CHAPITRE V
De Voùjetf de la fin et de rescellcnce de Var^ chiconfrérie du très-saint et immaculé Caur de MariCf des confréries qui lui sont unies,
La confrérie se pronose d'honorer principalement le CcBur de Marie^ parce que, d'après ce qu*on a dit plus haut, c'est la partie !a plus excellente de la personne de Marier celle qui a le plus contribué à la gloire de Dieu, à la grande sainteté et à la prodigieuse exaltation de Marie» celle par laquetle marie nous a tatU aiméSf a enduré pour nous de si grandes dou^ teurs , el o eu une si grande part à noire r^ demption: celle da$is laqueltk elle ressent une $i grande compassion pour les pauvres pé^ cheursy et parce qu'ennn il n*e$t pas d'objet
dont la vue soit plus propre à toucher nos cœurs et à dissiper leur froideur.
Notre culte, d'ailleurs, ainsi qu'on Ta observé, ne s'arrête pas au Cœur de Marie, il s'étend à toute la personne ; s'il s'adresse directement au cœur, c'est parce que la contemplation de ce très-saint Cœur, en nous découvrant cpielques-unes de ses perfections, augmente nécessairement en nous les sentiments de respect, de confiance, d'amour et de reconnaissance qui doivent nous animer pour cette auguste Vierge , sentiments qui constituent la substance de toute dévotion envers Marie. Le P. Galliffet, dans un petit ouvrage intitulé VExcellence et la pratique de la dévotion à la sainte Vierge^ qui est un des meilleurs de tant d*ouvrages composés en l'honneur de Marie, fait consister toute la dévotion à la sainte Vierge dans trois acles ou sentiments principaux :
« Ces trois sentiments essentiels sont, 1* un sentiment de respect, do vénération, d'hommage, de soumission proportionné à sa dignité de mère de Dieu ; 2" un sentiment de confiance proportionné à son pouvoir et à sa bonté, qui nous fasse recourir à elle dans nos besoins, comme à notre secours et à notre refuge ; 3" un sentiment d'amour tendre et filial, qui réponde à ses perfections et à sa qualité de mère, à ses bontés et à ses bienfaits.
< Voilà ce qu'on doit appeler l'essentiel de la dévotion è la sainte Vierge : et c'est de là que naissent infailliblement tous les autres sentiments ou affections qui doivent perfectionner cette dévotion.
« Ces trois sentiments de respect, de confiance et d'amour, fout donc l'essence de cette dévotion ; en sorte que tout ce qui n'est pas cela, ou qui ne part pas de là, ou qui ne va pas là, doit être regardé comme lui étant étranger. Quiconaue manquera de ces sentiments vrais et sincères, manquera certainement de dévotion à Marie ; au contraire, quiconqne aura cette dévotion sera tout pénétré d'admiration sur ces grandeurs, d'affection, de confiance et d'amour envers elle , d'un désir ardent de se consacrer à son service et de mériter sa protection : le pécheur même le plus coupable concevra l'espérance de sa conversion par l'intercession de cette divine Médiatrice. ■
En ajoutant un quatrième sentiment, celui de larfcofifiaieeoiice, nous n'avons pas détruit la doctrine du pieux auteur, nous n'avons fait que la développer, car il a reufermé ce sentiment dans celui de l'amour ; sentiments qui doivent surtout animer les dévols au très-saint Cœur de Marie, sentiments aue, d'après la recommandation des statuts (art. 4), ils doivent sans cesse ranimer et faire croître entre eux.
