V. — Prière pour N. S. Père le Pape
« O Dieu, pasteur et conducteur de tous les fidèles, jetez un regard de prédilection sur « votre serviteur N., que vous avez voulu donner pour chef k votre Eglise ; accordez-lui la « grAce de former k la vertu, par ses paroles et ses exemples, le troupeau que vous lui avat « confié, afin qu'il puisse parvenir avec lui k la vie éternelle : Par If.-S. J.*G. Ainsi soit-iU « Pater. Ave. »
(I) SI Ton se (jropose d*appUquer Tindiilgence aux désire appliquer, par manière de swilHyi aux âmes du purgatoire,ON ajttole ce qui suit : % Li que Je du purg;iioire, et partîçutièremQDt à...i
^t INTRODUCTION. SlSf
1" QcisTiO!! . -^ Dans quel temps 'faut-il faire les prières pécessaires^ pour remplir la condù
lion prescrite de manière à gagner l'indulgence ?
Nous suivons encore ici Mgr Bouvier : « i*Les souverains pontifes se contentent de dire* qu'il faut prier avec piété, sans rien spécifier davantage. Cinq Pater et cinq i4i7« sont généralement regardés comme remplissant au fond la condition exigée. On peut faire toute autreprière équivalente : par exemple, dire les Litanies de la sainte Vierge, celles du samt nom dé Jésus, quelques psaumes, une ou deux dizaines du chapelet ou le chapelet tout entier. Si Tou a accoutumé de le réciter, on peut Toffrir en tout ou en partie à cette inten-tiOD, et cela suffit.
< Mais un quart d*heure ou une demi-heure de méditation ou d*oraison mentale ne suf* firait pas, parce que le mot prière^ selon son acception naturelle, emporte la récitation de formules vocales : ce parti est donc au moins le plus sûr ; il faut articuler, comme on e5t obligé de le faire dans la récitation du bréviaire» de manière à pouvoir s'entendre» s'il n*y avait point d'obstacles.
• Si des indulgences particulières sont attachées à ces prières vocales, pourrait-on les gagner tout en remplissant une condition reouise pour Tindulgence plénîère? nous ne le croyons pas. Suarez, de Lugo, Ferraris (art. 3, n. 28), et bien d'autres, sont de ce sentiment. Aussi Benoît XIV a-t-il décidé, comme nous le verrons plus loin, qu'on ne peut gagner Tindulgence en faisant une œuvre prescrite à un autre titre.
• On satisferait en récitant ces prières alternativement avec un autre ; car cette ma* nière de prier est autorisée dans l'Eglise : elle n'a rien que de louable, et la Raccolta (1)» d'ailleurs, le dit expressément, s'appuyant sur une déclaration de Pie VU, qui approuve un décret de la congrégation des Indulgences, du 29 février 1820.
■ On fait à Rome fa prière suivante, qui sert au moins à diriger l'intention dans les autres prières qu'on y ajoute. {Manuel de Lyon.)
PRl&RB.
« Mon Seigneur Jésus, pénétré de la plus vive douleur à la vue de mes péchés, j'offre > ces humbles prières pour votre honneur, votre gloire et l'avantage de votre Eglise. Sauc* « tifiez-les et donnez-leur du prix par votre grâce.
< Je désire me conformer entièrement à la pieuse intention du Pontife romain qui a
• accordé cette indulgence pour le b en des fidèles. Appuvé sur votre infinie bonté, j'ose « TOUS supplier d'extirper les hérésies de dessus la terre, (l'établir une paix solide et une
• Traie concorde entre los princes chrétiens, afin que les souverains et les sujets vous ser- « Tent tous avec pureté de cœur, amour réciproque et uniformité de saintes affections.
< Remplissez aussi notre très-saint père le Pape de votre esprit, défendez-le de toutes sor-
• tes d'embûches, et conservez-le. Daignez, mon aimable Sauveur, par les mérites de la.
• très-sainte Vierge, de tous les saints et saintes du paradis, me rendre parlicrpant dlh
• trésor dont vous avez enrichi votre Eglise, en versant pour elle votre sang précieux :
• accordez-nioi aujourd'hui le fruit de cette sainte indulgence.
