‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 282 sur 370 · TRO · texte numérisé non relu

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assurera une couronne éternelle dans les cieux. V

Mgr (l*Aulun presse vivement ses ouailles « de soutenir cette OEuvre admirable qui conso!e TËglise, qui répare ses pertes, et lui fait si glorieusement accdftiplir ce beau titre de catholique que jamais on n*osa luidispu* ter; cette OEuvre qnU parFunion de prières et d^efforls qu'elle établit entre les catholiques, est un moyen excellent de soutenir la foi dos fidèles et de ranimer sans cesse leur charité. »

Trois fois Mgr de Luçon Ta recommandée nu zèle de son clergé, avec les plus pressantes instances : nous citerons un fragment df^ 1a dernière circulaire du prélat :

« Touché de plus en plus des intérêts de la gloire de Dieu, que cette OEupre procure avec tant d'avantage, des services signalés lu^clle rend à rKglise dans l'un ou dans [autre hémisphère, je viens la recommander [fOur la troisième fois à voire piété.

9 Constamment protégée et bénie par les >ouverains Pontifes qui sesont succédé depuis >ou origine, favorablement accueillie, msaniment recommandée dans tous les diocèses de France , elle est pour moi aussi 'objet d'une prédilection toute particulière. don vœu le plus ardent est qu'elle se natual ise, qu'elle s'étende dans toutes les parties le mon diocèse. Mes inquiétudes seraient iioins vives pour la conservation de la foi >arini le peuple confié à ma sollicitude , si 'avais la consolation de le voir partager, >our le succès des missions étrangères, la )ieusc émulation de la France catholique.

« Vous trouverez vous-mêmes, dans les ioins que vous aurez employés h cultiver ;«atc OEuvre si chère h l'Église, si féconde m fruits de salut pour les contrées infidèles, ine consolation dont peut-être vous avez >esoin au milieu des peines de votre minis- (TC. J avoue avec vous que les peuples qui »c montrent insensibles à la voix du pasteur i«»tir leur propre salut seront bien peu tournés du malheur des nations lointaines, ensevelies dans les ténèbres de Tidolâtrie. Ce- >endant est-il une seule paroisse où les >rières, la charité, les instructions d'un. bon ir^lre, ne puissent xagner un petit nombre i^Auies, dont les modiques aumônes, traversa t les mers, iraient arracher l'inGdèle à ^e9 damnables erreurs, l'idolâtre à son culte napur et sacrilège, le sauvage à sa dégradaioti et à son abrutissement ?

« Représentez aux Qdèles de votre paroisse *afllictioD profonde de ces églises de l'Orient, lutrefuis si florissantes, et maintenant si tristes et si abandonnées ; le culte saint aboli, la foi éteinte dans tous les cœurs; partout la ii^fection, l'apostasie, de lamentables erreurs, une idolâtrie monstrueuse. Keprés^otez-leur les besoins si pressants de ces chrétientés naissantes de la fihine, où coule encore le (ing des martyrs. Représentez-leur surtout les heureuses dispositions de ces immenses roi Urées du nouveau monde, où des nations entières tendent les brasaux ministres évan- ^4^iîques, nos prières et nos aumônes contri-

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hueront h leur en procurer. Jamais peut* être il no parut dans le champ du Père de famille une moisson plus abondante; l'enfer Ta bien compris, et 1 on ne peut qu*étre ef^ frayé des efforts prodigieux qu'il fait tous les jours pour exploiter à son proDt l'inexpérience de ces populations avides de vérité. Le protestantisme a formé de nombreuses associations qui prennent toutes les formes, exploitent toutes les ressources, et sacriQent des sommes énormes pour répandre parmi les peuples américains le [»oison mortel de l'hérésie. Déjà un grand nombre d'âmes ont été séduites et sont tombées dans un abtme plus profond que le premier. Ministres de Jésus^Christ et de son Eglise, nous serions indignes do notre vocatiou , si un tel spectacle nous trouvait indifférents. Quand les sectes ennemies mettent en jeu toutes leurs ruses, déploient laute leur puissance pour enchaîner plus étroitement des victimes prêtes à leur échapper, le cœur du prêtre, qui doit être aussi grand que le monde (saint Chrjrsostome : de Sacerd.^ lib. vi, cap. l), devrait sécher de douleur , s'il n'avait aucun moven d'arrêter les progrès d'un si grand mal. C'est pour épargner h i'£gIiso l'humiliation et l'amertume de voir Tennemi du genre humain envahir ainsi l'héritage

