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viiULTS les plus iusijjiies. Le bienheureux Jean de la Croix » qui eu avait fait Texpérieuce, dit que ces sortes de personnes sont élevées jusqu'aux confins de la g Loiret et que 1^ foi et la vie présente qui les en séjmrent sont comme un voile fort délié à travers lequel cette gloire se vient présenter : de môme que la lumière d'un flambeau perce aisément un corps transparent à travers lequel elle se voit.
Il y a des avis très-importants à suivre pour les personnes qui ont des peines d'esprit. Le premier est d'empêcher un demiconsentement que le démon tâche de tirer de celui qui souffre ces peines intérieures. Pour bien comprendre cette chose, il faut savoir que le malin esprit , dans ces occasioos, porte les hommes à l'impureté ou au désespoir, ou à l'aversion contre le prochain. Mais outre ces tentations grossières, il fait tout ce qu'il peut pour leur persuader de s'adonner à leur humeur et de se renfermer en eux-mêmes, pour s'y occuper de leurs peines. On se raidit contre les premières tentations qui sollicitent visiblement au mal , et on succombe aisément à la dernière où l'on ne voit pas de péché; c'est ce qu'on appelle un demi-consentement qu'il est très-important de refuser à l'ennemi. Pour cela il ne suffit pas de ne se point laisser aller à l'humeur chagrine et impatiente à laquelle on se sent porté ; il faut se mettre dans une disposition de joie spirituelle et de douceur envers le prochain, Vîllement qu'il ne paraisse rien au dehors de la peine qu'on souffre au dedans. Outre 4jue par cette conduite on remporte une entière victoire sur le démon, on en tire encore deux grands avantages qui sont d'avancer beaucoup dans la voie cfe la perfection et d'acquérir bientôt une grande supériorité pour l'ennemi.
Le second avis est de ne faire aucune attention à la peine que l'on souffre , imitant ceux qui marchent sur la cime des montagnes, lesquels jettent les yeux sur le chemin (fu'ils doivent tenir, sans les détourner jamais pour regarder les précipices qui lés environnent de tous côtés. On remarque que saint Pierre marcha sur l'eau sans enfoncer, tandis qu'il n'envisagea que Notre-Seigneur qui l'attendait sur le bord, et que dès qu'il ut réflexion au danger, il commença à enfoncer> ce qui lui attira ce reproche de la part de Jésus-Christ : Homme de peu de foi^ pourquoi avez-vous douté?
L^âme qui n' envisage pas ses peines évite plusieurs dangers et plusieurs inconvénients dans lesquetts elle donnerait en tenant une autre conduite. Ces peines, soit qu'elles viennent du côté de Dieu , ou du côté du démon , ou du côté des hommes , que peut-on y gagner à les considérer ? Dès que vous ferez attention au mépris et aux mauvais traitements que vous recevez de la part des hommes , vous rendrez votre croix plus pesante, à force de vous la représenter vivement et de grossir les choses dans votre imagination. Si vous raisonnez sur les assauts que
le démon vous livre en matière d'impureté 01 de désespoir, tous vos raisonneoients n'aboutiront au'à rendre la tentation plus pressante et à la faire entrer plus avant aans votre âme; et si vous vous avisez de considérer attentivement les abîmes de la grao^ deur et de la justice de Dieu ,*il est à craindre que vous n'en soyez englouti. Voilà pourquoi les flmes sujettes à des peines intérieures , et surtout à ces peines extraordinaires , n'ont rien de mieux à faire que de s'interdire toute réflexion, sur les peines qu'elles souffrent, pour donner toute leur attention à la vie de Jésus-Christ et aux autres saints objets qui sont capables de les «îonsoler. Elles ne doivent ouvrir les yeux que pour voir le chemin où elles marcfient, sans détourner leur vue ailleurs. Cette personne m'a maltraité, cette croix est accablante, ce précipice est affreux; à quoi bon ces réflexions ? a aigrir le cœur et a mettre le trouble dans l'esprit. N'est-il pas plus sûr et plus doux de souffrir sa peine sans se donner d'autre soin que celui d'envisagerla bonté de Dieu et de s'étudier à la résignation et à la patience ?
Cette attention des personnes gui souffrent à considérer leurs peines vient d'un soin empressé qu'elles ont pour elles-mêmes., et de ce que , manauant de confiance en Dieu , elles attendent leur délivrance de leur propre industrie. C'est la tentation ordinaire des âmes qui portent des croix intérieures: elles veulent se mettre en repos; elles cherchent sans cesse le i euiède au ma', qui les afllige, et elles ne voient pas que cet empressement ne fait qu'augmenter leur
Eeine et les jeter dans un nouvel embarras, e parti qu'elles doivent prendre, c'est de ne pas s'occuper d'elles-mêmes , pour s'abanaonner entièrement à la miséricorde de Dieu, disant comme le roi David : J'aurai toujours les yeux attachés sur le Seigneur^ persuadé quHl me délivrera des pièges de mes ennemis. {Ps. xxiv, 16.)
Le troisième avis au sujet des peines d'esprit , c'est de s'encourager à les supporter, en vue des avantages qui doivent en revenir; car ces peines, et surtout celles qu'on appelle extraordinaires, sont suivis de plusieurs dons surnaturels, d'une grande paix, d'une parfaite liberté de cœur, de consola^ tiens ineffables, d'une fermeté constante à se maintenir dans le bien, et à suivre en tout le mouvement de la grâce. On peut ajouter que c'est de ces personnes qu'il est dit dans VApocalypse : Elles ont Uwé et blanchi leurs robes aans le sang de V Agneau: elles n'auront ni faim ni soif: le soleil ni aucune autre chose ne Jes incommodera plus^ parce que l'Agneau qui est au milieu du trône sera leur pc^teur^ et qu'il les conduira aux fontaines aes eaux vives, {Apoc. vu, 16,17.; On peut dire de ces âmes qu'elles ont vu la fin ae leurs maux et qu'elles recouvrent désormais tous les biens en abondance. Le Elus grand de ces biens est que Dieu élalira on elles sa demeure , selon la promesse de TKvang'le : Nous viendrons à /ui,et.^
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DASCETISME.
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(/oan., xit, S.) Jésus f devenu leur guide, ies conduira aux fontaines de sa sagesse et de son amour où elles puiseront sans cesse ; de sorte que leur vie ne sera plus qu*ui) festin continuel et un avant -goût du para* dis. On a exhorté ailleurs les personnes qui sont dans ces épreuves à être fidèles à Dieu, malgré leurs extrêmes souffrances et les fréquentes tentations de Tennemi'; et, comme cet avis est le plus oécessaire^ qu'elles se souviennent que leur fidélité consiste : 1*" à résister courageusement au démon sans consentir jamais au mal ; 2^ à persévérer constamment dans leurs exercices spirituels et à ne point s'en dispenser sous prétexte qu'elles souffrent de grandes f eines ; 3** à n'omettre aucune des bonnes œuvres qu'elles avaient coutume de fa^re , ou de leur propre choix, ou pour satisfaire aux devoirs de leur état, ou pour obéir aux mouvements de la grAce. Ces avis sont très-utiles , non-seulement aux personnes qui souffrent des peines extraordinaires, mais toutes sortes de personnes peuvent encore en profiter. Celles qui n'éprouvent que des souffrances et des tentations ordinaires cTottront en grâce et en vertu à mesure qu'elles augmenteront en résignation et en patience , et qu'elles s'y contormeront. (Voy. Abanbom.)