« Faites, 6 mon Dieu 1 que les peines qui sont dues a mes péchés, et que je devrais
• souffrir eo cette vie ou en l'autre, me soient remises en vue de votre infinie miséri- » corde. Dès ce moment je forme une sincère résolution de mener, par votre secours, « une vie pénitente et mortifiée. Je veux aussi satisfaire k votre justice autant que je pour-
• rai, fuir le péché avec horreur, et le détester par-dessus tout, comoie le plus grand < (ietous les maux, parce qu'il offense un Dieu infiniment aimable, que j'aime et j'aime- « rai toujours par-dessus toutes choses. Ainsi soit-il. » {Yoy. l'art. IifTsifTion, etc.)
« 2* Selon Ferraris et plusieurs autres théologiens cités par lui (art. 3, n. 37), le temps», pour remplir les conditions prescrites ri gagner l'indulgence fixée k un jour déterminé^ ^rait, pour les fêles et dimanches, depuis llieure des premières vêpres, la veille, jusqu'au dernier crépuscule du jour de la fôte, et pour les fériés, depuis minuit jusqu'k tuiouit, selon la supputation civile.
• Suivant les mêmes auteurs, l'heure des premières vêpres est celle où. Ton a accou^ lamé de les sonner. S'il s'agissait d'un lieu ou on ne les ait jamais, on aurait égard k ce lui se fait dans le diocèse ou au moins dans les lieux voisins.
« Comme les premières vêpres se disent dans le carême avant le dîner et qu'on les M)Rne onJiijairem(*nt vers dix heures et demie, on pourrait faire dès ce moment les prièrt^ prescrites pour gagner Kindulgence du lendemain. (Ferraris^ art. 3, n. 38.)
« Cet enseignement est contesté et paraît maintenant fort douteux. La sacrée congrégation, consultée sur la question de savoir quelle est l'heure des premières vêpres, ré- {•ondit, le 12 novembre 1831 (2) : Consulantur theologi. Or, les théologiens ne sont pas tous d accord sur ce point. S. Liguori (I. iv, n. 175) soutient, avec beaucoup d'autres, que 1 heure des vêpres est celle qui suit none, c'est-k-dire le moment où le soleil passe le milieu de l'arc entre midi et le coucher, et que si l'on dit les vêpres plus tôt, en vertu de l*u$8ge, il n'en est pas moins vrai que leur heure propre, celle qui commence le jour ecr ctésiastique, reste toujours la même.
• D'après ce sentiment, qui paraît bien fondé, on ne pourrait commencer les œuvrer», fftscrites pour l'indulgence d'une fête^la veille, qu*k quatre heures en été, et k deux heuru&
(l)ediL de 1811, p. 2k (2) Gardcl., a* 45^.ad 45.
fS3 INTRODUCTION. !U
en hiver, jamais plus tôt, m^me en carfime. G*est au mohs le plus sâr, sai.s aucun doute.
< Le dernier terme, pour accomplir les œuvres prescrftps, est la fin du jour ecclésiastique, ou le crépuscule du jour de la fête, comme on renseigne à Rome et comme h congrégation des Indulgences Ta décidé daos la réponse du 12 novembre 1831, rapiwrlée par Gardellini au numéro précité.
« Nous ne voyons aucun fondement à la distinction faite par Ferraris entre li^ dimanches ou fêtes et les fériés. Nous pensons, en conséquence, que Tindulgence est attachée au jour ecclésiastique, taut pour les fériés que nour les fôtes, et que la mèroe latitude« de rheure des premières vôpres au crépuscule clu lendemain, est donnée pour raccomplissement des œuvres. » {Mgr 'Boutier.)
U* Question. — Celui qûi^ par ignorance^ impossibilité ou inadvertance , maniiuerait à faire ces prières^ n'en ferait quune partie ou ne les ferait point dans le temps précis, mait un peu plus tôt ou un peu plus tara^ serait il pour cela privé du fruit de rindulgmcf?
