COM
privilèges communs à tous tes fidèles : telle estrinaulgence que la très-sainte Vierge obtint de son diri^n Fils, à la prière de saint François d*Assise. Cette indulgence n*est pas réservée aui seuls enfants de ce saint patriarche :les Souverains Pontifes font étendue et Tont communiquée à tous les chrétiens qui ont soin d'apporter toutes les dispositions requises pour la gagper» et ceh» conformément à Tinlention du saint qui Tavait demandée.
Mais il y a des privilèges d*uu autre genre, que les Papes n ont pas jugé k propos d*élendre au aelk des bornes que le Ciel même a prescrites : tels sont les privilèges que la très-sainte Vierge a attaches au Scapulaire, soil pour exempter les confrères des flammes de Tenfer» soit pour les délivrer de celles du purgatoire : deui grands privilèges que nous allons expliquer séparément.
Exemption des flammes de Fenfer.
PRiMiER mviLtos.
Ce privilège est si clairement et si solidement établi sur les promesses de la Reine du ciel» qu'il faut ou douter de la vision de saint Simon Stoch, ou convenir qu'après les vérités de la Foi, il n'est rien de plus certain dans la religion. Mais comment douter de cette vision T Le ciel l'a autorisée par un nombre infini de miracles; les Souverains Pontifes non-seulement l'ont confirmée, mais encore ils ont fait un précepte k tous les ecclésiastiques de réciter i'oiuce (1) oh elle est insérée ; l'université de Paris et celle de Salamanque j ont souscrit ; une infinité de docteurs l'ont approuvée , les uns en appelant leScapulaire un habit céleste, et les autres, un nabit divin; parmi les saints qui ont illustré l'Eglise, depuis le milieu du iiu* siècle, il s en trouve plusieurs qui en ont fait l'objet de leur pieuse croyance , et Ton n'en trouvera aucun qui Tait niée, ni même révoquée en doute. Enfin , la sacrée congrégation des Rites (2), après les examens les plus sérieusement réitérés, en a reconnu la vérité ; yen té qui lui a paru si claire et si certaine, qu'elle n*a pas lait difficulté de la proposer à tous les fidèles , comme le fondement d'une dévotion contre laquelle la rage des démons et l'incrédulité des hommes ne pourront jamais lancer que des traits impuissants.
Cependant, malgré cette nuée de juges aussi éclairés que désinlérebsés, il ne s'est que trop élevé de ces prétendus esprits forts qui, toujours armés d'une critique plus propre à affaiblir la piété qu'à éclaircir la vérité; de ces esprits, dis-je, qui, accoutumés à combattre de la même main les traditions populaires et les vérités les mieux constatées, semblaient avoir trempé leur plume dans le puits de l'abtme, pour anéantir la vision de Simon Stocb, aussi bien que le don et les promesses de Marie. Mais il est
(I) L^oflQce de Noire-Dame da MonlrGarmd.
(i) L*illuslre cardinal Beltarmin, de la compagnie de JcMis. y prëtsiJail en 1CK)9, et le cardinal de Terra, eo 1028.
arrivé de cette vision ce oui arrivera toujours des ouvrafi^es marques au coin de la Divinité i les critiques se sont évanouies, et la vision, si souvent attaquée, est demeurée taomphantf^. Ajoutons même que plus l'en* fer a iait d'efforts pour la détruire* plus la ciel, a pris plaisir à la faire briller par tés prodiges les plus éclatants, opérés par la vertu du Scapulaire. Disons encore qull semble que Marie ait voulu lui donner un nouveau degré de gloire, en lui prêtant ee trait de ressemblance avec l'Eglise perséeutée et victorieuse i.
Mais, ea rapportant à la Reina des anges toute la gloire de ces triomphes, ne frustrons pas tant d'illustres écrivains (i) de l'honneur qu'ils se sont acquis, en aâendant sur la terre ce que Marie pralégeail du haut du ciel. Je leur rendrais X tous la justice qui leur est due,, en les nommant tous par leur nom, si ie n'appréhendais de ders» nir ennuyeux. Mais,, parmi cette fouie (b défenseurs de la vision de saint Simon Stodu je ne puis m*empdcher de nommer le pim et savant Thèopnile Raynaud (2), qui a écm pour la défense du Sçapufaire avee tant d» zèle, de force et de solidité, que son ouvraee sera un monument éternel de sa piété et de son érudition, comme il sera Timmortei désespoir des ennemis du don et des promesses de la Reine du cieK
Que ce don est précieux t Que ces promesses sont consohin tes 1 Quiconque mourm revêtu de eei habit ueiouffrim pas kt-fUatmm. étemelles. Mais ces paroles, toutes oousolantes qu'elles sont, ne doivent point inspirer aux confrères du Scapulaire une coofiaiice présomptueuse, ni une molle indolence pour leur salut.
