CHAPITRE XXXVIll
Si Dieu départ plus souvent le dernier degré de contemplation auœ femmes quaux nommes.
Après avoir plusieurs fois essayé de pénétrer les raisons que peuvent avoir Quelques auteurs, qui mettent en avant sans le prouver, que Dieu se communique plus aux femmes qu'aux hommes par ce aernier degré d'oraison, j'estime qu on en peut rapporter trois qui ne sont pas peu considéranles.
Lsi première est pour l'ordinaire, que le sexe féminin est plus dévot que celui des hommes ; et qu'étant moins propre et moins appelé par sa condition aux actions du commerce du monde, il s'adonne plus à la contemplation.
La seconde consiste en la faiblesse de ce sexe qui, ayant ordinairement naoins de capacité que les hommes, semble par conséquent plus propre à recevoir ces effets extraordinaires et miraculeux, lesquels Dieu prend plaisir d'opérer avec les plus faibles outils, pour faire mieux paraître sa puissance, et donner lieu de croire que c'est ^a main qui agit, et non les causes secondes dont il se sert.
La troisième est fondée en la révérence que le Sauveur du monde prend plaisir de rendre à sa sainte Mère, qui n'a pas seulement mérité beaucoup de grâces extraordinaires accordées à sa personne , mais encore plusieurs prérogatives pour son sexe. 11 en a donné assez d'autres aux hommes, choisissant le leur par son Incarnation, et les honorant du pouvoir de le rendre tous les jours présent à l'autel.
Mais quand je considère que l'esprit des hommes est d'ordinaire plus pénétrant, que leur jugement est plus solide, et oue l'Ecriture nous donne beaucoup plus d'exemples de la communication particulière que Dieu a voulu avoir avec eux, que de pareilles grâces qu'il ait faites aux femmes ; tant s*en faut que ces trois raisons puissent décider définitivement cette question en leur faveur. qu'il y a lieu de penser le contraire. Quand je considère que si Dieu a départi le don de prophétie à Marie prophétesse, à Debora, et a quelque peu d autres que l'Ecriture et l'histoire de l'Eglise remarquent avoir été honorées de pareilles grâces; les saintes lettres désignent un nombre infini de prophètes, auxquels il a voulu ouvrir son sein-, et découvrir les plus cachés secrets de skîs conseils; je ne touve aucune proportion entre les grâces de cette sorte qui ont été faitos aux uns et aux autres.
Si ensuite je me remets devant les yexw h particulière communication que Dieu a