EFFETS. BES IXI>ULGBNCES PAR RAPPORT AUX VIVANTS
Voici ce que dit ce savant prélat : « Selon Pierre de la Pallu et quelques autres théologiens» Tindulgence peut effacer le piché véniel. Selon le sentiment commun et le seul vrai , elle ne le peut pas. Elle ne peut même pas remettre la peine temporelle due à ce péché, tant qu'il n'est pas effacé lui-même par le sacrement de pénitence ou par un véritable repen^ tir ; car la rémission du péché véniel suppose un changement de volonté et l'effusion d'une grâce qui purifie. Or, l'indulgence no produit ni l'un ni l'autre de ces deux effets ; elle est seulement destinée à compenser les satisfactions qui sont dues à ta justice de Dieu. Les papes ne les accordent pas h une autre intention.
« Néanmoins, comme la pratique des œuvres surnaturelles, jointe à un véritable reçentir» suffit pour la rémission du péché véniel, on peut dire, dins un sens « que certaines induU gences remettent les péchés véniels, parce qu'elles font faire des œuvres pieuses qui excitenjt le pécheur au repentir de ses fautes (1).
« On exptique dans ce sens les bulles qui accordaient autrefois rémission et pardon du péchj& , quaoi k la peine et quant à la coulpe, si tant est qu'il ait existé des bulles ainsi conçues : les meilleurs auteurs l'assurent, d'autres soutiennent le contraire. Le mot péché, usité dans ces bulles , peut aussi s'entendre de la peine due au péché ; il a cette sienificalioadins plusieurs endroits de l'Ecriture, particulière:nent dans le second livre des Machabées, où on lit, chapitre xii, que Judas fit prier pour les morts , afin qu'ils fussent déKvfés de leurs péchés, ce qui ne peut s'entendre que de la peine due à leurs péchés. Peut-être aussi les souverains pontifes entendent-ils la rémission des péchés dans ce sens , qu'en occcHxlant une indulgence extraordinaire, le jubilé par exemple, ils donnent les plus amples pouvoirs d absoudre de toutes sortes de péchés et de censures.
r* Question. — Quelle est la valeur réelle de la peine que VindtUgence efface devant Dieu^
« L'indulgence plénière, si elle était gagnée et appliquée dans son étendue , effacerait toute 1^ peine due aux péchés que Ton a commis jusqu'à ce moment ; de sorte que si Ion mourait imcaédiatemept après favojr çagnée , on irait droit au ciel. Mais il est impossible de savoir quand une induli^ence plénière est gagnée dans ce degré de perfection. Il est plus difficile encore de savoir au lusle la valeur d'une indulgence partielle; car son effet dépend de la nature des dettes qu une personne a contractées envers la justice divine, des dispositions où. eHe est, du degré de piété et de ferveur qu'elle apporte dans l'accomplissement des œuvres prescrites ; or, tout cela pauvant variera i'inGai» nous ne pouvons rien assurer de positif (2).^
« 11 est d ailleurs certain qu'en accordant un nombre déterminé de jours, de semaines ou d*aQnées d*indulgences, le Pape ne [irétend pas abréger d'autant numériquement les peines
(t) Muccarelii est très-expliche à cel égard {Voir çhap. v).