En effet, prétendre, croire ou enseiraer que pour être sauvé il suffit de mourir dam le Scapulaire, ce serait déroger aux mérites du Rédempteur, détruire le mystère de la croix, anéantir la justice du souverain Juge, abuser de la simplicité des peuples, fovorisor le relâchement, prêter des armes k Tincrédulité ; en un mot, ce serait une erreur que tout l'Ordre des Carmes sera toujours le
Eremier à détester et à condamner. Tous les ommes meurent couverts du Sang de Jésus- Christ, et tous les hommes ne sont pas sau* vés: comment le seraient tous ceux qui meurent couverts do l'habit de Marie ? Ainsi n'étendons pas les promesses de cette divine Mère au deià de leurs justes bornes; mais têchons de les expliquer par les promesses* mêmes de son Fils. Je ne crois pas que nous puissions suivre une règle plus sûre. Le parallèle que j*en yais faire mettra la chose dans tout son jour.
Jésus-Christ promet la Tie étemelle i ions ceux qui mangeront sa Chair, et qui boiront son Sang (3). voilà l'oracle de la vérité. Ce-
(I) Les RR. PP. i. B. Lezaoa, Philibert, Fcaoje, Clieron, cte.
{^) De la compagnie de Je sus.
(3) Qiii manducat nicam cvmein, ^ bibil i sanguinem, liabei yiiaxD siemam {^i}ûn. vi, 5àj
CON
DES INDULGENCES
CON
pendant il n^est que trop Trai que parmi ceux qui mangent son corps il y en aura qui, bien loin a*aToir la Tie étemelle, seront condamnés h une mort éternelle. Pourquoi T Parce qu'ils Tauront mangé indignement.
De même, Marie promet que ceux qui mourronl dans le Scapulaire ne souffriront jamais les flammes éternelles ; cependant il y en aura qui seront condamnés à cet aflireux supplice. Pourquoi? Parce qu'ils n'auront pas porté cet habit saintement.
Jésus -Christ dit encore que celui qui croira et sera baptiséf sera sauvé (1). Cependant il est de foi que, pour le salut, la foi seule ne suffit pas dans les adultes , et qu'il (aat aussi la pratique des bonnes œuvres : de même» quoique Marie semble avoir attaché l'exemption des flammes éternelles au Scapulaire, le Scapulaire seul ne suiEt pas mur nous en exempter : il faut encore l'exercice constant d une vie parfaitement chrétienne.
Knfin , saint Jean nous assure que bienheureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur 9): de même, nous pouvons dire, fondés sur les promesses de Marie, que bienheureux sont ceux qui meurent dans le Scapulaire. Mais, comme mourir dans le Sei-
Seur, c'est mourir dans la grAce de Jésusris^ de même mourir dans le Scapulaire, c*est mourir dans la sainteté que Marie etige de tous ceux qui sont revêtus de son habit.
C'est ainsi qu'il faut entendre les promesses de cette Reine du ciel. C'est à ces conditions que ses heureux enfants ne tomberont Jamais dans ces gouffres de feux que le soume de la justice divine ne. laissera jamais éteindre m ralentir. Le Scapulaire est a la vérité un signe de prédestination, mais il n'en est pas une cause ; il est un puissant moyen de sanctification, mais il n'en est pas un garant infaillible; les çrAces qu'il attire nous aident à observer plus facflement la loi, mais ces grâces exigent notre coopératioo. Nous devons donc, selon le conseil de TApÂtre^ opérer notre salut avec crainte et tremblement (3), quoique nous soyons re* vêtus d'un habit de salut.
Cependant, pour ranimer la confiance et relerer le courage de nos pieux confrères, je dois ajouter que cent fois Marie a exécuté ses promesses en faveur de plusieurs de ses enfants que la mort était sur le point de frapper et que l'enfer était près d'engloutir. Qu>-t-elle fait pour cela ? Elle leur a ménagé une grAce de conversion ; elle leur a obtenu quelques instants de vie ; elle leur a
Ïirocuré le moyen de fléchir leur juge par e sacrement dfe réconciliation, et par Ik ces têtes criminelles, qui allaient être les tristes victimes de la justice de Dieu ,
Jî) Qui crediderît, et baptizatus fuerit, salvus erit mr€. XVI, 16).
^ VÈ) Beaii mortui qal in DonuDO monuatur {Apû€,
uv. 15).
(3) Cim meto et Iremere vestram salotem opéra-
aiwî (PMiipF. Il, IS).
sont devenues les heureux objets de sa miséricorde.
Cette vérité a beaucoup de rapport avec le sentiment de plusieurs Pères qui nous assurent qu'on n'a jamais vu périr un dévot de Marie, et que quiconque est véritablement attaché au service de cette Mère du Sauveur ne sera jamais exclu de l'héritage du salut. Redoublez donc votre fidélité, heureux confrères; honores Marie, imitez Marie. A ce prix l'enfer sera fermé sous vos pieds, et vous ne tomberez jamais dans ses gouffres embrasés.
DcUf noce des flammes du purgatoire.
SBCOaD ntlVlLÉOB.