PELLETIER (Claude), docteur en théologie, chanoine ae Reims , signala son zèle contre les doctrines jansénistes , non-seulement par ses ouvrages , mais aussi par diverses démarches qui lui suscitèrent de fâcheuses affaires. Il mourut vers 1751. On a de lui , outre ses écrits en faveur de la bulle Vnigenitus , un Traité de V amour ifi Dieu^ tiré des livres saints^ 2 vol., 1733*; un Traité dogmatique^ de la grdcejuntrerêelle : une Traduction de r Imitation ,^et plusieurs autres ouvrages.
PÉNITENCE.— Pro/igue de VEglise primilire à regard des pécheurs, >- Dieu , qui nous avait créés dans la justice et nous a régénérés par la gr&ce du baptême, a mis le comble à son amour et à sa charité, en nous promettant le-
furdonde tous nos péchés, si nous revenions lui par une sincère pénitence. Mais une des conditions essentielles de cette pénitence , c'est qu'elle renferme la résolution de faire des œuvres satisfactoires et expiatoires , (}ui soient tout h la fois un châtiment volontaire pour les péchés dont nous nous sommes rendus coupables , et ; un préservatif contre les rechutes à venir, rechutes que des satisfactions trop légères et des œuvres trop faciles ne feraient , au contraire , que multi- SUer, par l'abus qu'on ferait infailliblement 'une trop grande indulgence. La douleur de la pénitence est nécessairement une douleur afflictive , et c'est le caractère que lui donnent partout les Livres saints. Le remords qu'éprouve le vrai pénitent , lorsqu'il pense a son ingratitude et à sa perfidie; la nonte que lui cause l'énormité de ses crimes» et les pointes aiguës qui percent son âme au souvenir de ses révoltes contre celui qui est la bouté même , et qui est toute charité , lui
inspirent une telle horreur de sa conduite , qu'il se condamne lui-même à la réparer, en se punissant avec une sainte rigueur et en se Cstisant le vengeur de la cause du Dieu qu'il a outragé , par la sévérité avec laquelle il traite sa propre chair. C'est ainsi qu'il s'efforce d'apaiser sa colère et de détourner les couçs de sa justice. La tristesse qui est selon DtcM , écrivait saint Paul aux Corinthiens , produit pour le salut une pénitence stable : aussi celle que vous avez ressentie , cotnbien a-t-elle produit en vous de vigilance et de sollicitude , d'indignation et de crainte de Dieu » de désir de lui satisfaire et de zèle à venger les outrages qu'il a reçus. UI Cor. VII, 10, 11.) Ils pleuraient , ils s'afifigeaient pour le péché de Tincestueiu; , et. ils rengageaient a gémir, à jeûner, à se punir luimême, devoir qu'if avait toujours négligé depuis sa chute , au grand scandale de ses frères. Cette conduite s'accorde rarfaitement avec ce que disait le même a|:otre dans sa
Première Hpitre aux Corinthiens {%\^ 31), ^ue si nous nous jugions nous-mêmes ^ nous éviterions le jugement de Dieu. Il entendait les maladies , les infirmités , les morts inopinées tf&r oii le Seigneur avait puni plusieurs d'entre eux. Or, il les exhortait à prévenir ces châtiments, en vengeant les premiers , et en punissant eux-mêmes leurs crimes parle jeûne, les larmes, la prière et autres œuvres de pénitence. Ce sont ces châtiments volontaires , avec le ehangemeiît de vie , que saint Jean-Baptiste appelle de dignes fruits de pénitence , selon l'exposition
ÎiT a faite saint Chrvsostome de ces paroles, près lui , saint Grégoire le Grand s'exprime en ces termes : « Porter des fruits , et porter désignes fruits , sont deux choses bien différentes; car celui qui n'a point péché contre la loi , peut justement user des choses permises par la loi; mais celui qui a péché contre la loi, doit se priver même des clioses accordées par la loi , dans une exacte proportion avec la nature des choses dont il a voulu jouir contçe la loi ; car Dieu ne demande pas les mêmes fruits de pénitence de ceux qui l'ont peu offensé et de ceux qui l'ont offensé beaucoup. {Hom. 20 in Evang.) C'est dans le même sens que Tertullien exposait la grande loi qui doit être observée dans la pénitence qu'on impose aux pécheurs : « Si on vous demande , dit-il , pourquoi vous vous affligez tant , dites : J'ai péché contre Dieu , je suis en danger de périr éternellement ; je porte donc sur moi la honte et la confusion , n'osant lever la tête vers le ciel ; je me tourmente et je me persécute moi-même , afin que je puisse être réconcilié moi-même avec le Dieu que i'ai outragé par mes crimes. r (TBRTUL.,liD. aePanit.y c. 11.) Saint Ambroise pu l'auteur, quelqu'il soit, du célèbre Traité de /ap^t/encfyaadresséàune vierge tombée dans l'incontinence les conseils suivants : « La grièveté de la faute doit être la mesure delà satisfaction ; vous devez donc vous repentir, non-seulement en paroles , mais en réalité et en actions. Me demandez-vous ce que vous avez à faire?
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Commencez par fixer vos regards sur la di-
Snité incomparable où vous a élevée la bonté ivine , et la chute qui vous Ta fait perdre. Représentez -vous ensuite que vous êtes sur le Dord de Tabime de ténèbres où ce ne sont que cris de désespoir : cette image bien con- «idérée dans la lumière de la foi, alors (puisque Tâme qui a péché est condamnée aux flammes éternelles , et qu'après le baptême il n'y a pas d'autre remède que ta pénitence), rejouissez- vous, et estimez-vous très-heureuse d'endurer quelques peines, quelques rigueurs , quelques mauvais traitements, si vous pouvez, à ce prix, échapper aux tourments éternels ; soyez vousmême, j'ose bien vous le dire , votre juge le plus sévère. Que le pécheur ne s*épai^ne point, et Dieu l'épargnera; qu'il se condamne aux châtiments bien courts de cette vie , et il évitera les châtiments sans fin de l'autre. Des plaies profondes veulent être «ondées jusqu'au fond , et on ne peut les guérir qu'avec des remèdes cuisants. Un grand péché demande donc nécessairement une çrande pénitence. »
Tel est le langage universel d^; anciens Pères dans les instructions qu'ils adressent aux pénitents; c'est toujours une exhortation à des œuvres et à des sentiments d'humilité, à la confusion, aux soupirs, aux larmes, aux regrets, à la dureté envers leurs corps. Ils ne cessent de leur recommander les longues prières, les jeûnes, les aumônes. Couchez sur la dure, leur disent-ils, portez le cilîce, n'allez point dans les assemblées pour y prendrepart aux joies du monde; affligezvous dans la retraite, etc. Répétez-leur continuellement cette grande maxime : Moins vous aurez d'indulgence pour vous-mêmes, plus vous en trouverez dans le Dieu oue vous avez irrité. Ce fut la conduite de saint Paulenvers l'incestueux de Corinthe. En considération de sa ferveur et des sollicitations charitables de toute l'Eglise de Corinthe, il lui remit sans restriction le reste de sa pénitence, et lui accorda en Jésus -Christ une indulgence plénière. (// Cor, ii, 8.)
