CHAPITRE XIL De la eonfestion auriculaire et sacramentelle
C^tte confession est une accusation volontaire, que le pénitent fait à un prêtre capable de l'absoudre de tous ses péchés dont il a souvenance. Accusation accompagnée de douleur de les avoir commis, et d'un ferme propos de n'y plus retourner.
Ce terme, une accusation^ montre que ce n*est pas assez de dire ses péchés, mais qu'il les faut déclarer en s'accusant et se reconnaissant coupable.
Ce mot, volontaircy nous apprend qu'une confession qui se ferait par lorce, comme celle des criminels devant les juges par la contrainte de la question serait nulle ; Dieu voulant surtout la volonté de l'homme.
Ces paroles : de tous ses péchés^ nous enseignent diverses choses. En premier lieu, ces mots, de tous^ nous font connaître que la confession doit être entière; et elle est censée telle, quand on exprime la qualité, le nombre, et les circonstances de ses péchés mortels, autant qu'on le peut par un raisonnable examen de 'sa conscienC'e, sans en oublier aucun par malice.
J'ai dit expressément ses péchés mortels^ parce que l'omission des véniels n'empêche ]>as que la confession ne soit entière, vu que la première fin de Jésus-Christ est de nous remettre par le sacrement de pénitence en ^A grAce, dont le seul péché mortel nous prive.
t^<ependant, bien que l'expression des péchés véniels ne soit pas nécessaire, il ne faut pas la négliger, comme nous verrons cifiprès. Et parce que divers accidents ôtent quelquefois le moyen de dire tous pes
TRAITE DE U FERFKTIOM DU CHRETIEN
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péchés; pour rendre un pénitent parfaitement instruit, j'ajoute, que si celui qui a commencé sa contession, ne la peut achever
Kr l'extrémité de sa maladie; il est censé voir faite entière. Si d'autre part un mal surprend un confesseur, en sorte qu'il Tempêcne de pouvoir achever d'entendre ce que son pénitent lui veut dire, et qu'il n'y ait point d'autre confesseur; il le peut valablement absoudre, comme s'il avait p;iracbev<âr sa confession.
Un seul signe en cas de nécessité, est équivalent à une entière déclaration de ses fautes: parce que celui qui fait ce qu'il peut moralement pour satisfaire à un précepte , fait ce qu'il doit, et y satisfait tout ensemble.
Diverses autres considérations exemptent une Ame de l'entière déclaration de ses fautes.
Si un pénitent ne pouvait déclarer son péché, sans se mettre en péril certain de perdre la vie, il n'est noint obligé de découvrir une chose dont la déclaration le peut perdre.
En ce rang on met aussi le peu de temps qu'on a quelquefois de déclarer tous ses péchés, ce qui arrive souvent en une tourmente sur la mer, et au jour d'une bataille; auxquels cas il est permis à un prêtre, qui, à cause du péril présent ne peut ouïr tous ceux qui se voudraient bien confesser entièrement, de leur donner labsolulion, ou sur la déclaration qu'un chacun fera d'un simple péché séparément, on à tous conjointement surl'assurance verbale qu'ils donnent de leur repentir; ou après quelque signe demandé par le prêtre , pour témoigner Sa douleur qu'ils ont de leurs fautes. Le même se peut pratiquer en un temps de peste, ou d'autres maladies populaires, auquel un confeseur voyant dans un hôpital plusieurs malades si pressés, qu'il craint de n'avoir pas loisir de les pouvoir entendre séparément, peut, en ce cas, les absoudre tous ensemble, en la laçon que nous venons de le représenter.
Mais, lorsque le temps le permet, et au'aucune des circonstances rapportées ci-clessus n'en dispense les pénitents, ils doivent exprimer toutes leurs fautes, après avoir fait par un soigneux examen la revue de leur conscience.
Si en suite d'une telle revue, ils oublient sans malice quelques-uns de leurs péchés , leur confession ne laisse ()as d'être censée entière; parce qu'on est estimé satisfaire à un précepte quand on y a satisfait ainsi
Îu'on le peut, après une morale diligence, 'obligation, toutefois, leur demeure do confesser les péchés mortels oubliés , dèslors, qu'ils s'en souviendront.
Ce mot de ses péchés, montre qu'il se faut confesser avec telle discrétion, qu'en s'accu* sant de ses propres péchés on n'accuse pas autrui. Par exemple, l'on doit bien dire la condition de la personne avec laquelle on a péché : si elle est mariée , s'il y a de la parenté, mais il ne faut pas désigner la p^c^