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GHAPITHE III.
DLS INDULGENCES.
Moiifê de la dévotion au tris-saint et immar enléCœur de Marie.
Pour bien expliquer la nature de la dévo« lion au Cœur de Harie^ et eo faire sentir Texcelieuce, il est nécessaire d'exposer les motifs qui ont porté à rendre un culte spécial au Cœur de liarie, plutôt qu'à toute autre partie de son corps.
H est certain, d*abord» aue l'excellence communiquée à la personne ae Marie, par lés grâces et privilèges dont elle a été gratifiée, et surtout parla maternité divine, s'est étendue à son sacré corps et à toutes ses parties, et les a rendus diçnes de participer à tous les honneurs qui lui sont dus. Nous pourrions» dàs lorSf prendre pour objet do notre culte chaque partie de ce très*saint corps, dont plusieurs auteurs nous ont laissé de pieux éloges. (P. Eudes, Cusur admirable, etc., 1. 1, 1. 1, chap. 3, p. 15 et suiv.) Mais entre tous les organes dont il se compose, le cœur a un droit spécial k nos hommages.
N'est-ce pas un sentiment universel que le cœur est la partie la plus noble du corps? L'usage reçu chez tous les peuples de conserver, avec un respect particulier, les cœurs de leurs grands hommes, fondés sur cette {>ersuasion que le cœur influe d'une manière (particulière sur les grandes vertus, les actions héroïques, les nobles sentiments, ne renferme-t-il pas un témoignage irrécusable en laveur de la pré-excellence du cœur ? (P. GêVïtteU ibid., p. 73 et 80.)
La pratique de l'Eglise, de considérer le cœur des saints comme la relique la plus précieuse (P. Galliffet, t6td., p. 75), ne vientelle pas établir une nouvelle présomption en faveur de la dévotion au Cœur de Marie, et si elle ne la justifie pas complètement, elle suffit aa moins pour faire soupçonner qu'il doit y avoir dans le Cœur de Marie, considéré sous le double rapport dout nous avons parlé, des propriétés ou qualités qui le rendent digne d*un culte spécial.
Dieu» en ne demandant à l'homme, dans la sainte Ecriture, que le don de son cœur. Mon FiUf dantUM-mot votre caury n'aurait-il pas eu en rue de nous faire entendre que comme le précepte de la charité est le plus grand de tous les commandements et l'abrégé de tous les autres, de même le cœur est ce qu'il j a de plus excellent dans l'homme et le sommaire de tout ce que l'homme renferme de boo ; si Dieu, qui voit le fond des choses, n'eût pas vu dans le cœur une supériorité d'excellence, il n'eût pas sollicité un pareil don.
Essayons de découvrir la raison de ces prérogatives du cœur.
Deux choses ont concouru à la prodigieuse élévatioB de Marie, oui est le fondement du ses droits à notre culte, les ordce^ dont Dieu Va favorisée, les mérites airelle a acguis à l'aide de ces ffr4ces par les actes samts et vertueux qu'efle a pratiqués pendant sa vie. Or, comme dans l'homme c'est le cœur qui est le réceptacle des grâces et l'o^m/ prtncipal des vertus; on peut>dès maintenant^ con-
clure sans hésitcff aue le Cœur de Marie, pris dans la double acception dont nous avons parlé au chap. IV, mérite un culte particulier à raison des grflces immenses dont il a été rempli et des éminentes vertus auxquelles il a eu la principale part.
On ne peut donc douter d abord que les grâces de Dieu ne soient reçues dans le cœur spirituel^ puisque la saipte Ecriture nous a))prend que la charité, qui est le don par excellence, a été répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (P. Galiffet, ibid,, p. 76 et suiv., et p. 120), mais il parait également certain, par dos témoignages irrécusables , que les grftces eilraordinaires, dont Dieu favorise les saints en cette vie, sont reçues d'une manière toute particulière dans le cœur matériel; c'est l<i que le Saint-Esprit habite sensiblement, et que Jésus-Christ fait sentir sa présence d'une manière spéciale, (/frîd., p. 271^, n** 6.) Quels droits, sous ce rapport, n'a pas à nos hommages le cœur de Mario, puisqu'il est le sanctuaire par excellence du Saint-Esprit, et qu'il a été sanctifié d*une manière extraordinaire
Kr les opérations de ce divin Esprit et par nfusion de ses grâces et de ses dons les plus excellents.