Ce privilège est fondé, comme le précédent , sur une apparition ; mais l'un n'est pas moins certain que l'autre, parce que les visions autorisées par tout ce qu'il y a de plus respectable dans la religion, ont la même force que les histoires les plus authentiques ; et la raison de cela est que les Souverains Pontifes, avant de les appuyer de leur autorité, les examinent, et les font examiner dans toute la rigueur de la plus sévère critique. Mais, après cet examen, on ne peut, sans témérité, s'inscrire en faux contre leurs décisions. Ce sont ces décisions qui déterminent ce qui peut être l'objet de la pieuse croyance des fidèles. En suivant cette règle, on ne risque point de s'égarer; en s'en écartant, il y a danger de combattre la vérité, pour ne s'attacher qu'à une piété de caprice, toujours sujette h erreur. On peut me dire que ces sortes de visions sont quelquefois très- nécessaires , j^rce qu'autrement nous ne pourrions jamais savoir sur la terre ce qui a été résolu dans le ciel. En effet, qui a pénétré, nous dit saint Paul, les desseins de Dieu , et qui est entré dans le secret de ses conseils (I)?
Je le publierai donc, ce privilège, quoiqu'il ne soit fondé que sur une apparition, et je le publierai avec d'autant plus de confiance, que j'aurai les garants les plus respectables. Le premier garant qui se présente , c'est Jean XXII, Pape, qui certainement u*était pas homme h donner dans l'illusion. C'est à fui que la très-sainte Vierge apparut pour lui commander de publier le pnvilége ou*elle venait d'obtenir de son divin Fils, en faveur des confrères du Scapulaire ; privilège qu'elle exprima en ces termes si consolants pour eux. « Moi qui suis la Mère de miséricorde, dit-elle, je descendrai le samedi après leur mort, et je délivrerai tous ceux que je trouverai dans le purgatoire, et je les conduirai sur la sainte montagne de la Vie éternelle. » Je no crois pas que personne ose douter de la possibilité de ce privilège : ce serait douter ou du crédit de Marie, ou du pouvoir de Jésus-Christ , ce qui serait impie. Tout le monde retombe donc sur l'existence
(1) Qnis cognovlt sensum Domini ? Aut quis.conftUiahus fJusTuit? (lUwii. xi, 54.J
COU
MCTIOiNMAlRB
CON
de la bulle (1) donnée par Jean XXII, en 1316, et renouvelé en 1322. Mais Alexandre V yienC nous rassurer, en la conGnnant, après en avoir fait, comme il le dit lui-même dans la bulle (2) donnée en 1(^09, le plus sérieut eiamen. Veut-on révoquer en doute les bulles de ces deux Souverains Pontifes? Nicolas Yi Sixte ÏVi Jules II , Clément VII, Paul IV, Pie V, Grégoire XIll , Sixte V, Grégoire XIV, Clément VIII , Paul V, Grégoire XV, Urbain VIII, Alexandre VII, Clé* ment X , Innocent XI , Benoit XIII , Clément XII , la sacrée congrégation du Sainl-^ Office, celle des Rites, les patriarches, les archevêques, les évoques ; en un mot toute TEglise publie et permet de publier ce privilège , ce qu'elle n'aurait jamais fait si cette heureuse délivrance ne lui eût paru incoiH testable.
.Hais, après la mort, y a-t-il encore des grflces ? Le temps de la miséricorde n'est^il pas passé? Oui, le temps de la miséricorde est passé ; mais le temps des suffrages de Marie n'est pas passé. Les bornes de la vie ne sont ni les limites de son crédit, ni le terme de ses faveurs. Son amour, plus fort que la mort , franchit les remparts du tom-^ beau, pénètre, vole jusqu'au fond de l'abtme^ Nouveaux besoins , nouveaux secours : sa tendresse s'arme de tout son pouvoir, et opère un prodige jusqu'alors inconnu à la créature. À l'exemple de Jésus^hrist, qui,
I)ar la seule force de sa puissance, retira des imbea les Ames des anciens pères, Marie, par la force de son intercession , retire du
fmrgatoire les Ames de ses chers en&nts, et es conduit dans leur céleste patrie. Est-ce moi qui parle? NonI c'est toute l'Eglise qui me prête sa voix pour annoncer cette vérité : Beatiêiima Yirgo.*. fUios in Scapularii so-cietatem relaios... dum igné purçatorii expiantuff iolarif in calestem pairtam obtenlu $uo quantociue çie creditur tfferre (3). Que dira a cela l'envie la plus envenimée?
Privilège si singulier que , quoiqu'on vertu d'une heureuse communication, les CQofrères du Scapulaire jouissent de toutes les grAces, indulgences, privilèges accordés aux autres sociétés, les confrères de ces sociétés ne jouissent point du privilège de la délivrance du purgatoire, s'ils ne sont revêtus de rbabit de Marie ; et la raison de tout cela est que tous les autres privilèges ont été accordés par les Souverains Pontifes, qui ont pu les rendre communs à tous les Quêtes , et que le privilège dont il s'agit n'a été demande par la très-mainte Vierge, et n'a été accordé, par Jésus-Christ, qu'en faveur des seuls confrères du Scapulaire. C'est ainsi que cette divine Mère a voulu faire connaître A ses enfants bien-aimés qu'après les avoir protégés pendant leur vie, elle ne les oublie pas après leur mort. Nous verrons
a Elle commence par ce$ mots : Sacratissimo uti ine, (2) Elle commencé par ces paroles : Tenorem cujuidam privUeaiL
(5) Dans la sixième leçon de Tofflce de Notre-Dame du Moul-Carmel.
dans l'article des devoirs attachés au Scapulaire, ce que les confrères doivent filtre pour jouir de ce privilège.
