OLE
DES INVEMTION'S
WT
Dire» moyens oiit été employés pour re-r (ArmaHre ces fraudes. M. Laurot, de Rouen, a imaginé une espèce d*aréomàtre qu'il ooffiine oliomètrt^ et qui sert à reconnaître M l'huile de oolza est pure ou si elle a été [Qtiaugée. L'emploi de cet appareil repose >ur cette propriété des huiles, qu^à la temi<VMare de 100*» elles sont loin d'avoir la siifnie densité , et que les différences sont .jême très-sensibles.
Loléomètre se compose d'une burette en ftr4)lanc faisant fonction de bain*marie; «(17 place un petit cylindre creux aussi en [er^laoc dans lequelle on introduit Thuile hssajer. On met ensuite Tappareil sur le feu.reau oe tarde pas à entrer en ébullition; j] chaleur se communiaue à Tbuile qui ne ytû prendre une température supérieure à W. Un petit aréomètre plonge dans le lii)oi(le et en indique la densité ; sa tige {»( partagée en parties égales ; il a 200 divi- Y.m ao-dessus de 0 et 25 au-dessous ; enfin, 11 petit thermomètre indique quand Thuile otàlOO-.
Comme nous Tavons dit plus haut»
iLaurot a reconnu que toutes les huiles i«ut pas la môme densité à 100^, et que les 'ifreoces sont très-sensibles sur la tige de
TAmètre.
iWavec rhuile de colza Toléomètre s'a^ ibk 00"
— de lin — 210* d*o»liette — 12lk«
— de chènevis — 136*
— de poisson — 83*
M. Laarot a construit des tables sur les- ^(Kiies sont indiqués les degrés que doit marquer l'oléomètre quand il y a 5, 10 ou ISp. 100 d*huile de poisson, ou d'une au- K iDélang;ée avec Thuile de colza.
L'oléomètre plongé dans Tacide oléique «Vréie à 25* au-dessous de 0 ; il s'y enf'flce donc plus que dans l'huile de colza ; Hr coDséauent, en mettant de Tacide oléi- •(Uedans ae l'buile de colza, on pourrait y i'iiroduire d'autres huiles plus communes et l'ius denses, donnant un mélange dans lequel Toléomeire s'arrêterait à O». M. Girardin «reconnu qu*a?ec l'acide oléique on pourrit frauder l'huile de colza de 39 à 40 MM d'huile de lin ou d'œillette; mais on ^connaît facilement l'acide oléique aux wradères suivants : !• son odeur; 2* avec I" papier de tournesol bleu qui se trouve ''^'JS»; ^ enfin nu moyen de l'alcool qui •J'f^oul l'acide oléique.
^insi donc, pour essayer une huile de fAlia, on s'assurera d'abord qu'elle ne con- '"^iit pa.^ d'acide oléique, puis on opérera ^"inme noosTavons dit précédemment.
rour d(j plus amples détails nous renver- ^'tis aux Mimoins (U r Académie de Rouen, u ^ ^^^^^^^ un rapport remarquable de ^'•Girardin, sur l'instrument de M. Laurot, '\% suivant ce chimiste, est excellent pour J'»'conna!ire s'il y a mélange, mais qui n'iny^^ pas la nature des huiles qui se trou- '•ni mélangées avec l'huile de colza .
Avant M. Xaurot,.M. Herdenreci avait indiqué le moyen suivant pour reconnaître si les huiles étaient falsinées : 1* on met environ 1 gramme d'huile dans une petite capsule de porcelaine et on chauffe à la lampe à alcool ; J'odeur qui se développe rappelle celle de la plante dont elle provient ; 2* dans un verre à pied on verse 12 à 15 gouttes d'acide sulfurique à 66% Avec les huiles de colza et de navette, il se forme peu à peu une auréole bleue verdfltre à une certaine distance de la eoutte d'acide, tandis aue vers le centre, la où la réaction est la plus intense, il s'élève quelques stries brunes. <- Avec les huiles de baleine et de morue» on commence à remarquer un mouvement particulier qui va du centre à la circonférence, et en même temps il se manifeste une coloration de plus en plus rouge. M. Penot, de Mulhouse» a répété les expériences de H. Herdenreck, et les résultats qu'il a obtenus sont à peu près identiques, ils se trouvent coosiçnés dans les Bulletins de la
Société industrielle de Mulhouse.
OPTICIEN {Art de T).— Voyez l'article sui-
vantOPTiQDB et les titres spéciaux des divers
objets d'optique. Nous nous bornerons ici &
mentionner les deux inventions suivantes.
Lunettes à diaphragme. — Ces lunettes
doivent servir à rendre la vue plus nette et
moins fatigante pour les presbytes, et à
Erolonger la vue aux personnes affectées de i cataracte.
Canne à lunette. — Invention de M. JeckeTt de Paris.— Cette canne a la forme d'un rotin. Le corps qui reçoit les verres est en cuivre verni; l objectif a dix-sept pouces et demi de foyer et un pouce d'ouverture ; l'oculaire a quatre lentilles ou verres, dont le foyer est réglé selon les convenances de chacun ; elles donnent ensemble six lignes de fover» qui, contenues trente-cinq fois dans dix-sept pouces et demi, foyer de l'objectif, rendent la lunette susceptible de grossir trente-cinq fois. On peut placer un verre noir devant l'oculaire ^uand on veut examiner le soleil. Le mécanisme de la lunette est semblable à celui des lunettes ordinaires ; elle n'est qu'à un seul tirage. La f»omme de la canne se visse sur l'objectif, et ui sert de couvercle; il y a un trou à la hauteur convenable pour passer un cordon, qui tourne autour d'un diaphragme placé dans l'intérieur et qui conserve ainsi le passage libre au rajron visuel. Un troisième nœud est un pas de vis qui reçoit le bout inférieur de la canne, lequel est en bois. Les verres peuvent facilement se démonter : on dévisse d'abord la pomme de la canne et on retire l'objectif; pour nettoyer les quatre autres verres de l'oculaire , on dévisse la canne au troisième nœud, puis le ressort dans lequel glisse le coulant et le chapeau, ensuite on retire le porte-verre des deux premiers oculaires. Cette canne convient aux per<^ sonnes qui habitent sur les côtes, pour observer un vaisseau on mer, ou aux olEiciers chargés de faire des reconnaissances militaires. ISociétéd' encouragement i juin 1816.)
OPT
DlCTlONNÂinB
OPT
OPTIQUE. -^ Ce mot, formé en grec du nom de Toeil (£>{»}* est consacré à la science qui inoccupé des lois de la vision, et par conséquent de la lumière qui en est I objet. On la divise en catoptrique pour les effets des rayons réfléchis par les miroirs, et en dioptrique pour les effets des rayons réfractés par les verres ou par les autres corps transparents. De ces deux moyens employés à la fois, on a donné aux télescopes à miroirs et aux chambres obscures le nom d'tiutrumtnti catadiop triques. On regarde encore (Comme appartenant à Toptique les lois de la perspective.
L'optique est une des branches les plus importantes des sciences physico-mathemailques; non-seulement elle sert à expliquer les lois naturelles de la vision, non-seulement elle recherche les propriétés de la lumière et expose la théorie ues couleurs, «Ile sert encore h rendre raison d'une grande <|uantité de phénomènes de la nature qui Irappent nos yeux, et surtout à nous faire connaître le^ erreurs et les illusions de la vue. Elle a permis de pousser bien loin l'investigation dans les s<;iences naturelles, et l'astronomie doit k son secours sbs plus belles découvertes,. D'un autre eôlé, l'optique présente des difficultés qui égalent son utilité. Ses principes généraux, ses lois fondamentales oe sont pas toujours assis avec cette certitude qu'on remarque en d*aures parties des sciences exactes. Ce n*est qu'à force d'expériences et par de savantes combinaisons de ces expériences entre elles ou*on peut espérer de parvenir à fonder 1 optique sur des bases solides. Les travaux de notre époque tendent à ce but; les résultats déjà obtenus en promettent de plus grands encote.