(1) H est bien rare de gacner une Indulgence plr- Hfére dans toute sa plénitude, parce qu*il est rare «a*on y apporte des dispositions assez parfaites. A ne Uiui pas firrdre de vue, en effet, que rinduU geacd n*esl autre chose que la rémission de la peine due au péché, et que cette peine ne |^ut être remise iia*ao|ant qo^ le pcchié lui-méaie a de|jtéié pardonné. M suit de la que, pour gagner une indulgence plé* uière dans toute sa plénitude,, il faut non- seulement être en état de grâce, mais encore ayoïr oiMcnu U rémission de tous les péchés véniels que Ton a pu commettre : car ces péchés, qui sont bien loin d^èlre aussi légers devant Dieu nue nous nous Timaginons souvent, méritent aussi ues peines. Nous nie |iouvoos en obtenir b remisCt si nous n^avons pas lûncérement détesté ces péchés pour ea recevoir le lardon. Or, je le demande, trouve-t-OA aujourd'hui
beaucoup de olirétiens «pii étendent leur contrition Jusqu'aux plus petits péchés véniels T Ne nous laissons pas cependant décourager par b pensée de dispositions aussi parfaites, et surtout quelle ne nous empêche jamais d*essayer de gagner les indulgences que TEglise nous offre' ! Elle ne doii servir» an contraire, qu*à nous faire concevoir uaehiste itléc du péché véniel, à nous en inspirer une salutaire horreur et k nous engager à le détester sincèrement. Avec de telles dispositions, si nous ne gagnons pas encofv Tindulgence plénière dans toute sa pléniUide, nous pourrons espérer du moins la remise d'une portion coiisidéralile des peines dont nous sommes déUtours envers la justice divine, et Tincertitude où ncras sommes toujours d'avoir acipiis Tindulgence dans son entier ne fera que nous animer plus souvent à recourir à ces trésors iuapprcciahips de grika*s et dfi mjséricordei. {Note du traducteur du lUccoirT^l
(lu pargaloire. Son intention est de remettre la portion de h peine duc au péché cfu^auratt peroise la pénitence canonique fidèlement accomplie pendant co temps. Les Souverains Pontifes ajoutent souvent h un certain nombre d*années d*indul^ences un pareil nombre do quarantaines, pour indiquer que la rémission do l'a peine temporelle, qui correspondait à la pénitence canonique ordinaire, ils ajoutent la rémission de la peine correspondante à la. péniteDce spéciale du carême pendant les années déterminées.
c Quelle est la mesure de cette peine? Nous ne le savons pas. Quarante jours d'indulf;ence, bien gagnés, remettent-ils seulement quarante heures de souffrances dans rautrevie ? Nous Tignorons, et nous chercherions inutilement i le connaître. Les jugements do l>ieu sont un abime impénétrable ; nous devons les adorer et les craindre, sans nous mettre en peine de les comprendre. Nous savons que Tindulgence est un moyen de nous les rendre favorables, ou d'en diminuer la rigueur; cela suffit pour nous engager à y recourir. Peut-être des indulgences de longues années, des indulgences plénières réitérées et muliipliées ne nous délivreront-elles pas encore entièrement de la peine due à nos péchés ; n*iinporte, si nous sommes prudents, nous nous efforcerons do les gagner le plus souvent et le plus parfaitement que nous pourrons. N'obtinssions-nous qu'uie petite diminution à chaque fois, combien cette portion ne devrait- elle pas nous paraître précieuse , si nous na la considérions qu'avec les yeux de la foi (1). »
Nous complétons et nous fortifions les paroles de Tévèifue du Mans par ces pages de- Bossuet. Après avoir cité quelques décrets du saint concile de Trente, il dit :
« Tout ressent Tantiquite et la piété dans ces décrets du concile , et Ton ne peut assez aJmirer la sagesse de TEglise ni la pureté de sa doctrine.
« On voit, premièrement, que le saint concile ramène tout aux usages anciens et approuvés, dans TEglise et dans les conciles ; or, est-il vrai aue l'esprit des anciens conciles, et entre autres du concile de Nicée , est d'accorder l'indulgence a ceux qui récomnenseront par l;i ferveur ce qui sera relâché de l'austérité ; par conséquent il parait que^c est encore aujourd'hui l'intention de l'Eglise que les fidèles entrent dans cet esprit, et qu'ils aiment davantage, lorsqu'on leur remet davantage, selon que Jésus-Christ Ta prononcéde sa bouche.