3ue son divin Epoux lui a conquis au prix e son sang, que chaque année de nouveaux discinles vont mettre aux pieds de ses Pontifes leurs talents, leurs forces et leur vie « prêts è voler là où les besoins seront jugés plus urgents.... »

Mgr de Luçon indique ensuite quelques dispositions particulières à son diocèse pour la perception des aumônes destinées k VOEuvrede la Propagation de la Foi^ et termine en disant qu'il s'informera avec empresse* ment, dans le cours de ses visites pastorales, du succès qu*aura obtenu VOEuvre dans les différentes paroisses.

Nous joignons à ces notices, puisées dans les Annales de 1836, le mandement de Mgr Giraud, archevêque de Cambrai, dans lequel ce digne prélat retrace si éloquemment le tableau consolant et plein d'espérances de l'état actuel du catholicisme dans les diverses missions :

ff Tandis que la lutte entre la vérité chré* tienne et la contradiction philosophique continue dans les sociétés de la vieille Europe avec des chances qui promettent, dans un avenir prochain, à la religion du Christ, une dernière et décisive victoire ; tandis que, renouvelant sa jeunesse comme celle de Vaigle^ la foi romaine renaît parmi nous plus forte et plus belle, en attirant à elle tout ce qui porte de l'élévation dans les idées, de la droiture dans le caractère, de la dignité dans les mœurs, du sérieux et de la conscience dans les études, jetez vos re^^ards en avant et considérez le travail qui s'opère dans les régions de l'idolAtrie, de rinfldélilé, de Thérésie, et du schisme. Ne votfez-vous pas an loin les campagnes déjà blanches pour ta moisson évangélique? Le monde s'ébranle sur tous les points à la fois. Une attente eu*

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rieuse et inquiète de oc qui va venir tient i^n éveil les nations. Un nouvel ordre d*événements commence , prédit par la voix de tous les sages à i*înslinct prophétique, salué par tous les vœux calhoiiques, écrit dans tous les faits dont nous sommes les témoins, fîans doute le moment est encore éloigné oà les peuples, devenus étrangers les uns aux 4uitres par le miracle de la division des langues, s^Tont ramenés, par un nouveau miracle, è l'unité du même tangage dans Tunité d'une même croyance. Mais, ne pas vouloir reconnaître qu'une grande révolution se prépare, que les temps accélèrent leur maruhe, que les distances se rapprochent, que les antiques barrières tombent, que les vallées êe comblent^ que les hauteurs s'aplanissent, c'est s'aveugler soi-même, c'est fermer volontairement les yeux à Tévidence qui frappe tous les esprits. N'est-il pas vrai que les haines de peuple à peuple s'éteignent, que le mur infranchissable dos mœurs, des coutumes contraires, des législations immobiles, s'abaisse, et qu'en môme temps que les obsta* des disparaissent, les moyens se multiplient et se précipitent t Approcher de la lumière

[)our les éclairer, les extrémités reculées do a terre, telle était la donnée du nroblème le plus difficile è résoudre. Et voilà que ce qui était loin était devenu proche^ que les extrêmes se touchent par un milieu, par ces puissantes machines qui donnent des ailes aux roues des chars et à la voile des vaisseaux. Ce grand secret des forces de la vapeur, que Dieu avait tenu scellé depuis six mille ans à la curiosité des hommes, il le tire enQn des trésors de sa sagesse et de sa bonté. Ponsez-vous qu'il ait rompu ce sceau et révélé ce mystère pour la plus grande l'Ommodilé, pour le plus grand plaisir du po-< litique, du moraliste, du philologue, du naturaliste et de l'antiquaire 7 Loiu de nous l'idée de déprécier les avantages qui résul* tent de cette découverte pour la prospérité matérielle, pour le progrès scientifique des nations 1 Mais quand Dieu remue la terre, quand il déplace les anciennes bornes, quand il change tous les ra(»porls connus, toutes les relations jufH)ue-la existantes parmi les peuples, certes il a déplus grands desseins, des desseins plus dignes de sa grandeur et de son amour, plus dignes de lui-*m6me et de la noble créature qu'il a faite à son image. Comme il prépara le inonde romain à l'Ëvangile, eu donnant à une ville, siège prédes** tiné de sa puissance future, le plus vaste eoipire qui eût paru sous le soleil, comme il prédisposa les jreux des sages à soutenir sa luitiièro, en la faisant précéder des écrits de Técole lUatonicienne, précurseurs de son immortel flambeau, ainsi de nos jours, par des procédés nouveaux, il ouvre do plus rapides At de plus larg(>s voies à la domination universelle du Clirist sur tous les aspects du globe et à toutes ses latitudes. Jugeant trop lentOf au gré de sa grâce impatiente, la uiarohe de aea envoyés vers les contrées encore suumiaesà l'esprit de mensonge et d'er* r^gr, il vérifie à la lettre la prédiction du