Le Scapulaire esi miraculeux dans ses effeU.
Dieu seul est le premier , ou pour mieux dire, l'unique auteur des miracles ; il les opère , tantôt par lui-même , comme il fit à l'égard du buisson qui brûlait sans se consumer; tantôt par le moyen des choses les plus indifférentes, telle qu'était la baguette de Moïse. Nous ne saurions douter qu'il n'ait souvent accordé ce privilège aui nommes, soit pour manifester leur sainteté, soit pour exécuter ses ordres, soit enfin pour affermir la foi ou pour récompenser la piétés Mais quelque puissance qu'il leur ait commun!-
3uée, nous pouvons assurer, sans risquer e nous tromper, que celle qu'il a cainiojniquée à la très-sainte Vierge est incoro|>«rablement plus grande. 11 ne faut donc pss s'étonner si son intercession a toujours été
f)lus féconde en prodiges que celle de \ojs es saints. Nous devons seulement admim >a conduite pleine de sagesse qu'elle tieol en les opérant. Quelle fidélité, quelle exactitude à imiter le plus parfait de tous les modèles ! Jésus-Christ , a l'exemple de soa Père, a fait des miracles, tantôt par un seul acte de sa volonté , comme quand il dit au lépreux : Je le veux ^ soyez auéri (i); tantôt par le moyen des choses fes plus méprisables, comme quand il pétrit un peu de boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle-né (3). et ses yeux furent ouverts. Marie, à Timitalion de son divin Fils, en a fait tantôt par la seule vertu de son crédit , comme il est arrivé si souvent dans les lieux où elle a été invoquée ; tantôt par les choses les plus fai* biQS et les plus viles en ap'parence^ comme elle fait tous les jours par le Scapulaire.
Pour nous convaincre de cette vérité, nous n'avons qu'à jeter les yeux sur toute la face de l'univers. Partout nous trouverons que Marie, depuis sa mort, a exercé sur toute la nature le même empire ^ue Jésus- Christ avait exercé pendant sa vie. Partout aussi nous trouverons que, depuis cinq ceuu ans, le Scapulaire a été un des principaux instruments dont elle s'est servie pour opérer une infinité de merveilles.
Je n'aurai garde de les détailler : plusieurs volumes suffiraient à peine pour un semblable détail. Ce sera assez de les indiquer. Le lecteur curieux pourra avoir recours aux livres qui ont été faits sur ce siyet. Pour ce qui est du lecteur pieux, et qui ne cherche qu'à s*édifier, j'en dirai assez pour nourrir et fortifier sa piété.
Mais avant d'entrer en matière, je suis bien aise d'avertir que je ne rapporterai aucun miracle qui ne soit authentique, et que la gloire que je semblerai attribuer au Scapulaire n'appartient qu'à Dieu, et, après lui* à la Reine du ciel et de la terre.
(1) Volo» muiidare {Matth. vin, 3).
Fecit hiiutn, et linivit lulum super ocvlos tf»
[Jàan. IX, G).
CON
Mirades opérés par la vertu du Sedpulairef en favenr des villes^ des provinces et des royaumes eniiers.
Quelle foule de proJiges se présente k mes regards 1 Je les rapporterai avec d'autant (iluf d'assurance* que €• ne sont pas de ces miracles attestés par ane ou deux personnes, dont le témoignage peut être révoqué en doute; mais par une nuée de témoins, par des peuples entiers qu*on ne saurait soupçonner d*avoir agi d'intelligence pour en imposer à tout l'univers.
Là je vois toute une province ravagée par le plOs terrible des fléaux (1). Une seule ville (2) met sa conGance dans le Scapulaire : celle ville est épargnée, et elle consacre la mémoire de cette insigne faveur par un monument digne de la grandeur de Marie et de la piété de ses habitants. Ici (3) le ciel s'était fermé, comme aux jours d'Élie, et la stérilité régnait comme au temps de Joseph.
Marie a été réclamée ; sou habit a paru : le ci<^l, auparavant d'airain, s'est fondu en eau, et les peuples ont trouvé des greniers i)\u$ abondants que ceux de l'Egypte. Plus loin (V) je vois des nations armées contre les Dations, ne respirer que le sang et le carnage. Marie est invoquée; le Scapulaire est porté en procession. A l'asnect de ce nouvel éiendard. les peuples sont (lésarmés, le flambeau de la guerre s'éteint, et les charmes de la paix renaissent.
Toute la nature, tous les éléments semblent respecter la vertu de ce saint habit. Dos maladies (5) jusqu'alors inconnues, triomphant de 1 habileté des médecins, dépeuplent-elles les villes et les bourgs ? Le Scapulaire parait, la mortalité cesse. Les puis* sances oe l'air ont-elles formé un orage prêt à foudre sur les campâmes (6j ? Par la verlu de ce céleste habit, I orage est écarté ou dissipé. La mer ose-t-elle franchir les limites <]ue le doigt de Dieu lui a marquées sur le sjble? Le Scapulaire est la seule digue qu'on lui oppose; à l'instant, son orgueil se brise, et ses flots respectueux rentrent dans leurs boroes ordinaires.
