DES OEUVRES MKCBSSAIRBS POUR GAGNER LE
JUBlLft.
Pour obtenir la grAce du Jubilé, il faut accomplir exactement les œuvres prescrites nar le Pape, et de la manière que les évoques les déterminent dans leurs mandements : il ne peut y avoir aucun doute sur cette prol»osition générale. Ces œuvres sont communes aux Jubilés ordinaires et extraordinaires, ou elles sont propres aux Jubilés extraordinaires.
TiTRB I. — Des œuvres communes aux jur biléi ordinaires et extraordinaires.
Ces œuvres se réduisent à quatre , sa- -voir (1): la procession de l'ouverture, la
(1) On Iroave dans le Mandemeot de Mgr Tarche- ^fqoe de Paris (6 mars 485!) :
Pour gagner le Jubilé, le SaintrPère prescrit les condiiions snivantes, qui doivent être remplies pendant le coors des trente jours : !• se confesser avec un vrai et sincère repenfir de ses fautes; i* rem-
Iilir les actes de piété aue Sa Sainteté nous laisse a faculté de prescrire à nos diocésains; 3* recevoir La sainte communion avec la pureté de cœur et la préparation qu^extge cet auguste sacrement.
do Jubilé ne peol être gagnée qu^apres avoir rempli luutcs In œuvres ii
confession, la communion vi les stations o«t la visite des éplises désignées pour aller / prier è rintention du Souverain Pontife- Avant d'exposer en détail ces œuvres et d'examiner les diflicultés qui s'y rattachent, nous allons en parler sommalremenl et dans leur ensemble. Nous citons le P. Daniel. Sur quoi, se fait-il demander, fondezvous la nécessité de faire pénitence^ malari toutes les grâces et les indulgenees du Jubiléf
Il répond : Je la fonde, 1* sur la loi naturelle, qui veut que toute injure soit réparée par celui qui l'a faite, et que la satisfaction s'en fasse par celui-là même qui a offensé ; 2" je fonde la nécessité de cette pénitence sur )a loi de Dieu positive, qui nous ordonne formellement {Luc. m, 8}, de faire de dignes fruits de pénitence, il faut que tout péché soit puni, ou dans ce monde par un homme
{ténitent, comme dit saint Augustin, ou eir 'autre, par un Dieu vengeur ; aut ab homine pœnitente^ aut a Deo puniente. Dieu ne nous pardonne qu'à cette condition. Jésus-Christ n'a satisfait pour nous sur la croix que pour donner du mérite à nos souffrances volontaires, quand nous les unissons à ses douleurs infinies dans un esprit de soumission, de pénitence et d'amour. Tous les saints ne sont parvenus au ciel que par là, et Dieu ne fera pas certainement un chemin particulier pour nous.
Je fonde enfin cette nécessité de faire pénitence, nonobstant les indulgences du Jubilé, sur les conditions sous lesquelles l'Eglise nous les accorde en sa bulle. Or, ces conditions sont toujours de satisfaire pour nos péchés par des jeûnes, par des aumônes et par des prières. Jamais elle n'eut dessein d'éteindre ou d*affaiblir en nous l'esprit do la pénitence en nous accordant un Jubilé; et le saint concile de Latran, au canon 62, dit expressément :« Les saints Pontifes défendent de mépriser les clefs de l'Eglise par une trop grande facilité à donner des indulgences, et d'affaiblir par là la satisfaction du sacrement de pénitence (1).»
Voilà sur quoi je fonde la nécessité de faire pénitence, nonobstant les indulgences du JuDilé ; parce que le trésor de l'Eglise n'étant composé que des mérites surabondants de Jésus-Christ par les douleurs infinies do sa passion, il ne nous sera jamais communiqué que par la part que nous y prendrons en faisant pénitence.
Toutefois, ce n'est pas faire nne pénitence suffisante que de jeûner, de prier, et de faire seulement ce qui est marqué dans la bulle, pour gagner nndulgence du Jubilé, sans y ajouter ce que le confesseur impose avant l'ansolution : et en voici les raisons :
Premièrement, la bulle n'accorde l'indulgence plénière qu'à ceux gui seront confessés et qui auront communié, confessis et sa^ cra communions refectis. Elle exige donc
(1) Vêtant PontiHces ne nitnia indulgentlarum. largitate claves Ecclesi» coiiieranantur, et pœnilenr tiaus satisCactio eDervelur(Lairffafi.C*oiici/.,cau.ei)«
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[ii'on reçoive le sacrement rie la pénitence.
^r, lo sacrement de la pénitence renferme trois parties : deux qui sont essentielles, sa* voir, ta contrition et la confession ; la troisième» qui D*est qu'intégrante el pour la perfection du sacrement, qui est la satisfaction. Sans la contrition et la confession, il n'y a point de sacrement, parce que les parties essentielles n;v sont point : sans la satisfaction duement accomplie, le sacrement y est bien; mais il reste incomplet .au défaut de sa partie intégrante, et n'a pas toute son intégrité. 11 est donc nécessaire que cette satisfaction, appelée communément la pénittncey soit imposée, et acceptée par le penilent, pour que le sacrement soit entier, tel que 1 Eglise le demande, aGn de gagner Tindulgence; et conséquemment il est nécessaire que les confesseurs imposent des pénitences.
De plus, le sacrement de la pénitence ne justifie le pécheur qu'iiutant qu'il est repentant et contrit. Or, la contrition renferme essentiellement la volonté de satisfaire à la justice divine, et par conséquent elle suppose et requiert cette satisfaction, nui est la troisième partie du sacrement. Puis donc que sans la contrition il n*y a point de pénitence véritable, il n'y a point aussi de pénitence véritable sans cette satisfaction. Il faut donc que le confesseur l'impose, cette satisfaction, puisque c'est à lui seul qu'il appartient de conférer et de faire le sacrement (1).
Secondement, il est nécessaire que les confesseurs imposent des pénitences, parce que sans cela le Jubilé serait moins un profit spirituel qu'un dommage considérable, en nous faisant perdre les grands avantages que nous retirons de ces mortifications salutaires,
yuand nous les unissons aux souffrances de (^sus-Christ pour honorer ce qu'il a enduré pour nous.
Troisièmement, c'est une nécessité, parce que l'inlenlion de l'Eglise, en nous accordant un Jubilé, est de renouveler en nous l'esprit do la pénitence des premiers fidèles, loin de vouloir le détruire ; et il est en effet bien juste qu'il y ait quelque proportion entre le grand bien qu'elle nous présente, et les bonnes œuvres qui nous les feront mériter.
L'indulgence du Jubilé ne produit pas en tous les mômos ellols : elle e>t donnée selon la mesure de ce que Ton fait pour s'en rendre digne ; plus grande pour ceux qui s'y disposent avec plus de ferveur. Voilà les raisons pour lesquelles les confesseurs doivent imposer des pénitences particulières, outre les pratiques de mortification que l'Eglise prescrit dans la bulle du Jubilé.
C'est une nécessité indispensable d'être en état de grâce pour gagner l'indulgence du Jubilé ; parce que le Jubilé n*est pas institué pour remettre les péchés, cela n'appartient qu'au sacrement de la pénitence : il nous est seulement accordé pour remettre les peines temporelles qui leur sont dues et qui restent à expier, après le changement de la peine éternelle par le bienfait de l'absolution
(1/ Voij. Mttzzarcllt, chap. v de noire Inlroduclioo.
qui remet la coulpe du péché. L'effet du Jubilé n'est pas de rendre la vie spirituelle de la grAce h ceux qui sont, par le pécbé, dam un état de mort ; mais seulement de perfec tionner une vie déjà sainte, par de ncaveanx degrés de sanctification en ceux qui sont déjA ressuscites spirituellement par la grâce d*uM sincère conversion.
Nos indulgences ne signifient rien aotit chose qu'une pure bonté en Dieu« qui le porte à remettre libéralement aux pécheurs repentants et contrits toutes les peines dont ils étaient redevables à sa justice. Mais tuh^ bonté si libérale, toujours gratuite, n'est pss
f>our ceux qui sont encore ses ennemis pv e péché. Puis donc que les indulgences ne sont que des augmentations de la grâce, elles la supposent déjà infuse dans l'âme de ccox qui désirent les gagner. Gomme elles ne soki accordées que pour remettre les conséqMKes du péché, elles le supposent conséquemaant déjà remis et pardonné par la péniteoee Dieu ne remet point les peines tempordls; tant que la peine éternelle subsiste mon avec la coulpe du péché. Il faut doneésn'fa état de grâce, exempt de tout péché narteU et même de toute affection au péché, )ov gagner les indulgences du Jubilé.
Je dis plus, il est môme trè»-avant«gB«i d'être en ce bienheureux état de la ^ce, pour faire mieux et plus utilement lesŒOvres de piété qui sont ordonnées dans ii bulle, comme sont les prières, les jeûnes, les aumônes et la visite ias églises* appelée communément le$ Stations du jubilé; paite qu'étant alors plus agréables à Dieu, elles seront aussi plus méritoires pour nous obtenir cette grande indulgence; et pour a^la il sera très -salutaire de commencer pir une bonne confession.
