‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 210 sur 370 · SOI · texte numérisé non relu

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DES INDLLOENCES.

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tesinojens de se rendre utile au prochain. Le feu, qui est le plus actif de tous les éléments, est le symbole de cette vertu. Saint Louis de Gonzague ne cessa jamais de travailler au salut, au bonheur et è la consolation de ses frères. Il eut toujours une tendre compassion pour les malheureux, et rien ne le touchait plus sensiblement que le malheur (le ceux qui s'égarent et qui se perdent dans les voies de Piniquité. Etant encore dans le monde , ce jeune prince ne dédaignait pas d'enseigner la doctrine chrétienue au peuple le plus vil et le plus grossier ; il IVihortait h quitter ses mauvaises habitudes. 11 employait une partie de son temps à terminer les procès et les querelles. Devenu religieux, il allait dans les rues de Rome instruire les plus pauvres , et les conduisait lui-jDème à leur confesseur. Ne pouvant encore prêcher dans les chaires, il tâchait du moins d'inspirer l'amour de la piété, par des conversations familières, et il expliquait les vérités éternelles d'une manière si touchante, qu'il convertit dans la ville de Sienne un grand nombre de jeunes gens qui embrassèrent l'état religieux.

Songez à tout le bien que vous pouvez faire, dans l'état où la Providence vous a pJacé, en instruisant le prochain au moins fisr de bons exemples et .par des sentiments de piété que vous tâcherez de leur inspirer h propos , selon les occasions ; par là, vous pouvez vous approprier en quelque sorte les vertus et les mérites dos autres , puisque vous en recueillerez les fruits et la récompense. Vous ferez valoir le sang de Jésus- Christ, puisque ce sera par vos soins qu'on Je verra fructifier. Est-il une vertu plus belle cf plus propre à orner une Ame que la charité? Est-il uu travail plus noble et plus utile que celui oui a pour objet des biens éternels? Quel malheur, si vous veniez à y renoncer oar négligence ou par respect humnin 1 Éachez que chacun de vous e$t chargé ^ oar le Seigneur y de veiller et de travailler au \alui de son prochain {Eccli. xvii, 12).

IIL — Une charité généreuse,

L*acte le plus généreux et le plus héroï- [ue de la charité chrétienne, est de sacrifier a propre vie pour le salut de ses frères. La harite de saint Louis de Gonzague s'éleva jsnu'à ce degré sublime de la plus haute erfection. Il en donna des preuves dans le iinps que la ville de Rome lut afDigée de la este. Il demanda et il obtint la permission e se dévouer au service des pestiférés. 11 y r»urul avec une telle ardeur, que les autres mugissaient de prendre tant de précautions our conserver leur vie, tandis que le jeune ouis exposait la sienne avec tant de couige. 11 s attachait, par préférence, à rendre jx malades infectés de la contagion les -rvices les plus bas et les plus dégoûtants» i ce fut dans ce saint exercice qu'il conacta une maladie de langueur qui le conima lentement, et qui le conduisit enfin au •lubeau. Peul-on se figurer une mort plus ^ureuse? Dès qu il se vit près de sa fin, il

chanta un cantique d'actions de grâces, et répéta plusieurs fois ces paroles du Prophète : Nous irons avec joie dans la maison du Seigneur. II sut Theure de sa mort par une révélation divine, et pendant une nuit, qui ne lui parut qu'un moment, il fut ravi en extase, et goûta d'avance les délices du

Caradis. 11 rendit ensuite son Ame è Dieu, en aisant le crucifix. Fut-il jamais une mort plus belle et plus désirable^ Puissé-Je^ 6 mon Dieu! mourir ainsi de la mort des justes!

Avez-vous songé jusqu'à présent à vous procurer une mort sainte et précieuse devant Dieu? Pensez-vous que la vie que vous menez et les actions que vous faites soient propres è rendre votre fin heureuse ? Nous ne faisons que semer , pendant le cours de cette vie mortelle, dont la dernière heure est le temps de la moisson , qui se fait par la faux tranchante de la mort. Préparez-vous donc une heureuse récolte , par des semences de vertus, puisque vous êtes sûr, selon la parole de l'Apôtre , que Vhomme ne recueillera que ce fu't7 aura semé [Galat. vi, 8).

MAXIMES DB SlIIfT LOCIS DE GONXAGDE, ET PRATIQCBS

DE VERTUS

1. Prenez en bonne part tout ce que vous voyez faire aux autres ^ et gardez-vous de trouver en eux plus de défauts que dans vous.

Rejetez les pensées de vanité et d'orgueil qui vous portent à vous croire meilleur et plus estimable que les autres. Appliquezvous sans cesse à connaître vos défauis et à ignorer ceux de vos frères. La charité, dit saint Paul, ne pense mal de personne (/ Cor. xni). ,

2. Celui qui néglige d'aider Vdme de son prochain , ne sait pas aimer Dieu , puisquil ne cherche pas à augmenter fa gloire.

Ne manquez jamais, dans la conversation, de saisir quelque occasion naturelle de blâmer le vice et de louer la vertu ; .si votre état ne vous met pas à portée de contribuer autrement au salut et à l'instruction de votre prochain , vous êtes obligé de Tinstruire selon votre pouvoir (Eccli. xxix, 37)^ et si chacun doit parler avantageusement de sa profession, a plus forte raison un chrétien doit-il prendre hautement le parti de la vertu contre le vice.

3. Lss entretiens qui ne roulent que sur des choses indifférentes n'ayant rien de contraire à la loi de Dieu^ peuvent être permis ; mais^ dans la dernière maladie^ une âme prête à pa^ raître devant son Juge doit oublier toutes Us choses de la terre.

Ne perdez jamais de vue cette maxime,

3uand une maladie dangereuse vous con* uira aux portes de l'éternité, et lorsque vous visiterez des malades , tenez-leur des discours convenables à leur état. Que votre conversation soit édifiante dans le temps df IHnfirmité^ dit le Sage ; tâchez de vous sanc^ tifier de plus en plus jwques au dernier soupir [Eccli. xviii, 21 , 5}*

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