‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 95 sur 370 · CHEMIN DE LA CROIX · texte numérisé non relu

CHEMIN DE LA CROIX

S l'\ — Origine de l'exercice du Chemin de

la Croix.

Dos voyageursqucleurpiété(l), dit Léonard de Porl-Maurice, attira sans interruption dans la terre sainte, dès les premiers siècles du christianisme jusqu'à nos jours, assurent que la dévotion nu Fia Crucis ou Chemin de la Croix, reuionte h la naissance de l'Eglise. 1 s sont nombreux, ils sont recommandables. Une sage critique ne les dément point (2).

(1) Le iO uoâl 1822 Mgr rarclievéque de Bonleaui a obtenu |>nur le Via crucis^ ou Méthode pratique du Chemin de ia Croix, diaprés Fonvrage du bienheureux Léonard de Porl-Maurice, 1^ indulgences allackèes au pelil livrcl de Pierre Bombelli approuvé par U sacrée congtégaiioii. Cel excelleiil ouvrage esl rccomman Je par nos seigneurs les archevêques de Piris, de Bordeaux, de Rouen, etc.

(2) < Il est certain, dit M. de Cbateaiibriand, qne les souvenirs religieux ne se perdeni pas aus^i f-KÎleineiit que les souvenirs purement histori<iUi*<». parce qu'ils sont livrés à lotit un peuple qui l«^ transmet niacliinalement à ses (ils; et si la moindre iic\iation devient une hérésie, ii est probable que Umi ce qui touche à la religion se conservera d'âge c/h âge avec uue rigotireu^e exactitude.

Les voyageurs do la terre sainte ont été en eCTot puissanimt*nt aides dans leurs observations par i>» traditions sûres, dont rien, pour ainsi ilire, n*a interrompu le fil. Qu'on rentarqne bien t*alieitlion fl<* la divine Providence : Pendant les 240 ans eiivinni qui s'écouLTent depuis rincemiie du Temple jnsq'** la coavorsion du grand CoiisL.ntin, IV^Lmt do Ji.a-

CIIE

DES INDULGENCES

CHE

Ed offety plusieurs monuments se réunissent aux conjectures les mieux fondées, pour attribuer l'origine de celte dévotion à ceux

nlem fui gouvernée par des patriarches, parTeniis I3 plupart a une vieillesse, très-avancée. Ainsi s;)lni Narcisse, qui vint au monde sur h fin du pren:ior siècle, el qui mourut &gé de i20 ans, Tan 216 de noire ère, avait vécti avec saint Si méon, cousin de Jôsus-Gbrist, et comme lui crucifié par ordre <ie Trajan, à Page de 120 ans, Tan 106. Saint Narcisse arait clioisi lui-même pour son successeur saint Alexandre de Flaviade, qui fut martyrisé extrêmeneni vieux, en 251, après avoir formé à Jérusalem uoe bildiolbèque considérable, composée des écrits et des lettres des plus illustres personnages (n), bc saint Alexandre à saint Macnire, élu en 31 4, et 800S lequel on retrouva la vraie croix, il ne s'est pas écoulé un si grand nombre d'années que les eooteinporains du premier n'uicnt pu être aussi les coatemporains du second.

Cette remarque reçoit une nouvelle importance dfs paroles de saint Cyrille, pilriarclie de la môme Tille, en S5I ; il assure que, dans les premiers temps, 00 avait toujours Tattention de cboisir des Hébreux ptHir remplir ce siège, et que les quinze premiers raiaient été.

c Voici, disait alors le même patriarche à ceux qa*il préparait au baptême; voici les témoins qui rendront votre cmivictioii inébranlable : c'est le prétoire de Pilule que la puissance du Christ, attaché à la croix, a changé en solitude : c'est celte émiiience sacrée du Golgolha, qtii présente encore aujourd'hui à vos regards les rocb *i'S brisés à la mort deiésus-Clirist; c^esice sétHilcre voisin où le corps frit déposé; c'&ït ceue pierre roulée à l'entrée du i>épulcre, el qui, justpi'à ce jour, est deuieurée en face du monument. Celte pierre est un témoin irrécusable contre les Juifs : car tUe a vu le Sauveur, et elle atteste sa résurrection, pwisiprrlle est restée, jusqu'à ce moment, au lieu niéiue où l'ange la laissa.