Mais j'ai seulement dit que cela sera trt>avantageux, et non pas absolument nécessaire; en sorte que sans cela tout ce qu'on aurait fait en état de péché mortel ne serti* rait de rien. Autre chose est do ce qui serait mieux et plus parfait, et autre chose de r« qui est d'une absolue nécessité. Or, sll fallait être en état de grâce pour faire utilemeni les stations et autres bonnes œuvres da Jubilé, ceux qui vont à Rome pour le gagoer devraient nécessairement se mettre eo Nui état avant que de commencer leur vo)3|:t, et s'y maintenir pendant toute la roule ; faute de quoi toutes leurs fatigues et leur\ dépenses ne leur seraient d'aucune ulili^, ce qui est contre toute sorte d*usage, el il <•* prix, peu de personnes gagneraient le Juin <*.
11 suffit donc de faire, dans un esprit de pénitence, toutes ces bonnes œuvres, en vuo de Tindglgence à laquelle on se prépare, ce concevoir dès lors une vraie douleur de se> fautes, et de former une ferme résolution de ne plus pécher, afin qu'au bout du terme que l'Ëgliso a marqué pour le temps que doit durer le Jubilé , on soit en état de gré«^ quand on fait la dernière des bonnes œuvres
Crescrites, qui est la sainte communion. t>s onnes œuvres, faites en état de péché œortr^ ne justifient pas^ à la véritéje pécbeor,»^:»
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DES INDULGENCES
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elles le disposent à la grAce de la justification, et lui fout gagner l'indulzence. C*e$t le sentiment commiin des théologiens.
Quatre principaux obstacles empêchent la plupart des chrétiens de gagner Tindulgence (lu Jubilé. Le premier obstacle est le peu de foi que bien des gens ont h ces saintes indulgences, et au pouvoir que Jésus-Christ a donné h son Eglise de les dispenser aux fidèles. Ainsi, le vrai moyen de lever cet obstacle, pour remédier h ce peu de foi , qui sent rhérésie de Luther et de Calvin, est de croire fermement, comme une vérité certaine et très-constante, fondée sur la parole infaillible du Sauveur et sur la conduite que saint Paul a tenue envers l'incestueux de Corin- Ihe, que TÉglise a ce pouvoir; que Jésus- Christ Ta promis à ses apôtres, en leur disant : Tout ce que tous délierez sur la terre sera délié dans le ciel (1) ; que cela a été décidé en plusieurs conciles, et que la plus aacieune tradition y est formelle (2).
Le second obstacle qui empêche tant de
chrétiens de gagner cette indulgence est le peu
d'empressement quMls en ont, TindilTérence
avec laquelle ils s'y portent,et le peu d*ardeur
qu ils en font paraître, lors même qu'ils en
co.inaissent le pouvoir dans TEglise. Le
remède à cette indolence est donc de penser
sérieusement aux tourments horribles que
sans cela nous aurons à souffrir après la mort,
iiour expier les peines temporelles qui restent
.1 subir après la rémission de la coulpe du
jM^ché et de la peine éternelle qui lui était
due; ces peines temporelles qu'il nous est
«aujourd'hui si facile de racheter par Tappli-
ration, que TEglise offre do nous faire, des
mérites surabondants de Jésus-Christ, de la
5oînte Vierge et des saints.
1.6 troisième obstacle est Ta mour excessif (| liront les mondains pour les plaisirs sensililes, et Tétrange éloignemenl qu'ils ont pour tfHJs Icsexercices delà pénitence chrétienne. I^e pluseflicace moyen de les exciter de ce laial assoupissement est donc de se convaincre une bonne fois que Dieu a tellement at- Uicbé la rémission de ces {leines temporelles aux pratiques de cette pénitence ici-bas pour iii«'riler de gagner cette fameuse indulgence, i|ue sans elle ils serontobligésde les expier, après la mort, dune façon incomparablement <•! |>Jus rigoureuse et plus longue.
Kfifin le quatrième obstacle est la précipitation avec laquelle ils exécutent, pourg;^gner cette indulgence, tout ce que la bulle ordonne de prières et autres devoirs de piété. <>f I prie sans attention, et seulement du bout lïé-s lèrres; en sorte que le cœur y a très-peu de |»art ou point du tout. On jeûne le ])lus légèrement et le moins aue Ton peut, unir^uement parce que labulle y oblige, sans au- «-u*i sentiment de pénitence et de componction. On fait quelques aumônes ; mais, hélas 1 quelles aumônes 1 aumônes le plus souvent iorcées et à contre-cœur ; parce qu'on n'a au-
(I ) QiuBCtmque solveritis saper tcrrani, eninl so- Ittca et in ecelo {Matth. xviu, 18), i^) Vcjf. cbap. V.
cun sujet, pas même apparent, de s'en dispenser: aumônes inQniment au-dessous de ce que l'on pourrait faire sans s'incommoder, pour peu que l'on voulût retrancher mille folles dépenses ; parce que l'on qualifie de nécessite et de besoin ce gui n'est que vanité, qu'ambition, que sensualité, et que, dans les excès mêmes de la mondanité la plus criante, on ne reconnaît jamais de superflu.
On visite des églises; mais comment les visite-t-on ? Dans une immortification générale de tous ses sens, dans un esprit tout dissipé, avec des yeux égarés çà et là, sans lo moindre recueillement intérieur, comme si Ton allait à la promenade ou rendre des visites profanes et mondaines. Quelle apparence de gagner les indulgences du Jubilé avec des dispositions si peu dévotes, je dis même si peu chrétiennes? Pour éviter ce dernier ecueil,il faut donc demandera Dieu par d'instantes prières qu'il lui plaise de préparer nos cœurs et de les pénétrer des justes sentiments d'une contrition parfaite. 11 faut le conjurer de nous dessiller les yeux, pour voir les illusions de notre amour-propre, et le danger, où le péchénoiisa missi longtemps, d'une éternelle réprobation ; de nous faire comprendre une bonne fois la vanité des biensde la terre, Texcellence au contraire des biensdu ciel que nous courons incessamment risque de perdre, et conséquemment l'extrême intérêt de tout entreprendre avec le secours des grâces qu'il présente en ce saint temps pour les mériter. En un mot, il faut le presser par des vœux redoublés, pard'amoureuses instances, par de fré(]uentes mais saintes importunités, de nous aider à faire une action à laquelle sa Providence a peut-être attaché notre salut; et dont plusieurs d'entre nous ne trouveront plus J'occasion favorable. Voilà les vrais moyens de vaincre les obstacles qui empêchent tant de chrétiens de,gagner l'indulgence du Jubilé (1 j.
Quoiqu'il n'y ait point de marques absolument certaines et infaillibles qu'un chrétien a eu le bonheur de gagner 1 indulgence du Jubilé, il y en acependant plusieurs que l'on peut regarder comme des assurances morales et bien fondées. La première marque est quand on voit dans un chrétien un changement évident dans sa conduite, et une vie plus réglée après le temps du Jubilé ; lorsque, par sa tidélité à la grâce et aux promesses qu'il a faites à Dieu en se convertissant, il a rompu tous les liens qui le retenaient comme engagé dans le crime; qu'il ne fréquente plus les personnes dont la société était pour le prochain un sujet de scandale, comme pour lui-même une occasion de chute, et qu'à le voir agir, converser, négocier, traiter d'affaires dans lo commerce de la vie, on remarque en lui plus de droiture dans ses négociations, plus de charité envers le pro* chain, plus de retenue dans ses discours, et qu'il {laratl un homme tout changé.
La seconde marque qu'uu chrétien a gagné
(I) Voy. cbap. ii, ce que dit BourdakRie à ot
sujet.
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rrndulgence du Jubilé, est quand il restitue équirablementtous les biens qu*il a usurpés» ou mal acquis; et que» dans cette insatiable cupidité des biens terrestres» si naturelle à la plupart des hommes» il renonce h tous les commerces usuraires dont se servent presque tous ceui qui ont l'intention de devenir riches.
La troisième marque est quand il étouffe tous les ressentiments de son cœur» pour pardonner à ses ennemis, loin de s'en venger» dans cette pensée chrétienne que Dieu s'eist absolument réservé la vengeance; et que» bien éloigné de vouloir leur rendre le mal pour le mal , il profite de toutes les occasions (le leur faire tout le bien qui est en son pouvoir. La restitution des biens d'autrui et la réconciliation des cœurs sont les maraues les plus sûres et les moins équivoques d une vraie conversion. C'est comme la pierre de touche par où l'on peut connaître la sincérité.
Chaque chrétien dans son particulier peut avoir cette assurance morale d*avoir bien fait son Jubilé, lorsqu'il se sent autant d'horreur pour le péché qu'il l'avait aimé jusqu'alors ; qu'il se fait toutes les violences nécessaires pour vaincre ses mauvaises habitudes, pour être plus modéré dans sa colère» plus chaste en ses mœurs» plus sobre en ses repas, plus modeste en ses entretiens, plus retenu et plus réservé dans ses paroles; en un mot, plus dévot envers Dieu» plus charitable envers le prochain» plus sévère à luimême, plus exact à remplir tous les devoirs d'un chrétien parfait. Voilà à quoi l'on peut connaître si Ton a reçu toutes les grâces du Jubilé.
Je trouve deux sortes de motifs très-puissants qui nous engagent à tout sacrifier au bonheur de gagner l'indulgence du saint Jubilé. Los uns sont des motifs généraux» qui regardent le bien universel de'TEglise, auquel nous avons tous un intérêt commun. Lesau* tres sont des motifs particuliers, qui nous sont personnels parce qu'ils n'ont pour objet que notre propre salut. Je m'explique.
