ARTICLE PREMIER
Noms 'et espèces de jubilés.
On distingue principalement deux sortes de jubilés : le jubilé ordinaire^ et le jubilé extraordinaire ou ad instar.
Le jubilé ordinaire est celui qui s'accorde maintenant tout les vingt«cinq ans à Rome, et dure un an : il est ensuite étendu, par une bulle expresse, à tous les diocèses de l'église catholique ; mais il dure moins longtemps.
Le jubilé extraordinaire est celui qui s'ac*corde pour quelques circonstances particu-> lières, comme l'exaltation d'un nouveau Pontife, une grâce spéciale qu'on veut obtenir pour un loyaume ou une province, la cessation d'un fléau oublie, etc.
« Nous allons parler un peu plus au long dans trois articles, i* du jubilé ordinaire à Rome, 2* du jubilé ordinaire dans les dio^ cèses de la chrétienté, et 3r du jubilé extraor-* dinaire.
Titeb L -* Dti Jubilé ordinaire à Rome.
Il faut aue nous fassions connaître en abrégé son nistoire et ses cérémonies.
1 1. Histoire do jubilé ordinaire de Rome.
« Nous ne savons point positivement ouand ce jubilé a commencé, dit Mgr Bouvier. Vers la fin de l'a u née 1299, le bruit se répandit k Rome
(I) Jubibeus Interpreutur remissionis aonos (Ub. V, cap. 37).
{%) Quisquis enim ad omni|)Otentîs Delgaudia per« venerit, Uborem et gemitum ulterius non habebit (D. Greg. in Euehiel lib. it, homU. 17.)
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DlCTIONMAmï:
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qu il allait y avoir une grande indulgence pour ceux qui visiteraient les églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Le 1" janvier suivant» la foule se porta comme par inspiration à règlise de St*Pierre. Un vieillard italien, Agé de cent sept ans, fut amené au pape Boniface VIII, et lui déclara que son père lui avait recommandé de ne pas manquer d'allerà Rome en 1300, s'il vivait encore, et de visiter l'église de Saint-Pierre I>our y gagner l'indulgence plénière, comme ui-môme l'avait gagnée en 1200. Quelques autres italiens et deux vieillards du diocèse de Beauvais, en France, confirmèrent cette tradition orale.
« Alors le pane, après avoir pris l'avis des cardinaux, aonna le 2i février sa bulle Antiquarunif dans laquelle il dit que, d Câpres des relations disaes de foi, des indulgences ont été accordées par ses prédécesseurs à ceux qui visiteraient l'église de Saint-Pierre. Il les renouvelle toutes, et, dans l'intention de faire honorer davantage les apôtres saint Pierre et saint Paul, il accorde, pour Tannée 1300 et pour toutes les centièmes années suivantes, indulgence plénière à ceux qui, repentants de leurs fautes, se confesseraient et visiteraient les églises de l'un el de l'autre pendant trente jours, de suite ou par intervalle, s'ils sont de Rome, ou quinze fois dans quinze jours, de suite ou par intervalle, s'ils sont étrangers. Jl annonce que l'effet de cette grâce sera néanmoins proportionné à la dévotion qu'on apportera et à la fréquentation des églises.
« L'aiUuence des pèlerins fut si grande que pendant toute l'année il se trouvait habituellement à Rome jusqu'à deux cent mille étrangers de toutes les nations du monde ; toutefois les vivres n'y manquèrent point, ce qui fut regardé comme un prodige (1).
(i) Mgr. Luqaei, évéque d'Hësebon, dit entre aulres choses dans un disicours préclié à Rome, et intitulé: De la grâce aue Dieu nou$ fait en nom condui" ëant à Rome. Pendant le premier jubilé séculaire qui se célébra sous Boniface Vlll, le nombre des pèlerins fut en moyenne pour chaque jour de Tannée de deux cent mille. Lu 1550, Cléntenl VI ouvrit Cannée de ialut et de divin amour^ pour employer Texpression de sainte Brigitte ; la foule fut plus considérable encore ; il y eut des jours, notamment le Jour de Pâques, où elle atteignait un million de pèlerins. Puis le vénérable prélat pose des chiffres qui sont la plus éloquente démonstration de Tattratt qui, dans les siècles, porta les catboliques à se rendre vers cette mère et maltresse, vers TEglise établie sur la pierre éternelle. En voyant ces merveilles de la piété d*un côté, et de Tautre ces prodiges de la charité, il est amené à mettre en regard le spectacle que, dans le courant de Tété dernier, la ville de Londres offrit aux nombreux visiteurs du palais de cristal. C*ét:iit en quelque sorte Tannée séculaire, le jubilé de Tindustrie, et certes, djiis notre siècle, cette divinité a assez d'adorateurs pour attirer une foule immense. Le nombre des visiteurs fut grand, en effet, mais il n*a pas atteint, il sVn faut de beaucoup, celui des pèlerins attirés à Rome par les jubilés de la sainte Eglise. Â Londres ou a vu, le 7 octobre, 109,915 personnes admises en un seul Jour dans le palais de cristal ; c'est le chiffre le plus élevé, et il est petit lorsque Ton songe au
« £n 13^2, les Romains députèrent ver^ le pape Clément Yl, résidant à Avignon, e; lui deodandèrent qu'il réduisit le temps it cent ans, fixé par fioniface VIU, coœiB'. étant de beaucou[) trop long pour le tenue commun de la vie humaine. Le Puniifr.
ayant égard à ces représentations, rei>Ji une bulle, en date du 8 janvier 13^, («r laquelle il statua que désormais le juin ^ aurait lieu tous les cinquante ans comut autrefois chez les Juifs. En conséquence \* jubilé fut célébré à Rome en 1350, avec qd concours plus grand encore qu*en 1300. Oi comptait les pèlerins par millions; e'éu de toutes parts un ébranlement inexpriiBible pour aller au tombeau des ApAim; toutes les routes étaient couvertes demoiMle
« Une autre bulle, touchant les indul|;epces du jubilé, en date du 28 juin 13U, e^ attribuée par quelques auteurs à Clémeol VI. mais elle est généralement regardée tùm: apocryphe pour plusieurs raisons, qu ;^ raissent très-solides. Elle est d*ailleQr$ rj* cule et pleine d'absurdités; par avi:'.
