BIA
DES INDILCENCES.
DU
d*iin <ie nQ$ plus vénérables collègues, elle a été Tobjet 4e outre examen approfondi , et c'est |kv?c conGanco que nous nous permetions de dire h TAsseoiblée qu^en Tadoplant elle honorera son mandat et rendra au pays ébranlé, à la société malade, un service signa'é.
« Vous n'attendez pas de nous, Messieurs, une démonstration prolongée de Tutililé ou de la l^îtimité du repos des dimanches et fôtes. Vous savez tous que le repos régulier, après le travail, est une nécessité, une loi sociale et politique, physique et morale, eu même temps qu*une eiigençe de Pbygiène et de rindustrie. Dans tous les (emps , dans tous les pays, dans toutes les classes, ce droit est acquis, ce besoin ressenti, ce repos réclamé. Nous-mêmes, nous législateurs, avec quelle joie no voyons-nous pas arriver la fin d'une semaine remplie de travaux, de luttes et d'ennuis 1 Chacun sait avec quel empressement nous nous hâtons, quand le dimanche arrive, d'interrompre ou de varier nos travaux purement intellectuels, avec quel scrupule nous nous abstenons de continuer en ce jour les discussions pendantes et les délibérations commencées. Si nous avons mille fois raison d'observer exacte* ment ce i^pos du dimanche, juste prix de nos labeurs et de nos fatigues, nous n'en sommes que plus obligés è rechercher les moyens de procurer ce môme bienfait à des millions de nos concitoyens plus laborieux et plus fatigués quf; nous.
« Il fhut nous hâter , car, chose étrange , ce bteofJBit si précieux, sanctionné par Texl»érience de soixante siècles, et dont la religion de tous les peuples a fait le plus strict des devoirs, ce bienfait est méconnu en France, comme il ne l'a été nulle part et jamais,
« S'il est encore un jour de récréation pour le riche, souvent le dimanche n'est plus jKiur le pauvre, pour l'ouvrier, qu'un jour de fatigue ou de désordre. Si, jusqu'à présent , le repos du dimanche est assez fidèlement observé dans une grande partie de nos cam« {»agnes, il est presque universellement violé dans les villes. Or, une triste expérience nous apprend que les relations de plus en plus fréquentes des campagnes avec les villes donnent une impulsion chaque jour plus puissante aux mauvais exemples et aux mau* valses doctrines dont les villes sont le foyer.
« Les contrées rurales finiront donc par être infectées ou entraînées. Elles peuvent encore être retenues. Hais il est temps de faire intervenir la majesté de la loi et les ef* forts de l'autorité , si nous ne voulons pas que la France soit la première entre les nations à donner au monde le spectacle d'un Vêjs où Ttipie des plus saintes obligations de ta nature et de la religion soit impunément foulée aux pieds, et où rien ne distiugue ostensiblement le jour du repos de la semaine du travail.
« Si nous avions du temps h perdre, nous nous étendrions avec vous sur le crime et la folie d'iMi pareil résulUit , au point de vue purement rationnel ou matériel. Nous vous
retracerions les origines de la périodicité septénaire du repos. Nous vous en montrerions l'antiquité, la conformité à toutes les lois de la nature et de l'histoire, aux conditions les mieux établies de la physiologie et de l'hygiène. Nous vous citerions, parmi les hommes les plus hostiles h la religion de nos pères et à la société que nous prétendons maintenir, des écrivains qui ont reconnu , proclamé, démontré la nécessité hygiénique, non-seulement du repos en général, mais du dimanche, avec sa périodicité, sa symétrie, son exacte proportion aux forces de l'homme.