Le premier des motifs généraux est la gloire de Dieu; et nous ne pouvons le glorifier davantage qu'en prenant» avec le secours de sa grâce, les plus sûrs moyens de le posséder au plus .tôt dans le séjour des bienheureux pour l'y adorer éternellement. Or» ces moyens sont d obtenir par l'eflicacc des indulgences la rémission des peines qui nous resteni à souffrir après la mort» et qui retarderaient notre félicité. C'est donc rendre gloire à Dieu que de témoigner un très-ardent désir de le voir face à face avec les saints» en accélérant notre béatitude par l'application des mérites surabondants de Jésus-Christ. Un chrétien» au contraire» ferait injure à Dieu s'il était indifférent de le voir au plus tôt dans l'éclat de sa gloire; et le peu d'ardeur à gagner les par-* dons que l'Eglise nous offre serait une évi-^ dente marque de cette criminelle indifférence. Comme les indulgences abrègent au moins les peines du purgatoire» si elles n'en dispensent pas entièrement, elles avancentaussi
d'autant notre bonheur. C'est aimer Diea que de chercher les moyens de jouir sans retardement de sa vision intuitive» etconséquemment d'avoir un saint empressement k gagnerces indulgencesqui doivent avancerez boiiheur. Quandnnus aurons essayé de noos purifier par de dignes fruits de pénitence, il nous restera encore un assez srand nombre de fragilités à expier, eu égard à la roaDière imparfaite et peu fervente de nous acgoitt«r de ces grands devoirs» loin de pouvoir sans imprudence négliger ce qui peut en réparer la faute. Voilà le premier motif qui nous ec* gagea profiter d'une occasion si' belle.
Le second des motifs généraux est le lik avec lequel nous devons nous intéressera la propagation de la foi» au triomphe de ia vérité sur les partisans de Terreur, è la paii de l'Eglise» à la charité mutuellequi doitrf» gner entre tous les fidèles» h la cooconb parfaite entre les princes chn$tiens;paisq» ce sont les grands biens que l'élise ooo; inspire de demander instamment ï Dies en nous accordant un Jubilé. Comme te.^ gneur le plus souvent n'est offensé qtf|ir les trpubles dont l'Eglise et l'Etat sonlfià, il trouve au contraire de grands sujets ^a
Sloire accidentelle dans l'aimable Iranquiltii e l'un et de l'autre» je veux dire» lor9i|«, par une juste subordination dans un es{Nit de christianisme» les fidèles écoutent l'Eglise comme Jésus Christ le commande» soitqu'elie décide dans les matières dogmatiques, soit qu'elle règle ce qui concerne la . discipliM
f>our la conduite des mœurs. Dieu estgiori6é orsqueles sujets sont soumis i leurs princes comme aux puissances légitimes qui sont établies par Dieu»et que tous les oœurssoot unis par le lien de la charité. Si toas It^ chrétiens étaient» comme ils le doivent élr^ dans ces saintes dispositions» Dieu serau bientôt glorifié» servi, aimé et adoré partoat. Tous ces nobles motifs sont donc bien pui$sants pour nous encourager à sacrifier toot au bonheur de gagner cette grande indulgence, dans l'intérêt commun que nous devons prendre au bien de l'Eglise universelle. Les motifs particuliers qui nous y eng^ gent encore sont les grands avantages qoi nous en reviennent à nous-mêmes» etpoor le temps et pour l'éternité. Pour le temps, parce que» si nous sommes affligés de tant de calamités diverses» c'est parce que noospéchons ; et si nous ne tâchons d'apaiser si juste colère» nous ne verrons jamais la (!•» de nos malheurs. Il faut mettre fin à "^ désordres, pour que Dieu cesse de nous ponir» et nous désarmerons son bras ven^u^ en nous convertissant : voilà pour les b»ew de cette vie. Mais pour ceux de la vie m* ture, quel nouveau motifd'intérêll On cbr^ tien qui a gagné son Jubilé est un Inmd?^ aussi quitte de tout envers Dieu qn^ V; n'eût jamais péché. Il est uni à Jésus^Ibnsl comme un membre vivant à son chef* ^^^ transformé en lui par la sainte oooiniiuii<H|' et aussi purifié de toutes ses anciennes sou"* lures qu*une âme qui» sortant du pun?' toire, est en état d'aller au ciel preodre f^
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DES .'NDUUENCES.
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«essîoD de >oii Dieu. Que ces motifs sout puissaDtsI '
Venezdoncpeodantqu'ilestencore temps; ^enex à la source de ee$ eaux vives et rafrai- €^hissantes^ vous tous qui avez soif (Isa. lv), el qui êtes altérés, La grâce vous appelle, pour venir acheter sans argent et sans aucun échange le vin et le lait qui en 'découlent, c't'st-à-dire la force et la douceur. Eh 1 pour lies biens fragiles et trompeurs, pour un vii intérêt, pour des plaisirs si courts, ne perdez pas l'occasion de rentrer en grAce avec ▼otre Dieu Peut-être ne la retrou verez-vous j.imais. Kh I qui de nous oserait se promettre lie vivre jusqu*k ce que la divine miséricorde nous envoie un autre Jubilé? Sommes-nous sîirs d'être en vie seulement dans une heure? et si (Rom, it, 4) roui méprisez les richesses fie sa clémence^ n*apprénendez - vous pas iJoan, VIII, 24) de mourir dans votre péché ^ comme il en menace les pécheurs endurcis?
Détournez ces malheurs, 6 mon Dieu , et faites que tous les chrétiens, dociles à mes rai>ons, autant que sensibles à vos bontés et h leurs plus chers intérêts, proOtent de cette amnistie générale aue vous voulez bien leur olfrir encore, peut-être pour la dernière fois. Nous vous en conjurons par les mérites infinis de Jésus-Chnst, afin que tant de glorieux travaux ne restent pas infructueui (1). Nous vous conjurons par vous-même et par cette tendresse de cœur qui vous a fait ap- (leler par excellence (// Cor. i) le Pire des tniséricordes et le Dieu de toute consolation. Ne vous lassez point de pardonner, jusqu*à ce que nous allions tous régner avec vous en ce séjour bienheureux, où vous faites |K)ur réternilé la félicité des saints. Amen.
Après ces rétlexions générales du P. Dai.iel , abordons les difficultés pratiques. Blgr Bouvier sera le plus souvent notre guide.
§ I. De la processioo d^oavertare.
Dans une grande partie des bulles, autrefois surtout, une procession était prescrite iM>ur Fouverture uu Jubilé : elle a toujours lieu à Rome. Comme les Souverains Pontifes se servent de termes impératifs, quand ils la prescrivent, on convient qu'un évêque qui ne l'ordonnerait pas dans son diocèse , ou un curé qui omettrait de la faire, pécherait mortellement (2). Toutefois les bulles étant dans la forme aisjonctive, et laissant l'option entre assister à la procession et vi- $iter une ou plusieurs églises, les Odèles peuvent suivre la procession, ou aller directtnnent h Tégiiso ou aux églises vers lesquelles la procession est dirigée : de l'une ou de Tautre manière, cela leur comptera iMiur un jour de stations, pourvu que, dans le dernier cas, ils visitent toutes les églises désignées, avec l'intention de faire les stations (3J. (Mgr Bouvier.)
(I ) Tantiis labor non sit cassas. Ex Prosét defunct. (2) Fcrrariss, an moi Jubilé^ art. 5, n. 5. (5) Voici coininetit, à Paris, celle ouverture était procrite :
Le Miiiedî, ^ nurs, le JjjIIc $crj ouvert dan»
I 11. De la confession relativement au iaUlé.
II faut se reporter h ce que nous avons dit ri-dessus (Xr chapitre de notre Introduc-
bation qu'y donna €lément XIU, on doit conclure que la confession est prescrite par la clause Rite eonfessis^ comme une œuvre essentielle au Jubilé, et dès lors nécessaire pour ceux même qui n'auraient que des fautes vénielles h se reprocher.
Cependant Collet (1), Ferraris et le commun des théologiens, qui ont écrit depuis le décret de la congrégation, supposent que la confession peut n'être pas prescrite comme oeuvre essentieHe au Jubile; ils ont même l'air de dire qu'ordinairement elle ne l'est pas de la sorte : d'où ils concluent qu'elle n'est point nécessaire pour ceux qui n'ont que des péchés véniels, a moins que la bulle ne le dise expressément. Hais Benoit XIV , à qui nulle question tbéologique n'était étrangère, leva la difficulté par sa bulle Con* vocatîSf du 25 novembre 1749, en déclarant (n* 46) que, pour l'effet du JubUé, la confession sacramentelle était une œuvre prescrite, même à l'égard de ceux qui ne seraient coupables que de ftutes vénielles (2^. Léon XII
notre église roétro^lluine, par Thymne V«aî, creaior^ et la messe du Saint-Esprit, avec les oraisons pour le Pape, que nous nous proposons de célébrer ponti- Ûcaleuient, k neuf heures précises, et à laquelle nous convions MM. les curés, le clergé et les fidèles des paroisses de la ville.
Ce même jour, à sept heures du matin, à midi et à sept heures du soir, le Jubilé sera annoncé par le son des cloches de toutes les églises.