Les premières traces des connaissantes théoriques concernant les diverses branches de l'optique se trouvent dans l'école de Platon. On croit qu'Empédocle est le premier qui ait écrit systématiquement sur la lumière; cependant le plus ancien traité d'optiaue que nous possédions, mais sans doute défiguré, est celui qu'on attribue k Euclide. Ptolémée fit sur cette science un ouvrage plus étendu, dont YOpti^ue d'Albazen, astronome arabe du xi* siècle, n'est qu'un commentaire. VitelHon, géomètre polonais du xiii* siècle, et Ro^er Bacon publièrent des ouvrages sur l'optique; pourtant ce fut seulement vers le milieu du xvi* siècle qu*elle a commencé à former une véritable science. Maurolyco ouvrit la voie par son ouvrage, plein de remnraues intéressantes, intitulé : Theoremata de lumine et umbraad perspectivain radiorum incidentium (Venise, 1575, in-^"). J.-B. Porta, gentilhomme napolitain, prépara la découverte du mécanisme de la vision par son invention de la chambre obscure, à laquelle il compare l'œil dans son livre intitulé Magia naturalis (Naples, 1589, in-folio); mais il ne donna aucune suite à cette idée ingénieuse, et ce fut Kepler qui, dans son Astronomim pars optiBGf exposa le premier la théorie de la vi-
sion, au milieu d*une foule de recbercbei curieuses.
En 1637, la Dioptrique de Descartes vint cbanger la face de la science. Plusieurs savants s'occupèrent alors de la lumière : tou* tes les branches de l'optique reçurent de notables développemeuts, et les principaux instruments furent bientôt inventés ou perfectionnés. Jacques Gregory publia son Optica promota (Londres, 16iS3, in-V) que suivirent les Leçons d'optique de Barrow, en 1667, et le Traité de la lumière de Huyghens, en 1678. Newton pénétra plus profondément dans la science. Avant lui, on con^ naissait bien les principales propriétés d» la lumière, sa réflexibilité, sa réfrangibilité, etc. ; mais on était loin de se douter qu'il fût possible de la décomposer; la révélation de ce grand secret par Newton compléta toutes les théories et rendit raison de phénomènes jusqu'alors inexplicables. Son Optique avait paru en 1706. Pendant quelque temps, des géomètres célèbres marchèrent sur les traces de Newton, s'appliouant à développer et à soumettre au calcul les lois de la réfraction et de la réflexion de la lumière. En 1747, Euler, dans le but de remédier à la dispersion des couleurs pro* duite par la rétraction des verres de lunettes, chercha la loi de cette dispersion, et fut conduit à des résultats différents de ceux de Newton. A la discussion qui s'établit à ce sujet entre Ëuler et Dollond, on doit Tiuvenlion des verres achromatiques et l'un des
£lus beaux ouvrages d'Euler, sa Dioptrica. uns ce livre Euler ramène à des formules générales, et cependant très- simples, la théorie de l'aberration de réfrangibilité et de sphéricité. Depuis, Klu^el a exposé les théories d'Euler d'une manière abrégée dans VAnalytische Dioptrik (Leipz., 1*778).
Dans ces derniers temps, la science s'est encore enrichie d'une foule de belles expériences sur les propriétés de la lumière et de la découverte oe propriétés nouvelles, telles que celles de sa polarisation, la photographie, etc. En même temps, les instruments sont arrivés à leur plus haute perfection. — Voy. les Traités éCoptique de Smith, Priestley, La Caille, etc., le Traiti de la lumière de Sir J. Herschell» et V Histoire de r optique f de Priestley (1).
C'est sur l'optique que l'art du lunetier a fondé la théorie de la vision. Cet art est un des plus précieux pour l'humanité; c'est par le secours de cet art que des verres* taillés d'une certaine manière, soutiennent les vues faibles , étendent les vues courtes, rapprochent des yeux et leur rendent sensibles des objets qui étaient cachés dans leur extrême petitf^sse ou dans leur éloignement. Cet art, si utile pour nos besoins, sert encore à nos amusements, parles spectacles nouveaux qu'il nous procure. Il a aussi beaucoup ajouté aux eonnaissaoces de Tastronomie et do l'histoire naturelle; entin
(1) Extrait de VEieifctopédie det ^em du moniê-
OPT
DES INVENTIONS
OPT
100 inreoUôn, qui ne rerooute guère que
yi>n 1380» nous douoe une jouissance incûoaae aux anciens ; et les vieillards, les myopes et les presbytes, qui autrefois étaient Jans une triste privation de Tusage entier de leurs jeux, n'ont plus à se plaindre aujuardliui des torts de Page ou de la nature n^ers eux. — Voy. Lunettes, Télescope.
Passons maintenant à Texameu de quelques-uns des phénomènes optiques de Tatûi'>«pbère :
Transparence deCair. — « Quoique l'air soit 00 des milieux les plus transparents qui nous koieol connus, dit M. Martin, il absorbe une partie des rayons lumineux qui le traversent; ainsi lorsque la lune et le soleil passent }u méridien, leur lumière est éblouissante, tindis gu*on peut Gxer le soleil quand il est j l'borizon ; et cela tient uniquement à ce ((oe, dans le second cas, la lumière traverse u(i plus grand espace de l'atmosphère aue dans le premier. La transparence de 1 air Ttrie beaucoup, suivant une foule de circonstances ; elle est singulièrement accrue lorsque l'atmosphère est chargée de vapeur loueuse. Quand l'air occupe un grand vome, il réfléchit sur tout le rayon comme «1 verre coloré en bleu ; de là la couleur luvée du ciel. Ainsi quand en hiver le sotb est à l'horizon, les rayons bleus du speci^sout toujours réfléchis avant que la lucière arrive jusqu'à nous, et l'astre nous tarait rouge.
Cripuseute. — « Quand le soleil se couche, le ciel se teint dans l'horizon de couleurs rouges et jaunes ; dans l'orient on re- (Dar(jue une teinte rougeâtre qui atteint son maximum lorsque le soleil descend sous iborizon; lorsqu'il a disparu, on remarque dans Test un segment bleu foncé bordé d'une leinle rouge qui monte peu à peu vers le zénith, tandis que dans l'occident la teinte roQge est de plus en plus foncée. Quelques étoiles deviennent alors visibles, et l'on remarque à l'occident un segment de lueur blanchâtre que Brandes a désigné sous le <iom de lueur crépusculaire ; celle-ci s'éteint à son tour, et même les étoiles de sixième graofieur deviennent visibles : c'est la fin du crépuscule astronomique.
< Dans les pays chauds il n'y a pas de c^répuscule. En Dalmatie, il fait nuit une demi-heure après le coucher du soleil ; au Chili, au bout d'un quart-d'heure, et à l'équateurau bout de quelques minutes, suivant M. de Humboldt. Le crépuscule dure trèslongtemps dans les pays froids où la lumière M réûéchie par les parties aqueuses et gla- ^^s qui nagent dans l'atmosphère. Chacun ^it que dans un môme lieu les apparences »je Taurore et même du crépuscule varient •lune saison et même d'un iour à l'autre.
