‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 262 sur 370 · OR.V · texte numérisé non relu

OR.V

in

d'admiration, de louange, d*aniour, de re- U)orciomeiit. de joie ou de compassion.

2* On médite ensuite les points que Ton a préparés, et pendant cette méditation on loit s'appliquer, non |>asà penser beaucoup, M tais à comprendre et è goûter intérieureinenl lavérité que Ton médite. Pour cela, il est très-important que celui qui médite, «Jiscoure et. raisonne par lui-même sur le sujet brièvement exposé et expliqué. Ce n'est l»ds Télenduedes connaissances et rérudition, c est le sentiment et le goût intérieur qui remplit TAme.

3* Si dans un point de la méditation on trouve les sentiments de dévotion que Ton désire, s'y arrêter jusqu'à ce que le cœur soit entièrement satisfjit, sans chercher à passera autre chose.

Si on éprouve de la facilité et des conso- Intioijs dans la méditation, rapporter tout à Dieu et se mépriser soi-même en pensant combien on sera faible et lâche dans la désolation. — Si on est dans la désolation, la sécheresse et les tentations, s'encourager à la paliencT, s'animer à poursuivre avec ferveur, mettre en Dieu toute sa conQanee, et se disposer aux consolations qui viendront iiyi ou tard.

%* Dans le cours de la méditation, parler souvent à Dieu, ou \ Notre-Seigneur, ou à la sainte Vierge , tantôt pour demander queli}ue grâce, tantôt pour accuser quelque t'..ute; quelquefois aussi pour lui exposer ses idées, ses sentiments ou quelque chose de particulier que l'on proielte ou qui trouble : sur quoi 1 on demande des conseils et (lu secours. Ces colloques , qui sont une espèce d'entretien comme d'un ami avec son ami, ou d'un serviteur avec son maître, sont extrêmement importants; et c'est de là jue dépend communément tout le fruit de la méditation. Ce sont ces colloques qui font ifipeler la méditation et l'oraison un entrelien avec Dieu.

5* Prendre des mesures pour son amendeufMit; car c'est là l'essentiel de la méditaion; n'en sortir jamais sans prendre une V'solulioii pratique que Ton exécute dès le our même. Ne pas se contenter d*une résoution vague et indéterminée, mais l'appli- |uer à quelque circonstance particulière, iisant, par exemple: « Je me propose, avec a grâce de mon Dieu, et je prends la ferme -és^ilution d'éviter aujourd'liui ces impaiences , ces médisances , la paresse , en elle occasion, etc. Je pratiquerai tel acte J^humilité, ou telle mortification; j'élève- -ai mon cœur à Dieu à telle heure, je ferai non. examen , etc. » C'est à l'article dv3 'excimcn particulier, dont nous avons déjà >'irlé, n. 60, que Ton trouve le modèle des •''>olutions que nous devons prendre dans .1 ujé'Jitatiun.

6* Les méditations Gnissent par un ou Il u sieurs colloques, dans lesquels on s'acruse à Dieu ou à la sainte Vierge de ses 'au tes, on lui expose ses idées et ses résolitnins, et on lui demande sa grâce pour es mettre en prali(}ue. On termine ces col-

DlCTIOMÎf. DES INDII.GEXCES.

loques selon la personne à laquv lie on li^s a adressés,ou par le Pater,o\x par VAtCf Maria^ ou par Y Anima Christi^ ou par Sub tuum^ et 0 Jesu vivens in Maria, V Pendant la méditation on peut être à

Senoux ou debout, ou assis , en un mot, ans la posture que l'on juge plus propre à obtenir ce qu'on cherche; mais aans les affections et les colloques avec Dieu et les saints, on doit se tenir dans un respect intérieur et extérieur beaucoup plus grand. 8* On doit toujours employer a la méditation tout le temps déterminé : c'est une des ruses les plus ordinaires du démon de nous le faire abréger. Le moven non-seulement de lui «résister, mais den triompher, est, lorsqu'il nous tente là-dessus, de prolonger sa méditation au delà du temps flxé.