On sera, en second lieu, contraint d'avouer que le Cœur de Marie, pris dans la double acception dont nous avons parlé , a été la principale cause de ses mérites. Le cœur spi^ rituel, en effet n'est autre chose que la volonté avec ses .saintes affections; or n'esl-il pas certain que la volonté est la cause efficiente de la bonté ou de la malice de nos actions (Muzzarelli, t6id.,p. 16), et que la sainteté d'unepersonneest lefruitde l'amour et des saintes affections qu'elle produit? Mais, comme à raison de l'étroite union qui existe entre Tâme et le corps, les organes du corps concourent à la production des actes de la vie spiriti^lle, il faut reconnaître, d'après le sentiment universel, que le cœur, qui est l'organe des affections sensibles de 1 Ame, coopère, à sa manière, à la production de l'amour, et que c'est par lui que l'amour spirituel est rendu sensible. (P. Gallif., p. 53.) Et n'est-ce pas à raison de cette partici-
{>ation du cœur a l'amour et à toutes les afèctioHS sensibles de l'âme, que toutes les nations du monde l'ont regardé comme le siège, le principe et le symbole le plus naturel de l'amour, comme le gage le plus tendre au'on puisse laisser de son amour? La liais(m u cœur et de l'amour leur a paru si étroite que de ces deux choses ils n'en ont fait - qu'une... confondant sous un seul et môme nom le cœur et Vamour, rien n'étant si ordinaire que de se servir du mot cœur nour exprimer Vamour. (P. Galliffet, p. 55.) Mais sous ce second rapport, quels hommages ne sont pas dus non-seulement au cœur spirituel de Marie, principe de tant de saintes affeotions, mais encore k son cœur matériel qui les a rendues sensibles! (Ibid., p. 53.)
N'est-ce pas un fait inconstestable et bien di^ne d'être l'objet des méditations des âmes saintes que cette participation du cœur aux
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grâces cxlpaordinaipes et aui saintes affections ? C*e8t le cœur, dit un çieui auteur que nous avons déià soarent cité, qui ressent spécialement les douceurs des divines consolations; il en est pénétré, inondé, enivré : c*est au cœur, que se font sentir les douleurs» les tristesses, les angoisses et les autres peines intérieures si communes dans la vie spirituelle. C'est du cœur que partent les gémissements et les soupirs. La contri* ' lion, quand elle est vive, perce le cœur, déchire le cœur, et le réduit souvent à Textrémité. C'est le cœur qui , dans les accès de IV mour divin, brûle, languit, reçoit des im-
I>ressions ineffables. £n un mot, soit que 'âme jouisse des douceurs célestes dans les sacrées communications du divin époux, soit que dans les épreuves surnaturelles elle soit purifiée par mille sortes de travaux intérieurs; le cœur souffre toutes ces impressions l'une après l'autre, d'une manière si réelle, si sensible, si vive, si extraordinaire, que, suivant le témoignage des âmes saintes
3 ni en ont l'expérience, n n'est pas possible e douter que tout cela passe phvsionomiquement dans le cœur. — De plus, il est constant, par les témoignages et I expérience des saints, que le cœur est le lieu où le Saint- Esprit habite sensiblement, et oâ Jésus-Christ fait sentir sa présence à ses épouses d'une pianière spéciale. C'est là qu'il demeure comme sur son trône, et comme dans son iardin de délices ; ce sont leurs expressions. Tout cela est si certain par l'expérience des limes pures et élevées à l'union divine, qu'il n'est personne un peu instruit dans ces matières, qui puisse le révoquer en doute. (P. Galiffet, t6i'd., p. 76 etsuiv.j
Enfin n'est-ce pas un sentiment universel parmi les hommes, dicté par la nature, et confirmé par le langage même du Saint-Esprit, que le cœur a une liaison intime et très-reelle avec les vertus de l'âme, et qu'il est ennobli, perfectionné d'une manière spéciale par ces mêmes vertus. Nous voyons en effet Que dans le langage de l'Ecriture comme dans Je langage ordinaire des hommes, toutes les vertus propres de l'âme sont attribuées pu cœur. L'Ecriture ne nous dit-elle pas que l'on croit par le cœur (ad Rom.), que c est
{»ar le cœur que l'on est doux et humble ; que a pureté a sa source dans le cœur, cor tmmaeulatum (Psal.)? Ne dit-on pas également dans le langage commun, tin grand cœur^ un cœur libéral f généreux f un cœur patient^ un cœur pur ^ etp.TcNous voyons de plus que comme on mesure l'excellenee des âmes par l'excellence des 5er:us cpil leur sont propres, onfaitde même e Texcellence des cœurs. Les vertus en font le prii et le mérite, et à proportion que ces vertus sont plus parfaites dans quelqu'un, son cœur en devient plus précieux dans l'estime commune des hommes. » De là les honneurs rendus aux cœurs des grands hoinmes pprès leur mort. La seule raison à donner de cela, c'est que les affections de Tâme se communiauant au cœur, et le cœur contri- }>uant réellement à la production de ces méfpçs affections, il ^t très-conforme à la na-
ture des choses que le cœur participe arec proportion aux honneurs que l'ânie roéritu par l'exercice de ces mômes vertus.
Quels honneurs, d'après cela, ne m<frile pas le Cœur de Marie, source et siège de (ouïes les verttu pratiquées dans le degré le plas héroïque!...
