ELA
tremble pour Tavenir ; on ne samratC néan^ moins s'en étonner. Ces malheureux f6nt ienr métier; ils savent où ils tendent, et ils prennent les moyens les plus si^rs d*arriver h leurs fins. Mois comment des hommes lionnètes, des hommes probes, qui ont to.ut h perdre , rien k gagner au succès dos perturbateurs ; des horomesqui ont pris pour devise, avec les chefs de leurs divers partis, ces grands mois do propriété, de famille, de religion (oui, même de religion), comment ces mêmes hommes se trouvent-ils, en prinoipe si indifférents, en pratique si contraires à l'un des plus importants préceptes de la loi chrétienne, au seul commandement qui règle d*une manière précise les rapports d*a;Ioralion et de soumission directe île la société tout entière envers son éternel Auteur? ---Quoi donc! lorsque, il y a trois ans h peine, on nous disait de toutes ()arts, è la tribune, dans les livres, dans les journaux, dans les salons, partout et en toute circonstance : Sans vous, nous périssons ; il faut que la religion vienne à notre aide; il faut que le clergé s*eropare du peuple, le gagne et le dirige, ou nous sommes perdus! cola voulait-il dire seulement : Arrêtez le bras du peuple; domptez ses volontés, je ne sais par quels moyens; empêcbez-le a*eDvahir nos possessions : faites qu*il respecte nos personnes, nos biens et nos plaisirs : nous ne vous demandons que cela; sur tout le reste, nous pensons comme ceux qui 1 égarent, et nous continuerons de Fencourager par nos exemples à Toubli profond de <ios devoirs et des nôtres envers Timmortel souverain des siècles et des Ames ? Etait-ce eeia f
« Non; nous ne voulons pas le penser.
Mais nous ne voulons pas non plus , nous ne voulons pas surtout connivera de pareils desseins. Loin de nous un ministère tronqué, un ministère sans dignité et sans conscience, un ministère de servitude et de prévarication I La loi de Dieu est une et ne peut se scinder. Elle n*est pas pour un temps, elle est pour tous les temps; elle u*est pas pour le pauvre contre le riche; elle n^st pas pour le riche contre le pauvre: elle est pour Dieu et pour tous les hommes sans distinction. Pour Dieu ; afin de lui rap^ porter son droit universel sur tout ce qui respire et qui existe; pour l*bomme, afin de lui assurer la grâce et les bienfaits de Dieu, en retour de sa fidélité. Qui rejette un point de la loi évangéltque, l'ébranlé tout entière, <iit Tapôtre saint Jacques (Jac. ii, 10), et perd tout droit de Tinvoquer à son profit en quoi que ce soit. Ces vérités si simples, si manifestes, ne seront-elles jamais comprises et retenues T On s'écrie i Nous sommes des hommes d'ordre , et nous ne voulons pas de nouvelles révolutions. Nonl quand vous profanez ouvertement, publiquement le saint jour du dimanche , comme quand d'autres ailleurs, n'importe où, étalent les dérégie* ments de leur vie et promènent au grand air leur libertinage sans honte , vous sapez et ils sapent les fondements de Tédifice
social, vous lui retirez ou vous affaiblisses ensemble, quoique diversement, ses plus fernoes, ses plus indispensables appuis. Je ne te dis k personne en particulier, mais à tous en général, et au monde entier, s1l pouvait et s'if daignait éeouter cette parole de franche, austère, mais sâre et salutaire vérité : en agissant de cette manière, vous n'êtes pas, vous n'êtes ptus des hommes d'or< dre, mais de désordre. Vous donnez contre vous, à la révolte et aux. plus odieux excès, la plus ample matière et les plus spécieux ar^^uments. Vous faites précisément tout ce
3u'il faut pour que ces révolutions nouvelles, ont en effet vous ne voulez pas, viennent pourtant fondre sur vous et vous broyer, comme ce fléau de Dieu, comme cet Attila, de sombre et gigantesque mémoire , qu'une main divine , une force inconnue poussait instinctivement, disait-il, b la destruction du vieil empire romain. »
Voici maintenant les n'flexions frappantes que fait un journal de Paris h propos d*on mandement de Mgr. AGTre relatif au grand précepte de la loi chrtienne.