Quoiqu'on puisse avoir la dévotion à Marie sans l'imiter, il faut néanmoins reconnaître « que l'imitation des vertus de Marie est . le plus bel ornement de la dévotion qu'on a pour elle, que lorsque cette dévotion est bien parfaite, elle produit cette imitation : afin de se rendre par là plus conforme à elle, {^lus
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Agréable k ses yeux, et mériter ainsi de plus en plus sa protection et ses faveurs; et que dès lors celle imitation doit être Teffet et le fruit de cette dévotion ji (P. Galliffet, ExceU tence de la dévotion à la Mainte Vierge, 1" partie, cbap. i ), puisqu'il résulte de là que le plus grand honneur que Ton puisse rendre au Cmiir de Marie, est de le prendre pour modèle.
Les associés s'appliqueront à former leur cœur sur celui de Marie, et à se*pénétrer de tous les sentiments qui ranimaient k Tégard de Dieu, k Tégard des hommes et de toutes les créatures et à l'égard de lui-même. Ils seront aussi remplis d*un ardent amour pour cette tendre mère, et ils se livreront à tous les élans d'un saint zèle pour propager son ealte et étendre sa dévotion par tous les moyens en leur pouvofr.
Dieu étant la fin de Thomme et de toutes ses actions, toute dévotion doit aboutir à lui : le culte de Marie, comme celui rendu aux autres saints, se rapporte en effet seulement k Dieu, auteur et principe de leur sainteté. L'Eglise ne rend tant d'hommages k Marie que parce qu'elle est le chef-d'œuvre des œuvres deDieu après Notre^igneur Jésus-Christ, et parce moyen elle loue indirectement le Créateur k qui elle entend en attribuer toute la gloire pc*emière.
C'est pour faire entrer les associés dans cette intention que le règlement de la con^ frérie les avertit de ne fias séjparer celle du culte de Marie de celui de Dieu, et il leur indique un excellent moyen de suppléer k leur impuissance et k leur pauvreté envers ce grand Dieu ; c'est d'avoir soin d'unir leurs actes, sentiments et actions, k ceux du trèssaint cœur de Marie, afin que, présentés par lui , ils soient reçus favorablement, et que couverts par ses mérites, ils acquièrent une valeur qu ils n'avaient pas en eux-mômes.
Toute dévotion doit également embrasser l'humanité de Notre-Seigneur, pour qui et par mi touieê choses ont été créées (Cofoss. i, 16), k qui tout a été soumis (Heb. ii, 7, 8), au nom duquel tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers (Philip. II, 10), et en Thonneur duquel doit être chanté éternellement par toutes les créatures cet admirable cantique : « Bénédiction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles, k celui qui est assis sur ce trône 61 k l'ilgneau ( Apocal. iv, 13). » Là dévotion au Cœur de Marie doit donc tendre aussi è la doire de Jésus-Christ, mais elle s'adresse spécialement au Cœur de Jésus, type et modèle du Gcênar de Marie, qui ne mérite les hommages qui lui sont rendus qu'k raison de sa parfaite ressemblance avec le Cœur de son Fils, duquel sont découlées en lui ces immenses srices qui l'ont sanctifiée et pour ainsi dire divinisée.
Ainsi, les associés uniront le culte du CoMir de Jésus k celui de Marie; et il sera tiKile de leur en faire sentir la raison . Toute la grandeur de Marie vient de ses rap|)Orts avec Jésus-Christ ; son culte est une extension du culte rendu k son divin Fils ;
et il faut dès lors aller chercher dans la di'*votion au Cœur de Jésus la source, les motifs et les caractères do la dévotion au Cœur de Marie, qui, d'après les auteurs, a été It coo* séquence naturelle de la première. La dévotion au sacré Cœur de Jésus une fois éla» blie dans l'Eglise, c'était une suite naturelle, dans l'ordre de la Providence, que la déro* tion au Cœur de Marie s'établit aussi (P. Gai* liffet, 1. 1, p. 3S0|. Cette conséquence natt de Funion inséparable que la sagesse dtmiie a mise entre Jésus et Marier et de Vamour tni* mmse de Jésus pour sa Mère chérie, qui a porté ce Fils adorable k lui donner une grande ressemblance avec lui«mème, èlui faire part de ses biens et de ses honneurs , autant qu'ils peuvent être communioués à une pure créature. En conséquence, l'Eglise a coutume d'unir la Mère k son divin Fils dans les fêtes qu'elle célèbre en son honneur; et il n'y a pas de fête établie dans TK* glise en l'honneur de Jésus, qu'il ne sVa trouve presqne toujours ,une semblable en l'honneur de Marie. Ce qui montre ({ue la dévotion et la fête du Cœur de Marie était comme une conséquence naturelle de la dévotion et de la fête du Cœur de Jésus (Muz* zarelii, iètd., p. li).