Le dimanche, 23 mars, dsns les églises paroissiales et dans les chapelles où le Jubilé aura été commencé la veille, la gnind^messe sera précédée deThymne Fem, crsmtor; on ayontera aux oraisons du jour celles De Spiritu saneto^ el Pro Papm,
Dans les paroisses de la banlieue et dans les chapelles des communautés ecclésiastiques ou religieuses, des bépiuux el hospices, collèges, maisons d*é<
premier
Jours fixes par MM. les curés, supérieurs ou premiers auméuiers, pour Tépoque du Jubilé. On ajoutera à celte messe les oraisons Pro Papa, Après rCv.tugile, il sera donné lecture du disposiûi do préseul Mamleiuenl relalif au Jubile.
Si la rubrique s'o|)posait à la célébration d*uue messe votive, oit réciierait k la messe du Jour les oraisons be Sipiritu saueto el Pro Papa.
Le dimaudie i5 mars, pour notre église métropoliiaine et les paroisses de Paris, et le dimaiiche qui suivra le jour de Touverture du Jubilé, pour les paroisses de la banlieue ei autres étatrfissemenis, il y aura, après Toflice da soir, salut soiemiel du trèssaint sacrement. Aux prières prescrites jMir noire ordonnance du i octobre dernier, on a|oulera le
riume liO : Levam ocmlos meo$4m munies (au hiiifli Vêpres), le f Saivam fae unum iuam; i) Dtuê meas^ speratuem m u, ci l^onison Pro Papa* Après la bénédiction, ou chanlera trois lois : Parce^ Uo^ miae, (Février 1851.) {\)rrailédttJuMé,p.îeS.
Ci) Cuui confessio sacrauieuUilis in hoc Jubibeo sit opus iiijuncium, perageoda eadeiu eliam ab eo
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ne dit rien à ce sujet. Nous ne croyons pas qu*on puisse s'écarter de la règle établie par Benott XIV (1). De là il suit :
1* Que si Ton était dans l'impossibilité de se confesser, si on se confessait à un prôtre non approuvé, si le confesseur refusait Tabsolution, môme iniustement, on ne pourrait
Sagner le Jubilé : à plus forte raison, on ne 3 pourrait pas, si on faisait une confession sacrilège (2) ;
.2* Qu'on ne le gagnerait pas davantage, si, se faisant illusion à soi-même, on se trompait sur ses propres dispositions, en prenant pour une vraie contrition ce qui n'en aurait que l'apparence; car le Pape
Erescrit une confession qui réconcilie avec deu.
On convient néanmoins que, malgré la clause RUe contritiSf la contrition impar;faite, qui justifie avec le sacrement de péni* tence, est suffisante pour remplir les intentions du Souverain Pontife: c'est bien, en effet, le sens naturel des termes.
{Mgr Bouvier.)
D. Quand faut-il faire cette confesêionf Eêtce au commencement^ au milieu^ ou à la fin des auvrei prescrites t
Il n*y a rien de commandé, et, nar conséquent rien d'essentiel à cet égara : la seule chose indispensable est qu'on soit en état de grâce au moment où Ton termine les œuvres prescrites, puisque c'est dans cet instant que l'indulgence est appliquée. 11 serait plus avantageux, sans doute, que toutes les œuvres fussent faites en état de grâce, et que l'on commençât parla confession. Benoît XIV y exhorte (3), et les confesseurs doivent y
qui solis peccatls venialibas teneatar, hoc lucrari Jul)ila?uin Tclil.
(i) On iroiive dans le Mandement de l'archevêque de Paris : MM. les curés et confesseurs sont avertis ((ue, par un induit en daie do 3 décembre i85<), Sa b;ûnlelé a daigné accorder k tous les fidèles du diocèse de Paris qui sont dans Tbabitude de se confesser toutes les semaii.es ou tous les quinze jours, et qui seraient d'ailleurs en état de grâce, la faculté de gagner, pendant cet espace de temps, toutes les indulgences pléniéres qui peuvent être gagnées, sans qu'ils soient obliges chaciue fois de renouveler la confession sacramentelle.
Toutefois cela n'affaiblit en rien cette règle rappelée par l'abbé Guillois. c Cette confession doit être faite dans le temps prescrit par la bulle : cela regarde les personnes même qui, en se confessant une fois hi semaine, ont le privilège de gagner, sans une nouvelle confession, toutes les induUences qui se rencontrent pendanthuit jours, i Le décret de Benoit XIY excepte formellement l'indulgence du Jubilé.
(2) L'archevêque de Paris ajoute :
Les confesseurs se souviendront que le Jubilé ne supplée point aux dispositions nécessaires dans le pénitent pour obtenir en tout autre temps la rémission de ses fautes par le sacrement de pénilence, et qu'ils doivent différer le Jubilé à ceux à qui les saintes régies de l'Eglise ordonnent de suspendre rabsolution.
\ô) Ultre encyclique Inter prsctcritos, d. 73.
préparer leurs pénitents, aiiiaat qu'ils k peuvent, mais sans l'exiger fl).
Un homme qui aurait eu le malheur de retomber dans quelque faule grave entre sa confession et la dernière œuvre prescrite, devrait recourir de nouveau à la grAce sacramentelle, sans quoi il n'obtiendrait point l'indulgence.
Celui, au contraire, qui, en se confessant de bonne foi, oublie une faute mortelle, n'est pas obligé de retourner la confesser pour gagner Tindulgence; car, sa confession ayant élé sacramentelle, il a tout à la fois sacrifié à l'intention du Souverain Pontife eC opéré sa réconciliation avec Dieu, il suffira donc qu'il soumette ce péché oublié aux cle& de TEglise en temps convenable, c'est-à-dire dans sa prochaine confession, s'il se eoafesse souvent^ ou le plus tôt qu'il poom
(1) On lit dans rAatî de la Reli§Um z
c Monsieur,
f Dans les n»* 4284, 1295 et 1305 de r^tRittmable journal, vous avez parte d^un cas qi aV Viiit paru présenter des difficultés assez pm . savoir, si lorsque le confesseur a jugé à
pour de graves raisons, de diflSérer TabsolalioB i • pénitent jusqu*aprè8 rexpiraiion da temps duMik, ce pénitent pouvait néanmoins gagner riiMi«lgCM& Vous avez embrassé Taffirroative, et vous vous èa appuyé sur Tautorité de M^r Tarcbevéque de Pknt« de Mgr Bouvier et de plusieurs graves UMolofiefli cités par ce dernier. Quelque graves que soieoi ces autorités, j*ose cependant vous avouer qu^elles aV vaient pu me porter à embrasser le seiiiieil qu'elles énoncent, et qui me paraissent donner ï h bulle de Léon Xtl une extension dont elle n'est fas susceptible. Je sais que presque tous les théologieas paraissent €tre contre moi ; mais cette oppoattîoo ne pourrait-elle pas n*étre qu*ap|iarente, et se vindrait-elle pas de ce aue les circonstances ae laat pas les mêmes? La plupart des tliéologiens qoe j« consultés, et qui donnent des raisons de iesn opi* nions, s*appuient principalement sur les boUes de Jubilé qui renferment cette clause citée par Collet : c Quibuscunque tam laicis quani ecclesiastids..^ c etiam in carcere aot captivitate ezisteatibas, tel ff alia corporis inflrmitate, seu alto ffwocmm^m^
c pedimento detentis In aliud pmzimum tempoi
c prorogare possit, etc. i Cette Riison esi fort boâac dans les cas où celte clause est exprimée; anis da n*a aucune autorité dans le cas contraire, paisqve, selon Benoît XIY et la raison, on doit biea se garder de raisonner a pari dans ces sortes de maliéro. f Mais, dira-t-on, n*est-il pas conforme aux rètks d*interpréter les bulles des Souverains Pontifes sàoi le sens que leur donnent la plupart des théototwas et des évéques? Cela est vrai si les Souverains mtifes n'ont, pas suffisamment exprimé leur ioieatioa contraire. Or, c*est précisément ce qui me pana avoir lieu dans le cas proposé : j'en trouve la piwe: i» dans la suppression de la clause citée par Collet; 2» dans la diversité des circonstances; car lesrMsons qui engageaient les Souverains Pontifes i le* corder cette sr&ce n'existent plus. Les Jubilés tel il s'agit dans leurs bulles étaient des Jubilés extraordinaires, qui ne durent ordinairement que qaioie jours, ou peut-être le Jubilé ordinaire, qui, ana( Benott XiV, ne durait communément que denx Boi». Or, on conçoit que, s'il n'eAt nas élé panais ais confesseurs de proroger le Jubilé en faveur de kmî pénitents pour lesquels ils le jugeaient nëoessaift, beaucoup de personnes, quoique avec une bonnf <<*lontc, n auraient pas pu profiter de la grice qoi If'
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:ouiiiiodément, s*il n*est pas dans l'usage de e confesser souvent fl). {Mgr Bouvier.)
>• Celui qui doit faire sa communion pascale^ et gagner le Jubilé à peu près dans le même iempSf est^l obligé de se confesser deux fois?
