‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 292 sur 370 · BÉNÉDICTION DES CIBRGBS DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION DES CIBRGBS DU ROSAIRE

t. Adjulorium nostrum, etc. i). Dominas, etc.

Domine Jesu Gbriste, lux vera quœ illuminas omnem hominem venientem in hune luundum» effunde» per intercessionem Virginis Mariœ matris tuœ et per quindecim ejusRosarii mysteria, benef dictionem tuam super bos cereos et candelas» et sauctifica eas lumine tuœ gra tiœ ; et concède propitius» ut sicut haec luminaria igné visibiti accensa, nocturias depellunt tenebras, ita corda no- Mra in?isibili igné» id est, S()irilus Sancti Sj lendore iltustrata, omnium vitiorum cœcitate careant, ut puro mentis oculo cornere semper possimus quœ tibi sunt placita et nosirœ saluti utilia , qualenus post hujus sœcuH caligiuosa discrimina ad lucem indeiicientem pervenire mereamur : Qui vivis et ngnas , Deus , in sœcula sœculorum. ^.

Amen.

Deinde asperganiur aqua benedieta.

Absolution générale et application de Tindulgenee plénière en faveur des confrères du Rosaire, à Tar* Ucle de la mort.

Le malade ou les assisianU ayant réciië le ConQteor, le préire directeur dit : Misereatur tul, etc., et ludulgentiam, etc.; puis il ajoute:

Dominas noster Jésus Cbristus Filius Dei

vivi 9 qui Beato Petro apostolo suo dédit

potestateoi li^andi atque solvendi, per suam

piissiaiam luisericordiam, recipiat confessio-

ncm tuam , et remitlat tibi omnia peccata,

quaecumque et quomodocumque in loto vita

decursu eommisisti, de quibus corde contri*

lus, el ore conressus es, restituons tibi sto*

Uni priniani quam in baptismate rrcepisti,

et per Indulgenliam plenariam, à Summis

PontiRcibus Innocentio VlU et Pio Y, con-

fratribus sanctissimi Rosarii in articulo

niortis constitutis concessuro , liberet te a

prœsenlis ac futurs vitœ poeuis, dignetur

jiurgatorii cruciatus remittere, portas inferi

clauJcre* paradisijanuam aperire, tequead

gaudia sempiterna perducere, per sacratissi-

iiia suaa vito, passionis et gloriflcationis

mysteria în sancto Rosario comprebensa.

L^ji cum Paire et Spiritu sancto Deus unus,

vivil el régnât in sœcula sœculorura. i^.

Amen.

Voy, Rosaire romain, Rosaire vivant.

ROSAIRE DE LA TERRE SAINTE. Voy.

Jroix pe la terre sainte*

ROSAIRE DU CHAPELET (Récilalion du).

CHAPITRB PREMIER.

De V origine du Rosaire ^ et des merveilles que Dieu a opérées par le moyen de cette dévo^ lion.

L'histoire nous dépeint le xiii* siècle e l'Eglise comme un siècle où le démon fit tous ses efforts pour détruire, s'il eût été

f)ossible, la vraie religion. Les ténèbres de 'ignorance, la corruption des mœurs avaient presque effacé parmi les chrétiens les traces de TEvangile. Pour comble de malheurs, une secte impie, les Albigeois, es* salèrent d'établir en même temps rabouiinalion do la désolation dans le lieu saint. Mais Dieu, qui veille toujours sur son Eglise, lui suscita un homme apostolique, qui arrêta les progrès de Terreur et du libertinage; saint Dominique, c'est le nom de cet homme prédestiné, gémissunt sur tous ces maux, et cherchant les moyens de les réparer, la sainte Vicge lui apparut dans la chanelle de Notre-Dame de Pouille , Tan 1208; elle l'avertit de prêcher leRosaire, et lui prédit les merveilleux effets que produirait cette dévotion. En effet, rien de si prodigieux, 'au rapport des historiens du temps. Plusdeccntmiliehérétiques convertis, un nombre incroyable de pécu.eurs revenus de leurs désordres, furent les premiers effets de cette dévotion naissante; de sorte qu'en peu de temps, le Rosaire se répandit dans une grande partie de l'Europe. Cette dévotion était ()éjà très-commune, lorsqu'une circonstance nouvelle augmenta encore le zèle et l'empressement des peuples.