« Lorsque après le coucher du soleil le ''«lest couvert d'une teinte pourpre, on f*^»! prédire le beau temps pour le lende- |»ain; c'est le contraire lorsque la teinte est l'if^iidiâire et jaunâtre, surtout lorsque cette *^inio est assez vive pour que le soleil pa- '«'>5€ blauchâlre. »
Scintillation de$ ftoilet.^* Elle est beau* coup plus sensible dans les étoiles fixes qu^ dans les planètes ; on la remarque princtpa* lement lorsnu'elles s'inclinent suri horizon, et suivant kaemtz, lorsque des vents violents régnent dans les régions supérieures de l'atmosphère. Entre les tropiques cette scintillation est presque nulle ; suivant Humboldt, elle paraît due à ce que la densité des couches atmosphériques varie à .chaque Instant, ce qui fait varier en même temps la réfraction des rayons stellaires. Les olian« gements dans Tintensité et la couleur de ces rayons sont dus , comme M. Arago l'a • prouvé, à des phénomènes d'interférences.-^ Yoti. Scintillation.
Miraget. — « Quand l'air est calme, des objets éloignés, examinés à l'aide d'un rtflescope^ paraissent osciller; s'ils sont petits, ils paraissent doubles, triples et môme qua« druples. Le même phénomène se produit dans les couches écnauffées par un terrain sablonneux; des hommes, des arbres ria* raissent se réfléchir dans une onde paisible : telles sont les illusions du mirage qui tourmentent les voyageurs altérés dans les déserts de rAfriaûe. Si la terre est plus froide que l'atmosphère, les objets paraissent élevés au-dessus de leur position , c'est ainsi que Scoresby et d'autres ont observé que les côtes paraissent souvent élevées dans le nord au-dessus de leur position.
De$ halos en g^/ra/.— «Lorsquela lumière provenant d'un astre auelconaue est réfléchie par des particules d eau et ae glace, il en résulte des halos; ceux-ci se distinguent, suivant leur grandeur et leurs causes , en couronnes et en halos proprement dits. Les couronnes se montrent lorsque des nua-
f;es légers ou des brouillards passent devant e solejU Elles sont plus faciles à apercevoir autour de la lune qu'autour du soleil dont la lumière éblouit le spectateur.
cLorsoue le soleil est près de l'horizon et que l'omore de l'observateur tombe sur de 1 herbe, sur un champ de blé, on remarque autour de l'ombre une lumière particulière fort vive, surtout dans le voisinage de la tête. Ce phénomène est commun dans les mers polaires. Un observateur placé dans la hune du mAt de misaine voit souvent quatre ou cinq cercles dessinés sur la brume.
BaloSf Parhélies et Cercles parhUîques. — « Ils n'existent que lorsque l'air est rempli de particules glacées. On remarque d'abord un grand cercle vertical dont le soleil est le centre. Ce cercle, appelé halo, est coupé par un autre cercle horizontal cfui passe par le centre du premier; au point d'intersection des deux cercles sont des surfaces régulières lumineuses appelées parhélies. Ce cercle horizontal est toujours blanc. Souvent ou observe plusieurs parhélies sur ce cercle
E lacées à des distances variables du halo lanc ; puis des portions de cercles tangentes à la partie supérieure du halo, et entin des cercles circumgénitaux colorés.
>lrc-eii-cte/. — c Le phénomène de ce iiuin a lieu lorsque les rayons du soleil à Tbo-
OBG
fUCTUMIICAlRB
ne
rfzoQ Tiennent frapper sur des gouttes ùe pluieJ'lI se compose ordinairement de deux arcs : Tun, extérieur, est formé du haut en t>as des couleurs suivantes : violei , indiçoi bleu , vert ^ jaune t orangé^ rouge; dans 1 arc intérieur qui est moins visible, les couleurs se suivent dans un ordre inverse. Le centre de Taro-en-ciel est toujours placé sur Ja ligne qui passe par le centre du soleil et Tœil de l'observateur. »
ORFEVRERIE.Foy. Buoctibb-orf&ybb.
ORGUE DE BARBARIE, d'allemaghb, ou Oroub a cylindre. — Instrument mécanique * conçu exactement sur le principe de Torsue ordinaire, mais dans lequel une manivelle, iqui met le souiQet en mouvement, fait en même lemps tourner un cylindre sur lequel sont placés des crans qui remplacent les doigts de l'exécutant et lont lever une bascule qui permet à Taîr de s'introduire dans les tu vaux ; les points extrêmes de l'axe du cylindre étant mobiles, on peut y noter diffi^renls airs qui se produisent en raison du lieu où le cylindre est momentanément fixé. On en a quelquefois construit d'une assez considérable dimension; mais les plus répandus sont précisément les plus petits, dont on se sert pour appreudre des airs aux oiseaux et que, pour cette raison, l'on appelle serinetteê et merlineê. — On nomme tonoiechnie l'art de noter les cylindres, c'està-dire d'y implanter régulièrement les crans qui doivent mettre les tuyaux en résonnance (1).
^ ORGUE EXPRESSIF. — En 1829, M. Erard s'occupait d'un nouvel orgue pour la chapelle des Tuileries. Indépendamment des ressources et des perfeclionnements que présentait celui de 1827, il y avait introdfuit un jeu d'ancheê libret (Foy. l'article Orgues), rendu expressif par le seul enfoncement des touches. L'exécution de ce jeu fut conQée à un nommé Cosyn, qui avait travaillé chez Grénié à £aire des essais, et avait construit les {Premiers instruments. Ce fut lui qui tit aussi les trois jeux expressifs de l'orgue de Beauvais. — L'orgue qu'Erard faisait poser en 1830 fut brisé dans les journées de Juil* let, et les débris en furent dispersés. Ce-
Sendant le jeu expressif fut sauvé, et [. Pierre Erard, neveu de Sébastien, l'a conservé dans ses ateliers; mais jusqu'à présent cette invention n'a eu aucune suite.
Malgré ces tentatives , l'orgue expressif serait resté presque ignoré si une cause bien minime n'était venue lui procurer une gi*ande popularité. En 1829, un sieur Pinsonnât se fit breveter pour la découverte d'un nouveau diapason nommé typotone.
Ce n'était qu'une languette de métal fixée sur une petite plaque de nacre ou d'argent que l'on plaçait entre les dents, et que Ton mettait en vibration au moyen du souffle de la bouche (2). Ce petit instrument donna
(1) ExirAii âtV Encyclopédie des gen$ du monde, (i) Ost ce que, bien avant 18i9, ilatis no$ écoles, nous appelions guitHènrde.
l'idée de réunir plusieurs de ces languettes sur une même plaque et d'en faire un jouet d'enfant ; puis on augmenta successivemeat le nombre des languettes et les dimensions de l'instrument au point de ne pouvoir plus le jouer à la boucne. Alors on en fiia les lames à un petit soufflet qu'on faisait agir entre les mains, pendant que les doigts, appuyant sur un clavier de quelques touches, donnaient issue à l'air comprimé, ce qui mettait les lames en vibration. Cet instrument ou plutôt ce joujou, que l'on nomma accordéon^ eut une vogue prodigieuse, et, tout indigne qu'il était, il osa pénétrer jusque dans le sanctuaire, où le mauvais goût souffrit qu'il mélAt sa voix aigre à la majesté des chants divins.
