‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 326 sur 370 · II · texte numérisé non relu

II

sacrée h l'adoration , puisque nous désirons qu'elle soit perpétuelle. Nous le désirons, et TOUS comprenez nos motifs. Nous le désirons,, parce que tous les jours de nouveaux périls nous menacent, et que tous les jours nous devons tendre les mains vers le ciel pour obtenir son appui. Nous le désirons, parce que tous les jours de nouveaux outrages viennent offenser la Majesté divine,et que tous les jours nous devons les réparer. Nous le désirons, parce qu'il j aura toujours parmi vous des pécheurs à convertir, dfes infirmes h fortifler, des malheureux à consoler. Nous le désirons surtout, parce qu*uno seule année ii*a pas épuisé les grAces que le Seigneur vous réserve ; parce que son amour pour vous n'est pas moins ardent aujourd'hui qu'il ne l'a été par le passé; parce que , cette année encore, et celles qui suivront, il n'attend , comme l'année dernière , pour exaucer vos vœux, que les prières que vous lui adresserez.

K Voulant donc, N. T.-C. F., ranimer aujourd'hui vos saintes ardeurs, nous pourrions n'invoquer d'autre motif que le bien que vous a déjà fait cette œuvre bénie , et celui qu'il vous est permis d'en espérer encore. Mais la miséricorde divine et la grflce du Saint-Siège apostolique vous ont ménagé, pour cette année, une nouvelle et puissante excitation , que nous nous empressons de vous faire connaître.

« A peine avions-nous établi à Paris ]es exercices do l'adoration perpétuelle, que nous nous empressions d'en instruire le Souverain Pontife, lui demandant pour cette institution nouvelle sa bénédiction apostolique, et le suppliant en même temps de lui accorder les indulgences que les Souverains Pontifes, ses prédécesseurs, ont déjà concédées à celte même dévotion. La réponse de Pie IX ne se fit point attendre : d'auord par un Bref, ofi respire tout l'amour de ce Père commun des fidèles pour le divin sacrement de l'Eucharistie, puis , par une huile, que nous transcrivons ainsi que le bref à la suite de celte lettre, il daigna attribuer à l'adoration perpétuelle de Paris les mômes indulgences que celles dont ceite adoration est pourvue à Rome.

« Vous admirerezaînsi que nous,N.T.-C.F., la richesse et la multiplicité de ces induigonees :

a t* Chaque fidèle, qui , s'étant confessé et ayant communié , visitera l'église où le saint sacrement sera exposé , et y priera pendant un certain temps, pour la concorde entre les princes chrétiens, pour l'extirpation des hérésies et pour l'exallation de notre sainte mère TEglise, gagnera une indulgence plénière. —

« 2° Une indulgence partielle de dix ans et dix quarantaines est accordée aux fidèles qui visiteront la môme église, avec le désir de se confesser. Toutes ces indulgences sont applicables , par manière de suffrage, aux âmes du purgaloirc.

« 3* Tous les autels des é.^lises ofi le snint sacrement sera exposé seront privilégiés

pour les âmes du purgatoire , penuaûl li durée des Quarante-Heures.

« Avons-nous tort [d'espérer, N. T.-C. P. qu'en présence de ce nouveau bienfait, totre zèle se ranimera, que votre ardeorsV croîtra, que cenx d'entre vous qui, l'innée dernière, ont déjà tant réjoui nolrecœurp» leur assiduité aux pieds de nos tabernacle). continueront à nous donner le môme specl^ de d'édification et de joie, et que ceui qui étaient plus froids voudront user dumoyai puissant qui leur est offert, pour la r^aii^ sion de leurs péchés et le soulagement da Ames qui leur furent chères en ce monde.

ff Bénissez donc le Dieu trois fois »i'l dont l'inépuisable richesse vient toujouh au-devant de notre misère. Bénissez le Yerbe incarné qui, ayant tant aimé les homœes, veut nous prouver dans ce divin sacremeci qu*il nous aimera jn$qu*à la fin : et, [<>a: nous servir d'une expression empruntéeaa Souverain Pontife, à qui nous sommes rtdevables de cette immense faveur: Nec^^-i plus de recourir avec une filiale confimeti celui qui daigne demeurer ainsi familiirrft^ avec nous ^ afin que les malades troumlh lui un médecin^ les aveugles une lumim, Im pauvres un bienfaiteur opulent^ les afifigùn consolateur, et les pécheurs un avocat.

tf El sera notre présente lettre pastorale, ensemble les lettres apostoliques qui loisooi annexées, lue au prône des messes parot»siales dans les églises et chapelles an diocèse, le dimanche qui suivra sa réception.

« Donné à Paris, sous notre seing, le sceau de nos armes, et le contre-seing du secrétaire de notre archevêché, le 18 dotod* bre 1851.

cr f MAVfR-DoMIIflQCE-ACGCSni

archevêque de Paris, i Voici les Brefs et les lettres aposloliautî qui accompagnent la lettre pastorale dev? I archevêque de Paris, publiée k l'occasiofl du premier anniversaire de rétablissem«{ de 1 Adoration perpétuelle du très-saint si* crement :

Pie IX, Pape.

Vénérable frère^ salut et bénédictisn

tolique*

€ Rien ne saurait nous être oins sgr^ib* et plus cher que de voir le zèle et la f** des fidèles excilés et enflammés de plo? *» plus pour le très-auguste sacrement del> charistie, sacrement où le très-airoaWe If dempteur de nos ftmes, Jésus-Chrisl, nf*^ Seigneur, répandant sur tous les homme? ^ richesses de son amour, a exécuté ce (Dff* veilleux conseil, de ne jamais nous priw''^ sa présence, de demeurer avec iiousjuç^T' la consommation dessiècles, et de nous»»»* ner son très-saint corps, ainsi que son »^ comme nourriture et comme soutien, ^w.* comprendrez dès lors aisément, ^^ém frère, quelle consolation et quelle joi*\n<^' a causées votre lettre du 3 de ce tno]^^ vous nous apprenez que vous avez élabli d"* votre diocèse la pieuse dévotion des Otl»* raule-Hcures, pour porter de plus cni'*^

SÂG

DES INDULGENCES

SAC

Il8i

es Gdèles conRés h vos soins à rendre à cet limable sacrement le culte de ?énération qui ui est dû. Nous nous sommes également )paucoup réjoui en apprenant de vous que es fidèles s'étaient rendus en foule, et avec ino grande dévotion, dans les différents anctuaires où le très-saint sacrement a été iisqu'à présent exposé à Tadoration publifue. Il nous a donc été très-agréable d'obempérer immédiatement à vos désirs, ainsi fue vous le connaîtrez clairement par nos ettres apostoliques datées du 16 de ce mois* il scellées de 1 anneau du Pêcheur ; lettres )ar lesquelles nous nous empressons, sui- . ^ant vos vœux, d'accorder toutes les indul* ;ences que le Siège apostolique a déjà conîoncédées à ce pieux exercice. En vous adressant sur ce point nos félicitations, nous concevons l'espoir qu'à l'avenir les fidèles soun;s à vos soins, s'appliquant chaque jour davantage à contempler avec une foi vive lésus présent dans ce sacrement, bien qu'il s'y dérobe à nos sens, et l'y chérissant avec jh amour sincère, ne cesseront pas de recourir avec confiance à celui qui a daigné ^ ians ce sacrement, demeurer si familièrement avec nous, afin que les malades troui cnt en lui un médecin, les aveugles une lumière, les pauvres un riche bienfaiteur, les illligés un consolateur, et les pécheurs un avocat. Et en même temps, comme présage Je tous les biens célestes, et comme gage de notre affection paternelle pour vous , nous i'ous donnons du fond de notre cœur, véiérablefrère, à vous,au clergé etaux fidèles ontlés à vos soins, notre bénédiction ai)OS- :olique.

« Donné à Rome, à Saint - Pierre, le 21 uillet 1851, de notre ponliQcat le sixième.

Pas PP. IX. D

Pie IX, Pape.

Ad perpetuam rei memoriam.

« Désirant, autant qu'il appartient au ministère apostolique dont nous sommes chargés, favoriser les institutions gue nous ju* ^i>ons salutaires, nous les enrichissons des Irésors de l'Eglise, pour les affermir et les propager. En conséquence, comme notre véni'Table fière, l'archevêque de Paris, afin rrexciter la piété des fidèles conflés à ses soins, envers le très-saint sacrement del'Eurharistie, a établi ou a l'intention d'établir dans toutes les églises de son diocèse l'adoration perpétuelle des Quarante-Heures, ayant égard à ses prières, nous avons résolu d'accorder à cette dévotion tous les trésors dindulgence dont elle jouit déjà dans la ville de Kome. C'est pourquoi, plein de confiance dans la miséricorde du Dieu tout-puissant, rt en Taulorilé des bienheureux apôtres Pierre et Paul , nous accordons à tous les tidèles de l'un et l'autre sexe, qui, vraiment pénitents, s'étant confessés et ayant reçu la sainte communion, prendront part, pendant lin certain espace de temps, aux prières des (Juarante-Heures, établies à Paris, et y offrir nmt à Di-eu leurs prières pour la ooîicorde entre les princes chrétiens, pour Textirpation

des hérésies et l'exaltation de notre sainte mère l'Eglise, toutes et chacune des iiidul-* gences, et rémission des péchés et peines concédées par les lettres apostoliques de Paul y, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, en date du 10 mai 1606, et par les différents rescrits de la congrégation des Indulgences et des saintes Reliques; ainsi Ju'elles ont été attachées au même exercice es Quarantes-Heures, usité dans la ville de Rome : nonobstant notre règle et celle de la chancellerie apostolique, de ne point accorder d'indulgences ad instar^ et aussi nonobstant toutes constitutions, dispositions apostoliques et autres actes. Les présentes valables à perpétuité. Et en même tem[>s , bénissant le Seigneur, qui a inspiré ce pieux dessein, nous lui adressons nos supplications pour que les fidèles recueillent de cet exercice des fruits abondants qui répondent à sa sainteté et à sa grandeur.

« Donné à Rome, à Saint - Pierre , sous l'anneau du Pécheur, le 16 juillet 1851, l'an sixième de notre pontificat.

P. le Cardinal LAMBRUdcaiNi;

« A. PicGHiOTii, délégué. »

Cette adoration perpétuelle est connue et pratiquée dans beaucoup de diocèses, sous le nom de Quarantè-IIeures : institutioo qu'il ne faut pas confondre avec Toraison proprement dite des Quarante-Heures, qui t lieu pendant le carnaval. (Voy. les articles sur le saint sacrement, et en particulier celui de Confrérie du Saint-Sacrkment.)

SACREMENT (Confrérie du TRÈS-SAlNT).

Nous extrayons cet article du Manuel de £1mages.

« La connaissance et le culte de Jésus« Christ appartiennent à la partie principale et essentielle de la religion, puisque sans la foi en Jésus-Christ (/oan. m 16, 18), sans, l'invocation de son nom {Act. iv, 12)^ sans la confiance en ses mérites {Joan. xv^ 5), sans l'amour de sa personne [Matth. x^ 37; Luc. XIV, 26; Joan. xiv, 15,21,24; / Cor. XVI, 22), et sans Timitation de ses ver-^ lus(Ma/^A. xvï,24; Luc. ix, 23; Joan. viii^ 11), il est impossible d'obtenir le salut.

« C'est aujourd'hui plus que jamais un devoir rigoureux de travailler à faire connaK tre et honorer Jésus-Christ, car d'épaisscsL ténèbres ont été répandues dans le mond«K

fuir l'hérésie et la philosophie, et il est main-», enant, pour un grand nombre, le Dieu in-^ connu.

« Comme le mystère de l'Eucharistie a étéétabli pour perpétuer sur la terre îa présence^ sensible de Jésus-Christ , il a toujours été nécessaire, et il est de nosjours plus néces* saire que jamais, de faire connaître et honorer Jésus-Christ, présent dans cet excellent sacrement, digne d'être adoré, vénéré, honoré, glorilie, exalté par les plus pures louanges, célébré par les plus vives acclama^ tions, etc. (1) ; car le culte suprêmu rendu à

(1) 0 eicellcnlissliniim sncrameiitum , 0 adoran*» dum, Tcncrunduin » colcaduiii , Klurincaudiim , prx«

SAC

DICTIONNAIUE

SÂC

Jésus-Christ dans le ciel loi est dû dans ce mystère {ConciL Trid.y sess. xiii, cap. 5).

« Il n'y a |)as de dévotion plus propre à glorifier le Seigneur ; car c'est par ce myslère qti*est offerte à Dieu, dans tous les lieux de la terre, la même victime qui a été offerte une fois sur la croix, et qui est et sera éternellement offerte dans le ciel (1) ; et c'est dès lors par lui que tout honneur et toute gloire êont rendui à Dieu le Père tout-puissant dans Vunttédu Saint-Esprit (2).

« Il n'y a pas de dévotion plus utile aux hommes ; car c'est par ce sacrement qu'ils i^unissent à Dieu (Joan. vi, 571, sont rendus participants de la vie divine (Ibid., 58), et transformés en Jésus-Christ. (Satn^ Augustin).

«Instruits par le Saint-Esprit et par los enseignements de TEglise catholiçiue, qui n*a rien négligé de ce qui pouvait relever la grandeur de ce sacrement et lui concilier le respect et Tamour des chrétiens, les hommes de Dieu se sont toujours appliqués à propager le respect et l'amour de TEucharistie. Le célèbre P. de Condren, général de l'Oratoire, était persuadé gue le renouvellement de la piété dans l'Eglise ne s'opérerait qu'en ranimant partout cette dévotion : « Ce n'est ni un dessein nouveau, écrivait-il, ni un moyen

Particulier, ni une voie singulière. Jésushrist l'a établie dès le commt::iicement pour unir son Eglise et la faire vivre en sainteté (3). »

Le vénérable M. Olier, fondateur de la congrégation de Saint-Sulpice, avait la même pensée: « Dieu, dit-il dansses Mémoires, veut renouveler la piété, nori par des miracles, qui sont plutôt les moyens dont il se sert pour établir la religion, mais parla dévotion

au tris-saint sacrement de l'autel Il s'est

mis au très-saint sacrement pour continuer sa mission jusqu'à la Bn du monde, et aller,

})ar ce moyen, dans tous les coins de la terre, orn^er h son Père des adorateurs (|ui publient sa gloire et l'adorent en esprit et en vérité. C'est là qu'il est source de vie divine,

S|u'il est ce vase immense et cet Océan sans ond, de la plénitude duquel nous sommes tous sanctifiés. Par le très-saint sacrement, il veut remplir les pièlres de son esprit et de sa grâce, et convertir les &m^s par eux (4). »

Dans le sincère di'sir de faire honorer, louer, gloriOer par tous les fidèles ce ^vàud sacrement , di^e de toute louange et vénération , TEglise n'a cessé de favoriser d'une manière spéciale les confréries érigées en son honneur: les Pontifes romains uon-

rîpiiîs magiiiÛcanduni laudibus, dignis pnpconns exalianduni, ciiiiclis hoiiorandiiin siudîis, devoiis prosequendum obseqiiils » et sinceris iiieiilibuâ reliiienduin. (Bulle Traniiacrtif d'Urbain IV. — Magnum iïuUarium Romanum.., LaertiiCherubini^ etc... Lugdmit, i(>55, loin. I, p. i4G.)