C'est pour faire entrer les associés dans ces dispositions que le règlement leur prescrit de ne pas perdre de vue le sacré Cœur de Jésus dans les hommages qu'ils rendent k celui de sa sainte Mère , et d avoir l'intention de l'honorer par tous les actes.
D'après ce qui précède , il est facile de comprendre que la confrérie se propose d'à* borcl d'honorer par un culte filial de vénération, d'amour et de dévouement, le très* saint et immaculé Cœur de Marie , Mère de Jésus notre divin Sauveur; de rendre ce culte, en unissant tous noi actes de religion, toutes nos bonnes œuvres, nos prières, notre patience, notre soumission k la volonté divine dans les peines, les adversités, les contradictions de la vie, en unissant tous ces actes aux mérites précieux du saint Co^r de Marie , en nous proposant de rendre avec lui et par lui k l'adorable Trinité et au divin Cœur de Jésus, tous les hommages d'adoration, d'amour, de fidélité, d*obéissance et de dévouement qu'ils ont droit d'attendre da nous. Si vous aimez Marie, si vousvouk*! l'honorer, attachez-vous k l'imiter, dit saint Bernard. Pratiquez, chacun selon votre était les vertus dont elle vous a donné de si adADi* râbles exemples (Manuel de farckieonfrérisi p. 137).
Mais ce but n*e$t pas le seul aue se propose la confrérie, elle a une double fin : elle ne sépare pas de l'intention d'honorer le Cœur de Marie, celle de demander la con* version des pécheurs, par la médiation dere Cœur tout - puissant auprès de Dieu, q^^ prend en lui plus de complaisance que dius ceux de toutes les autres pauvres créatures ensemble. II est impossible de concevoir an but plus noble, puisque c'est celui pour lequel Dieu a tout ordonné depuis la rJiuf^ de l'homme; plus glorieux k Dieu, puisquii
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DES INDULGENCES
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s'agit de Iranslormer des créatures ingrates, devenues ses ennemies, en des enfants bien aimés {Ephe$. i, 5) qui le loueront pendant toute réternilé ; plus cher au Cœur de Jésus , qui rfest venu sur la terre que pour sauver ce qui était perdu [Matth. ivin, 11), c*est-è-dire convertir les pécheurs (/ Tim. 1, 15) ; plus agréable au Cœur de Marie, qui étant la Mère universelle de tous les hommes, et ressentant pour chacun un amour de mère, éprouve dans son Cœur une peine indicible à fa vue de ce grand nombre d'enfants qui marchent aveuglément sur le bord de rétemel abîme dans lequel ils peuvent tomber d*on moment à l'autre; plus nécessaire enfin i la société et à ses aveugles membres : le mal en effet n'est-il pas à son comble ? Dieu o'est-il pas ignoré, oublié, outragé par le grand nombre î L'incrédulité n'est-elle pas devenue le caractère dominant de Ta^ostasie des sociétés modernes, comme I idolâtrie fut celle des sociétés anciennes ? D'é* paisses ténèbres ne règnent-elles pas dans les esprits, comme une affreuse corruption dans les cœurs T Tous les liens sociaux, tous les Viens de famille, ne sont-ils pas presque entièrement et généralement brisés? Faut-il aller chercher ailleurs la cause des terribles ë?énements arrivés depuis un demi-siècle, et des agitations continuelles auxquelles nous sommes en proie ? Kl si Dieu, au lieu de venir à notre secours, laisse les choses suivre leur mouvement naturel, ne doit-on pas s'attendre à des maux plus grands encore? Si notre foi n'est pas entièrement morte ; s'il j a encore une étincelle de charité dans nos cœurs; pouvons-nous voir avec indifférence et insensibilité celui que nous appelons notre Père, indignement oublié et outragé, et ceux qui sont réellement nos frères et que nous devons aimer comme tels, courir aveuglément à leur perle ? Non , « il est dans la vie des saints qui éprouvèrent, même extérieurement , tant de peines des offenses fûtes à Dieu par les hommes, quHls en souffraient des évanouissements, et qu'ils auraient voulu, par leurs austérités, dédommager, autant qu'ils pouvaient » la Majesté divine des outrages qu'elle recevait des pécheurs , qu'ils pleuraient amèrement la
