CINQUIÈME JOUR
Méditation sur ce que saint Stanislas tiU i souffrir dans la maison d'un luthérien.
Le Seigneur a coutume de fair-e passer paf de plus rudes épreuves ceux dont il teul épurer davantage la vertu. Ce fut la conduite
3u'il tint à l'égard du jeune Stanislas. L'orre qu'il reçut de quitter le collège et d'aller demeurer avec Paul, son frère afné, et quelques autres de ses compagnons, dans U maison d'un luthérien, fut pour lui comme le signal du combat : une vie aussi retirée que la sienne, son éloignement de tout filaisir, son extérieur négligé, son recueiilement, des heures entières employées à IV raison,. tout en lui déplaisait à son frère» ^t choquait des compagnons dont la vie ne s'accordait guère avec la sienne, ils voyaieol dans ses manières d'agir une censure codtinuellede leurs mœurs : c'en fut assek|)oar le leur rendre odieux. Les paroles injurieuses, les railleries les plus piquantes fureui les premiers efl'ets de celte naine ; on en vint bientôt aux traitements les plus rigoureux; et, pendant deux ans, Stanislas eut à soutenir, et soutint en effet, avec une patience inaltérable, la guerre la plus cruelleet la plus opiniâtre.
Réflexion. Quels sont nos sentiments, ei nous rappelant cette conduite rigoureuse du Seiçqeur a Tégard de son fidèle serviteur? Estce ainsique nous désirons être traités, ou plu* tôt, ne formons-nous pas en secret des vsui pour n'avoir rien à soufi'rir, ni de la parldji monde que nous voudrions avoir pour ««• mirateur de nos vertus, ni de la part du ^^ mon dont nous voudrions triompher s^^^ combat, ni de la part de la chair dout uc^*
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voudrions accorder les intérêts avec celui de Tesprit? Ne nous y trompons pas, ce n'est point là le chemin qui nous est tracé dans rEvaogile ; chemin étroit et raboteux, chemin tout hérissé de ronces et d'épines ; ce u'est point non plus ce que promet TApôtre des gentils à ceux qui veulent mener une Tie pieuse et conforme aux leçons de leur divin Mattre. Ils doivent, leur dit-il, s'attendre tous à être persécutés : Omnes qui pifi vivere voluni in Christo Jesu^ persécution nem patientur. Il faut passer par beaucoup de tribulations pour arriver au royaume des deux ; les saints, à la suite de Jésus- Christ, n*7sont point entrés par une autre voie; le salut nous est offert au même prix. Mais consolons-nous, dans ce lieu dfe combat, Dieu sera notre défense et notre soutien, et nous éprouverons la vérité de ce que dit TApôtre : « Que les souffrances de cette vie sont légères et momentanées, en comparaison de ce poids immense d'une gloire éternelle qu'elles nous procurent dans le ciel : Momenianeum et levé tribulationis no^ êtra^ etc. »
Pratique. Toujours fidèles à marcher dans la route épineuse que le Seigneur nous a tracée, méprisons avec courage les mépris et les railleries du monde qui, selon les oracles de la vérité, doit toiyours traiter les disciples comme il a traite le Maître luimême : 5î me persecuti suntf et vos persequetUur.
PEIÈEE.
Que je suis éloigné, grand saint, de cette
Îatience évangélique que j'admire en vous ! 'ai souvent dit a mon Dieu que je voulais enfin le servir dans toute la sincérité de mon cœur. J'ai souvent pris la résolution de me sauver à quelque prix que ce fût ; mais autant de fois rebuté par les premières difficultés, j'ai repris la route que j'avais quittée. II n'a fallu qu'un mot , qu'une raillerie, qu'un mépris assez léger, pour m'y faire rentrer. Ah ! que voire exemple me confond ! j'ai recours à votre intercession, pour obtenir votre courage et votre fidélité du Dieu qui vit et règne, etc.
SIXliVB JOUR.
Méditation sur les exemples de douceur et de patience Que donna saint Stanislas.
Stanislas ne regardait pas ces éf^reuves du même œil dont on les considère dans le monde. S'il se fût conduit selon les maximes du monde, il les aurait regardées comme un joug insupportable, il s'en serait plaint amèrement; et s'il ne s'en était point vengé, du moins aurait-il fait son possible pour s*en délivrer. C'est là ce qu'enseigne le monde à ses partisans ; mais l'esprit de Jésus-Christ conduisait le saint. Plein de cet esprit qu'il puisait chaque jour dans de ferventes et continuelles méditations, il avait appris à rendre des bénédictions au lieu des malédictions, et à regarder comme des biens ce (|ue le monde appelle des maux :
les injures dont on l'accablait n'étaient pas capables d'altérer sa douceur. Les traitements les plus humiliants et les plus rudes étaient i ses yeux un précieux trésor ; jaloux de le conserver, il eut bien soin de ne donner aucune connaissance de ce qu'il souffrait à un père dont la tendresse aurait bientôt mis fin è ses peines. Son frère ne lui témoignait que de la haine; il ne témoignait à son Irère que de l'amour. Il allait au-devant de tout ce qu'il pouvait désirer, lorsque cela ne compromettait point ce qu'il devait à son Dieu ; il lui rendait les offices les plus bas, et il les lui rendait avec joie.
Réflexion. Une pareille conduite n'est-ello pas la condamnation de la nôtre? Une simple parole nous blesse, un manque d'égards nous parait presque une excuse légitime pour manquer aux devoirs les plus indispensables de la charité. Ne sommes-nous donc pas disciples du même mattre? ou n'est-ce qu'aux saints que le Seigneur a donné des leçons de douceur et de charité? N'est-ce pas à tous les hommes , en général, qu'il a proposé l'amour qu'il a pour nous comme la règle et la mesure de la charité que nous devons avoir les uns pour les autres? N'est-ce pas à tous au'il fait un devoir d'aimer leurs ennemis, de prier pour ceux qui les nersécutent, de faire du bien à ceux qui leurrent du mal, et de se croire heureux lorsqu'ils ont à souffrir q^uelque chose pour l'amour de lui ? Ce sont là les maximes qui servaient à Stanislas de flambeau, et qui réglaient tous ses pas. Si nous suivons une autre lumière, si nous nous laissons aller à l'instinct de la nature, à cet instinct qui, jusqu'à présent, nous a trop souvent portés aux plaintes, au ressentiment, à la vengeance , n'avons-nous pas tout sujet de craindre que le Seigneur no veuille pas nous reconnaître pour ses disci^ pies et pour ses membres , lui qui, mourant sur une croix pour le salut de tous leshommes, suppliait, à grands cris, son Père de pardonner à ses bourreaux : Pater ^ ignosce illis?
Pratique. Faisons aujourd'hui, en l'honneur de saint Stanislas, quelques actes de douceur et d'humilité chrétienne envers ceux qui nous auraient donné quelque sujet de mécontentement, persuadés que nous ne pouvons rien faire et de plus conforme à l'esprit de Jésus-Christ, et de plus agréable à ses yeux : Discite a me quia mitis sum et humilis corde.
raiÈiB.
Votre courage et votre patience inaltérables me décident à vous prendre, ô Stanislas, pour mon guide et mon modèle 1 Mais, puisje encore espérer votre protection? Je n oserais me le promettre, si je ne me rappelais que ce même frère, qui vous persécuta si longtemps, devint, dans la suite, par un effet de vos prières, le fidèle imitateur de votre sainteté. Animé par vos exemples, soutenu de votre protection, je me remplirai de voh sentiments g'^nércux, d'une douceur initllé-
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