La Sanctification du Dimanche.
Les critiques araères auxquelles se sor t livrés les journaux voltairiens, à l'occasinn du discours de Mgr l'archevêque de Paris, nous fournissent Toccasion de faire connat* tre la profonde sagesse de la loi chrétienne de la célébration des dimanches et fêtes. Nous espérons démontrer, avec le texte H« cette loi sainte, avec l'enseignement de l'Eglise, que le précepte n'est pas une vieillerie surannée; que notre époaue, qui se dit pompeusement une ère d affrancnissemcnl et d émancipation , est bien loin de l'esprit de charité, de fraternité et de véritable égalité, qui est contenu dans les commandements de Dieu et de l'Eglise.
L'Eglise catholique promulgue la loi de la cél(^bration des dimanches et fêtes dans des termes que des esprits hautains peuvent dédaigner, mais que leur simplicité fait arriver à toutes les intelligences , et d'abord aui plus humbles. Nous citerons le texte de cette foi, dût cette simplicité même blesser quelques oreilles superbes; mais les hommes graves aimeront k la voir mise en lumière, et les esprits qui ne sont que prévenus laisseront peut-être tomber quelques préjuRés. Notre vieux langage français a marqué do son énergie ces deux commandements :
L«s dimançlies Ui créeras.
En servant Dieu deyotement* Les fêles lii sanciiQeras, Qui le sont de çooimandemeot.
A côté de cette simplicité, si convenable d'ailleurs à une loi faite pour tous, et qui doit d*abord se graver dans le cœur dw Tenfance, quel magnifique commentaire en donnent les Ecritures 1...
Souvenez-vous de sanctifier kj^our duSao* bat. Voue travaillerez durani $is jonrt • ft vous y ferez tout ce que vous aurez à fairf* Mais le septième jour est le jour du rep^^»
BLA
DES INDILCENCES.
fiLA
tofUiocTé ou Seigneur votre Dieu ; vous ne ferez donc en ce jour aucun ouvrage^ ni tous^ ni roire fils, ni voire fille, ni votre serviteur^ ni votre servante^ ni vos bêles de service^ ni [étranger qui sera dans Venceinte de vos villes* [Exod, XX). On lit ailleurs {Deul. r) : Le septième jour est celui du Sabbat^ c^est-à-dire^ ie jour du repos du Seigneur votre Dieu. Vous ne ferez aucune osuvre serrile en ce jour- M, ftt vota, fit votre fils^ ni votre fille ^ ni votre serviteur^ ni votre servante, ni votre bœuf, ni votre âne, ni aucune de vos bétes, ni VétraU' ger ^i est au milieu de vous , afin que votre serviteur et votre servante se reposent comme vous |i) : Vt requiescat servus tuus^ et ancilla iua steul et tu.
Et eDCore : Souvenez-vous que vous avez tous-mêmes été esclaves en Egypte, et que le Seigneur votre Dieu vous en a tirés par sa main toute^puissante et en déployant la force de son bras. Cest pourquoi if vous a ordonné d'observer le jour du Sabbat; en vous rordonnant, il a voulu que votAs honorassiez son repos par le vôtre et par celui de vos esclaves, tn vous souvenant que vous avez été vous^ mimes esclaves.
Assurément on ne trouverait nulle part une leçon plus forte et plus frappante d'égalité que dans ces mots de la Vulgate, oui nous IKiraissent encore affaiblis par la traduction: Vt requiescat servus luusj et ancilla tua sicut et lu : ce qui est dire : apprenez qu'il y a dans la semaine un jour ou le môme droit est acquis au maître et au serviteur, le droit au repos du Seigneur; enseignement solennel et grave qui rappelle aux uns et aux autres leur commune origine et le souverain doiuaiue du Seigneur sur toutes ses créatures. Ce motif de la loi est encore expliqué adieurs.
