‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 208 sur 370 · OB VERTUS · texte numérisé non relu

OB VERTUS

1. Toute la force d'un chrétien consiste dans la crainte du Seigneur^ parce que celui gui craint Dieu n'est susceptible daucune autre crainte.

Soyez toujours attentif à la présence de Dieu , dans quelque situation que , vous soyez , seul ou en compagnie ; c*est le moyen de triompher de toutes les tentations. Comment pourrais-je commettre ce crime et pécher contre mon Dieu (Gen. xxiix, 9) ?

2. Rien n'est pitu dangereux que de se laisser conduire par quelque affection particu'^ Hère pour les créatures et pour les biens créés.

Ne vous exposez pas à un si grand péril : TOUS Téviterez en mettant un frein à toutes vos aflections purement naturelles, et en faisant tous les jours un examen exact et scrupuleux de vos sentiments, pour décou* vrir s'il n'y a pas dans votre cœur quelaue attachement tant soit peu déréglé, qui se lait sentir et qui renatt de lui-même lorsque vous croyez en être délivré : faites-en le sacrifice à Dieu qui veut être aimé sans partage, selon cette parole : Vous craindrez le Seigneur votre Dieu^ et vous ne servirez que lui seul {Deut. vi, 13).

3. Le malheur de ceux qui vivent sans piété^ et qui se livrent sans frein à toutes leurs passions^ vient uniquement de leur éloignement de r oraison mentale.

Prenez donc un temps chaque iour pour méditer quelques-unes des grancles vérités de la reli^don.: vous accoutumerez par là ▼otre cœur à mépriser tous les biens de ce monde. Qui jamais, ayant Téternité devant les jeux , pourra se résoudre à lui préférer, de sang-froid, les plaisirs passagers de la ▼ie présente? Quelle condition plus miseraibief 8*écrie saint Augustin, que celle oi^ le plaisir passe en un moment pour faire place d un supplice éternel?

lY* COlfSIDÉRATIOIf.

Pour le k' dimanche.

SaisU Louis de Gonzague^ modèle de la pureté

de l'dme.

i* Pmr son détaekemenl du monde; 2* par son ten&tuemsut au monde; 3* par son urnou iniime avec Dieu.

h -- Par SOD détacbemeoi du nnMde*

Il en connut la vanité dès sa plus tendre jff uoesse ; il méprisa ses pompes et ses honneurs ; il eut compassion de Taveuglement des fiches et des grands de la terre, qui se perdent pour acquérir des biens caducs et l>érissables, lorsqu'ils peuvent mériter et obteuir des biens éternels. Il saisissait toutes les occasions de témoigner le plus parfait mépris pour tous les objets que les hommes clj.irnels ne regardent qu*avec des yeux «reuvie. Il paraissait, dans les plus éclatan-

tes cérémonies , avec des habits simples el négligés, pour faire voir qu'il foulait aux pieds les pompes du siècle. Il ne daignait pas seulement les regarder ; el qu'aurait-il pu regarder sur la terre, lui dont toutes les pensées et tous les désirs étaient tournés vers le ciel î

Dites- vous ici à vous-même, à l'exemple du prophète : Jusques à quand mon ceeur sera-t'it appesanti vers la terre? Jusques h quand demeurera-t-il attaché à la vanité et au mensonge {Ps, iv)? Suis-je donc résolu de persévérer jusques h la mort dans cette illusion ? Des biens qui ne sont que vanité et mensonge^ sont-ils dignes de mon attachement? Toutes leurs qualités se trouvent renfermées dans ces deux paroles : Vanité et mensonge.

1* Ils ne sont querantf/, puisque ce sont de faux biens, des biens chimériques et frivoles, sans réalité et sans consistance.

2* lis ne sont que mensonge , puisque n'étant rien eux-mêmes, ils nous éblouissent par un éclat trompeur qui nous persuade qu'ils sont quelque chose : Vanitas et mendacium.

