‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 281 sur 370 · PUO · texte numérisé non relu

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il rendra des entrailles aux mères, il rétablira dans lear cœur des sentiments qui sembleraient ne pouvoir jamais en sortir ; il rendra aux femmes devenues chrétiennes le • rangaususte que le Créateur leur a assigné dans la famille ; il apprendra aux rois qu*ils sont les pères de leurs peuples, et qu'ils sont préposés pour les proté^^er et les régir, non pour les asservir et pour appesanlir'sur eux un joug de fer; aux peuples, qu'ils doivent respecter leurs souverains , leur obéir et les défendre ; aux uns et aux autres, que le ciel ne s'apaise pas avec du sang, q^ue le Dieu juste et terrible est aussi le Dieu bon et rempli de miséricorde, et qu'il a en horreur leurs abominables sacrifices.

Mais il n'oubliera pas non plus les besoins de la vie présente : il enseignera aux peuples sauvages les arts utiles qui embellissent la demeure de l'homme et adoucissent les fatigues de son laborieux pèlerinage, il ouvrira lui-même le sillon, il y jettera le froment, il substituera le pain aux aliments horribles qui apaisent à peine la voracité des enfants (Je la barbarie, et il en fera des agriculteurs. Par ses soins le désert se couvrira do moissons riantes, et les plaines arides de riches et nombreux troupeaux. Ne sont-ce pas là dans le vrai les bienfaits que les missions catholiques ont toujours apportés avec elles ? faut-il appeler ici en témoignage ces admirables réductions du Paraguay, formées dans le siècle dernier, où l'on vit vingt mille Sauvages vivant dans un état de paix, de prospérité et de sainteté, auquel on ne peut jtenser sans admiration ? Hélas I elles ne sont plus aujourd'hui, et c'est la philosophie moderne. Il faut bien le dire» si amie de TAttmaniié^ qui les a détruites. Faut-il rappeler I exemple de TEurope môme, car nous sommes une des preuves vivantes des bienfaits d»'S missions catholiques ; ne sont-ce pas elles (]ui ont éclairé nos ancêtres, qui les ont arrachés à la barbarie, aboli Tesclavage parmi eux, et établi ce droit public qui a reconstitué la société et l'a affermie sur ses bases véritables?

Enfin, ce n'est pas seulement aux nations intidèies qu'dies éclairent que les missions catholiques sont utiles; elles te ^soiU encore au commerce, à l'industrie, aux'sciences et luéme aux littératures d'Europe.

Ac CoMMBRCB. — Ce sont les missionnaires qui ont ouvert les Echelles du Levant aux produits de l'industrie française, comme Louis XIV et Colbert Ton reconnu dans un document authentique. Ce sont eux qui ont (Jonné à la France une grande partie du <injiadn, toute la Louisiane et l'Acadie. — Kux encore qui, par l'ascendant que leur savoir et leurs vertus leur ont souvent fait obtenir sur l'esprit des princes infidèles, ont protégé les marchands et les navigateurs européens dans les villes maritimes de llnde et de la Chine.

A riMousTRiK. — C'est unde ces admirables ouvriers qui nous a donné les premiers reu* seignements sur les toiles et les teintures indiennes. La riche correspondance, connue

sous le nom de Lettres édifiantes^ a fourni une foule de données utiles à la fabrication d'un grand nombre de produits.

Aux SciBNCEs. — L'archéologie leur doit de précieuses découvertes; l'histoire naturelle, d'intéressantes descriptions de lieux et d'objets mal connûis avant eux. Mathématiciens habiles, ils ont contribué aux progrès de l'astronomie et de la physique (1). Philologues érudits, ils ont révélé à l'Europe le génie des langues de TOrient; ils ont inspiré le goût de ces littératures, où la science puise chaque jour tant de richesses et qu'elle exploite si heureusement au profit de toutes les vérités. Aujourd'hui encore les missionnaires que la pieuse congrégation de Saint-Lazarre envoie en Chine, se préparent par de fortes études à leur périlleuse mission.