« Dans le cas où Tomission serait si peu de chose qu'au jugement des hommes prudents elle dût n'être comptée pour rien, elle ne nuirait pas à Vindulgence : par exemple, on croit communément que Tomission d'un ou deux Avct Maria^ dans la récitation dti chapelet, n'empêcherait pas de gagner Tindulgnnce attachée à sa récitation intégrale ;(le même l'omission de quelques mots dans les prières qu'on fait pour obtenir une inUulgenco plénière ne paraît pas devoir y mettre obstacle, parce que la condition prescrite est véri^ tablement remplie de la manière que le supérieur est censé Tavoir voulu , et comme il a dû raisonnablement le vouloir. ^
« Si, au contraire, l'omission était grave par rapport à ce qui est prescrit, de quelque manière qu'elle arrivât, l'indulgence ne serait gagnée ni en totalité, ni en partie; carello dépend de la volonté du supérieur, et la volonté du supérieur est subordonnée aui conditions apposées par lui. » [Extrait de Liguori.)
m* Question. — Peut-on gagner plus d'une indulgence plénière dans le même jour T
• Si Ton était assez heureux pour obtenir l'application d'une indulgence plénière dans son entier, on n'en pourrait pas gagner une autre le même jour pour soi-même, à moins qu'on eût commis de nouvaus péchés, et qu'on en eût aussi obtenu le pardon : rien n'est plus clair. Mais comme cette application parfaite n*a presque Jamais lieu, an peut, saoj inconvénient! essayer de gagner plusieurs indulgences plénières dans le même jour, | lorsque les œuvres prescrites sont compatibles, comme dans la pratique du Chemin de la ' Croix, et en appliquer une h soi, par exemple : une à tel défunt, une à tel autre, etc., si ^■ elks sont applicables aux morts.
« Quant à l'indulgence partielle attachée à certaines œuvres déterminées, il n'y a aucune difficulté ; non-seulement on peut en gagner plusieurs dans le même jour, mais on peut naérne 4>btenir plusieurs fois colle qui est attachée à une pratique qu'on répète, à moins qu'il ne soit dit positivement, dans l'acte de concession, qu'on ne la gagnera qu'une fois dans un jour.» ;
IV* QuBSTioïi. — Peut-on gagner une indulgence attachée à une oeuvre qui est d* obligation t par exemple^ puiS'je gagner l'indulgence attachée aux Psaumes graduels^ à l'hymne Ytuu . Creator, e^c, en disant mon bréviaire^ pourvu que f en aie l'intention ? Un fidèle pourroil-tl gagner l'indulgence attachée à une pratique que son confesseur lui a donnée pour pénitencft ou à laquelle il s'est engagé par vœu ?
« Layman (1) et plusieurs autres théologiens répondent afBrmativement, et donnent pour raison que le Pape, en attachant des indulgences à ces pratiques, n'en détermine point U / fin; il ne demande que la substance de l'action ; donc, concluent-ils, on peut, par la même j œuvre, accomplir ce qu'il exige, et satisfaire à une obligation existante. .,
« Il n'y a nul doute qu'il n*en puisse être ainsi si le Pape le voulait et le déclarait expressé* ^ ment (2); mais lorsquil ne s'en est point expliqué, que faut-il penser? Le sentiment Id plus commun est que dans ce cas on ne gagne point l'indulgence. En effet, selon le sens naturel des bulles et brefs portant concession d'indulgence, les bonnes couvres sont prcs* (Tites comme les conditions onéreuses; or, dans la supj)osition qu'on fait, il n'y aurait ; rien d'onéreux sous le rapport de l'indulgence. Tout le monde convient qu'un hommo :' a qui son confesseur a impose pour pénitence do jeûner une fois, ne satisferait point à cette ;* obligation en ieûnant un jour où il est tenu de le faire par le précepte de l'Eglise ; comment se ^ persuader ou il on serait autrement du jeûne ou de la prière prescrite pour gagner Hn- ;dulgence? Le Souverain Pontife demande