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Thomas a enseigné cette Térité il j a près de quatre cents ans. Il infère que les feutes vénielles sont matière de confession, parce qu elles le sont de pénitence. Si Dieu nous oSlige à nous en repentir, il conclut qu'il a été de sa lionté de permettre de nous en garantir par le remède qu*il nous donr>i' oour nous purger de plus grandes fautes
Saint Bonarenture, qui vivait en nidme temps , suit la même trace lorsqu'il dit que bien qu'il n'y ait point de précepte qui oblige à se confesser ihs péchés véniels , on doit toutefois le faire par conseil; et qu'encore que ce ne soit pas chose nécessaire, elle est néanmoins convenable.
Cette vérité a été si commune en l'école, que tant s'en faut que le subtil esprit qui a feit vanité de contredire saint Thomas, Tait jamais fait en ce point; qu'au contraire il la soutient comme lui.
Tous les théologiens ont fait le semblable ensuite, et il s>n est trouvé qui ont estimé cette doctrine non-seulement si véritable, mais si autorisée, qu'ils n'ont pas craint de dire, avant même que la définition du concile de Trente fût intervenue, qu'on ne pouvait sans hérésie soutenir le contraire; aussi cette opinion est si généralement reçue dans l'Eglise quil n'jr a point de catholique qui la contreoise.
Auparavant même que saint Thomas eût éclairé Féeole, ceux qui l'avaient remplie ont 6té tout lieu de douter en ce su^t.
Les anciens Pères de l'Eglise lui avaient fravé le chemin. L*auteur du Livre de la vraie ^t de h fàu89ê pénitence dit élégamment que si Jes péchés véniels sont méprisables par leur poids, ils doivent faire peur par la considération de leur nombre, et que la confession est le premier de leurs remèdes.
Il dit encore : Si tu commences à être ébranlé, confesse ton ébranlement, afin que tu ne sois pas contraint de pleurer ta chute et ta ruine entière. Ces paroles sont si formelles aux fins auxquelles je les mets en avant, que le pape Adrien déclare que la confession des pécnés véniels est conseillée en •r»e l'eu, pour éviter par ce moyen de tomber Hux mortels.
Le Vénérable BèJe, après s'être étendu sur ce sujet des péchés mortels et véniels, conclut son discours par ces mots : 11 y a et plus de sûreté et plus de {perfection à découvrir au prêtre les uns et les autres, recherchant le remède de ceux à qui Dieu a laissé la puissance de lier et de délier.
Saint C^prien est si exact en cette matière, qu'il veut que Ton confesse ses pensées. Et afin qu'on ne puisse dire qu'il entend seulement les pensées qui nous privent de la grâce, il dit, en un autre endroit, qu'il faut et faire pénitence, et se confesser des moindres délits et des fautes les plus légères.
En etTet, à l'égard de la confession, il n'y a autre différence entre les péchés mortels et les véniels, sinon que les mortels sont la matière nécessaire do la confession ; c'est-àtiire, la seule matière qui re<iuierl nëees-
sairement cette partie de la pénileiiee par
effet ou par v<bu ; au lieu que les péchés véniels ne sont que natière volontaire, eu tant que l'homme qui peut s'en confesser n'est j)as absolument obligé de le faire.
Ce qui donne lieu aux théologiens de feire une distinction subtile, nuiis solide; témoignant que les prêtres qui peuvect remettre les péchés véniels eonme les eiortels ne peuvent retenir tes uns eoaune les autres ; vu que \mt un seul ette d^amour, ou
Bu* un cuisant déplaisir de s*être éloigné de ieu , ou |iar autre telle voie , on peut obtenir la rénûssion déS péchés véniels : au lieu que si les prêtres dénient l'abâolutiôn d'un péché mortel , il n'y a point selon la puissance ordinaire d'autre voie pour en être purgé, vu que la contrition suppose un
f)ropos de se confesser lorsqu'on le pourra aire.
Cette vérité a été si reconnue, même dans les premiers siècles de l'Eglise» que les Pères exhortent par leurs exemples à recourir au sacrement de pénitence lorsqu'on n'est chargé que de légères fautes.
Saint Âmbroise y saint Chrysostome, saint Augustin , et tant d'autres lumières de TEglise , qui n'eussent pas vécu contents s'ils ne se fussent presque tous les jours approchés des saints autels pour y recevoir Je précieux corps de leur Sauveur et la nourriture et la consolation de leurs âmes , se seraient-ils si souvent jetés aux pieds des prêtres pour se réconcilier avec Dieu» coeame ils faisaient suivant la pratique de l'Eglise , si les péchés véniels n'étaient matière sufllsante de la confession? Aucun ne |)easera qu'ils èe soient tous les jours trouva coupables de péchés mortels. Nul aussi n'estimera qu'ils aient en ce point ignoré leur devoir, et TEglise les aurait sans iioule relevés de leur erreur. Mais tant s'en faut qu'elle en ait usé de la sorte , qu'au contraire sa praiique confirme leur coutume; ainsi que la confession de tant de bons prêtres, qui s'approchent tous les jours de l'autel , nous le fait connaître assez clairement.