« Secondement, le concile souhaite gu'on m'odère les indulgences , de peur d'énerver la discipline ecclésicutique : ei^ sans nous jeter dans des discussions qui regardent le soin des pasteurs, il n'y a rien de plus efficace pour prévenir ce funeste affaiblissement de la disci- |)line que de faire entrer les fidèles, par le moyen des indulgences , dans cet esprit de fer^ veur SI conf )rme à l'Evangile et a toute l'antiquité.
« Ce qu'il y a de plus remarquable dans le décret du concile , c*est que sans déterminer m (]uot consiste précisément Tutilité de Tindulgenue , il se contente de décider qu'elle est utile et salutaire. Co n'est point pour en rabaisser le prix qu'il en a parlé avec cette réserve^ comme les profanes et les hérétiques le pourraient soupçonner; à Dieu ne plaise 1 mais c'est, au contraire, qu'une des plus saintes préparations qu'on puisse apporter à rccevoiv Tiodulgence, c'est d'entrer dans cet esprit d humilité , et d'accepter les grâces de l'Eglise aimme elle les donne, sans rechercher trop avant ce qu'elle ne trouve pas à propos d'expliquer. Il y a dans cette réserve une retenue qui plaît à Dieu, qui honore son Eglise, qui
exerce f* '""' ** ^'"'' '' * * " ''''" ' ' *^~ ^'''^* '" '""' — '*'^"* '-•'-"'
théolog
ferme foi, avec le concile, qu'il ne se peut qu
si authentique et si solennelle.
« Je fiarlerai au Seigneur mon Dieu, quoique je ne sois que poudre et cendre, et, sans sonder son secret, j'oserai lui demander : Seigneur, qui avez parié dans les saints conciles , dans celui de Nicée, dans celui de Trente, comme dans toutes les autres assemblées de votre Eglise catholique, c'est en votre nom et par votre autorité que le premier a ncjmmé l'indulgence une humanité, unedouceur ; j'ai aussi entendu la doctrine du saint concile de Trente, concile des derniers temps; mais vous présidez par votre Esprit saint aux derniers ronime aux premiers temps de votre Eglise catholique, dans laquelle et avec laquelle vous avez promis d'être toujours.
« La doctrine de ce concile est que Tindulgence est très-utile et très-salutaire ; mais, 6 Seigneur 1 quelle serait cette humanité et cette douceur, si, en exemptant les fidèles des rigueurs de la justice de TEglise, ce n'était que pour les soumettre à de plus grandes rigueurs dans la vie future ?0 Dieu, j'ai appris de vos saints (2), que tous les supplices de c<»lte fie ne sont rien en comparaison de ceux que vous préparez dans le purgatoire aux âmes q[ui ne sont pas encore assez épurées pour entrer dans ce royaume éternel où rien de souillé ne trouve place. Mais d'ailleurs il est véritable, par la sainte et inviolable doctrine de votre Eglise catholique, qu'en subissant les travaux de la pénitence avec toutes les dispo^ sitious que vous demandez, on est ramené, comme par un second baptême, à la pureté de sa première régénération. Si l'on peut, par ces salutaires rigueurs, parvenir à un si heureux et si parfait renouvellement, ce serait mal récompenser la ferveur des pénitents que de leur épargner les peines qui les auraient si parfaitement régénérés, sans leur laisser IVspérance de venir, par leurs regrets et en profitant de Tindulgence, à un semblable état. Ainsi on ne peut douter raisonnablement que rindul^jcnce ne serve à nous décharger des
11) Mgr n<Hiv., patsim, (2) Aug. tft p*aL ixxvii.