sans doute quelque chose, en prescrivant oei^ ronditions? Cependant que demanderait-il, ou à quoi se réduirait sa demande, si on satis> '^ faisait pleinement en ne faisant que ce qui est d'obligation à un autre titre? Le sentimen' de ceux qui prétendent qu'on peut gagner l'indulgence en faisant ces sortes de prières est donc douteux. Il doit être regardé comme faux s*il s'agit de jubilé. Benoit XIV le di: expressément dans sa 53* Institution, n* 7, et dans sa lettre encyclique Inler prœteri(9i^\ du 3 décembre 1749, § 53. Cependant, on peut bien se proposer comme intention secondaire de gagner, s'il y a lieu« les indulgences attachées h ces pratiques , parce que cette intention secondaire n'empêche point de satisfaire à l'obligation; et que, si la premièn opinion était vraie, on aurait double avantage. :j]
(I) Lib* V, tract. 7, cap. 5, u* 15. (t) Yoy» notre article JubiU. ""^
di: ^
lis INTRODUCTIQM. 246
« Bien plus, utie décisiou du 1" mai 18H porte aue la communion pascale peut servir pour gagner une indulgence non en forme de jubilé. Nous avons vu plus haut, au § de la Communion^ que la même communion peut servir pour plusieurs indulgences. Il n'y ar donc que le jubilé qui requière des œuvres certainement non obligées à un autre titre.
€ Quant aux œuvres qui ne sont que de règle dans les communautés, elles peuvent servie à gagner les indulgences, parce que la règle n*oblige pas sous peine de péctié. Un théoloiogien de Rome, distingué par ses connaissances, nous a répondu dans cesens^.
€ On en peut dire autant des prières que fait le prêtre sans y être obligé, du salut du saint-sacrement, des vêpres et autres parties de Tofuce divin, pour ceux qui n*y sont point obligés. Il suffit en disant ces prières, de s*unir à Tintentiou du souverain Pontife, dans Ui vue de gagner Tindulgence. » ( Mgr Bouvier. )
Y* Question. — Pourrait-on gagner les indulgences pour les vivants comme on peui en^
gagner pour les morts?
K L'Eglise peut en accorder qui soient applicables aux vivants, comme elle en accorde qai* sont applicables aux morts. Suarez prnse que les indulgences, dans ce cas, pourraient mémoêtre appliquées permoduma6«o/ii(iont>, parce que les fidèles vivants sont sujets del^glise^. 6tqoerEçlise peut exercer sur eux sa juridiclion, pourvu qu'ils n*y mettent point obstacle.
c L'Eglise na pas coutume, dit le cardinal de Lugo, d'accorder des indulgences appli<> cables aux vivants, h moins qu'ils ne les gagnent eux-mêmes, de peur de lavoriser leurparesse. Donc, pour l'ordinaire, on ne peut gagner des indulgences à l'intention de» vivants, comme on le fait souvent pour les morts. » [Mqr Bouvier.)
Le Manuel de Limoges fait cette observation è la fin de son chapitre sur les indulgences en générai. Voici, dit-il, un passage du Rituel de Belley^ qui renferme d'utiles conseils :
« Les ecclésiastiques et les personnes pieuses, qui ont souvent le bonheur de corn* munier, feraient bien de se dresser un petit calendrier des indulgences plénières qu*on a la possibilité de gagner presque sans rien ajouter à ses exercices de piété ordinaires... (1).
c L'intention ainsi tixée serait persévéran:e virtuellement... Et quand même on la perdrait de vue quelquefois, elle aurait son effet par suite de la première intention qu'on a eue, et qu'on aurait soin de renouveler tous les matins d'une manière générale... Il est à propos, et même souvent nécessaire, d'appliquer aCix Âmes du purgatoire les indulgences qu'on gagne : 1" parce qu'on ne peut en obtenir pour soi qu'une seule plénière, et qu'alors les autres n'auraient pas d'application ; 2" parce qu'il n'est pas douteux que si nous hAtons le tx)aheur de ces saintes Ames, elles prieront eflicacement pour nous (2). »