‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 358 sur 370 · SEPTIÈME JOUR · texte numérisé non relu

SEPTIÈME JOUR

MédUtUion sur les tertus de setinê Simnislaê^

noffice.

Sa première vertu fut un parfait détachement du monde. LaReine dutielr tenan<t son divin Fils entre ses bras, dans une vision dont elle fevorisa son serviteur lorsq^u'il était encore à Vienne, lui commanda d*entrer dans la Compagnie de Jésus. Que cet ordre fut puissant pour détacher tout à coup Stanislas de toutes les choses de la terre ! Tous les lien& qui le retenaient encore sont au même instant rompus.

Il ne considère ni ce qu*il quitte, ni les fatigues qui l'attendent; sous un habit pauvre, il entreprend à pied un voyage de quatre cents lieues; et il se croit abondamment récompensé de toutes ces peines, lorsqu'au terme d'un si long* voyage il est admis dans lin état où il espère vivre entièrement OU'blié du monde. 11 regarde l'état religieux comme une école oii le Seigneur l'a conduit poury apprendre les devoirs de la perfection ; et comme s'il n'eût encore rien su de la science des saints, il se propose d'en étu*dier les premiers éléments. Cette étude l'ocrcupe tout entier. Le monde n'est plus rien pour fui, il aurait voulu ne plus en entendre parler; et recevant un jour une lettre de son père, qui lui reprochait la bassesse de ses sentiments et c^ui le menaçait de tout le ))oids de sa colece : « Que mon père, dit-il, me tiendrait un langage bien différent, s'il connaissait toutes les grâces que le Seigneur m'a faites depuis que je me suis détaché du inonde I » lUen ne lui faisait plus de peine que d'entendre parler de la noblesse et des avantages de sa famille; et s'il ne nouvait pas éviter ces sortes de discours, il les in*torrompait bientôt en disant qu^il ne reconnaissait de véritable noblesse que celle que donne la. qualité d'enfant de Dieu; et que d'ailleurs il ne peut y avoir rien de grand sur la terre, où tout est si petit et si méprisable on comparaison du ciel, notre véritable pa* tiie.

Réflexion, Sont-ce là nos sentiments à l'égard du monde? En sommes-nous entièrement détachés ? ou serions-nous encore assez aveugles pour grossir la foule de ses esclaves? On sert le monde avec zèle, on le sert aux dépens de ce qu'on doit à Dieu, de ce qu'on se doit à soi-même. Mais qu'est-ce que le monde ? s'écrie saint Cyprien. Se lais6era-t-^on toujours éblouir par une fausse ap()arence ? Cain témoignait autrefois de l'a* mitié à son frère, il l'invitait à prendre avec lui quelque délassement : Egreaiamur foras; mais c'était pour lui donner la mort. Voilât dit ce Père, voilà l'image du. monde : il. caresse pour nuire, il plaît pour tromper, il flatte pour donner la mort. C'est cependant ce monde qu'on aime, c'est à ce monde qu'on sacrifie ses plus belles années, qu'on immole boii cœur; ce cœur qui ne devrait soupirer

qu'après Dieu, et dont Dieu même est jaloux I Ah 1 quand, à l'exemple de Stanislas pourrai-je éire, avec l'Apôtre, que le inonde est cruci&é pour moi, et que je suis crucifié pour le monde l Uihi munéus erucifb^utnt^ et ego mundo l

Pratiqué, Réfléchissons sur la vanité de* biens de la terre; regardons comme de U fumée, comme une vapeur légère, tous cej biens dont la plupart des hommes sont nulbeureusement épris. N'attendons pas que nous en ayons fait une triste eipérieoce, pour nous écrier avec Saloraon : Vaniié des vanités^ tout n'est que vanité : FanAoscnttaiumr et omnia vanitas.

Quel accord admirable je vois en yous, 6 mon aimable saint 1 du mépris la plus parfait de tout ce que le monde estime, et de l'amour le plus ardent pour les choses de l'éternité 1 Avec des affections si pures, comme sur les ailes de la colombe, vous vous élerez an-dessus de la condition commune des mortels, et vous vivez parmi les hommes comoDe un Séraphin. Heureux celui qui peut vous contempler de près; plus heureux mon cœur s'il pouvait participer à vos saintes ardeurs! Je vous demande cette grAce par Notre^igneur Jésus-Christ.