on y commande aui anges de cmr promptement au ciel les âmes de ceaf mourront après avoir gagné le jubilé; <^ donne permission générale aux reli^ni d'aller à Home malgré leur supérieur, ec
« Urbain VI, faisant réflexion que beauoj^ < de personnes ne pourraient encore pirticr per à la faveur au jubilé, s'il ne wm^ qu'une fois tous les cinquante ans, prit m résolution d'abréger ce temps; adoptaiH l'opinion qui donne trente-trois ans de dorée à la vie de Jésus-Christ sur la terre, ; régla par une constitution du 11 airii 1389. gu'en mémoire de ce nombre d*aonées, 1* jubilé serait célébré, à Tavenir, tous l^ trente-trois ans , et l'indiqua pour Tance' suivante 1390. Le schisme d'Occident eo* pécha ce troisième jubilé d'être aussi suin que l'avaient été les deux précédents.
a Comme les Français ne reconnaissaieci point Urbain VI , ils ne comptèrent |««' rien le jubilé de 1390 , accordé par. lui, eliréduction c^u'il avait faite: ils faisaif»' mémo pei> d attention à la réduction de CIr ment vl. Tous étaient persuadés qu'en Utu' cas on devait gagner la grande indulgi'l^ Tannée séculaire UOO, comme Boniface Hll l'avait ordonné. Ils s'y préparèrent donc,'** malgré le grand schisme, les guerres el 1 ' divisions, ils se portèrent à Rome en ^i grandes troupes, que le roi Cbarles ^l*
million de chrétiens qui se trouvèreni ii Rome ' jour de Pâques de raniiée 1350, ou mx SOO.OOv c» assistèrent, sous Grégoire Vlll, à h cI6uir«*"J porie sainte. Le pieu\ auteur ne se borne pas j ■'^'* ressortir Tavuntage numérique qui se troare m <^* des fêtes religieuses de Rome ; il s*atiacbe à »PP^J cier sous sou véritable point de vue ce»*?"» fête de Tindustrie universelle, dont b ëmik fi"» le génie du lucre, les prêtres les usuriei s du w'^'' ^ et les dévots tous les matérialistes <ie funiTcr». -■ sujet prend, sous la plume cbréiicnne <l« *'**'^* prélat, une très haute portée, et ce cbapirt' r^forme des consiJcralious digues de fi^r Uil<^^ des penseurs et des sages.
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DES INDULGENCES
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yant le royaume se dégarnir d*hommes et pnauvrtr d*argent, défendit à tous ses sus, de i*avis de son conseil, d'entreprendre 'avenir ce voyage.
« Le pape Nicolas V publia , en iU9 , le bile pour Tannée suivante, ouvrit la porte JDie avec grande solennité la veille de «1 ; et 9 renouvelant la disposition de la lie de Clément VI, il ordonna qiron lecé- )rerait de même tous les cinquante ans. t concours des pèlerins fut immense penni toute l'année.
c Paul 11 trouva, comme Drbein VI, que aucoup de personnes ne pourraient proti- * du Jubilé s il n'était célébré que tous les iquante ans; pour celte raison il ordonna, r une bulle du 19 avril 1^70, qu'il serait i^bré tous les vingt-cinq ans, à partir de 75, ce oui s'est toujours pratiqué depuis. Ile IV le publia quatre ans après. Les itres Pontifes ses successeurs I ont ainsi iblié de vingt-cinq en vingt-cinq ans. »
(Mgr Bouvier,)
\Vi, Cérémonies du Jubilé ordinaire à Rome.
«b publication du Jubilé de l'année sainte e faitsoienuelleriienl le jour de l'Ascension e raiioée précédente, à la grande porte de b35iiique Saint-Pierre, en latin seulement, : au son des troaipelles, comme se publiait Jlrci'uis le Jubile des Juifs.
« Cette même publication se fait de nouiau, en latin et en italien, aux portes du liais Quirinal, le quatrième dimancbe de tvent, ou le troisième, si le quatrième est veille de Noël.
< La veille de Noël , avant les premières êpres,le Pape entonne le Ytni ^Creator ^ dans chapelle Sistine, va processionnellement ec tout l-appareil possible à la porte Sain- (1;, sous le vestibule de Téglise Sainterre, et monte sur un trône magnifique 'ou lui a préparé. L*hymne étant achevée, reçoit des mains du grand pénitencier un irteau d'argent doré, va au mur qui ferme porte, frappe par trois fois, toujours un u plus fort, en chantant trois versets auiels les chantres répondent; puis il revote sur son trône , et fait signe qu'on dédisse le mur, qui est déjà préparé d'avance ooiber. Alors il chante plusieurs versets et ft oraison : pondant ce temps-là les ouers enlèvent les pierres et les décombres: péuilenciors de la basilique, en aube et chasuble, l2>.vent les degrés et le pavé le des éponges trempées dans do leau bé- B, et les essuient avec des linges blancs, luite le Pape se rapproche de la porte Dte, avant une croit a la main, se met à M)ux, fait sa prière, se relève, entonne le Btum^ et entre le premier: il est suivi i cardinaux, d'un nombreux clergé, tant pilier Que séculier, et de toute la procesh qui raccompagne.
Pe idant que cette cérémonie se fait à Bt- Pierre , trois cardinaux ou autres ec-
I) Cm une de» portes de Péglise de Saint-Pierre, ft'esi juuiais ouverte que pendant Tanncc du Ju- : te roite du temps eilc est nrarée.