Cependant nous ne voyons pas que les apôtres aient fait aucun canon ae discipline pour régler la mesure des peines satisfactoires qui devaient être imposées aux pénitents. Le contraire môme paraît assez par l'histoire de ce jeune homme qui, après avoir été chef de voleurs, fut admis par saint Jean l'Evangéliste, dont il avait été le disciple, à la communion des fidèles, et fut réconcilié d'après les marques qu'il donna d'un sincère repentir, quoiqu'on ne puisse douter que ce ne fut pas sans avoir passé par les épreuves d'une pénitence convenable. (Eu- SEB., Hist. eecL)
II. Canont péniUntiaux dressés dès le second siècle. — Dans le second siècle, l'Eglise dressa des règles pour établir ce point
(1) Voffet les EpUres ean. de lEalise gr, publiées par révéque BéVERiDCE, dans ses Canones Ecclesiœ ffrmept, tome II.
(%) HuNBpLRT» serm. 49.
de discipline d'une manière stable et permanente, règles connues sous le nom dt Canons pénUentiaua:. Ils ont été en vigueur dès lors dans toutes les parties du monde, soit en Orient, soit en Occident. Tertullien, le plus ancien des écrivains de l'Eglise latine, a traité cette matière avec étendue dans ses ouvrages, ainsi que saint Cyprien et plusieurs autres. Nous avons VEpître eemonique de saint Grégoire le Thaumaturge, Père de l'Efflise d'Oiient, écrite en l'an 250, ainsi appelée parce qu'elle prescrit les règles qu'il faut suivre et les proportions qu'il faut carder dans les diverses pénitences qu'on impose, selon les espèces différentes des péchés à expier, et les quatre divers degrés à remplir cians le cours de la pénitence. Nous avons encore dans les annales du même siècle et du suivant, les épttres appelées aussi canoniques de saint Denis, de saint Pierre d'Alexandrie, de saint Basile, de saint Gré-
Soire de Nysse, et les canons pénitentiaux e plusieurs conciles (1). En Angleterre, saint Théodore, archevêque de Cantorbéry, et Egbert, archevêque d'York, publièrent de longs Pénitentiaux pour la même fin. Quoique les canons qui ont été faits par plusieurs autres évoques anglo-saxons ou églises particulières aient été insérés dans toutes les éditions qu'on possède actuellement, en sorte qu'il est souvent très-difficile de déterminer quels en sont les auteurs respectifs, c'est de cette collection que chaque évêque a tiré dans la suite les règles propres h chaque diocèse.
Cette discipline ancienne, mitigée à la vérité dans plusieurs Eglises particulières» s'est maintenue dans l'Eglise latine et dans l'Eglise grecque l'espace de douze cents ans. Humbert, cinquième général des Dominicains en 12T7, fait mention de l'imposition solennelle de la pénitence canonique, commfc étant encore en vigueur au temps où il^écrivait (2). Hildebert, savant et pieux év'êque du Mans, puis archevêque de Tours» qui mourut en 1134, parle de la coutume de renvoyer hors de l'église les })écheurs pénitents au premier jour du carême, comme on renvoyait autrefois hors du camp du peuple de Dieu ceux qui étaient immondes. On trouve dans ses ouvrages un sermon fort éloquent adressé à cette sorte de pénitent» à l'occasion de leur expulsion de l'Eglise, et avant qu'elle se fit (3). C'est en mémoire de cette ancienne discipline que, dans l'église du Mans, ona vu longtemps des pénitents volontaires se présenter eux-mêmes, le mercredi des cendres , pour en être chassés, et y reparaître le jeudi saint pour être réconciliés (4),
m. Pénitence publiaue. — Les j-éniients se confessaient avant le carême à l'évêque ou aux prêtres approuvés par lui pour cette fonction. A Constantinople, cette confession
(3) Serm. i8, edît. Bened., p. 297, et Hist. Ittt. de ta France^ tome II, p. 277.
(4) Hist. litt, de la France, (orne II, p. 371,
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ne se laisait qu'au grand pénitencier, tant que cette charge subsista, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'elle eût été abolie par Nectaire, à I occasion d'un scandale public qui arriva de son temps. Le patriarche donna à chacun indifféremment, pleine liberté de faire sa confession à tout prêtre approuvé (5). Cependant les lois de la pénitence canonique subsistèrent longtemps, quoique avec ()uelque modération de la sévérité primitive, comme on Ta déjà remarqué; modération qui augmenta sensiblement d*Âge en flge. Si le prêtre qui écoutait la confession y trouvait quelque péché sujet à la pénitence canonique, il renvoyait les pénitents à son évéque ou à son grand pénitencier, qui lui imposait la pénitence réglée par les saints canons, prenait leurs noms par écrit, et leur ordonnait de se présenter a l'église le premier jour de carôme. Ceux-ci se rendaient à la porte de l'église le mercredi des cendres, nu-pieds, mal vêtus , comme on Tétait alors aux jours de deuil. Entrés dans Téglise, ils «e présentaient devant Tévêque placé sur son siége,«ou devant son pénitencier, la tète baissée, souvent les yeux baignés de la> mes, s*avouant coupables, et donnant toutes les marques de la douleur et de la consternation la plus profonde. Prosternés en terre, ils demandaient humblement d'être admis à la pénitence, et sollicitaient l'absolution de leurs péchés ; ils recevaient de la main de l'évoque des cendres qu'ils répandaient sur leur tête, et un ciliée pour s'en revêtir; puis ils demeuraient prosternés pendant que l'évoque, le clergé et le peuple, se tenant à genoux , récitaient différents psaumes de la
t)énitence et de longues prières pour eux. /évoque et les prêtres étendaient les mains fur eux pour ratifier l'acte par où ils se dévouaient à la pénitence. Alors l'évêque leur faisait une exhortation pathétique, qu'il terminait p^ leur faire entendre que, comme Dieu avait chassé Adam du paradis terrestre
(5) SOCRATE et SoZOMk.^E,
(6) Gratia?!. dist. ?>0, c. 64; Velui Pœnilentiaie Bomanum; Burchard; Petit, Noi, in Pœnit, S. Théodor. Cantnar,^ p. 21. etc.; Bona, Rerum liturgie, I. IJI, n. 7, 46, etc.
(7) Ve root grec iloiMkùynatç, qui signifie confeirion, tsl pris souvent par les Pères grecs et latins pour la carrière entière ae la pénitence publique.
(8) MoEiNUS, t. Il De pœnit., c. 9 et 10 ; Witasse, p. 590 et 591.
