‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 207 sur 370 · II. — Pureté privilégiée · texte numérisé non relu

II. — Pureté privilégiée

Considérez que saint Louis de Gonzague, étant encore jeune, fit vœu de chasteté perpétuelle dans la ville de Florence, sous la 1>rotection de la Mère de Dieu ; et que dès ors il fut eu quelque sorte confirmé dans celte vertu, par une grâce singulière que le ciel n'accorde qu'à des ftmes cnoisies et pri* vilégiées. C'est ce que la sacrée congrégation a déclaré par un témoignage authentique , en disant qu^il ne ressentit aucune atteinte des aiguillons de la chair^ et que son esprit ne fut jamais troublé par aucune pensée contraire à la pureté; ce quon ne lit point dams Fhistoire des autres saints.

tirâce extraordinaire et vraiment angéli-

que, puisqu'elle semble élever un homiDe jusque l'état des ange».

Mettez-vous comme lui sous la protecboo de la Mère de Dieu ; priez-la chaque jour de vous défendre contre les suggestions impu* res de l'esprit de ténèbres : Yitam prmU puram.

Elle aime, elle écoute toujours faToreble* ment des Ames chastes. Concevez donc aujourd'hui la plus haute estime de cette Tertu, chérissez-la particulièrement ; elle est d oa si grand prix que nous n'en connaîtrons pa^ |aitement le mérite que dans le ciel, parce qu'il n'y a aucun bien sur la terre auquel nous puissions la comparer. Jlicn n'est comparable^ dit le Sage, à une âme pure ( Edi., xivi, 2). Elle est si belle qu'elle va presque de pair avec les anges. Heureux celui qui possède le précieux trésor de la pureté, el malheureux, au contraire, celui qui le pd! Cest la pureté qm fait les anges, dit saiol Ardme : celui qui la conserve est un iaf,it celui qui la perd devient un démon.

ID. — Pureté conserrée par une extiéme if^Sat

Considérez encore avec quel soin siiQl Louis de Gonzague conserva cette perle précieuse qui lui était si chère; il voulait qot toutes les portes de ses sens fussent toojouR fermées et impénétrables k l'ennemi de soci salut. Attaché pendant plusieurs années aa service de l'impératrice Marie d'Autriche, en qualité de page d'honneur, il la Toj&it tous les jours sans jamais la regarder aa visage. Il usait de la même retenue i Téprd de sa propre mère, tenant toujours les jeoi baissés quand il était auprès d'elle; il les ouvrait si rarement, que la plupart de ceui

3ui vivaient avec lui n'auraient pas pndira e quelle couleur ils étaient.

Un jour, étant invité à un bal , il prit II fuite, et se déroba secrètement pour aller se mettre en prières. 11 était toujours en garde et en défiance, comme celui qui marcnereit dans un chemin glissant et dinicile, tenant à sa main un vase fragile où Ton aurait rois une liqueur précieuse. Est-ce ainsi, chrétien, que vous veillez sur vous-même? Sont'ce là les précautions que vous prenex

B)ur vous maintenir dans la pureté que ieu exige de vous f Hélas! votre vertu faible, chancelante et mal assurée, a encore plus besoin de précautions et de vîgilancei puisqu'elle est plus attaquée. N*étes-voas pas le premier à l'exnoser tous les jours sut plus grands périls T Quelle liberté dans vos pensées, dans vos regards et dans vos discours 1 Ah ! songez que tous les objets capables de vous tenter ne sont que des appâts trompeurs, des pièges et des filets tendus

far le démon pour vous séduire, semblal^les ceux que le chasseur prépare pour surprendre sa proie : n'en approchez pas; le seul moyen de les éviter, c'est de les fuir. Jfo ennemis , disait le prophète Jérémie , m*est attaqué sans aucun sujet; ils m'ont prist i/< m* ont enlevé comme un oiseau surpris parla chasseurs ( Thren., m, 5S). Quelle douleur, grand Dieul sans aucun sujet! à pure perti*

LOU

DES INDULGENCES

LOU

pour un plaisir frivole, pour une satisfaction si ïile et si passagère, devenir la proie des démons dans réternité I

MÀXmS ra SAINT LOUIS DB GONZAGOB, BT PRATIQUES

Page 1