B^rte des Ames d'autrui, qu'ils s'offraient à ieu en holocauste de pénitence, pour les préaerver du malheur éternel (Muzzarelli, p. M et 68). » Ne devons-nous pas nous efforcer d'entrer dans ces seniimenls que Marie ressentit plus vivement et plus amèrement que tous les autres saints ensemble? C'est oans ce but que les nouvelles confréries érigées en l'honneur du cœur de Marie ne se bornent pas comme autrefois k honorer ei invoquer ce très-saint Cœur» mais à ak>uter à ces vœux « celui de la conversion des pécheurs qu'elles espèrent de la cléloeoce divine, par les mérites et la puissance du très-saint et immaculé Cœur de U^rie.--Jésus' Christ, jiii saint Paul, est m^i pour tous les hommes: il est le Rédempteur^ U Sauveur de tous les hommes ; t7 a éti crucifié pour que le rigne du péché soit dé*
truit ennous, et que désormais nous ne soyons plus asservis au péché. — Et la confrérie » s'unissant à ces divins sentiments, ne fait aucune distinction entre les pécheurs ; e//e les comprend tous dans les vcsuss de sa charite ( Manuel de Varchiconfrérie, p< 181 ]• » Ainsi, pour avoir une idée exacte du but total de la confrérie, disons qu'en honorant le Cœar de Marie elle se proposée de demander et obtenir de la divine miséricorde, par la protection de Marie, en employant la médiation de son très-saint Cœur, la conversion de tous les pécheurs qui sont sur la terre, afin que le mystère de l'amour infini de Dieu
Eour les nommes, que saint Paul exprime si ien par ces paroles: — Dieu veui que tous les hommes soient sauvés, — s'accomplisse dans tout son effet. Nous prions de bien se pénétrer de cette pensée, de ce sentiment, afin de concevoir toute la grandeur, toute la sainteté de la mission que la bonté divine daigne confier à notre charité ; et pour y parvenir, il suffira de se rappeler ces vérités de foi : Jésus-Christ s'est fait homme pour réconcilier le genre humain avec Dieu; il est venu parmi les hommes pour leur apprendre les vérités du salut; il a enduré toutes sortes d'outrages, de tortures ; il a répandu son divin sang; il a souffert la mort la plus cruelle, la plus ignominieuse, pour racheter et expier les péchés des hommes , les arracher pour toujours à l'esclavage du péché, i-t leur mériter toutes les grâces pour vivre saintement et acquérir le bonheur éternel. Quel but se propose la confrérie ? Concourir avec Jésus-Cnrist, et par les mérites de Jésus-Christ, à la plus grande gloire de Dieu, en demandant la sanctification des âmes par la conversion des pécheurs ; voilà le but que
se propose la confrérie La gloire de
Dieu par la cessation, la diminution du péché I Ëxiste-t-il, peut-il exister un mit
plus noble, plus glorieux de nos pensées, de nos devoirs ? Y a-t-il un objet plus digne de notre zèle ? La seule pensée de la conversion des pécheurs ne rappelle-t-elle pas à nos espnts tous les maux du genre humain dont le péché est le principe et la cause , les maux personnels aux pécheurs pendant le temps, et cette affreuse éternité de malheurs infinis à laquelle ils ne peuvent échapper s'ils ne se convertissent. Si de ces considérations générales nous passons à celles qui, dans la masse des pécheurs, intéressent ceux qui nous touchent plus ou moins prochainement, ne nous sera-t-il pas impossible de ne pas répandre de nos cœurs les vœux ardents de la compassion et de la charité chrétienne? » [Manuel de l'archiconfrérie, p. 187, et suiv.)