Mais bientôt l'accordéon, lui-môme prit des proportions si étendues, que l'on ne pouvait plus le tenir entre les mains, ni eu faire agir les touches devenues trop nombreuses, et l'on f)rit le parti d'en faire un instrument à clavier régulier et h soufflets séparés mis en jeu par les pieds. — Les premières de ces orgues, qui avaient beaucoup d'analogie avec les anciennes régales, n'avaient que trois octaves; mais on ne tarda pas a leur en donner jusqu'à sept. Fourneaux en fit à deux claviers, dont Tan sonnait le seize pieds et l'autre le huit pieds. (Foy. l'article Orgues.) On plaça dans les andbes des tables d'harmonie qui donnèrent aux sons de la rondeur et de la force. Enfin H. Debain en fit à quatre registres différents par leur accord et par leur qualité de sons. Comme le prix peu élevé de ces orgues les rendit biemôt populaires, et que leur vente produisit des bénéfices coii* sidérables, beaucoup de personnes se mirent à en fabriquer, et l'on en vit paraître une quantité considérable sous les noms dVo/ine, élodicon, harmonica ^^ orgue expressiff poikilorguSf harmonium ^ aérophon, etc., quoique au fond ce fût toujours le môme instrument, lesquels eurent une grande vogue, la vogue de la nouveauté; mais ils oeia justifiaient aucunement, attendu qu'ils n'avaient rien de cette solidité de rorgue à tuyaux, de cette puissance et de cette suavité de sons qui le distinguent.
L'empirisme et la routine seuls avaient guidé les facteurs qui s'étaient occupés de cet objet , l'art n'avait pas dit son dernier mot. — Il s'agissait avant tout de découvrir les lois acoustiques et physiques qui régissaient ces lames vibrantes, afin que, procédant avec symétrie, on en pût analyser les ressources, faire en sorte d'éviter le tinobre maigre et nasillard qui leur est particulier, et donner au contraire plus d ampleur et de vigueur aux sons qu'elles produisent. Afm cJo leur ôter leur timbre métallique, on avait bien essayé de renfermer ces lames dans des caisses hermétiquement closes, mais on ne fit rien encore de nouveau , car •les sons qu'on obtint, assez mélodieux u est vrai, avaient ce désavantage capital* d*élre d'une faiblesse extrême.
Le découragement s'était eoapraré des fao-
ORG
DES INVENTIONS
ORG
itûr% et on était menacé de perdre le fruit (iê taot d'efforts et de ne pouvoir réaliser la Mie pensée qui les avait animés , lorsque M. Sleln, facteur d'orgues à tuyaux , bien mntï par les importants travaux qu*i1 exémU ed ce genre , flt connaître à cette époque UD nouveau mo^en d'appliquer cotte [}ine métaltiquey et vint enrichir la science de ses belles observations sur la forme la ]h$ convenable qu'on devait donner à Tan^ ciieetsur les matières les meilleures à em* fJorer pour leur fabrication. Le nouveau isoyen que proposait M. Stain consistait en m série de cases sonores ou caisses vides, $v lesquelles il adaptait les anches et dont il était parvenu à construire le diapason eiM(, après des recherches sans nombre et 80 travail opiniâtre et soutenu. Ces cases sOûores, qui yibraieni à l'unisson de la lame métallique, faisaient l'ofBce de tuyaux or* dioiires en coûtant bien moins cher et sang prendre autant d'espace, enveloppaient le m, Taugmentaient considérablement et lui (toient 1 Acreté que l'on avait jusqu'alors supposée inérilaole. Muni de cette belle itooration , par laquelle il produisait des m d'une puissance* égale à celle des ttrtQi et dont la qualité ne le cédait pas )«s derniers , M. Stein établit un nouveau «3^6 d'orgues expreêêweê qu'il disposa de ^M sorte que, par un mécanisme d'une fiiplicité exemplaire et par là d'une grande «)'idité, ces instruments pouvaient être livrés à un prix peu élevé.
Noos allons donner en peu de mots l'explicitioQ de ces sortes d'instruments eu OAos basant sur celui de M. Stein, qui mé* rite à tous égards la seule mention que nous poissions donner. Un souiDet est disposé soos Tinstroment de manière qu'en pressant <its pieds deux planches de bois ou patins» ce soofilet s'enfle et va exprimer son vent <laBs une caisse dite chambre à vmi. Là , au moyen de registres placés au-dessus du cla* ^ier, Torganiste peut faire entrer le vent <iiQS tel on tel jeu. Le clavier ayant pour fonction de soulever les soupapes placées au-dessus des anches, c'est-à-dire des lames, permet à l'air contenu sous le jeu de s'échapper en glissant entre les lames dont les ^upapes sont ouvertes, et de cette manière rfe les foire vibrer.
H existe t nous l'avons dit, dans l'instruuteot de M. Stein une amélioration heureuse pour la qualité des sons, celle des cases fo«- *^e$. Ce sont des espèces de caisses for» ^ par l'assemblage de feuillets minces en ^s do tilleul 9 lesquelles, ayant une capa^ ^ raisonnée, vibrent à l'unisson de la lame <|tt'elles supportent ; chaque lame a sa case P^pre et la forme intérieure de ces cases, ordioairemenl parallélipipédique, Tarie co^ P^Ddant avec les dimeusioos, selon le timbre te ehaque jeu.
On ne comprend pas comment, jusqu'à [loyeotion de ces cases par M. Stein, c'est- ^ire jusqu'en 18V7» on n'ait pas eu l'idée ^ ce penectioanement. Le motif, nous le
croyons, est que malheureusement la fao* ture d'orgues n'avait pas encore compté de constructeurs acousticiens.
On s'étonnera peut-être de voir ntre prédilection pour les deux facteurs Slei;i et son 61s; mais nous ne faisons ici que leur rendre justice. Puissent ces témoignaees que nous donnons à leur talent les consoler au milieu des déboires qu'ils doivent éprou* ver dans le cours de leur carrière et de leur profession I
ORGDES. — L'orgue est le plus grand, le plus harmonieux et le plus puissant des instruments de musique. Il forme h lui seul un orchestre parla variété des sons qu'il produit, et par la diversité des instruments qu'il imite; il réunit le jeu tendre de la flûte, le cri perçant du fifre, les sons champêtres des mu* settes, des hautbois, des clarinettes, des bassons; le bruit éclatant des clairons et des trompettes ; il rend les effets de Técho et semble même emprunter les accents des voix humaines. C'est pourquoi il a conservé le nom d'orgue, qu'on donnait autrefois à toutes sortes d^nstruments , c'est-à-dire Vinslrument par excellence. Par sa nature , par son mécanisme , par ses inépuisables ressources, il semt>le tout à fait^digne de l'usage auquel on l'a spécialement destiné , savoir, de présider aux réunions dans lesquelles on invoaue la Divinité, soit qu'il unisse ses grandes voix aux prières des fidèles, soit qu'il alterne avec elles, entretenant sans cesse dans tous les cœurs les sentiments de ferveur et de reconnaissance.
L'invention des orgues est aussi ancienne que le mécanisme en est ingénieux. Les voyageurs rapportent que les Chinois ont eu, longtemps avant les autres, une sorte d'orgue , mais assez petit pour qu'on pût le porter dans la main.
H La facture d'orgues à tuvaux , de même que tous les arts, n'a dû se développer qu'avec les autres connaissances humaines» et de plus, subir toutes les influences des progrès et des perfectionnements de presque toutes les sciences, physiques, mécaniaues et métallur^ques, et particulièrement ae la science musicale. Aussi, si l'on se reporte à cette époque que signale la naissance du Christ, verra-t-on l'orgue dans l'enfance la plus complète.