Dict:o:^n. dis I.yd* lgences.
clésîastiques, revêtus par le Pape de la dignité de ses légats ad hoc^ vont faire la même chose àSaintJean-de-Latran , à Sainte-Marie- Hajeure et à Saint-Paul. Cette dernière basilique ayant été réduite en cendres en 1822, Léon XII a désigné l'église de Sainte-Marie Tramtevere^ ou au delà du Tibre, pour les stations, au lieu de celle de Saint-Paul (1) .
(1) Un livre tout récent rend compte de la inénie cérémonie. L'ouverture du Jubilé se fait avec un grand appareil. Le jour de rAscension de rannée qui précède celle du Jubile, après l'évangile de la messe solennelle, un auditeur de Rote vient à la porte, dite de bronze^ de la Basilique de Saint- Fierre, pour y promulguer, en latin et en italien, la bulle du Pape; puis on Tafficbe sur la porte ces quatre églises stationne) les.
Après les preuiièrcs Vépros de Noël de la même année, il se fait, à Saint-Pierre, une procession solennelle, à laquelle le Pape assiste, |)orté sur lu iedia gesiatoria» Elle fait le tour de la |>lace, et entre <kiiis le vestibule, dont les cinq portes sout rernices. Le Pape s'approche de la dernière des cinq portes à droite, qu'on appelle la poru Sainte^ et qui est murée; ra, il reçoit des mains du grand pénitencier un marteau de vermeil, dont il frappe cette porte à trois reprises, en chantant : Aperile mihi portai ju^ii^ tiœ. Le grand pénitencier la frappe à son tour de deux coups. Aussitôt des ouvriers fout tomber la muraille; le Pape, tenant une croix de la main droite et un cierge de la main gauche, entre le premier, suivi des cardinaux et de la foule des fidèles Îui se précipitent sur ses pas, et Ion entomie le e Deum. Pendant ce temps, trois cardinaux délégués par le Pape vont accomplir la même cérémonie aux trois autres églises patriarcales.
La porte Sainte reste ouverte toute' fanmie du Jubilé, d^une fête de rSoêl à Tautre. Uuaad arrive le moment de la fermer, le Pape se rend le nième jour, à la même heure, et dans le même appareil, à la porte (^u'il a ouverte l'année précédente. H prend trois fois de la chaux dans un vase avec une truelle d*argeut, et en pose à l'endroit où le mur doit se relever, au milieu d'abord, puis à droite, et eiiGn si
Ï;auclie. Les maçons achèvent l'ouvrage, après que e Pape l'a recouvert de pluaieurs médailles, et quand le tuut est terminé, on applique sur la porte, du côté du vestibule, une croix de bronze. La même cérémonie est accomplie dans le même temps, par un cardinal, dans les trois autres basiliques.
Belle par elle-même, b cérémonie a un sens mystérieux et sublime. La porte Sainte se trouva à droite, les fonts baptismaux à gauche de l'éfflise, ce qui signifie les deux entrées ouvertes à I honune pour arriver au ciel. Le baptême est la première, mais on n'y passe qu'une fois; la porte de la pénitence est la seconde, et, ^ràce à la miséricorde di vine, elle n'est jamais ii'revocablement fermée. Ct%i le jour de Noël, jour par excellence d'indulgence et de pardon, 'que la porte Sainte ea ouverte. An Pontife, représentant du Sauveur, est réservée la prérogative de l'ouvrir, et la gloire de la franchir le premier. On emploie le marteau et non tes clefs, parce que la porte ouverte avec des clefs sul>siste toujours, elle peut encore être fermée ; mais ouverte avec le marteau, elle est démolie, et chacun peui entrer sans obstacle et sans crainte.
L'élue du Jubilé voit toujours accourir à Rome un très-grand nombre de pèlerins, des personoates illustres de toutes les nations, quelquefois même des têtes couronnées. Au Jubilé de 1550, on compta jusqu'à un million deux cent mille pèlerins. En liSO, le concours fut plus nombreux qu'il ne Tavait Jamais été ; tcltement que, sur le pont Saint-Ange, la foute ittiiiicnse qui s*y pressait occasionna la chute
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« On ne connaît pas exactement les corn* mencements de cette grande et onagniQque céréraouie. Quelques-uns la font remonter fort haut. Le sentiment le plus commun est qu'Alexandre VI, qui la.pratiqua à Touverture du Jubilé de iSOO, en est Tinstitateur.
« La clôtore du Jubilé se fait aussi solennementle même jour de Tannée suivante. Le Pape chante les premières yèpres de Noël dans ]*église Saint-Pierre» puis entonne une antienne qui commence par ces mots : Cum jueunditaie exibilis. Les assistants sortent avec empressement par la porte Sainte ; le Pape bénit les piérides et le ciment destinés à murer cette porte, prend du mortier avec une truelle d'argent, en met au milieu, à droite et h gauche, et pose trois pierres, une au milieu, une à droite et Tautre à gauche. Le grand pénitencier met aussi du mortier par trois rois , et trois pierres. Quatre pénitenciers de Saint-Pierre, revêtus de cnasublés, font la même chose. On renferme dans ce mur douze cassettes pleines de médailles d'or et d'argent pour transmettre le souvenir de celte cérémonie; les maîtres maçons continuent l'ouvrage , ferment totalement l'ouyerture et ench&ssent une croix de cuivre dans le mur. La cérémonie se termine par une bénédiction solennelle que le Pape donne au peuple. » (Idem.)
TiTRB H. — Du Jubilé ordifiair$ dans le$ diocèses de la chrétienté.
c Les Souverains Pontifes invitent tous les chrétiens à aller visiter les tombeaux des Apôtres à Rome, pour y ranimer leur foi et y gagner Tindulgence du Jubilé ; mais ils n'ont jamais prétendu en faire un précepte. Ils se montrèrent difficiles, il est vrai, dans un temps, à permettre qu'on pût gagner l'in* dulgence du Jubilé ailleurs qu'è Rome. Ce-
Eendant après que le Jubilé , fixé par Drain Yl è l'année 1390, fut passé, Boniface IX, qui avait succédé & ce Pontife, donna une année d'indulgence, sous la même foi;me que celle de Rome, à la ville de Cologne'; de sorte que les habitants de cette ville , et ceux qui y vinrent pendant 1391, visitèrent certaines églises déterminées, y firent leur oiFrande, purent ^asner la même indulgence plénière qui avait été attachée aux stations de Rome.