Les Turcs , ces ennemis jurés du non^ chrétien, devenus depuis longtemps très-redoutables, étendaient les frontières de leur empire aux^dépensdelachrétienté. Soliman U s'était déjà emparé de Belgrade et de Tile de Rhodes. Séiim II, son fils, avait fait la conquête de nie de Chypre, s'était rendu maître d'une partie de la Honerie , et voulait Cénétrer en Italie. U assemola, pour cela, I plus formidable Qotte au'on eât i[ue jusqu alors. Que pouvaient laire les chrétiens

r>our résister à des forces si supérieures? Is ne pouvaient trouver de salut que dans la force du Tout-Puissant et dans la protec* tion de la sainte Vierge. C*est ce que fit le Pape qui gouvernait alors l'Eglise, saint Pie V. Plein de cette confiance, ce saint Pontife envoya un chapelet au chef de l'armée chrétienne, et lui fit dire : Ne craignez f)oint ce grand nombre d'infidèles, attaquezes hardiment; revêtu de cette arme, vous remporterez sûrement la victoire; oui, cette couronne de Marie eu est le ga^e.

' En effet, le général s*étant mis, avec toute son armée, sous la protection de la sainte Vierge, et ayant arboré son image sur ses drapeaux, avec le Rosaire, il part, va au* devant de l'armée ennemie ; il la découvre près du golfe de Lépante, il l'attaque (le saint Pape récitait, dans ce moment, le Rosaire avec son troupeau), et« contre toute es(»é-

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rance liumaînc* il 6fi triomphe) il U dissipe, il la détruit, et revioot chargé de glorieuses dépouilles.

Une protectioo si éclatante de la sainte Vierge, un témoignage si authentique de la vertu des prières du Rosaire exigeait de la reconnaissance. Ce fut pour la témoigner, que le Pape institua la fête du Rosaire, sous le titre de Notre-Dame de la Victoire, qu*il fixa au premier dimanche d*octobre, jour auquel cette fameuse victoire fut remportée! Tan 1571.

Le pape Clément XI attribua aussi h cette dévotion la victoire que le prince Eugène remporta sur les Turcs à Belgrade, en 1726, et qui préserva TAIiemagne et Htalie des inalneurs dont elles étaient menacées. Ce fut» pour cela, qu*ii fit suspendre dans Téglise du Rosaire de Rome un des étendards i]u*on avait enlevés aux ennemis (1).

(t) Le célèbre P. Lacerdaire raconte ainsi Terifine 4a Rosaire, daiis sa Vf« de $aint Dominiipte. Ces liages sont trop remarquables pour que noas les uiiietiîoNS.

f La aucrre, par sa durée et ses cl].inoes diver* ves, semblait niottvc un d)slacle pres(i«c invincible au dessein constant de Dominiaue, qui était de fon- «ter on ardre religieux consacre au ministère de la iirédîcalîon. Aussi, ne cessait-'ll de demander k Dieu rûisiUissemcni de la paix, et oe fut dans le but de i*obCeiiir elde b&ter le trîompbe de la foi, qn*il îoslilua, mm sans une secrète inspiration, cette ma* nière de prier qui s^est depuis répandue daas TE* alise universelle^ sous le nom de Roêaire. Lorsque rardiange Gabriel fut envoyé de Dieu à la bienheu* rcusc Vierge Marie pour lui annoncer le mystère de ilncarnaiion dn l<^ls de Dieu dans son chasse sein, Il la salua en ces termes : Je voti$ ialue^ pleine de yrAce, le Seigneur eu avec vom, tous éien béiùe entre ie9 fttnmes (Lne* i, 28). Ces paroles, les plus bcureuibes qu*aucune ciH^alure ait entendues, se sont répétées d*ùge en Age sur les lèvres des cbrétiens, et du f(md de cette vallée de lanncs, ils ne cessent de redire à la mère de leur Sauveur : Je vom s/i/uf , Marte. Les biérarchles du ciel avaient député un de leurs diefs à Phumble fille de David pour lui adresser celle glorieuse salutation ; et maintenant qu'elle est assise aii^^lessus des anges et de tous les chœurs célestes, le genre Imraain, qui Teut ponr fille et iiour sœur, lui renvoie d*icl-bas la salutation aiigé^ tique : Je vohm so/ue, Marie. Quand elle Tentendit pour la première fois de la bouche de Gabriel, elle ronçut aussitôt dans ses lianes très-purs le \erbe de pieu; et maintenant, chaque fois qu'une bouche humaine lui répète ces mots, qui furent le signal de sa maternité, ses entrailles s'émeuvent au souvenir d'un moment qtii n*eut point do seniblahie au ciel ei surJa terre, et toute 1 éternité se remplit du bonbciir qu'elle en ressent.