(9) Ibid., t. Y. c. 8, n. 7.
(10) S. Basil., Ep. can. ad Amphii,, can. 34. (11; L'adultère, par la loi julienne De adulteriii,
portée par Auguste, était puni de bannissement sans confiscation de pHviléges, non de mort, comme font mal entendu quelc^ues auteurs modernes qu*a réfutés Cujas (tnLtorosinau/anPAPiN, De aduUeriiSf ad. !• II, et Obterv,, i. YI, c. 1, et t. XX, c. 18). Sclden croit que Tadultcre n*a pas été mis au rang des crimes capitaux avant Justinien. (Exod, Hebr,, t. Y, c. 12); mais c*csi une méprise. Constantin le Grand avait ordonné que les deux parties, si elles étaient trouvées coupables, fussent (miiics de mort. {Cod, Theod-t toin. IX, tit. 40, De pœnil., 1, 1.) Ce mil est plus clair encore dans les lois de ses fils, T'OnMant (Cod.Theodos,, t. II, tit. ^ ^Quorum appel- /fiC, i. ï\\ et CoTnrTKED. Sot. ibid.) et Constance.
eu punition de sa desobéissance, il allait les chasser de Féglise pour un temps, il leur recommandait enfin de ne point perdre courage, de travailler, par une sévère pénitence, à satisfaire à la iustice de Dieu, dans une pleine confiance d obtenir de lui miséricorde. Son discours fini, il les éloignait de lui aussitôt , et ordonnait aux ministres infé* rieurs de les faire sortir du lieu saint. Le clergé les suivait jusqu'à la grande porte» en leur ré;.étant te répons : Vous mangerez votre pain à la sueur de votre fronts car vouê êtes poussière et vous retournerez en pous^ sière (6). Ceux qui éiaient coupables de
Juelques péchés publics et scandaleux, taient soumis à Yexomologêse ou à la confession publique de ces péchés (7). On en trouve plusieurs exemples dans les .«avants ouvrages qui traitent de celte matière (8]; mais non de tous les péchés secrets, comme le prétend faussement le P. Morin ; ce qui était abandonné à la discrétion du prêtre, qui su réglait selon les circonstances ; car souvent une telle déclaration crtt été scandaleuse, quelquefois^ môme dangereuse au j)énitent et contre la loi naturelle. Morin lui-mémo fait une remarque qui démontre ia fausseté de ce qu'il avance : c*est qu'il arrivait asse- * souvent que des chrétiens entièrement innoi cents, et qui n'étaient coupables d'aucun crime, se soumettaient volontairement à la pénitence canonique (9). La fausseté de son assertion devient encore évidente parce canon de répltre canoniaue de saint Basile à saint Amphiloque (10). Les Pères ont défendu de découvrir, par Timposition de la pénitence publique, le crime d'une femme adultère, do
feur de la mettre en danger de mort (11). our éviter même tout soupçon de la part du mari jaloux, quoiqu'elle remplit le temps ordonné pour faire pénitence, elle ne rassait point par les divers degrés établis pour cetto espèce do crime; mais elle demeurait tou* jours au rang des consistants, comme le
Constant ordonne môme que les adultères, comme les parricides, soient cousus dans un sac avec un chien, un coq, un serpent et un singe, et jetés dans la mer ou dans la rivière. Mais cette peine fut bientôt changée en celle d*éire d*?c9pité, comme l'avait ordonné Constantin, car sous Valentinien I«% en 568, Céthégiis, sénateur, fut, pour crime d*aduUèrc, dé< capilé en vertu de la loi Quamvi» (Cad de adult.), comme le rapporte Âmmien Marcellln (lib. ixxvni, c. 1). Major ien, dans TOccident, en 460, motlért la rigueur de cette loi, en renouvelant celle qui condamnait seulement au bannissement. En Orient, Jui^ tiiiien laissa dans toute sa force la peine d'avoir la tête tranchée, comme on le voit (Novelle 124, c. 10; AutheuL coll. 9, tit. 17 ); mais il la restreignit aux hommes et à tous ceux qui leur prêteraient secourii pour commettre le crime; pour les femmes, il It^ condamna a être fouettées et renfermées dans un monastère. Les empereurs d'Orient ^ui régnèrent par la suite, changèrent encore la peine de mort, pour crime d*adultère, en celle de la bastonnade, et d'avoir le nez coupé, ce qui fut confirmé par Léon la Philosophe (1. 60, tit. 57, leg. 75) ; Harmenopolus (t. VI, lit. 2, n. 23 et Si), ^ui écrivit deux cent cinquante ans après le Baiilicon {Voyex la Constit. de Léon le Philos., Corislit. 5Î ad ralcf»fn Corpori^ tî jurit civHis),
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DICTIONISAIRL
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rapporte Balsamon dans l*expiication de ce m6me canon. Saint Basile donne la môme règle pour les homicides yolontaires (12). S'il se trouvait des ministres de la pénitence qui obliseasseoi tous les pécheurs à faire une coniession publique de leurs [léchés secrets, saint Léon les condamnait comme coupables d'une présomption injuste et contraire aux règles apostoliques , puisqu'il sufBsait de découvrir secrètement ce qui était secret aux prêtres seuls (13). Cependant, pour ajouter au mérite du pénitent par une grande humiliation, lorsqu il n*y avait nul scandale à craindre , les prêtres enjoignaient quelquefois la confession publique de certains péchés secrets, autrement Ongène n'aurait pas dit : « Prenez garde à qui vous devez confesser votre péché. Connaissez d'abord les talents de votre médecin ; suivez tout ce qu'il vous dira ou conseillera. Si la nature de votre mal lui faisait ju-
fjer, après une mûre délibération, pour e salut et rédification des autres, qu'il mérite d'être manifesté dans rassemblée des fidèles, ne balancez pas è le faire (U). » La môme chose se conclut de ca qu'on lit en plusieurs endroits des ouvrages de saint Augustin (15) et de plusieurs autres Pères de l'Église.
La pénitence, pour les péchés secrets, se faisait toujours en particulier, lorsqu'en la faisant publiquement dans toutes ces parties on eût donné lieu à de violents soupçons, surtout lorsqu'on eût donné du scanaale et exposé sa vie. Mais, comme Fleurv l'observe (16),il était si ordinaire de voir alors des chrétieas jeûner, prier, demeurer prosternés en terre par pure dévotion, que personne ne formait sur eux de mauvais soupçons, et qu'on n'avait pas même la pensée de faire à leur sujet la. moindre recherche. Tant que durait la pénitence, tous étaient couches sur des planches nues, jeûnaient
{)lusieurs jours de la semaine au pain et à 'eau, selon leurs forces, et, conformément à ce qui leur avait été ordonné parle prêtre, se privaient de toute espèce de diveitisser ments du monde, des repas et des festins qui «'j donnaient, de Tusage même du bain ; vivant retirés dans Vexercice continuel de la prière ou de quelques travaux pénibles. Le dimanche, au temps où Jes fiaèles se rassemblaient, ils se rendaient, vêtus en pénitents, à la porte de TégUse, sans avancer plus loin, et se jetaient aux pieds de ceux qui y entraient pour demander le secours de leurs prières. Quelques-uns étaient admis dans rassemblée avant les saints mystères ou le canon de la messe, pour faire leur prostrations , recevaient l'imposition des mains de l'évêque et du clergé, et assistaient aux prières que ceux-ci faisaient sur eux. On leur ordonnait, s'ils étaient riches,
(\î) S. Basil, caiu 56. Vide ejus Régulas breveSf inlcrr. 229.