Nous n*avons trouvé cette question traitée mile part; mais nous pensons qu'une seule ;onfession suflit, si elle est faite en vue du lubilé : caria confession sacramentelle est Men, à Itt vérité* une condition essentielle »our le Jubilé, mais elle n'est requise pour a communion pascale que comme disposiioQ. Or, en se confessant pour le Jubile» on e prépare suflisamment, autant que de beiûiuy à la communion pascale; on a donc saisrait aux deux obligations. Néanmoins, {uand on ne s'est pas confessé dans l'année, e précepte du concile deLatran oblige : d'un mtre câté, une œuvre prescrite à un autre titre nepeutservir pour l'indulgence, selon Benoit xlV. De là, des prêtres instruits concluent qu'il faut deux confessions, une pour satisfaire au précepte de l'Eglise, et l'autre i>our remplir les conditions clu Jubilé : c'est le plus sûr; nous le conseillerions, mais
»uit oflTerte, tandis que maintenant que le Jubilé Jure six mois, il ne peut y avoir communément }u une négligence coupable ou la mauvaise volonté lu |iéiiiient qui puisse obliger le confesseur h diîfé- "er plus longtemps l'absolu tion.
c Ce sont ces raisons qui pourraient encore être ortifiées, mais que j'abrège poiîr ne pas trop allonger ;ette lettre, déjà peut-être trop longue ; ce sont ces aisona, dis-je, qui ont engagé noire respectable r>éque à consulter Rome sur ce cas du moins fort iottteuiv et la réponse que j*ai Thonneur de vous idreMcr les contirroe; car puisque, comme vous le errez, le Saint Père accorde le pouvoir dont il est [uesitîon p^r aràce spéetatSt il faut en condui'e qu'il l'est pas de droit commun.
I Je suis, Monsieur, etc.,
• V., vic«-gén. de V.
I V., fi mars 18S7.
4 Beatissime Pater.
c Episcopas Vivariensis in Gallla, ad pedes S. V. lumiltter provolutus expostulat uirum, sei mensi- »us Jubilxi elapsis, confessarii in gratiam pœniicnium, qui intra illod tempus non fuerint rite dispo- Ui ad aljsolutioliem recipiendam, possint tempus lubilaei prorogare, ita ut taotam gratiam adfauc ob* iueaut dicti pœnitenies, et confessarii privilegiis loc tempore ouuoessis erga illos, post scx meoses (audeanl.
I Quare,
c Sacra pœnitentlaria ven. in Christ, patri epi- «opo oratori respondet ex spécial! indulgentia SaniîMîmi posse prorogari teutpus pro impertienda disolutione a resen'aiis, dummodo sacramentale lodiciuro, durante tenipore Jubilai, incœpium fue- 1t. Oatnm Hooue in S. Pœniteutiaria, die 28Febr. ISi).
f F., archiep. Athen. S. P. régent.
t D. FratcUini, S. P. secretar. i
€ P. S. Une observation que je ne crois pas devoir Mnettre, c'est que, lorsque la plupart des théolo- Kiens qu'on m'oppose onl écrit, la clause citée par LoUcC jparaissait être de style, i
(I) Collet, p. 175.
nous n'oserions dire qu'il faut l'exiger (1). La confession, étant déclarée partie des œuvres reqnises, doit être faite dans Tintervalle du temps marqué pour accomplir les conditions du Jubilé : la concession de Clément XIII, ou les induits particuliers ne servent de rien dans ce cas.
[Mgr Bouvier ^ passim.)
{ ni. De la communion.
Si la bulle du Jubilé accordait l'indulgenco à ceux qui se seraient confessés et auraient communié, en se servant de ces mots : Omnibus confessis et sacra communione refectis^ Ferraris enseigne, sans hésiter, et plusieurs autres graves auteurs paraissent être de son avis, qu'une communion antérieure de quatre ou citiq jours à louverlure du Jubilé sufBraitpour remplir les intentions du Pape. Mais, comme le texte de la bulle ne laisse point d'équivoque, et que, d'ailleurs, dans ce cas-là môme, on devrait prendre le parti le plus sûr, nous devons tenir pour constant que la communion doit être faite dans le temps fixé \)onv gagner le Jubilé.
Il est certain qu'une communion sacrilège ne pourrait être regardée comme suttisanto : car c'est bien sûrement une communion véritable qui est prescrite, et non un crime horrible.
Il est beaucoup plus avantageux de terminer les œuvres du Jubilé par la communion, parce que ce moment prête davantage au dégagement de tout péché et aux dispositions de ferveur qui rendent l'application de l'indulgence plus sûre et ses fruits plus abondants. (Mgr Bouvier.)
^ On peut, par la même communion, dit l'abbé Guillois, gagner plusieurs indulgences plénières ordinaires, quand môme, pour chacune d'elles, la communion serait prescrite, c'est-à-dire que l'on peut, par la môme communion, participer d'une manière plus ou moins étendue à plusieurs indulgences
SIéniëres; ou bien, si Ton a la pieuse coaance d'en avoir gagné une pour soi dans toute son étendue et toute sa plénitude, appliquer les autres aux âmes ou purgatoire. La réponse de la sacrée congrégation du 13 août 18^7, est formelle : Dujuijii : Utrum fidelis aul sacerdos célébrons per unicam «a* cram communionem possit lucrari plures ïndalgenlias pltnariasy vel sibi^ tel pro defunctisy si ad lias lucrundas prœscribatur sacra communio? Hesp. Affirmative^
Mais en cela il nest pas question de la communion prescrite pour le Jubilé. (Voyez plus bas cette question.)
D. Une communion faite par un homme qui se croit de bonne foi en état de grdce^ tandis quil n'y est pas^ suffit^elle pour le Ji*biléf
Quelques-uns le nient, dit Mgr Bouvier, parce (juc cette sorte de communion n*est point vivifiante, ni telle par conséquent que le
(I) Voy. plus basée que dit TaM^é Gttillois, à la i' question.
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DICTIONNAmE
JIR
Souverain Ponlîfe est censé l'oxiger. Dailleurs, pour obtenir TefTot Ju Jubilé, il faut être en état de grflce; or, Thomme dont il s*agit n'y est pas, comme on le suppose : donc sa communion ne suffit point. Cotte opinion, soutenue par Viva, n'est certainement pas sans fondement.
D'autres théologiens cependant font une distinction qui paraît assez juste. Ou cet homme, disent-ils, a une contrition suffisante pour être justifié par le sacrement de pénitence, s*il lui était administré, et, dans ce cas, Teucharistie reçue de bonne foi lui remet ses péchés, et il gagne le Jubilé; ou il n*a pas même ce degré de contrition dont nous parlons, et alors il ne peut gagner le Jubilé : mais il ne doit s*en prendre qu*à luimême (1).
Si une personne ne pouvaitcommunierdans le temps marqué sans qu'il y eût de sa faute, ou parce qu elle aurait rompu le jeûne involontairement le dernier jour du Jubilé où elle devait communier, ou par une autre cause quelconque, elle ne serait pas nécessairement privée pour cela de Tindulcence: le confesseur aurait le droit ou de différer le Jubilé à son éçard, ou de changer Tobligation de communier dans une autre œuvre de piété, de religion ou de charité, selon que nous dirons plus loin.
D. Ê^eut'onf par une seule eommunionf êatisfaire au aevoir pascal et à la condition prescrite pour le Jubilé?
Mgr Bouvier répond : On ne le peut pas, d'après ce que nous avons dit. Il s'éleva des contestations, à cet égard, dans plusieurs diocèses de la France en 1826. L'archevêque de Paris écrivit à Rome, on lui répondit :
S^ue la communion pascale et la communion u Jubilé sont deux obligations différentes qui ne peuvent être acquittées par une seule com^ munion (Ami de la Religion et du Aoî, n** 221i, p. 197) (2).
L'abbé Guillois dit, à propos de la confession et de la communion : U est indubitable que l'on peut, par une seule confession
ri) Collet, p. 185.
(liiEn 1851, Tarchevéque de Paris disait dans son JUandement : i La communion pascale, étant déjà de précepte, ne pevt tenir lieu delà communion prescrite pour gagner le Jubilé. U sera nécessaire de communier une fois à cette Inienlion particulière, dans Tespace des trente jours, outre Faccomplissemeiit du devoir pascal, à moins que nous n'obte* nions du Saint-Sfége, comme nous Tavons demandé, qu*une seule communion satisfasse aux deux obligations. La communion du Jubilé peut se faire dans le cours des trente jours, dans quelque ^lise ou chapelle, et à queloue jour que ce soit. Nous invitons cependant fes fidèles k la faire dans leurs
Îraroisses, auunt quHls le pourront. Si, diaprés les îMniltés que nous attendons de Rome, une communion seule est suffisante pour remplir le devoir pascal et gagner Tlndulgence du Jubile, elle devra être faite rigoureusement à la paroisse. Les enfants qui n*oiit point encore fait leur première communion IKMirront être dispensés par leurs confesseurs de faire la communion du Jubilé ; ils gagneront Tindulgence en remplissant les autres obligations prescrites au jugemeul du confesseur, i
et une seule communion, gagner plusieor^ indulgences, même pténières ; mais, fb)u' gagner Tindulgence clu Jubilé ou bienct^l^ qui est accordée en forme de Jubilé, u> confession particulière est nécessaire, quarij bien même on ne serait coupable d'aont péché mortel ; une communion spéciale h également nécessaire. De bons auteursiji.tent que celui qui doit faire dans le mtiii*^ temps la communion pascale et gagner 1 Jubilé, doit, il est vrai, communier li^ji fois, mais qu*il n'est point obligé de sirdt fesser deux fois, et qu'une seule confess suffit si elle est faite en vue du Jubiié.Lapr son qu'en donne Théodore du Saim-Esjr... c'est que le précepte de la confessioii i: Quelle n'oblige que ceux qui se seoteoi mpables do quelque pèche mortel (1J.D& celui qui s'est confessé en rue degagoer'- Jubilé, et qui ne sent sa conscience du^:^ d'aucune faute grave, n'est pas obli{;éb' i^ confesser une seconde fois pour $Kâ.*rï au précepte de la confession aonv^. ûquelle n'est exigée que comme \it^ '^ à la communion (2}. Quoi au'il ea v.
ne saurait y avoir, ce me semole, dedà/ à l'égard des Gdèles qui se confessen^< vent, ou qui, s'étant confessés dam le w: dePAques, ont l'intention bien fonneltc.
retourner au saint tribunal a? aot la fia i l'année, selon l'opinion de MindereriS.