Inventé par Ctésibius , mathématicien d'Alexandrie, environ 150 ans avant l'ère chrétienne, on ne connaissait cet instrument
Sue sous le nom d'hydraule^ (Z^fi t eau, et e «OXôc, flûte), c'est-a-dire de machine hydraulique; attendu que vers ce temps on ne se servait pas de soufllets pour alimenter les tuyaux. Une chute d'eau, convenablement employée, chassait vivement Tair dans les conduits, et la touche servait à donner passage à cet air qui devait faire vi^ brer le tuyau qui lui était afférent. On con»
Soit combien ce mode d'alimentation devait tre inégal, et combien l'accord des sons devait en souffrir ; néanmoins les hommages de nos plus illustres écrivains profanes
emir
DICTIOMMAIAÊ
ORG
et sacrés D^ont pss manqué à cet instrumf^nty et il fut maintes fois célébré en prose et en vers.
TertuUien et Claudieo sont les deux plus grands admirateurs de Thydraule, ils eu parlent dans les termes les plus éloquents. Saint Jean Chrysostome nous le fait également connaître comme une merveille sans égale. Quoi qu'il en soit, toujours est-il que i*nydroule fut une des plus belles inTentions de son époque. Cette conception fut le premier pas dans celle du magnifique instrument qui nous occupe, et si Tempereur romain Néron n*a fait que ce seul bien, celui d'avoir retrouvé l'hydraule, sachons-lui en gré. Tout le monde connaît Tanecdote racontée par Suétone, que ce prince, s'occupant plus des choses futiles que de celles ayant rapport à la bonne administration de Tempire, avait su reconstruire entièrement Torgue hydraulique et retrouver les idées de Ctésibius et de Hiéron, et que, quoique attaqué ()ar Vindex et Galba révoltés, il n en continuait pas moins ce travail, puisque, pendant le plus fort du danger et au moment où il avait le plus besoin de Tappui du sénat, au lieu d*en solliciter de prompts secours, il passa la plus grande partie de son temps à leur expliquer le mécanisme de cet instrument et à le leur faire entendre, leur promettant d*en jouer souvent au tbéAtre, pourvu que Vindex lui en laissât le loisir.
Dès cette époque, Thydraule servit i une foule d'emplois. Dans les cirques, il réglait les combats des gladiateurs et des athlètes ; dans les théâtres, il intervenait surtout pour
f;uider les exercices des pantomimes ; dans es palais, il présidait à tous les festins et à toutes les fêles. Bientôt l'emploi de Thydraule s'étendit ponsidérablement, et au iv* siècle, on le rencontrait en Italie, dans les Gaules, partout enfin où Rome avait porté son luxe et ses plaisirs.
Théodoret, saint Augustin, saint Hilaire, saint Ambroise, Cassiodore, etc., ont connu l'hydraule, et nous apprennent que de leur temps l'usage profane que l'on faisait de cet instrument était cause que jusqu'alors on ne Pavait pas employé dans les basiliques chrétiennes; aussi ne voyons -nous son usage définitivement consacré qu'en 660, alors qu'un bref du Pape Vitalien vint en ordonner l'adoption générale. De ce moment date véritablement l'ère de l'orgue ; car ce n'est guère que de ce temps que nous le voyons grandir et prospérer pour venir, à travers quinze siècles, atteindre les hautes limites de perfection auxquelles il est arrivé de nos jours.
Quoique» suivant une ancienne tradition adoptée par plusieurs historiens, il semble avéré que le premier orgue qui parut en France fut celui qu'envoya Constantin Y, Copronyme, à Pépin le Bref, vers 757, et qui fut placé dans l'église de Saint-Corneille à Compiègne , cependant des documents très -authentiques nous apprennent qu'il était d^jà connu avant ce temps; car Clovis,
qui| comme on le SMt, aimait fort la musique, reçut.en gage d'alliance, deTnéodoric, roi des Ostrogoths, un orgue et un chanteur nommé Acorede, lesquels faisaient le ravine» ment de la cour de ce prince. Il ne reste Aucun moven de se convaincre dû système de ces deux instruments ; mais par analogie il est à croire que c'étaient des orgues hydrauliques.
Lorgue pneumatique était cependant connu, car on en trouve une description dans une épi^ramme de Julien l'Apostat; et saint Augustin, dont les expressions ne laissent aucune équivoque, dit l'avoir également vu ; mais soit que l'hydraule valût mieux, ou soit que dans ce temps-lk, comme aujourd'hui, les innovations n'eussent pas te mérite de plaire, toujours est-il que Vbydraule disparut sinon entièrement* car on en trouvait encore des traces en Italie an XVII' siècle (l'hydraule qui existait dans la célèbre grotte de Ferrare et qui s'alimentait naturellement, conception du fameux cava« lier Bernin, en eslune preuve), du moins il ne s'employa plus au xii* siècle, et l'orgue pneumatique conserva seul les privilèges attachés à l'orgue et à ses fonctions. Il résulte encore de Tépigramme de l'empereur Julien et de la description de l'orgue par Vitruve, que la première idée du système des orgues pneumatiques, c'est-è-dire de l'alimentation de vent par condensation, se composait d'une ou plusieurs outres que l'on remplissait d*air à l'aide du souffle. Les soufilets, quoique encore bien imparfaits, ne tardèrent pas à être appliqués eependant, et Tobélisque de Théoclose, à Constantinople, érigé après la mort de ce prince, présente sur l'une de ses faces un orgue à soufflets, de la forme des pistons de nos soufilets actuels, (|ue deux personnages pressent de leur poids : on aperçoit un conduit qui amène le vent puise par ce soufflet dans le système de Torgue.
Maintenant que nous avons suffisamment établi les commencements de l'orgue, du moins autant qu'il est possible de le faire dans cet article , nous allons suivre, sans iious écarter, la suite chronologique des faits qui s'y rapportent.
Ce ne fut qu'en 811, sous le règne de Charlemagne, que l'on commença à construire des orgues en France. Ce prince, en ayant reçu deux en présent de Tempereur foyzan* tin Nicéphore, et en ayant été charme, o^ donna à ses ouvriers dVn construire de semblables et de les imiter en tous points. Jusque-là, l'art de construire des orgues était resté du domaine de l'Orient ; mais l'initiative de Charlemaçne produisit ses fruits, et l'Occident rivalisa dès lors avec avantage et resta bientôt sans égal.
En ^2, Louis le Débonnaire fit venir de Veniseiun moine nommé Georges, méeanî* cien habile, et le chargea de lui construire un orgue pour l'église de son palais d'Ail* la-Chapelie. Cet instrument « au dire da Walafrid Strabon, avait une mélodie si ravit*
ORG
DES ir«?eNT10!<S.
OftG
'ODtet < qu*ane fecDme en perdit la vie dans les traosports qa*il lui causa. » Sans suivre ^isà pas toutes les constructions d*orgues, cous citerons seulement comme remaraua- À l'orgue que St construire Elphége, évêipie de Winchester, en 951, lequel se cornr<asiitde 40 touches» de 400 tujraux et de S soufflets. Il fallait deux organistes pour If joaer et 70 nommes robustes pour faire fjoeiioDner les soufflets. Les touches de cet uiiirument avaient 5 pieds 6 pouces de long, 'i 6 pouces de large. On était obligé, pour if ^ouer, de frapper les touches avec le poing cideles enfoncer avec le pied.
