I. — Pureté sans tache
On peut dire que saint Louis de Gooza-
fue posséda cette vertu dans le degré le plus minent. Dès sa jeunesse « ses domestiques et les étrangers ne pouvaient s*empécher d*admirer Tinnocence de ses mœurs. Ils ne rappelaient point autrement que le petit
{ grince exempt des faiblesses de la chair. I)*aures le nommaient un anqe^ et ce titre lui a été confirmé par le Saint-Siège. On n*eût osé prononcer une parole un peu libre en sapré« sence; on savait que rien n*était plus capa* ble de lui déplaire, et môme de Voffenser. Enfin, le sage et savant cardinal fiellarmin, son confesseur 9 a déclaré que ce jeune homme n'avait jamais commis aucune faute qui donnât l'atteinte la plus légère è cette sublime vertu.
Tournez présentement les jeux sur vousmême : quelle précaution prenez-vous pour conserver ou pour acquérir une vertu si précieuse et si nécessaire? N*étes-vous point de ceui gui ne se reprochent à cet égard que les fautes les plus graves et les plus grossières ? Ab ! vous ignorez donc que la pureté est comme un miroir que le moindre soufile ternit, et que la tache la plus légère sufiH pour la détruire ? Examinez ici avec une attention scrupuleuse vos peàsées, vos sentiments 9 vos paroles et vos actions, et quMI n*y en ait pas une seule qui ne devienne pour vous un sujet d'alarmes et d'inquiétudes. Je craignais pour toutes vos osurrei {Job ix, 28), dit le saint homme Job. Et pourquoi, pour toutes? Parce qu'il est dangereux de se flatter soi-même, surtout dans une matière si délicate ; et qu'il ne nous sert de rien d'ignorer nos fautes, si le Seigneur les connaît, sll les déleste et s'il les punit. Je craignais ^ ajoute le saint homme Job, parce que je sais que les moindres fautes que je commets ne sauraient échapper a votre justice.