HOtTliltB JOUR.

Méditation sur Vamour de saint Stanistoèfowt

Dieu,

Son amour pour Dieu croissait à mesure qu'il se détachait chaque jour de plus ea plus des créatures. Cet amour, disent les actes de sa canonisation , était d*ui\e merveilleuse étendue; il remplissait son âme tout entière; c'était comme la vie de soq esprit et de son cœur ; son- corps môme en ressentait les vives impressions : Cor mnoB et caro mea exsultaverunt in Deum. Comme la Qamme, de sa nature,, s'élève au-dessus des autres corps dont la pesanteur surpasse la sienne, de même Stanislas, par on e^tt de cet amour qui lui communiquait ses quilités toutes célestes, s'élevait sans peine tadessus de tous les êtres visibles, et cooceotrait en Dieu toutes ses affections. Dans la prière, son esprit était exempt de distra^ lions, et son imagination de ces écarts io^ volontaires dont ni le silence des forêts, oi la solitude des déserts, ni les efforts les ()lu5 grands ne peuvent empêcher l'importuDilé. Dès que Stanislas se présentait à l'oraisoDi son esprit et son cœur, unis à Dieu, se trouvaient dans oet état de paix oili bien des âmes, quoique saintes, n^arrivent que rarfment et avec beaucoup de travail. Son seul aspect, son extérieur recueilli, Jes larmes qui coulaient de ses» yeux, le feu qui par«isM|| sur son> visage, tout en lui faisant conn^ tre aue son Ame était alors comme inonoée de délices célestes. Dans les actions, to^^ les plus ordinaires, il était aisé de s'^pe^r^ voir Qu'il était occupé de toute autre cliosc que ae celles qui tombent sous les sens.

tsis

STA

DES INDULGENCES

STA

Ne pouvant supporter l'impression sensible que Tamour divin faisait sur lui, il éfait quelquefois obligé d*en tempérer l'ardeur , soit en respirant un air plus frais, soit en s'^appliquant sur la poitrine des linges trempés dans Teau. Ces soins calmaient un peu ce feu qui le consumait, même extérieurement; mais ils n'éteignaient point le foyer qui le nroduisait. L'amour, enfin, l'emporta sur la laiblesse de la nature ; le frêle tissu tVun corps mortel ne put soutenir longtemps 1 ^ardeur céleste dont le cœur de Stanislas ét{)il dévoré.

Réflexion, Quel amour 1 quelle union avec son Dieu dans un âge encore tendre 1 que les effets en étaient tout à la fois admirables et délicieux ! Je n'en suis cependant pas surpris, le Seigneur est plein ne douceur pour ^ux qui lui sont fidèles ; il se plaît à récompenser en Dieu ses serviteurs et n'attend eas à l'autre vie à leur faire goûter le boneur qu'il leur a promis. Il est essentiel lejTient notre félicité. La mesure de notre union avec lui-même, dès cette vie, est toujours celle de notre bonheur. Ce qui me surprend, c'est que Teipérience des sprints, c'est que notre propre expérience ne nous ouvre pas les yeux pour voir cette vérité lumineuse, et pour nous engager à en faire la règle de notre conduite, le dis l'expérience des saints , parce qu'il n*en est point qui n'ait été véritablement heureux au service du souverain Mattre, et qui n'ait préféré son sort à celui des heureux du siècle, lors môme que son sort paraissait le plus déplorable : Superabundo gaudio in tribulatiantbus mets. Je dis notre propre expérience; car, nous ne l'avons aue trop éprouvé, le bonheur s'est éloigné de nous à proportion que nous nous sommes nous-mêmes éloignés davantage de Dieu. D'abord, que de dégoûts, rfue d'ennuis dans l'oraison I Quel oubli de Dieu dans le cours de la journée 1 Avonsnous quitté tout exercice de religion pour chercher notre contentement hors de Dieu ;

3uel vide affreux n'avons-nons pas trouvé aus les créatures, dans les plaisirs, dans les hommes, dans les biens !