Si nous voulons considérer ta destination et les propriétés du cœur, considéré comme simple organe, nous découvrirons facilement des qualités Quiledistin^ent desautres parliesdu corps et rélèvent bien au-dessus d*etles. Ce n'est pas sans raison que l'on s'acconlek considérer le cœur comme la partie princi* pale du corps, et comme l'organe le plus essentiel à la vie : n'est-ce pas lui en effet qui, par son action sur le sans, contribuée répandre dans tout le corps la chaleur, le mouvement et la vie? et n'influe-t-il pas dès lors sur tous les mouvements et opérations de la personne? Quand le cœur de Marie n'aurait fait que concourir à entretenir la vie de Marie, c'est-à-dire de la plus noble, de la plus belle, de la plus divine de toutes les vies après celle de l'Homme-Dieu (P. Galliffet, p. 274}» est-ce qu'il ne serait pas digne de notre vénération ? Mais en contribuant à entretenir cette vie, n'a-t-il pas encore concouru à l'entretien de celle de cet Homme-Dieu qui, comme tous les enfants, ne vivait que de la vie de sa très-sainte Hère, pendant qu'il était renfermé dans son seiuT
La conséquence à tirer de ce qu*on vient de dire sur les rapports qui ont eiisté entre le Cœur de Marie et le$ grâcee et méritée qui ont sanctifié cette femme bénie entre touta les femmeij n'est-elle pas que le cœur, quia participé aux affections méritantes on déméritantes de l'âme, et qui j a participé de telle sorte, que, selon le langage reçu, on peut lui attribuer le bien ou le mal^ qui est dans l'homme (P. Galliffet, p. 52 et suiv.], doit avoir part, dans 1q même degré, k la récompense de l'âme et au culte qu'elle a ménié par ces saintes affections, et n'est-ce pas pour cette raison que les corps des saiots deviennent l'objet du culte de l'Eglise après leur mort, et qu'ils seront admis, après le jugement dernier, à là participation de ta gloire et du bonheur des âmes ? « La personne de l'homme, disent les saints Pères, ayant agi non-seulement avec l'âme, niais aussi avec la chair, il est juste et convenable qu'elle reçoive la récompense ou la peine, la gloire ou l'infamie, non-seulement dans son âme, mais aussi dans sa chair, c'est-àdire dans les deux substances qui ont participé h ses actions Voilà donc la raison
pour laquelle la très-sainte Vierge mérite un culte spécial et distinct dans son sacré Cœur : c'eet parce que la personne de Marie s exercé ses affections et ses seniimenis tris-no' blesj non-seulement formellement par la ro* lontéf mais aussi maiériellement par le asur: parce nu*entrc toutes les parties du con** vir^innl de Marie, c'est son cœur quia participé plus sensiblement à sa manière^ «mt sentiments et aux affections intérieures et s^ ritoires de sa volonté...^ parce qu'entre w
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cœor et TAnie de M<irie, il y a eu une communication et correspondance réciproque et sensible de saints mouTeinents et de saintes impressions. » (Muzzarelli, p. 32, Sk.) Ko un mot, c'est par les actes et affections de sa Tolonté, dont ce Cœur a été l'organe, que Marie a accumulé tant de mérites ; il est donc juste que ce qui doit en être la récompense rejaillisse principalement sur Tun et sur l'autre.
Ne conçoit-on pas actuellement combien il est convenable et m6mî3 juste d'honorer un cœur qui a été « Torgane le plus noble de l'âme la plus grande et la plus sainte qui fut jamais, dans ses opérations sensibles, les plus admirables, et gui a été Tinstrument principal de la gloire que Dieu reçoit des affections sensibles de la sainte Viei^e, et singulièrement de son amour, dont un
$etd acte est plus agréable à Dieu aue tout ee
Si part du reste des créatures» » (P. Gallif* ;,»td., p. 27fc.)
Il est évident par tous ces endroits, qu*il n'est rien parmi les choses corporelles, ni dans le ciel, ni sur la terre, après le Cœur de lésas, de comparable en excellence au Corar de Marie ; rien de plus saint, rien de plus précieux, rien de plus noble, rien de plus grand, rien de plus aimable, rien de plus agréable à Dieu. Si on vient ensuite à considérerceCœuradmirable par rapportaux hommes, k qui on le présente pour objet de leur dévotion , où trouvera-t-on jamais un objet plus aimable, plus tendre, plus touchant, que ce Cœur virginal ? puisque c'est le Cœur de notre divine maîtresse, ae notre bonne mère, de notre avocate, de notre consolatrice, de noire refuge; la source et le siège de la charité, de la compassion, de la miséricorde, de la teudresse de la sainte Vierge pour nous ; Je centre des douleurs immenses que cette divine Mère a souffertes à l'occasion de notre rédemption ; enfin le modèle sur lequel nous devons former nos cœurs, modèle d'humilité, de pureté, de douceur, de charité, d'amour et de toutes les autres vertus. (P. Gailiffet , p. 2T4.)