(15) Ep. 156, c, 3.
(U) OaiG., bonk 2. in ps. xixvn, n. 6. (15) Serm, 251, liom. l, inlerr. 50.
06) Mœurs des ChrétknSy paragr. 3G..
de faire ae grandes aumônes (17) cl de prati -
Juer avec ferveur toutes les bonnes œuTres ont ils étaient capables. Dans quelques églises, les canons obligeaient les pénitents de se raser la tête en signe de leur douleur et de leur repentir. Les femmes deraient porter un voile, propre des pénitents, et être rasées, ou du moins laisser tomber leurs cheveux épars sur les épaules fl8). Saint Jérôme, décrivant la pénitence ae sainte Fabiole, dit : « On la voyait au rang des pénitents, tandis que l'évêque, les prêtres et le peuple pleuraient avec elle, dans lappareil le plus humble et le plus édifiant, les cheveux tout négligés, le vjsage et les mains sales et malpropres (19); car non-seulement les pénitents se couvraient eux-mêmes de confusion et marquaient leur douleur, soit par leurs larmes, soit par d'autres signes , mais l'Eglise entière, touchée de compassion pour eux, partageait leur peine, souffrant avec leurs frères souffrants, et pleurant avec eux. »
Socrate nous apprend comment cela se
{pratiquait à Rome. « Non seulement, dit-il, es pénitents se prosternaient en terre, yersant des larmes et soupirant de regret d'avoir irrité la colère de Dieu; mais l'évêque les visitant de rang eu rang, se prosternait conune eux et mêlait pour eux ses larmes (20) avec celles de tous les fidèles assemblées. Après avoir plei^ré ainsi, il se levait, faisait lever les pénitents, récitait pour eux les prières ordinaires et les renvoyait de l'église avant de commencer les safnts mystères. »
IV. Deux grands exemples de pénitence ptiblique dans f empereur Théodose et sainte Fabiole. — Personne, de quelque rang qu'il fût, n'était exempt des pratiques imposées
f)ar les saints canons à ceux qui faisaient a pénitence publique. Théodose, un des plus grands princes qui aient jamais porté la couronne impériale, en est un exemple ; Fabiole, une des jeunes dames do Rome les plus illustres et les plus riches, ayant fait divorce avec son mari, tombé plusieurs fois dans le crime d'adultère, en prit un second, croyant permis par TEvangile ce qui était permis ])ar les lois impériales; mais dès qu'elle fut instruite de l'obligation qu'elle avait contractée par son mariage, en vertu de la loi chrétienne, elle renonça au nouvel engagement prétendu qu'elle avait pris, et, pour réparer sa faute, elle se mit en habit et en posture de pénitente à la porte de la basilique de Latran et à la vue de Rome entière, et fit tout ce que prescrivaient les saints canons avec cette ferveur et cette componction dont saint Jérôme nous a laissé une peinture, qui répond dans tous ses traits à la gran-
(17) S. Gtprian., De lapsis,
(18) Concile Agatken., can. 15; Cône, Tolei. m, can. 12 ; S. Optât, t. Il, S. Amui. Ad. Virg. laps.^ c. 8, etc.
(19) S.HieRmCP.50, in Ep, Fabiolœ.
(20) Socrate, Hist., tome VII, c. 16.
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DASCETiSME.
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deurdtt sujet qu il traite el à la sublimité de son génie (21).
Le premier jour de Carême était celui où se faisait rouyerture de la pénitence canonique ; mais on pouvait Timposer dans une autre saison : ce fut à Noël que saint Ambroise y soumit l'empereur ïnéodose.
Le temps en était prolongé ou diminué pour chaque pénitent, selon l'énormité des péchés commis et les divers usages de chaque église. Les canons pénitentiaux conservés jusqu à ce jour diffèrent beaucoup les uns des autres; mais en général les anciens sont les plus sévères. Saint Basile (22) assigne deux ans pour le vol, sept pour rhomicide, toute la vie pour Tanostasie.
V. Quatre classes de pénitents. — Première classe : les pleurants. — Le cours de la pénitence canonique était communément divisé en quatre degrés ; de là les divers ordres de pénitents qu'on voyait dans chaque église, savoir : les pleurants^ les auditturSj les "prosternés et les consisiants {fientes y audientes^ prostratiy consi^ et entes).
Sur la première classe de pénitents, saint Grégoire le Thaumaturge nous apprend que la place des pleurants étaient hors de la porte de l'église. « C'est 15, dit-il, que doivent se tenir les pécheurs et demanaer les prières des fîtlèles, lorsqu'ils entrent clans le lieu saint. » (Canon 2.) « La première année, dit saint Basile, ils doivent j leurer à la poiie de l'église. » (Canon 32. Vide canon. 56, 57, 58, 59, 60, 64, 66, 75.) les pénitents se rendaient donc là à l'heure de la prière publique, revêtus d'un sac, la tête couverte de cendres, mais sans l'avoir rasée. Sans celte posture, ils s'efforçaient de toucher le cœur de Dieu par leurs humiliations et par leurs larmes; ils sollicitaient la charité des fidèles, priant tous ceux qui venaient à l'église d avoir pitié de leur état et de prier pour eux. Ceux-ci intercédaient pour eux. Dans les oiQces publics et à la messe» on récitait toujours pour les pénitents des oraisons particulières, comme on fait encore dans le Carême.
