AVERTISSEMENT
fndttlgentiarum usum ChrUtiano populo maxime êa(utarem eise,.m
€ L*u$age des indulgences est lrès-salu< taire uu peuple chrétien, i
(Cône, Trid., sess. 25, in decr.
de Indulgenliig,)
Vœ iolif quia^ cum ceciderity non hnbet sublevaniem se... Funiculus triplex difficile rummlur,
c Malheur à Thomme isolé, car, sMl tombe, il n*a personne pour le relever... Un hhceau de fils se rompt diflicilement. > {Eccle. IV, 10-12.)
Ces deux citations font toute la préface de notre Dictionnaire, Montrer la divinité de Vinstitution des Indulgences, leur utiUtéy leur efficacité, le prix qu'elles ont coûté à Jésus-Christ^ in facilité de les obtenir et les avantages qu'en retirent r Eglise militante et V Eglise souffrante; ce quon doit faire pour acquérir ces précieuses richesses, et puis les avantages considérables que procure renrôlement dans quelque confrérie : tel est le but de ce livre, et voici en peu de mots comment nous avons cherché à Vatteindre,
Ayant surtout en vue d'alléger le travail des pasteurs absorbés par les travaux du minis* tire, de leur éviter de longues et quelquefois très-difficiles recherches, nous avons pour eux consulté consciencieusement et misa contribution une multitude de volumes que la plupart auraient même de la peine à se procurer. De plus, comme nous avons voulu que tout prêtre ayant à traiter d'une indulgence, soit en public, soit en particulier, trouvât dans notre Dictionnaire les éléments essentiels de son exhortation ou de ses discours, nous ne nous sommes pas borné à une exposition sèche du nombre et de la qualité de ces trésors spirituels pouvant être ga* gnés dans telle ou telle circonstance ; nous avons inséré, selon l'importance des sujets, un certain nombre de prières, de réflexions, de pratiques propres à en faire connaître l'excellence et à exciter des dispositions convenables ou nécessaires.
Dirons-nous, avec le traducteur du Raccolta : Comme beaucoup sont étrangers à Vidiome italien ou latin, dans lequel sont écrites les prières auxquelles l'Eglise a attaché des indulgences, et comme cependant il leur est permis de les gagner, nous en avons dû donner la traduction française. Il est inutile d'indiquer tous les auteurs dont nous nous sommes aidé: leurs noms se trouvent d'ailleurs à chaque page dans le texte ou dans les notes de chacun de nos chapitres ou articles. Toutefois, il nous semble important de dire que les recueils dont nous citons le plus souvent des fragments ou que nous analysons, sont :
V Le Traité dogmatique et pratique des Indulgences, etc. , de Mgr Bouvier, actuellement écéque du Mans {Edition de 1850). Cet ouvrage, de l'excellence duquel il ne nous est pasper^ mis déjuger, nous l'indiquons par ces simples mots abréviatifs : Mgr Bouvier :
2* Instructions pratiques sur les Indulgences et les Confréries, etc. Cet ouvrage, publié d'abord au Puy, après avoir reçu de nombreuses améliorations dans plusieurs éditions succèsrives, a été, en 185i, revêtu de l'approbation de Mgr l'évêque du Puy, et de Son Eminence le cardinal archevêque de Lyon : Nous désignerons ce volume três-estimé, par le nom de Manuel de Lyon; c'est là qu'il a été édité en dernier lieu.
3* A Cambrai, a paru un Manuel approuvé par Mgr l'archevêque de ce diocèse, et revêtu de r approbation de la sacrée congrégation des Indulgences,
h" Mgr de Limoges, a fait aussi un Recueil d'instructions sur le même sujets que nous cip* pellerons Manuel de Limoges.
Dictions, dks I?sdllcf.nci:s. i
Il AVERTISSElklENT. 12
S* fn/kn, et surtout ^ nous avons puisé dans le Raccolta au Recueil des indulgences^ publié à RomCf traduit en français à Lyon^ et revêtu des approbations de la sacrée congrégation même ; ouvrage qu'il ne faut pas confondre avec le livre qui porte le même nom^ et qui a été imprimée Besançon.
Lorsquil y a divergence d^opinions entre des autorités considérables ^ ou lorsqu'il est bon d'appeler Vattention sur une question grave^ nous reproduisons les passages des unes et des autres qui y sont relatifs.