Noua ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu'en citant un passage bien remarquable, par lequel le saint homme qui fut suscité pour établir celte dévotion termine un écril sur cette matière: «Donc, dit-il, quand nous honorons le Cœur sacré de la Mère de Dieu, nous honorons le cœur le plus admirable après celui de son Fils, le plus parfait, le plus aimé de Dieu, le plus orné de toutes les vertus, le plus rempli de grtees et d'amour de tous les cœurs; le cœar le plus tendre pour les pauvres pécheurs, le plus doux, le plus compatissant, le plus miséricordieux, le plus charitable, le plus bienfaisant, le plus aimable ; enQn rotriet, après Jésus, le plus charmant du ciel eC de la terre. C'est doue avec grande rai- MID que nous devons faire de ce sacréXœur le plus tendre objet de nos dévotions,' et lui rendre tout le culte et tout le respect que son excellence particulière, et les biens que nous avons reçus de lui, exii$cut de noire
reconnaissance et de notre amour. Toutes les fèfcs Qu'on célébrait dans l'Ancien et qu'on célèbre dans le Nouveau Testament, ont été établies pour honorer quelque bienfait reçu de Dieu ; quelle fête doit-on donc célébrer du sacré Cœur de Notre-Dame, d'où toutes les grâces que Jésus-Christ a faites et fera jamais aux hommes, ont tiré leur origine? Si l'Eglise célèbre une fête en l'honneur des liens de saint Pierre; si elle célèbre les fêtes d'une sf:ule action de quelques saints, comme la conversion de saint Paul, du supplice de sainl Jean devant la Porte Latine ; avec combien plus de raison doit-on célébrer la fête du sacré Cœur de Notre-Dame, qui a été la source d'une infinité d'actions si sublimes et si héroïques ; d'un Cœur qui a été transpercé du glaive de douleur, qui a été le tabernacle du Saint des saints ; et qui, par le présent qu*il a fait aux hommes d'un Sauveur, en consentant au mystère de l'Incarnation, a été le principe ae toute la sainteté du ciel etde la terre.» (P. Eudes cité par le P. Galliffet , p. 875.) Hais les fonctions exercées par le cœur ne se bornent pas au corps , thomme étant une intelligence servie par des organes. « L'union de l'âme et du corps met entre l'un et l'autre une dépendance mutuelle. L'ftme dépend des organes du corps qui lui servent comme d'inslruments, et dont chacun a sa fonction particulière pour la production des actes qui lui sont propres ; les yeux sont l'organe do la vue, les oreilles de Touïe, » (P. ualliffet, 1. 1, p. 53|, et le cœur, selon saint Thomas, qui suit en cela Topinion d'Aristote,6St le premier organe du sentiment. « L'ftme est à la vérité la principale cause des affections, mais le cœur n y est pas étranger, il y coopère et en reçoit des impressions Ires-vives : saint Thomas dit expressément que Vamour spirituel est rendu sensible par le cœur^ et ^ue le cœur coopère^ à sa manière f à la production de Famour, » D'après cette doctrine, fondée sur le sentiment des philosophes et sur la nature de l'union de l'âme et du corps, « il faut donc reconnaître quel'organe principal des atfeclions sensibles, et surtout de l'amour, est le cœur.... Cette vérité est confirmée par l'expérience de tous les hommes... Quiconque a un cœur et a aimé quelque chose un peu vivement, n'a besoin que de son propre sentiment pour se convaincre de la réalité des impressions que l'amour fait sur le cœur. »
CHAPITBE IV.
Saintes affections du Cœur de Marie^ sources de sa sainteté f et fondement du <ulte qu*on lui rend.
Après avoir parlé des motifs généraux qui sont le fondement de la dévotion au très-samt et immaculé Cœur de Marie, afin de oon* vaincre de plus en plus qu'aucun objet créé ne mérite autant nos hommages, nous allons considérer en particulier quelques-unes des saintes affections de l'âme très*sainte de Marie, auxquelles a participé son sacré Cœur.
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Maïs le Cœur de Marie a un litre plus spi^ctal h notre amour, à notre reconnaissanee, h notre conflance, à raison delà part qu*ii a eue à notre rédemption^ de Tamour qu*il nous a porté et des souffrances qu'il a endurées pour nous : n'est-ce pas ce Cœur (lui, par amour pour les hommesi ne cessait de soupirer après la venue du Sauveur^ dont il contribua à h4ter rarénement par l'ardeur de ses désirs ? N'est-ce pas ce Cœur qui ne cesse sur la terre de prier pour les hommes, et qui ne discontinue pas dans le ciel de prier pour eux ? N'est-ce pas ce Cœur qui consentit k immoler son Fils sur la croix pour le salut des hommes, se résignant alors à se laisser percer pour chacun de nous par ce glaite de douleur qui lui avait été prédit ? N est-ce pas ce Cœur qu4, transformé pour nous au pied de la croix en un cœur de Mère, a été rempli pour chacun Je nous des sentiments de la Mère la plus tendre ? N'est-ce pas ce Cœur qui |K>rte Marie k prendre de chaque homme les soins d'une bonne Mère, et à veiller sur chacun de nous avec la même sollicitude que si nous étions son fils unique ?
il fut donné à sainte Mathilde, dit à ce sujet le P. Eudes, de saluer le sacré Cœur de a bienheureuse Vierge comme celui d'entre tous les saints cœurs, qui, après le Cœur adorable de Jésus, nous a été le plus uliie et le plus avantageux en toutes manières, mais spécialement en sept choses :
Premièrement, dans les plus grands désirs dont il a été enOammé beaucoup plus que tous les ccBurs des saiuts patriarches et des saints prophètes, au regard de llncarnation du Fils de Dieu.