Mais tes associés de la confrérie du sacré cÔBur de Marie, en se proposant les fins sublimes et touchantes dont on vient de par-* 1er, ne doivent pas perdre de vue leur propre sanctification, oui ne doit jamais être séparée des autres uns : Dieu a tout ordonné, de manière que chacun de nous doit, en toutes circonstances, et par toutes ses actions, travailler à sa propre sanctification : Mac est
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volufUas Dei êonciifieatio vtstra ( / Thm. ly, 3)* Jésus-Christ nous recommande en effet de chercher à reproduire en nous la perfection de Dieu même: Estote perfecit sicui Pater vean perfeciui têt (Maiih. v, hS). Et le Saint-Esprit nous avertit, par le prophète royaly que nous devons avancer sans cesse de vertus en vertus ilbunt de virtute invirtu^ (fm(Pf a/. Liixiii.S). Si nous comprenons bien I*esprit de la dévotion au sacré Cœur de Marie« nous reconnaîtrons facilement combien elle peut inOuer sur notre progrès spirituel. Nous avons en effet fait observer que la meilleure manière d*honorer le Cœur de Marie élait de Timiter ; or» peut-on chercher à imiter le cœur le plus parfait, le plus saint
2ui ait jamais existé, après celui de Jésusbrist, sans prendre le chemin de la plus haute perfection? Peut-on contempler ce cœur si amoureux de la pureté, si ennemi de tout péché, sans concevoir de Taffeclion |K>ur cette aimable vertu, et participer à son liorreurdes moindres péchés ?
Si le souvenir de nos péchés nous remplit de confusion et nous jette dans le désespoir, un seul regard sur ce cœur si bon et si compatissant, ne sufllt-il pas pour dissiper toutes nos craintes ?
Mais ce cœur que Ton nous représente ordinairement comme enveloppé de flammes, pour signifier Tamour dont il était embrasé et entièrement consumé, et percé d'un glaive, l>our figurer les témoignages que Marie a donnés de son amour à Dieu et aux hommes, a une merveilleuse vertu pour réchauffer nos pauvres cœurs et les porter à aimer un peu ce Dieu que Marie a tant aimé, à aimer nos frères que Marie a aimés comme ses enfants, et à souffrir pour Dieu et pour nos frères, pour qui Marie a enduré un si cruel martyre, plus douloureux mille fois qu*uD martyre réel.