prophète royal qui lui donne les ventt f^f ministres et un feu brûlant pour mesmjtr^ Les chemins de fer et les bateaux è vapesf. voilà ses missionnaires, ou du moins K

fmissants auxiliaires de leur apostolat ;toi1; es deux grands or as qu'il prête à la civilisation chrétienne, et dans lesquels ellefiuin par étreindre les continents et les mers.

« Mais à côté de ces prodiges du géri: humain, ou pour mieux dire, de racli«n divine qui favorisent Texpansion du prosélytisme catholique, des svmptêmes m moins providentiels se manifestent dans b dispositions et les tendances des peupleN L'Orient se réveille de ce Ions assoupisse ment que faisaient peser sur lui la niolW l'ignorance et la servitude. Ses nationaliié» perdues et comme effacées dans une nj^ioe communauté d'esclavage, se détachent de r^ pêle-mêle et se dessinent avec |f urs camlères et la physionomie oui leur est propre. Le cimeterre du Turc s émousse , ses i>>.« s'humanisent; nos mœurs chrétiennes, ir pénétrant de leur influence , ne sont ptu^ pour lui l'objet d'un stupide dédaio. Cod<tantinofile voit sans mépris et sans colère > costume de nos prêtres, la pompe de dos c^ rémonies. Smyrnc appelle dans ses non nos sœurs d'école et de charité; et, è la to.* de ces anges qui ne s'étaient point encore montrées sur ces rivages, le musulman, ravi de tant de pureté et de douceur, leur(l^ mande , dans sou naïf étonnemrnt , par (|uelle route miraculeuse elles sont arrivK^ jusqu'à lui des hauteurs du deh L*EgypSr. assouplie aux formes de la civitisalion cun>* péenne sous la main de fer de son rodera générateur, croit n'adopter que nos arts, m^ ressorts administratifs , notre tactique H notre discipline militaire, et, sans le ssfon elle ouvre la porte à nos croyances, principe et dernier terme de toute civilisation mis-

(>lète. Le Liban , touiours fidèle k l'antiqur 6i qui continue d ombrager ses cimes, après que le temps l'a dépouillé de ses cèdres, le Liban, par sa situation centrale (< élevée, par ses nombreux monastères et It forte population qu'il nourrit, oBte un poste admirable d'observations et d'opérttioos, d'où le zèle peut se dé|)loyer sur la Palestio» et la Syrie, sur ces plaines de Damas qoi n'attencfent que leur retour à l'unité foor redevenir les plus belles, les plus riches et les plus heureuses contrées de l'univers U Perse reçoit, avec les ambassadeurs ies ro». les ambassadeurs du Christ, libres enfl*) ^^ recueillir, après une longue iotenticlK»* dans cette terre des martyrs, les rares ^' échappés a la moisson du glaive et ^ grappes que n*a point foulées ie prts^ des persécutions. L*Afriaue , pre5$ée . »• nord et au midi, par nos établissements (1| l'Algérie et les missions du Cap, itti<|w^ sur ses flancs par les légations apostolique du Sénégal et de Madagascar, ne pourra refuser plus longtemps aux expéditions de » Croix, oit s'enrôlent ses propres ^t^^^^JJ" passade vers ces régions intérieures qu*^^ s'obstine à fermer aux eiplorations i^ ^