Secondement, dans son amour très-ardent «t dans son humilité très-profonde, qui ont élevé cette divine Vierge à la diguité de Mère de Dieu.
Troisièmement, dans la piété, douceur et tendresse dont ce Cœur virginal était rempli, pendant que cette sacrée Vierge allaitait et nourrissait ce divin Enfant Jésus.
Quatrièmement, dans la soigneuse et fidèle conservation qu'il a faite des paroles et des mystères du Sauveur.
Cinquièmement, dans sa patience admirable a souffrir les extrêmes douleurs dont il a été pénétré dans la Passion du Rédempteur.
Sixièmement, dans l'amour et dans le zèle qui le portait à prier incessamment pour l'Eglise naissante.
En septième lieu , dans l'ardeur inconcefiable avec laquelle il présente sans cesse, 4aas le cirl, nos désirs et nos prières à la (rès-sainte Trinité. {Cœur admirable de la Mire de Dieu, t. II, p. 69.)
Marie, par un privilège unirjue, en con* fkiératioo de la maternité divine, ajant été préservée du péché originel et exempte de eette funeste concupiscence qui faisait gémir saint Paul lui-même, n'énrouva jamais la plus petite affection opposée à la volonté divine ; « il ne sortit dès lors jamais de son Ame aucune action désordonnée, même indé-
libérée, qui causât dans son cœur très-pur des mouvements déréglés ; jamais son cœur ne fut troublé d'sKitations, d'impressions qui vinssent du bouleversement des passions.
Or, une pureté semblri>le, on ne la trouTen certainement pas dans le cœur d'aucune autre pure créature. Quand il n'y aurait pas autre chose à admirer dans le tœur de Marie que cette singulière pureté, ce privilège suffirait pour exciter notre vénération envers lui.» (Muzzarelli, p. 37.) Et l'amour que Marie éprouvait pour cette pureté et qui prenait chaque jour de nouveaux aocroissements, produisait dans Sà sainte ftme une haine inconsolable des plus petites fautes. Ahl « si Quelques saintsontêprouvédes transports si affectueux pour la pureté, une si grande horreur du péché, ou'ils se sont évanouis è la seule crainte ae commettre une faute, qu'aura donc été le Ceeur de Mor m, qui e$t la reine de$ eainiêf » (/6td.) Ahl puisse-t-elle allumer dans le cœur de tous ses enfants un ardent amour pour celte vertu, et leur inspirer un efiicace désir de la pratiquer l
. Mais en honorant le Cœur de Marie, nous honorons principalement l'amour dont tUe était embrasée et dont son Cœur est à la foi!> l'organe et le symbole ; car, comme le dit l'auteur de l'Imitation, il n'est rien de meii leur que Famour au ciel et sur la terre, (imttaiion, I. 3, ch. 5, v. 3.) C est en effet la charité qui est la plus excellente des vei^ tus ( / Cor. xui, 13 ) , qui est la source de tous nos mérites (/oîd.), qui est la lin (/ Tim. I, 6), et la plénitude de la loi (Rom. XIII, 10), et sur laquelle les plus grandes connaissances, les actions les plus héroïques ne sont d'aucune valeur. (/ Cor. XIII, 3.) Mais si l'amour est quelque chose de si précieux qu'on doive le regarder comme la source de tous les mérites ; s'il est même incontestable que le degré de sainteté se mesure sur le degré de Tamoar,
fue penser de la force, de la grandeur, de intensité de cet amour par lequel Marie a gagné le cœur de Dieu, a mérité d'être bénie entre toutes les femmes, el choisie pour être mère de Dieu, a hâté la renae du Sauveur, et a surpassé en sainteté tous les au* très saints ensemble ? Mais n'j aurait-il pas témérité à chercher à se faire une idée de l'immense incendie d'amour qui embrasait toute l'âme de la sainte Vierge» qui surpasse toutes nos censées et qui échappe aux réflexions de Vesprit humain 7 C'est ce qui a fait dire au P. Sauret, avec les autres théologiens, qu'ti est vraisemblable que la sainte Vierge a plus aimé Dieu que ious /es amtm saints ensemble. D'après cela, il sera facile de penser, autant qu'on le peut, quelle fut la grandeur et l'intensité de Tanaour qui |ié* nétra et embrasa le cœur phjsique el matériel de Marie. Plus Tamour qui enflamme l'âme est grand, ^fus Tellet qu*en éprouva le cœur est véhément.