L'histoire nous les représente souvent dans ce premier degré, se tenant exjwsés à l'air; îl leur était permis, cependant, de se retirer sous le portique ou vestibule, qui était couvert, mais sans porte. 0*ielques-uns coupables de crimes plus énormes, n'avaient
(24) Epist. ad Océan,, de epithaphio Fahiotm. (22) Epist. 5, Can. ad AmpbU., can. 56, 58, 59,
(25) Quelques-uns ent^dent par hUmantes des démoniaqoest ainsi appelés par plusieurs Grecs modernes et par leurs traducteurs, de même qu*au
ranone 2 concilii Nieœni, n. 4, p, 72). Dodwel (Dissert, i sur S. G]rpr.,p.i),donne le même sens au mot elldomeni dans les Epitres de S. Cyprien, mot qu^il croit tiré et abrégé de clydonitotnenu employé par S. Amphiloque et S. Chrysost. ponr désiji^er les personnes qui ont ^idu le sens et posscdccs du
pas la liberté d'y aller chercher un abri» ni même d'entrer dans les cours appartenant à l'église, ceux-là étaient connus sous le nom (ïhiémantes , *c'est-à-dire exposés aux injures de l'hiver et des autres saisons (23;. C'est ainsi que le concile d'Ancyre, tenu en 315, parlant de ceux qui avaient péché avec une bête, ou qui avaient entraîné les autres dans le crime , c'est-à-dire qui, atteints de la lèpre spirituelle, la oommuniquaient aux autres, leur ordonne de se mettre, pour prier, an rang de ceux qui étaient exclus de l'église et exnosés aux injures du temps (2&), ce qui désigne une punition extraordinaire. Béveridge et Dodwel prétendent aue cette peine consistait à se placer avec les énergumènes et ceux dont l'esprit était égaré, ce qui était encore incontestablement une peine bienrigoureuse. Mais ceux qui avaient perdu la raison, étaient ordinairement incapables de prier, et un passage de TertuUien nous fait interpréter cette expression d'une classe de pénitents qui formaient le premier rang; car, parlant des ditférents degrés d'énormité des péchés les plus 'griefs, et de la discipline de TE^ise dans la manière de les punir : « Il y a, dit-il, des hommes aussi impies que furieux, cjui se laissent emporter aux excès de leur impudicité, sans nul respect pour les lois mômes de la nature. Leurs actions ne sont Eas seulement vicieuses, mais monstrueuses, ►e tels pécheurs ne peuvent approcher ni des portes de l'église, ni même de tous les lieux ouverts qui les environnent ou qui les louchent.» [De pudicitiay c. 4.)
Seconde classe : Les écoutants. — La seconde classe de pénitents étaient les ^otitants. Après avoir passé par les premiers rangs et rempli le temps prescrit parmi les pleurants avec édification, il étaient admis par l'évêque ou le pénitencier au second ordre, le premier de ceux à qui les saints canons permettaient l'entrée de régi isc. Ceux-là pouvaient y entendre les instructions et les sermons. Mais il leur fallait sortir avant qu'on commençât les prières, en même temps que tous ceux (catéchumènes ou autres) qui étaient compris sous le nom iYécoutants. Ils se trouvaient près de la porte ou dans la partie la })lus basse de Téglise. Saint Grégoire le Thaumaturge les place dans le narthex ou vestibulum^ c'est-à-dire le vestibule ou portique intérieur, ou la plus basse partie de Téglise (25.)
malin esprit, que les Latins appelaient maniani ou lymphaticL C'était une punition que d'être relégué avec elles. Mais ce que dit TertuUien , De pudicitia^ c. 4, montre évidemment que ce mot était attribué à une classe particulière de pénitents du nombre des pleurants ou du premier rane, à qui rentrée même des cours ou du parvis de réglise était ioterdile. (Vid. ALDASPiNiCUii , Observ, in can. 47 conc. Ancy^ rani; card. Bona, Derum lit. 1. 1, c. 17, n. 5.
CiA) ConciL, tom. I, p. 1455, can. 17.
(25) Souvent les églises n'avaient une deux pa^ lies, le sanctuaire ou eancel pour le clei^é, et le parvis pour les laïques (MoRi!«.,t. Yl, c. 1, Bepeenit.). Alors la partie intérieure ou la nef s'appelait »mrthcx.
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DICTIONNAIRI
PBI
llf $'j tenaieat arec les catéchumènes du plus bas rang et sortaient avec eux, au commencemei^t des prières. Saint Basile dit, qu'ils n'étaient qixécoutanti j et qu'il ne leur était pas permis d'assister à aucune partie de Teûlce public (26). De là vient que dans les constitutions apostoliques, parmi les cérémonies de l'office public, on lit que le diacre aussitôt après le sermon, criait : « Qu'il ne reste ici personne des écoutants ni des infidèles. » Ne qui$ audientium, ne quis infideUum. {Constilut.t t. YIII, c. 8.)
Troisième classe: Les prosternés. — Le troisième ranç des pénitents étaient les prosternés qui demeuraient dans Téglise pendant certaines prières qu'on récitait |.our eux , mais toujours à genoux ou la iace contre terre. Ils recevaient aussi Fimposition des mains de Tévôgue ou des prêtres (27). Les formes de ces différentes prières se trouvent dans les Constitutions apostoliques (1. VIII , c. 8 et 9). La station de ces pénitents était au haut du narthex (S. Greg., Tbaumat., cran. 22) et ils sortaient avec les catéchumènes du second rang.
Quatrième classe : Les consistants. — Ils se joignaient aux prières des fidèles jusqu'à la fin , et se tenaient debout avec les autres, les dimanches ; mais ils ne pouvaient faire leur offrande ni communier (28).
Saint Basile ordonna aux homicides volontaires de demeurer quatre ans parmi les p/furan^s, puis cinqans parmi les écoutants^ ensuite se^i ans parmi les prosternés , et enfin quatre ans parmi les consistants. — Pour les adultères , quatre ans dans la première classe , cinq ans dans la deuxième, 3uatre dans la troisième , et cinq dans la ernière. Pour la fornication, sept ans; c'est-à-dire deux dans la première , deux dans la deuxième , deux dans la troisième et un dans la quatrième. — Pour le vol , deux ans. — Pour le parjure, dix ans, et autant
Iiour avoir pillé les tombeaux des morts. — ^our l'inceste , même peine que pour Thomicide. — Pour la divination . dix ans. — Pour l'apostasie , toute la vie parmi les p/etirants^ et la communion seulement à l'article de la mort. Il usa de quelque indulgence en faveur de ceux qui n'étaient tombés dans le crime que par une impulsion étrangère, ou par une crainte très-grave , et de ceux qui venaient s'accuser eux-mêmes. Pour une simple fornication , saint Grégoire de Nysse impose neuf ans ; pour Tadultère , dix-huit , vingt-sept pour l'homicide; pour ra|)ostasie, la même qu'avait imposée saint Basile, etc. Saint Pierre d'Alexandrie n'avait imposé que quarante jours pour ceux qui avaient cédé dans les tourments , et qui étaient re-
(26) Can. 75. Vid. S. Grec. Nyss., can. 3. . (27) Conc. Laodic,^ can. 19; S. Chrtsost., bom. IS, fit // CoT.^ et bom. 71 în Maitkœum.
(28) Conc. vincfr., canon 17; Concil, Nicsn,, can. 11,12.
(20) Cowd/. fo/el. I, can. î; 8. Optât., p. 57 ; S. HiRR., Dinl. cvnt. Lucifer^ c. 2.
/?M)^ Cnaril. CatUnn iir Aan !k9* i
venus aussitôt à Dieu «voe un sincèrt t%^ pentir.