7. Que faut-il faire après Voraison^ —Employer quelque temps, soit en se promenant, soitdebout,à serendre compte à soi-mêmed.^ la manièredonts'est faite la*mé(litation; si elle n'a pasréussi, en nxhercher les causes avec douleur; si c'est par sa faute, se repentir et promettre de se corriger. Si l'on a sujet d'en être satisfait, en remercier le Seigneur, et se proposer de suivre toujours la môme manière. Pendant la journée, se rappeler la résolution et la pensée qui a le plus frappé dans la méditation, et dont saint François de Sales veut qu'on fasse comme un Bouquet spirituel.

8. Que peut-on encore conseiller à ceux qui veulent méditer avec fruit? — Deux choses principalement : les répétitions et l'application des sens.

Par rapport aux premières, il est trèsavantageux de répéter même plusieurs fois les méditations déjà faites, afin de faciliter à l'esprit l'intelligence de la vérité ou du mystère auquel on s'applique de nouveau. Dans ces répétitions on s'arrête spécialement aux points où l'on a eu plus de consolation.

Élus de lumières, plus de désir d'être à ieu, et ou y suit la même méthode que pour la première méditatton.

Saint François de Horgia, saint François de Saies et saint Vincent de Paul, méditèrent pendant plusieurs années, l'un sur lenfer, Vautre sur la douceur, et le troisième sur l'humilité.

9. Comment se fait VappUcation des sens ? — Elle se fait en appliquant, par l'imagination, les cinq sens de notre âme à une vérité de la foi, autant que celte vérité en est susceptible, ou à un mystère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou à une action de U saiuto Vicr;^e et des saints. Car on sait que par l'imagination notre Ame peut se rendre un objet présent, et en quelque sorte le roir, l'enleiufre, le goûter^ le sentir et le toucher. Cet exercice est très-utile pour fixer l'attention, et exciter en nous une tendre dévotion. En voici la méthode, divisée en quatre ou cinq points, selon que le sens du goût et de l'odorat sont unis ou séparés.

I. Point. S'imaginer voir les personnes qui se rattachent an sujet de la méditation,

aa

ORA

biCTIONNAIUE

OîlA

et lâcher de tirer quelque profit de chaque circonstance.

11. Point. Ecouter ce qu'elles disent, ou du moins ce qu'on croit qu'elles doivent dire, s\ippliquanl à soi-même chacune de leurs paroles.

m. Point, S'eirorrer de goûter intérieurement et de sentir^ selon le sujet de la méditation, tantôt la suavité et la bonne odeur de la vertu ou des personnes, tantôt Tamertume du péché, l'infection du vice, la corruption des cadavres» le soufre de l'enicr etCa

iV. Point. Toi^hert manier pour ainsi dire» les objets qui se rapportent à notre méditation : par exemple, les vêtements de Notre-Seigneur, sa crèche, sa croix, les traces de ses pieds, ou les flammes de l'enfer.

iO. Qu'entend' on par contemplation, et quelle e$t la manière de la faire f — 1* La méditation des choses sensibles, comme de la vie et des mystères de Notre-Seigneur ou de la sainte Vierge,est souvent appelée contemplation. C'est une manière de faire oraison douce et facile, assujettie à la méthode ordinaire de la méditation.

Avant cette contemplation, on observe la même chose qu'avant la méditation. Après les actes préparatoires, on se rappelle en gros l'histoire que l'on va contempler; on se repsésente le heu où elle s'est passée, etc.

Pendant la contemplation on considère :

1* les personnes; 2' leurs sentiments intérieurs; 3** leurs paroles; 4* leurs actions, etc.

On termine par des affections, des colloques et des résolutions comme dans la méditation.

2r La contemplation , telle que l'entendent communément les maîtres dé la vie spirituelle, est de deux sortes : «Tune ordi*nnire et l'autre extraordinaire.

«La contemplation ordinaire est une habitude surnaturelle, par laauelle Bieu élève les puissances de l'âme à des connaissances et des lumières sublimes, à de grands sentiments et des Koûts spirituels, quand il ne trouve plus en I Ame de péché, de passions, d'affections, de soins qui empêchent les communications qu'il lui veut faire. Ceux qui ont cette habitude prient aisément, et ont comme en leur disposition la grAce particulière du Saint-Ëspnt pour l'exercice des vertus théologales, si bien que, quand ils veulent, iU en font des actes, après avoir élevé leur cœur à Dieu pour obtenir son secours qui est toujours prêt.