« Mais nous croyons que la loi à laquelle il s'agit de rendre une nouvelle vie s appuie sur d'autres motifs , et nous les avouons sans détour. Nous n'aurons recours à aucun subterfuge. Nous venons vous demander simplement et franchement de restituer ce qui est dû à la majesté de Dieu et à la dignité du pauvre , toutes deux méconnues , toutes deux outragées par la profanation du dimanche. Nous ne prétendons pas vous recommander une mesure d'hygiène ou d'économie politique ; nous nous bornons à constater, en passant, que les résultats les plus accrédités de ces deux sciences n'ont lait, jusqu'à présent , que confirmer la justice et l'utilité au précepte divin, et nous vous proposons une loi destinée à rendre un public nommage à Dieu , et une indispensable garantie à la liberté des âmes et à la conscience de tous les chrétiens.
« Votre commission est convaincue qu'en agissant ainsi elle ne saurait blesser aucun sentiment digne d'être respecté, et que^ au contraire, eilo va au-devant des vœux et des convictions de l'immense majorité du peuple que nous sommes chargés de représenter,
« jglle ne craint point d'avoir à se défendre d'avoir pris au sérieux le sentiment qui a fait inscrire le nom de Dieu en tête de la Constitution actuelle du pays; elle y a vu un acte sincère de foi nationale ; elle se re-« fuse à voir dans cette invocation un mot vide de sens et une dérision sous le masque d'un hommage.
c Nous ne sommes plus dans ces temps où l'empire de l'opinion , l'état des partis et du pays, l'intérêt même de la religion pou-^ valent commander le silence, et excuseri chez les dépositaires de la puissance pu-i blique, une sorte d'indifférence extérieure pour la loi de Dieu et les intérêts de l'âme. Au lendemain des orages, on respire un air plus pur et plus sain, et la lumière, en ren paraissant, semble plus précieuse et plus éclatante. Des catastrophes imprévues et ter-* ribles, de trop légitimes appréhensions, ont éclairé bien des esprits et amené d'heurem retours.
« De ces leçons et de ces retours , il ressort, à ce qu'il nous semble, pour les peuples et pour leurs chefs, certaines vérités que le passé n'a jamais contestées , que l'ave* uir rendra de plus en plus évidentes, et quo nous allons rappeler, parce qu'elles ont servi de base à nos résolutiona.
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DICTIONT^AIRE
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« Detotitos les illusions, selon nous, la plus insensée, la plus promptement et la plus cruellement punie, est celle de croire que Ton puisse faire respecter par une société l'ordre public et les droits de la propriété, lorsqu'on y laisse méconnaître l'ordre mpral et les droits de la religion. Oui , croire qu'on pourra demander au peuple d'obéir, en donnant soi-même l'exemple de la désobéissance au législateur suprême, c*est une erreur aussi insensée que criminelle, surtout Quand l'exemple de celte désobéissance a été donné par ceux-là même qui étaient les plus intéressés à maintenir le prestige et la force morale de l'dutorité. Il n'est donné à personne, pas plus aux peuples qu'aux rois, de violer impunément, même ici-bas, les lois éternelles que Dieu a données pour base à la société. Tel doit être le résultat acquis par notre douloureuse expérience du passé et le fond de nos préoccupations non moins douloureuses de l'avenir.
« Pour ^érir le mal qui nous ronge, il faut donc savoir allier une hygiène morale à l'emploi judicieux et énergique delà force. Vouloir préserver les biens matériels sans réhabiliter les intérêts moraux, dont le premier de tous est la religion, c'est travailler flans le vide, c'est se préparer à d'irréparables défaites, aux mécomptes les plus humiliants et les mieux mérites.