{i) Malach.i, il;Coifc. 7ftd.,se8s. xxii.cnp. 1-i; B<»luet, Elé9. sur les Hyxi.. xin* t»em., éicv. (î*.

(!2| Lilurg. de la Messe.

(5) LeUres du P. de Condren.

(4) Vie de M. Olier, tom. L p. 4S9. C^csl b nouvelle Vie publiée eu I8il, f vol. iu'K%

seulement les ont approuvées et enrichies d'indulgences (1) , mais encore, pour prtxnh rer leur établissement dans toutes les paroisses , ils leur ont accordé le pririlége d'être exemptées de la loi fixant la distdooe qui doit exister entre les confréries de même nom , et celui de jouir de plein droit, et sans agrégation, de toutes les concessiAos et grâces accordées ou à accorder à 1 arcliiconfrérie de Minerva (2). Beaucoup d'év^

ÎMeSj entrant dans les vues des Souverain ontifes, ont établi ou recommandé d'établir des confréries du Saint-Sacrement danstoutes les paroisses de leurs diocèses (3). Sainl François Régis était tellemeut convaincu da l'importance de ces confréries, qu'au dire des historiens de sa vie , il ne terminait jamais une mission sans établir celte pieose association (^).

C'est è l'aide de ces confréries que le P. de Condren travailla à renouveler la piété i Paris et dans les provinces (5) ; ce fut au^i un des moyens employés par H* OItf pour réformer la paroisse de Saint-Sulpice, et un de ceux qui influèrent le plus sur 1a merveilleux succès de ses efforts (6).

Le but général et commun de toutes les confréries du Très-Saint - Sacrement , c'est d'Aonorer Jésus-Christ résidant au milieu dt nous dans nos temples^ de réparer les outrages qu'il y reçoit, et d'attirer sur les confrires des grâces plus abondanlest et spkialtment celle de mériter de recevoir ce sacremnd comme viatique^ d'une manière tris-saluUm, avant leur mort (7).

(1) Lettres apostoliques de Paul III, Damimi wh ster, approuvant la confrérie du Saint-SacremoH ét;iblie à Rome , sons la date du 30 novembre 1S5I. — Bullar., tom. 1, p. 7Î8.

(2) Voir ce qui a été dît ci-dessus.

(3) Sodalilatea corporis Christi in ptrocbiis iut»tuant. {Act. Ecd. Med.^ p. 71.)

Cétait aussi le vœu de saint François de S&kk c Dans toutes les paroisses oè il n'y a poiat k péni lents, nous recommandons d*uiie manière ut»* pressante aux pasteurs de former uoe confrérie iti 3aint-Sacrement. i (Rituel de Belley, tom.l, f. i^) f Nous érigeons dans toutes les églises parâtsâiio du diocèse la confrérie du Trés-Saint Sacreœeot » (Ordonn. de Varchevêiiue d^Alby, insérée à la taile di mandement de Carême de 1841.)

(4) Instruction pratique sur les indulg, et Coal, p. 331.

(5) Vie de M. Olier, tom. I, pa^. 139 et 9DU paè. 153 et suiv.

(6) Ibid., pag. 491 et sntv.

(7) Paul m, dans sa buUe de 4539, qui tnstiUKb confrérie du Saint-Sacrement, rappelle que i t^ confrérie a été établie par de pieux Adèles, ab* faire rendre à cet auguste sacrement rboaiiMi,» culte et les respects qui lui ^ont dus : al eidim » cramento honor, cultus ei veneratio^ dtbUa exhiknr tur. I Et il exprime ainsi les motifs qui font ponri Tapprouver : c Unde nos illius vices licet iiiunrnû Rerentes in terris, debitum censemus, ut <{«< a nujus sacrosancli honorem , et vencrattooein e& ^} Cbristi fldelium devolione digne ordijiata comptrr* mus« ut perpetuK fnturis temporibus permaoeiai. prompu devoiioue, proiit decet, aposioiioo pnàA» solidemus, et nt ad id 0deliuni oorumdem vola fKt* Iiu8 coucun*ant , fidctes» ipsos spintUAlibo» miucn-

ini

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SAC

IIM

L«s associaUons particulières se propiv senl, en outre, suivant les besoins du temps et de la localité, des fins particulières qui soDt autant de moyens propres à procurer raccoœplissement du but général. Ces fins particulières, qui sont diverses et nombreuses, se réduisent à quatre principales, qui ont été clairement exposées dans un mandement, donné par l'un de nos prédécesseurs, touchant les confréries du Très-Saint- Sacrement : « La sainte Eglise, y est-il dit» conduite par Tesprit de Dieu, a inspiré à ses enfants le désir d'établir des compagnies qui eussent pour leur fin de s'appliquer à honorer le très-saint sacrement, et à priKi^ rer qu'il fût tenu dam les églUeê avec plu$ de décence, et accompagné dans les rues avec le plus de pompe quil serait possible^ quil fût adoré avec plus de respect^ et reçu avec plus de piété dans de fréquentes communions (1). » Pour embrasser toutes les fins générales et particulières qu'on vient d'indiquer, les confréries du Très-Saint-Sacrement de notre diocèse se proposeront, 1* de faire honorer Jésus^hrist dans nos temples^ en concourant à l entretien et à la décoration des lieux où sont conservées les hosties consacrées^ à Fenrtretien delà lampe qui doit y être allumée jour et nui7, et même à fâchât des vases sacrés^ linge, ornements et autres objets nécessaires pour la célébration décente des saints nwsti^ res . Elles tâcheront dès lors de suppléer, pour toutes ces choses, h Tinsuflisance des ressources des fabriques (2).

I)us proseqnamur, et eontm pia stiffragia donis cm- Icstibas confcveainus , ut exiiide divinas gratise aptiores reddanlur, et sacrainenium ipsum in oie peregrinaiîonis extremae sibi fore viaiîcum salulare, mereanlur. i (BuUar,, lom. I, pau^. 728 ; Bouvier, Traiié des Inaulgencei, pag. 317 ; ftutr, pral. sur les ittdulg. et Conf., pag. 530.)

c Les confrères auront pour fin d'offrir à Jésus- Dhrist, caché dans rEncharistie, le iribut de louange, ie reconnaissance et d'amour que nous lui devons; Is se proposeront aussi de lui faire une réparation Mflennelie de tant d'irrévérences ei de laul d*oulra- {es qu'il reçoit des mauvais catholiques et des hcréîqiies dans le très*8aint sacreroc^ni. > {Siatuis ds la onfrérie du Très-Sainl''Sacrement du diocèse d'Alby^ \rU 1«.)

c I^ but de ceUe confrérie est d'honorer par un 'ulie spécial d'adorations; d*honiniages et de prières, ^otre-Seigneur Jésus-Christ, résidant au sacrement le son amour, de lut faire amende honorable de tant i*ouirageft qui! reçoit sur la terre, et d^attirer Ta- »ondance de ses bénédictions et de ses grâces sur fiacuo des membres de celle pieuse association, sur. -ur famille et sur la paroisse tout entière. > Règle" xent pour les Confr. du Sainl-Sacremenl du diocèse e Périgueuxy an. i. — On peut voir aussi Tancien L*gleinent du. diocèse de Ekliej IRnuel de Belley,

1, p. 151, n« 356); et Tancien A^/eiiMiil po«r /es oftfr. du TrèS'SaittlSacremeui du diocèse de iÀmO" L'j. art. !•'.)

< I ) Mandement de Mgr de Lascarîs d'Urfé do S vrïX 1687. — Ordonn. Syhod., pas. 229.

(:f ) Le règlement approuvé par Paul 111, dans sa >iisuiuUon ci-dessus cilée, du 30 novembre 1539, >rte que les confrères devaient, avec toutes sortes e soins Cl de zèle, faire et procurer c oi sacramenim bujusinodi tam in dicta Minerva quam singulis «is parocliialibus ecclesiis urbis hiipisuiodi, ea qua

^ De faire honorer Jésus-Christ hors de nos temples, en procurant que, toutes les foie que le três-saint sacrement est solennellement porté en processionf il soit accompagné par tous les confrireSf avec des cierges allumés; que, toutes les fois qu'il est porte en viatique aux malades, il soit accompagné au moins par deux confrères, fui, en cas d'empêchement, se feront remplacer par une des personnee les plus notables de leur famille ; et que, dane ce cas, les maisons des malades soient conve-noblement nettoyées et décorées {i),

decet veneratione in loco honorifico et honesto, lani* padibus accensis, die noctuque conservaretur. et custodiretur. > (BuUar., tom. 1, pag. 729.)

Voici Tarticle i" de Tancieii Règlement des confréries du Saint-Sacrement du diocèse de Limoges.

c Cette confrérie sera particulièrement destinée à prendre soin de Tautel où repose le saint sacrement..., k tenir la lampe allumée nuit et jour, et à se procurer de Thuile quand la fabrique ne peut pas en roumir. > (Rituel de Belley, 1. 1, p. 151.)

t La confrérie veillera à la décence et à la pro-

Î frété des objets qui concernent le saint sacrement. Slle entretiendra la lampe qui doit toujours brûler dans les églises. > {Suauu de la Confrérie du Trie-- Saint'Sucrerùent du diocèse d^Albg, art. 2.)

La note suivante a été insérée dans tous les règlements que Mgr Tévèoue de Périgueux vient de dou^ ner aux diverses conrréries de sou diocèse ; t Noos n*auiorisons aucune confrérie de nolr« diocèse que souë la condition expresse que les confrères entretien-dront jour et nuit dans leur église, s'd n*y est pourvu d*aiHeurs, la lantpe qui dol brûler detam le irès-stûnt sacrement, La confrérie serait suspendue ipso faeîe au bout d*un mois, si* cette condition cessait d^èlre remplie, et sa suspension durerait jusqu*4 son nouvel et parfait accomplissement, i

(I) Nous ne pouvons encore rien faire de mieox ciue de citer quelques monumenis de la disclipine de 1 Eglise , qui nous ont paru propres à instruire , à édilier et à diriger.

La bulle d'insiitution cî-dessus citée rappelle encore que Its fidèles qui oui formé la confrérie du très* saint sacrement, ont été excités à le faire c en considérant pieusement que le très-saint sacrement de rEucbarisiie n*est pas conservé dans les églises de la ville d*une manière assez honorable, qu'il est même conservé in iocis abjeciis sine ulla veneratione^ et que, lorsqu^il est porté dans la ville pour la communion des malades , il n*est porté que par un seul prêtre, sans aucuns bouoeurs et respects, etc. > El c^est dans le but de faire cesser ce licheui état de cboseSi que le règlement au*elle reiilerme ajoutait c que, toutes les fols qu*ti serait nécessaire de porter le saint sacrement dans la maison d*un malade, le cuié serait tenu de faire sonner la cloche : > Campaiiain suae ecdesiae certis iciibus puUari facere tenerelur, ad bocul confratres vicini parochias iUius ecclest» se moneri et convocari ad associandum sacranientum Ipsum cognoscerent et per seîpsos. associare si légitime Impedimento deienti non forent, alio(|uiii per unum de suis dignioribus ^mdiaribus sacrameuium praedictum, ad doiuum dicti inArmi, facibus accensis, associari, et coniitari facere teoereutun c Les femmes ^ul ne pourraient accompagner le saîiii viatique devraient se jobidre, en espru, aux cou/n^res, en récitant cinq fois le Paur et VAve lorsqu'elles cnieudraieui sonner la cloche pour les appeler. » (Bulle de Paul lU, § !, 4 et 9. — BuUer., tom. U pag. 729.)

« Les confrères assisteront tous les ^n» aux | récessions solennelles qui se font le jour du Très-SaiOi- Sacrement et le Jour de son octave, avec un eierge allumé à la main, comme aussi k celles qui se pour.

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SAC

DiCTIOiSNAme

SAC

Après avoir gémi sur la négligence, Tindiiférence, les mépris et tes insultes dont Jésus-Christ est Tobjet lorsqu*il est porté en procession, ou aux malades, nous profite^ rons de cette circonstance pour rappeler les sages ordonnances que nos prédécesseurs ont faites sur ce dernier point: ils veulent, 1* que la chambre du malade et les autres lieux de la maison par lesquels le saint sacrement doit passer soient bien nettoyés, etc. ; 2* que la cloche soit tintée, afin d'inviter les lidèles à se rendre à l'église pour accompagner Noire-Seigneur chez le malade; 3*" que Ton fasse porter aux assistants, et surtout aux confrères du Sainl-Sacrement» des flambeaux ou cierges allumés; k" que les curés exhortent souvent leurs paroissiens i rendre ces devoirs à Notre*Seigneur ;5° que le prêtre qui portera la sainte Eucharistie marche sous un petit dais, etc. (1). Nous recommandons vivement à MM. les curés de se conformer strictement à ces prescriptions et de déployer tout leur zèle pour les faire exécuter ; et nous coi\iurons les tidèles de faire tous leurs efforts pour concourir à leur exécution.

3* De faire honorer Jéeus^Ckriit dans les lieux ou il réside^ en travaillant à rétablir dans toutes les paroisses l'usage des pieuses et fréquentes visites au très-saint sacrement.

Jésus-Christ, qui met ses délices à être avec tes enfants des hommes {Frov. viii, 31), nous invite tous à venir à lui par ces touchantes paroles : Venez à moi vous tous quiètes fatigués et qui êtes eharqés, et je vous soulagerai

mient faire, par notre permission, aux troisièmes dimanches du mois, dans les églises où on la pourrait Taire commodément et avec décence.

< Comme un des principaux motifs de rétablissement de ladite confrérie est d*accompagner le tréssaînt sacrement lorsqu'on le porte aux malades , les confrères seront fidèles à lui rendre ce devoir lorsqu'ils le pourront faire commodément, ce qui se peut d*ordînaire dans Penceinle des villes et dans les bourgs , et lorsqu'on le porte en des endroits qui ne mut pas bien éloignés de régiise. Pour cet etict on 4lépuiera tour à tour quatre, ou au moins deux des ronfrères pour y assister avec chacun un cierge ou Hu flambeau alliuné. > {Ane, Régi, pour let confr. du Irèi-Saint-Sacrement du diocèse de Limoges^ art.!2, 3. — Ord, Synod. p. â5i.)

Saint Chsries recommande i» aux pasteurs d'éta- Iilir des confréries pour procurer que le saint- saerement soîi porté avec plus de respect aux malades ; S« aux m(*murcs de ces confréries de préparer et 0mêr iet ekmubres dés malades pauvres, el (taecom~ pagner le saim saeremem , de Péglite chez le malade, avec une pieuse vénéraêioH* (Actes de rEglise de Milan, p. 7Uet7i.)

€ Getie confrérie sera particulièrement destinée à 0ceûmpaaner te saint sacrement dans les proeesiions et tfuana on le porte aux malades , en prenant des lUmbeaux, le dais, la cloehette... 11 y a des paroisses où tons les confrères tiennent en main un cierge allumé toutes tes fols qu'ils assistent à la bénédiction du saint sacrement; c'est un usage très-édiftaut. > <l{tief«i de Bdley, 1. 1, p. iSl.)

< Lorsqu'on portera le saint sacrement à un malade, les confrères se rendront, s'ils le peuvent, .i i egliise pour lacconipagner. » (Règlement d'Albtf, art. il)

(I) Kiifie/ de Limoges, i'« part., p. 97.)