€ Or, quoique les cl^étiens eussent coutume de tour^ ner ainsi leur cceur vers Marie, ce^ndant Tusase immémorial de cette saluiaiion n'avait rien de réglé et de solennel. Les fidèles ne se réunissaient pas pour l'adresser h leor bien-aimée protectrice; chacun suivait pour elle l'élan privé de son amour. DofnlnH|iie, l|m nlgnorait pas la puissance de l'association dans la prière, crut ^a*il serait utile de l'appliquer k la saïutatioD angelique, et que cette rlauieur con^BMine de tout un peuple assemblé monterait jusqu^au ciel avec un grand empire. La brièveté même des paroles de l'ange exigeait qu'elles fussent répétées un certain nombre de fois, comme ces acclamations uniformes que la reconnaissance des nations

^te sur le paissage des souverainâ. Mais la rq)éli-

Les lK>mes de «cet ouvmge ne peroM^ttent pas d*eiitrer dans un plus long détail, et de rappeler ici les proaiges et les merveilles sans nombre dont plusieurs auteur» dignes de foi et pleins d'érudition, ont rein-

[)li des volumes approuvés par les t^nseun es plus sévères, et reçus dans TEglise. Qae de guérisons miraculeuses 1 que de conversions surprenantes I quedegracesexlraoniinaires, obtenues par le moj^en du Rosaire ! Saint Louis Bertrand, missionnaire apostolique dans les Indes, et saint François Xavier, apôtre du Japon, guérissaient les nialadeii par raitoucbemenl de leur rosaire. Le premier assure qu'il avait ressuscité des morts avec le sien.

Il est donc bien important de faire connaître cette dévotion. C'est oe que nous allons essayer dans le chapitre suivanU

tien pouvait engendrer la distraction de Fespriu tw mînique y pourvut en «fistribuant les saiatatiotn orales en plusieurs séries, à chacune desqnHk» il attache \sk pensée d'un des mystères de imitY nrdemption, qui furent tuur k tour pour la hiei4hr»> reuse Vierge un sujet de joie, de douleur et de triomphe. De cette manière , la oiédltaiien iniMM s'unissait à la prière publique, et le jpeupte« en u» luant sa mère et sa reine, la suivait au foud da ccenr eu chacun des événements principaux de sa vie. Dominique fonna une coiifhérie pour mieiii assurer b durée et la solenaité de ce mode de suppU* cation.

c Sa pieuse pensée ftit bénie par le plus graml i!e tous les succès, par un succès populaire. Le peapir chrétien s'y est attaché de siècle eu siècle avec *jm* incroyable fidélité. Les confréries du Rosaire se «aoi multipliées à l'infini, il n'est presque pas de chréliea au monde qui ne possède, sous le nom de ehapeSH, une fraction du Rosaire. Qui n'a entendu* !<• mùr, dans les églises de campagne, la màx grave «li&>

Îtaysiins récitant à deux chœurs la salutation aqgeique? Qui n'a reiu»ntré des pix>cessions de pèlerins roulant dans leurs doigts les grains da nieairp« rt charmant la longueur de la route par la répétitioa alternative du notn de Marie t Toutes les fois q«\ir< chose arrive à la perpétuité et à TuniTersatiié, clfo renferme nécessairement une mystérieuse hàrmonmavec les besoins et les destinées île riiooiiue. Le rationalisme sourit en voyant passer des IIIps de re*a

2ui redisent une même parole : celui qui est ëdairr' 'ime meilleure lumière comprend que TstaiMr u'm qu'un mot, et qu'en le disant totijoars il ae la répète jamais.

I La dévotion do Rosaire, Interrompue aa siy* séede par la peste terrible qui rava|ea rfiurMe, fat renouvelée au siècle suivant par Alain de La RocIk, dominicain breton. En 1573, le Souveraia-Pû«ul< Crégoire XIII, en mémoire de la fameose bataille ^ Lépante, gagnée contre les Turcs, sons on Pape àc^ minicain, le jour mèuie où les confréries do Rosairr fbisaient à Rome et dans le monde chrétien des pn^ cessions publiques, instilna la féie aoe lame rc^ih» oélèbre chaque année le ]^remier cKmaacha 4*< bre, sous le nom de fêle du Rosaire (a). >

(a) Voir, sor les origlo(*t do Kosair^, la

P. Mauiachi, djiis les Àimdeê de CcrJre 4u Prêcheun^ toni. I, p. 31 Sel sufvaotrt. Les avaient mis en doute bi rèellemeni saint

l'auteur du Ko^ire; M«Bnehl etpos* tas

outre la Irsiiliiion coa^itante, nia.iiiifuuctl le tnarcbe en pu5be:»lou de cet b^outur.