«Que ceux qui trouvent quel'ODn'ena point encore fait assez , qui appellent tout bouleversement un bienfait, et toute révolution un progrès, qui spéculent sur la ruine de la société actuelle, afln de construire sur cette ruine la réalisation de leurs chimères et le triomphe de leurs convoitises ; que ceux-là no s'inquiètent ni ne se plaignent de la démoralisation croissante du pays : nous le .savons et nous n'en sommes pas surpris. Mais que les hommes qui veulent sauver ce qui reste de la vieille société française; que les hommes restés fidèles aux traditions du foyer domestique ou éclairés par les formidables leçons dont nous avons tous à profiter, que ceux-là restent encore les yeux fermés et le cœur tranquille en présence de la grande maladie morale qui infecte toutes les classes de la population française : voilà ce qui ne jKîut se comprendre ni s'excuser. Pour guérir cette maladie, la force peut beaucoup, sans doute ; l'épée maniée par un bras loyal et intrépide est un sceptre que les nations sont trop facilement réduites à bénir ou à désirer.... Mais toute notre histoire est là |K)ur démontrer avec quelle facilité la force change de mains, et combien souvent l'épée a deux tranchants. La sagesse humaine, tonjours courte par quelque endroit , peut l'oublier. La religion ne 1 oublie pas et y pourvoit. La religion n'a jamais enseigné a contester ni à dédaigner la force ; elle a toujours cherché à l'épurer, à l'élever, à la faire durer, en la consacrant au bien. Mais, d*accord avec Texpénence du genre humain, elle proclame riiisnilisance de la répression purement matérielle et l'impuissance radicale de ce remède,
lorsqu'on essaye de l'appliquer à un mal dont Torigine est dans Tétat des flmes.
«De plus, elle indique la cause du mal en même temps que le vrai remèile.
« On se plaint partout que le secret du corn* mandement est perdu, que l'autorité n'existe plus, qu'elle a perdu toute force morale, toute sécurité, tout prestige; et cette plainte universelle n'est que trop fondée. On se demande avec surprise et avec effroi d'où sortent ces masses d'hommes sans foi ni loi qui apparaissent aux jours des discordes sociales, et, comme les hordes barbares d'il y a quinze siècles, menacent d'engloutir toute une civilisation.
« On a raison de s'en alarmer, mais on n*a pas le droit de s'en étonner. Elles sortent de ces abîmes où on a refoulé les populations en les forçant de travailler le dimanche, en les arrachant à tout ce que la religion avait si maternellement imaginé pour les instruire et les consoler en ce grand jour; en permettant que le sceau de l'ignorance soit imprimé sur leurs flmes par la main d'une insatiable cupidité. Elles sont affamées , parce qu'on les a privées de tout aliment moral. Elles sont sans foi , parce que des hommes riches et instruits ont travaillé pendant un siècle, avec une infatigable persévérance, à extirper ce trésor de leurs cœurs. Elles sont sans toi, parce que, trop souvent, en violant eux-mdmes la première des lois, leurs maîtres et leurs guides leur ont appris à n'en respecter aucune.
« Nous n'excusons pas le mal ; nous l'expliquons. D'autres coupables sont venus depuis, plus nombreux, plus audacieux, plus logiques. Leur audace même nous a servi à mesurer le mal et nous a quelquefois appris à unir noseff<)rts pour le comlîattre. Mais leur crime ne doit pas faire oublier celui de leurs précurseurs. Nos pères savaient et croyaient que la prière, le culte , le respect patent et ))ratique de Dieu étaient la seule base permanente et inébranlable du respect que la société revendique pour la loi humaine, pour les pouvoirs publics, pour la propriété individuelle. S «Ion la foi que nous professons comme eux, la société est un fait divin, comme la vie humaine : un fait que l'homme peut bien détruire, comme il peut détruire sa propre vie, mais dont il ne peut ni recom* mencer l'existence après l'avoir renversée, ni changer les conditions essentielles pen-
espnt aesacriuce ei i espn d'autorité, et que ces deux esprits ne peuvent dériver que de la foi. Il n'y a pas de religion sans culte, et il n'y a pas de culte sans dimanche ; car c'est en ce jour que, pour
tous les peuples chrétiens, se renouent et se fortiOentles liensde cette alliancede l'homme avec Dieu, qui constitue, en nom comme en fait, la religion. Le repos du septième jour est la base de cette alliance auguste : il en est le signe, le symbole et la condition fondamentale. La violation publique, générale I)crmaneale, ofiiciclle de cette condition e«t
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DES INaULCRNCES.