« L'ouverture du rocher, dit- il encore, indique ipi'il y avait un caveau à rentrée du sépulcre; et re caveau était taille du même roc, comme on le pRiliqiie encore dans ces coiilrées, à rentrée de tons les monuments. On ne peut point l'apercevoir maintenant, parce qu'il a éui détruit, pour y placer ces ornements et ceUe maguiliccnce royale dont TOUS voyez aujourd'hui le saint sépulcre décoré.

c Prés du rocher où Jésus-Christ Tut crucifié, ^■jouie Iril, il y avait un jardin ; et quoique ces lieux s^iicnt aujourd'hui enrichis de celte magnificence qui n'iipliartient qu'aux plus grands rois, ce n'en était p;<s moins un jardin anciennement; il en reste encore assez d'indications et de vesiigc^s pour s'en asMirer. Et ce temple où nous sommes (l'église du Calvaire) ne jiorte pas le nom d'église comme les autres; ni:iis il est ;tpi>o!é Marltjrion (témoignage), comme le Prophète l'avait prétlil (b),

« Selon une traduction respectable, dit Adrichomc (r), la sainte Vier,e, qui avait suivi jus<|irau (lilvaire les traces sanglantis de son Fils, et qui les rcMi encore en quittant le sépulcre, a parcouru la première, par dévotion, le Chemin de la Croix, après IVcensiou de Jésus-Christ; les chréliciis s'y rendaient en foule à sou exemple; et c'est de là que •cniit venu le pieux usage d'y aller avec la croix, en procession solennelle. Pen(!ant tout le temps qp'elle vécut, dit s:»iiit An.Iré de Crète, elle parcourait sans cesse les lieux où son Fils avait prononcé •{oelque parole, ceux qu'il avait consacres parquelqiie

la) Od., S octobre.

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'u fiii'êauruii.rnc tan. la:.

qtii avoicnt le plus aimé Jésus, el Jésus crucifié; à ceux qui avaient le mieux connu son amour pour les hommes, c*est-à-direè ses apôtres, èsesdisciples, auxsatntes femmesqui ravaient vu victimedesonamourpourDieu, victime de son amour pour nous. Le Sauveur du mondeD*étaitplus«iu milieu d'eux, réjouissant et embrasant leurs cœurs d'une seule parole; et leurs cœurs, pleins de souvenirs, les ramenaient sans cesse aux lieux qui avaient été les dépositaires de ses derniers soupirs, et qui, rougis de son sang, semblaient encore attester sa présence.

Le chef des apôtres, qui aima Jésus d'un amour si ardent ; le disciple vierge, favorisé de la dilection particulière d'un si bon maître; tous ceux qu'il avait admis h l'intimité de sa conâance, y revenaient, dit-on, chaque jour, à l'exemple de la reine des vierges, la plus privilégiée et la plus généreuse des mères.

Convertis par les apôtres, la plupart des nouveaux chrétiens étaient sur le point do retourner dans leur patrie. De JéiMisalem , où, pour la dernière fois, les avait appelés un culte expirant, ils allaient se réfiandre dans l'univers, et apporter partout les premières étincelles de la foi ; mais, avant de s'éloigner, ne voulurent-ils pas suivre leurs maîtres sur le Chemin de ta Croix^ el contempler, eux aussi, à loisir, les lieux témoins de tant de souffrances? N'allèr<'nt-ils pas y pleurer et y méditer sur les souffrances de )*Homme-Dieu ! Quel meilleur moyen de retracer ces prodiges d'amour, que de voir de leurs yeux, de toucher de leurs mains, les rochers, les édifices, le sol que le Christ, mis à mort par son peuple, avait consacrés par son sang I

Anlioche, Corinthe, Rome, Alexandrie [Àcl., XI, 19, 20, 22, 26; xviii, 2, 2i; XXVIII, 16,25, 26), apprirent bientôt la mort, les vertus, les bienfaits, la morale du nouveau Législateur que Dieu avait envoyé aux hommes. Combien, dans ces villes savantes et superbes, ne dut-il pas se trouv( r de pcr-

action, aussi bien que les lieux où il avait été chargé de liens et cloué à la croix, où il était ressuscite et où il monta aux cieux (d) ; elle les mouill.iil «le ses larmes, et y appliquait a\ec ardeur ses lèvres virginales (e) ; cl en méditant rréquiMiiment sur les plaies de ce Fils divin, elle les visitait sans inlcrruplion (/*). I

Il paraîtrait n ême que cette Vierge sainte ne voulut jamais s'éloigner de ces lieux, et qu'elle fixa son tombeau près decesvestigeftsichers et si vénéra!)les; du moins, l'opinion des Pères qui pensent qu'elle mourut à Jérusalem, est la plus probable. On y montra son st'pulcre à saint Guillel»aud; en 740, il était ville, et fcituc dans la vallée de Josapliat, an p ed du mont des Oliviers. IVnIc le place dans le môme lieu, ainsi qu'Adamnam. Parmi les Grecs, saint André de Crète, qui florissail dans les vu et viii* siècles, dit que la sainte Vierge vivait à Jérusalem sur le mont Sfon, el qu'elle y mournt. Saint Germain, patriarcbo (le Constanlinople, assure la môme chose (9).

(d) De Dtrnii'o'te Dtiptmr, '

ie) Ofil., de AàhUtn'.ttoie.

(f) Leu X, £(iiii. c. 10. an. VMl.

{Q) Cod., 15 aoAL Svl. snr iàsêoinpiiot.

CHK

DICTK)NN\r.lE.

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