Miracles opérés par la vertu du Scapulaire^ en faveur des particuliers.
Cbst ici que, pour raconter toutes les merveilles du Scapulaire, j'aurais besoin de toutes les langues que saint Jérôme souhaitait d'aYOir pour célébrer les vertus de Sle Paule. Toute la terre n'est qu'un vaste théitre, où le ciel semble prendre plaisir à UiTt' éclater la vertu divine de ce petit habit. Partout je vois des miracles. Que d'embrasements éteints, et de naufrages échappés I Que de balles aplaties, et d'épées émoussées 1
(I) La Provence fut ravagée par la pesus en 16i9. (i) Marseille.
(3) Bn Bspag ne, dans le xiv* siècle, et en Sicile
(4) Aa si^ de Hle de Mnlte, en 1565, et à celol de b Tille et Goeidre, en 1597.
(5) D:»!» TAnjoit.
iC) Ea Savoie, en Sardaî^e et ailleurs.
DÉS INDULGENCES
CM
7fo
Combien d'aveugles éolairés^ de boiterux redressés, de paral;^tiques guéris, de morts ' ressuscites! Combien de fois la foud^e,
f>rès de tomber sur un confrère du Bcapuaire, a~t-elle été suspendue ou détournée I Combien de fois, même en frappant un enfant de Marie, a-t-elle respecté I habit ' dont il était revêtu, et n'a. laissé sur son corps, qu'une marque (1) de salut t
Qui pourra suflire à raconter les triomphes du Scapulaire sur le prince des ténèbres ? Combien de fois, à Taspect de ce saint vêtement, cet ennemi du genre humain a-t-il été'forcé d'abandonner des Ames infortunées qui étaient le iouet de sa jalousie et les victimes de sa fureur I Que de pactes faits par la force de la magie, défaits par la vertu de cet habit céleste 1
Cette même vertu n*a-t-elle pas cent fois franchi les mers, pour suivre dans des régions-barbares des confrères captifs, et gémissant sous la tyrannie de l'ennemi du nom chrétien ? N'est-elle pas descendue avec eux ' dans la fosse, pour les consoler? N'a-t-clia pas arraché plusieurs de leurs fers, pour les ' rendre miraculeusement à leur chère patrie? Combien d'autres n'a-t-elle pas affermis dans leur foi, au moment même que, accablés du poids de leurs chaînes, et désespérant de les rompre, ils étaient assez lâches pour balancer entre Jésus-Christ et Mahomet I
Combien de fois Tinnocent opprimé nV t-il dû son salut qu'à cet habit miraculeux I Combien de fois, par la vertu de ce même babil, le criminel condamné a-t-il vu les instruments de son supplice devenir les instruments de sa conversion, et le Scapulaire être la source de sa délivrance, et le principe de sa sanctification 1 Combien de fois le voyageur attaqué, et n'avant pour défense que l'habit de Marie, a-t-il échappé au danger de laisser, entre les mains des voleurs, sa fortune et sa vie 1
Que de nouveaux prodiges le Scapulaire fait encore éclater a mes yeuxt Peut-on trouver un genre d'infirmité dont il n'ait été le remède ; une espèce de poison, dont il n'ait été l'antidote ? Y a-t-il ue douleur gu'il n'ait apaisée, de plaie qu'il n'ait guérie, d'ulcère qu'il n'ait cicatrisé ? N'a-t-il pas toujours été à l'épreuTe de là dent meurtrière des bêtes féroces, et du venin subtil des serpents les plus dangereux ? La vora^ cité des monstres marins ne Ta-t^elle pas toujours respecté ? Combien de fois n'a-t-il pas été trouvé au milieu des flammes sans en être offensé (2) ; au milieu de la pourriture,
(1) Une figure de f.
(2) Un jeune étudiant, sauvé de Taffrense catastrophe du chemin de Ter de la rive gauche de VersailicSf accompagnait à Thêpital Necker un de ses amis grièvement âessé. Arnvé k la sal|e dans bquelle on dépose son ami, il dit âi une des sœurs qui se trouvaient là : t 0 ma sœur, c'est mon Scapukiire qui m*a sauvé ! c*est à la sainte Vierge que je dois la vie. Seal des personnes qai se trouvaient dans le njéme wagon que moi, fai échappé à la mort; je n'ai même eu ancvne blmure. 0 quelles action» de grâces je dois rendre à Dieu ! i (Oiritonn. d\\n€céQi9€.i
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DICTtONNAlKR
GON
sans être corrompu; aa milieu des caui, sans en £tre enilomma(;é« ni roAroo mouillé I coroliien de Tois n'a«t-il pas triomplié de la fureur des iiérétlquos I hl combien de fois n*a4-il |»as été* pour les Tidèlcs qui le portent, une source de grâces aussi précieuses qu'aliondanles I
Le Scapulaire esi intêtimablt par Us grâces
qu'il attire.
La grâce est un dun du ciel si précieux , qu'il est préférable aux royaumes et aux trônes de la terre (1). Toutes les richesses et les pierres précieuses, réunies •ensemblci ne lui sont point comparables ; et il est au* tant au-dessus de l*or et de l^argent, que J*or et l*argent sont au-dessus du sable et de la boue. Jugez par là, heureux enfants de Marie, du prix des grftces du Très-Haut ; el ju[cez« en même temps, du prix du Sca-
f»u1aire, qui vous enrichit avec tant de pro" usion.