Ainsi qu'on peut le remarquer, il y avait dc]i du progrès à cette époque, et l'orgue K^meoçait à devenir cet instrument à pat*t i]ue nous connaissons tous par Timposante !u]esté de ses formes, et par le sublime eulié de ses chants. Cependant, au lieu d*ac* çBtrir de nouvelles perfections, car on pournii s'attendre que dès lors il doive aug- .^lier eo ressources et en combinaisons, ..^(Bblerait, au contraire, que Torgue ait iflfenéré, et Ton est tout étonné, en consulyt \ts documents postérieurs aux temps «!j/)us en sommes restés, que, de monu- ■i^ro/^ie redevint f'oue^ pour ainsi dire; uih XI* au XVI* siècle, on ne connaissait fUde ]*orgue quo les nimphali^ les tor^ 1^ et les rigabellumf noms divers qui ifTvent à désigner cet instrument, selon isploi que Ton en faisait, ou selon la Mité de tuyaux (iu*il possédait. — Les uxjibaii surtout étaient aun usage admis ^r les processions ; ils consistaient en iiHr forme de boite que le clerc portait sur il) bras, tandis qu'avec la main de l'autre ^5 il louchait le clavier : une seconde peritone suivait de près et avait pour fonction ^ faire agir ie soufflet qui se trouvait par Mère cet instrument, ou bien encore le «rc lui-même soufflait avec la main qui lui estait libre. La forme de ces soufflets res* MDblait assez à celle de ceux dont on se Ht pour le feu de nos cheminées. En Aileugne cependant, même au xiv* siècle, la Kture de l'orjgue était très-avancée. Déjà on commençait à construire des 16 pieds et «s 32pifd«, ce qui doit faire supposer que *' systèiBH de la soufflerie était déjà amendé. — Voy. plus bas la définition de ces lots.
Cène iatgu'eu 1570 que le facteur allemand ^D Lobsinger, de Nuremberg, inventa » soufflets à éclisses employés encore au- )urd*bai avec bien des periectionnements. imi lui, les soufflets de l'orgue avaient Nque analogie avec ceux dont se servent ^forgerons. Ils n'étaient point chargés de «ids f)our régler la force au vent, mais on ^tachait un woi de bois à Textrémité su- ^eare de la table, le souffleur se tenant fmm^ suspendu à une perche horizontale , ii^iUot un pied dans le sabot d*un soufflet ;| l'autre pied dans le sabot du soufflet voi- ^% et portant tantôt le poids de son corps * «Mte, tantôt à gauche, il faisait baisser
un soufflet tandis que l'autre remontait. On conçoit combien cette manœuvre devait être fatigante et inégale et subordonnée à la lourdeur du souffleur; aussi est-il difflcile de comprendre comment dépareilles orgue»
pouvaient être accordées et même rester d'accord. L'inno ration de Jean Lobsinger ouvrit une nouvelte voie aux progrès de l'orgue, et désormais ou put l'augmenter en combinaisons. Le système entier s'en ressentit complètement ; le venC put alors être régularisé, le nouveau mécanismeêtre mieux entendu que l'ancien.
L'une des premières grandes orgues qui fut établie selon le système des soufflets h éôlisses, fut l'orgue de l'église Sainte-Marie- Madeleine à Breslau, lequel, composé de dft jeux, trois claviers et pédales, fut achevé en 15%. Il sV trouvait 114 tuyaux en étain, 1567 en meul et 53 en bois, en tout 1734^ tuyaux. On y distinguait, entre Mitres jeux,un principal de 16 pieds et iMi do 8 piedSr un quinicUonbas$e de 16 pieds, un êouboise de Si pieds, un $ardinetêoa9iê et un posaun^ basse de 16 pieds. Ce fut pour cet orgue que Esaï Compenius inventa la flûte double.
Il faut donc reconnaître qu'au xvi* siècle, le plan de l'orgue était déGnitivement arrêté, et que depuis, s'il a regu d'immenses^ accroissements, ils ne consistent que dan» la partie mécanique et dans ses détails : mais les divers usages qu'on en a faits, les sentiments des nations qui l'ont construit, les différences de cultes et de religions ont exercé une influence toute particulière sur sa composition et ses effets harmoniques. On peut encore aujourd'hui remarquer la dissemblance qui existe entre les orgue» employées dans les églises catholiques et dans les temples protestants. — Dans celleslà, l'orgue possède éminemment un caractère de grandiose et de sublime reflet des grandeurs et de la beauté des cérémonies augustes auxquelles il est açpelé à prendre part ; tandis que dans ceuxHsi, on lui trouve ce caractère mesquin dérivant du peu de pompe des offices du calvinisme et des tristes emplois qu'il remplit : il n*y sert absolument que ae soutien dans l'exécution des chants dont la monotonie n'est rehaussée par aucun sentiment du vrai, ni de la foi.
En France, où les anciensrites de la liturgie catholique se sont conservés intacts, le grand orgue alterne avec le chant du chœur et des fidèles, et comme les offices se composent d'un grand nombre de prières, de cérémonies, de pratiques, dans lesquelles l'orgue est employé, il en résulte que la première condition pour le perfectionnement de nos orgues a été la variété des jeux et des ressources. Mais en Allemagne, où la réforme prédomine, et où l'orgue ne sert absolument qu'à accompagner de grandes mas* ses de voix, le seul but des facteurs de cette contrée est de fournir cet instrument de jeux de fonds particulièrement; aussi y re-^ marque-t-on rarement les jeux d'anches^ et j apergoit-on au contraire des plains jeux et
ORG
DICTIOiNNAIRË
ORG
5tt
dans cet ouvrage, il est bon que le lecteur connaisse, ou ait au moins quelques notions de sa construction.
L'orgue se compose essentiellement de trois choses : les tuyaux qui d(»nnent les sons, ih vent qui, produit par un soufflet, sert 4 faire vibrer ces tuyaux, et un mécanisme^ à Faide duquel I organiste, par son clavier, fait communiquer tds ou tels tuyaux avec le vent. On conçoit que ces principes, bases fondamentales de tout orgue, peuvent recevoir des dispositions particulières en raison des lieux et de la quantité de tuyaux que Torganiste doit mettre en fonction.
On appelle jetio; de fonds, tuyaux de fonds, ou jeux à bot^hef les tuyaux à embouchure de flûle, c'est-à-dire ceux qui, comme la Uûle, sont mis en vibration par le vent sortant d'une lumière que forme le pied du tuyau et qui vient se briser sur une lamelle appelée lèvre. On appelle jeurr d'anchesy ceux qui, comme certains instruments de Torchestre, le hautbois, la clarinette, etc., produisent leurs sons au moyen d'une languette ou lanie de métal suspendue d'un bout et dont Tautre bout est mis en vibration par le vent que conduit le pied du tuyau. On dislingue deux séries de tuyaux à bouche : les bouchés et les ouverts. Les tuyaux Douchés ont le son plus sourd et présentent cette uerticularité, qu'à longueur égale le tuyau Louché donne exactement l'octave plus bas que celle du tuyau ouvert. On désigne communément par bourdons tous les tuyaux bouchés.
La forme des tubes est exactement cylindrique, mais certains jeux* comme le dutciana et autres, pcésenXent un côui^ tponqué, le sommet en haut.
11 existe des jeux à bouche dits octaviants, tels sont la flûte octaviante, la flûte traverslère, l'octavin, etc., dont les tuyaux sont doubles de la longueur qu'ils devraient avoir s'ils étaient ordinaires, et un trou se trouve percé à moitié juste de leur longueur, de sorte que, lorsqu'on les fait parler, ils donnent d'abord un ton, puis passent immédiatement à l'octave supérieure. Certains autres jeux à bouche sont disposés pour donner leurs harmoniques; ainsi loquintaton donne d'abord un ton, et passe ensuite à la quinte; cette dernière condition se rem-
fiiit par reflet de Tinsufflation du vent dans e tuyau.