(Matth, XI, 28). Qui jamais s*%s\ approché ui ce trône de la grâce [Hebr, iv, 16) sans rec*»vair les lumières, la force et la l'-onsolatioa dont il avait besoin ? L*£^lise n*a rion né^ gligé pour attirer les hommes aux pieds de Jésus-Christ : ses pontifes ont approuvé 6n communautés et associations clont l*œtnrt principale est de faire Vadoraiion perpeta«f/e(l); ses plus zélés pasteurs ont m;^ tout en œuvre pour répandre celte pieu^coutume parmi les fidèles (2). Mais qu*il om grand le nombre de ceux qui oot été sour^i h la voix de Jésus-Christ et de son Eglise !... Peut-on voir sans une déchirante douleur Tétat de délaissement du Sauveur dans beaucoup de villes et surtout dans les Ga£nt>agnes?N'est^e pas en grande partie h cette négligence criminelle qu'il faut attribuer cette indifférence et cette insensibilité qui glacent les cœurs et étouffent tous les seuiiroents pieux ? Nous vous exhortons, rous vous prions, vous tous qui partagez av?: nous la charge pastorale, de faire tous tc5 efforts pour amener des adorateurs aux piclf de Jésus-Christ ; et, comme Texemple ^s\ \\ prédication la plus efficace, nous vous corv jurons de ne hisser passer aucun Jour sdns lui rendre vous-mêmes ce devoir, el de t«^ nir fréquemment en sa présence réciier Toflicedivinetaccomplirvosautresexcercicts de piété.

(1 ) Il existe des communautés religieuses dont les mentbrcs se succèdent continuelieiuenl les uns mxL »ulres à la chapelle, de telle sorte que, jour et iiait, il y a perpétnellenient un certain nombre de personnes en adoration au nom de toute la communauté. Dans certaines paroisses, des associations se soel formées dans le but d^établir Tadoration uerpétudle, soit le jour el la nuit , soit simpleuiciil le jonr« soie an moins les jours de Tètes : c*est une pratique qui eonTient À tontes lesconrréries du Trés-Sainl Sacrement. Dans les lieux où n'existent pas ces associitions, on peut, chaque année, gagner une indulgeoce plénière, en se confessant, iouimuitiant et priant aux fins ordinaires, lo jour où Ton passera une beore en adoration devant le saint sacrement, pourra qu^on s*unîsse intérieu renient aux associations existantes. {Mgr Bouvier. Voir plus haut, eoL 1177.^ instrficttons pratiques sur les Indulgeuctê et Us Cmfrériet, p. 532.)

(2) Ce fut un des moyens dont se servie M. OSer pour réformer la paroisse de Saint* Solpice : < LV doraiion perpétuelle, établie d*abord pour raprësmidi , le nit encore pour la matinée, cl même ploi tard, pour la nuit aussi bien que le jour... Les niewbres de la cmifrcrie du Saint-Sacrement faisaient chaque semaine , au moment qui leur était assigné, une heure d'adoration... Les plus grandes danies, parmi lesquelles on doit signaler la mèie du gnoi Condé, étaient très-exactes à ce pieux exerdoe. i (Vie de U. Olier, t. 1, p. i9l.« et suiv.)

Pour faciliter cet exereice et apprendre anx ûdétn h bonorer Dieu en visitaul ainsi iésus - Chriis, M. Oiier fit faire cl répandit dans la paroisse tu image dans laquelle il sut exprimer avec autant tU Térlté que de noblesse les ocèupatîons de Jésus-Cbn^ dans cet adorable sacrement, el rendre seosiliies ks dispositions intérieures du Saovenr et les detoin qu'il y rend invisiblement à son Père. Nons rec^i» mandons la propagation de cette gravure cowmr très-propre à in«itruire les fSdcUîS et ^ produira » eux de pieux sentiments. (Vie de M. Olitr. ton* t. pag. 491 et Sfâd.)

SAC

DE$ INDULGENCES

SAC

1 Par le très-saiot sacremenl Jésus-Christ reul remplir les prèlres de son esprit et de »a grâce, et convertir les Ames par eux... ^ prêtre oui est assidu à rhouorer, à Tiuoquer et a le supplier pour les peuples» obtiendra tût ou tard leur conversion* Il est mpossible (qu'étant assidu à la {)rière, et leuieurant ainsi devant le très-saint sacrenent de TauteU il ne communie aux sentinents, à la ferveur» à reflicace de Notre- »eigneur» pour toucher, éclairer et converir les peuples ; car la vertu de Jésus-Christ essucité, qui habite maintenant dans Té* ;lise, avec un zèle tout embrasé pour la ;loire de son Père, doit produire de tels efets (1). »

4" Défaire honorer Jéiui -Chriei dans tes éritableg temples^ aux sont.noe dmes^ en tr4i^ aillant à rétablir Image' de la communion réquente.

Lcoulnns Jésus-Christ : « Je suis venu fin qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient avec lius d'abondance {Joan, x, 10) ; » comme wn Pèi-e vivant m'a envoyé ^ et que je vis par ion Père^ de même celui qui me mange vtvra »ar mot (/oon., VI 58); je «tt»/0 pain de vie r^id., 35, W) ; le pain vivant ^ibid., 51J ; oici le pain vivant descefidu du cieU ajin que eliii qui en mange ne meure point {Jbid.j 50).

Kn établissant ce sacrement pour servir 'aliment aux âmes, et en employant pour jdtière le pain, le Sauveur nVt-il pas claicmrent manifesté à la fois et la nécessité de ette divine nourriture, et le désir qu'il a 'en rendre l'usage fréquent? Mais pour ien connaître les intentions de Notre-Seineur et apprécier Tutililé de la communion»

suffira de considérer l'enseignement et la onduîte de r£^Iisu, çt les effets de l'Eucha-* istie dans ceux qui l'ont reçu souvent. ,es apôtres, instruits par Jésus-Christ et irigés par le Saint-Esprit, établirent» parmi is premiers fidèles, qui étaient pour la pluart des païens convertis » la communion uotidienne; le saint concile de Trente»

irigé par le même Esprit » avertit^ exhorte t conjure^ avec une paternelle affection^ tous eux qui portent le nom de chrétiens^ de vivre e telle sorte qu'ils puissent recevoir friquem- \ent ce pain supersubstantieU qui est la vie de ûme et la perpétuelle santé de Vesprit [Conc. Vâd.» sess. xui, cap. 8) ; et il émet le désir !e voir les fidèles communier sacramentelle^ ient à toutes les messes auxquelles ils assistent Conc. lyid., sess. xxu, cap. 6) ; les Pontifes oniains et les plus saints évoques n'ont essé de reco(nmander la communion fré- [uente et de faire tous leurs efforts pour la oettre en honneur. N'est-ce pas à la comaunion quotidienne que l'Eglise naissante lut en grande partie sa sainteté? N*est-ce »as à la communion fréquente que nos saints mt dû ces vertus qui ont fait Tadmiraiou du monde? N'est-ce pas encore par la ommuniou fréquente que tous les chrétiens ertueux de nosjours se préservent de la

(I) Kx trait des Mémoires de M. Olier, t. '» p. 190 le sa Vi«.

corruption du siècle (1)? Par la raison contraire, ne doit-on pas attribuer l'irréligion» rincrédulité, l'indifférence et le développement effrayant des passions qui rongent les sociétés modernes, au crimine) abus, si commun de nos jours, de vivre éloigné de ce sacrement ? Cet abus, qui tire probablement son origine du protestantisme, est une des plus funestes inventions de Satan 1 C'est pourquoi nous tous» ministres de Jésus- Christ, nous devons faire d'incroyables efforts pour l'extirper et nour faire de nouveau conslracter aux fidèles l'habitude de participer souvent au divin banquet (2).

Ces considérations, qui nous ont paru nécessaires pour faire comprendre l'importance et le but des confréries du Très-Saint-Sacrecrement» pour faire connaître l'esprit qui doit animer les confrères» et pour indiquer le parti qu'on peut tirer, dans l'intérêt général des paroisses, do ces précieuses associations , suffiront, nous l'espérons, pour inspirer à chaaue pasteur le désir efficace d^établir une de ces confréries, dans sa paroisse si elle n'en possède pas, ou de renouveler l'ancienne qui peut s'y trouver, si, comme cela a lieu dans beaucoup d'endroits» tous les exercices consistent à faire tenir, ar les confrères, un cierge allumé pendant es saluts et les processions du très-saint sacrement.

Lorsque les voies auront été préparées»

un aura soin de nous demander un titre d'érection , que nous nous empresseront d'envoyer, et qui suffira pour rendre la confrérie nouvelle participante de toutes les ip'âces et indulgences accordées à l'arehiconirérie de Home, et pour la mettre en union de prière et bonnes œuvres avec elle (3).

Une fois la confrérie établie ou renouvelée, le pasteur de la paroisse apportera un zèle soutenu à bien expliquer le règlement

(i) c Le desseio de Jésus-Chrisi, vivant dans TEacUaristie , est de couiiiiuniquer sa vie el ses verlus, comme sont sa religion envers Dieu le Père, sa charilé pour le prochain , son anéantissement de soiwème , son opposition perpétuelle au monde et nu péché. Ctiacun demeurera convaincu qu*il ne penl recevoir plus aboudaromenl ces vertus que par la communication que Jésus-Cbrisl lui en fera au tré«saint sacrement, et il anra recours à ce divin ban*' c|uet pour avancer dans la vie divine. > (Sentiments de M. Olier, Vie, U H, p. i53.)

(2) La réformation de la paroisse de Salnt-Sulpice, dont nous avons déjà parlé, a été principaicinent attribuée à Ntabiissemem de la iétotion au saini sacrement et à la sabue Vierge : M. 0>ier s'ailacba à mettre en usage la communion fi'équente, et è inspirer aux enfants, dés l'âge le plus tendre, une grande dévotion pour 1 Eucharisiie ; il les préparait, avec le plus grand soin, à Tacte si important de la première communion, et leur faisait ensuite contracter 4 Hiabitude de recevoir souvent ce sacrement par des communions générales de tons tes mois , qui sont encore en usu^rc dans cette paroisse sous le nom de commurtiMs du mole, et qui ont été pour elle la source de grandes béncJictions. {Vie de hl. Oliert l. I, p. 490, 497 et suiv.)

(5) Décision de la congrégation des. Indulgences du ^2i août i84i, ci-dossus citée et ci-nprcs rapporiée.

SAC

aux confrères, à leur inspirer une grande dévotion pour l'Eucharistie, à les remplir de l'esprit qui doit les animer, et è leur faire observer toutes les pratiques établies. Si on entre dans ces vues, ces pieuses associations peuvent devenir un levier qui remuera tout le diocèse, et un foyer ardent qui ira rallumer dans toutes les âmes le feu presque éteint de la charité.

Comme les indulgences accordées aux* confréries du Très-Saint-Sacrement ne sont pas très-nombreuses, nous conseillons à ceux qui sont chargés de la direction de ces associations de profiter de la faculté donnée par le pape Pie Vil, suivant ses rescrits des 23 avril et 22 mai 1805, de les unir à l archiconfrérie du Sacré-Cœur de Rome pour les rendre participantes des indulgences dont jouit celle dernière ; ou au moins d'engager les confréries à se faire recevoir dans une des confréries du Sacré-^^œur, afin d avoir droit aux nombreuses indulgences dont elles sont enrichies (1). (Extrait du Manuel de Limoges.)

Voici ce que disent encore les divers Mor nueU sur les devoirs des confrères sur les indulgences , enfin sur le mode d'établissement de la confrérie.

Les confrères s'engageaient t V à veiller continuellement au respect dû au saint sacrement, à ce qu'il fût environné, dans les églises paroissiales, des ornements extérieurs que la foi exige, et à ce qu'une lampe brûlât jour et nuit en sa présence.

2' Au défaut des ressources nécessaires dans les églises pour fournir aux frais qu'entraînaient ces honneurs, ils s'obligeaient à y pourvoir à leurs dépens, et à ne pas permettre que le saint viatique fût jamais porté aux malades sans un voile fait exprès, dont chaque église paroissiale serait pourvue.

3* Ils devaient, lorsqu'ils n'en étaient point légitimement empêchés, «ccomf>açner cet auguste sacrement , un flambeau h Ta main, quand on le portait aux malades, ou le faire accompagner de là sorte par une des personnes les plus notables de leur famille. A cet etfel, le curé, ou tout autre prêtre appelé jiour porter le saint viatique aux malades, devait faire sonner quelques coups afin d'appeler les membres de la confrérie qui pouvaient venir, et avertir les autres de prier à l'intention du malade.

k* Le troisième dimanche de chaque mois, tous les confrères se réunissaient dans l'église de Sainle-Marie sur la Minerve, y faisaient célébrer la messe, y assistaient, et h l'élévation prenaient chacun un flambeau.

5* Le vendredi dans Toctave de la Fêle- Dieu, il y avait autour de l'église, extérieurement, une procession du saint sacrement très-solennelle, à laquelle tous les confrères de Tun et de l'autre sexe assistaient, tenant des flambeaux allumés.

6* Si un des confrères tombait malade, son curé et un des membres de la confrérie le

(1) Bituil de Belley, lom. III.

WCTlONiNAIRE SAC «Il

visitaient et le préparaient h recevoir h derniers sacrements.

V Les membres de cette confrérie , UdI hommes que femmes, s'engageaient à dire, toutes les semaines , cinq Paier et cioq Aw, en l'honneur du saint sacrement.

8* Comme il aurait été inconvenant qic les femmes courussent à chaque iosiant dans la ville pour accompagner le saint ti». tique, il était réglé qu'elles resteraient dw elles , et se joindraient en esprit aoi toofrères, en récitant cinq fois le Pater et l'ite. lorsquclles entendraient sonner la clodie pour les appeler.

IUDULGENCBS.

Paul III , après avoir approuvé les stetub dont nous venons de donner la subslan», rendit, par la même bulle, 1 13, la conWnc du Saint-Sacrement participante de taulelfs grâces, privilèges, exemptions eiindulg«ice$ dont jouissaient déjà beaucoup d'autres (mfréiies établies à Rome, et approuvées pifKJ

Kédécesseurs. 11 accordait, en outre auiwiières plusieurs autres indulgences, ww :

!• Indulgence plénière en forme dejutni^ le jour de leur entrée dans la conirém, pourvu que, s'étant confessés, îIscodiwniassent avec dévotion. Môme indulgence ci aux mêmes conditions trois fois dans learw

fr Cent jours d'indulgence à ceux qui «> compagnent le saint viatique avec des babeaux , ou qui, ne pouvant le faire, pri«^ comme il a été dit ci-dessas. Semblable »&• dulgence leur est accordée pour assislerali procession du saint sacrement ou ï w^ qui est célébré au nom de la coofréne. A ceux qui visitent avec dévotion , tous w vendredis de l'année , l'église de SaioK- Marie sur la Minerve , dix ans et dii q»rantaines pour chaque fois.

S' Aux femmes qui ne peuvent décernioert suivre le saint viatlaue, même indulgew qu'aux confrères qui I accompagnenM'Oor»J qu'au son de la cloche, elles se jolgneoi a eux, et récitent, avec piété, cinq lois \'On\r son Dominicale et la SaluUtion AiH;éiiqu«. comme il est dit plus haut.