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la ruine m^me du divin contrat. Elle équivaut à une profession publique d'athéisme, car eUe a pour conséquences nécessaires de supprimer la connaissance et la pratique de la religion. C'est un défi public jeté è Dieu.
t Dans le cas spécial de la France» c'est nous rendre l'objet du mépris des mabométans, auxquels nous faisons la guerre en Afrique, et le scandale des nations chrétiennes qui nous avoisinent en Europe, et qui n*ont pas encore été entraînées par notre exemple. C'est déclarer à la face du ciel et des hommes que nous avons substitué la religion du gain, le culte de l'argent et la divinité de la matière, à la vieille foi dcClovis et de Jeanne d*Arc. Il ne faut donc pas hésiter à placer au nremier rang de nos dangers et de nos fautes la profanation publi(^ue du dimanche. En la tolérant et en la pratiquant, nous avons déclaré la guerre à celle de toutes les institutions du [>as$é qui était la plus universelle, la mieux justiGée, la plus vénérable, la plus ancienne et la plus nopulaire. Si ancienne, qu'elle remonte à l'origine des temps, et (jumelle fut écrite, par le doigt de Dieu luiluème, dans le premier code que les hommes aient reçu. Si populaire, qu'à l'époque où la race humaine semblait divisée par les barrières infranchissables des castes et des races, elle stipulait expressément au profit de l'étranger, du pauvre, du prolétaire, de l'ouvrier et de l'esclave , le bienfait du repos hebdomadaire.
« Elle disait aux riches d'il y a quatre mille ans, ce que certains riches d'aujourd'hui ont trop souvent oublié : que le travailleur a un besoin impérieux de rafratchissemeni pour I*àine et pour le corps.
< Elle n'admettait aucune réserve, aucune exception à ce besoin de première nécessité, atin que les hommes de loisir pussent se rappeler qu'eux aussi avaient dû commencer par la dure servitude du travail et pouvaient y revenir.
t Elle avait survécu jusqu'à nos jours à toutes les vicissitudes du temps et à toutes les révolutions des empires. Tous les peuples avaient reconnu sa corrélation intime avec les plus chers intérêts de l'homme, avec tout ce qui constitue sa force et son honneur. Tous ^ avaient vu la sanction de la dignité humaine , du respect de l'homme pour Thomme et de l'homme pour lui-même. Tous vénéraient une institution qui servait à ennoblir l'iDielligence et à puritier l'Âme, en mettant un frein momentané , mais périodique, à la spéculation, à la cupidité, aux exigences insatiables de l'intérêt privé. Tous proclamaient à Tenvi la force, la sainteté de cette grande influence sociale. El nous voyons encore les deux nations les plus puissantes et les plus florissantes du monde, l'Angleterre et 1 Amérique du Nord , témoigner par leur prospérité du prix dont Dieu paye, même dans Tordre matériel, les peuples fidèles à la première de ses lois.
«En Franceiau contraire, dans toutes nos villes et dans une trop grande partie de nos campagneSt. le repos du dimanche est violé.
et le culte qui était la conséquence et 'a condition de ce repos, est abandonné ; l'Amo est privée de sa nourriture en même temp» que le corps de son repos; le pauvre, l'ou-* vrier sont livrés, sans défense, à l'influence chaque jour croissante du mensonge et du mal. Nous vivons dans un temps ou ce mal, semé d'abord par les maîtres ue la philosophie, de la littérature et de l'histoire, est désormais répandu, par refl*ort quotidien en mille mains infatigables, jusque dans les plus obscurs recoins de la société, dans un temps où les écrivains les plus populaires oui mis autant de soin à égarer et a dépraver le peuple, que l'on en mettait, dans d'autres siècles, à l'épurer et à le grandir. Et voici
Sue le contre-poids qu'opposait à la raison garée et aux passions émancipées le culte public, l'enseignement périodicfue et permanent do la vérité révélée, infaillible et traditionnelle, ce dernier et trop faible con* tre-poids a presque disparu d'entre nous t Par un raffinement odieux, on a imaginé, dans une foule de manufactures et de magasins, de faire durer le travail du dimanche précisément jusqu'à l'heure où les exercices obligaioires du culte ont cessé, de manière è assurer la liberté du mal après avoir annulé la liberté du bien. C'est ainsi que la profanation du dimanche est devenue la ruine de la santé morale et physique du peuple, en même temps que la ruine de la famille et du la liberté religieuse.
a En présence de ces maux, et sous l'empire de ces convictions, nous avons voulu vous proposer un remède quelconque, un< remècie qui est loin d'être proportionné au mal, mais le seul peut-être que puissent comporter l'état de nos mœurs et les principes de notre Constitution.