« 11 y a une autre sorte de contemplation plus relevée qui est dans les ravissements, dans les extases, dans les vi6ions et dans les autres effets extraordinaires. Celle-là conduit à celle-ci. Sainte Thérèse disait que 3uand Dieu l'y eut introduite, toutes ses iflicultés cessèrent tout d'un coup, et qu'elle se sentit un puissant attrait pour les actes de toutes les vertus, avec un goût et une sécurité merveilleuses. » {^Doctrine spirituelle du P. Lallemant, 7' principe, chap. k% ut. l.t

Cette manière d'oraison, dit Rodriguei (Traité de VOraison, cliap. k), esl un d<»«i très-particulier de Dieu; un don qu*il f^tit è qui il lui plaît, quelquefois en ^éco^1p^f des services qu'on lui a rendus et des mortifications que l'on a souffertes pour l'aiDour de lui, et quelquefois gratuitement et sm aucun égard pour le passé. Elle est si sublime et si élevée que non-seulement onoe saurait bien exprimer ce qu'elle est, ni renseigner aux autres, mais que même personne ne doit chercher à s'y élever lui-mêine.M Dieu ne l'y élève; parce que autrement (f serait un sentiment d'orgueil et de présomption.

1 1 . N'y a-t-il pas d'autres métkodn de (mt la méditation ordinaire, outre cdks fsr Tm vient d'indiquer ? — On pourra encore w servir avec fruit de quelqu'une des im manières suivantes de prier : Texpérleocea démontré qu'elles étaient très-utiles à 1^»' cément spirituel de toutes sortes de {•ersonnes.

12. Quelle est la première de tes tmu. nières de prier? — La première maniée > prier consiste h réfléchir sur les co^]attOâ^ ments de Dieu, les péchés capitautU puissances de l'Ame et les cinq sens do cuq>: mais d'une manière plutôt pratiaue qi^e spéculative. Ainsi, sur les commandements on examine comment on lésa observés et oi se propose de mieux les observer dans la suite; sur les péchés, on examine si oas>n est rendu coupable, et on fait la résolutioa de les éviter i l'avenir.

13. Que faut-il faire en commençant ctt nffcicef — Deux choses, qui en sont la prépara tien prochaine : 1* Prendre quelques instants pour débarrasser son esprit de toute autre pensée et pour songer à ce que l'on va fiiri. Celle pratiaue est très-importante : elin pour but de faire trouver à nota* âme le repos intérieur si nécessaire pour la ué\^ tation. Saint Ignace recommande pourccb de rester l'espace d'un PateTf assis oa diUm: pour se bien pénétrer de rimporiancc <Ju suj t Que Ton doit méditer, et se débarrasser ainsi de toute autre pensée, se disant, laf exemple, à soi-même : « O mon Dieu! je vais méditer sur vos commandements : qti'H de plus propre à m'occuper tout entier, puisque, si je les observe bien» mon salut e>t assuré t »

2* Faire à Dieu une courte, mais fenent« prière pour lui demander la grAce de conwl' tre ses péchés, ses mauvaises iDclinatiorb. et de s'en corriger à l'avenir.

U. Que faut-il faire pendant cet aertm' — L Sur les commandkments ; eiaœio^*'^ l'un après l'autre, en réfléchissant sur à^ cun, comment vous l'avez observé ou inn^ gressé; demandez pardon des péchés^î^ vous viendront à la mémoire, en récit)!' une fois le Pater. II sufQra, en général* -' s'arrêter à chaque précepte l'espace de tr^^^ Pater, un peu moins sur les préceptes q^* l'on ne transgresse presque jamais, et u' peu plus sur ceux dont la transgre^^sioo <^' [»lus fréquente. Après avoir ainsi |«rfO ni

cn.\

DES INDULGENCES

OIU

ioas les précoptes, accusez-vous, bumiliezrous, implorez le secours de la grâce pour lei observer dans la suite avec plus de vigilance et de fidélité. Terminez par un colloque que vous adressez à Dieu, conformément à I état et aux dispositions où vous vous trouverez.