Parmi ces grâces, il v en a qui ont pré* cédé votre réception , d autres qui l'ont accompagnée, d*autres qui Tont suivie, d*autres enfin qui vous sont préparées. Comme peut-être vous n*y avez jamais fait assez de réflexion , je vais entrer dans un détail qui vous les fera reconnaître, et il ne sera pas nécessaire de vous les prouver, parce que, pour peu que vous rentriez en vous-mêmes, vous trouverez au fond de votre cœur une conviction parfaite.
Des grâces qui précèdent et accompagnent la réception des confrères.
Heureux confrères, vous avez été agrégés l la famille de la très-sainte Vierge ; mais quelle voix vous y a appelés? queîle main bienfaisante vous y a conduits ? N'est-ce pas Marie qui vousa choisis pour ses enfants (3), avant que vous eussiez pensé à la choisir pour Mère ? n'est-ce pas e!lle qui vous avait destiné son habit, avant que vous eussiez formé le dessein de vous en revêtir? Ce dessein même, n'est-ce pas elle qui vous l'a inspiré I n'est-ce pas elle qui vous a procuré la lecture de ce livre spirituel où vous avez appris les avantages de cette dévotion ? N'est-ce pas elle qui vous a heureusement remis entre les mains de ce directeur aussi éclairé que zélé pour votre salut , dont les sages conseils vous ont portés à vous ranger au nombre des enfants de cette divine Mère? N'est-ce pas elle enfin qui vous a ménagé la connaissance de cet ami pieux, dont le salutaire exemple vous a déterminés à vous consacrer au service de cette Reine des anges? Ne soot-ce pas là tout autant de grâces, dont la bonté de Marie vous a prévenus I
Mais ce n'est pas tout. Rappelez à votre mémoire le jour de votre réception , et les
^ (1) P/aeposui illam regnis et secUiras, et diviiias
nibtl esse duxi in cooiparaiione illiiis {Sap. vit, 8).
m Non vos me elcgislis, sed ego ebgi vos {Jouk.
circonstances de votre agrégation. Vous trouverez, fille chréliL^nne, que Marie vous a appelée, vous a admise au nombre de ses filles bien-aimées, dans un temps où une passion naissante commençait à enflammer votre cœur pour la terre, et à l'attiédir pour le ciel. Eh I à quels dérèglements cette passion ne vous aurait-elle pas conduite « si la grâce n'en eût pas arrêté les progrés I Femme chrétienne, vous reconnaîtrez que vous êtes heureusement entrée dans la famille de la très-sainte Vierge i au moment même que, attirée par les amorces du jeu et du plaisir, ou que, accablée sous le poids des embarras du siècle, vous étiez sur le point de négliger le service de votre Dieu, el d'abandonner votre salut. Eh I n'auriez-vous pas cent fois négligé l'un et abandonné Tau* tre, sans la grAce qui vous a rappelée à vos devoirs les plus essentiels? Homme chrétien, vous serez forcé d'avouer que vous avez été revêtu d'un habit de salut dans un temps où vous aviez à combattre contre n peuple d'ennemis invisibles, ennemis d"»^ tant plus dangereux qu'il sont domestiques; d'autant plus forts qu'ils sont accoutamés à vaincre , et enfin d'autant plus funestes que leur triomphe plaît même à ceux qu'ils ont vaincus. En 1 combien de fois n'auriez- voos pas succombé sous leurs traits, si la grâce ne vous eût fortifié 1 Mais ces grâces victorieuses, à qui les devez-vous? N'en doutez pas, c'est à Marie; c'est elle qui vous les a obtenues ; et c'est le Scapulaire dont vous êtes revêtu^ qui a excité sa tendresae à les demander.
Des grâces reçues dans tous les étais de la vis après la réception du Scapulaire.
II eu est , no faisons pas difficulté de Tavouer pour l'édification des uns et pour Ja confusion des autres; il en est, dis^e, des enfants de Marie, comme des anges des sept églises dont parle saint Jean dans son Apocalypse. Les uns ont conservé leur première ferveur, les autres l'ont laissé affaiblir; d'autres enfin l'ont malheureusement perdue. Mais , dans ces différons états , quelle abondance de grâces le Scapulaire n'attire>til pas aux uns pour les soutenir dans le bien, et aux autres pour les retirer et les éloigner du mal 1 Je ne prétends pas pourtant restreindre au seul Scapulaire toutes les grâces Îue les confrères reçoivent de la bonté de ieu. Je sais trop bien que, comme la grâce a plusieurs formes , elle a aussi plusieurs canaux pour se communiquer aux nommes.
