûrdifflinuer l'usure produite par les frot-
tements des pivots dies diverses roues, ea les faisant porter sur des pierres dures. Malheureusement on emploie encore peu ce moyen, et dans beaucoup de montres que Ton vend comme montées sur pierres, les pierres ne sont que des objets de luxe et de parade, n'ayant réellement aucune utilité.
Les montres à répétition sont des montres sonnantes, munies d'un mécanisme particulier, et qui, au moyen d'un bouton sur lequel on appuie, sonnent l'heure dans laquelle on se trouve. Elles furent inventées en Angleterre, en 1676 ; les horlogers Barlow, Quare et Tompion s'en disputèrent la découverte. Louis XIV reçut ae Charles II les premières montres à répétition que l'on ait vues en France. L'horloger Lépine est celui qui a le premier introduit dans notre pays les montres très-plates, en supprimant 1 une des deux platines entre lesquelles sont ordinairement enfermées toutes les pièces de la machine, et qu'il a rem[)lacée par des ponts destinés à recevoir les pivots. Il n'emjdoyait en même temps que des échappements occupant peu de hauteur. Depuis lors, les montres plates ont été nommées montres à la Lépine. Les montres dites perpétuelles, perfectionnées par Breguet, se remontent d'elles-mêmes à l'aide aun ingénieux mécanisme, par le mouvement qu^n leur imprime en les portant sur soi.
On savait fabriquer les pendules et les montres en Allemagne dès le milieu du xiv* siècle. Les chroniques disent qu'il en fut présenté une à Charles Y, roi de France, en 1380, qui n'était pas plus grosse qu'une amande. L ancienne communauté des noria* gers de Paris tenait du roi Louis XI ses premiers règlements, datés de 1483, et contirmés par François r% en 1544. L'Allemand Peters Uele fabriquait des montres à Nuremberg dès l'an iSOO. On cite une montre sonnante présentée, en 1S42, à un duc d'Ur» bin, par un orfèvre italien, qui était assez petite pour être enchâssée dans une bague au lieu de pierre précieuse. On cite encore celle que l'archevêque de Cantorbéry, Parker, légua à son frère Richard, évêque d'Eli, le 5 avril 1575, et qui était montée à la poignée d'une canne en bois des Indes. L'art de l'horlogerie fut introduit à Genève, en 1587, par un Français, Charles Cusin» de la ville d'Autun. Ou estime la fabrication annuelle de cette ville k plus de 70,000 montres, dont les onze douzièmes sont en or. Ce fut, di(on, Daniel-Jean Richard, habitant de la Lagne village du canton de NeufchAtel, qui introduisit la fabrication de l'horlogerie dans cette contrée, où elle a pris un grand développement, notamment au Locle et à La Chaux-de-Fonds. -— Voy. à l'article Uoelogb* niB , Horlogerie dite de fabrique.
Successivement on a imaginé les pendules à réveil, qui ont au cadran une troisième aiguille que Ton place sur l'heure à laquelle on veut être réveillé : à cet instant donné» un échappement permet au marteau de frapper sur la sonnerie un plus ou moins grand nombre de coups redoublés; et puis les
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montres qui marquent sur des cadrans particuliers les quantièmes du mois, les iours de la semaine, les phases de la lune» le lever et le coucher du soleil. Les pendules à équa* tion indiquent les différences du temps vrai au temps moyen : le roi Charles 11 d'Espagne avait déjà une de ces pendules dans son cabinet, La pendule à compensation est celle ilont le balancier, composé de deux lames de métaui différents, donne des oscillations isochrones dans tous les temps, malgré la chaleur, dont l'effet est détruit ou compensé par la différence do dilatation des deux métaux.