15. II. Sur ks pichis eapUaux et sur les puissances de V^Une^ qui sont la mémoire^renlendement et la volonté, suivez la même méthode ; il n*y aura à changer que la matière de Pexamen. Vous pourrez vous aider de Pexamen qae Ton trouve dans des livres de piété sur les péchés capitaui.

Il est bon d'observer que, comme la oon* naissance des péchés et des vices s'acquiert bien plus focilement par la pratique des actes et des habitudes qui leur sont contraires, il faut, avec le secours de la grâce, faire quelques pieux exercices pour acquérir les vertus opposées aux sept péchés capitaux.

16. III. Far rapport aux cmasens du corps ; si quelqu'un désire imiter riotre-Seigneur dans Tusage de ses sens, il suivra la méthode suivante : 1* il en demandera h Dieu la grâce ; S* il parcourra chacun de ses sens : la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat, le toucher, en examinant comment il se rapproche ou s'éloigne de son divin modèle; 9* il récitera rOraison dominicale avant de passer d'un sens à l'autre.

Si quelque autre se propose d'imiter la sainte Vierjfe, i| doit se recommander à elle pour obtenir cette Krâce de son Fils, et Après l'examen de chaque sens, réciter la Salutation angélique.

On termine par un colloque, suivant l'état et les dispositions où Ton se trouve.

Observations sur la première manière de prier ^

17. I. Si celui qui fait cet exercice est capable d'approfondir un peu plus les choses, on pourra lui prescrire la méthode suivante: — Dans les commandement-, il considérera chaque commandement, i* en Iui*m6me :

combien il est bon, juste et saint ; 3* dans les grands avantages qu'il procure h ceux qui l'observent^ 9* nar rapport au passé, examinant comment il l'a observé; s'il a été f idèl€, rendant grâces à Dieu ; sinon, s'afiligéant et demandant pardon ; k* par rapi)ort a l'avenir, se proposant de l'observer parfaitement et exactement, et en demandant h Dieu la çrâce. Après cela, il récitera l'Oraison dominicale, et 2»i Theure de la méditSiion n*est pas terminée, il passera à un autre précepte.

18. II. Dans la méditation sur les péchés capitaux, il les parcourra les uns après les autres, considérant : 1* leur malice et combien il est juste qu'ils ne soient pas permis; 2* le malheur ou ils précipitent, si on ne les évite point ; 8* comment on les a évités jusqu'à ce jour, et se proposnnt non-seuleuieut de les éviter dans la suite, mais encore de faire, dès le jour même, quelque acte de la vertu contraire.

19. m. Sur les puissances de l'âme, qui aoiil : la mémoire, l'eptendement et la vo-

lonté ; ainsi que sur les cinq sens du corps, considérer : 1* l'excellence et l'utilité ds chacun en particulier, par exemple, do l'entendemont qui nous distinguo des animaux, etc.; 2* la fin pour laquelle Dieu nous Ta donné : pour le connaître lui-même, pour juger des choses comme il en juge, etc., etc. ; 3* quel usage en a fait Notre-Seigneur ou la sainte Vierge; V quel usage nous en avons fait nous-mêmes : s|afDiger ensuite et prendre de saintes résolutions.

On parcourra de même la mémoire, la volonté et chaque sens du corps, surtout les yeux, la langue, les mouvements du corps, etc.

IV. On doit cependant remarguer qu'en examinant comment on a observe les corn* mandements ou évité les péchés , il n'est pas nécessaire de faire cet examen comme si c'était pour se préparer k la confession. Le principal est de repasser dans son esprit les matières p:oposées pour la méditation. La réflexion sur soi-même ne se faisant que par occasion, il suflit qu'elle se fasse en

Sénéral, sans descendre beaucoup au détail es péchés commis.

V. Saint François-Xavier recommandait beaucoup cette manière de prier à toutes les âmes qu'il dirigeait, et leur enjoignait même pour pénitence d'jjr donner (juelqua temps cnaque jour le matin et le soir.

VI. Quoiqu'on ait dit qu'il suffit de s'arrêter l'espace de trois Paler à chaque commandement ou à chaque sens, etc.; cepen* dant si, au premier commandement, par exemple, ou à tout autre, on trouve goût et utilité spirituelle, il faut s'y arrêter plus longtemps, et laisser ce que Ton n'aura pas pu parcourir pour la méditation suivante.

Page 1