L'amour de Marie pour Dieu fui sop^* rieur k celui de tous les saints ensemble l'effet sensible qu'en resseulil le cœur Uat
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donc être de sa nature plus grand que celuf du*en éprouvèrent tous les sainls ensemble. En conséquence, sî Tamour divin put émouvoir si vivement le cœur d'un saint Philippe de Néri, qu'une de ses côtes s'élargit pour donner place à son impétuosité ; si un saint François Xavier, sentant, par la même raison, son sein si brûlant, qu'il était obligé d*ouTrir ses habits devant sa poitrine ; si un saint Stanislas Kostka devait la rafraîchir avec des linges trempés dans l'eau : si une sainte Thérèse mourut percée d'un trait damoor qu'un séraphin fixa dans son cœur, il laot conclure qu'on ne peut expliquer ni concevoir la céleste et amoureuse ardeur qui embrasa continuellement le Cœur de la très -sainte Vierge, supérieure à tous les saints ensembledans l'intensité etla grandeur de son amour pour Dieu, et il est vraisemblable que Marie mourut enfin d'amour, comme le dît Suarez. Si elle a pu soutenir, pendant si longtemps, dans son cœur, une violence si excessive d'amour, sans y succomber, il faut l'attribuer k un prodige surnaturel!... Voilà un nouveau motif pour lequel le Cœur de Marie mérite un culte distinct et singulier, de préférence au cœur de tous les autres saints. On honore le cœur d'un saint François de Sales, d'un saint Charles Borroffiée, d'une sainte Thérèse, parce que hur$ caufM furent embrasés de ramour de Dieu. Hais si onpouvait trouver un cœur qui égalAt en amour pour Dieu les cœurs de ces trois saints ensemble, ce cœur ne serait-il pas bien Ténérable? Si c'était un cœur dont on ût dire qu'il aimait Dieu autant que tous es saints, qui dans leur solitude ne s'occupaient Qu'à penser h Dieu et k l'aimer, ce cœur mériterait assurément un culte sinsu-
gulier et distingué. Or que devra-i-on aire u Cœur de la sainte Vierge^ qui aima Dieu plus que tous les saints ensemble de l'Ancien et du Nouveau Testament ? (Muzzarrelli, p. kk et 8uiv.)
Ne peut-on pas ajouter que ce Cœur n'a été formé que pour brûler ainsi sans cesse des flammes les plus pures et les plus ardentes de l'amour divin, que c'est la fonction dirine pour laquelle il a été créé? Dès le premier moment de sa formation il fut embrasé de ce feu divin jusqu'à sa mort, sans an moment d'interruption ; et il en brûlera de même durant toute l'éternité. U Ciudrait comprend^re quelle est l'excellence de Tamour divin, ponr comftrendre en mêmet.*mp8 quelle doit être rexcellence d'un cœur dont la fonction perpétuelle est de recevoir les impressions de cet amour, et d'en produire des actes dont un seul honore plus Diea que l'amour de toutes les autres créatures ensemble. C'est de là principalement qu'on doit juger de la complaisance infinie du Père Eternel pour ce sacré Cœur, puisque rien, après l'amour de son Fils, ne peut être à ses yeux plus agréable que cet amour de sa Fille privilégiée. (P. Galliffet, t. I^ p. Ik.)
Si nous considérons en particulier les qualités de l'amour de Marie pour Jésus,
nous découvrirons de nouveaux motifs de la dévotion que nous rendons à son très* saint Cœur. Or, l'amour de la Mère de notre Rédempteur était infini en quelque façon; car le Père Eternel l'ayant choisie pour l'associer avec lui à sa divine paternité, et pour la rendre^ mère du même fils dont il est père, t7 lui a communiqué aussi V'amour inconcevable quil a pour ce filSf et un amouf conforme à la dignitéinâniede sa divine maternité.Oh\a\xe\ doit être 1 amour d'une telle mère au regara d'un tel fils ! C'est une mère qui tient lieu de père et de mère au regard de son fils, et qui har conséquent porte dans son cœur Famour ae père et de mire au regard de lui. C'est une mère qui aime tant son fils, que quand l'amour de tous les pères et de toutes les mères qui ont été , sont et seront, se trouverait ramassédans le cœur d'une seule mère, à peine serait-ce une étincelle de la trèsardente fo.urnaise d'amour qui brûle dans le cœur de la Hère du Sauveur pour son très-cher Fils, etc. [Le Cœur admirable de la Mire de Dieu^ par le P. Elides, t. I, p. 321. — On peut voir sur ce point Bossuet.) En un mot, l'amour naturel de Marie pour son Fils surpassa celui des autres mères, « parce qu'ayant conçu de la vertu du Très- Haut, elle seule a fourni toute la matière dont la sainte chair du Sauveur a été formée », et a ressenti dès lors seule Tamour que les pères et mères ensemble portent à leurs enfants. Mais cet amour de Marie pour son Fils fut perfectionné par la grâce u une manière pour ainsi dire infinie . Le Père Eternel, qui l'avait associée à sà divine fécondité, acheva son ouvrage, en faisant couler dans son sein quelques étincelles de cet amour infini qu ila(>our son Fils bien-aimé. « Voilà, ajoute Bossuet, dont ce qui précède est tiré en substance, d'où vient l'a* mourde Marie; amour qui passe toute la nature : amour tendre, amour unissant, parce qu'il nattdu principe de l'unité même; amour qui fait une entière communication entre Jésus - Christ et la sainte Vierge, comme il yenaune très-parfaite entre Jésus- Christ et son Père. » (Bossuet.— Sermen sur la confession^ etc. — Fotr aussi saint François de Sales, Traité de T amour de Dieu. I. vii^ chap. 13.) N'est-ce pas ici une prérogative qui distingue le Cœur de Marie de tous les( cœurs des autres saints, et lui donne uii; droit de prééminence tout à ftit singulier^
Îui le rend digne d'une vénération spéciale?' n des grands, avantages de cette dévolioq est de nous présenter leCœurde Mariecommo. un modèle d'amour envers Jésus, et de noua, exciter à recourir à elle fionr obtenir cet amour si nécessaire. C'est elle, dit sain( Bernard, qui a reçu dans toute sa personne la grande et suave blessure d'amour; mais je me trouverais heureux si quelquefois j'é-> tais frappé au moins de Textrémilé de ce glaive. Ah 1 qui m'accordera d'être ainsi
blesséel vaincu 1 (Muzzarelli, p. 53.)