Sif contre notre attente^ malgré toutes nos recherches^ et en dépit de notre intention de nVmettre rien que de vrai^ de parfaitement authentique^ nous avions avancé quelque chose d*tttf jracl, fioiff le rétracions. Avons-nous besoin d'ajouter que nous condamnons formellement tout ce qui pourrait y être contraire à la doctrine de VEglise t
Enfin^ ferons-nous observer que^ comme Mgr Bouvier^ « nous ne prétendons pas détailler toutes les indulgences qui existent^ et sur V authenticité desquelles il ne peut s élever aucun doute : que notre intention est de nous borner à celles qui sont à la portée du plus grand nombre des fidiles^ et surtout de fournir aux ecclésiastiques les documents dont ils auraient besoin pour leur propre satisfaction et pour se mettre dans le cas de répondre aux qtiestiom qu'on leur ferait ? »
Quant au plan de notre Dictionnaire f il nous était tracé naturellement. EviéUmment^ avant de présenter par ordre alphabétique les indulgences particulières ^ nous devions dire ce que sont les indulgences et les confréries en général; présenter dans ces chapitres préliminaires l'institution divine, les avantages^ la nature^ l'histoire des indulgences, des confréries^ etc.; montrer la futilité des arguments qu'opposaient à cette sainte doctrine^ ceux qui pouvaient bien dire avec l'hérésiarque leur maître : « Aussi vrai que le Seigneur Jésus-Christ m'a racheté^ f ignorais complètement ce qu'est l'indulgence.w (Luther, Woels' ch6 ausgabe, 1. xyii, p. 170i.)
Nous nous sommes appuyé pour cette partie sur les théologiens ou les prédicateurs les plus graves. Une table placée à la fin présentera le sommaire de ces chapitres essentiels.
Quil nous soit permis, en terminant cette simple note^ de répéter en notre nom ces ligne f si judicieuses et si vraies, qui commencent l'un des recueils que nous citons, et sur lesquelles nous appelons l'attention de ceux qui prendront ce livre entre leurs mains
« Quel trésor inestimable aux yeux de la foi^ que celui des indulgences 1 Si jusqu'à ce jour il fut trop négligé, ce trésor, c'est tout simplement parce qu'il a toujours été trop peu connu. Ce n'est ni la foi, ni la piété qui manquent à tant de fervents chrétiens dont la France s'honore, et dont les vertus n'ont fait que s'épurer au milieu des plus rigoureuses épreuves. Nous avons la consolation d'en voir un grand nombre dans tous les rangs de la société, et si ces personnes-là même, quelque avides qu'elles puissent être des richesses spirituelles, restent cependant comme étrangères aux bienfaits des saintes indulgences, n'en cherchons pas ailleurs la cause, c'est qu'elles manquent à cet égard d'une instruction suffisante.
n Nous ne saurions nous étonner, jusqu'à un certain point, de cette ignorance presque générale par rapport aux saintes indulgences, que nous déplorons ici : car, il faut en convenir ^ peu de nos livres de piété en parlent, les prédicateurs abordent rarement ce sujet, on en dit à peine quelques mots dans les instructions destinées à V enfance ; et parmi les personnes instruis tes d'ailleurs sur la religion, il en est malheureusement un trop grand nombre qui nont à cet égard que des idées vagues et confuses. Celles mêmes qui savent parfaitement tovU ce que la foi nous enseigne sur les saintes indulgences, ignorent le plus souvent les diverses conditions requises pour en recueillir le fruit, et les œuvres auxquelles les souverains pontifes ont daigné hs attacher. C'est là une des suites funestes de cette triste vérité que nous déposerons ici en passant : cest qu'en France, nous sommes loin d'avoir des rapports assez directs et assez intimes avec le centre de VEglise catholique, le foyer des lumvres véritables, la source d^où découlent tous les biens spirituels.
« It faut le dire encore : quelques personnes égarées, plutôt que conduites par des ipteniions louables en elles-mêmes, mais peu éclairées, ont beaucoup contribué à refroidir ou à éteindre h xilepour les indulgences, en en publiant des recueils puisés à des sources d'une trcs-équiro^
la INTRODUCTION. 14
que amihenticUé. Il devait naturellemeni en résulter ^ et il en est résulté en effet une grwule déftsoMt contre toutes les publications de ce genre.
« Mais quels ne sont pas les désolants résultats de celte négligence au sujet de biens aussi précieux f Les sacrements sont moins fréquentés^ il se fait moins de bonnes œuvres^ les morts se irouveni privés des secours quils avaient droit d'attendre de la charité des vivantSj et les fiéleles eux-mimes^ en ne recourant pas aux moyens faciles que VEglise leur offre d'acquitter leur dette ici-bas^ se préparent peut-être de longues années de souffrances dans le lieu de Vexpiation.
« Ministres de Jésus-Christ ^ qui songez sans cesse aux moyens de ranimer la ferveur dans la portion du troupeau confié à vos soins^ permettez que nous placions ce recueil sous votre protection spéciale. Avec son secours^ combien ne vous serait-il pas aisé de répandre^ peu à peUf patjni vos ouailles^ la connaissance des trésors quil renferme^ d'exciter en elles le désir iTy participer 9 de leur en indiquer vous-mêmes les moyens faciles I Ce serait une semence précieuse doni vous ne tarderiez pas à recueillir des fruits abondants. Heureux si nous avions pu contribuer ainsi à adoucir^ par quelques consolations^ les amertumes du ministère difficile que vous remplissez avec tant de zèle!
« // fie nous reste plus quun dernier vcbu à former : c'est que tous ceux qui feront usage de ce Dictionnaire^ veuillent bien quelquefois se souvenir de nous devant le Seigneur. » [Raceolta.)
(Nous divisons cette Introduction en deux parties : la première traitera des Indulgences en
général^ la seconde, des Confréries aussi en général.)