« L'année suivante , il accorda la même faveur à la ville de Magdebourg, et ensuite il donna de semblables indulgences , pour quelques mois seulement, à plusieurs autres villes de l'Allemagne, telles que Meissen et Prague, où il y eut un concours de peuple imuiense.
« Après le Jubilé célébré à Rome en H50, Nicolas y accorda, l'année suivante, aux Po« loaais et aux Lithuaniens , sur la demande du cardinal Sbignée, évêque de Cracovie, rindulgeiM^e du Jubiléi et dispensa du voyage
de plus de qualre-vingls personnes qui se noyèrent dant le Tibre, sans couiplcr celles ()ui ftirciU sufl'oqucct sur ce pont. {Rome eu IbiS 4d-o0.j
de Rome, è condition de donner, à litre dai»raône, destinée h faire la guerre aux Torts, la moitié de ce qu'il en aurait eoûlé ponr les frais d'aller et de venir. Celte moihé fut réduite au quart, et produisit encore dei sommes considérables.
« Alexandre VI étendit le Jubilé de ISOft, par une bulle du 20 novembre de celle mtoe année , à tous les chrétiens éloignés de Rome, les exemptant de l'obligation d'y alkri condition qu'ils payeraient, en compensition , une certaine somme pour aider a faire la guerre aux Turcs.
« Depuis ce temps^là les Souverains Pontifes ont accordé la même faveur aux églises étrangères à la ville de Rome , sans eiv^r aucun émolument temporel : ils ont mais éviter tout soupçon d'intérêt , et se conformer aux dispositions du concile de Treaie . qui défend de faire des quêti'S ou de f: > citer des aumônes à l'occasion des inàa^' gences (1).
<c L'extension de ce Jubilé doit étre9r.l< r ' dans les diocèses par les propres év^''^^ selon la forme qu'ils jugent coDve&iC>, après avoir examiné la bulle, et reconnus* '*. authenticité; car les conciles de Latran.itf Vienne et de Trente n'ont point exceptt '.-
fubilé de la mesure qu'ils ont prescrite prr es indulgences en général.
c Jl ne suffit donc pas d'avoir la certi(>ii!'% de science privée, que la bulle d'extensij3 a été publiée ii Rome ; il faut attendre qe l'évêquese prononce et manifeste ses iotnlions : iusque-là on ne peut parliciper ao Jubilé. Tel est du moins le sentiment coc* mun , le mieux fondé et le seul qui puisse être suivi.
« Néanmoins, dans les pays hérétiques H inGdèles , dans les colonies et autres liev»! où il n'y a point d'évêques, ce sont les conrs et les missionnaires qui reconnaissent Tau- Ihenticité de la bulle et en font la publiralion. Les bulles mêmes portent cette dis^o* sition : Et ipsis de^cten/t'AtM, disenl-elle5, en parlant des Ordmaires , per e9s gui i^ curam animarum exercent^ etc.
« Le temps accordé pour la célébration eu Jubilé, dans les divers diocèses, est rviiit par la bulle même de concession: il i^^v donc l'examiner et sy conformer. I^' nolt XIV accorda six mois en 1781 ; Pie VL six mois en 1776, et Léon Xll a accordé sii mois pour 1826, comme on peut le tuj dans sa bulle Exsultabat^ du 2& déceu**.:? 1823. (Mar Bouvier, p. 316.)
« D. Si le Pape vient à mourir atant Ctsy ration du temps fixé pour la durée du JmLu: peut-on continuer à te gamerî
«c La mort djnnoceiit fX, arrivée en 1591, au milieu d'un Jubilé qu'il avait act-^rut . donna lieu à une controverse à ce suj v. Parmi les théologiens, les nos disent <{^^ dans ce cas le Jubilé subsiste loujoun;, e; que les évêques pourraient le publier *im^ leurs diocèses , même après la mort du Pv»h tife : d'autres prétendent » au coutrair? •
(1) Scss. XXI, cliap. 9.
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qu'il exinro avec celui par qui il a cHà accchIô^ de sorte qu'à partir de ce momenl , personne ne peut le gagner, lors môme que la mort du Pape est ignorée. D'autres enfui soutiennent que ceux qui ne connaissent pas encore la mort du Pape , et remplissent de bonne foi les conditions prescrites, perçoivent le fruit de l'indulgence. 11 est au moins certain qu*on ne doit avoir aucun doute sur l'absolution des cas réservés et des censures, ni sur la commutation des vœux ; car une juridiction validement accordée subsiste jusqu'au moment où elle est validement révoquée : or, la révocation ne peut être valide, si elle n'est clairement manifestée. On ne doit donc avoir aucune inquiétude sur les actes de juridiction qui ont été exercés jusque-là. Cette opinion, enseignée par Collet et par beaucoup d'autre théologiens, nous parait très-fondée.
« Quant aux indulgences, les a-t-on réellement gagnées? Nous sommes portés à admettre une distinction : lorsqu'il s'agit d'un Jubilé extraordinaire accordé pour une cause qui disparaît par la mort même du Pape, il semble que l'indulgence doit cesser aussi ; car alors elle serait sans cause : tel était le Jubilé d'Innocent IX, lequel avait pour objet d'obteuir à ce Pontife la grâce de bien gouverner l'Eglise. On ne pouvait donc ni le publier, ni user des facultés qui y étaient attachées. Ce fut ainsi que les Jésuites de Padoue et de Milan répondirent à ce sujet. Un évèque d'Italie reçut une semblable décision de Rome dans celte même affaire, au rapport de Collet ( pa^e 97 ).
« Mais s*il s'agissait du Jubilé séculaire, ou d'un Jubilé fondé sur une raison étrangère à la vie du Pape, nous pensons qu'on pourrait le gagner, puisque le motif fondamental pour lequel il aurait été accordé subsisterait tout entier, et oue même il serait permis de le publier après que la mort du Pape serait connue. » ( Mgr Bouvier.)