*• Faculté aux confrères de l'un cl * l'autre sexe de choisir à la mort le wofcseur qu'ils voudront, et d'être absous (* lui de toute espèce de péchés et de ««• sures , même réservés au Saint-Siège.

5* Les administrateurs de cette (wnlrer' sont autorisés par le même Pontife i ^ changer les statuts ou b les modifier, posrr

{dus grand bien, selon que leur prudence ■ eur fera juger expédient. ^

6* Toutes les confréries du Salnl-Sic^ ment, établies ailleurs sur le modét** celle-là, jouiront des mêmes l^^^^ grâces et avantages spirituels déjiaccow»» ou qui seront accoroés parla suite, e<^ sans nulle concession et sans «ssocu^^ spéciale, dès qu'elles auront été éubne* F autorité apostolique ou par raulorité de lu^ dinaire, comme la eonçrégation deslw»" gcuces le déclara lo 16 lévner 1608.

Paul V accorda le 3 novembre IWC :

SAC

DES INDULGENCES

SAC

ilOi

l'Indulgence plénière aux confrères qui, sYtanl coiifesséSy communient et assistent À la procession solennelle du saint sacrement» faiie par la confrérie le jeudi dans l*octaYe de la Fôte-Dieu. Cette procession a élé Gxée par Innocent XII au vendredi, lendemain de roctave.

2* Même indulgence à ceux qui , ne pouvant assister à la procession » se confessent» communient et prient selon les inteotions du Souverain Pontife.

3* Pareille indulgence aux confrères qui » iTarticle delà mort, s*étant confessés et ayant communié , invoqueront au moins de cœur, s*îls ne peuvent le faire de bouche, le saint nom de Jésus.

i* Indulgence de sept ans et sept quarantaines aux confrères qui , $*élant confessés , communieront le jour de la Fête-Dieu , et prieront selon les iotentions du Souverain Ponlife.

5* Cent jours, tous les vendredis de Tan- 3ée, pour risiter Téglise où la confrérie existe.

6* Cent jours, chaque fois qu'ils assiste* 'Ont aux offices ou aux processions de la confrérie.

7* Sept ans et sept quarantaines si , s'étant confessés, ils communient et assistent à la )roce$ston du troisième dimanche du mois» )a du jeudi saint.

H* Sept ans et sept quarantaines, toutes es fois qu'ils accompagneront le saint acrement avec ou sans lumières , quand on ^ portera au x malades ou ailleurs.

9* Cent jours, pour visiter le saint sacre* Qeot quelque part qu'il soit, le jeudi saint , i prier avec dévotion.

10* Cent jours, pour accompagner le corps 'un Gdèle quelconque à la sépulture. Celte oncession est de Clément X, du Si janvier

U* Benoît XIV accorda, le 2 août 17b9, ent jours d'indulgence aux confrères, pour liaque fois qu*ils assisteraient à la messe ans l'éf^lise ou la chai)elle de la confrérie, lix réunions publiques ou particulières, ou n processions faites avec Taulorisation de Ordinaire, ou donneraient Thospitalité h D pauvre, ou réconcilieraient des ennemis, i« ne pouvant assister h une procession ou -compagner le saint sacrement quand on le jrte à un malade i diraient , au signal )nné, une fois le Pater et VÀve ,.ou les dii^ot cinq fois pour le repos de l'Ame d'un nfrère défunt , ou ramèneraient ceux qui égarent, instruiraient des ignorants, visiraient des inOrmes, des prisonniers, feieut TaumÂne corporelle ou spirituelle, exerceraient quelque autre œuvre de Hé ou de charité.

ti* Indulgence de deux cents jours è tous ( Gdèles, sans exception, qui auront acmpagné la procession du troisième dimcbe du mois et du jeudi saint.

13* Le même Benoit XIV a rendu toutes ^ indulgences, tant plénières que parités , applicables aux âmes du purgatoire, r décret du 13 septembre 17(^9.

DlCTIOX!!. DES IXDUl.GENCRS

ETABLISSEMBNT DE LA C0?ÏFR£aiB DU SAINT

SâCREUENT.

Paul V avait déclaré, le 15 février 1608, que les confréries du saint sacrement , érigées par Tautorité du Saint-Siège ou par rOrdinaire, jouiraient par là même de toutes les indulgences attachées à Tarchiconfrérie de la Minerve. Innocent XI, par sa constitution du 1" octobre 1678, Jnjuncti nobi$, déclare la même chose dans les mêmes termes, Apostolica vel ordinaria auctoriiate. L'évêque peut donc, sans induit particulier, ériger cette confrérie et y attacher les indulgences ordinaires.

Un curé qui veut établir cette confrérie dans son église doii s'adresser è son évêque» et obtenir de lui le diplôme nécessaire.

Les statuts et règlements, dont nous avons donné la substance, doivent être présentés h l'évêque, qui a le droit, d'après la bulle de Clément VIII , Quœeunquej | 5 , de les examiner, de les changer ou de les modiGer, selon que les localités lui paraîtront le demander.

Il n'y a aucune cérémonie à observer pour admettre dans cette confrérie ceux qui désirent en faire partie : on prend leur nom et on les inscrit sur le registre ouvert à cet effet. Toute personne peut faire cette inscription au nom du curé. Si les confrères communient ce jour-là, après s*être confessés , ils gament l'indulgence plénière comme nous lavons dit; mais s'ils ne le faisaient pas , ils seraient néanmoins validement inscrits , et auraient droit aux autres indulgences.

IVoy. Adoeation peepetublle, et les articles sur le S. SACEBMBIIT.)

SACREMENT (Oraison jaculatoire au trèssainl). Indulgences acconlées à perpétuité à tous les fidèles qui réciteront, avec dévotion et un cœur eontrît^ l'oraison jaculatoire suivante, en l'honneur du saint sacrement.

1* Indulgence de cent jours ^ une fois par jour.

2* Cette indulgence de cent jours peut se (gagner trois fois dans la journée , tous les jeudis de l'année et tous les jours de l'octave de la Fête-Dieu.

3* Indulgence p/^/^re, une fois par mois, pour tous ceux qui l'auront récitée chaque jour pendant le mois , le jour, à leur choix, où, s'étant confessés et ayant communié, ils prieront [)Our les besoins de TEglise.

k* Quoique l'indulgence de cent jours, rapportée plus haut, ne puisse, comme on l'a dit , se gagner qu'une seule fois par jour, on peut, en outre, gagner une autre indulgence de cent jours, chaque fois que l'on récite, avec dévotion et un cœur contrit ^ la même oraison jaculatoire dans les deux circonstances suivantes, pourvu qu'en mémo temps on adore N.*S. J.-C. dans le saint sacrement :

A l'élévation de la sainte messe à laquelle on assiste ; au son de la cloche qui indique que l'on donne la bénédiction du saint sacrement dans quelque église.

SAl

S, B. Toules i^es indulgences sont applicables aui âmes du purgatoire (1).

OEAISOX JAGL'LATOIRB.

Que le très-saint et très-dirin sacrement soit loué et béni dans tous les moments (2), ou bien

lx>né et remercié soii à tonl moment Le trés-saini et divin sacrement.

SACREMENT (Procession du saint).

Ceux qui accompagnent la procession qui ne fait le troisième dimmche de cliaque mois pour la confrérie du saint sacrement , gagnent deux centi jours dMnduIgence ; la luème indulgence pour celle qui se fait le jeudi saint.

Ceux qui accompagnent le saint sacrement, quand on le porte d un lieu à un autre, pour quelque motif .que ce soit, gament cent jours d'indulgence en disant un Faier et un Ave. — Benoit XIV, 17W (3).

SACROSANCT^ ET INDiriDVJB , etc.

Voy. Ecclésiastiques.

SAlNTE-ENf ANCE (Œuvre de la). Comme cette œuvre nouvelle s*établit de plus en

f)lus dans le monde catholique , pour mieux a faire connaître nous allons offrir un résumé des réflexions et des faits plus importants qui la conc^Tnenty tous puisés à des sources authentiques.

I I*^. — Obiginb de l'obdyre.

M y a peu d'années» un saint évèque, que notre France avait donné à rAmérique» eut la pensée de faire un appel à sa patrie en faveur des peuples qu'il ôvangélisait. Après s'ôlre consumé en travaux » il gémissait d'en

(1) Pie Vf, rescrit de la secrctairerie des Mémoires, du 24 mai 1776 ; et Pie Vil, décrets Vrbis eî orbU de Li sacrée congrégation des Indulgences, du 50 juin 1818, et du 7 décembre 1819.

(2) Le traducteur du RaccoUa dit de Tauteur d*une prétendue traduction parue à Besançon :

f Parmi les diverses indulgences attachées à la récitation de Toraison jacubloire SoU loué et adoré, etc. M. Tabbé '*' en cite une de cent jours, pour kl réciter quand on entend tonner VexpotHion du saint sacrement dans quelque égtisef sott qu'on Vexpose pour Us Quarante^Ueures, ou pour quelque autre motif.

c Ici le traducteur n'a pas compris le texte. L*îtalien porte que, pour gagner celte indulgence, il faut réciter cette oraison jaculatoire : Al segno délie ore che si dà colla campana^ nelle chiese ove è Pesposiùone del SS. Sueramento^ o per Corazione continua délie quaranCore^ o per, etc..

c Ove e l'esposiùone. — C'est donc pendant que Tex-

Ksition dure, et non pas au son de la cloche qui nnoiice, que Toraisoii jaculatoire susdite doit se réciter. Il est d*usage, à Kome, de sonner toutes les lieures, pendant que le saint sacrement est expose, aAn d'avertir les adorateurs. C'est au signal, donné {Kir cette cloche à chaque heure, al segno délie ore, que Ton doit dire Toraison jaculatoire : Soit Imié, etc., pour gagner Tindulgence en ouesiion.

< Ce^t à Rome mémo qu on nous a donné celle explication, qui nous a àéc\\\é h ometlro cette iuiliiU gence d;)n8 notre traduction, comme se rapporlaut â un usage tout à fait Inconnu en France. »

(5) Manuel de Lyon.

recueillir st peu de fruits, tant il rencontrait dUndilTérence dans les uns , d*achamenien( à combattre la vérité dans les autres ! Seal, et malgré son zèle, avec si peu d*auxiliaire5, d^ns le dénûment de toutes choses, qu«

Couvait-il pour vaincre de si épaisses lénères et arracher à la mort tant de malheureux? sa voix se perdait dans ces immenses déserts*. Cependant , semblait-il se dire en adorant les impénétrables desseins de U Providence, quelle foule innombrable trourtf en abondance le pain de la vérité dans l'Eglise de France, dans l*Eglise catbotioue, dans celte maison du Père de famille ! et moi , je meurs ici de faim 1 Oh ! si je pouîais procurer à cette immense et malheureui* Amérique quelques-uns de ces prêtres m nombreux ailleurs, quelque image de h beauté de ce culte catholique dont les pom* e5 réjouissent nos villes chrétiennes, quelquesunes de ces institutions charitables pre(Mrées avec tant de variété pour tous les )«soins et pour toutes les intirroités, «t^ contrées fortunées ne s'apercevraient pas j ce pieux larcin au milieu des bénédictioiP célestes qui leur sont prodiguées, les t^triiient même se multiplier de plus en pits par une charité si méritoire, et cette |)e(ii part de leur superflu serait le salut de ian de millions d'Ames qui se perdent ; et n^ vastes régions^ maintenant assises à Vomir* de la mort, donneraient h TEglise caiL>lique, avec une nouvelle gloire, d^innc-jîbrables enfants.

Ce vœu du saint évêque fut porté *' France par un de ses missionnaires et tv fié d*abord à Paris et à Lyon , h un p : nombre de personnes; elles durent sa* doute h leurs abondantes charités Fhontirjr d*ètre choisies de Dieu pour être les pretLi- ^ instruments de la nouvelle œuvre qui al^ éclore. La pensée de secourir les m ssiut «^^ communiqua de proche en proche; T mône devait être légère pour qu'elle fût . portée de tous; plus elle était (aible, y elle pourrait être celle du plus srand t ^ bre, universelle et vraiment catholique, tenait moins aux secours abondants de ques-uns, qu*à la plus petite offrandes courte prière , au concours » à Tassocia de tous. Ce plan si simple, si parfait *approprié & 1 esprit de notre sainte re^i^ n*eut besoin pour être compris que du 'j et de la persévérance que demanden: jours les œuvres de Dieu ; il reocootri > doute des esprits légers qui u'j tJ^^crd'abord aucune attention , des iodx!!' qui méprisèrent cette nouvelle invent.

la charité y des personnes d*iui zèle tqui trouvaient auprès d'elles assex d' vres à soulager, a «sez de pécheurs A ci ' tir, assez d*o&uvres h soutenir ou à pour repousser une œuvre consacrt^ ' contrées aussi lointaines. Il fallut ni^xles évoques les plus vénérables (W»et par leur sainteté abandonnassent , plusieurs années le troupeau qu*ii> -* si péniblement formé dans les roîii- • dèles, pour venir en Euroj^e cl »• ^

SAl

Di!:S INDULGENCES.

SU

parcourir succcssivonienl les diocèses, pré* cher partout la nouvelle association , et lui pi*èter le secours de leur voix apostolique. Grâce k de si puissantes recommandations » elle se développa rapidement en France, oCi son premier germe avait élé déposé, et, do France dans les diverses parties de l'Europe; les évoques Tadoptèrent solennellement dans leurs diocèses, et le suffrage presque unanime de ré))iscopat ne tarda pas a être conQrmé et consacré par {^autorité même du Souverain Pontife.

Ainsi s*ost préparé le magnifique spectacle quo donne de nos jours la grande œuvre de la Propagation de la Foi ; ainsi , d*une faible étincelle , s*est allumé cet immense foyer de charité : pour se rendre redoutables aux mille sectes de Terreur, les enfants de la vérité n*ont qu*à se ranger et à se compter ; pour marcher à la conquête du monde, et pour armer les courageux apôtres qui jamais ne lui mançiuent, TEglise catholique n*a levé sur ses innombrables enfants d'autre tribut qu'un sou par semaine I

Entre tous les évéques qui accueillirent avec le plus de faveur et propagèrent le plus vivement Tœuvre de la Propagation de la Foi, Mgr de Forbin-Janson fut un des premiers et des plus ardents : après avoir été missionaaire lui-même dans presque toutes les villes de France pendant plusieurs années, missionnaire dans son pèlerinage à la terre sainte, particulièrement à Smyrne,

3 ni conserve encore le souvenir et les traces e son passade ; missionnaire jusque dans répiscopat qui ne put circonscrire son zèle dans un seul diocèse, il enviait le honneur des missionnaires qui voit porter la lumière de FEvaiigile aux pays infiJèles ; nul ne rer/ierchait leur société avec [dus d^empressewealf DO suivait leurs travaux avec plus d'int« rôt, ne les encourageait avec plus de générosité; il eut même le bonheur de les part.i^er pendant deux ans, vers la Gu de sa vie, ex ce lut la plus douce consolation que Dieu lui ait ménagée au milieu de ses épreuves. Personne donc ne tournait ses regards ni plus frt^quemment , ni avec des vœux plus ardents vers Ids contrées iJolâtres qui sont encore assises à Tombre de la mort ; per- >onne aussi ne se réjouit plus sincèrement Je rétablissement de Toauvre de la Propauttion de la Foi. Prières, aumônes, prédicaions» mandements, il n*épargna rien pour >n hâter le développement.