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CBAPITIIK II.

DES INDVLCEMCES.

IIOS

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Qu'est-ce que le Rosaire t

Le Rosaire est une pratique de piété en rhonneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa sainte Mère, qui consiste à réciter a'nt cinquante fois la Salutation Angélique* l'i quinze fois TOraison Dominicale. On dit un Pater à chaque dîxaine d'Ave^ Maria^ en Y joignant une courte méditation des principaux mystères de la vie, de la mort et de la gloire do Jésus et de Marie*

Celte manière de prier a trois noms. On rappelle le Psautier de Marie^ parce qu'elle est composée d'autant û^Ave^ Maria^ qu'il v a de psaumes. On la nomme encore Chapelet^ h cause de sa ressemblance avec un cbapeaa de roses* d*où est venu le troisième nom* qui est celui de Rosaire^ nom qui fait allu* sion k la qualité de Rose mystique^ de Rose de Jéricho f que l'Ecriture sainte donne à Marie.

Le Rosaire réunit Jésus-Christ à son auguste Uèrei de là vient ce mélange de Pater et d'i4re* et c*est Dieu lui-même qui semble avoir tracé Tidée de cette dévotion* lorsque* dans la plus ancienne promesse qu'il ait reliée aux hommes de leur donner un Ré* Jempteur, il déclare que, pour faire la guerre h l'enfer et pour le confondre* il emploiera jne femme et le Fils qui naîtra d*elle.

Mais pourquoi ce nombre déterminé de luinze dizaines et de dix d'Ave^ Maria^ à chaque dizaine ? N'est-ce pas une supcrstiion 7 Non : cette répétition de la mAme trière ne fait qu'exprimer la vivacité des i^^sirs et de l'amour. Nous en voyons mille xemples dans l'Ecriture sainte. Lqs anges» lans le ciel* répètent sans cesse : Saint, dini, Sdint. Jésus-Christ* dans le jardin de$ )lives* répéta, jusqu'à trois fols* la même rièro. Il faut frapper avec persévérance et plusieurs reprises \ la porie du Père de iniille* si nous voulons qu'il nous ouvre, lâchas, roi d'Israël, pour s'être arrêté après voir tiré trois flèches, fut privé de la gloire e battre les Syriens jusqu à leur ruine enère.

D'ailleurs* on n'attribue aucune vertu parculière è ce nombre fixe. On a voulu seument se borner* et* en cela* on a suivi exemple de ces anciens solitaires qui compi'.'nt Je nombre des prières qu'ils se prèsivâient, par un certain nombre de petits illoux. Au temps de Tinstitution du Roire, Ips frères laïques* parmi les religieux* viaieni à leur ceinture un certain nombre crains enfilés* qui les aidaient à se sounir des prières que la règle |>rescrivait aquc jour. De cette coutume est venue Ile des grains du chapelet; ces grains* arigés eC unis par un fliet* marquent l'union t doil régner entre les confrères du Rore-

^e Rosaire est divisé en trois parties* ir honorer la vie de Jésus-Christ en trois \s : son enfance, sa mort* et sa gloire, aque partie contient cinq mystères. La caière contient les mystères joyeux, qui

sont : 1* l'Annonciation do la sainte Vierge; 3<» sa Visitation ; 3* la Naissance de Jésus- Christ ; 4* sa présentation au temple ; 5* ia joie qu'eut la sainte Vierge de \y trouver lorsqu'il avait douze ans. On appelle ces mystères joyeux^ h cause de la joie dont la sainte Vierge fut comblée lorsque ces mystères s'accomplirent, et do celle que ressent l'Eglise en les. célébrant.

La deuxième partie du Rosaire comprend les mystères douloureux * ainsi appelés * parce qu'on y considère Jésus Christ dans les soutTrances, et Time de sa sainte Hère percée d'un elaive de douleurs. Ces mystères sont : 1* l'agonie de Jésus au jnrdin des Olives ; 2* sa flagellation ; 3* son couronnement d'épines ; l* le portement de sa croix; 5* son crucifiement.