Ainsi , lorsque j'attribue à la médiation de )a très-sainte Vierge toutes les grâces dont je vais parler, je ne le fais que pour eiciler dans lecœurde ses enfants les sentiments de la plus juste reconnaissance; el lorsque je représente le Scapulaire comme un motif
3ui engage cette tendre Mère à les protéger 'une manière distinguée , ce n'est que pour leur inspirer toute l'estime qu'ils doivent avoir pour cet habit divin. Ce qui n'empAche pas que je ne reconnaisse qu'un Dieu infiniment riche en miséricorde peut répan-
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DES INDULGENCES
CON
dre, el répand en elfet les richesses de sa grâce par une infinité d'autres voies. Je re- Tiens a vous, heureux confrères, et c'est h vous que je ni*adresse encore. Combien d'illustrations lumineuses ont éclairé vos esprits pour leur faire reconnaître la Tolonté de votre Père céleste I combien de pieux mouvements ont pénétré vos cœurs» pour les détourner de la voie de perdition 1 Si , au milieu des troubles qu'excitait en vous le combat des passions , vous avez vu si souvent mitre an rayon de lumière qui a dissipé ces nuages et vous a rendu la paix; si, après avoir fléchi le genou devant ridole de la vapjtét vous êtes venus vous prosterner aux pieds d'un Dieu crucifié ; si, après mille cbu* lest vous tous êtes heureusement relevés ; si , après mille égarements , vous êtes rentrés (Fans les sentiers de la justice ; si enfin , après avoir bu dans la coupe empoisonnée des enfants du siècle, vous avez été admis à la table des enfants de lumière, d*où peu* sez-TOus que toutes ces grâces vous sont venues? Ouvrez les yeux, ei vous verrez que e est de la main de Marie. La pieuse Esther s iiilèressa autrefois auprès d'Assuérus pour le salut de son peuple ; l'ingénieuse Thécuite se jeta aux pieds de David pour obtenir le pardon d'un fils rebelle : Marie , cette noére incomparable , agit , prie , sollicite sans cesse au pied du trône de l'Eternel , pour arrêter la foudre près de tomber sur tJt's enfants qui lui sont chers, quoique coupables ; et pour attirer un de ces regards qui ont fait autrefois d'un prince homicide un roi pénitent; d'un disciple infidèle, un apôtre intrépide; d'un persécuteur de l'Eglise, un vaisseau d'élection. Aurait-elle ialuais eu pour vous cette tendre sollicituJe, si vous n'aviez jamais eu son habit? Mais, si cet habit attire tant de grftces sur les pécheurs , combien n'en attirera-t-il pas sur les justes 1 Vierges chrétiennes, qui marchez sur les traces de Marie ; épouses d'un Dieu dont elle est la Mère, nestn^e pas parce i;ue vous êtes revêtues de son Scapulaire , iju'elle répand sur vous, avec plus de prorusion que sur bien d'autres, cette céleste rosée qui conserve la fraîcheur des lis et en rehausse l'éclat? Epoux chrétiens, noble i^nire de l'union de Jésus-Christ avec son ^^ise « n^est - ce pas le Scapulaire qui , par ^5 grâces qu'il attire sur ceux qui le porent, nourrit en vous cet esprit de paii, de laiiié, cie fidélité^ qui vous fait trouver les roses au milieu des épines inséparables le votre étal? Veuves aliligées, désolées, [ue la mort n'a affranchies des chaînes qui ous liaient à un époux mortel, que pour us précipiter dans un gouffre de peines et afflictions plus fâcheuses que la servitude jême* nVst-ce pas pour prix de la piété rec laquelle vous porter son Scapulaire, u*i Marie vous a obtenu un esprit de force, ui vous aide à supporter avec patience les jiniliations de la viduité; et un esprit de iiuière 9 qui vous a fait comprendre qu'une lie ijnmortelie ne doit s'attacher qu'à un [ïijijx immortel 1 La tendresse de Marie ne
DlCTIU?l?l. DES lNDULGE?iCES.
s'arrête pas là pour sauver des enfants que Jésus-Christs'est acquis par l'effusion de son sang, et elle [)ar le don de son habit ; elle étend ses charitables soins jusou'au milieu du monde profane , de ce monae réprouvé par son Fils, de ce monde enfin qui n'est qu'un cercle per()étuel d'amusements frivoles, où l'on se fait un devoir de paraître, et presque une gloire de périr ; cercle où les discours les plus licencieux se déguisent sous le nom de bagatelles ; cercle où la pudeur est si souvent alarmée, et la réputation si impitoyablement déchirée; cercle, enfin, où se forment ces nc&uds si flatteurs pour la nature, si funestes pour l'innocence. C'est dans ce cercle , c'est dans ce monde que , au milieu des pièges et des dangers, cachés sous les fleurs de la molle oisiveté, la vertu s'endort, la passion se réveille, le cœur s'enflamme et se laisse séduire tantôt par une lAche complaisance, tantôt par un regard inconsidéré, tantôt par un aveugle attachement qui ne dégénère que trop souvent en idoifttrie. C'est ainsi que la force d'un Samson a été énervée, la sainteté d'un David éclipsée, la sagesse d'un Salomon anéantie. Les cèdres du Liban sont tombé? ; le torrent de la volupté les a renversés : comment de faibles roseaux pourront-ils résister? Comment auriez-vbus résisté vousmêmes, heureux enfants de Marie, si cette tendre Mère, en vous donnant son habit, ne vous eût ménagé de ces grAces précieuses qui vous; ont préservés d'un charme aussi funeste qu'imperceptible, ou qui vous ont aidés à rompre vos chaînes et à reprendre votre vol vers le ciel ? N'est-ce pas encore dans ce monde, vil esclave de toutes les passions, fier tvran de tous les cœurs qui s'assujettissent a ses lois ; n'est-ce pas , disje, dans ce monde que l'avarice, au front d'airain, se croit tout permis dès qu'il s'asit de tout acquérir ? n'est-ce pas là que l'ambi' tion se sert des voies les plus odieuses poui* supplanter un concurrent et s'élever sur ses débris? n'est-ce pas là qu'une secrète jalousie ne peut voir d'un œil tranquille les pros- 1)érités d'un voisin heureux? n'est-ce pas à qu'une tendresse paternelle, et meurtrière en même temps, inspire^ pour des enfants effrénés, une complaisance criminelle ? n'est-ce pas là enfin que les humiliations exposent un Tobie infortuné aux reproches d'une épouse orgueilleuse, el une sage Abigaïl aux emportements d'un époux violent? Que de pierres d'achonpemenl 1 que d'obstacles à la sainteté ! Vous les avez heureusement surmontés. Le monde et le démon vous ont livré des combats ; vous avez triomphé de tous leurs efforts. Mais qui vous a fait remporter ces victoires ? N'est-ce pas la gr&ce de Jésus-Christ? Cette grAce ne la devez-vous pas peut-être à la seule protection dont Marie favorise tous ceux qui portent dignement son saint habit ?