Mais plus il était affectionné à cette œuvre, lus il regrettait que ses aumônes, quelque onsiiJérables qu*elles fussent, ne représrni5sent encore dans l'Eglise catholique qu*un ioii petit nombre d*associés, et il cherchait irec sollicitude quoique nouveau moyen de iUeodre de plus en plus. Telle fut la prelère origine de l'œuvrede/aSain/e-^n/ance J4S de Ui Propagation de la Voiy destinée à 'tendre et à la consolider, à la perfectionr*r et Ji la perpéluor.

Rapports et différences de la Sainte-Enfance avec la Propagation de la Foi.

Ce qui fait la beauté de la Propagation de la Foi, c'est la faiblesse des moyens et la grandeur des résultats; c*est de montrer, mieux que par des paroles, par les faits les plus éclatants, la puissance de Tunité catholique. Il suflit que chacun des enfants de TE^lise catholique jette un sou dans la balance pour faire pencher de plus en plus en sa faveur les destinées du monde. C était un nouveau et irrécusable témoignage de cette force divine qui est en elle et quo les siècles ne sauraient affaiblir: les protestants eux-mêmes avouaient combien les missions catholiques, avec cette légère aumêne, étaient partout supérieures à leurs missions soutenues par des sommes énormes. Mgr de Janson, transporté d'admiration pour un tel triomphe, voulut le rendre plus éclatant encore, en choisissant dans TËglisece qu'il y a de plus faible pour Topposer à toute la puissance du paganisme et de Terreur. Les murailles de la Chine venaient de tomber enfin sous les etforts des Anglais et permettaient à nos regards de plonger dans cet antique et vaste repaire de toutes les superstitions les plus bizarres et les plus barbares. Si Ton ne se hAtait, les missionnaires protestants, accoutumés non à précéder, mais à suivre leurs armées victorieuses, allaient envaliirce malheureux pays: TËglise catholique laisseraitelle échapper la conquête que lui offrait la Providence ? Ce fut le moment et le lieu que choisit Mgr. de Janson, toujours si attentif aux grands intérêts de la religion. A côté de la grande œuvre de la Propagation de la Foi, il forma comme une légion de tendres enfants; rimage de Jésus enfant devait être leur bannière, les pauvres petits enfants chinois, lobjet de leur zèle ; ils combattraient, eux aussi, avec les armes de la prière et de Taumône, non moins puissantes dans leurs faibles mains qu'elles ne le sont dans un Age {dus avancé. Jésus enfant n'entra pas en Dgypte sans ébranler ses idoles et rendre ses oracles muets. Avec la bénédiction divine et la puissance de la foi qui transporte les montagnes, que ne pouvait-on pas espérer pour le salut du vaste empire de la Chine, des prières et des aumônes de ces enfants chrétiens, et des pauvres enfanUs idolâtres qui, baptisés* rachetés, élevés par leurs soins, pourraient devenir autant de nouveaux apôtres pour leurs frères 1

Celte pensée était aussi féconde que touchante et conforme à celle qui avait inspiré Tœuvre de la Propagation de la Foi. bue môme pensée de foi et de charité devait animer les deux œuvres; l'une comme l'autre demanderait à ses associés de se souvenir de la qualité de frères qui unit ^ous les hommes, du saint baptême qui les a rendus chrétiens, et leur pro()Oserait une semblable» une excellente manière de témoignera Dieu, dans les peuples idolâtres, à la fois leur humanité et leur reconnaissance. L'une et Tau- Uv porteraient de concert leurs aumônes

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DICTIOMNAIHE

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AUX contrées inQdèles» y travailleraient è la propagation de rEvangile, ou plutôt assis* feraient, chacune de son côté, les mêmes ouvriers évangéliaues dans leurs divers travaux. Assez semnlables dans leur esprit et dans leur but pour se rapprocher sans se confondre, elles sont assez différentes par leurs moyens, pour se distinguer sans rivalité. La Propagation de la Foi embrasse toutes les missions, n'exclut de ses largesses aucun pays, aucun âge, aucun des besoinsdes missionnaires ; Tœuvre de la Sainte-Enfance choisit rOrient, commence par Ja Chine, et, dans ce pays, se consacre à l*enfance seule. La Propagation de la Foi s'adresse à tous les catholiques indistinctement ; la Sainte- Enfance n appelle que les enfants ; elle a donc un objet moins vaste, et des ressources

B*usrestremtes que la Propagation de la Foi. ais dans ce cercle plus étroit et plus proportionné à TAge, à l'esprifet au caractère de ses jeunes associés, la Sainte-Enfance peut entrer dans des détails que Tceuvre de la Propagation de la Foi ne saurait guère comporter. Déià chargée de toutes les missions, avouant elle-même qu'elle peut à peine y suftire et qu'il est plus facile de trouver de courageux apôtres que les movens de les soutenir; voyant de jour en jouries missions se multiplier plus rapidement encore que ses ressources; obligée pour soutenir les nouvelles, de réduire les allocations accordées aux anciennes, au moment même où legrs besoins augmentent, comment pourrait-elle suffire, outre les besoins généraux, à toutes les spécialités qui naissent des progrès mêmes de l'Evangile dans chaaue pays, et surtout aux besoins spéciaux de l'enfance, sur laquelle reposent les plus douces et les plus solides espérances de la religion?

L'œuvre de la Sainte-Enfance ne prendra donc pour elle que ce que la Propagation de la Foi serait forcée, sinon d'abandonner, au moins de négliger et d'ajourner ; et, pour cette petite partie de la vigne du Seigneur, à laquelle elle consacre ses modestes travaux, elle trouvera des ressources que la Propagation de la Foi ne saurait trouver. « Car l'œuvre de la Sainte-Enfance, ainsi que l'écrivait Mgr de Janson dans les derniers jours de sa vie, n'a pas k chercher ses recettes parmi les associés de la Propagation de la Foi ; elle ne s'adresse ni au même Age, ni aux mêmes sentiments, ni aux mêmes positions. Silebut définitif qu'elle se propose est semblable, ses moyens pourl'atteindredifférentabsolument.

Par sa pensée fondamentale, c'est à Tenfance la plus tendre qu'elle s'adresse ; c'est au cœur de l'enfant qu'elle parle en lui présentant un objet qui le frappe et l'émeut.

« C'est sa faible épar^e dont elle réclame une petite part. De petits enfants associés à la Propagation de la roi, sont une exception, et le nombre n'en sera jamais considérable. L'œuvre nouvelle, au contraire, est l'œuvre des petits-enfanis : tout y est proportionné k leur intelligence et à leurs ressources : la prière y est courte, el l'aumône la plus modique que Ton puisse faire. U est encore,

continue-t-il (qui pourrait le nier 7), un grand nombre de familles pour lesquelles la cotisation de 52 sous est un trop grand sacrifice. A celles-là, l'œuvre nouvelle présente les moyens de contribuer au bien géDéial de la Propagation de la Foi, et de participer aux fruits de bénédiction qu'apportent les œuvres de charité à ceux qui aonaent en vue de Dieu. De quel droit fefuseraitoa le denier des pauvres parmi les pauvres? De quel droit ôterait-on à la religion une ressource, à l'indigent le mérite de l'offrande? Ainsi, l'œuvre de la Sainte-Enfance s'alimente à une source distincte de celle oii puise la Propagation de la Foi ; elle va chercher ce qui est hors de sa portée, ceuiqui sont trop jeunes pour la comprendre, ceui qui sont trop pauvres pour y contribuer; elle ramasse, pour ainsi clire, les miettes qui lai échappent, et de ce qu'elle récolte <le cette manière, elle sauve encore un grand nombre d'âmes. »

L'œuvre de la Sainte-Enfance n'est donc que la Propagation de la Foi réduite à de plus petites proportions, et mise à la portée des enfants, ou plutôt développée et appliquée, avec plus de détails, à 1 enfance chrétienne et idolâtre. Toutefois, l'œuvre de li Sainte-Enfance n'est pas tellement affectée h l'enfance, qu'elle prétende s'interdire à elle-même d'avoir des abonnés d'un âge plus avancé. Chacun est libre, comme il cocYient dans les œuvres de charité, de choisir entre les deux œuvres ou de s'assoeierà Tune et à l'autre : mais l'œuvre de la Sainte-Enbnce est tellement éloimée de toute pensée de rivalité, elle cherche si peu à s'agrandir aux dépens de la Propagation de la Foi, qu'elle ne se présente que comme son auxiliaire, et qu'elle engage ses associés à la recooH mander et à la répandre par tous les moyens qui sont en leur pouvoir; qu'elle les presse même, lorsqu'ils sont arrivés k un cerlaio âge, et leur fait, autant qu'il dépend d'elle^ une sorte de devoir de s associer k la Propagation de la Foi. La modicité de l'auniênf au elle demande est pour elle un moyen, nea e gagner au rabais sur la Propagaticw de la Foi, mais de lui apporter et de faire se^ vir au grand oty et ou elle se propose les plus faibles épargnes , les offrandes qu'oo ne voudrait ou qu'on n'oserait pas lui apporter, et qui n'y donnent pas le droit d'associatioo. Elle regretterait d'être préférée par quelques* uns à I œuvre delà Propasation de la roi: mais, si on la préfère, elfe ne croit pis devoir, dans l'intérêt même de la religioai repousser l'aumône de ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas en faire une plus grande. Tels sont les rapports et les différencvs

Sui existent entre les deux œuvres de li ainte-Eufance et de la Propagation de b Foi : celle-là ne veut pas ôter, mais ajoob'r à celle-ci; elle ne veut rien lui enlever, mit) rélever jusqu'à elle. A côté de la Propaption de la Foi, une place était vacante; ta Sainte-Enfance l'a prise, et ne l'a prife ao« pour lui servir comme d'auxiliaire et lui préparer de nouvelles générations dévouéei

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DES INDULGENCES

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Cette place lui est d'autant mieux assurée, qu'elle seule peut la remplir : car si la Sainle- Cnfance ne prétend pas faire les grandes choses que fait la Propagation de la Foi, il est érident que la Propagation de la Foi ne peut faire les petites choses auxquelles la Sainte -Enfance s*est dévouée. Ces deux œuvres sont donc aussi naturellement distinctes Tune de Tautre que les réunions, les catéchismes destinés aux enfants le sont, dans les paroisses , des instructions et des grandes assemblées réservées aux fidèles. L*ordre et le profit des uns et des autres commandent ici la séparation. Par la même raison , l'avantage des deux œuvres nous empoche de regretter qu'elles n'aient pas été confondues dès le commencement, et nous paraît avoir rendu, pour l'avenir, cette réunion impossible.

Etablissemeni ei propagation de l'œuvre de

la SaifUe-Enfance,

Simple et modeste comme l'enfance h qui elle est consacrée, l'œuvre de la Sainte-Enfance ne tarda pas h inspirer l'intérêt oui 8*attache h cet âge. Formée à Paris, en 18(3, cette charitable et pieuse association s*établit rapidement dans les paroisses, trouva de nombreux associés dans les catéchismes et même aux fonts baptismaux, pénétra dnns les communautés religieuses, anima d'une nouvelle émulation les maisons d'éducation. Dès le mois de mai de la même année, elle était représentée par un conseil central. NN. SS. l'archevêque de Paris, l'ancien évêque de Strasbourg, mort depuis, et l'évêque de Versailles , actuellement archevêque de Rouen, étaient le président et Tes vice-présidents d'honneur. Par le nombre de Sk^s membres, aussi bien que par leurs lumières. et l'élévation de leur rang, soit dans l'Etat, soit dans l'Eglise, il attestait hautement les espérances que déjà cette œuvre naissante donnait à d'autres qu'à celui qui l'avait conçue. Entre autres, MM. les supérieurs des diverses congrégations de la Compagnie de Jésus, de Saint-Lazare, des Missions-Etrangères, dePicpus,qui envoient des missionnaires aux infidèles, et le supérieur général des Frères des écoles chrétiennes, n'avaient pas hésité à en faire partie; et l'accession de ces hommes vénérables, si intéressés à la prospérité de l'œuvre de la Propagation de la Foi et si bien instruits des vrais besoins des contrées auxquelles se dévoue Tœuvre de la Sainte^Enfance, suffisait seule pour en attester l'utilité et l'im- )>ortance, et pour lui assurer la plus sage dinction.

Fondée en France par un évêque, l'œuvre de la Sainte-Enfance trouva danslcsévêques ses premiers propagateurs et protecteurs;

I plusieurs s'empressèrent de l'établir dans cura diocèses , la recommandèrent de diverses manières au clergé et aux fidèles, rétablirent authentiquement par des mandements, et créèrent dans leurs villes épiscnpales des conseils particuliers chargés de on'es|K>ndre avec le conseil central. A la

vérité, d'autres prélats crurent devoir attendre avant de parler en sa faveur; mais, loin de la repousser, ils la laissèrent s'établir dans leurs diocèses. Peu de jours avant sa mort, Mgr de Janson déclarait que le trèsgrand nombre des évèques de France lui avaient donné, non-seulement leur adhésion, mais leur concours efficace. « Les suffrages que nous avons recueillis, écrivait-il h S. F. le cardinal préfet de la Propagande , ne nous ont été accordés qu'après de mûres réflexions; car, ce qu'il faut surtout remarquer, c'est que de ces hommes vénérables, ciiefs de notre Eglise de France, qui se sont associés à notre œuvre, il n'en est point qui ne porte dans son cœur l'œuvre de la Propagation de la Foi ; il est si loin de leur pensée de nuire en rien à cette œuvre et d'en contrarier tes progrès, que plusieurs d'entre eux ne sont venus à nous, tels que NN. SS. de Chartres, de Saint-Claude et de Digne, qu'après avoir bien reconnu et proclamé dans leurs lettres pastorales l'utilité de notre œuvre pour celle de la Propagation de la Foi. Tous ces prélats croient donc, ainsi que nous, que c'est une moisson nouvelle que notre œuvre lui prépare, et que les enfants que nous initions, dans un Age si tendre, au dévouement de la charité chrétienne, ayant ouvert leurs âmes aux sublimes jouissances du SiMcritice en vue de Dieu et du prochain, ne pourront, plus tard, les en sevrer, et qu'elles continueront, dans la Propagation de la Foi, ce qu'elles auront commencé de faire dans la Sainle-Enfance. » LL. EE. les nonces de Sa Sainteté, interprètes et organes vénérables de la pensée du Souverain Pontife, portèrent le mémo jugement sur cette œuvre si intéressante, et daignèrent la recommander verbalement et

[)ar écrit en France, en Belgique, en Ho>ande et en Suisse. Un çrand nombre de missionnaires et de vicaires apostoliques voulurent bien se faire ses apôtres, soit aans diverses parties de l'Europe, en Italie, en Angleterre, soit dans les contrées infidèles où ils portaient la lumière de l'Evangile, en Amérique et dans l'Orient. Mgr Rosati, prélat tendrement dévoué à la Sainte-Enfance, lui prédisait de grands succès dans les Rlats- Unis, ainsi que NN. SS. Hughes, évêque de New-Yorck, et Purcell, évêque deCincmnatk Ainsi se réunissaient, en faveur de l'œuvre de la Sainte-Enfance, les suffrages de ceux qui par leur caractère, leur dignité éminentc, leur position dans l'Eglise, se trouvaient ko

{)lus naut et le mieux placés pour l'apprécier, a recommander el l'autoriser. RI parmi les œuvres de chanté, elle a le singulier [)rivrlége d'avoir été fondée et propagée et de rester dirigée par des évêques. Mais elle ne trouva pas moins d'empressement dans les fidèles que dans leurs pasteurs; il y eut plus d'un diocèse, plus d'une paroisse où Tévêque et le curé n'eurent pas à proposer cette sainte association : c'étaient des associés qui les prévenaient, les priaient de recevoir leurs noms et leur^ aumdnes et de les diriger selon le règlement. Les lenteurs de la pru-

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dence afllgeaient leur zèle; ils ne pouvaient comprendre qu'il y eût tant à réfléchir pour accourir au secours de la déchirante misère des pauvres enfants do la Chine, pour em*

{iloyer le moyen si simf)le et si sûr otJert \)ar a Sainte-Enfance» et accepter des aumônes si parfaitement spontanées.