« On ne viendra pas sans doute nous opposer le grand principe de l'incompétence de l'Etat moderne en matière religieuse. Sans doute, TElat est incompétent pour définir les dogmes d'une religion, pour expliquer ou pour changer la discipline d'une Église; mais il ne V^si pas pour choisir ou pour reconnattrc la religion que la société professe ou réclame. Il est incompétent pour
(;ouverner la religion : il ne Test pas pour a protéger et la défendre. Loin de là, c'est un devoir strict pour l'Etat que de veiller à la protection eflicace du bien le plusprécieux des citoyens, c'est-à-dire de leur loi et de leur conscience. L'intervention de l'Etat au profit de la religion, quand elle se renferme dans les limites tracées par la nature même des deux pouvoirs, spirituel et temporel, est non-seulement licite et utile, mais nécessaire. Jl en est de la religion comme de la justice, comme de l'innocence, comme de U vérité : celui qui ne la défend pas la trahit ou l'opprime. L'Etat, qui assiste tranquillement a la ruine du principe fondamental do toute société, devient le complice de cette ruine avant d'en être la victime.
« L'inertie de la puissance humaine entre le bien et le mal donne toujours gain de cause nu mal; telle est la suite de l'infirmité
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blCTIONNAmE
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originelle de notre nature. De la port de l*Etat, Tindifférence à Tégard delà religion, ce n*esl |)as la neutralité, c'est la guerre. Et, si ce n*était la guerre, ce serait une chimère et une impossibilité. On a beau dire que TEglise et TEtat, la religion et la société, peuvent rester à côté Tune de l'autre étrangères et non ennemies^ sans s*unir et sans se combattre: non, TÉglise et l'Etat sont unis comme 1 âme et le corps : ce sont deux forces distinctes, mais inséparables* Elles peuvent se combattre, se vaincre, se dominer réciproquement ; mais elles ne peuvent se disjoindre que par la transformation de Tune ou la destruction de Tautre.
« 11 n*y a pas dans Tbistoire un seul exemple durable et sérieux de cette neutralité, de celte indifférence absolue de TEtat. Ce n'est là qu'un de ces rêves tels que là fausse sagesse des modernes en a tant inventé. Cela pourrait être une vérité pour cet homme nbstrait, pour cette nature de convention qu'on nous prêche depuis un siècle, ce n'est qu'un mensonge pour l'homme vrai, tel que Dieu l'a fait et tel que la chute originelle Ta déformé.
« La liberté des cultes, conséquence forcée de notre histoire, de notre état social, et que personne n'attaque, s'opjX)se à ce qug l'Elat prôte sa force a rapplicalion de tous les (:réceptcs extérieurs des divers cultes que professent les Français, parce que ces cultes ne sont pas tous d'accord entre eux. Et, d*ail!eurs. la plupart de ces préceptes ne . sont pas Je nature à réclamer la protection du pouvoir temporeL Mais cette liberté ne saurait être blessée en rien par des prescriplioûs légales, au profitde ce repos hebdomadaire qui est une obligation de conscience prescrite |)ar tous les cultes en même temps.