Depuis le commencement de ce siècle, on a inventé des machines pour fabriquer rapidement les différentes pièces des montres, en sorte que Tart de Thorlogerie ne consiste plus qu*à les rectifier et à les disposer convenablement. C'est surtout dans le Jura que ce genre d'industrie est cultivé. II existe là une foule de petits fabricants qui, chacun, fout une pièce à part de la montre. La famille Japy a établi à Beaucourt, près de Montbé-* liard, une manufacture où. se fabriquent toutes les pièces des montres. D'autres, et particulièrement des paysans suisses, achètent les pièces qui doivent composer le mécanisme, l'échappement et le ressort exceptés; ils les montent et ajustent grossièrement, de manière à former ce qu'on nomme un rouage roulant, et ils le revendent au commerce en gros, qui fait compléter le système et ajouter une boîte. Ces rouages sont terminés à Genève et ailleurs. Paris a une renommée méritée pour la supériorité de aes montres. L'Angleterre, si riche en ressources mécaniques, lutte avec nous pour l'horlogerie; mais ses montres sont lourdes et sans grAce. On estime à 30 millions de francs la valeur des montres et des pendules fabriquées annuellement en France, les bronzes non compris. L'horlogerie ne s'occupe pas seulement des mouvements d'horloge , elle fabrique aussi des mouvements de lampes dites Carcel, de musiques pour pendules, tabatières, bottes ou nécessaires, billards, etc., les métronomes et autres petites machines dont le moteur et le mécanisme se rapprochent plus ou moins de ceux des horloges (1)
MONTRES MARINES. — Nous avons parlé des montres marines au mot Cheonom èteb ; nous nous contenterons de citer quelquesuns des artistes qui ont cherché a faire de cette montre un véritable instrument de précision.
M. Berthoud^ an VI. — Cette découverte était le sujet d'un prix proposé par la classe des sciences physiques et mathématiques de rinstitut. Dans la séance du 15 messidor, le prix a été décerné à M. Berthoud. L'une des deux montres de poche qu'il a produites détermine les longitudes en mer, en mar- (juant la division décimale des parties du tour, savoir : les dixièmes, centièmes, millièmes et cent milliè.mes. La seconde montre remplit la deuxième partie du pro-
(1) Extrait de VEncyclopédU dtê gen» du wmdt.
gramme, en déterminant les longitudes en mer; en divisant le jour en dix heares, l'heure en cent minutes, et la minute en cent secondes. [Mimoirts de Vlnstitut, an VJ.]
An X. — M. Berthoud a obtenu une médaille d'or pour s'être rendu justement célèbre par la perfection de ses montres h longitudes ou garde-temps, dont la justesse, constatée par des expériences répétées et précises, lui a valu le prix de l'Institut national. Il a présenté pour la première fois au public la connaissance de leur mécanisme, qu'il s'était toujours réservée. ( Livre d'honneur^ page 36.)
Periectionnement. — Jlf. Breguei. — 1819. — La montre de M. Breguet marche huit jours : la chaîne, le ressort auxiliaire, le double encliquetage, en un mot tout le mécanisme de la fusée est remplacé par deux barillets dentés, et agissant en sens inverse. Ce moyen, oui prévient une foule de causes d'arrêts et d inégalités, rend la force motrice tout à fait élastique. {De VIndustrie française^ parM. deJouy.)— Fojf. CHEomovms.
MORTIER. — La solidité des constructions en maçonnerie dépend , en grande Eartie, de la qualité des mortiers employés leur construction. Les monuments romains et ceux du moyen âge, qui existent encore aujourd'hui, nous montrent l'efficacité des procédés usités dans ces époques reculées pour la fabrication des mortiers, qui réunissent d'une manière si durable les matériaux qui entrent dans la construction de ces édifices. Des études théoriques habilement dirigées ont éclairé, depuis quelques années, la pratique de la fabrication des mortiers, et tout nous porte à croire que cette industrie est aujourd'hui plus avancée qu'elle ne l'a jamais été.
MORTIER. Mortiers naturels. — En Angleterre on nomme improprement, rime»/ tomain^ un mortier naturel résultant de la calcination ménagée d'un calcaire renfermant 30 p. 100 dargile, que l'on broie eo poudre et qui se gftche comme le plâtre. Ou en fait une très-grande consommation k Londres dans les revêtements de murs et de colonnes en briques : il servit aussi à lier toute la maçonnerie du pont sous la Tamise.
M. Lacordaire, ingénieur des ponts et chaussées, en réduisant à trois jours la durée de la cuisson du calcaire argileux de TAuxois, qui auparavant était de six jours, n'a calciné à l'état de chaux hydraulique que les deux tiers environ du volume total; le reste, non susceptible d'extinction, et facile à séparer par cette propriété, lui fournit un mortier naturel qu'il suffit d'écraser pour le rendre susceptible d'être conservé ou transporté. On le g&che comme du plâtre au moment de s'en servir, et on peut en quelques minutes en obtenir des corps solides et même des moulages de dif* férentes formes.
Dès les premières expériences on a pu sa promettre un mortier naturel d'une aoalité au moins é^ale à celle du ctmafU anglais.
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