Aux Lbttrbs. — « Ce sont eux, dit M. do Chateaubriand, qui ont écrit les Annales élégantes de nos colonies. Quelle excellente histoire que celle des Antilles, par le P. du Tertre, ou celle de la nouvelle France, par Charlevoix ! Les ouvrages de ces hommes pieux sont pleins de toute sorte de sciences : dissertations savantes, peintures de mœurs, plans d'amélioration pour nos établissements , objets utiles, réflexions morales, aventures intéres>arUes, tout s'y trouve; l'histoire d'un acacia ou d'un saute de Chine s*y mêle à celle d'un grand em-

1)ereur réduit à se poignarder; et le récit de a conversion d'un Paria, à un traité sur les mathématiques des Brames. Le style de ces relations, quelquefois sublime , est souvent admirable. » Cet éloge sera confirmé par tous ceux qui connaissent les écrits des missionnaires.

Sous tous les rapports, TOEuvre des naissions est donc éminemment utile; et nul homme, savant, littérateur, artiste, philosophe, incrédule même, ne peut y rester indifférent, de quelque point de vue qu'il la regarde. Cependant il est aux yeux du chrétien une considération qui surpasse toutes les autres, c'est celle du nombre prodigieux d'âmes qu'elles arrachent à la tyrannie du démon, et auxquelles elles ouvrent la porte du ciel. A partir seulement du xvi* siècle, épooue ou le protestantisme sépara du sein de l^glise plusieurs millions de chrétiens, que d'apûtreB^e àont succédé depuis saint Pr. Xavier jusqu'à dos jours, et, que de bien n'ont- ils pas opéré? Tour à tour ils ont pénétré dans la Chine, le Japon, le Tong-king, la Cochinchine, les Indes, le Levant, Constantinople, et chez les peuples innombrables du nouveau monde. Dans moins de trois siècles, la seule Comnagnie de Jésus a fourni plus de douze * mille missionnaires, dont plus de 700 ont versé leur sang pour la foi; ajoutons tous ceux qui sont sortis depuis cette éiioque des autres ordres religieux, des

(i) Mainlenant encore, les cartes les plus exactes dont piiissenl se servir les navigateurs qui parroiirent les mers de lu Chine, sont celles qui ont éié dressées par les tnîssionnarrcs jésuites.

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Franciscains, des Dominicains, de la Propagande de Rome, des Lazaristes, et en dernier lieu du séminaire français des Missions étrangères, et que Ton juge ensuite du nombre d*Aroes que leurs travaux ont gagnées à Dieu; or, le prix d*une seule flme est si j;rand aux yeux de la foi, qu'il surpasse celui de tout cet univers : qu'il est donc glorieux d*ôtre appelé à contribuer à une telle œuvre !

Mandements et recommandations surtout des

évéques de France,

Cette œuvre est encore à son berceau, mais faisons quelques elforfs et elle en sortira; elle grandira d'année en année sous les bénédictions du Saint-Siège, et la conduite de ces quatre-vingts pontifes de TEglise de France qui, dans un admirable concert, ne cessent de la recommander à leurs fieuples. On jug^radu zèle qui les anime par les extraits suivants de leurs mandements et circulaires.

Voici en quels termes Mgr révôijue d*Aire faisait connaître celte Œuvre il y a quelques années à ses diocésains : « Nous avons le bonheur, N. ï. G. F., de vous annoncer aujourd'hui une œuvre féconde en nif^rites, simple en même temps et facile pour chacun do vous dans son exécution; une œuvre dont les conséquences sont tellement importantes pour votre salut et pour celui du genre humain, que si nous négligions de vous la communiquer, nous serions impardonnable à nos propres yeux, nous nous regarderions coupable envers vous, envers des millions de nos semblables, devant notre Sauveur et souverain Juge, Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'œuvre de laquelle je viens vous parler ne se propose rien de moins que d'arracher à Tignorance, à ridolMrie, des peuples sauvages, des nations entières, et de répandre la lumière de TEvangile dans tous lieux de la terre qu'elle n'a pas encore éclairés... Qui pourrait refuser de concourir i^ VOEuvre de la Propagation de la Foi, quand il saura qu'on ne lui demande pour cela d'autre prière qu'un Pater ei un Ave, d*autrc contribution qu'un sou par semaine? »

Ecoutons maintenant Mgr l'Evéaue de Clermont : « La charité n'a point de bornes, disait le prélat dans un de ses Mandements : aimer Dieu, c'est désirer Qu'il soit glorifié partout; aimer le prochain, c «st désirerqu'un ^rand nombre d*âmes se sauvent La charité chrétienne montre ici combien elle est ingénieuse. S'il est glorieux de partir pour des régions éloignées et d'y annoncer le nom du Sauveur, ceux qui ne sont pas susceptib'es d*une vocation aussi sublime, en pourront cependant partager le mérite : ce sera par VQEuvre de la Propagation de la rot.»