Saint Liguori dit: « Paria clause ad oeneplo' citum noiirum el Stdi$ apotîolicœ^ les indulgences ne cessent pas à la mort du Pontife ; ce serait différent s'il n'y avait que ad bene^ ptaeiiumnoêêrum {l\y. vi, n* &36). »
TiTBi III. — Du Jubilé extraordinaire.
m Le Jubilé extraordinaire estceluique les Papes accordent, à tous les fidèles, pour quelques raisons générales, ou à certaines régions, pour des causes qui leur sont particulières.
« Léon X accorda une indulgence de cette nature, en 1518, aux Polonais, pour les engager à se liguer contre les Turcs ; il est le 1»remier qui ait donné cette sorte de Juûlé.
c Paul III en publia unesemblable à Rome, le 25 juillet 15M, pour implorer la miséricorde de Dieu dans l'excès des maux dont l'Eglise éfail accablée par l'hérésie, et obtenir d'heureux succès dans la guerre qu'il se croyait obligé de faire aux protestants, dont Topiniâtreté ne cédait è aucune voie de persuasion.
« Pie IV étant parvenu avec beaucoup de peine h faire reprendre le concile de Trente, interrompu depuis huit ans, publia, le 15 novembre, un Jubilé universel pour obtenir lassistancc de l'Ksprit saint à cette assemblée et rheurcuse issue de cette grande affaire (1).
a Sixte V, à son avènement au pontificat, donna un Jubilé universel, qui fut publié h Rome le 25 mai 1585, et devait 6lre gagné dans cette ville la semaine suivante ou la semaine d*après, et, dans les autres parties du monde la première semaine qui suivrait la connaissance qu'on en aurait, ou la semaine d*après. Amsi il n'y avait qu'un espace de quinze jours pour le gagner. La fin de ce Jubilé était d'attirer sur le nouveau Pontife les bénédictions du ciel pour le bon gouvernement de TEglise.
« Les autres Papes, depuîsSixtc V, ont presque tous accorde, à leur avènement au pontificat, un Jubilé extraordinaire et universel, dont la durée n'excédait pas quinze jours, pour obtenir le succès de radministration pontificale. On peut voir, dans le Builaire romain, les constitutions Quod in omni rita^ de Paul V, le 28 juin 1606; Spiriius Domini, de Grégoire XV, le 26 mars 1620; Mttmin rerum, d'Urbain VIII, le 22 octobre 1623. Ce Jubilé était dans la forme des prières solennelles des Quarante-Henres : il n'y avait aussi que quinze jours pour le gngner.
« Il est inutile de citer les bulles qu'ont données les autres Papes pour le môme objet, lors de leur élévation sur la chaire de saint Pierre. Pie VI, ayant été élu au commencement de l'année 1775, se contenta du^ publier lo Jubilé séculaire, et n'en donna point de particulier pour son élection. Pie VU et Léon aII n'en ont point donné non plus : lo premier, è cause des guerres de ritalio, qui ne lui permirent même pas de publier celui de 1800; et le second, parce qu'il était trop près de l'année sainte. Pie VIII , Grégoire XVI et Pie IX ont accordé cette faveur.
« Paul Vindiquaun Jubilé universel, le 12 juin 1617, pour obtenir la cessation d(*s maux dont I Eglise était afillgée : il accordait aux fidèles et aux confesseurs des privilèges particuliers touchant la juridiction, les censures et les vœux.
« Urbain VIII publia un semblable Jubilé pour les mêmes nns, le 12 novembre 1629. et accorda pareillement de grands privilèges aux confesseurs, en faveur des fidèles qui voudraient en profiter. Il prorogea le même Jubilé l'année suivante, pour remercier Dieu d'avoir fait cesser une partie des fléaux dont on avait demandé h être délivré : il y eut encore deux autres prorogations, d'abord pour trois mois, puis pour deux mois. ( Const. 109 et 111. )
« Clément XI accorda aussi deux Jubilés extraordinaires, Tun en 1706, qui regardait spécialement la France, et avait noiir fin d obtenir la paix entre les princes cliréticns;
(I) Continoaleor deFleury, t. XXXI, p. 499.
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l'autre en i7i5, pour foire écliouer, par la protection divine, les projets hostiles et l'ap-
Eareil formidable des Turcs contre la répulique de Venise.
« Le cardinal Caprara, légat d lalere, publia, au nom du Saint-Père, le 9 arril 1802, une indulgence plénière en forme de Jubilé, qu*on pouvait gagner pendant trente jours, et cela pour remercier Dieu du rétablissement de la religion catholique en France après la révolution. Les peuples s'ébranlèrent de toutes parts : on les vit s*empresscr de jouir de la faveur qui leur était offerte, et les nouveaux pasteurs recueillirent de grandes consolations dans leurs pénibles travaux.
« Grégoire XYI a aussi accordé uoç indulgence plénière en forme de Jubilé, avec plusieurs privilèges, par lettres apostoliques du 22 février 1842» pour obtenir la paix des églises en Espagne. » ( Mgr Bouvier.)
Enfin Tétat affligeant du monde a porté aussi rimmortel Pie IX à ouvrir un Jubilé extraordinaire dans Tannée que nous traversons, bien que le Jubilé ordinaire ait eu lieu en 1850 et malgré les fruits abondants que ce dernier a produits. Puisque nous sommes obligés de citer au moins une fois tfi extenso les paroles de no> Pontifes, nous ne saurions en reproduira de plus mémorables :
iéetîre encyclique de iV. S. P. le Pape ordonnant de$ prières et annonçant un nouveau Jubilé à tou$ les patriarehei , primats , archevêques et évêques du monde.
VÉNÉRABLES FftÉRES ,
Saint et bénédiction apostolique.