La troisième partie rappelle les mystères glorieux : 1* la résurrection de Jésus-Christ ; 2* son ascension ; S* la descente du Saint- Esprit sur les apôtres; k* Tassomption de ia sainte Vierge; 5* son couronnement dans le ciel. Comme ces mystères nous rappellent le triomphe de Jésus-Christ, celui de Marie et do l'Eglise* et qu'ils nous retracent la

f(loire h laquelle nous sommes appelés, de è vient le nom qu'on leur donne de mystères glorieux.

On doit méditer un de ces mystères à chaque dizaine * et c'est cette méditation* unie à la récitatirm de TOraison Dominicale et de la Salutation Angélique* c|ui fait l'essence de la dévotion du Rosaire. C'est co qu*il importe de bien comprendre. Sans cette méditation* trois chapelets dévotement récités sont une prière agréable à Dieu* satis doute; mais ce n'est pas là la dévotion du Rosaire* et ils n'en ont pas les avantages. C'est encore cette méditation qui relève la dévotion du Rosaire au-dessus de tant d'autres* puisque, dans sa majestueuse simplicité* sans être au-dessus de ia portéo des fidèles, elle réunit l'intérieur et l'extérieur du culte.

GHAPrrBK III.

De {excellence et de l'utilité du Rosaire.

Le Rosaire est une des dévotions les plus célèbres dans l'Eglise* et il n'en est pas où l'on trouve plus d'avantages et plus de moyens de salut. De quelque c6té qu'on la considère* tout démontre son excellence et son utilité. C'est la sainte Vierge qui l'a révélée ; elle a pour objet Jésus-Christ et son auguste Hère; elle est composée des prières les plus excellentes de la religion; et* parla méditation de nos principaux mjrstères* elle réunit admirablement le culte intérieur au culte extérieur ; elle fournit aux pécheurs les secours les plus eflicaces pour se convertir* et aux justes les moyens les plus gropres pour les faire avancer dans la vertu, elte dévotion est répandue dans tout l'univers catholique; que de milliers de saintes Ames y sont agrégées I et * par conséquent* que de prières* combien de lH)nnes œuvres auxqueUes les confrères participent I Enfin* point de confréries où l'on puisse g'igner

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tant dMnduIgences, co seeôurs si nécessaire |K>ur nous aider à satisfaire à la justice di* vioe, et à lever des obstacles oui pourraient retarJer notre bonheur éternel. Quel motif |K)ur les chrétiens d'embrasser celte dévo-lion I Développons ces précieux avantages.

ht Rosaire^ par les prières (font il est composé^ est un moyen de salut des plus efficaces.

Rien n*est plus propre h fixer l'attention de Tesprit et à toucher le cœur, que les prières dont le Rosaire est composé. Leur admirable simplicité les met à portée de tout le monde» présente h découvert les plus grands objets, et renferme une onction qu'éprouvera miiconque les prononcera avec réflexion.

Quelles prières peut-on faire qui soient plus agréables à Dieu, et plus eflicaoes pour oble-' rnr ce qu'on demande ?

La première de ces prières est TOraiSon Dominicale, c'est-à-dire l'Oraison du Sei* gneur, celle que Jésus-Christ lui-même nous » enseignée. Cette admirable prière renferme tout ce que nous pouvons désirer etdemander à Dn^u ; elle a une vertu particulière pour toucher son cœur, puisqu'elle est son ouvrage. Q l'excessive bonté ! s'écrie saiiit Cyprien; afin que le Père céleste ne puisse refuser de nous écouter, son divin Fils a dressé lui-même la requête qu'il faut lui présenter. Pourrait-il, en etfcl, rejeter les suppileations de son Fils ? nous sommes assurés <|u*il nous accordera tout ce que nous lui demanderons au nom de ce Fils adorable : comment donc ne nous exaucerait - il pas, quand nous le prions non-seulement en son nom, mais par ses propres paroles?

Et si Dieu promit a Abraham, en considé* ration de son fils, de bénir ceux qui le béniraient, comment ne comblerait - il pas de bénédictions ceux qui bénissent et louent oontinui llement celle qui lui est incomparablement plus chère que ce patriarche?

«Comment celte reine du ciel et de la terre, celte mère si tendre et si charitable, refuserait-elle sa protection è ceux qui font profession de l'honorer d'un culte particulier, et qui lui adressent si souvent la prière qui l'honore davantage?