Mgr l'archevêque de Besançon autorise en ces termes I établissement de VOEuvre dans son diocèse et la publication des indulgences qui y sont attachées : « Nous exhortons de toute notre Ame et dans le Seigneur, tous nos diocésains à prendre part h une œuvre si excellente, et à aider de leurs prières

et de leurs aumônes le zèle des ap6lres li* Dieu, qui vont porter la lumière aui citions. »

Mgr révêque de Strasbourg exprime ain«' les sentiments qui l'animent en faveur <j? VOEuvre : « Le cœur d'un vrai chrétien, N. T. C. F., ne restreint point sesaffec.iot^ aux lieux qui Tont vu naître, ni i sesconr. toyens, habitants du même royaume. Si charité est universelle comme l'Eglise c^llir*lique dont il est membre : il s'efforce d W ter cet amour infini qui , en Dieu, s'élendi tous les siècles, à tous les pays, à tous h lieux de l'univers ; et loin d*6lre ioseosibie au malheur de ces hommes égarés, qui asjourd'hui encore sont environnés des(én^ bres de l'idolfttrie, il sent son cœur 30ula:^ lorsqu'il peut contribuer à les retirer (]•• l'abîme de l'erreur, pour Us faire nurcher dans la voie du salut éternel. >

M^r de Saint-Flour pressait ainsi sesdiv césains de prendre parla cette Œuvre saialr: « C'est moins une contribution de gr'^^

3u*un acte de justice que je vous propi< isait le prélat; c'est un tribut que Je»- Christ lève sur vous, et non unefaveurq/ vous demande. Pourriez-vous vivre dan.*»!/ honteuse indilTércnce à l'égard de vos fnr ^ ( tes chrétiens des missions ) ? Ils sont d'aotant plus dignes de notre zèle et de notit

[)iété que, pour embrasser notre sainte r^ igion et se joindre à nous, ils ont fennc les veux à toutes les considérations humaiDi». ISh I quelle ne serait pas leur douleur mS« restaient sans assistance? Ne seraieot-i.s pas exposés à retomber dans l'idolAtrie, à renoncer à la foi et h se perdre pour l'étemilé! Il est donc vrai que vous pouvez les arréur sur le bord du précipice et les sauver. Ifi vous ne le faites ras, vous croirez-vous quittes devant Dieu 7 v

Mgr de Châlons voit notre propre intérêt attaché à VOEuvre, qu'il commande aux ti(Jèl«*>: ff Attirons sur nous les grâces de Dieu, ^'''' crie-t-il, en favorisant VOEuvre de la Propsr gation de la foi, en contribuant k rétentlrr. si nous le pouvons, dans tout ruoirir»:]^ sais qu'on a dit que notre situation nenni^ permettait pas de nous occuper des 1)C$'M''^ d'autrui, et qu'il y avait une sorte dn»]!^ crétiou à demander pour des étrangers (!«> secours que nous ferions mieux de nous^fpliauer a nous-mêmes. Ces craintes sont mal fondées ; car rien de ce qui touche aut intérêts de la religion ne doit nous étreêlrath ger ; Taumône proposée ne saurait ap()iu>nr personne, mais elle sera pour nous la soun«

^ des plus abondantes bénédictions. > Mgr de Verdun termine ainsi l'un de ««

. maniiements dans lequel il s'était oltacbei faire connaître le dévouement des inissi^^ naires, et Texcellence de VOEuvre qui !:•** et soutient leurs travaux : • A ces homm^^ qui donnent leur liberté , leur vie méffi<« poui* la cause de la foi, vous ne refuserez pas, N. T. C. F., le sacrifice que poustou^ demandons au nom de l'Eglise ; votre obok qui aidera h sauver une Ame de la nK»ri« couvrira la multitude de yos pécln!s,et ^u»*5

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