Mais ce qui vient d'être dit esl-il i[f ^ cable à ceux qui se bornent stricteoe; ( • la confession annuelle ? II est pour le ojo :* permis d'en douter, et tout porte à en'
Su'ils doivent se confesser et commin ' eux fois pour remplir le devoir i^xi '^ gagner l'indulgence du Jubilé.
Benoit XIV traite aussi cette qaesu* dans ses Institutions eeelésiastiqua^ fl»i' ne pose pas la question de la môme inau' que Minaef er et Théodore du Sainl-fci^- 11 admet d'abord en principe qu'une Œoîr' d'obligation peut quelquefois serrir \^^^ gagner le Jubilé (4), et il déclare, ea cuQr quence que lorsque le Jubilé a lieu eo urême , le jeûne du Carême suffit pour gagner. L'illustre Pontife suppose eosui^
3ue quelqu'un s'est confessé eo ^*' e la communion pascale, et qu'il a coisaïc; nié pour remplir le devoir pascal. U ^ hors de doute, dit-il, qu'il doit coauDuibc-
(!) Praeceptum annuae coofe8siottiiprorecio.i^ commune doctorom placitum, oUigat iJuduui * conscieulia peccali mortalis nanordet (Iki^p. 147). *^
(2) Pro lucrando Julnlaeo reqoiritor co"^"^!? conditioni per confessionem aoDuam noi »^ bene verosi tempore paschali fiAt(Miaderer>^* bilœo^ p. 552).
(3) Gonfessiouis praeceptum non nrget per set^ pore paichali ; dummodo atio teopore per ^'^ adimpleatur ; adeoque confessio tempore p>$^>*^ racta vulere poterit ad oblif^atiooein exsûites»' poiieiida confessione Jubilaei (Minderer, p- ^^/;
(4) Il en est de même des autres liMtolgeHces;*^ oeuvre d'obligation suffit qoelquefois • ^''^v,.. Goniniuuiant le jour de P4ques, on petit P^^L dulgence de la bénédictioa papale et %iM>^^^^ voir pascal (Voir cet article).
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denouYcau pour Kaçnei Tindulgoncedu Jubilé; mais esl-îl obligé de se confesser une seconde fois, si depuis sa confession il n*a commis aucun pérhé mortel ? Voici sa réponse : t Comme il n*est pas certain que le Fape prescrive la confession uniquement comme disposition è lacommunion, etqu*il est plus que probable qu*il Texige comme <Buvre nécessaire et indispensable, de tièsgraves auteurs, et entre autr s Bellarmin, exhortent les fidèles k se confesser de nouveau pour gagner Tindulgence, quand bien même ils ne se sentiraient coupables d'aucune faute mortelle; dans ce cas, ils déclarent au prêtre les fautes lésères qu'ils ont com* mises, ou môme les péchés mortels qui ont déjà été effacés par le sacrement de péni*
tence(l). »
Plusieurs prélats, et entre autre Mgr Tévé* qiie du Mans, viennent de recevoir du Saint- Siège des induits en vertu desquels les Gdè* les de leurs diocèses pourront par une seule communion gagner Tindulgence du Jubilé qui sera célébré, dans un grand nombre de localités, vers la fin du Carême, et satisfaire au (ieroir de la communion pascale. La faculté de ne faire qu*une seule confession avait été demandée en môme temps : le Saiot-Siége, sans la refuser, a gardé le silence à cet égard, ce qui semble supposer qu*à Rome on ne pense pas que deux con* fessions soient nécessaires, Tune pour satisfaire au devoir de la confession annuelle, Fautre pour remplir une des conditions prescrites pour gagner le Jubilé (2).
t lY. De la visite des églises.
1* Dans toutes les bulles concernant les Jubilés qui ont eu lieu, il est Question d'églises è visiter. En effet, les églises étant la maison de Dieu, le lieu où Jésus*Chrisl réside en personne, où s'accomplissent tous les jours les grands mvstères de la religion» on conçoit qu'elles doivent ôtre d'une ma* uière spéciale l'objet de notre dévotion : il uy a aucun doute que les visiter dans un esprit de foi et de piété ne soit une chose eonrenable et très-agréable à Dieu. Nous ne devons donc pas ôtre surpris que le Pape et les évoques en fassent une condition indispensable poursagner certaines indulgences»
DOtaroment celle du Jubilé.
Le P. Daniel dit: « 11 est constant qu'il faut les faire dans un esprit de pénitence : et par conséc^uent plus d^esprit que de corps. La céréiuoriie extérieure sert de peu si l'intérieur n*y répond pas, et si le cœur est partagé de miile soins superflus. Il faut donc, dans unes-
(I) Qiare gravîssiiiiiaiielores hortanlnrad confes* siowein peragendam proindttlgeatia.qtiamvis nellum leih.ile peccaluin admissum lueril (/ast. Beneâ, XIV).
H) Il n*eftt peut-être pas iniuile de faire reniar-
auer qne, claiit le dernier Jubilé qui s*cst ouvert à kooie le 19 aiars et qai ft*csi terminé le i8 avril, no6 8«4dats eux-niènies, rêpoadaot à Pappel du Saitit Père, ont, selon rexprcssion textuelle d*ttae rtirrespoiidance sûre, fait les deux commaDions nér.e3»i»;iires pour satisfaire au devoir pasc^il el pour gagner riudulgence. (Noie de rauieurd» DkL)
prit tout occupé de ses fautes et dés miséricordes du Seigneur, penser quel'on va pour se rapprocher d'un Dieu dont on a eu si souvent le malheur de s'éloigner pour courir dans les voies de l'iniquité. Or, pour se pénétrer mieux de ces dévots sentiments, il faut, tout en marchant, lui dire dans le secret de son cœur, avec le roi prophète (1) : Déiournexmes yeuxj de peur qu ils ne voient la vanité des créatures^ et daignez me fortifier dans la voie de votre justice. Conduisez mes pas , 6 mon Dieu, et bénissez tant de saintes démarches que je fais pour aller au pied de votre trône réparer celles que j'ai faites tant de fois dans les routes égarées des pécheurs. Recevez-les, mon Sauveur, en mémoire de toutes les courses mystérieuses que vous fîtes pour mon salut vers la montagne du Calvaire : et reçardez-moi comme un criminel repentant, gui, à l'exemple de l'enfant prodigue, va se jeter entre les bras de son Père tout miséricordieux.
« La seule manière de faire ces dévotes stations avec fruit est de les accompagner des actes intérieurs d'une âme qui sait entrer dans les intentions de l'Eglise qui les ordonne, et d'en prendre le véritable esprit. II faut penser, en marchant d'un air modeste, pénitent et mortiHé,que, comme des pèlerins ici-bas, nous ne sommes que dos étrangers hors de leurs patrie; que le ciel, dont nos églises sont des figures sensibles par les mystères divins qu'on y célèbre, est le terme de notre pèlerinage , auquel nous devons uniquement aspirer. La vie présente n'est, en eOet, pour nous qu'un triste exil, où il serait de la dernière imprudence de vouloir se faire d'étemels établissements , comme si l'on ne devait jamaislesquitter, puisque l'expérience nous fait voir qu'il en faut sitôt sortir : et pour entretenir ces dévots sentiments, il sera bon de regarder ce concours de tant d'âmea fidèles comme les pieux pèlerinages que les premiers chrétiens faisaient de compagnie, pour visiter les lieux saints gui ont été le berceao de notre sainte religion, ou pour honorer tant de voyages pénibles que le Sauveur entreprit dans le cours de sa vie laborieuse, afin d'opérer ie grand ouvrage de notre rédemption.
« Tout occupé de ces solides réflexions, en entrant dans la maison de Dieu, humiliezvous profondément, comme le modeste publicain de l'Evangile, h la vue de vos mi* sères spirituelles. Comme cet hamble péni* lent, qui par respect et dans les sentiments d'une salutaire confusion, n'osait pas lever les yeux vers le ciel, frappez votre poitrine en demandant miséricorde. Commelui, conjurez Je Dieu de la paix de vous faire grftce et de vous être propice, parce que vous êtes de gnrods pécheurs : Propitius esta tnihi pecca^ tori. Demandez-lui entin un cœur vraiment humilié, pénitent et contrit. Parler h Dieu de la sorte, c'est faire de toutes les prières la plus excellente, et, comme le publicain,
(!) Avene ocajos meos, bc videant vanitatcm (Pc. cxvui, 37).