Pratique. Ne souffrir rien en nous qui puisse altérer l'amour divin. Cet amour est un feu qui dévore, qui consume dans un c^cur tout ce qui n'est pas entièrement à Dieu. Si nous éprouvons en nous des affections terrestres, c'est une marque cerlaii.c que nos cœurs ne sont pas encore tout à fa t uMtbrasés de ce fei; divin : f ortie ut mors dilectio,

raifcax.

Nous l'avons sen!i. Seigneur; les choses créées ne peuvent pqint remplir up cœur nue vous avez fait pour vous. Je reviens (Jonc à vous, sous les aus|ûçes de votre fidèle serviteur Stanislas. Si je n'ai pas, comme lui, le bonheur de vous avoir consacré mes premières affections, j'ai du moins celui d.^ reconnaître mes égarements. Vous êtes le Dieu de mon cœur, et vous serez dès à prébe.\ï{ mon partnge pendant toute l'éternité :

Deus eordis met, et pars mea, Deus^ in œter^ num.

Ainsi soit-il.

HBUVlèllE JODB.

Méditation sur la tendre dévotion de saint Stanislas pour la sainte Vierge

Le Seigneur a coutume d'inspirer un tendre amour pour Marie aux âmes qu'il veut enrichir de ses grâces les plus spéciales. Cette faveur, il l'accorda dans sa plénitude h Stanislas. Ce fervent jeune homme s'atta* cha singulièrement à la Keine des cieux dès son plus bas Age ; il l'aima constamment dans le siècle, mais ce fut dans la religion que son amour pour elle éclata d'une manière plus particulière. L'apparition dont la Mère de Dieu l'avait favorisé lorsqu'elle le

Î guérit tout à coup d'une maladie mortelle; a grâce qu'elle lui avait faite en déposant l'enfant Jésus entre ses bras; l'assistance miraculeuse qu'il en avait éprouvée pendant son pénible voyage ; les faveurs particulières Qu'il en recevait tous les jours , avaient tellement augmenté son amour pour Marie, qu'il ne se lassait point d'en donner sans cesse des marques nouvelles. On ne se lassait point non plus de l'entendre l'appeler tantôt sa Dame, tantôt sa Reine, tantôt sa Mère. Une fois, entre, autres interrogé par un de ses coippagnons s'il aimait Marie : tf Comment, dit-il, ne l'aimerais-je pas 7 elle est ma mère. » En même temps, le ton de sa voix, un regard lancé vers le ciel, un soupir sorti de son cœur, des larmes qui coulèrent de ses yeux, firent sentir ce que cette parole signihait dans sa bouche.

Réflexion. Arrêtons-nous un moment pour en goûter la douceur; et que chacun de nous répète avec une ardeur semblable à la sienne : Marie est ma mère I la mère de mon Roi, de mon Sauveur, de mon Dieu, Marie est ma mère , et j>5 suis son enfant, tout pécheur , tout misérable que je suis. Celui qui daigna naître de ses chastes flancs, celui dont la parole toute-puissante opère tout ce qu'elle veut, Jésus-Christ mourant en croix pour le salut des hommes, nous a laissé sa sainte Mèro pour être à jamais la nôtre ; Femme , lui dit*il, voilà votre fils; et à Jean ; voilà voire mire. Dès lors Marie a regardé tous les hommes comme ses enfants; dès lors tons les hommes, et particulièrement les chrétiens, ont dû régarder Marie comme leur mère, et partager avec Jésus les sentiments qu'il avait pour elle. Mario est donc ma mère, parce que son divin Fils nous a communiquéVauguste qualité de Fils de Bfarie. Elle est ma mère^ parce qu'elle nous a donné celui qui est notre véritable vie. Combien de fois n'ai-je pas éprouvé les t'^ndres effets de son affection I A chaque instant, que de bienfaits, que de grâces le Seigneur ne me fait-il pas par ses mains I Que ne puis-je pas encore, que ne dois-je pas espérer par elle 7 Le rxeur de Marie est le véritable propitiatoire; c'est un trône do grâce et de miséricorde où les vœux des luisérables sont touiours favorablement écoutés.

STA

STA

Page 1