Ayez grand soin éTobserver mon Sabbat, parce que c'est la marque que jai établie entre mot et vous, et qui doit passer après vous à vos enfants, afin que vous sachiez que c'est n^oi qui suis te Seigneur qui vous ai créés par ma puissance, et qui vous sanctifie par ma grâce et par mon esprit, [Exod. xxxi; Ezeck. XX. )
Cette origine de la loi primtive expliquée, il faut y faire voir l'œuvre de régénération de la loi chrétienne. En lrans{X)rtaot le jour du repos au jour de la résurection, rfeglise catholique est venue ajoutera la consécration du grand souvenir do la création, la consécration du bienfait de la rédemption. Ainsi, pour le chrétien, le jour >inctiné ran|>elle à la fois et la bénédiction du Dieu créateur, et la bénédiction du Dieu rédempteur. Le dimanche est le jour de la résurrection, c*est le jour de repos do son rédempteur, après s^s travaux et les souffrances du Calvaire , après la création nou* telle.
Sous cette influence* la loi chrétienne ft'em()reiDt du caractère (le grandeur et d*ex- [«nsive charité qui lui est propre. Ce n'est
(1) Nous nous soiiiiiies servi», pour ce passage cl k*» SMi^aitls, de la iradiiciiun du P. de Carrières.
plus seulement le repos qui est coromaDdë au chrétien ; l'Eglise catholique l'appelle au sacrifice, à la prière, au chant des psaumes, des hymnes et des cantiques ; elle lui fait aussi, dans le jour sanctifié du dimanche, de nobles loisirs, qui lui permettront de porter aux pauvres des aumônes, aux malades, aux afOigés. aux mourants des consolations pieuses. L'Eglise veut enfin que par ces œuvres de piété et de charité, Thomme s'élève, avec une Ame rafraîchie et reposée, à la con* teroplation do fiieu (1).
Ici on voit que la loi a reçu toute la perfection que Dieu lui a promise. Tout est résumé dans le précepte chrétien : élévation de rhomme è Dieu par la contemplation de ses infinies perfections, par la prière, par la méditation des sublimes vérités de la révélation, par l'accomplissement des devoirs de la charité.
Nous nous sommes étendus à dessein dans ces citations, pour mieux faire connaître la loi dont il s'agit maintenant d'apprécier les effets dans l'ordre social. Nous l'avons fait dans la pensée que, la plupart du temps, les lois de l'Eglise ne sont attaquées que faute d'être connues, et qu'il suiiit de les exposer aux cœurs droits, pour dissiper beaucoup d'erreurs et de préjugés.
A entendre les critiques, la loi qui prescrit le repos du dimanche est une loi aictée par les circonstances, qui fut bonne pour les temps de servage, pour adoucir les souffrances des serfs et leur permettre de supi>orter avec plus de patience leurs rudes labeurs : loi ue pure discipline et de circonstance, désormais inutile.
La loi du repos sabbatique chez les Juifs, la loi du repos du dimanche sous la loi chrétienne , ont une bien autre portée. Le méconnaître serait ne pas tenir compte des besoins réels de l'humanité, qui sont de tous les temps et de toutes les époques, surtout de la notre, qui a bien aussi des seifs et des travailleurs à soulager. £*ivisdgée sous lo point de vue d*utilité sociale et prati(pic, qui se laisse toujours voir è qui sait observer les lois de l'Eglise, la loi de la sanctiUcalion du dimanche n'assure pas seulement k l'homme, après six jours de travail, un repos nécessaire qui lui rendra pour le travail du lendemain urne nouvelle force et une vigou* reuse ardeur, dont l'élan compensera , et au delà, la perte d*un jour de travail; elle re« lève son cœur et son intelligence, en lui 1 appelant sa double nature, son âme qui, elle aussi, a besoin de nourriture et de pain, et en l'habituant à consacrer un jour au souvenir de Dieu » son créateur et son Père.
N*est-ce pas aussi une grande et belle loi que celle qui réunit dans le temple, à la même heure, au même sacrifice, au pied de
(I) Voyez la réponse du pa|>e Nicolas aux demandes des Bulgares, saint Grégoire le Grand, les couriles de Milan, de Kclins, île Bourges et le Calé* rliiMue du concile de Trente, cités a» Catéchisme de MonipelUcr, ciliiion in folio.
ULA
DKCTiONiNAlUE