^ 11 existe deux sortes de jeux à anches, les îibres et les battantes. Les anches libres sont celles dont la languette accomplit toutes ses vibrations, et les batiaotes celles qui ne peuvent en accomplir que la moitié, attendu qu'elles se trouvent arrêtées à mi-course par I espèce de gouttière qui les suspend. Le son lies anches libres est doux, et celui des juches battantes est rauque et plus puissant. Les tubes pour les jeux d*anches sont de tormes différentes et varient de grandeur selon les espèces* Le tube est conique, le £<>uimet en bas. pour les clairon, trom-
pette, ennlione; en forme d'entonnoir pour le hautbois; d'entonnoir surmonté d*un cône tronqué pour le basson; d'un c6dp, le sommet en bas, surmonté d*un tube cylindrique, pour les jeux de voix humaiaes, cromorne, clarinette, etc. Le tube du cmmorne est ouvert entièrement en haut ; mais dans la voix humaine, on le ferme à moitié à peu près, è Taide d'une plaque de métal que l'on y soude.
Les longueurs de ces tubes varient selon je diapason du jeu et de son espèce.
Certains jeux sont de grosse taille : ainsi sont lesflûtes, les bourdons, les prestants,e(c. D'autres sont de menue-taille^ tels sont les solicionaly gambe, flûte harmonique, traversière, viola di gambo , etc. Ces deux termes sont un peu abstraits, mais on en comprendra la signification aisément, car cela veut dire que les jeux de gambe ou de solicionai sont plus petits de diamètre que la flûte ou que le prestant. La grosseur de taille influe beaucoup sur la qualité du son, et un jeu de grosse taille a le son bien plus intense que celui produit par un jeu de menue-taille, mais le timbre des jeux de ce dernier genre y gagne en richesse. Les jeux d*anches varient également d'intensité avec la grosseur des tubes. La pression du vent exerce aussi une grande influence sur la beauté du son des jeux : à certains, il faut un vent mou; à aautres, un vent plus rapide. Aussi les qualités d*un bon orgue dépendent-elles beaucoup de l'entendement et de l'arrangement des différents soufilels destinés à fournir des vents divers. Il est même à remarquer qu'il faudrait deux ou trois sortes de vents à un même jeu : ua vent mou pour les basses, un vent un peu plus fort pour le médium, et un vent rapide pour les dessus; et l'on n*aura pas atteint les dernières limites des modifications, si Ton ne parvient pas h obtenir ce résultat. Nous ferons connaître à l'article Orgues électromagnétiques comment il a été obtenu.
L'expression gravité est consacrée pour désigner la tonalité ; ainsi loo entend par 32 pieds, 16 pieds, 8 pieds, k pieds, 2 pieds, 1 pied, des jeux dont le premier «< de la basse a 32 pieds, 16 pieds, 8 pieds, etc., de longueur, ou plutôt dont le plus grand tuyau, celui de Vut de la basse, accomplit 32 vibrations pèr seconde pour un jeu de 32 pieds, &$> pour un 'jeu de 1.6 pieds, 128 pour un jeu de 8 pieds , 2S6 pour uu jeu de k pieds, 512 pour un jeu de % pieds, etc. Les noms de 32 pieds, 16 pieds, 8 pieds servent aussi à désigner un orgue ; ainsi Ton dit, c'est un ^ pieds • d'un orgue daos lequel il existe un jeu de cette gravité; oq dit que c'est un petit 16 pieds , d'un orgue qui possède au moins un bourdon de 16 pieds ; que c'est un petit 8 pieds , quand il n'y a qu'un bourdon de 8 pieds; qu'enfin c'est un grand 8 pieds , quand on trouve dans un orgue une flûte de 8 pieds, uq bourdon de 8 pieds et une trompette.
Les matières employées à la coufectioa
ORC
DES LNVEMTlOiNS.
ORG
(H tuyaux sont Tétai o, Vétofft (plomb et ftaiu rîiélaogés) et le bois. Cointiie il faut> auot tout, pour qu*un tuyau soit bon^ que lé tube ne ?ibre pas , Tétain étant un métal très-iounl et tres-malléable, on l'emploie ).r^fêrableiDeot à tout autre» en ce qu'il iTiD|)lit è peu près toutes les conditions nuliies. Cependant, quand les tuyaux doivent être gros* et lorsque Ton pourrait rraiodre, qu'étant fabriqués en élain , ils Dtr présentent pas toutes les garanties de «'ilidilé, on les construit en bois, i;e qui b.t peu d'économie, mais ce qui vaut tout luUul.
Qoelques facteurs font leurs tuyaux très- Dinces, cest-^-dire avec des parois trop keres. Nous nous bAtons de conseiller aux i4U*ques des églises de se prémunir contre rt; abus , en ce que des tuyaux de cette irriene peuvent ni donner de beaux sons, K conserver leur accord. En s*adre$sant à ^fs luaisons de confiance , on n'a pas à rnioJre cette duperie, et il y ut beaucoup itfui payer un peu plus cher un orgue . Ofc^truit par un artiste de réputation, que k &e laisser séduire par un bon marché ksuire; car>en Qn de compte, un instrum défectueux coûte toujours très-cher jvies fréquentes réparations qu'il exige et «chaugemeuts continuels qu'il faut y
Toutes ces notions étant données, il nous i^ie àdire un mot du mécanisme de Tor-
il serait difficile, à moins de composer un rurrage spécialement consacré à ce travail, 6iposer tous les moyens que Ton peut Knployer pour mécaniser les différentes pièces de cet instrument : comme cela est fiactemeut du ressort de la science qui traite cette partie , nous passerons ce sujet yous silence pour ne nous occuper que du but de chaque fonction. Nous avons dit qa avant tout il est nécessaire qu'un mécabisffle soit adapté entre le clavier et les tojaui, pour que les mouvements imprimés >ux toacnes par les doigts de l'org/inisle se t^mmuniquenl à ces tuyaux et les fassent tisonner. Pour cela, on concevra que le vent «livojé (Kir les soufflets vient eh masse se i^fugier dans une caisse appelée sommier ^ suf lequel reposent les jeux. Chaque tourbe, eo s'enfooçaut au moyen d'un tirage ^ûMi les dispositions sont plus ou moins ("impliquées , fait baisser une soupape qui iJt est propre, et le vent, ayant libre accès NM'ouverture de cette soupape, s'engouf- II)! dans le conduit sur lequel les tuyaux <iune même note sont fixés, et conséquemîûew fait parler ces tuyaux. Pour n avoir in'iio seul ou plusieurs jeux qui parlent, '^«s rtgiêtnt sont placés de chaque côté du ^^^ier, et l'organiste, en les tirant, permet Jljïeces jeux reçoivent l'influence du vent. ^iuaud le registre d'un jeu est repoussé, les ^odoits de vent de chaque tuyau sont ob- ^és et ce jeu reste muet. Ces dispositions douent ce que l*on appelle les ressources
de roi*gue; et pour augmenter ces ressources, un seul jeu a quelquefois deux registres au lieu d'un seul; I un de ces registre» ouvre les basses , et l'autre ouvre les dessus.
Pour augmenter les ressources et la variété d'un orgue, il est une foule d'autres combinaisons, et pour ne pas être prolixe, nous énumérerons les principales seulement. On divise'ordinai rement un grand orgueen trois, quatre et même cinqcorps sépares : \egrand orgue, le récit, le positifs les pédales et le cla" vierde bombarde. Le grand orgue est le principe de tout instrument de ce genre, et, à mesure que l'on veut augmenter l'orgue, on lui adjoint, outre un plus grand nombre de jeux, le second corps désigné par le nom de récit, puis le positif, puis les pédales séparées , puis le clavier de bombarde. Chacun de ces cor[)S de l'orgue doit posséder une essence de jeux dont la majeure partie ne doit pas se ressembler. Les jeux qui composent le grand orgue doivent être surtout de grosse taille, sonores et puissants; ceux du positif plus sourds et plus fournis de jeux de fonds; ceux du récit plus fins et plus délicats, d'un caractère suave et doux. Quant aux pédales séparées et au clavier de bombarde, on n'y place que des jeux graves et majestueux. L'étendue des jeux des pédales est au plus de deux octaves et demie et au moins d'une octave. Le grand orgue, le récit, le positif, le clavier de bombarde , se touchent a la main ; ils ont tous au moins 5<^ notes (k octaves l/!2)d'étendue, si ce n'est le récit qui fait exception et qui ne possède souvent que 42 notes (3 octaves l/2)auplus, et 37 notes au moins, attendu que ce corps de l'instrument est spécialement destiné à exécuter des chants que l'on accompagne sur le positif. H est cependant des orgues gigantesques où le récit possède ces. k octaves 1/2 d'étendue. Les pédales se jouent aux pieds, sur un clavier nommé de pédales, disposé pour cela.