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science. Déjà l'Eglise d*Abyssioie tourne des regards suppliants vers la mère et la ninîtresse do toutes les églises, pour lui redemander une Yie qui a cessé de couler dans son sein, riure et abondante, depuis que le ruisseau s est séparé de sa source. Déjà, sur Jcs chaînes de TAtlas, le nom du Sauveur est proclamé grand par les chefs des tribus, tandis que les femmes roauresses écoutent avec ravissement nos vierges consacrées leur parier de sa divine Mère ; et ces fiers enfants du désert, que n'ont pu dompter cent victoires, se montrer doux et confiants comme des agneaux devant la houlette pastorale.

ar Mêmes espéMOces aux limites extrêmes de TAsie. Les côtes de la Pêcherie et du Coromandel se réjouissent d'avoir retrouvé leurs premiers apôtres. De nouveaux renforts d'ouvriers débarquent à Siam, à Pondichéryf dans les possessions anglaises oà le ministère évangélique développe un caractère avoué et revêt une forme régulière. Tout ce vaste empire de l'Inde, Que Ta con* quête eutame, que la lumière silloune dans tous ^es sens, ue peut se maintenir longtemps dans l'immobilité de ses doctrines et de ses traditions, mieux comprises et mieux expliquées par nos savants que par ScS lettres et ses Drabmes. Les mers orageuses de ia Chine ne la défendront pas plus de l'invasion triomphante de l'Evangile que sa grande muraille ne l'a préservée de la domination des Tartares. Le faible troupeau qu'elle nourrit se conserve et croît dans le silence ; mais vienne le jour de raifranchissomcnt d'édits tyranniques (et ce jour peut naître d'un événement fortuit , imprévu , r^>ntraire même en apparence, une guerre, une colonie, un traité do paix ou de corn* inerce), et cette nation, pleine de sens, une fois iil>re de toute contrainte, embrassera une religion que les plus éclairés d'entre ses sages reconnaissent pour sainte et divine. Nous n'avons pas à constater dans le royautue annamite les dispositions d'une Eglise qui jirouve surabondamment sa force et sa vie tar le sang généreux qu'elle verse, comme /eau« h la soif impie de son cruel oppresseur. La Corée se retranchait en vain, dans son isolement, derrière ses fleuves, ses monta* gncs et ses lignes de douanes. L'intrépide missionnaire a trompé la vigilance de ses i^ardes, et rassemblant /f?5 sept mille qui n'ont point fléchi le genoux devant Baal^ il dévore l^jà de ses regards impatients et pleins i espérance, les tics du Japon, où la foi chréienne obtint jadis de si courts et de si glo- *ieiix triomphés. O sainte Eglise du Japon, iniién dans la pourpre des martyrs, les jours le ton épreuve seront abrégés, le sang de es nobles enfants, de tes trois cent mille ilach.'.bée intercède pour loi. Non, la Provileijce n*a pas fermé le livre ne tes destinées : Il seras encore mère, toi qui n'enfantes plus , t tu diras un jour, comme latilledeS.on, en ityatM éclore les germes qui fermentent déj* 4^ijl-0lre dans ton sein : Von me tient rite féconditif Tétais stérile, enchaînée et

faptive^ et où étaient-ils , tous ces rejetons nombreux dont ma tige se couronne?

« Vous parlerai je maintenant, N. T.*C. F., des fruits que promet TOcéanie h la culture évangélique ! Hais que vous dirai-je ici que no vous aient appris déjà les merveilleuses relations venues de ces plages lointaines? Les insulaires de Gambier, renouvelant les prodiges des Réductions du Paraguay ; les Archipels voisins, prêts è suivre ce mouvement pour le communiquer, de proche en proche, à toutes ces îles semées dans les solitudes de TOcéan pacifique comme les étoiles dans Tazur du firmament , oo les oasis dans les sables du grand désert; Olaïti, se précipitant dans les bras des ministres de ia vérité, dès qu'elle a pu s'arracher aux serres cruelles des ministres de Terreur, qui la retenaient comme une proie; la Nouvelle Hollande, la Nouvelle Zélande, la Nouvelle Guinée, champs immenses ouverts à la poursuite des Ames, et dont la conquête n'est plus qu'une question de vitesse et de première occupation? Nous ne ferons qu une remarque. Par une disposition toute de Providenee, cachée sous une pensée politique» TAnglcterre dépeuple l'Irlande au protit de ses nouveaux établissements ; et l'Irlandais, ce peuple missionnaire, à oui Ton ne demande que ses sueurs pour défricher les terres neuves et incultes, esllui^mème une semence jetée dans leurs sillons, qui en fera sortir des moissons de catholiques.