Notre cœur s*est réjoui dans le Seiçneur, vénérables frères, et nous avons rendu de très-humbles et de très-grandes actions de grâces au Père très-clément et très-miséricordieux, au Dieu de toute consolation, dès que vos nombreux témoignages sont venus nous apprendre, au milieu des incessantes et douloureuses sollicitudes dont nous accable le malheur des temps, les fruits très- { précieux et très-abondants de salut, que, par 'inspiration de la grâce divine, les peuples commis à vos soins avaient recueillis de la faveur du Jubilé que nous leur avons accordé. Vous nous avez fait connaître, en etfet, qu'à cette occasion, les tidèles de vos diocèses s'étaient empressés à l'envi d'accourir en grand nombre dans les églises avec un esprit humilié et un cœur contrit, pour y entendre la |)arole de Dieu, se purifier des souillures de leur Ame dans le sacrement de la réconciliation, approcher de la sainte table, et adresser, selon nos intentions , au Dieu très-bon et très-a;rand, de ferventes
Erières. 11 en est résulté qu'un grand nomre, par le secours de la grâce divine, sortant de la fange du vice et des ténèbres d« l'erreur. où ils languissaient misérablement, sont entrés dans les voies de la vertu et de .a vérité, et ont couimencé à travailler à
leur salut. Nous ei avons été grandemenl consolé et réjoui, nous, qui sommes toujours si gravement inquiet et préoccapédu salut de tous les hommes confies à nos soins par la divine providence, et ne désirons rien avec tant a'ardeur, ne demandons rira autre chose dans les vœux et les prières qui jour et nuit montent de notre cosur humiié vers Dieu, sinon que tous les peuples, toutes les nations et toutes les familles marchent dans les sentiers de la fioi, connaissent lo Seigneur et l'aiment chaque jour dau»taçe, observent fidèlement sa sainte loi, et suivent avec constance le chemin qui conduit à la vie.
Mais si, d'une part, vénérables frères, nous devons éprouver une grande |oie en apprenant que les fidèles de vos dioeèseï ont recueilli abondamment les fruits spirituels de la grâce du Jubilé ; de lautre, tu n'est pas pour nous un médiocre suiet di douleur de voir quel triste et lamentable içpect présentent notre sainte religion e/? société civile dans ces temps malheuim Nul d'entre vous n'içnore, vénérables fe^ res, les perfides artifices, les moustnieosâ doctrines, les conspirations de toute espèr** que les ennemis de Dieu et du genre bumaiD mettent en œuvre pour pervertir tous les esprits, corrompre les mœurs, faire disparaître, s'il était possible, la relij^pon delà fac'* de la terre, briser tous les liens de la socieit: civile et la détruire jusqu'en ses fondements. De là les ténèbres déplorables qui aveuglent tant d'esprits, la guerre acharnée faite à toule la religion catholique et à cette Chaire apos* tolique, la haine la plus implacable iMursui* vant la vertu et l'honnêteté; de le les vices les plus honteux usurpant le nom de la vertu ; la licence effrénée de tout penser, de fout faire et de tout oser ; Timpatience absolue de tout commandement, de toute puissance, de toute autorité ; la dérision et le mépris di^ versés sur les choses les plus sacrées, sur les plus saintes lois, sur les plus excellenli'^ institutions : de là surtout la déplorable corruption d'une jeunesse impré^ojaute.
le débordement empoisonné des mauvais livres, des libelles, des brochures, des joa^ naux répandus avec profusion, et prof^ - géant partout la science du mal ; de U ie venin mortel de Yindifférentisme et de Tiocrédulité; les mouvements séditieux, le^ conspirations sacrilèges, la moquerie et j'ou* trage de toutes les lois humaines et dirioe». Vous n'ignorez pas non plus, vénérablf^ frères, quelle anxiété, quelle incertitude quelle pénible hésitation , quelle terreur préoccupent et agitent tous H*s esprits, particulièrement les esprits des gens de h\eii^ qui croient avec raison (]uc les nuérêts pri* vés et publics ont à craindre tous les maux lorsque les hommes, s'écartant misérablement des règles de la vérité, de la justice et de la religion, pour se livrer aux eDtrafne* ments délestal)les de passions effrénées, luéditent tous les forfaits.
Au milieu de tant de dangers, qui ne voit que toutes nos csptîrances doivent serepof"
JUB
DES IND|]L€EiNG£S.
JLB
1er uniquement en Dieu, nolro salut ; que vers lui doiTent s'élever continuellement nos ferventes prières, pour que sa bonté propice répande sur tous les peuples les richesses de sa miséricorde, qu il éclaire tous les esprits des lumières célestes de sa grâce» qu*il ramène dans la voie de la justice ceux qui s'égarent, qu*il daigne tourner ver^ lui les volontés rebelles de ses ennemis, insinuer dans tous les cœurs Tamour et la crainte de son saint nom, et leur inspirer de penser toujours et de faire tout ce qui est droit, tout ce qui est vrai, tout ce qui est pur, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint. Et puisque Dieu est plein de suavité, de douceur et de miséricorde, puisqu'il est riche envers tous ceux qui l'invoquent, puisqu'il regarde la prière des humbles et aime surtout k manifester sa puissance par la e4éroence et le pardon, approchons, vénérables frères» avec confiance du trône de grâce» pour obtenir miséricorde et trouver secours dans le temps opportun.
Car celui qui demande reçoit, celui qui cherche trouve, et on ouvre à celui (lui frappe (1). Rendons d^abord d'immortelles actions de grâces au Dieu de bonté I Que, daos la joie, nos lèvres louent son saint notBf puisqu'en de nombreuses contrées de i'uriivers catholique il daigne opérer les merveilles de sa miséricorde.