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mérilerd'enlendrede la bouche du Sauveur 1*arrèt de votre entière justification : Descendit hicjustificatus in domumsuam,
« Il faut prier de bouche, il est vrai, comme il est marqué dans la bulle. Il faut demander k Dieu de vive voix la conversion des pécheurs et la vôtre : il faut s'intéresser pour le retour des hérétiques à la foi, pour la réunion des schismatiques qui troublent la paix de TEglise par des disputes aussi superbes que mal fondées dans leur obstination. Le zèle de la religion exige de vous que* par des instances redoublées, ferventes, amoureuses et constantes, vous conjuriez le Seigneur de faire triompher la vérité de tous les partisans de Terreur; de vouloir humilier les ennemis de la sainte Eglise, afln de les convertir par de douces violences. Vous devez lui demander que l'esprit de charité règne sur tous les cœurs des udèles, et que la paix soit sincère, solide, durable entre tous les princes chrétiens : en un mot, il faut réciter toutes les prières vocales qui sont ordonnées par la bulle du Jubilé.
« Mais de toutes les prières la plus agréable à Dieu, c'est la prière mentale. Le langage d'un cœur qui parle de son abondance, sans étude, sans aucun arrangement, sans mé« tbode, est celui qu'il écoute le plus volontiers. Le mouvement des lèvres ne lui plaît qu'autant que l'esprit et le cœur sont de concert. Entrez donc dans ces pieux sentiments, demandez premièrement pour vous-mêmes l'esprit de pénitence et d'une conversion sincère : demandez-le ensuite pour tous les pécheurs ; vous serez infailliblement écoulés ; et c'est la seule vraie manière de visiter utilement les églises , pour faire comme il faut ce que l'on appelle ff« êtationêdaiuhilé. (Confér. pag. <^M, tom. III.)
«( A Rome, dità son tour Mgr Bouvier, pour le grand Jubilé, on prescrit la visite des quatre basiliques dont nous avons parlé plus haut, trente fois pendant trente jours consécutifs oii interrompus, pour ceux qui habitent Rome ou la banlieue , et quinze fois daQS quinze jours différents, pour les étrangers. Dans les diocèses, il faut aussi la visite de quatre églises désignées par l'évéque ou par celui qui en a reçu de lui le pouvoir , du nombre desquelles doit toujours être la principale du heu : la cathédrale, dans la ville épiscopale; et ailleurs l'église paroissiale. L'église d'une paroisse vacante est principale pour ce lieu, mais non l'église d'une paroisse supprimée, où il n'y a point de prêtre. On ne peut partager les stations de manière à en faire une portion un jour et une portion l'autre : quelque fatigué que l'on soit, il est nécessaire de visiter les quatre basiliques le môme jour, pour faire validement tes stations; c'est ce qui résulte bien clairement du texte des bulles. Mais il n'est pas nécessaire que le trajet se fasse à pied ; on peut, avec moins de mérite, il est vrai , aller à cheval ou en voiture ; les auteurs n'en font aucune difliculté, et nous l'avons vu pratiquer à Rome, pendant le Jubilé de 1825, par les personnes les plus pieuses. »
« Quand vous visiterez les églises et I($ chapelles que nous avons désignées, dit Mgr l'évêque de Tulle, sachez que tous oi sanctuaires ont été substitués par une concession du Souverain Pontife aux basiliqoii romaines, et en particulier à celle de Saiot- Jean-de-Latran, au front de laquelle rayonne rincomparable nom du Sauveur. Cette basilique , « bâtie à la gloire de Jésus^^hrist, cime et faîte du christianisme , est en quelque sorte l'église des églises , le saint dts saints. Elle a àses côtés les temples des grao'5 apôtres Pierre et Paul , distants mais unt> par les chaînes de son mvstère. En eH
Î)Osée dans un puissant milieu, semblabêà a tête, elle domine les membres liésd^os l'harmonie. Par eux, comme par lesbr^s étendus de la miséricorde , cette sonrenine et universelle Église embrasse l'enseab^ des hommes, pose et réchauffe sur \tm de sa maternelle piété tous ceuxquiiN* rcnt au salut. Appuyé sur cette cMy, Jésus, le suprême Pontife, recueille d}:>i> nité son Eglise éparse à travers lem^.de telle sorte qu'il n'y a qu'un prétr k qu'une église fl).» Vous comprenez aL^ment que cet édifice matériel dfe Latnn N un emblème. Les roches ciselées ne peoswi à rien. Nous n'avons pas pour chef et p^or mère des murs et des lignes architecturales, et Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-méffif, s'il a décoré de son nom la basilique, cV réside pourtant que par l'eucharistie, il v i donc une grande théologie daus ces pierrt^: elles nous représentent ce vicariat inelfibie de Jésus-Christ , vivant , aimant , ramassiol l'univers, maintenant l'unité d'un bras miséricordieux et fort, repos des Ames, centre béni de la foi. Que chaque sanctuaire où vous entrerez, ne fût-ce qu'une modeste chapelle, vous représente l'illustre basilique de Latran, représentation elle-même duSoaverain Pontife. Vos cœurs s'animeront plus aisément du sentiment qui doit \e& occujjer pendant ce Jubilé. »
D. Eêt'il nécessaire^ pour gagner h JMléi Rome^ d'entrer dans les basiliques par Is porte Sainte t
On répond généralement que non; cir aucune bulle ne l'a prescrit jusqu'ici cornue condition essentielle, et Benoit XIV a déclaré formellement dans sa bulle Convoeeits, du 25 novembre 1749, S ^9> que cela uéuii point d'obligation. {Mgr Bouvier,]
D. Ceux qui 9 étant partis pour Rome^ fàsl arrêtés en route par la mori^ la makdito* quelque autre cause^ ou bien fut, étant wnvés a Rome^ ne peuveni terminer , ni s^ commencer leurs stations^ gagnent-ils f indulgence (2)?
Benoît XIV déclara dans la buMePfffS^ nanteSf § 7, que tous ceux qui seraicnl d«'* l'un ou l'autre de ces cas jouiraicnl u^*
(1) S. Petr. Dam., lib. ii, episU i. .
(2) Voy., à la (in de cel arilcle, dcsetirjib* saint Ligiiori.
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DES INDULGENCES
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avantages du Jubilé, en se eonressAnl et en avec tant de libéralité pendant le saint temps communiant. Clément XIV et Léon XII leur du Jubilé. ont accordé la môme faveur.
D. En visitant les églises déterminées , est -il nécessaire d'y faire quelques prières?
Il est d*abord certain que, dans .les intentions des Souverains Pontifes, la visite des églises doit être un acte de religion : par conséquent , ceux qui ne se proposeraient que de satisfaire leur curiosité, ne rempliraient point la condition prescrite. Aussi les bulles^marquent-elles qu*ony doit prier avec piété. Il est même assez d*usage à Rome de réciter le Rosaire en iillant a'une église à Tautre ; on a des formules de prières h réciter h la porte sainte , h Tautel du Saint- Sacrement, à Tautel de la sainte Vierge, etc. Mais on convient que tout cela, quoique très-louable, n'est pas nécessaire. Il suffit d*eDtrer dans Téglise avec un sentiment reiigieu\ et Tintention au moins virtuelle de gagner le Jubilé et d'y faire de véritables prières, n'imjporte en quel endroit, conformément aux uns que le pape s'est proposées. Voici comme Léon XII exprime ces fins:
Qui eeclesias dévote visitaverinff ibique pro Mosutœ Eeclesim exaltatione^ hœreseon txtir" fMsiionejf eatholicorum principumeoncordiaf et Christiani populi sainte àc tranquiUitate pias ad Deum prêtes effuderint
D. FatU'il faire une prière vocale f
Beaucoup de docteurs pensent qu'une prière purement mentale (1) suffirait ; d'autres, en très-grand nombre, prétendent qu'une )»rière vocale est nécessaire. Ce dernier sentiment étant le plus sûr, doit être suivi.
Au chap. 11 de l'Introduction, nous reproduisons les prières recommandées à cet égard par le Raccolta. On peut si Ton veut réciter aussi celles-ci, que recommandent plusieurs prélats, et que nous prenons dans un petit Manuel de Paris. 11 dit :
Récitons d'abord les prières ordonnées par Taatorité ecclésiastique, qui sont, pour chaque station, cinq Pater^ c nq Ave^ cinq Glo^ ria Patri, aux intentions de N. S. P. le Pape, pour toute l'Eglise, et entrons dans chaque église avec un profond respect, et le désir de faire amende honorableau cœur adorable de I ésus.
Ma misère est extrême, vous lesavez, 6 mon Dieu; sans vous, je ne puis rien, je ne suis {MIS même capable d'avoir une pensée salutaire. En ces jours de miséricorde et de pénitence* je recours à vous, qui êtes mon unique ressource, ma seule consolation ; purifiez moi de mes souillures, pardonnez-moi mes péchés, donnez*moi votre saint amour, escitez en mon Ame une douleur sincère de vous avoir offensé, donnez-moi, je vous en supf»lie, Seigneur, l'esprit d'humilité et de mortification, Tesprit de pénitence et de charité, et surtout celui d'abandon à votre sainte volonté, afin que je puisse participer aux criées que vous daignez répandre sur nous
iî) Femris, art. 5, n* 17.