< Si nous quittons les régions encore couvertes des ténèbres de l'idôlatrie et de l'inQdéliti^, pour considérer celles où dominent le schisme et l'hérésie, VOEuvre de la Propagation de la Foi n'offre pas un intérêt moins actuel et moins saisissant. La confédération américaine, divisée et subdivisée presaue en autant de sectes qu'elle compte d'établissements épars sur son vaste terri^ toire, n'aura bientôt plus d'autre culte sensible et apparent que le culte romain. Déjà nos frères, qui s'y sont multipliés comme les enfants de Jacob dans la terre d'Egypte, présentent une société plus nombreuse et plus compacte que la plus fréquentée des mille congrégations prétendues religieuses qui pullulent sur ce terrain du jugement privé, de la liberté illimitée des croyances, sans en excepter celle qui, d'abord dominante et exclusive, voulut étouffer toutes les autres dans leur berceau. Les paroles que vous avez recueillies de la bouche vénérable du saint évoque de Kentuky, pèlerin apostolique qui vint, naguère, conter k l'ancien monde les miracles accomplis dans le nouveau , nous dispensent ici de tout détail. Vosoreilles sont encore émues du récit de ces conver» sions oui se succèdent, de ces temples, de ces collèges qui s'élèvent avec les deniers de l'Association, de ces peuplades sauvages

3ui, se refusant h écouter les sectaires, reemaudent les robes noires qui ont baptisé leurs pères et dont la mémoire bénie s*est eonservée parmi eux comme une émanation de parfum. L'Angleterre semble toucher au moment de vérifier cette prédiction d*un

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grand écrivain, qu*elle sera la nrcmii re des nations séparées h rentrer nans Tunité , comme ayant parcouru tout le cercle de Terreur, et le jour n'est pas éloigné, peut- /^tre. où notre foi, pariant anglais et français, d(»minera toute la terre. Les anciennes chal»elies catholiques ne suflisent plus à la multitude des néophytes qui se pressent à ses solennités. La foi , comprimée dans leurs «Uroites enceintes, demande de Tair et de Tespace, et le type des cathédrales est retrouvé ! Emportées par un attrait d'études libres et Tières, les Universités fouillent les arcluves de la réforme et en retirent les litres oubliés de nos dogmes et de la liturgie. La jeunesse intelligenie, qui écoute ces leçons, s'affranchit insensiblement de préjugés <|ui ne sont plus défendus que par les chefs intéressés d une Eglise qui s'en va. Edimbourg parle comme Oxford, et, si elle n'ose encore tout à fait rcconnaitre le doigt de Dieu dans la grandeur, l'autorité, la perpétuité du siège de Rome, elle y voit du moins le fait humain le plus étonnant et le plus digne des méditations du penseur. Tandis que le jour commence à se lever sur les hauteurs de l'intelligence, le peuple écossais oublie ses anciennes colères contre les institutions monastiques et entoure de faveur et de respect les communautés naissantes qui lui demandent le feu et Teau, en échange des services qu'elles promettent à ses enfants, il SOS pauvres, à ses malades. En Suisse» l*elémeut catholiqnelulte péniblement contre Je çénie de l'intolérance et de l'innovation. Mais, à Genève, le levain sacré fermente et s'étend; mais de nouveaux sanctuaires s'ouvrent; mais le divin sacrifice est offert dans des cantons fermés jusqu'ici è l'exercice de notre culte. L'Allemagne protestante s*unit iï la Grande-Bretagne, dans un môme concert d'hommages au siège pontifical. Les plus célèbres docteurs de ses Universités, reha- Jjilitnnt l'histoire des temps modernes, indignement travestie par des plumes sans conscience, s'honorent, dans de récents écrits, }>ar une appréciation sincère de la valeur intellectuelle, politique, morale, de cette grande institution de la papauté qui fut longtemps, et pourrait être encore la clef de vo&te de l'édiGce social, le palladium des franchises des peuples, et des prérogatives des rois. Lh^ comme dans les royaumes du Nord, pour tout esprit éclairé et indépendant rjui croit à la révélation, la réforme est jugée, et la cause de Rome gagnée ; et plus d'un retour éclatant aurait, sans doute, déjà réjoui l'Eglise, si l'état d'abjection et de dénûn>ent où elle se trouve réduite dans ces contrées et notamment dans l'antique Scandinavie, n'opposait un obstacle trop puissant à des volontés encore fa tes. Et cependant le Rhiii «catholique s'est ému au bruit des persécutions suscitées à un nouvel Athanase. Au cri d'alarme parti de ses rives, et bientôt répété pai* les échos de la Vistule, les Eglises de Germanie se sont réveillées du sommeil auquel elles s'abandonnaient peutêtre avec uue imi^rudcnle sécurité sur la foi