Cette oeuvre étaitadoptécaussitôlquecon^ /luo; tous les cœurs lui étaient ouverts. Qui aurait pu être indifférent au sort de malheu* reux enfants mourant par millions sans baptême, abandonnés, vendus, jetés, noyés, étouffés pAv les auteurs mêmes de leurs jours? Qui aurait pu trouver diilQcile, à la vue d'un si affreux spectacle, la si petite aumône que demande la Sainle-Enfance, ou douter de sou efficacité? 11 était si facile de la leur faire

fmrvenir, si facile du leur procurer au moins e saint baptême, si facile même d'en racheter un graiid nombre, de les élever, et, en leur sauvant la vie du corps et de Tâme, d'en faire des sauveurs de leurs frères 1 L'œuvre de la Sainte-Enfance les rapprochait de nous, les plaçait à notre portée, mettait leur sort dans nos mains; qui aurait eu le courage de les condamner en les abandonnant, et de les abandonner pour douze sous par an? Personne ne refusait une si petite somme pour un S) grand bien. Les enfants ne pouvaient entendre de pareils récits sans offrir tout ce qu'ils possédaient ; les mères, émues jusqu'au fond de leurs entrailles, y voyaient à la fois les moyens de remplacer des mères dénaturées, et d'assurer à leur jeune famille In protection céleste par une aumône si bien placée et si méritoire. Cette misèi e était assez grande pour exciter la comj)assion des grands de la terre; les plus petits avaient une obole pour la soulager; les protestants eux-mêmes oubliaient ce qui les sépare des catholiques, et ne faisaient aucune diiTiculté de s'associer à nous dans une cause qui était celle de l'humanité. Bientôt Tœuvre eut des associés dans les conditions les plus diverses, des princes assis sur les marches du trône, comme dans la religieuse Belgique , et des orphelins dans les asiles de la charité; elle recueillit les faciles aumônes du riche et les laborieuses épargnes du pauvre; elle avait pour agents de jeunes enfants et des vieillards <1 cheveux blancs. L'œuvre de la Sainte- Enfance avait pris place parmi les œuvres les plus importantes qui sollicitent notre compassion de tout(s parts. Il était évident ({u'elle avait éveillé dans tous les cœurs cet instinct de charité que nous a donné le christianisme et dont les ressources sont inépuisables. Peu de mois après sa fondation, le sou par mois qu'elle demande à ses associés avait produit (qui le croirait?) une somme de 25,000 fr. : ce furent les prémices quelle déposa, en 1843, aux pieds de NN. SS. les vicaires apostoliques de la Chine.

Epreuves subies par l'œuvre de la Sainte^ Enfance,-^ Mort de Mgr de Forbin-Janson.

Après avoir été adoptée si honorablement par es évôaues, si favorablement accueillie par ks lidèles, de quelle autre recomman-

dation pouvait avoir besoin Tœuvre de la Sainte-Enfance? On le sait, les œuvres il»: Dieu ne se reconnaissent bien qu'aux obsUdes qu'elles rencontrent, aux conlrndicliot.î qu'elles éprouvent et à la manière dont cllt-s en triomphent. Ce caractère distinctif nebi a pas manqué.

En effet, malgré des progrès si rapides, et mêîne à cause de la rapidité de ces progrès et de l'activité employée pour sa pro()agation, l'œuvre était encore & peine organisée; les correspondances n'étaient pas encore établies ; une administration régulière n'ault pu être formée ; à peine les vicaires syoitoli()ues avaient -ils appris cet'e nou^etle invention de la charité, et on n'avait (ta recevoir leurs conseils; en France même, le but qu'elle se projiosail et les movens qu'elle devait employer n'avaient pas ecicow été fiartoul assez bien expliqués, et les préventions que rencontrent |)artout les (Buird nouvelles se fortifiaient des fausses ïùki

3ue l'on s'en faisait. Enfin, quoiqu'elle fût irigée par un conseil si respectable par le nombre et la qualité de ses membres, quoiqu'elle eût été adoptée par un si grand i.orabre d'évêques et de su}:érieurs ecclésiastiques, elle n'en était pas moins encore regstrdée comme l'œuvre d un seul homme, de M^ deJanson. C'était ce prélat qui, après l'avuir conçue, en était le véritable directeur et presque le seul mobile. L'ardeut missionnaire de la plupart de nos villes de FraDce, le fervent pèlerin de la Terre-Sainte, le foodateur généreux de l'Œuvre du Calvaire, l'évêque brûlant de zèle pour qui les limiles d'un diocèse étaient trop étroites , et qui, éloigné violemment de son troupeau, avait su se créer un nouvel apostolat dans les forêts du nouveau monde , cet illustre et saint évêque h qui il avait été donné, uoiseulement de travailler, mais de souffrir i^our Jésus-Christ, avait concentré dans l'œuvre de la Sainte-Enfance toute sa foi, tout soo courage ; il y avait voué sa fortune tt sa>ie. Rien ne lui coûta, ni prédications, ni courses, ni fatigues de toute espèce. Qui pourrait dire sa sainte activité du jour et de la nuit, les pieuses industries, les prières, les aumônes, les austérités par lesquelles il voulait mériter, auprès de Dieu et des homiues. rétablissement de cette sainte association? Mais aussi rien ne lui résistait : la grai.de ville de Paris s'ébranla bientôt à sa voix; uo voyage de quelques semaines lui pro< ura eo Belgique de nombreux associés ; le midi de la France, qui montrait quelque incertitude, se d'écida partout où il put faire entendre sa parole que la souffrance n'avait pu affaiMiff et à Montpellier il succomba dans un dt^ nier triomphe. Mais à peine la France et l'Europe eurent-elles entendu ce cri perçaM de charité, qui devait retentir dans toutes les j)arlies de la chrétienté, que ctlte voix généreuse s'éteignit tout à coup. Sans doute la mémoire d'un tel fondateur, le souvenir d'un zèle si extraordinaire, d'efforts si iro* digieux, d'un si courageux dévouea.irU étaient f our l'œuvre 4® la Sainte* Entaott

DES INDULGENCES

lâO«

une haute recomroondalion ; elle recevait iiH^nie, de sa On prématurée, le resfiect qui s'attache aux dernières volontés des mouranls, une sorte de consécration.

Cependant, «qui n'aurait treniUé pour une (puvre dont Torigine était si récente et dont h^s éléments n'étaient pas eocore rassemblés? Plus ses commeDcemenIs avaient é(é favorisés par Téclat d'un nom illustre, par Tau- (orité du caractère épiscopal, par la grande fortune, par les hautes et nombreuses relations, par Taclivilé dévorante et infatigable de son fondateur, (dus il était permis de fenser quVIte devait tout à ces avantages timporels, plus on pouvait craindre que, (Ml les perdant, elle ne perdit tout ce qui faisa t sa vie.

Eh bien I l'épreuve en a été faite, l'œuvre de la Sainte-Enfance a perdu tout cela en un seul jour, et en de telles circonstances il ne lui est resté de son illustre fondateur que sa mémoire vénérée et le feu sacré qu'il avait allumé dans le cœur des associés! C'était alors le moment de voir si ce n'était là (pi'une agitation éphémère , qui passerait avec son auteur, ou une de ces œuvres bénies de Dieu, restes sacrés de Vhomtne pacifique^ que la Providence conserve et féconde. Pour que rien ne manquât à cette épreuie, plusieurs mois se sont écoulés entre la mort (le Mgr de Janson et la réorganisation de Tœuvre; il paraissait également impossible et de reconstituer autrement que sous la présidence d'un évéque cette œuvre vraiment ^^piscopnie, et de trouver un évéque qui ne fût pas empêché d*en accepter la direction : h considération, la noble générosité, la tendrt'sse si vive de M. le marquis de Forbin- Jauson pour la mémoire de son frère, furent longtemps impuissantes pour lui trouver un successeur. Il y eut lieu à toutes les craintes, h toutes les incertitudes, è toutes les préventions, à tous les faux bruits, à tous les (It'couragements. On crut Tœuvre morte; quelques personnes affectèrent de le dire.

A fors, ce n'étaient ni le crédit, ni la parole brûlante, ni les pieuses largesses, ni les prédications éloquentes de Mgr de Janson, ni les coufses rapides par lesquelles il se multipliait, qui animaient el souten.iient Tœuvie : il était déjà descendu dans la tombe, (|uc ses dernières lettres n*avaient pas encore réjoui les cœurs apostoliques des missionnaires de la Chine; mais Dieu semblait permettre que de ce cœur glacé par la mort s'éciiapi^assent encore quelçiues-unes de ces ilaiumes pures qui lavaient consumé : on n'avait pas à chercher des associés, à leur rappeler leurs engagements, à ranimer leur zèlf.s citaient les associés eux-mêmes qui, (II* toutes parts, offraient leurs souscriptions tt leurs abonnements avec une sorte d1m- (»<irtunité, qui demandaient avec instance jifuii nouveau président fût donné à Tœu- \re^ qui pressaient, qui semblaient n'avoir ({u'iine crainte, celle qu'une œuvre si îritéïrsKmte ne vînt à s'éteindre. Pourqnoiabani1»*uncr rautre de la Sainte- Enfance? nous «criviitl-onde toutes parts. Quand scral-clle

rétablie? Qu on se hâte! le temps presse. Ce-* pendant on commençait à désespérer, et, dç

J Insieurs diocèses, les trésoriers envoyaient la Propagation de la Foi les aumônesqu'ils avaient reçues pour la Sainte-Enfance. Ce fut à ce moment extrême que Dieu suscita un évéque, déjà bien connu par son zèle« mais à qui on osait h peine demander ce nouveau genre de dévouement, M^r l'archevêque de Calcédoine : il avait bien des motifs de s'y soustraire, il ne l'essaja même

f)as : il daigna accepter la présidence de 'œuvre de la Sainte-Enfance, autant par respect pour les derniers vœux de Mgr de Janson, qu'il avait portés aux pieds du Souverain Pontife, que par Testime et la confiance que lui inspiraient la constance des associés, les circonstances de la fondation de celte œuvre, les épreuves mêmes qu'elle venait de subir. La Providence venait de se déclarer; il fallait bien le reconnaître. Aussitôt, toutes les difficultés qui avaient paru jusque-là presque insurmontables s évanouirent. Le zèle de MM. les membres du conseil central n'avait pu être ralenti, ni

!)ar les longs intervalles qui avaient séparé es assemblées, ni par les difficultés qu'avaient éprouvées les convocations. MM. les supérieurs des missions entourèrent l'œuvre d'un nouvel intérêt, et plusieurs d*en • trceux,en continuant à faire partie du conseil, voulurent bien être aussi membres du bureau.

D'ailleurs, le produit des souscriptions n'avait pas cessé d'arriver à M. le trésorier général, et, malgré le retard de quelquesunes, malgré le détournement de quelques autres, il avait pu fournir une somme de 30,000 francs, immédiatement envovéê à NN. SS. les vicaires apostoliques de la Chine et des missions voisines. £nfiri le Conseil central de la Propagation de la Foi à Paris» non -seulement reconnaissait la nouvelle réorganisation de Tœuvre de la Sainte- Enfance, mais la favorisait avec la plus corfliale bienveillance: un quatrième membre du conseil de la première œuvre venait se joindre, dans le conseil de la seconde, aux trois membres qui en faisaient déjà partie, et son trésorier était autorisé tout à la fois à faire la déclaration des sommes reçues par la Propagation de la Foi pour la Sainte- Enfance, et à donner Tassuraiice qu'à Ta venir les aumônes destinées à la Sainte- Enfance, lui seraient fidèlement renvoi ées par la Propagation de la Foi.

On ne saurait dire la joie que ces heureuses nouvelles causèrent aux fidèles associés sur tous les points de la France et même è l'étranger, surtout en Belgique et en Italie. Partout, à la voix de Mgr I archevêque de Calcédoine, accueillie avec non moins «Je respect que celle de son piédécesseur, Pœuvre se ranima. En effet, ce petit grain de sénevé,à peine confié à la terre {Viv le vénérable évéque de Nancy, était déjà devenu un grand arbre, et les vents mêmes qui auraient dû, ce semble, le renverser, n'avaient servi qu'à lenraeiner plus prulbridémeut. L œuvre do

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DICTIOiNNAiRE

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la Sainte-Enfance se trouvait, après la mort de Mgr de Janson* plus fortement constituée qu'auparavant, surtotit^i^ir la part plus active qu*j prenaient MM. les supérieurs des missions ; Tadministration devenait plus régulière, la correspondance plus suivie. Les saïuts etforts du fondateur avaient tendu à la propager au loin ; le temps était venu de tout régler au dedans, et l'expérience montrait que, après avoir perdu les secours extraordinaires que Mgr de Janson lui avait prodigués au commencement, l'œuvre de la Sainte-Enfance pouvait désormais vivre de sa propre vie. N'est-ce pas l'œuvre de Dieu, celle qui a pu en si peu de temps s'établir aussi solidement dans le cœur des fidèles, et qui, au milieu d'épreuves si fortes et si voisines de sa naissance, s'est soutenue, pour ainsi dire , sans aucun secours humain et a prospéré par les obstacles?

Enfin, VUnivers du 25 janvier 185*i, rapportait ce qui suit, è propos de la fête de l'œuvre solennisée à Nancy :

L'œuvre de la Sainte-Enfance se propage

fartout avec une rapidité merveilleuse. De rance elle étend maintenant ses rameaux bienfaisants sur les Iles Britanniques, la Belgique, la Hollande, les Provinces Rhénanes , la Bavière , la Pologne , l'Italie, la Suisse, l'Espagne, l'Asie, les Amériques, etc., et tout récemmei.t elle a pris naissance dans l'empire d'Autriche. Le dernier numéro des Annales de l'œuvre contient, sur le commencement et les progrès de l'œuvre dans ce vaste empire, des détails si intéressants, que je ne puis résister au plaisir de les repronuire pour l'édification de vos lecteurs: « C'était à l'auguste famille impériale et royale d'Autriche, disent les Annales, qu'il appartenait d'ouvrir elle-même à la Sainte- Enfance les portes de ce grand empire, de l'y. introduire avec toute la puissance de sa foi héréditaire, de l'v établir par l'autorité de son exemple, de lui concilier toutes les sympathies par l'amour dont elle est entourée et de réunir ainsi sur sa tète les bénédictions promises à la prière et à la charité des enfants, toutes celles que lui assurent la piété de ses princes, le courage vraiment chrétien et l'acte h jamais mémorable de Taffranchissement de l'Eglise, par lequel le jeune empereur François-Joseph a su illustrer les débuts de son règne. L'intelligence chrétienne, la piété profonde, le cœur vraiment maternel de S. A. L et R. l'archiduchesse Sophie, ce cœur si bien compris même sur le trône par ses augustes enfants, ont valu à la Sainte-Enfance cette haute faveur. Nous avons donc la joie, qui sera vivement partagée par nos associés de toute la chrétienté, de leur annoncer que l'auguste famille impériale et royale d'Aulriche a pris l'œuvre de la Sainte-Enfance sous sa protection; que les princes ainsi que leur mère ont voulu en être les associés et y inscrire leurs noms de leurs propres mains, et confirmer encore, si c'est possible, l'autbenîicité d'une si précieuse signature par le don qu'ils ont

daigné faire de leurs portraits h la direclioo générale de l'œuvre, à Paris. »

En présence de faits si consolants poorU religion et des avantages incalculables qai en résultent et pour les enfants associés d

t»our les infortunés enfants des pays ioâdèes, Dieu, sans doute, favorisera dans notre diocèse le développement de 1 œuvre de li Sainte-Enfance, de cette œuvre si propre i attirer sur le zèle des pasteurs et la chanté des associés les bénédictions les plus ridies de Jésus enfant.