Des grâces préparées et réservées pour h fin
de la vie.
Quelles que soient les grâces que les con-
DlCTIONNAinE
CON
frèros aient reçues (ïo la leiKJresse do Marie, ils ne doivent pas croire aue les richesses de sa bonté soient épuisées, ni que les sources des grâces soient taries. Il en est une encore plus précieuse que toutes celles dont nous venons do parler, et qui en renferme U4ie întinilé d'autres; c'est la grâce de la persévérance flnale dans le bietf ; grâce dont la mère du pur amour récompense la fidélité de ses enfants bien-aimés ; grâce qui peut fort bien être accordée à ceux qui meurent d'une mort soudaine ou d'une mort violente ; tels que sont ceux qui sont emportés d'un coup de canon, ou engloutis dans les eaux, ou écrasés sous les ruines d'une maison, ou enlevés de ce monde par quelque accident imprévu que.ce soit. Car qui osera mettre des bornes a la miséricorde de Dieu, ou au crédit de Marie ? Mais grâce dont on ne voit ordinairement des marauds sensibles que dans le lit de Tinfirmilé, dans ne lit où , cnvirormé des douleurs de la mort, effrayé de l'horreur du tombeau, incertain de l'arrêt qui l'attend , l'homme ne peut voir sans frémir cet instant critique qui va lui ouvrir les portes de l'éternité. Que les enfants du siècle tremblent aux approches de ce moment décisif; mais que les eitfanis de Marie soient remplis d'une sainte con fiance. Revêtus de l'habit de cette Reine du ciel, après avoir brûlé du feu de la charité pendant leur vie, ils n'ont pas h craindre les feux des vengeances divines après leur mort. Leur tondre Mère leur procure toutes les grà* ces qui peuvent les aider à franchir heureusement ce redoutable passage. Le ministre (lu Dieu vivant , le sacrement de réconciliation, le nain des anges, l'onction sainte, tout vient à leur secours.
L'ennemi de leur salut les poursuit-il encore ? Avec quel vif empressement Marie ne les couvre-t-elle pas de son saint habit , comme d'un boucher impénétrable aux traits de ce dangereux tentateur, en même temps
au'elle implore pour eux les miséricordes u Sauveur I Avec quelle tendresse ne s'applique-t-elle pas à les consoler intérieure* ment, à les fortifier, à les soutenir jusqu'au dernier soupir? Ont-ils payé le tribut auo tous les hommes doivent à la nature, s ils ont porté dignement son habit, avec quelle complaisance ne les présente- t^elle pas au juste Juge I avec quelle joie ne partage-t-elle pas avec eux l'héritage du salut ! Ou si quelque légère tache leur interdit l'entrée de ce royaume où rien de souillé n'entrera jamais, avec quelle promptitude n'interpose-t-elle pas son crédit pour les arracher du milieu des flammes, et les conduire, comme nous avons déjà dit, dans le lieu de rafraîchissement I
Les confrères sont sans doute charmés à la vue de tant de grâces qui leur ont été accordées, et qui sont comme les arrhes de celles qui leur sont destinées. Mais ils ne doivent pas s'imaginer que, tandis que la très-sainte Vierge fait tant pour eux, ils n'ont rien à faire pour elle, ni pour euxmêmes. Us ont des devoirs à remplir; et ces
devoirs sont si essenlicls que, quoiqu'il n'j
ailpointdepéchéàlesometlre,ilsnesauraienl les négliger sans se reridre indignes de ses •bontés, ni les pratiquer sans devenir les objets de sa tendresse et de sa prolection. Bien plus, ce n'est que par ces devoirs que le Scapulairelui-mëmee&tdignedeMarie.
§ IIL — Detoibs des confbéries ou Scirc-