155 L>iIhUUtCTIU«. I5T
peines lie Tautre vie et du purgatoire. Que seri de nou$ oitjjeUer que les péoUences quW exige daos les indulgences et les jubilés sout trop légères pow fair« une raisonnable compensation des peines de Tautre vie, puisque iaot de graves auteurs* dont oo a vu» quelques-uns élevés à la chaire de saint Pierre, onX enseigné que les œuvnes pépilentielles qu'on donne, comme pour matière nécessaire à J^indulgenoe, quoique petites ta ellesniêmes, sont tellement rehausjsées par raccroissemeot de ferveur que rindulgence inspire AUX saints péuitents^ qu*a3Sociés au prix infim du sang d<i Jésus-Christ, et aux mérites des saints, par la grâce de Tindulgenee, elle peuvent être relevées jusqu'à produire une parfaite purification 7
s Dans qu«l degré faut^il que soit cette ferveur, pour produif e un si grand eflM, bous n*avons pas besoin de le savoirs il suflit à Thoinme, sans vouloir être plus savani ni plus 5age qu*il nefaut, d'allumer autant quMI peut dans son cœur celle sainte aideur,.etd*aiiafldonner Je reste à la divine miséricorde, qui sait la mesure qu'elle a donnée à ses bienfaits. Saint Jean dit (^ue la parfaite charité bannil la crainte {I Joa». iv, 8^. Cela est ccr< Inin, puisque! est prononce par un apôtre. Mais si l'oa voulait raisonner sur le «dosré où la charité atteint à cette pcriection, on se jetterait dans une curiosité noa^euTenient inutile, mais encore dangereuse. Qui sait aussi à quel d^ré doit être un acte d'amour pour unir l'Âme si parfaitement avec Jt^sus-Christ, au'il soitcapabledela transporter auciei, sans passerpar lepuigatolre? 11/ a pourtant undegré où celaest ; mais il n'est na^ nécessaire ciu'il nous soit connu. Il j a aussi dans l'exécution des œuvres pénales auxquelles on attache 1 indulgence» un degré de ferveur qui absorberait toutes les peines de la vie future. C'est ce degré de ferveur que ces mêmes docteurs ne permettent pas de déterminer: et, quoi qu*il en jsoit^ il est certain qu'on a toujours besoin d'indulgence; qu'elle a toujours sou uLiLilé; uu'en elle-mômc cUo est toujours efûcace, et qu'on ne peut attribuer le manqueraient oula diminution de son etTet qu'à sa propre indisposition et à sa propre langueur.
« Quiconque vou Ira donner un A^tTet encore plus grand h rindulgence, il le pourra, pourvu qu'il n'en fasse pas une occasion de rèlAcheJseol, mais qu'il soit toujours attentif» selon lie précepte tle l'Evangile, à aimer d'autant plus qu*il croira qu'on iui accorde uu grand jmrJou.
« Mon Sauveur, pontife éternel selon Voi^dre de Melclnsédech, toujours vivant dans le eicl afin d'intercéder pour nous, je viens i l'indulgence de votre Eglise qui est la vôtre, en toute humilité et simplicité, sans disputer ;$ur vos dons9et avec une ferme foi que cette indulgence m'est très-utile, très-nécessaire, et en même temps qu'elle est très-puissante et très-eOicace ; j'y viens avec le dessein d'accroitre en moi votre amour. 11 sera toujours véritable qu'un remettant davantage vous voulez qu'on aime davantage. C'est le canon fon> damental de la pénitence ; c'est la règle que vous avez prononcée de votre sainte et divine bouche dans votre Evangile* Vous en avez lire la confession de la bouche froide et dédaigneuse d'un pharisien, plus lépreux encore dans l'Ame que dans le corps; ce superbe ne voulait pas laisser approcher de vous les pécheurs humiliés et pénitents; mais moi» je fends la presse, je viens a vos pieds, et ne vous quitterai pas que vous ue m'ayez béni, que je n'entende de vous cette douce et inestimable parole : i^^usieur^ p^cA^j lui 9qiU remiif parce au'elle a beaucoup aimé: et encore: Celui à qui Vom pardonne plue aime plus iLuc. XII, S7}.