Il est ordinaire que le grand or^ue possède une plus grande quantité de leuxque le positif, le positif que le récit. Quant au clavier de bombarde et h celui des pédales, leur nombre de jeux est ordinairement celui' du positif; mais il n'est pas rare, et surtout dans les orgties françaises , de voir peu de jeux aux pédales.
Le grand orgue est ordinairement ren* fermé dans le corps principal du buffet, et le récit est au-dessus ; les pédales séparées et les bombardes, de chaque côté ou derrière. Le positif est presque toujours disposé dans un petit buffet placé au milieu et en avant du buffet principal ; il sert à cacher l'organiste.
Une soufflerie bien entendue doit, autant
3ue possible, se trouvei sous Tordue ; mais est des cas où cela n'est pas possible , alors on la met derrière le buKet ou dans un lieu à part.
Parnri les autres combinaisons qui serveul à augmenter la variété de Torgue» on <loà(
DlCTIOlffiAIRE
ORG
citer principalement les pééUdet de eomiinai' $on$f dont les plus ordinaires sont celles dont la fonction est de tirer de suite les registres des jeai d'anches dans le grand orgue, et, dans le positif, d*accoupler les différents claviers ensemble, pour que d'un coup toute la force de l'instrument se trouve réunie à un seul clavier. D'autres pédales ont pour objet, soit de faire agir un tremblant^ c'est-* à -dire d'imprimer au vent et par là aux tuyaux, des secousses successives pour produire dans le son un petit tressaillement (le tremblant est ordinairement affecté au récit pour agir sur le jeu de voix humaine, et augmenter l'illusion que Ton en peut conce- Toir) ; d'exécuter un accouplement dans les octaves graves et aiguës aux différents claviers èi Ta main, et ainsi de doubler ou tripler la puissance de l'orgue, etc., etc.
Le récit, et cela est encore une acquisition de ces derniers temps, est placé ordinairement dans une caisse fermant bien , ayant sur l'un de ses côtés des sortes de jalousies, qu'au moyeu d'une pédale dite d'expression , l'organiste peut ouvrir plus -^ou moins, puis refermer ensuite, et de cette manière faire passer les sons par toutes les phases d'une gradation de force successive, et produire tous les effets d'écho, c'est-àdire, musicalement parlant, donner aux mélodies toutes les nuances de creêcendo et de dicreMcendo voulues.
On peut concevoir, par ces courtes explications, quel talent il rautà un facteur pour construire un bon instrument, et à combien d'études pratiques et théoriques il doit se touer pour l'acquérir. Aussi sommes-nous surpris qu*en face d*une pareille intolli- .gence, d'un travail pour leauel les auteurs ^nt fait tant de sacrifices, 1 histoire soit autant restée muette. Elle parle d'un peintre habile, d'un écrivain fécond, d'un scuip- 4eur célèbre, d'un architecte fameux, et elle se tait sur le facteur qui illustre toute une -époque. Serait-ce que le temps, ce grand rongeur {tempus coeur), qui clétruit plutôt cette (euvre colossale au il ne détériore un bas-relief, un palais, devrait effacer aussi de nos fastes jusqu'au souvenir de l'auteur qui a produit une aussi gigantesque conception ? Nous laissons A la chronique le soin de réparer cet oubli envers ces hommes de génie, heureux détenteurs de l'art dont nous parlons, et c'est un devoir bien doux pour Qous oue de leur témoigner ici notre gratitude» a ils n'ont que la joie de voir leurs travaux appréciés par quelques écrivains libres et impartiaux, nous nous hAtons de prendre date, car notre cœur est leur partage et notre plume leur est dévouée.
ORGUES ELECTRO- MAGNÉTIQUES. — Jusqu'à présent, ainsi que Ton a pu le remarquer, l'art de la facture des orgues n'avait employé pour mécaniser l'orgue que les moyens ordinaires du mécanisme. Qu'en résulte-t-il ? C'est que, malgré toute la précision possible, malgré l'observation rigoureuse clés lois de la statique, l'orgue ayant atteint des dimensions presque infinies.
le mécanisme s'est cotiipllqué de plus«n plus, et de cet accroissement il résulte, à côté d'immenses avantages, des dangers sans cesse renaissants et inévitables pour la conservation parfaite de l'orgue et la réfl;ularitédeses fonctions. Voyons les chefs-d'œuvre de cet art, les plus beaux monumeDls de cette science, et rien ne nous semblera parfait.
Les modulations nombreuses de la musique actuelle , la rapidité de leur exécution, exigent des claviers d'une douceur exquise et cTune promptitude extrême. Les claviers sont durs et rendent encore avec difiiculté. -^ D'un autre côté, la partie des sons, quoi* que ayant subi des améliorations sans nom* bre et atteint de hautes limites de perfection, n'est pas encore exempte de reproches et laisse beaucoup à désirer. Quelles en sont les causes T La difficulté insurmontable que l'on rencontre quand il s'agit de diriger plusieurs espèces de vents dans un même jeu ; car, de même qu'une note produite par une corde à vide sur un .violon, résonne avec plus d'ampleur que si la même note était rendue par l'effet du raccourcissement d'une corde par le doigt, de même le vent qui est propre à un cerlaio tuyau pour le faire vibrer et donner au soa de ce tuyau toute la qualité dont il est susceptible, sera tout à fait impropre à bien faire sonner un tuyau voisin, Los plus habiles facteurs et acousticieos n'ont pu se dissimuler ces dixers inconvénients, et l'invention de l'orgue électro-magnétique, qui vient détruire toutes ces difficultés, nous semble être une de ces régénérations qui signalent une époque, et qui seryira de cortège à notre siècle, aussi iiien que ces créations grandioses auxquelles il a déjà donné naissance.
Cette invention étant avant tout gardée en privilège par l'auteur (1), nous ne pouvons en donner qu'un aperçu succinct et en définir les résultats principaux. Il faut d'abord concevoir qu'à raide de ce moyen l'auteur évite tout fe mécanisme si compli* gué de l'orgue et, conséquemment, toutes les inégalités et mconvéuients qui en résultent. — L'électricité le remplace, et cela bien simplement ; car, à l'aide d'un Ql conducteur, la touche du clavier conduit le fluide dans un électro-aimant placé sous la soupape, laquelle est ainsi ouverte et fermée aveo une promptitude dont rélectricité seule est capable. Les registres s'ouvrent et se ferment de la même manière ; les accouplements s'accrochent et se décrochent égale* ment d'après une combinaison analogue.
Nul doute dès lors que le système de l'oigue se trouve réduit à la plus grande simpli* cité. Ce mot, plus de mécanisme^ définit assex quels sont les avantages de cette bette invention.
Le système de soufilëried'un pareil orgue sera véritablement l'apogée de l'art, car
(1) Ht brevet dNnvemioo da i Cévrier 165S,