L'abbé GomBH, président de Fœuvre.

S IL — But bt bxcellbngb de l'obu? ie. (Extrait sorlout d'ane notice sur rœovre.)

Arrachera la mort une multitude d*enianis nés de parents infidèles, que le caprice et la misère, les superstitions et la barbarie la plus hideuse et la plus dénaturée détruisent par milliers et par centaines de milliers, soit dans les eaux des fleuves et les abîmes de la mer, soit sous la dent des chiens et des pourceaux; avant tout, par Je baptèioe, ouvrir le ciel au plus grand nombre possible de ces êtres infortunés déshérités en naissant de l'afl^ection paternelle; préparer un moyen sûr et puissant de régénérer les nations idolâtres, en donnant une éducation chrétienne h ceux qu'on aurait sauvés de la mort, et plus tara faire, de ces enfants rachetés, des instruments de salut, comme maîtres et maltresses d'école , médecins et sages-femmes, catéchistes, prêtres même et missionnaires indigènes, telle estridée qui préoccupe l'évêque de Nancy depuis nombre d'années, l'idée qu'il juge devoir être féconde, digne d*être proposée à la charité catholique. La moisson est grande, tout l'indique; déjà même dos généreux missionnaires en ont recueilli les prémices. Mais quels immenses et prompts résultais n'obtiendrait-on point, si, l'œuvre une fois bien comprise et bénie du Seigneur, les enfants chrétiens de l'Europe et de l'Amérique, avec leur petite aumône et leur innocente prière» venaient en aide i tous les pauvres enfants de l'Afrique et de l'Asie 1

On n'a peut-être jamais ' assez pensé qu'entre tous les bienuiits du christianisme à l'égard des individus comme des sociétés elles-mêmes, l'un des plus importants a été de protéger la faiblesse de lenfaoce et de la réintégrer dans ses droits. Les peuples païens T'avaient généralement outragée par leurs codes de législation, qui tou.s plus ou moins imustes et bai bares, tous, excepté ceux des Egyptiens et des Germains, donnaient aux pères le droit excessif de tm ou de mort sur leurs nouveau-nés, laissait k leur caprice de les immoler ou àe 1^ vendre, ou de les jeter sur les voies puUi*

3ues... quelquefois même allant jusque-là e craindre qu'un sentiment de la nature, plus fort que l'amour d'un nrétendubien publir, ne portât' un père à élever des eoifanls faibles et mal constituées ^n ordonoa^t

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DES INDULGCNCFS.

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de les déposer aux pieds d*un magistrat chargé de les eiaminer et de prononcer froidement s*ils devaient vivre ou mourir (1)1 fit la preuve irrécusable que ces révoltantes expositions et ces meurtres d*enfants étaient chose ordinaire et passée en coutume chez les peuples anciens, c'est que nos premiers apologistes, les Justin, les Tertuliien, ne craignaient point, è cet égard, de jeter à la face du paganisme les plus honteux reproches et les défis les plus terribles. Ils parlent de troupeaux d'enfants élevés pour h crime,,, d'enfants égorgés sous les arbres qui ombrageaient les affreux mystères de Saturne; d'enfants que les pires portaient pour être immolés^ et au'ils caressaient jusque sous le couteau au sacrifice pour les empêcher de pleurer. Us défient eu peuples altérés du sang des chrétiens, et leurs magis-irats réputés les plus intègres^ d'oser nier ^uils aient ôté la vie à leurs propres enfants , W, qu'ajoutant à la cruauté par le genre de mort, ils ne les aient noyés, fait mourir de faim ou de froid, exposés aux chiens (2).

Tel était donc depuis tant siècles le sort de Tenfance dans les sociétés païennes, lorsque naquit à Bethléem Tadorable Enfant d*uDe doulîie nature. Fils de Dieu et Fils de rhomroe. Enfant d'une douceur et d'une bénignité ravissantes (3). Sa naissante humanité paraissait bien déjà consacrer le premier âge de la vie, déj^ rendre Tenfance aimable et la eouvrir du doux reflet de sa propre

{(loire ; mais voici que bientôt un nouveau engage d*enseignements et d'exemples ne laissera plus de doute sur sa volonté formelle de rendre k l'enfance ses droits méconnus, d'y qouter des privilèges.

Qui de nous, en effet, ne garde en sa mémoire ces récits pleins de charmes dans lesquels l'évangéliste nous montre Jésus caressant et bénissant les petits enfants, tantôt les appelant à lui avec ces paroles d'amour : Laissez venir à moi les petits enfants ; ne les éloignez pas; tantôt protégeant leur innocence avec ces paroles de terrible menace contre celui qui ne craindrait pas de scandaliser l'un d entre eux: Il vaudrait mieux pour cWtttWd quHl fût précipité dans la mer

(l) ArUlote veut une loi qui condamne à mort tous les eiifanu d*une coiiBltluiion faible ou défectueuse. {Polii., liv. vi], cbap. 14.)

Plalon, liv. v de la Hépublique, dit la même chose : il a sur ce sujet des passages si révollauts qu*iitt se refusent à toute traduction.

'51) Saint Just., !'• a[iol., nonib. 27. — Infanlibus blandiebaniur, ne lacrymanies immolaretaur, fert., Apolog,, nouib. 9.

Saint Justin, d'abord philosophe païen, puis vers Vstn 167 roariyr sous IVmpereur Adrien, écrivait celle première apologie environ 50 ans après la mon des derniers api^tres saint iaa|ues et saint Jean.

Teriullien, né ï Carthage de parenU idolâtres, al»andonna de bonne heure le culte des idoles pour embrasser le christianisme, et, 50 ans environ après la mort de snini itislln, il écrivait son Apoiogétiqve, 11 mourut dans un &ge très avancé, vers Fan ti5,

i5; Cum auteni lienîffiiiias et humanitas apparuit >iaKaloris oostri Dci. (fit. m, -1.)

avec une meule de moulin au cou; tanl6(, pour concilier le respect h l*enfance, nous révélant un lionneur inconnu dont elle est Tobjet : les enfants ont des anges préposés è leur garde» et ces anges voient toujours la

{hce de mon Pire, qui est dans les aeux ; là es offrant pour modèle è tous les Ages de la vie : c*est a eux, c'est à ceux qui leur ressemblent qu'appartient le royaume des cieux^ ici les proposant k rimilatioii de ses disciples eux - mêmes : Je vous déclare que si vous ne devenez pas comme ces enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des deux ; et puis enbn ce dernier mot si paternel, si tendre, si encourageant k les aimer et è les servir : Tout ce que vous ferez au moindre de ces petits qui sont mes frères^ c'est à moi que vous le ferez.

De tels enseignements, de tels exemples Grent connaître au monde toute la dignité de Tenfance, et*non-seulement lui rendirent ses droits imprescriptibles, mais présagèrent è Teofance, régénérée en Jésus-Christ par le baptême, une sorte de culte particulier, mélange heureux de soins assidus, de respect et de tendresse que la religion consacrerait désormais à toute celte enfance chrétienne (1), lui préparant avec amour la Sœur de Charité, le Frère des Ecoles, le catéchiste, le prêtre et le pontife, et cette foule de communautés religieuses et dinstitutions saintes qui, pour toute la suite des siècles, lui assureront tant de pères et de mères selon la grAce, tant de maîtres habiles et de parfaits modèles.

Mais, hélds l il se trouve des contrées où cet Evangile de paix et d*amour n*a pas encore triomphé, et 1^, comme autrefois dans Rome et dans Athènes, là, le profond mépris de Tenfance, là, l'exposition, la vente, le meurtre de Tenfant.

La Chine surtout se fait douloureusement remarquer par son insouciance et sa barbarie à regard de renfance. Dans ce vaste pays, où la cruauté de l*état sauvage s'unit a l'immoralité d'une vieille civilisation, l'usaçe au moins, si ce n*est expressément la loi même, donne à tout chef de famille droit de mort sur l'eniaut nouveaà-n3, et les pauvres, innombrables dans cet empire , ne proGtent que trop de ce droit ad'reux

Eour se débarrasser de la gêne d'une nomreuse famille...

Voici sur ce sujet le témoignage d'un auteur anglais, eitrait d'un ouvrage intitulé : Recherches philosophiques sur les Chinois,

« Ou les sages-femmes, dit-il, étouffent les enfants dans un bassin d*eau chaude et se font payer pour cette exécution, ou on les jette dans la rivière, après leur avoir lié au dos une courge vide, de sorte qu'ils flottent encore longtemps avant d'ex^iirer. Les cris qu'ils poussent alors feraient frémir

(1) Saint Léonide. père do mnd Origène, haîsait respectueusement la poitrine Je son Als au berceau, voubnt témoigner de son profond mpect pour ce sancuiaîre de rEsprit-Ssiini, ce peiii temple vivant consacré par les eaus du baptême.

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partout ailleurs la nature humaine; mais \h on est accoutumé à les entendre, et on n'en trierait pas. La troisième manière de s'en défaire est de les expo.ser dans les rues, où il passe tous les matins, et surtout h Pékin, des tombereaux sur lesquels on charge ces enfants ainsi eiposes pendant la nuit, et on va les jeter dans une fosse où on ne les recouvre point de terre, dans l'espérance que les mahomi^tans en viendront tirer quelques-uns. Mais avant que les tombereaui qui doivent les transporter à la voirie soient arrivés, très-souvent les chiens» et surtout les cochons, qui remplissent les rues dans les villes de la Chine, mangent ces enfants tout vivante. Pour la seule ville de Pékin, on assure qu'en trois ans on a compté 9,712 enfants ainsi destinés à la voirie, et cela sans parler de ceux qui avaient été écrasés sous les pieds des cneveaux ou des mulets, ni de ceux que les chiens avaient dévorés» ni de ceux qu'on avait étouff'^s au sortir du sein de leur mère, ni de c^ux dont les roahométans s'étaient emparés, ni de ceux qu'on avait détruits dans les endroits où il n'y avait personne pour les compter (1). »

Un autre auteur s'exprime en ces termes.:

« Beaucoup d'habitants pauvres de Canton sont contraints, par excès de misère, à abandonner leurs nouveau*nés... Ces malheureuses créatures apaisent souvent la vororcité des chiens!,,.

« Les pauvres, pour se faire un état, élèvent des jeunes gens dont ils font de3 comédiens, et di*s tilles au'ii livrent au désordre, et ce sont deux des états les plus lucratifs du pays.

« J'ai entendu dire à des Chinois qu*il élait autrefois d'usage, même chez les gens riches f d'étouffer beaucoup de nouveau-nés du sexe féminin, altendu qu'il y avait honte à avoir beaucoup de filles. Sans affirmer que telle soit la coutume do toute la Chine, je puis du moins assurer qu'elle était généralement suivie dans la province de Fo- Kien (2). »

Ainsi une nouvelle passion est venue ajouter un cruel aiguillon à la cupidité chinoise. Le P. Josel, jirocureur général de la propagande à Macao, écrivait à son frère, lo 2^ janvier 1841 :

« Outre le paganisme, qui règne encore dans ces contrées, il y a un usage vraiment diabolique, dont je vous ai déjà parlé dans mes autres lettres; c'esl que toutChinois pauvre, ne pouvant ou ne voulant élever ses enfants, les tue, les suffoque, les jette dans les rues, exposés à y être dévores par les chiens. Et ceci n'est pas seulement le cas

(i) Ajoutons : Ni de coux qiron avait jetés dans les eaax, masse d^infanitcides, évaliiëo chaque année, à 100,000 au moins; car pin&ienrs auteurs relèvent 50,0i)0, pour la seule ville de Pêkiiig, au dire du d^lèhre et infortuné Duniont dTivilic. (Voyage piiluretijtte, in-4»).

(2) Sept années en Chiner par P. Dobcl, conseiller

pour un, deux ou dix enfaols, c'esl par centaines et par milliers qu'on lesdétni'i ainsi. Le gouvernement chinois ne metiocun obstacle à celte affreuse coutume. Toos nos missionnaires s'occupent à recueillir ces pauvres petites créatures. On m'en apporte souvent pour 6 fr. , 3 fr. et roéme pour rien, en me disant que n le nelesuc^pte pas, on les fera mourir, h'il ne blttit que donner 6 fr. et plus, cela serait tacile; mais où les mettre? Qui les nourrira? qui ÏQS élèvera? Vous sentez cependant quKk cruauté il v aurait à les rejeter. »

M. Mouiy, Lazariste, supérieur de h mission de Pékin, donne les détails suivacts sur les pauvres enfants exposés, filles tt garçons :

« S'ils ont, dit-il dans sa lettre du 16 o^ tobre 1837, Quelque maladie que l'on jo$e incurable, alors, par superstition, les pirents ne veulent pas les laisser mourir chez eux... Us les abandonnent dans la rue, après les avoir bien noircis pour les rendre ofconnaissables , et quand ils seraient bien beaux, ajoute-t-il, les intidiles les laissa raient, par indifférence ou par superstition

« Je recommande ces paurres petits enfants aux prières de nos bonnes Sœurs de ii Charité. Leur cœur ne peut manquer de a'j intéresser. Ce sont là leurs œuvres de prédilection » II voudrait pouvoir en recueillir un grand nombre... 11 n'est arrêté que par la dépense... 11 parle c^'oendant dt quelques enfants (ramassés dans la rue) qae de pieux chrétiens lui nrésentent à baptiser, et qu'il continuera a adopter... c Car, ajoute*t-il, après les avoir laits enfants de Dieu, je ne pourrai jamais me résoudre è les laisser mourir dans les rues et manger (lar les chiens. Oh I j'espère bien qu'un jour la Providence aura pitié de ces pauvres petits enfants, qu'elle leur procurera un «sur tendre et paternel dans un autre Vincvii de Paull Elle a su prendre soin desenfaaU trouvés d'Europe : elle exercera bien uo jour la même miséricorde envers ceux de !i Chine : c'est là un de mes vœux les plc^ ardents (1). »

A ces récits douloureux, qui ne se.ntimi SCS entrailles émues? La nature se révolte... elle s'indigne.... On estsaisi d'une profooiit compassion pour ces pauvres eofaots : oa les aime, on s'afflige de se voir impuissav à les secourir... on demande, on cherche eN moyens de les arracher à la mort. . Vi«uj ^précisément noire pensée ; voilà mrfr?

