‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 58 sur 370 · JO · texte numérisé non relu

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la même chain; tons les habitanU de la cilé, égaux cette fois dans rac^mplissement d*ufi devoir aussi souverainement prescrit k Tun qu*kl autre, aux premiers magistrats comme aux plus humbles citoyens, au chef de famille comme à ses petits enftints? Puis lors* qu'entrant dans les profonds mystères d'àmeur et de grâce de la foi chn^tienne* nous verrons ces nommes de toutes conditions, de tout Age, participant aux mêmes joies, aux mômes ineffables consolations, ne seronsnous pas fondés à dire que la loi de la sanctUication des dimanches et fêtes est la plus haute manifestation de Tégalité des hommes devant Dieu, c'est-^-dire de la seule véritable égalité ?

Nefallait-il pas aussi donner à cet artisan, courbé pendant les six lonçs jours de la semaine sur son dur travail, le loisir et le temps nécessaire pour qu^ii accomplit les œuvres de charité et de piété pour lesquelles nous avons tous mission , parce qu*il n*est personne qui n*ait parfois un ami souffrant ou afDigé k consoler elè soutenir; parce qu'il y a touiours des pauvres h secourir, parce que le devoir de soulager les pauvres, de les consoler au moins, est un devoir pour tous, dont Taccomplissement élève rhomme et lui fait concevoir des pensées dignes de sa nature immortelle?

Veut-on enfin savoir pourquoi, du fond des ateliers, sortent quelquefois de sourdes rumeurs qui semblent annoncer la tempête, et 3ui font trembler la cité ? C*est qu'il y a là es hommes liés à un travail qui ne leur laisse ni trêve ni renos, qui leur crie sans cesse : Marche! marcne! C est que l'homme, è qui on laisse oublier Dieu et le soin de son âme, s'irrite et s'aigrit à la pensée d'un travail auquel les jours n'apportent d'autre Gn que celle de la lassitude et de l'épuisement des forces, ou de la ruine du maître causée par une production effrénée; c'est qu'à la vue de ce travail auquel s'enchaîne le travail» le désespoir descend au cœur, et fait concevoir la pensée de briser cette lourde chaîne comme le firent à Itome les esclaves, à qui il ne fut jamais dit de se reposer €omme leurs mattres. Mais que, dans ces noirs ateliers, dans ces fournaises ardentes, pénètre la pensée qu'il y a dans la semaine un jouroù Vborame redevient véritablement tiomme, où son front incliné pendant six iongues journées sur une noire poussière ou sur le fer ardent se relèvera noblement pour «s'incliner devant Dieu, pour demandera ce rère commun des hommes, leur libérateur et leur Sauveur, de bénir ce travail auquel est attachée l'existence d'une famille, et d'en adoucir les rigueurs, uhl croyez-le bien, la cité sera paisible, votre sommeil ne sera plus troublé par les hurlements du désespoir et de la faim, vous n'aurez plus à redouter les explosions du volcan. Mais vous devrez les redouter tant que vivra le mépris du jour du Seigneur, parce qu'un travail inspiré de ces funestes idées n'est pas accepté, mais subi comme une âpre nécessité, et que Ton attend avec une impatience à peine com-

primée le moment de s'en affranchir par tous les moyens. 11 n'est donc pas besoin de remonter h la féodalité ni aux temps de servage pour comprendre la loi de la célébration des fêtes et dimanches.

Elle est de tout temps et de toutes les époques, parce qu'elle assure la dignité do 1 homme, en lui rappelant son origine et sa fin, que le travail sans interruption et sans relâctie lui ferait oublier. Mais encore, jn ne sache pas que l'industrie de notre siècle, qui tient ses serfs attachés à la glèbe de ses ateliers et de ses usines, leur ait fait une condition si douce que l'on n'y ait désiré quelques adoucissements. Nous nous contenterons de citer en exemple la loi sur le travail des enfants dans les manufactures. Le titre seul de cette loi est j>our nous un sujet do douleur; nous voudrions ne pas ajouter, et de confusion. On .avait pensé jusqu'ici que Tenfance se défendait assez par son innocence et sa faibJesse, et que le travail de ces pauvres petites créatures serait sufllsamment réglementé par le bon sens et lliuroanitédes maîtres. Mais il nVn a pas été ainsi, une loi a été nécesi^aire. Nous remercions sincèrement les nobles orateurs qui ont fait entendre à celte occasion de courageuses réclamations. Nous voudrions oublier ceux qui ont repoussé le projet de loi au nom do la liberté. Mais il reste qu'à une époque oh une loi pareille fut, à raison, jugée indispensable, la loi qui prescrit la sanctification du dimanche n*a pas cessé d*être une loi d'humanité et de justice, dont Texécution peut blesser des combinaisons cupides et les spéculations de quelques grands hommes de comptoir, mais qui est essentiellement tutélaire et protectrice des pauvres et des travailleurs. 11 ne peut donc être indifférent que cette loi soit mise en oubli par ceux qui ont mission de la faire exécuter. Mgr Tarchevêque était dans son droit, disons plus, il accomplissait un devoir, lorsqu'il exprimait Tespoir devoir enfin la loi sur la célébration des dimanches et fêtes fidèlement observée. Ce vœu était celui d'un pasteur et d'un père. Mgr l'archevônue n'a fait d'ailleurs que continuer la tradition de ses illustres prédécesseurs, en réclamant l'exécutioa do la loi.

Le discours justement célèbre de H. de Montalembert à l'Assemblée législative doit aussi trouver ici une place. Le point de vue vaste et élevé sous lequel il envisage la

auestion est digne des méditations de tous eci est extrait du Moniteur ^ journal officiel : c Messieurs, cous venons soumettre h vos délibérations une mesure qui intéresse au plus haut point la dignité du peuple français , sa liberté morale et la véritable sécurité du corps social I

« Elle touche aux questions les plus éleyées qu'il soit donné aux individus ou aux assemblées de traiter ; elle entre à la fois dans le domaine de la conscience privée et de Tordre public, pour les garantir tontes deux et les concilier l'une avec l'autre». Emanée de la prudente et louable initiative

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