c Mais vous avez dit que si l'on vous aime, il faut garder vos coromandrnKHits, et les garder par amour. C'est par les œuvres et non point par les paroles, ni inéioe par les sentiinents que l'on moutre qu'on vous aime. Ainsijem'atlacfaeraiàvotreloi; je la trépasserai nuit « t jour dans ma pensée : en m'endormant, en me r(^veiliant, soit que jîe ^oti aanê nm mai- 3on^ ou que je marche dam le chemin (fieuS. vi, 7j : c'est-à-dire, {^oit que i'agisse« soit que jt? demeure en repos, je no la perdraijamais de vue : Elle m'accompagnera tmnêmesvoyagee: elle me gardera dan$ mon sommeil ; à mon réveil^ dis le point du jour^ je m'entretiendrai avec elle* fiomme disait SalojDon {Prov, vi, 22, 23), parc« que votre -commondemeni est un flambeau devant mes yeux: voire loi est une lumière qui me réjouit et me guide, et les çorrectioets que j'y reçois de votre bouche paternelle sont ma vie.
« Percez-moi le cœur des traits de votre divin amour : Brisez ce c(Bur endurci par une sincère et parXaile contrition : ôtez*iui ce qu'il a du sien» et créez en moi un frceur pur , un cœur nouveau, qui soit tout à vous^ afin que je dise, xmit et jour : Votre volonté soit faite ; cor c'est là Je vrai exercice de l'amour divin (1). »
11* OcBsnoiv. «^ Que faut-il penser des indulgences de dix^quinze^vingt^ mille ans et même
davantage ?
Mgr Bouvier répond : « i^'Un décret de la congrégation des Imlulgences, du 7 mars 1678, condamne, comme fausses ou apocryphes des indulgences de quatre^vitigt mille ans, copiées sur un vieux tableau qu'on disait être gardé dans l'église de Sainl-Jean-de4^atran.
« 9* Benoit XIV (2) dit qu'en général des indulgences accordées pour des milliers d'années
il) Boisuat, Méditations sur le Jubilé, jinprobakiles esse coooes&lonas indiilcenijaniaB mil*
2) PosMuam inulU erudilSone loto illo opère Icuoruiu anuonim ; eoaiie roagis quod Mserue eon-
^oiDonstravU (Thotnasius) qtnifiia moderallone usi cessiones picnimqiic ad va tenipora refenuiiar, qui-
fiint Bomanl PontiUces în indtrigrnlilH concedendis, bas maxime vi(;uii pr^inemorala nioderallo. (D€
qiias sci icet pauconim pleramqiie annoroni largiri Synodo diœcesana^ I. xiii, cap. 18, n. 8.) Voir iiou
siiilelianl, sapicnter concradU liicrcdHiiles ac plane siiiv.
tST
INTRODUCTiaN.
sont de pores fidtons, et ne doirent point être atlrilmées au Sâint-Siége. H reporte» au même endroit» le ti^moigQege du vénérable cairdinal Tomasi, béaliOé en 1803» savant trisdiftingiié^ qtii assure que les Pontifes romaios n'aceordent, pour Tordinaire, que des inéttigeoces JCxuk petit nambre d'années; il le loue de ce qu'il regaitle comme iocroyAbles cl loiJtà (ait improbables les indulgences de milliers d'annéet; (1).
« 3* ToBiciois ces indulgences pourraient être d'une mmndre étendue que Tindiul^nco plônière. Car, supposons d'une part un péché qui mérite d!x ans de péodteoce canonique, elderattlre,unhomiDe quû pendant trente on Quarante ans,aura,p(ir des adt» fréquents extérieurs et iftlérienrs, multiplié 9on péché au aeli du nocnfaire des cheveux de sa tête, selon lelaogaeeduPropliète« quelle serait la soflime des années de pénitenee canonique que ce péeheur aurait à faire pour s'SHMpjitter sux yeux de TEglise 1 Le total serait elGrayant.