œuvre. Oui, nous voulons arracher i I' mort le plus grand nombre possible d'enfants nés de parents idolâtres, et puisqo'C les vend au profit de l'avarice et de la <i^ bauche, nous voulons eu acheter le plus qv nous pourrons au profit de la religion, (v«r Dieu, pour la gloire de son nom, pour lear donner le baptême; nous voulons assurer ainsi à tous ceux qui mourront en bas iJt le bonheur éternel; nous voulons faire «

(I) {iXnnales de la congrégation de la JlfMiw».^ ris, 1858.) Yuir au:>9i Uuiuout dTmlie.

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DES INDULGENCES

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roux qui vivront lics inslniments de salut à 'éu'ard do leurs propres frères.

Et qu'on ne s'elTraie point de la grandeur le celle œuvre; qu'on n'en rp'^ixrde \n\s eiéculion comme trop diflicile. Disons d'abord que, dans toutes ces contrées idolâtres L's ()lus populeuses de l'Asie, la Chine et le oyaurae de Siam, la Cochinchine et le Tongjng, là où rari;5enl est rare et où la nouriture d'un homme coûte à peine detix ou ''oii sous par jour^ ce qui manque pour .luver un très-grand nombre d'enfants mortonds, que si facilement Ton ferait baptiser, l pour en faire adopter et élever beaucoup autres bien portants dans les familles cbréennes, ce qui manque principalement, ce est que Targent» souvent même bien peu argent, puisque, selon 1h calcul des misgnnaires, chacun de nos associés, par sa irble cotisation^ pourra chaque année sauver ne dme (1) I Disons ensuite que la Provij^nce n'a permis, ce semble, et tout ce frais d'armes et tous ces conDits d'inléiôls juimerciaux forçant les portes de la Chine, isani de larges brèches à la grande mulille qui tenait cet empire dans l'isolement e tous les peuples, que pour établir enfin, ir les ruines de tant de cultes superstitieux : idolâlriqucs, et au milieu de tant de cruau* 'S et d'infamies, le règne d'une relipon raie, douce, compatissante et pure ; d une 'li^ion qui pût se faire ireconnaitre tout d'atrd par quelque grand bienfait, queiauo rande œuvre de désintéressement et de clia- (é. Disons enfin que nous devons nous hàr de servir de si nauts desseins de miséri- )rde et profiter de ces traités de paix qui

(1) Extrait d'une leure adressée par le vicaire io>ioli(|ue et les missionnaires de Siam à MM. les recteurs du séminaire des Missions étrangères, le > aoAt 184i.

I H 7 a parmi les chrétiens ane foole de gens qui ercent la roédecinc : quand Toccasion s'en prénie, iU ne miinquenl pas d'administrer le baptéinc

II enfants moribonds. Combien la moisson serait u& abondadte, si on pouvait en députer dans les lies Tuisînes et au loin, en leur donnant un secours inud de 40 à 60 fr. tant pour frais de médecine le pour frais de course ! Un de ces médecins que >us avons à Jutbia parvaiaît à baplist^r de 60 à H) entants par an, de sorte que, s'il nous est ^nnis de le dire, on avait une âme à moins d'un (tnc* I il j a aussi, dans ces deux pays, beau- >up de niédeciiis parmi les cb ré tiens et beaucoup r femmes qui dîslribuent des remèdes. Les uns et » autres b^iptisent les enfants des païens qui sont I danger de mort. Us en pourraient bapiiser un us gmiid nombre si on leur fournissait quelque ^'ciit pour parcourir les villages païens et y recber- :er ces p.iuvres enfants.

A!»sez s:)uvent les cbrétiens qui sont à leur aise, l<'ur mariage est stérile ou s*ils ont perdu leurs ifinis, eu adoptent d'autres, quelquefois méii.e rsqirUs en ont déjà. Facilement aussi Ton en ferait opter et nourrir par des famillei pauvres, si on (uvait leur donner une somme annuelle de iiU à ^ fr. pour chacun de ses enfants, jusqu'à Tàge de X ou douze ans, époque à laquelle ils cesseraient, tr leur travail, d*étre à charge à leurs parents ioptifs. (Observations de quelques-uns des mission' lires des tnisston$ étrangères sur le Tong-K ng et Co€hinchi9se*)

nous donnent la possibilité d'acheter des terrains sur un sol anglo-chinois, nous laissant toute facilité d'y bôtir, d'y envoyer des missionnaires. Les' Frères, les Religieuses, qui dirigeront nos établissements, seront les i)ères et les mères de ces nombreuses famines d'enfants rachetés. Là, nous les formerons & la vertu, nous leur donnerons une solide instruction ; ils n'auront à oublier oucune des habitudes de Tidolàtrie, et plusieurs d'entre eux, au moins, se trouveront préparés dès Tenfance et comme façonnés à Tapostolat. Ainsi, dès que le temps et les ressources de la charité auront tant soit peu fortiûé notre œuvre, nous ferons pénétrer dans l'intérieur delà Chine des centaines de maîtres et de maîtresses d*école (1), de médecins, de sages-femmes, et, par leurs pieuses industries, que de milliers d'enfants infidèles, en danger de mort, seront baj)tisés I Et qui ne voit surtout, pour hâter la conversion des dtfrO ou 350 millions d*hab:tants de la Chine, qui ne voit le travail immense de celte multitude de catéchistes et de praires indigènes dont le langage, la figure, les habitudes de la vie De trainront plus le double secret de Vétranger et du chrétien: dont les travaux évangéliqnes seront encore facilités par des notions spéciales touchant certaines sciences

(1) Chose assez remarquable! ces mêmes pensées, dont révoque de Naucy s'entretenait à Paris, se trouvent consignées dans les lettres déjà citées de M. Moulv et du P. Joseï, sans que cependant ui les uns ni les autres se fussent conceriès. M. Mouly, maintenant vicaire apostolique, parlait dès le mois de septembre 1830 de quelques écoles, 5 de garçons et 2 de fUles, qu*il était parvenu à établir dans sa province, et des heureux fruits qu'il en relirait. II les recommandait aux prières des Soeurs de la Charité ; il espérait bientôt pouvoir les appeler à son ucours.

Le U. P. Joset ayant vu, quelque temps avant sa mort (lS4i), les comnieuoemeuis de la guerre entre la Chine et TÂngleterre, est bien plus précis encore, et dans cette lettre de 1841 il fiit à son frère : I Maintenant nous pourrons travailler librement au bien des Chinois, ce qui jus({u*à présent n'était paa possible à Macao; il s'agirait donc de fonder des écoles. Je suis sans ressources, mais je ne dése^ière pas... > Plus loin (même lettre) it en vient, dit-il, c à son principal but, Cobligati'on de travailler à arracher à la mort tant de malheureuses victimes^ à qui la vie même est un malheur, parce qu'elles ne vivent quê pour le crime. Mais, pour arriver à ce but, quel moyen? Je voudrais bien former un établissement pour Us recevoir. Si des Ailes, qu*il ne serait pas tnip dillicile de trouver, se consacraient par vœu et par charité h cette bonne œuvre, on y donnerait aux enfants, autant du moins qu*on le pourrait, une éducation propre à leur sexe, c'est- ù -dire , qu*outr6 les principes de notre sainte relig on, on leur apprendrait bien leur langue et tous les travaux d*aignille qui leur seraient utiles. Ktant ainsi formées à El vertu, on les introdutrait dans C intérieur de tfs Chine pour en élever d'autres et tenir des écoles de fitleif ce qui manque entièrement. Vous coinprenea qttei bien il en résiulicrait pour la gloire de Dieu et le salut des ànics. Mais je manque de fonds ; ce|>endant je me coiiGe en Dieu. Alon cher frère, prenex ceue œuvre à cœur; parlez-en à de saintes âmes; si plusieurs s' entr' aidera, il sera facile d'arriver au but sans gêner personne. Je vocs le répète, je suis p(*r$uadé qu'on |H)un*ait en venir à CexécutioHf €ltê> me parait fticile. i

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DICTIONINAIUE

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H p/ircet ensemble d*une éducation europi^enno adaptée aux diverses vocations de tous ces nouveaux Moïses qui, sauvés euxmêmes, deviendront à leur tour les sauveurs de leurs frères (1) ?

Ces établissements, premier asile de travail et de prière pour nos enfants rachetés, ne seront-ils pas aussi le point de départ et 4rarrivée dos missionnaires européens, leur offrant, selon les circonstances, un repos quelquefois devenu nécessaire, un abri contre la persécution, la consolation d'exercer leur ministère auprès des élèves, la facilité d'apprendre la langue et de se familiariser sur-le-cbamp avec les mœurs' du pays? Et comme la Cnîne, à elle seule, est formée de dix-huit grandes provinces, d*une population moyenne d'environ 20 millions d'habitants, lesquels diffèrent entre eux et de coutume et de langage, serait-il donc si difQcile d'envoyer, de chacune de ces provinces, quelques élèves destinés à être prêtres ou catécbjstes, en sorte que, dans ces grands et petits collèges, ces grands et petits séminaires nationaux, se rencontraient k peu près tous les dialectes, tous les usages de cet immense empire ?

Il reste k dire un mot sur le moyen choisi pour obtenir les ressources indispensables au succès de l'œuvre. On a préféré à tout autre celui d'association, parce qu'il semble le plus naturellement indiqué par les circonstances, le plus providentiel , le plus béni de Dieu ( témoin Tœuvre admirable de la Propagation de la Foi ], le plus conforme aux traditions de la primitive Eglise, où l'aumdne et la prière se voient toujours faites en commun et d'une manière régulière, de semaine en semaine, comme l'indique le grand Apôtre.

A toute association on a préféré celle de l'Enfance, parce que l'enfance n'en a point encore qui soit établie d'une manière générale, à son usage, et, si on peut le dire, proportionnée à son âge comme à ses forces :

(I) L^histoire de TEglise semble garantir à notre œuvre ces heureux résultats. Vers la fin du vi« siècle, Grégoire le Grand, alors simple abhé du monastère de Saint-André, passant un jour sur le marché de Rome, aperçoit de jeunes esclaves remarquables par leur beauté; il demande d'où ils viennent, et s'ils sont chrétiens ; on lui rcuond qu'ils sont Anglais et encore païens. — Quel oomnia^e, s'écrie Grégoire en soupirant, que de si beaux visages soient sous la puissance du démon! Grégoire va trouver sur-lechamp le pape Benoit : une jurande mission se concerte; quelques années après l'Angleterre était à Jésus-Christ. (Fleurv, liv. xxxiv, n. 35.) Trois siècles plus tard, en 892, un autre grand homme, Charlemagne, voulant faire à Jésus-Christ Thommage d'uo royaume nouvellement conquis, envoie en diverses abbayes de France, et notamment à la Nouvèlle-Corbie, un grand nombre de jeunes Saxons. Cette sage mesure obtint enfin ce qu'on s'était vainement obstiné à demander aux sanglantes exécutions. La Saxe, évangélisée par ses propres enfants, fut bientôt une florissante Eglise. Le dessein de Dieu

parce qu'ayant tant reçu de la reli^of. nous a paru juste qu'elle concourut la manière, par quelque prière etaaelou^ismône, à procurera l'enfance infidèle le tr^. heur de connaître le Dieu du Calnire et i' l'Eucharistie; parce que nous désirons ii être utile ; parce que nous savons quefi» prière plaît au Seigneur, s*il aime ce «aos Gce du matin de la vie, nous saroas a» qu'il ne se laisse point vaincre en générofië. et que sa richesse et sa plénitude ne pu» sent emprunter à l'indigence de sescréalom que pour leur donner droit h de roaguiti({vi récompenses. Nous crovons donc air& mieux disposer notre enânce bientaitrk»; la grande et décisive action de la premim communion , assurer sa persévénoct Ei effet, tous nos enfants, port^ et comioe»-

Sendrés de nouveau sur le comniuo bermi es chrétiens, réchauffés sur le seia de Strie dans les principaux sanctuaires qui k sont consacres, tant de messes célébrées tant de saintes prières.... en attiraol sv l'œuvre des grAces nouvelles , chaque jov aussi acquitteront envers les bienfaiteors ii dette de la reconnaissance (1). Nous crojoe enfin servir les intérêts les plus cher» >lrf pères et des mères de famille en leur too?* nissant, par notre œuvre, le moyen si fiii! et si doux d'exercer les actes d'une sages< et d'une tendresse vraiment éclairées, f> vers leurs propres enfants, auxquels iisir ront facilité d'abord l'intelligence de ce:> est de l'essence même de la religion, > frappant vivement d'une pensée d'amour f de reconnaissance envers Jésus-Christ, itdorable sauveur de l'enfance. Etpnis, nVt^

Ens sagesse q^ue d'ouvrir de saintes carhè*» ces jeunes imaginations, {|e les émour^r par des tableaux touchants, de les rem>i de sentiments vrais, de désirs charitable»* N est-ce pas tendresse éclairée que de ie» initier à un nouvel ordre de jouissance; *

Eures, si délicieuses ? sagesse aussi qoed ifl^ iber le vase de ces jeunes cœurs avec ^ liqueurs célestes dont ils retieudront Ivr^ temps le parfum (2)? Sagesse et leinirtr.

(1) On a Tespcrance de pouvoir élever le des messes jusqu*à deux par jour, dans d douze principaux sanctuaires consacrés à b a •> enfance de Jésus et à la très-sainte Vierps, ^fi»'liérenient à Bethléem, Naiareib, Notre-lb» ' Lorette, Saint-Jean en Judée, le Mont-Carmel, N**^ Marie-Majeure, Notre-Dame des Victoires, V^ Dame de Fourvières, Notre-Dame de Cbartns. V* Dame de Liesse , Notri-Danie de la Garde, >«^ Dame de Bon Secours à Nancy. La preouefe é •-< messes se célébrera à Fintention de tous leseuv dont le salut est Pobjet de rassocialîoo, dia ^^' pour tous les bienfaiteurs ainsi que poor b fV rite et Textension de Toeuvre. ^^

(i) De deux mois en deux mois, aotf av^ < nos associés d'intéressantes et iiaî%tt hifi«R> ' forme d'Annales, nous leur parlons de k»rs fi^^ frères, de leurs jeunes sœurs de Gbiae; ek! ^f^ détails touchants nous avons à leur raeosler >•» suivons aussi les progrès de l'œuvre et "J^J^* Ions quelquefois des sacrifices pleins lic g(*^' de ces gracieuses inspirations familières ' i O"*^ ainsi lorsque révéque de Nancy fcaiit * "«k/ *

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r)ul ensemble, que de ieur faire exercer futiles et pieux patronages bien propres à eur inspirer Télolgnement du luxe» et à ernr aussi de récompense à leurs petites «onomies; puisqu'elles leur permettraient e procurer a plusieurs enfants pauvres le onneur de participer k rœuvre, en corn-* lélant pour eux Taumâne du sou par mois 7 linsi, Tenfont riche Tiendrait en secret au ecours de celui qui ne pourrait apporter (]ue ^ 3 tribut de sa prière 1 Ainsi, devant Dieu, 'augmenterait le mérite et Tunion de la harité fraternelle 1 Ainsi se grossirait tou- )urs quelque peu le double trésor d'argent t de prière que nous réclamons pour notre juvre I

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