‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 89 sur 209 · NÂG · texte numérisé non relu

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teneur esi nacré produisent aussi des perles« mais bien moins fines ; on en trouve aussi dans les coquilles dites le marteau^ la pin* iade^ dans VhirondelUf dans les huîtres et dans les moules.

L*opinion la plus commune et la plus Traisemblable attribue la production des perles à Tabondanoe de la liqueur nacrée» qui, en transsudant de ranimai, a distillé par gouttes ou par petits pelotons plus ou moins réguliers qui se sont conglomérés. On prétend aussi que la perle doit son existence aui ennemis de l'huitre, ou à des accidents qu4 font des trous à la coquille. L'animal les bouche avec la liqueur nacrée, qui prend une forme épaisse et ronde. Alors on pourrait produire des ' perles avec le secours de Tart, soit en faisant parquer des huîtres dans des étangs, où Ton mettrait des scolopendres Biarins, qui s'attachent aux coquilles et les taraudent en y faisant des trous réguliers. En effet, Linnée avait trouvé le secret de multiplier les perles et de les grossir sans doute par ce moyen. On dit même que quelques Asiatiques voisins des pêcheries de perles ont l'adresse d'insérer dans des coquilles des huîtres à perler de petits ouvrages, qui se revêtissent de la matière qui *lorme les perles. Gomme on observe aussi quelquefois dans les moules d^étang Texlra-* vasioif du suc perlé, ne pourrait-on pas éçalement tenter de se procurer de ces petits ouvrages incrustés à la manière des Asiatiques.

11 y a communément dans chaque nacre une ou deux perles seulement, mieux formées que les autres. Presque toutes les perles se tirent des pays étrangers. On en compte quatre grandos pêcheries en Orient; la première dans l'île de Baharein (gulfe Persique) ; la deuxième sur la côte de TArabie-Heureuse, près Califa; la troisième dans rtle de Ceylan et la quatrième dans l'île du Japon. U y a quatre autres pêcheries de perles dans l'Occidenli qui sont situées dans le golfe du Mexique, le long de la côte de la Nouvelle-Espagne. On pêche aussi des perles dans la Méditerranée et sur les côtes de l'Océan ; on en trouve encore dans les moules que Ton tire de la petite rivière de Yalogne dans les Vosges, et dans d'autres rivières de la Lorraine.

La pêche de perles dans l'île de Ceylan appartient à la Compagnie anglaise des Indes, et lui donne un grand bénétice par l'espèce de tribut que lui doit chaque bateau qu'elle permet aux habitants d'employer à cette pêche. Le temps de cette pêche est en mars 6t en avril, et quelquefois il y a une seconde

Eêche en août et en septembre. On fait d'àord des essais : des plongeurs pèchent chacun plusieurs milliers d'huîtres, qu'ils amènent sur le rivage ; on met à part les perles qu'on y trouve, et, si cet essai promet uue pêche abondante et lucrative, la Compagnie des Indes en fait proclamer l'ouverture et les avantages. Alors les pêcheurs arrivent avec leurs bateaux, les commissaires anglais viennent en même temps de Co-

lombo pour présider à la pêche, qui est annoncée le matin par un coup de canon. Ace signal, tous les bateaux partent et s'avancent dans la mer, précédés de deux chaloupes qui se tiennent à droite et à gauche pour marquer les limites de la pêche.

Un bateau a plusieurs plongeurs qui vont tour è tourà l'eau, et, dès que l'un remonte, l'autre s'enfonce. Ces ploneeurs sont attachés à une corde, dont le bout tient à la vergue du petit bAtiment ; de façon que les matelots du bateau peuvent, au moyen d'une poulie, tirer ou Ucner cette corde selon qu'il est nécessaire. Le plongeur a une pierre du poids d'environ trente. livres, attachée aux pieds aûn d'enfoncer plus vite, et porte ua sac à sa ceinture pour y mettre les huîtres. Lorsqu'il est descendu au fond de la mert il court çè et là, tantôt sur du sable, tantôt sur une vase visqueuse; il ramasse à la bâte les huîtres au'il met dans son sac ; et s'il y en a plus qu il n'en peut emporter, il en fait un monceau qu'il revient chercher, ou que son camarade est averti d'aller reprendre^ Quand le plongeur veut revenir en Tair, il tire fortement une petite corde, différenle de celle qui lui tient le corps, atin d'avertir un ou deux matelots, attentifs à ses besoins. 11 est rare qu'un plongeur, exercé dès son enfance à son pénible métier, puisse retenir son haleine au delà de 12 à 15 minutes.

Il met du coton dans ses narines et dans ses oreilles, et il garantit ses mains avec des mitaines de cuir lorsqu'il craint les pointes des cailloux ou des rochers. U a aussi un instrument de fer pour détacher les huîtres quand elles sont adhérentes à des pierres ou à des rochers. Les plongeurs sont quelquefois très-près l'un de l'autre, et il est même arrivé que ces malheureux se sont battus au fond de la mer pour se disputer des tas d'huîtres. On dit que ces plongeurs y voient aussi bien que sur terre. Mais on ne peut se dissimuler qu'en enfonçant si avant dans la mer ils ne courent de grands risques soit par quelque choc périlleux, soit par la voracité des gros poissons et des requins. Un plongeur ne peut se précipiter plus de 7 ou 8 lois par jour. Ce travail se termine ordinairement à midi ; alors tous les bateaux regagnent le rivage. Quand on est arrivé, le maître du bateau fait transporter les huîtres dans une espèce de parc ou fossé; on les étale à l'air, et l'on attend

au'elles s'ouvrent d'elles-mêmes, ce qui ure trois ou quatre jours. On en retire alors les perles sans les endommager, on les lave, puis on les pose dans de petits bassins à cribles, qui s'entassent les uns dans les autres; les trous du second crible sont plus petits, et ainsi de suite. Les perles qui ne passent point par le premier cr4bie sont du premier ordre, celles qui ne pas>ent pas dans le second sont du second ordre, aiii»i de suite, et les dernières alors sont appelées semences de perles. Les Hollandais se ré* servent toujours le droit d'acheter les pUis grosses perles et les plus belles. Oa prétt-nJ que toutes les perles que Tou poche le pre-

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