c Cependant wn homme <|ul attralifeurni cette immense earrière, serait-iJ quille enrers ta justice de Dieu? Rien ne Je garantit, puisque nous ne connaissons point le rapi)ort qu'il y a entre les pénitenoes canoniques et la dimiBniion des peines do i^autre vie. Oependant BOUS tenons c|ii*une indulgence phéuière, parfaitement ga{^née, acquiiteroit cette dette tout entière. Ainsi, ponryn que les iudni^cnûes parlielies soiemtliien authentiques, nous nt> deneas pas les condamner sous prétexte qu'elles sont trop longues; autrement il faudrait» condamner aussi les indulgences plénières (â). »
Voici ce aue dit le P. Daniel sur la môme question :
c Quand I Eglise donne de ix cents ans^ ou milleans,toupiusd'ind<itgeiices, plusieurs quarantaines, il fautsayoir« pour comprendre Ja raison d'une iiareilie eonduite, qu anoionnement lesévCques imposaient dix années de pénitence, quelquefois plus,, pour certains péchés publics scandaleux : ils donnaient des pénitences de quarante jours au pain et & l'eau, pour d'autres pécliés moins considérables. Observons que Ton commençait les grandes pénitences, de sept ou dix ans par ces quarantaines d'un si rigoureux jeûne, pour y péparer les pécheurs; et cette quarantaine se nomma d'abord carentia^ ou carenna par corruption de langue, comme qui dirait privation ou manquement de nourriture; et de là est venu notre mot français de carême ^ c'est-à-dire jeûne et abstinence de quarante jours. Quand les évoques voyaient ces pénitents bien contrits, et qu'ils acceptaient avec autant de ferveur 4|ue d'humilité leurs pénitences, ils commençaient par leur remettre cette qunrantiiinc do jeûne, d'où est venue notre indulgence de quarante jours.
« Pour les indulgences de deux cents ans» de mille ans et autres pareilles, en voici l'oricine. Quiconque était tombé trente ou quarante fois, plus ou moins, dansées péchés enorraesy pour l'expiation desquels l'Eglise imposait dix ans de pénitence, était redevable à la justice divine et k l'Eglise de trente ou de quarante pénitences de dix années djacum%
(1) Il nous semble utile de prévenir Id tes fldêles «i*iU doîvenl, en général, se méfier de rauthenlicité oe orUines hifliflgeiwcw demiUe, dix mille, cent mille a>u que i*on Ironve indiquées dans eerlaios recueils, ftaas prétendre les condamner toutes comme apocryphes, nons nous conienierons d'insérer ici ce «ue dii à ce sujet Benoit XIV, dans son ouvrage du dywfe diacéêuia^ iiv« xni, eb. 18, n. 8, loin«ii faiuniob«erT«rqiiece qui est conienu ilans ce tivre Me iloii |»as être considéré comme des <1éc«sions du Cbef de I^Egtise. mai» •senlcmeni comme les o|iinioii» ifiio docteur particulier^ ain«î que ne Souv^rain^ Piitilîrc Tanuoncc lui même dans sa préface.
t On trouve, dil-il, des indulgences de milliers d années, que l'on dit avoir été accordées par les
SuuTeraina Pontifes <}epenilant Sotus, sent. 4,
dist. iO, qnaesl. i, ne craint pas d*adl8mi<fr que ce ne ■ont que des inventiona. Ëstiits, aeiU. 4, dist. 20, iie, dHposfltîveoienl que de telles conoessioas Mul (josces Ci iuvantées à pJai&ir, et que Ton no dott jiuUefoeut les aurjbuer ;iu Saint-Siège ; enfui, le véoérablc cardinal Tbomasius^ tome VTl de ses ouvrages, après avoir démontré avec beaucoup d*éniditiotB que Us Souverains Pontifes ont toujiHirsusc d*ane grande modération dans la coiieession des indal^eoces*. qu*ils avaient coutume de n*étendpeqn*à mu |etUDOiDbrcd*ajjiiées,eiuidut sagement que des coucvsMons «Tindulgeuces de mille ans sont incroyables et trnit à f:iit iiiiprobabûs; etceb, (faulanl plus que la pliip;indecessorteA de concessions se rapportent à des lt*nîp> oè oetle iMOdcralloa était te plus en vigueur. ••
%ii*it mm soii .permis d*ajonler qnecas ifidulfeiioes de plusieurs mille ans sont tout à fait pn>prios a déOMimer lob fidèles de s'appliquer à f ^er cetfes qui sont vraiment auUieniiques, et qui, ci ordinaire, ae dépassent pas nu petit nombre d*iinnces, ou mémo fec bornent à un ceriaio nombre de jours, ibas
tout Je rectiell doni nous publtcms Ici la irailucfion, les indulgences partielles les plus fortes, dont il soit question, sont de cent et de deux cents ans, et en- Gore on n*en trouve qu*un bien petit nombre de ce jgeore. (Note dn traducteur du uaccolta.)