Si un des effets de la dévotion au Cœur de Marie est de nous porter à la charité et à la patience, il faut en conclure qu'elle est une voie assurée pour conduire à la perfection; car le grand commandement, dans lequel se résume toute la loi, n'est-il pas d'aimer Dieu et le prochain? {Matth. xxu, 37, kO.) Et selon saint Paul, qui n'a fait qu'expliquer et développer la doctrine de son Maître, la charité est la plénitude de la loi {Rom. xiii, 10), le lien de la perfection {Coloee. m, 14), et « la fin des commandements^ c'est la charité^ qui naît d*un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère. » (/ Tim. i, S.) Aussi, tous les maîtres de la vie spirituelle reconnaissent que la perfection consiste dans l'intensité de la charité, et que Ton avance dans la perfection k mesure que Ton croit en charité. Venons réchauffer nos cœurs si froids auprès du Cœur tout brûlant de Marie, parce qu elle est toute de feu pour aimer Dieu, elle communique sà flamme à ceux qui l'aiment elle-même et oui l'approchent, et les rend ainsi semblables à elle; en conséquence, sainte Catherine de Sienne lui donna le nom de porte-feu du divin amour. Si donc nous désirons brûler è notre tour de cette
heureuse flamme, tâchons sans cesse de nous unir à notre Mère, et par nos prières et par nos affections. 0ht Reine de l'amour, la plus aimable, la plus aimée, la plus aimante de toutes les créatures; ohl ma Mère, qui brftlez toujours et tout entière d*amour pour Dieu, daignez m*en communiquer une étin* celle. {S.Ligixor'uGloires de Marie, t.Il,p. 244.) En perdant l'innocence, l'homme perdit la félicité; la souffrance devint son partage et la voie du ciel : c'est par ses souffrances et sa mort que le Christ nous a rachetés: Oportuit pati Chrislum [Luc. xxiv, 26], c'est par leurs souffrances, unies à celles de lé* sus -Christ, vivifiées par celles de Jésas- Christ , que les prédestinés conquerront le ciel Udatth. XI, 12). C'est pour cela que ce bon Maître ne cesse de nous inviter \ porler notre croix ii sa suite [Matth. xvi,24], et que saint Paul, après avoir dit dans une de ses épltres, que tous les prédestinés doivent être conformes à Jésus-Christ [Rom. vni, 29), ajoute, dans une autre, que nous régnerons avec Jésus-Christ, si nous souffrons avec lui [Rom. VIII, 17). Marie, loin d'être exemptée de cette loi commune, l'a au contraire subie dans toute sa rigueur. « Toute sa vie fut un continuel exercice de patience, elle vécut toujours dans les peines ; sa seule compas^ siou aux tourments du Rédempteur suOii pour la rendre martyre de patience (S. Li«
Suori, tbtd.,p. 26ii^).» Un regard sur le Cœur e Marie, percé d'un glaive, ne suflira-t-il pas pour nous faire sentir la nécessité et le
frix de la patience, et pour nous encourager pratiquer cette excellente vertu. Si nous desirons être enfants de Marie, nous devons chercher à imiter sa patience. Quel excel^ lent moyen de nous enrichir de mérites en cette vie, et de gloire dans Tautre, que de souffrir patiemment les peines qui nous arrivent! Gomme on entoure la rigne d'épines pour la conserver, ainsi, Dieu entoure ses $e^ viteurs de tribulations, pour qu'ils ne s'alla* chent point à la terre. La patience nous Karaolit du péché et de la terre. La patience tait Iss saints. Saint Jean vit tous les saints avec des palmes, signes du martyre, à la main, ce qui signifie que les adultesqui se sauvent doittnt être martyrs ou de sang ou de patience. Obt quel fruit portera dans le ciel chaque peine soufferte pourDieul... Lorsque nous sommes accablés par la croix, recourons à Marie* Ohl ma très-douce maîtresse! Innocente, vous souffrîtes avec tant de patience, et moi, cou* pable, qui ai mérité l'enfer, je refuserais de souffrir! (S. Liguori, t6td., p. 265.)
Comme le cœur étend sa coopération aoi actes de toutes les vertus, et que Marie a eu toutes les vertus dans un degré héroïque, a excellé dans toutes, et nous a été donnée pour modèle dans chacune d^elles (lèié,, p. 231), la dévotion h son très-saint Cœur sera donc un puissant excitant pour nous porter à l'imiter dans la pratique de toutes les vertus, et spécialement Ue celles qoi nous sont le plus nécessaires dans la posi* tion où nous nous trouvons. Travaillons, surtout è son exemple, à faire chaque jour
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