Et cet indicible amour de Marie pour son Fils a été la source d*une autre prérogative fpii confère à son cœur de nouveaux droits.
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h nos hommages : c'est la croyauce de I*E-
S lise, qui invoque Marie sous le titre de \eine des Martyrs^ que cette sainte Mère a vraiment souffert pour Jésus-Christ plus que tous les martyrs ; et que le cœur de chair de Marie participe au cruel martyre qui transperça son Ame d*un glaive de douleur. Les saints Pères» écho fidèle de la tradition de r^glise sur ce point, enchérissent les uns sur les autres dans la description qu'ils font des douleurs de Marie ; l'un d'eux va jusqu'à dire « que les douleurs extrêmes que la Mère du Sauveur a souffertes en son cœur au temps de sa passion, ont été si excessi* ves, que si elles avaient été partagées entre toutes les créatures capables de souffrir, elles seraient toutes mortes en un Instant. « (S. Bernardin, Serm. 61, art. 3, c. 2.)
N'est«il pas facile de concevoir « que la douce mère qui aimait plus que les autres fût aussi la plus transpercée de la blessure de douleur? La douleur du Fils fut une épée tranchante • qui traversa le cœur de la mère, d'autant plus que le cœur de la mère était uni à son Fils, d'une union si parfaite, que rien ne pouvait frapper l'un sans frapper l'autre aussi vivement. » (Saint François de Sales, Traité de Vamour de Dieu^ 1. yii , ch. 13.) Aussi tous les saints docteurs,etàla suite saint Anselme, nous apprennent « que la t>ieQheureuse Vierge aurait succombé pendant la passion de son Fils, à l'excès do sa douleur, si elle n'avait été préservée par lui (Saint Anselme, De eœcel. — Vovex Muzzareili, p. 57).« Il fut en effet révélé à sainte Brigitte « que la bienheureuse Vierge serait morte de douleur en la passion de son Fils, si elle n'avait été conservée par un miracle. Je le dis hardiment, lui dit la très * sainte Vierge, que la douleur de mon Fils était ma doiUeur parce que mon Cœur était son Cœur. » {Lib. I, Revel.^ cap. 35. — P. Eudes. 1. 1, p. 322.) Saint Bernard, saint Bonaventure et tous les autres docteurs tiennent le même langage, et disent unanimement que Marie souffrait dans son cœur tout ce que Jésus souffrait dans son corps. (Muzzarelli, p. 59.)
Mais, s'il est incontestable, d'après la pratique et la croyance de l'Eglise, que la partie des corps des martvrs qui ont enduro les tourments est digne aun culte spécial après leur mort : et s'il est vraisemblable, d*après l'enseignement des docteurs, que cette même partie recevra dans le ciel, après la résurrection générale, une glorification partielle et distincte, ({ui augmentera la joie dans les Ames des bienheureux , ne doit-on pas en conclure qu'il est très-vraisemblable que le Cœur martyrisé de Marie jouit dans le ciel d'une gloire toute particulière et distinguée de la gloire des autres membres, et qu'il est, dès lors, très-juste que Marie reçoive aussi sur la terre, pour ce martyre, un nonneur particulier dans son sacré Cœur, où elle a souffert la douleur qui lui a mérité cette gloire spéciale dans le ciel 7 (Muzzarelli, p. 69, 70 et suiv.. p. 62.)
Ainsi on considérant le Cœur de Marie comme victime de l'amour et de la douleur,
tous ceux qui lui sont dévoués doivent s'oc* cuperk la consoler autant qu*ils peuvent, et à l'accompagner dans le souvenir de ses souffrances. On doit penser (jue, comme par le péché on reproduit l'occasion du cruciue* ment de Jésus, de même on renouvelle aussi Toccasion du martyre du Cœur de Marie On doit s*encourager a souffrir par Teiempie de Marie, et dans l'espoir de participer à cette gloire spéciale réservée aux souffrances. (/6td., p. 6, 3.)