La Salutation Angélique a pour auteur le Saint-Esprit. Elle est composée des paroles mêmes de l'ange envoyé de Dieu à la sainte Vierge, du discours que lui adressa sainte Elisabeth, remplie de l'Esprit saint, et de la prière que fit TEglise au concile général d*Ephèso.'£lle nous rappelle un mystère capable d'épuiser notre admiration et notre reconnaissance ; enQn, elle renferme 1 éloge le |)lus parfait de la mère de Dieu. Quelle gloire ne lui ppocure-t-elfo donc pas, et quelle joie doit en resscnlir cette Vierge sainte quand nous la récitons comme il fauti Auguste Marie, permettez qu'en vousoil'rant t:elte prière, j'emprunte les sentiments d'un de vos fidèles serviteurs.

Je m'approcherai de vous avec respect, avec dévotion et avec une humble confiance, lorsqu'il s'agira de vous otl'rir la Salutation lie 1 ange. Je vous Toffre donc, la tôle cuur-

bée de respect povu* votre personne sacrée, les bras étendus par un tenure senlimenl d« dévotion ; et je désire nue tous les espnu célestes puissent la répéier pour moi, cent mille fois et plus souvent encore. Je ne émanais rien de plus glorieux pour rous, ni de plus consolant pour nous. Que ceux qui aiment votre saint nom écoutent ri se rei*dent attentifs. Les cieux se réjouissent, el toute la terre doit être saisie d'étooaefnent, quand je dis. Je voussaluef Marie. Le démon et l'enfer tremblent, quand je répète. Je rMcs salue^ Marie. Mon amour languissaol se fortifie et mon flme se renouvelle, quand je redis, Je vous salue^ Marie. 0 pleine de fràce* (|in' me donnera de satisfaire le désir quts j ai de vous honorer de toutes les puîssaoees de mon Ame ? Puissent tous mes aiembres être changés en langues et en voix de fi;u pour vous glorifier, ô sainte mère de Dieu! Prosterné en votre présence, tout rempli dr* vénération pour volienom, je vous présente la joie que vous causa la Salutation de Tau^'t: Gabriel. Puissé-je répéier avec une tM>uche aussi pure que l'or, et avec une aHoctiMO b.ûlanle: Je vous salue^ pleine de grdce^ ie Seigneur est avec vous. Oui, c'e>t de vous^ c'est de votre substance que le Verbe élei nd s'est formé un corps. Vous êtes bénie entre toutes les femmes^ et la terre s'accorde arec le ciel pour vous bénir. Le fruit de vos eotrailles, Jésus, est la source de celle bénédiction qui s'est répandue sur toot runîver^, Jui s'est communiquée à toutes les nations. ih I qu'il soit à jamais béni, ce charitatlt» Sauveur, qui est né do vous; qu'il soit à jamais béni ] ^

Si nous étions bien animés de ces tendres sentiments quand nous disons VAve^ JVanVi. que ne devrions - nous pas esnérer de U sainte Vierge et de son divin fils7 Or, rien n'est plus propre à nous les inspirer, ers sentiments, que U méditation des mystères qui, dans le Rosaire, doit accompagner ce» prières vocales. C'est par la méditation* m eB'el, que, selon l'expression du Pfophèie, le cœur s*enflamme d'un feu tout divin; ec que rhomme, oubliant le monde et s'oubliant soi-ménie, ne pense plus qu*à son Dieu, et à l'objet de sa confiance el de sa véuératio».

J'ajoute que celte méditation est le niojen le plus puissant pour toucher les pécbeur> et les convertir. D'où vient ce déluge de crimes qui inonde aujourd'hui la terre T D ou vient que les chrétiens avalent riiiiqu)i>* eumme leau, et commettent les plus grande crimes presque sans remords? D'où vîeia que, les ayant commis, ils s'y habituenl, lU y persévèrent ? D'où vient, enfin, ce niêpn^ de la vertu, qui la rend si rare dans le moiniv r Le Prophète nous l'a appris ; c'est que f^ersonne ne rentre dans son cœur, ne réfléclut sur les vérités éternelles ; c'est qu*oo ne connaît pas la malice du péché, et qu*ou ne pense pas aux chAtiments alTreiix pour les-

auels il sera puni ; c'est qu'on ignore les ouceurs de la vertu, el qu'on ne songe i«> à la récompense éternelle qui lui est t^ex^ mi$e. Ah I pOchcurj si vous saviez quelle cs4

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