Venons donc tous unanimement, animés par la sincérité de la même fui, par la fermeté de la même espérance, par 1 ardeur de la xnèaie charité ; ne cessons un seul moment de prier et de supplier Dieu humbh'iDent et avec instance, pour qu'il arrache <n sainte Eglise h toutes les calamités, que chaque jour il l'agrandisse» la dilate et Texaite parmi tous les peuples, dans toutes les contrées de la terre, qu ainsi elle purifie le monde de toutes les erreurs , conduise arec une tendre bonté tous les hommes à la connaissance de la vérité et dans la voie de 5^3101; afin que Dieu, devenu propice, détourne les Uéaux do sa colère que nos péchés ont méritée» qu'il commande à la nier et aux vents, crée la tranquillité, donne à tous celte paix tant d(^siréc, sauve son f»eu(>le, et, bénissant son héritage, le dihij;e et le conduise vers la céleste patrie.
El afin que Dieu, plus accessible, prête roreilleà nos prières et exauce nos vœux» éle'vons nos regards et nos mains vers sa tr^s-sainte mère, Marie, Vierge immaculée; iir>us ne pourrions trouver de protection jilajs puissante ni plus assurée auprès de l>i eu : elle est pour nous la plus tendre des incfres, notre plus ferme connance, et même tout le motif de nos espérances, puisqu'elle ne demande rien qu'elle ne l'obtienne et que «a prière ne saurait être repoussée. — Implorons aussi les suffrages d'abord du Prince d€-$ a()dtres, h oui Jésus-Christ lui-même a donné les clefs du royaume des cieux, qu'il a €'-tabli comme la pierre fondamentale de son Kgiise, sans que les portes de l'enfer puis-
0)Matih. vn^H.
sent jamais prévaloir contre elle. Prions ensuite Paul, le compagnon de son apostolat;, prions le patron de chaque cité, de chaquepays» et tous les bienheureux, pour que le* Seigneur très- miséricordieux répande sur nous, avec abondance et largesse, les dons de sa bonté. ,
Aussi, vénérables frères, tandis que nous ordonnons ici des prières publiques dans notre ville sainte, nous vous invitons, i)ar ces lettres, à vous unir à nous dans une communauté de vœux , vous et les peuples . commis à vos soins; nous excitons de tout notre zèle voXre fervente religion et votre piété» pour qu'en vos diocèses voys avez soin de prescrire aussi des prières publiques» destinées à implorer la divine clérmence.
Et pour que les fidèles apportent plus* d*ardeur et d'instance dans ces prières que vous ordonnerez» nous avons résolu d'oiivrir de nouveau les trésors célestes de l'Eglise, sous la forme d'un Jubilé, comme il; vous sera clairement indiqué par d'autroslettres qui sont jointes à celle-ci.
Nous concevons dans votre cœur cetteferme espérance, vénérables frères, que. ce* sont les anges de paix qui, tenant en main les coupes et l'encensoir d'or» offriront sur l'autel d'or nos humbles prières et celles de toute l'Eglise, pour que le Seigneur luimême, les recevant avec un regard de bonté et exauçant nos vœux, les vôtres et ceux de tous les fidèles , veuille dissiper les ténèbres de toutes les erreurs» chasser la tempête menaçante de tant de maux, tendre une m.iin secourable à la société chrétienne et à la société civile , et faire que tous les hommes aient la même foi dans les esprits, la même piété dans les œuvres» le même amour pour la religion, pour la vertu, [tour la vérité et pour la justice» le même zèle pour la paix, le même attachement aux liens de la charité; et qu'ainsi, dans toute l'étendue de l'univers, le règne de son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ» soit cha^ que jour de plus en plus augmenté» affermi» exalté.
Enfin , comme un gage anticipé de tous les dons célestes, et comme témoignage de notre ardente charité pour vous» recevez la bénédiction apostolique , que » du fond de notre cœur, nous vous donnons avec amour h vous, vénérables frères, à tout le clergé» et à tous les fidèles confiés à votre vigi-^ lance.
Donné à Rome» près Saint-Pierre» le SI' jour de novembre» 1 an 18&1» de notre pontificat le sixième.
Plus PP. IX.
Enctci,iqqk de N. 7.-S. P. ie Pave Pie IX à Iohi les patriareheit primate^ arckeveque$y érêque» #1 autrei Ordinaires, en communion avec te Sainte Siège apoiiolique.
PlK IX» PâFB.
Vénérables frères» salut et bénédiction apoa^ tolique.
JUB
JVB
Par notre lettre encyclique datée de ce jour, vous avez vu, vénérables frères, avec quelle sollicitude nous avons fait appel à votre éroioente piété, afin Qu'au milieu des ciilamités si graves qui affligent la société rJirélienne et la société civile, vous prissiez soin d'ordonner dans vos diocèses des prières publiques, pour implorer la divine miséricorde. Et comme nous vous avions en même temps annoncé que nous puiserions de nouveau, à cette occasion, dans les trésors célestes de PEglise, nous vous adressons les présentes lettres pour vous faire savoir que nous ouvrons ces précieux trésors.