liO Manuel de l>yon dit aussi : Doit-on croire facilement à toute sorte d^indutgences, et surtout à relies qu*on nobtie dans les mes et sur les places publiques ? Et il répond : Non ; il en est un grand nombre d*apocr]rpbes et de fausses, contre lesquelles 00 ne saurait assez se prémunir, suivant la reeominajiJatÎAn ^ae TE^ise elle-même nous en fait par rorg:iuc de ses SouYej:aiiisPojiiiles,el entre autres de Benoit XIV d;iiv5 sou ouvrage De iynodo dîœeesanu. Les iadnlgences, juir exemple, qui anuoneent les vîiigt, les cent mille ans et plus de pardon ;. celles qui «lélivrenl tant d*àme>s du purgatoire ; celtes qui, quoiqaetrès^endueStSont aitaebces, même pour les persunnes en bonne santé, à des pratiques 4rès-couries ei très-faciles; celles , à plus forte raison, qui préserveat de Ja foudre et du tonnerre, sont entièrement fausses et ne méritent aiiciuuî croyance. Il en C:>tde mémo de celles dites jusi}u*ici de saint Hubert, de sanile Geueviévc de Bniluiiit, du Satni-Stiaire, des cnux deCaravaca, de la mesuro du pied de la sainte Vierge; de celles qiron appuia sur les révélations de sainte Brigitte, de sainte Melcbtilde, de sainte Elisabelb ; de celles du pcti^ livre intitnté : La Ctef du Paradi% et ie Chemin dtk CiW, et semblables : louies ces indulgences sont eliimériqiies et ne peuvent tromper qne les simples*. •On doit prendre poiir règle générale de ne reconnaître d'autres indulgences que celles qui sont indi-^ quées dans des livres appriiuvés par los supérieurs, ecclésiastiques, ou qui sont proposées par une auluir rilé incontestable.
(i) Bouvier, p. 30.
159 INTRODUCTION. i<(h
qui faisaient quatre cents nnsde pénilimce qu'ils auraient eus i souffrir, $*ils eussent «utaot vécu, et consequnnnient dont ils devaient expier le reste après leur mort dans le purgatoire, sinon pour la durée dos peines, au moins pour la rigueur. Ceux qui avaient commis. dix fois de ces péchés, pour lesquels on imposait quarante jours de pénilen6e« étaient redevables à la justice de Dieu de dix quaranlaines, et devaient jeâner. porter la haire, coucher sur la dure, selon les canons, respace de plus d*une année, c'est^à^Klire environ trois, cent quatre-vingt-dix jours.
« Cela ainsi expliqué, je dis, avec le savant cardinal Bellarmin, que quand Il^lisc accorde deux cents ans d*iudu]gences, et conséquemment indulgences non plénières, puisqu'elles sont limitées, quand elle donne dix quarantaines et autres semblables, c'est comme si elle disait : Je vous remets, par l'application des mérites surabondants de Jésus-Christ, toutes les austérités que vous mériteriez de pratiquer l'espace de deux cents ans, de mille ans ou plus, si vous aviez autant de temps à vivre sur la terre. Je vous remets tout ce que vous en mériteriez pendant dix quarantaines, qui montent k plus d'une année de pénitence.