DlCTIO^IN. DBS IXDVLGENCES.
PRIONS
Recevez, Seigneur, les prières que votre peuple vous offre par l'intercession de la Irès-saînle vierge Marie; répandez en nos cœurs Tesprit de componction et de péni* tence; nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ, notre bien-aimé rédempteur.
Ohl par pitié. Seigneur, protégez-moi, délivrez mon âme de tous les périls qui l'environnent, de toutes les tribulations qui l'affliçent ; souvenez-vous, ô mon Dieu, que je suis l'ouvrage de vos mains, le prix du sang de votre Fils bien-aimé; que le Saint-Esprit a choisi mon âme pour é|)0use; protégezmoi, sauvez-moi, je vous en conjure, pour la gloire de votre saint nom.
PRIONS
Déployez votre bras tout-puissant, 6 mou Dieu, pour briser les chaînes de fer qui m'attachent à la créature, et è moi-même : exaucez-moi quand je vous demande une nouvelle rédemption et un surcroît de miséricordes!
Amour de mon Dieu, qui renfermez en vous toute sorte de biens et de çloire, em* brasez-moi de votre charité, ann que les délices pures et saintes, qu'elle fait naître, portent mon âme è vous aimer dans toute l'étendue de ma volonté et avec toutes les lumières de mon intelligence.
Seigneur, y eut-il jamais tendresse plus ingénieuse que la vôtre i>our nous consoler, plus ferme et plus inquiète pour nous conserver, plus lorte pour nous ramener? Au milieu de cette lutte continuelle de toutes les passions, dans ce conflit de chances diverses, que nous appelons Texistence; vous êtes touiours là, pour nous montrer l-eunui près de la richesse, après le succès le revers, après les jouissances de Pamour-propre lé sentiment de leur instabilité ; partout enfin les agitations, les craintes, la contradiction, l'injustice, excepté en vous, en votre amour, mon divin Maître. Donnez-le-moi donc, ce saint amour, ô mon Dieu, et accordez-le-moi, si fort et si puissant, qu'il domine toutes mes volontés, toute ma vie, afin que je puisse vous bénir dignement et persévérer jusqu'à mon dernier jour.
Prière pour notre Salnt-Père*
Mon Dieu, daignez agréer les prières que nous vous adressons, pour notre Saint-Père le Pape Pie IX : répandez sur lui toutes vos bénédictions ; brisez les obstacles qui s'of»j osent à l'exécution de ses généreux projets, pour le bien de ses peuples et de la cnrétienté; faites qu'à son exemple tous nos cœurs soient remplis d'indulgence, de miséricorde les uns |)our les autres, et d'amour pour vous.
Prière pour V Eglise.
0 mon Dieu, faites éclater sur notre sainte
JUB
Jtlî
Hiùre rs^lLse» la force Je la grâce dont vous Tavez dotée en la prenant pour épouse; gouyernez-1a, donnez-lui la paix, réunissez h son corps les membres qui vivent loin d'elle, sanctiHcz dans son sein ceux qui demeurent fidèles à l'observance de ses lois, afin que, s*avançant toujours de lumière en lumière, de vertu en vertu, ils arrivenl à ce royaume impérissable qui a pour loi la vérité, pour roi, la charité sainte, et Tétcrnilé pour durée.
Prière pour not prélats.
O mon Dieu, en ce temps de miséricorde, nous implorons votre bonté pour le saint prélat qui veille sur nous avec tant de soin et de sollicitude ; répandez sur lui Fabondance de vos grflces, déjouez les complots formés par les méchants, pour neutraliser ses constants efforts, accordez-lui la récompense la plus chère à son cœur, en réunissant autour de lui toutes les brebis égarées; répandez aussi toutes vos bénéditions ^ur nos pasteurs bien-aimés, et sur tous ces saints prêtres qui secondent ses efforts avec tant de zèle, de charité et d'abnégation.
Pour la France. .
Mon Dieu, vous par qui régnent les princes de qui vient tout pouvoir et toute autorité, étendez, je vous en supplie, votre bras secourable sur notre chère patrie et sur celui qui la gou veine; préservez notre chef des tentatives de ses ennemis; répandez sur lui et sur nos magistrats les lumières du Saint-Esprit, afin quils guident le peuple dans la voie du salut, et que leur gouvernement soit entouré de gloire et d*amour.
Prière pour la paix.
Marie, vous qui |>orlez le titre si doux de reine de la paix, daignez étendre votre sceptre bienfaisant sur les cœurs de tous vos enfants; daignez prier votre adorable Fils de laisser tomber son puissant regard sur notre patrie bien-aimée, pour la préserver de tous les fléaux qui ravagent le monde, particulièrement de celui do la guerre, afin que tous les princes s*unissent pour le bonheur de leurs peuplées, et que l'univers ne forme plus qu'une famille, dont tous les membres n'aient qu'un désir, celui de glorifier et de bénir le Seigneur; qu'une \olouté, celle de l'aimeï*, de concert avec vous, très-sainte vierge Marie, notre gracieuse et douce souveraine.
D. Combien de temps faut-il prier ?
Lorsque la bulle ne détermine rien sur le temps pendant lequel il faut prier, une prière très-courte suffit, pourvu qu'elle puisse s'appeler prière. Une sim[)le aspiration ne serait point assez, mais un Pater et un i4t'^ l'un ou l'autre, ou quel(]ue chose d'équivalent, remplirait la condition exigée. (1)
(I) Monseisneur rarolicvêqiie «le Paris disait eu ItSSl ; Tous Tes Ûdèles de la ville scniiil obligés, pour %^Z^tf le JuMIé, de visiter pendant ït% trente jours
Lorsque la bulle porte qu'on piien{N>iidant quelque temps, per aliipioi tmmit spatium^ on convient que cinq fois le Fatrr ut VAve^ ou d'autres prières k peu pris équivalentes, sont autant qu'il en but pour n'avoir rien à craindre. A plus forte raison, celui qui dit ou entend la messe dans l««lii'! église, avec le dessein d*y faire la station, n est tenu à rien de plus. Toutefois, si rVtait un jour d'obligation, il faudrait as$i<>tfr à une autre messe, ou faire une prière spéciale pour le Jubilé. {Mgr Boutier,)
D. Faut-il garder le silence en allant im église à Vautre f
II est très-louable de le faire dans un esprit de mortification et de pénitence; maiic^ii>' pratique n'étant pas commandée, n'est |ioiat une condition essentielle au Jubilé.
D. iSt la foule ne permet pas d' entrer im Véglise que Von doit visiter ^ oiie M fatreî
On satisfera en faisant sa prière k hfv^. ou même dans le cimetière, à la suilc ^ fidèles qui y sont restés, parce qu'on v'ii qu'un tout avec eux, et qu'on est ceoséÈ^ moralement à l'église. Si, au contrairifj'i s'agissait de visiter un autel ou ooeiki chapelles intérieures de Téfflise, il faudrait y entrer. Dans lé cas où l'on dût miter ()]usieurs autels ou plusieurs ebapelb, i! faudrait au moins un mouvemout corporvl
qu*i] doit durer, une fols notre église métropolitti», une fois l'égiise de leur paroisse, H 'une Ans ^ église on chapelle, à leur choix. Nous le$eii^|MS luiuefoîs à visiter de préférence, poar cecie wiwst station, réKliseoù sera exposé le très saint skr* ment pour radoraiion perpétuelle , que wm avott eu le bonheur d'établir Tan dernier.
Nous assignons pour les trois stations, aux rdi' gîeuses qui vivent aans les monastères, en garJut h) clôture, leur église ou chapefle.
Nous autorisons les premiers aunidniers des ïf^ taux et maisons de cliariié, les supérieurs <ks ^' ininaires, coniniunauiés et cougregatioas, le» P<<* miers auinéniers des collèges ou maisons d*êdio^ tion et de détention, à indiquer aux pertoann ^i demeurent dans ies.lites maisons, ou dont il»oa( U charge spirituelle, la chapelle de rétablissemeni qM Ton sera tenu de visiter trois fois peiidant les irtnK jours. Nous étendons la même autorisation an (kaslons de fille « auxquelles MM. les cunésiDgefOot c» venable de rappliquer.
Nous désignons pour sutioos aux habilaoïa v^ campaKues leur égUse paroissiale ou les ^iaes p^ roissiales les plus voisines de leur domicilef,^'^ risiteront trois fois durant le cours des treniejoaiv
Les confesseurs pourront dispenser, en toot oatt partie, de la visite des églises staiionnales, soit » Paris, soil des autres lieux de ce diocèse, loos««t et celles qu'ils jugeront légitimement empèebéf, n leur presf.rivant telles œuvres de piété, de cbantf^ de religion quils jugeront conveuabtos, pav s0 tenir lieu desdites visites. . .
Dans chaque station, on pourra rôciier ^<>4j^ et cinq Ari?, ou quelques-unes d^ prières cobIcmi^ dans un livre imprimé avec notre antorisalioa. ^ Ton offrira ces paroles k Dieu pour rexaluuoo ^ la sainte Eglise, pour hi paix entre les P^^^Jf^* pour notre Sainl-Pére le Pape et potirBoa». ♦*]• recommandons aussi de prier pour le ftOuU^:>i^ des à mes du [mrg. toire.
IVB
D£:S INDULGENCES