Lorsque les pécheurs avaient donné les preuves d'une véritable conversion, et passé par tous le degrés de la pénitence , selon les règles établies dans l'Eglise , ils étaient réconciliés par l'absolution. On les conduisait à l'autel recouverts d'un cilicc , Thabit avec lequel ils avaient fait pénitence , et là, baignés de larmes , après les prières solennelnelies, ils étaient absous par révê(jue (29). Quelquefois cette cérémonie se faisait au bas du chœur ou cancel , près la chaire , à la vue de tout le peuple (30). L'absolution se donnait toujours dans une forme de paroles solennelles, avec imposition des mains de l'évêque (Sl^, ou du pénitencier, ou des autres prêtres. Ô'était ordinairement le jeudi saint (32j , de là la coutume qui s*observe encore à Paris et en plusieurs autres églises, où révoque , en ce même jour, prononce à Tautel 1 absolution en grande cérémonie. Quelquefois c^était le mercredi saint (33), le vendredi saint, ou quelqu'autrc jour de la semaine. L'archidiacre ayant représenté à révêqueque le temps était venu d'user da cl^ence , il était convenable de faire rentrer les brebis égarées dans la bergerie ; Tarchi-prêtre , en même temps, intercédait
f)our les pénitents, rendant témoignage d^ eurs bonnes dispositions, et s assurant qu'ils étaient dignes de lagrÂce de la réconciliation ; car sa fonction était de veiller sur eux dans le cours de leur pénitence. L'évêque leur faisait alors une exhortation convenable à la circonstance où ils se trouvaient, leur rappelait les miséricordes du Seigneur» et leur représentait l'obligation où ils étaient de mener une vie nouvelle ; en signe de U sincérité de leur résolution , et de la promesse ou de l'engagement qu'ils prenaient , il leur faisait lever les mains (S. Élig. ,.Aom. 8 et 11.). Quand ils avaient ainsi protesté do leur fidélité à exécuter tout ce qu ils venaient de promettre, et déclaré qu'ils renonçaient de tout cœur aux crimes qu'ils avaient humblement confessés, l'évêque prononçait U sentence d'absolution. La cérémonie terminée, ils quittaient l'habit de pénitent, s% rasaient, s'habillaient proprement, se joignaient aux autres fidèles dans tous les exercices de la religion, et participaient comme eux à la sainte communion. (Flbubt, Mœurs des chrit.^ c. 36.)
La sévérité de cette discipline commença à diminuer dès le vu* siècle , comme il paraît par le code pénitentiel de saint Théodore de Cantorbery (3fc). Dans le xf siècle, les pénitents commencèrent à se racheter:
ce qui bientôt devint fréquent; et leurs exer«
Vif/. ALBA8ri?(iCiTii, NoL in concil. Carth, nr, can. S2.
(51) S. CvpR. , ep. 12 et 17 ad pUbent, p. 59; S. Optât., t. U, c. 20; Constit, op., l. H, c. 18.
(5i) S. In?(Oc. I, epist. I ad Decenîium^ c. 7 ; Fp. ad Océan, in epiiaphio Fabiolœ^ etc.
(53) S. AmbRm cpist. 33 ad MarcflUnam iororem.
(34) Vid. MoRix., De pœnitent., t. \l\ c. Î7, cl
(50) Cortàl. Cal/iag. nr, eaa. 52; Cod. .t/'rfV .,cau. 4; Petit, in S. Theod. cant.^ t. 11^
ft'ASCSTUIIK.
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cteet de pénitence furent eommués en d'autres bonnes œuvres moins pénibles , eomme pèlerinage de Jérusalem, visiter les tombeaux des saints ApAtres » s'enrôler dans les croisades : etc. De là on passa encore à des œuvres plus faciles. Les évéques ont toujours adouci Tancienne discipline par des indulgences qu'ils accordaient dans les occasions extraordinaires , comme lorsaue les pénitents montraient une très-grande ferveur ÎVoyez MoRiTf , t. Il» c. 16, 17, 18, 19, 20, SI), lorsque l'église du lieu faisait p*>ur eux de grandes instances (ConciViren., cant. 12; Concil. Ancyr.f can.5, 22,25; ConciLCalced., can. 16; S. Bas., can. 74; S. GaEG. Ntss., Epiêt, can. ad £e^, etc.) , qu une persécution venait à éclater, que les fidèles avaient un besoin très-pressant d'être fortifiés par les sacrements , contre les dangers oiiils allaient être exposés de la part des persécuteurs
S S. Ctpr., ep. Sk ad Corneil.^ De laps., p. 28; ep. 10 et 1^, od cler.; epist. 11 aa Moriyreê^ al. 15); oommo encore lorsque les martyrs et les confesseurs intercédaient pour eux; quoioue saint Cvprien ait souvent refusé l'indulgence qu'ils demandaient, faute de raisons suffisantes pour l'accorder, ou parce que c'eût été énerver la rigueur salutaire des saints canons^ frustrer la justice divine de la réparation qui lui était due et ▼ioler les lois au Seigneur , en accordant, par une fausse compassion , une paix qui n'eût point été ratifiée dans le ciel. Dans le danser de mort, on reconciliait les pénitents par l'absolution; mais s'ils venaient à se rétablir, ils reprenaient le cours de la pénitence qu'ils avaient interrompue, selon ce qui était ordonné par les saints canons.
L'idolâtrie, le meurtre et la fornication subissaient une punition particulière, comme étant plus énormes que les autres ; pour cela on les appelait crimes canoniques. Mais sous ces trois chefs ou termes généraux, étaient compris tous les autres péchés appartenant à chaque espèce. Ainsi, sous le nom d'idolAtrie, on entendait aussi la divination et les différentes sortes de superstitions. Sous le meurtre , toute injure grave faitç au prochain, selon le jugement qu'en portait Té • ▼èque ou le prêtre. Sous la fornication , tout crime d'inapureté, On en voit f)lusieurs spécifiés nommément dans plusieurs canons pénitentiaux. Partout où ilsn'entraient point dans le détail, l'interprétation de la loi, dans la pénitence à imposer, était abandonnée k la prudence de l'évèque qui se décidait luiwéme, d'après un mûr examen des canons par rapport aux péchés capitaux de ces trois espèces. Saint Jean Climaque infère l'énormité singulière des crimes d'incontinence, de la sévérité avec laquelle les canons les rangent avec TidolAtrie et 1 homicide. (Grad. 15, Bibl. PP., t. VI, part, ii, p. 269 et 305.) Dans la pénitence qu'on enjoignait , on avait égard non seulement h l'énormité du crime , mais aussi à la difliculté plus ou moins grande de guérir le coupable ; la péniten*
ce étant tout [à la fois remède et châtiment. Outre les principaux crimes canoniqiie.4 , plusieurs autres étaient soumis à la fénitence canonique, comme on le voit dans les anciens canons, dont plusieurs sont fort étendus et descendent dans le plus