C'est pourç[uoi, nous confiant en la miséricorde de Dieu lout-puîssant et en l'autorité de fes bienheureux apôtres Pierre et Paul, en vertu de cette puissance de lier et de délier que le Seiçneur nous a conférée malgré notre indignité, nous donnons et accordons il tous et à chacun des fidèles de vos diocèses» de l'un et de l'autre sexe, lesquels, dans Tintervalle d'un mois, à fixer par chacun de vous et à partir du jour que chacun de vous indiquera , ayant confessé humblement et avec un sincère déplaisir tous leurs péchés, et ayant obtenu Tabsolution sacramentelle, auront reçu le très-saint sacrement de l'eui;haristie et visité trois églises désignées par vous, ou trois fois l'une de ces églises, y auront prié avec ferveur pendant quelque temps le Seigneur, pour l'exaltation et la prospérité de notre sainte mère l'Eglise et du Siège apostolique, pour l'extirpation des hérésies, pour la paix et la concorde des princes chrétiens, et pour la paix et l'union de tout le ))euple chrétien ; qui, de plus, auront, pendant le même intervalle, jeûné une fois et lait une aumAne aux pauvres ou apporté, selon leur dévotion , une offrande pieuse à l'excellente (Kuvre de la Propagation de la foi (que nous recommandons éminemment à votre sollicitude pastorale) ; nous leur accordons une INDULGENCE PLÉNiÈRB cn formo de jLBiLÉ , laquelle pourra également être appliquée, à titre de suffrage, aux âmes du purgatoire. Et afin que les religieux ou tout(^s autres personnes vivant eu clôture per- ))éluelle puissent également gagner cette indulgence, ainsi que tous ceux qui sont en prison, ou qui sont empêchés par quelque intinuité, et ne peuvent accomplir les œuvres expriuiées ci-dessus , nous permettons pareillement qu'un confesseur, à choisir comme il sera dit ci -après, puisse leur commuer lesdites œuvres de piété, ou les remettre à un temps plus éloigné, et enjoindre des choses que les pénitents pourront accomplir. T^'ous autorisons aussi le même confesseui à dispenser de la réception de l'eucharistie les enfants qui n'ont point encore fait leur première communion. Nous donnons , de •plus, à tous et à chacun des fidèles de vos diocèses, laïques et ecclésiastiques, séculiers ou réguliers, de quelque ordre et de quelque institut (lu'ils soient, la permission et le .pouvoir ue se choisir, è cet effet, pour conlessi'ur tout prôtre, lant séculier que régulier, du nombre de ceux qui sirout auloribés
par vous dans ce nut (les religieuses mêmes, les novices et les femmes vivant dans le cloître, pourront user de cette permissioD, pourvu que le confesseur soit approuvé pri monialibus)^ lequel pourra les absoudre et délier dans le lor de la conscience, et [kw cette fois seulement, d'excoromunicatioQ, suspenses, condamnations ecclésiastiques et censures, soit ajure^ soit ab Aomtiie, prononcées et portées pour quelque cause ose ce soit, hormis celles qui sont exceptées plus bas, et aussi de tous péchés, excès, cHidm et délits, quelque graves et énormes qu ;!) puissent être, même, réservés , en quelque manière que ce soit, aux Ordinaires des lieux, ou à nous et à ce Siège apostolique, et dont l'absolution ne serait pas censée a^ cordée par toute autre concession, qnelq» étendue qu'elle fût.
De plus, et fiour ouvrir nlus aiséiDCfltà tous la voie qui mène au salut, nousMC(^ dons auxdits confesseurs, pendant le wbs intervalle de ces mois, la faculté, à Tiff^ de ceux qui auraient misérablement ijf<!^ à quelque secte, pourvu que, vraiment ;«^ tents, ils s'approchent au sacrement do» réconciliation, de les absoudre etéelti^ penser de l'obligation de dénoncer lam complices, afin qu'ils puissent gagner !«!:> indulgence plénière, aux conditions aoc(«tumées et excepté le cas où, pour éviter <ie plus grands et de plus graves périls, lad^ nonciation paraîtrait nécessaire. Eo ootre. nous concédons aux mêmes confesseurs i« pouvoir de commuer tous les vœux queiccques, même faits avec serment, et résenê^ au Siège apostolique, excepté les vœux ^ chasteté, de religion, et ceux par lesquels r> contracte une obligation envers un tier^. lesquels auraient été acceptés par lui. '>^ dont l'omission lui porterait préjudice; >iu5que les vœux dits préservatifs du pécbé.: moins que la commutation de ces voeux cr soit jugée aussi utile aue leur première R?^ lière, pour réprimer l'nabitude du pédi^,^d*autres vœux pies et salutaires ; en imposai* néanmoins à tous et à chacun d'eux, lUr^ tous les cas susdits, une pénitence saluuir. et autre chose que ledit confesseur ju^^ propos.
Nous accordons , en outre , la faculté ^' dispenser d'irrégularité contractée par^^"* lation des censures, en tant qu'elle d' pourrait être déférée au for extérieur ou rpourrait y être déférée facilement. > ' n'entendons néanmoins, par ces pn;$<i'' ^ dispenser u'aucune irrégularité publique ^' occulte, défaut, incapacité, innabiliié< (luelque manière qu'elle ait été contracîf» Nous n'entendons pas que les préscnlo i^*-" rodent à la constitution Sacramentum f*' nilentiœ et aux déclarations de notre |'^' décesseur d'heureuse mémoire, Benoît XI' ni aussi que les présentes puissent servir •
aucune manière à ceux qui auraient été n- '•'' méraent excommuniés, suspens et inier/* par nous ou par ce Siège apostoli'fu''. ^^ par quelque autre prélat ou jugecccie>ij'»* quf, ou qui auraient été déclarés vu «ic'^^'
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DES INDl LGENCES.
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ces publiquement comme ayant encouru ries censures ou autres peines portées par des .«enteuces, i moins que, dans Tespace du«lit mois, ils n'aient satisfait ou ne se soient accordés avec les parties intéressées. Que si, dans ce délai d*un mois, ils n*ont pu salislai re au jugement du confesseur, nous accordons qu'ils puissent être absous, à Teifet seulement de gagner l'indulgence du Jubilé ('t avec l'obligation de satisfaire aussitôt qu'ils le pourront.
Nous accordons et concédons toutes ces choses, nonobstant les constitutions et orilonnances apostoliques contraires, quelles qu'elles soient, et nous y dérogeons pour celte fois seulement, nommément et expressémenl pour Tetfet des présentes; encore que de ces constitutions et de leur teneur il lallût faire mention spéciale, spécifique, individuelle et textuelle, et non par des clauses générales équivalentes, ou qu'il fût besoin d*obsenfer pour cela quelque autre formalité l^articulière ; réputant leur teneur pour suftisarannent exprimée dans ces présentes, et toute la forme prescrite en pareil cas pour dû meut observée.
£n&A, comme témoignage de notre bienreillance particulière envers vous, nous vous doDnoii$f du fond de notre cœur et avec aaiour, à vous, vénérables frères, et à tous les fidèles clercs et laïques confiés à vos soins, la bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 21 novembre de l'an 1851, de notre pontificat le sixième.
PlB IX, PIPB.
ARTICLE n.