< Celte Eglise, pour s'être relAchée de son ancienne sévérité par une charitable condesrendance, n a pas perdu le droit de revenir, quand il le faut, à ses anciens usages. C*e$t donc pour accélérer la béatitude de ses enfants, en achevant la pénitence qui doit les acquitter entièrement envers Dieu, que l'Eglise leur accorde de temps à autre la rémission des peines qu'ils devraient souffrir selon les anciens canons , et qui leur restent à expier après que leurs péchés sont remis par la pénitence. »
Iir Question. — Lindulgence exempte-i-elle de l'obligation de faire pénitence?
Nnllemenl , disent tous les théologiens : car 1" la jpénitence est commandée k tous les hommes sans exception ; 2" nous devons imiter Jésus-Christ et les saints, dont la vie a été une pénitence continuelle; 3" Tindulgeuce ne s'accorde que sous des conditions onéreuses, qui sont elles-mêmes, dans un sens, des œuvres de pénitence. L'indulgence est donc un moyen d'aider le pécheur dans les satisfactions qu'il doit k Dieu, en suppléant k son insuflisance, et non de le délivrer de celte obligation.
Un grand nombre d'hommes ont tellement multiplié leurs fautes, ou en ont fait de si énormes, que des siècles entiers de la plus austère pénitence ne les acquitteraient pas: Dieu leur commando de faire ce qu'ils peuvent, et l'Eglise va k leur secours, en leur présentant un moyen d'augmenter leurs satisfactions par la voie des indulgences. Les indol- S^ei!ces, ainsi entendues, sont inGniment précieuses ; mais elles n'dtent pas l'obligation de aire pénitenoe.
Comme c'est principalement sur ce point que Timpiété et l'hérésie ont calomnié l'Eglise, il importe de montrer que l'indulgence n'est point, ainsi qu'elles le répètent, une ^provocation au péché,.mais au contraire une excitation k la pratique des vertus. Ecoutons d abord les commentaires et les réflexions do Bossuet.
I"* Conriii^ATioit. — iBiliilgeuce de iésiii et premièremeDl envers celte qoi oignil tes pieds ( I )»
PuwaMj I « Noire-Seigneur en êoHit Luc^ c. tu, 41, 47.
« Considérez k ses pieds la sainte pécheresse, et voyez comme elle y reçoit en un instaal une entière rémission de ses péchés : c'est que sa ferveur et un amour ardent lui avaient fait souffrir tout d'uxi coup dans le cœur tout le martyre de la pénitence: vous le vo.\e£
Iiar s^is pleurs et par ses regrets; par la honte où elle s'expose, et par la bassesse de ses lurobles pposternements, Jésus lui remet beaucoup^ parce quelle a beaucoup aimé ; et il nous^ assure en même temps que recevant beaucoup par un grand amour, elle apprenait k aimer encore plus. De deux débiteurs^ demande Jésus, lequel est-ee qui aime le plue? Celui à gaî on remet cinq centi deniers^ ou celui à qui on en remet cinquante? celui k qui on rumel une plus grande dette, oucelui k qui on eu remet une moindre ? On lui répond : Ce$t celui à qui on donne le plus ; et Jésus dit : Vous avez bienJMgé. Ainsi cette pécheresse aimait d*autaol plus qu'elle attendait une plus grande grâce, et après Tavoir reçue, elle redoubla son amour. C'est Ik le vrai caractère et le propre effet de l'indulgence, a proportion qu'elle est grande, de préparer le cœur k la recevoir avec un plus srand amour, et d'être suivie encore d'un plus çrand amour après que la giâce est accordée. Jésus-Christ conOrrae l'un et l'autre: Deaucoupde péchés lui sontremis^ parce quelle a beaucoup aimé: voilk un grand amour, qui précède la grâce du pardon : Celui à qui on donne le plus, aime le plus : Voilk un plus grand amour, qui suit une plus grande rémission et une grâce plus abondante»
PMÉMBS, APFIcnOKS BT ftiSOUTTIOIIS.