d'une trompeuse paix ; et désormais, afert ti du péril qui lesnienacH^, la séduction comme la violence les trouveront également prtHesà défendre le sain) dépôt de leurs cro^ince<« (Juel mot notre bouche a prononcé 7 La violence est-elle possible dans noire Europe s renommée pour la douceur de ses mœars.

l'équité de ses lois, la supériorité de ses ii^ mières ? Hélas ! elle vient d'entraîner, daas le schisme, des provinces entières, jusqu'i ce jour inébranlables dans leur attacbemeot à l'unité. Mais la violence au dix-neuvièa» siècle, et en fait de religion, ne peut espérer de succès durablf'S. Ces populations éperdues reprochent h des conducteurs infidèles leur foi trahie par d'indignes lâchelfe ; et celte foi , un moment refoulée dans leun cœurs par la terreur du châtiment, éclaten de leurs poitrines oppressées , comme b liqueur généreuse qui brise le vase où elle était emprisonnée.

« Dans cette maturité des événements, ei en présence de l'attitude des peuples, n'estce pas le plus heureux et le plus admirable à-propos que la création d'une société ev clusivement vouée à la défense des iotérèis de la foi ? »

C'est dans le même sens que parlent NN.5S. les arcbevôoues et les évoques de Rooefi, d'Albv, de Bordeaux, de Toulouse» de Kaotes, d Agen, de Montauban, de Langres, d^ Saint-Diez, de Rodez, de Saint^^laude, de Montpellier, de Meaux, de Blois, de Marseille, etc.

Plusieurs évoques étrangers ont rivalisé de zèle avec les évoques français; Mgr l'archert^ quedeChambéry appelle lO^tirre la plus belle création des temps modernes; Mgr de Li^, qui deux fois l'a recommandée, parle des bénédictions qu'elle attire sur ceux qui j coopèrent; Mgr l'évéquede Sion, en Suisse, rappelle l'ardeur de tout ce qu'il y a d*hoaimes impies en Europe, et leurs eiforls tendant sans cesse à séduire les peuples Gdèles, à les entraîner dans des erreurs contrains à la foi, et à corrompre leurs mœurs pardrs doctrines infâmes. « Quand tant d*insensé», dit le prélat, aveuglés par leur fureur oootrr la religion de Jésus-Christ, se vaoteot, avec une malice incroyable, de la renverser, comment le véritable chrétien ne se seati* rait-il pas animé de zèle pour la défendre H la protéger dans tout l'univers? Commail pourrait-il refuser è des bomme^s apostoliques des secours d'une modicité exirèine, tandis que pour répandre les lumières de l'Evangile et augmenter le nombre des di>ciples de Jésus-Christ, ces nouveaux apdlre» donnent tout ce qu'ils possèdent, et jasqu a la dernière goutte de leur sang? Souffrironsnous que les méchants aient plus d'ardeur. fassent plus de sacritices pour le mal« que nous n'en ferons pour le bien? Loin de noos cette pensée : les fidèles de ce diocèse st» sont montrés jusq^u'ici trop attachés à la f.'i chrétienne, et maintenant encore, nous ro sommes persuadé, ils la regardent coouna le plus précieux de tous les trésors; mai» puissent-ils être bien convaincus que sî.

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