H. — Par son renoncement au monde.

Son détachement du monde lui fit bientôt prendre la résolution d'y renoncer pour toujours. H s'adressa d'abord à la sainte Vierge, le jour que l'on célèbre la fête de son Assomption, et la pria de l'éclairer sur le choix d'un état de vie. Il entendit alors une voix sensible, par laquelle la Mère de Dieu l'invitait à se rendre religieux dans la compagnie de son Fils. Pour lui obéir, il fut obligé de soutenir, pendant trois ans, un rude combat contre les oppositions de son père, et il ne vint à bout de les vaincre que par ses prières , ses larmes , et par le sang que ses austérités lui faisaient répandre. On vit «enfin ce jeune prince, quoique l'alné de sa maison, renoncer publiquement en faveur de son cadet, au milieu des pleurs de tous les assistants , à la principauté dont il avait déjà reçu l'investiture de l'empereur, et passer ensuite de la cour, en religion , où il ne fut pas plutôt entré qu'on l'entendit s'écrier avec une sainte allégresse : Voici 1$ séjour de mon repos :fy demeureraif puisque je rai choisi ( Ps. cxxxi ).

Est-ce ainsi que vous obéissez à la voix du Seigneur qui vous appelle à une vie plus fervente 7 est-ce ainsi que vous surmontez Its diflicultés que la chair et le monde opposent à votre sanctification? N'êtes vous pas de ceux qui veulent accommoder les desseins de Dieu è leurs commodités et è leurs intérêts 7 Ce n'est pas là le moyen de réussir dans l'affaire du salut : à la fin , Dieu est le mettre. C'est à lui à nous faire connaître ses volontés. C'est à nous à les exécuter avec fidélité, pour ne pas rompre le fil de notre

Rrédestinalion : Que chacun de «oui, disait apôtre saint Paul, marcAe datw la voie où Dieu V appelle (/ Cor. vu, 17 ).

m. Par son union intime avec Dien.

Cette pureté de Tâme , qui lut si i^rfaiie

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MCTIONNAIEE

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dans soint Louis de Gonzague, avait sa source dana son union intime avec Dieu.

Ce Dieu » selon l'expression de TEcriture, est comme un feu qui purifie l'or dans la fournaise; il efface, il détryit en un moment toutes les souillures des Ames qui s'en approchent. Saint Louis de Gonzague lui fût toujours étroitement uni. Etant encore enfant, il passait quelquefois des heures entières dans la contemplation de ses divines perfections , en versant des larmes de tendresse. Il pensait continuellement à Dieu. Son cœur brûlait d'un feu divin, dont l'éclat paraissait sur son visage enflammé; son esprit était tellement fixe sur l'objet de son amour, qu*aucune distraction n'était capable de l'en séparer. C'est de quoi le sacré tribunal de la Rote a rendu un témoignage authentique, en disant qu'il fut exempt aet distractions et des égarements de rimajiinaiion dans la prière. 11 avoua un jour au directeur de sa conscience, que toutes les distractions qu'il avait eues pendant six mois, réunies ensemble, ne rempliraient pas l'espace d'une minute.

11 n'était parvenu à ce parfait recueillement que par un srand effort, puisque, étant à la cour de Madrid, il prenait la résolution de méditer uns heure de suite sans aucune distraction ; et lorsqu'il lui arrivaîl de se distraire, ne fût-ce (]u'un instant , il recommençait sa méditation, qui durait quelquefois cinq ou six heures, jusqu'à ce qu'il eût réussi a en passer une tout entière a méditer, sans être distrait.

Apprenez de là de quelle importance il est pour vous de méditer tous les jours queK qu'une des grandes maximes de la religion. La science du salut doit être la règle de votre conduite : vous ne pouvez acquérir une science si nécessaire qu'en la méditant au moins tous les matins avec une attention suivie et constante. Seigneur^ disait le Prophète, j> me présenterai à vous tous les matins , et je connaîtrai que vous êtes un Dieu qui ne pouvez souffrir V iniquité (PsaLy), N'imitez pas ces iaqûes dont il est parié au livre de Job , qui disaient à Dieu : Nous ne voulons point apprendre la science de vos voies {Job xxi, H).

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