Le Cœur de Marie a peut être un droit plus strict dans un sens a notre amour et à nos respects, à raison de Tamour dont il a brûlé pour nous, et de la part qu'il a eue à notre rédemption. Pour comprendre cette assertion, il est nécessaire d'avoir des idées nettes des rap(>orts qui existent entre Harie et nous, ainsi que du fondement et de la grandeur de l'amour qu'elle nous porte.
Nous n'avons rien de mieux à faire que de copier Bossuet, qiii a parlé de cela d'une manière admirable : « C'est avec beaucoup de sujet, dit ce grand docteur, aue nous réclamons dans nos oraisons la trèsheureuse Marie pour la Mère commune dt tous les fidèles. Nous avons reçu cette tradition de nos pères : ils nous ont appris que le genre humain ayant été précipité dans une mort éternelle par un homme et par une femme. Dieu avait prédestiné une nouvelle Eve aussi bien quun nouvel Adam, aGnd« nous faire renaître. Et de cette doctrine i\ me serait aisé de conclure que comme ia première Eve est la mère de tous les mortels, ainsi la seconde^ qui est la très-sainte Vierge, doit être estimée la mire de tous les fidêitt. Sans examiner tous les titres par lesquels la sainte Vierge est appelée è bon droit la Mire des chrétiens^ je tâcherai seul<*meut de vous faire voir qu'eue est mère par le sentiment ; je veux dire qu'elle a pour nous me tendresse véritMement maternelle. » (Bossuet, Sermon sur la Compasion.)
C'est aux pieds de la croix, c'est en conseutnnt, par amour pour les hommes, à la mort de son Fils, qui était la condition de leur rédemption , en l'offrant elle-même , et en Timmolant de ses mains , dans un certain sens, pour notre salut, que Marie a réellement concouru à notre régénération ^ et est devenue notre mère : aussi c'est dans ce moment, d'après le sentiment unanime des docteurs, que Jésus-Christ Va donnée pour mère à tous les fidèles, dans la personne de saint Jean, et lui a donné, dans ce mèoie saint Jean, tous les fidèles pour enfants.
Mais comme Dieu, en appelant à un état, ne manque jamais de donner toutes les qualités nécessaires pour bien en remplir les obligations, on peut hardiment affirmer qu'eo députant Marie pour être la mère de tous tes hommes, il a mis dans son cœur la qualit^ de l'amour maternel, et a fait ce cœur aussi grand que devait l'avoir celle qui devenait la mère universelle. (Muzzarelli, p. 66.)
De plus , k raison de l'étroite union <\^^ existe entre Jésus-^Christ et tous les chrétie'is qui sont ses images, ses membres ; qui sort U
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DES INDULGENCES
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chair de sa chair et les o$ de ses o$ {Ephes,^ tf 80)» qui ne font qu'un avec lui. « Marie nous regarde comme autant de Jésus*Christ sur la terre; Tamour gu*elie a pour son Fils est la mesure de celui qu'elle a pour nous : et partant, ne craignez point de rappeler vo« Ire mère, elle a au souverain degré toute la tendresse que cette qualité demanàe. » (Bossu et, ibid.)
Le Cœur de Marie mérite tout notre amour, noo«-seulement h cause de cette tendresse de mère qu'elle a pour nous, mais encore à raison des grandes douleurs que lui a causées notre enfantement à la vie de la grAce, et aussi à raison du chagrin et des angoisses que nous lui causons lorsque nous nous laissons aller au péché. S'il est incontestable qu'il n'y a pas de plus grande peine pour une mère que de se voir oubliée, négligée, outragée même par ses enfants, et que do voir ces mêmes enfants courir à leur perte et s'eiposer à la mort et à une mort éternelle, que n^auraît pas ressenti le Cœur de Marie, en se voyant si indignement traité par les hérétiques, et en voyant tant d'Ames se précipiter dans les abîmes de l'enfer? On lit que les saints pleuraient amèrement la perte des Ames d'autrui, qu'ils s'offraient à Dieu en holocauste de pénitence, (K>ur les préserver du malheur éternel; que n'aura pas souffert le Cœur de Marie à cause de la perte de ses enfants I que n'aura-t-elle pas fait, combien n'aura-t^elle pas intercédé pour eux auprès du Père céleste 1... Ne serait-ce ftas un excès d'ingratitude et d'insensibilité, si une mère, accablée de douleur de la mort infime d'un de ses enfants, ne trouvait pas dans ceux qui lui restent la compassion et la consolation que demande son cœur plongé dans l'amertume ? Ne sera-ce donc pas un devoir de justice et de reconnaissance de vénérer* de remercier Marie pour les afflictions excessives de cmur qu^elle a voulu supporter pour noiM, parce quelle était devenue notre mère? (Huzzarelli, tbïd., p. 68.)
Tout ce qu'on vient de dire ne suffit-il pas pour faire comprendre que le cœur (jui a participé plus qu'aucun autre organe à toutes ces saintes et sanctifiantes affections doit avoir une participation plus grande aux honneurs qui en sont la récompense ?