‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 131 sur 315 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

SUPPLEMENT AU MCTIONXAIRE D^ASŒnSME.

il3«

et ioecrtaiD, snjet Idirerses illusions dn diable* qui parcette ?oie a trompé beaucoup d'âmes.

Bien que sainte Thérèse ait employé Çande partie de son temps à la contemplation, et qu'elle ait reçu en ce genre de Tie des grâces indicibles, elle exhorte particulièrement ses filles à la pratique des rertus, qui est la Traie rie spirituelle; et dit ouTertement, que celles qui marchent par cette Toie certaine, n'ont pas sujet de porter ennui à d'autres oui eneminent par des sentiers plus élev^y mais beaucoup plus périlleux et moins certains. En effet, ce n*est [as Qoe conséquence infaillible, que les âmes 1 qui Dieu donne la seconde espèce d'oraison en son plus haut degré, où elle est accompagnée d*effets du tout extraordinaires et extatiques, soient plus parfaites que beaucoup d'autres 1 qui Dieu ne fait pas de |jareilles grâces.

Pour élevée que soit une âme en ce dernier degré d'oraison, il est nécessaire qu'elle s'humilie, se f roposant souvent pour suiet de son oraison ses pé.hés et ses infirmités; et se mettant devant les yeax les souffrances de Notre -Seigneur, pour s'exciter par ce moyen à une vraie douleur de ses fautes. Plus elle tâchera de se |)aitreen terre comme les colombes, plus Dieu Tattirera en haut peur lui donner la pâture des aigles.

Comme la puissance de Dieu est infinie, sa providence est admirable; et il est si abondant tm ses richesses, qu'il peut combler deux personnes qu'il aimera également, d'égales grâces, bien qu'elles soient du tout différentes, et presque contraires : l'une sera d'élévation, et l'autre d'abaissement; l'une de fleurs, l'autre d'épines.

Ces ravissements qui sont merveilleux en eux-mêmes ne doivent être estimés dans le christianisme, qu'en tant qu*ils sont conjoints à la vertu, et qu ils supposent la grâce en ceux qui les reçoivent.

L'ignorance et la simplicité sont cent fois plus estimables avec la droiture et l'innocence que ces effets prodigieux s'ils en sont destitués.

II est vrai que Dieu ne verse pas d'ordinaire la merveille et le prodige de ses grâces sur les âmes qui n'ont pas fait profit des premières qu'il a répandues sur elles; et que ces ravissements miraculeux sont toujours, ou fondés en des actions d'une extraordinaire vertu, qui opèrent assurément la justification des hommes, ou donnés aux hommes pour servir de fondement à ces opérations dont je parle.

Comme les âmes à qui Dieu donne ces derniers degrés d'élévation , doivent s'humilier, et prendre soigneusement garde de ne déchoir pas du trône de Dieu même, oik il semble que dès ce monde il leur ait voulu donner place ; c'est à celles que Dieu laisse perpétuellement dans l'oraison de travail, de se consoler et de croire que si elles ont Texercice des {vertus, et si elles préfèrent leurs travaux et letu's peines aux délices des autres, elles ont le fruit dont celles qui sont

plus élevées ont les fleurs et le fruit loul ensemble, et fiossèdent en humilité la fin des merveilles qui s'opèrent avec éclat aux autres.

Page 1