« Tous les Français qui professent une religion quelconque croient (|ue Dieu , non pas le Dieu va^uo que rêve le rationalisme, niais le Dieu vivant que nos ancêtres spirituels et temporels adorent depuis six mille «ins, a révélé à Moïse l'institution de ce jour de repos. Les chrétiens de toutes les confessions l'ont Qxé au dimanche. Ce ne sont pas nos concitovens israélites qui pourraient s'opposer à la célébration de notre jour de repos, eux, beaucoup plus sévèrement fldèles que les chrétiens aux observances antiques 1:1e leur culte, et qui trouveront d'ailleurs dans notre j}roposition toutes les garanties auxquelles ils ont droit.
« Il V aura donc satisfaction pour tous, excepté peut-être pour ceux d'entre les Français qui ne proressent aucune religion. Nous savons qu'ils sont nombreux , et nous fie prétendons pas leur imposer une foi quelconque, mais nous prétendons les em- |!écher de nous imposer leur incrédulité.
« Nous allons jusqu'à reconnaître que la liberté religieuse, réclamée aujourd'hui par toutes les reli^ous (mais bien ditîérente du ce qu'entendaient par li ses premiers ap<^- (res), peut s'interpréter par 1 absence totale <h) religion, par la liberté de no croire en rien. Mais, cotte liberté de croire ce qu*on
veut ou de ne paà croire du tout obliseà certains sacrifices, li certaines abstentions envers la liberté des croyants. Autrement, la négation l'emporterait sur raffiroiation { les minorités écraseraient les majorités, et cette liberté du néant, réclamée et conquise par l'esprit moderne sous le nom de tolérance» aboutirait à l'oppression de toutes les consciences et à l'anéantissement de tous les 'cultes.
« Cette façon d'interpréter la liberté religieuse par la négation de toute obligation religieuse a déjà gravement compromis Téducntion ofllcieile. Il faut espérer qu'elle no consumera pas les derniers vestiges de toute vie supérieure dans notre orsanisatioo sociale ; il faut surtout essnyer de l'en empêcher»
« Nous avons le droit de répondre aui auteurs de ce genre d'objections : Vous êtes libres, dans votre vie privée, de violer les lois do tous les cultes connus : soit ; mais vous n'êtes pas libres, dans votre vie publique, de violer la foi d'autrui en outrageant les préceptes de son culte, en contraignaot directement ou indirectement voire sem* blable à faire ce que sa foi lui interdit, ou h s'abstenir de ce que cette foi lui commande^ Vous avez le doit d'exiger qu'on s*abstienno de vous imposer une ot)ligation. Mais vous devez à votre tour vous abstenir de gêner les obligations que la conscience impose à vos concitoyens.*
« Nous le répétons : la liberté de croire et d'agir conformément k sa fbi peut, selot nous, se concilier parfaitement avec la li" berté de ne pas croire; mais si Ton vient à bout de prouver ce que nous nions et de démontrer que les deux libertés a'exclurnt mutuellement et qu'il faut choisir, alors nous déclarons sans détour que le choit ne peut être douteux, aucune société qui veut vivre ne peut pas hésiter, et que la justice et la conscience ordonnent également do
f)référer la liberté du croyant à ia liberté de 'incrédule.
« Espérons donc que les adversaires, quels u'ils soient, d'une plus stricte observation u dimanche ne chercheront pins à invoquer la liberté des cultes, et reléguons dans un passé déjà loin de nous cette triste |)olémique soutenue [^r des hommes qui en« tendaient nar liberté des cultes, non seulement la liberté de n'en avoir aucun, mais surtout la faculté d'empêcher et d*cntraver tout culte extérieur, et qui no réclamaient au fond que la liberté du scandale et de I i* vrognerie aux dépens de la sainte et inriola* ble liberté delà conscience.
« C'est l'état actuel des choses qui est on attentat à la liberté des cultes; c'est la violation publi(|ue et permanente du dimanche qui outrage et opprime la conscience religieuse. Elle fait peser un joug odieux sur ta loule encore nombreuse des négociants, des entrepreneurs, des employés et surtout des ouvriers chrétiens. Elle force le oégncianl à transgresser la loi du dimanche, en ouvrant son magasin et eh y restant enfermé sous peine de perdre des pratiques que d'autres
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BBS INDULGENCES.