Érand détail (35). Cependant toutes les tables des canons laissent encore beaucoup de choses à la décision des évèaues , donnant seulement des principes généraux pour les diriger dans les cas particuliers. Antoine Arnaud (sur la fréquente communion) , le savant et judicieux P. Lehninf, (sur Texplication des liturgies ,) et quelques autres , étaient persuadés oue tous les péchés mor« tels étaient soumis a la pénitence canonique, quoiqu'elle ne fût pour quelques-uns que de trois jours; qu'en conséquence , aucun fidèle coupable de péché mortel ne pouvait assister à la messe. Ils fondent leur opinion sur un passage de saint Denys rAréo^*:agite ou de la Hiérarchie ecclésiastique oui dit : « On n'admet point aux saints mystères les démoniaques qui, étant possédés du malin esprit , sont en quelque sorte sous la puissance du démon , quant à leurs organes corporels; et beaucoup moins encore ceux qui étant en état de péché, sont spirituellement et bien plus misérablement ses esclaves. » D*autres pensent , au contraire , comme le père Alexandre (Sœc. m , Diss. 6, tom. 111» p. 637) qu'il y avait des péchés mortels dont on était absous sans passer par les éi;)reuves de la pénitence publique. Car saint Grégoire de Nvsse (can. 6, tom I, p. 953) s'étonne que 1 avarice n'ait pas été mise par les Pèr<^$ au nombre des péchés qui y étaient sou^jriis par les canons ; et voici ce que nous lisons dans saint Basile (can. ik) : « Celui qui a retiré des usures de ce qu'il a prêté, s'il donne aux pauvres ce qu'il a gagné injustement , et s'il est guéri de ce vice , peut être admis au sacerdoce. » U n'avait donc | as subi la pénitence publique qui en était cause d'exclusion. Le concile de Nicée admit les novatiens à rédise (ran. 8) et celui de Laodicée tous les hérétiques (can. 7| sans les obliger à la pénitence publique. A la vérité, on sup-
S osait alors que plusieurs n'avaient été que es hérétiques matériels; que leur cœur avait été sincèrement disposé à se rendre à la lumière de la vérité, et que leurs erreurs n'étaient venues ni d*obstination , ni de malice , ni d'envie, ni d'orgueil, ni de cupidité, ni de corruption , ni de mœurs , ni de respect humain , ou de quelqu*autre passion , ni enfin de rébellion volontaire à TEglise , qui les eût rendus coupables de péché mortel devant Dieu. (S. Aco. ad gloriam Eleus.) Quant aux chefs de parti qui , en prêchant l'hérésie , avaient porté Tesprit de révolte et de séduction sur leur front, on les traitait comme ayant déjà acquitté une grande partie de la dette qu'ils avaient contractée envers Dieu et son Eglise, si par leur humilité, leurs travaux et leur pénitence , ils avaient retiré de l'erreur ceux qu'ils y avaient engagés.
(55) Veyrs Lt coll^kHi (atte par ft« Cn^KLCi Boa». ; SfLVtvs; Tautcardela Pratique de Veidt».
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WCTIONNAtRE
PEÏT
^Les péchés secrets étaient soumis à la pénitence canonique, sans Tétre toutefois ordinairement, comme on Ta remarqué, h la confession publique; car, dans les canons, on ne trouve pas de distinction entre péchés publics et péchés secrets. Saint Basile représente l'adultère, q^uoiquo secret, comme sujet à la même pénitence que sll eût été public. (Epist. 2.) 11 en était ainsi des autres, comme il parait par le canon 61 du même Père, par le canon 76 du concile d'Elvire, le quatrième de saint Grégoire de Nysse, le rtix-huitième de saint Grégoire le Thaumaturge, et par ce qu on lit dans les œuvres de saint Ambroise (1. vu De pœnit.^ c. 16), de saint Augustin, etc. La même chose a été prouvée far le savant évoque de France L'Aubespine, ou par Albaspinœus (Nota in can. 32 concil. Carthag. 3) ; par Morin (De pœnit.^ 1. Il, c. 5, t.V, c. 9, et t. X, c. 17); le P. Alexandre (36) , Petau et les cardinaux Bellarmin et Baronius; Mais la ferveur des chrétiens s'était fort ralentie dans TOrient, et vraisemblablement, personne ne se soumettant plus volontairement à un cours réglé et suivi d'austérités, en sorte que la pénitence publique était devenue comme une déclaration ouverte qu'on avait commis quelque péché très-grave. Cette discipline commença, dans le vu* siècle, à être restreinte aux péchés publics, changement qui parait avoir été apporté de l'Eglise grecque en Angleterre par saint Théodore de Cantorbéry. Depuis ce temps-là, pour les péchés secrets, on se contenta, dans la plupart des églises, d*imposer des pénitences privées, mais proportionnées aux pénitences publiques ordonnées par les saints canons. Aujourd'hui môme, parmi les Grecs, quoique la discipline y soit si défigurée par 1 ignorance et la décadence des mœurs, les prêtres sont dans l'usage d'interdire pour un peu de temps la communion à ceux qui ont commis certains
fléchés. (Md. Goar. inEucolg,) Saint Chares Borromée exhorte les confesseurs à se régler, dans les pénitences qu'ils prescrivent, sur les anciens canons autant que les circonstances le permettent. C'est pour celte fin qu'il en publia un abrégé tiré des monuments des premiers siècles, où ils ont été recueillis, soit par les éditeurs des ouvrages des Pères, soit par les historiens et les critiques. [Instruc. ad confess,)
Vl. La pénitence publiaue rendait irrégulier ^ mais ne privait pas de l'aosolution ni de la communion à la mort.— Là pénitence publique, de laveu de tous lesauleurs, était une irrégularité perpétuelle ou un empêchement à la
(56) bissert. 6, qu^est. 2, in sxc ni ffiêtoriœ KccL Youez Witassb, Depœnit., p. 768. Contra Jacobum, Petit; dissert, fit Theùd, Conftiar.» lom. Il, p. 61 ; el SifiBOND, in Hist. poeniL publicœ.
(37) Voyei Morin, l. IV, c. U; t. Y, c. H ; Ltipas, toin. IV Scholiarum in can, 6 Apost, ; le cardinal d*Aguirre, dissert. iO.
(58) Moiin (t. IV, c. 12) et Wilasse (t. 11 De pœnit., p. 628j croient que Téxemption de la pénitence publique n'avait été établie en faveur du haut clergé que dang le ly siècle, et que pendant
réception des saints ordres. De lè, eeux
?ui pensent que tous les péchés mortels taient soumis à la pénitence canonique, concluent que tout chrétien qtri, par le
Céché mortel , avait perdu l'innocence aptismale, ne pouvait jamais aspirer aux ordres sacrés ; sur quoi on peut consulter la révère dissertation du cardinal d'Aguirre. Un évéque , un prêtre , un diacre , tombé dans un péché qui l'obligeait à subir la pé^ nifcnce canonique, éttiit déposé et devenait irrégulier pour toute sa vie. Jamais on n'obtenait dispense 'de cette irrégularité ; en sorte que celui qui Tavait encourue, ne pouvail plus prétendre à exercer aucune des fonctions sacrées (37). Cette déposition et cette irrégularité étant elles-mêmes une pénitence perpétuelle, ni révêque,iiile prêtre ne pouvaient être condamnes à faire la pénitence canonique (38). Saint Optât (39) avec toute TEglise, reprocha aux donatistes la pratique contraire, comme entièrement opposée a U discipline de tous les lieux et de tous les temps. Tous les monuments de rantimiité ecclésiastique nousapprennentquela pénitence tiublique n'était jamais imposée qu'une fois (fcO). La raison qu'en donnent les Pèfres, est la crainte qu*on aurait eue de rendre les rechutes plus faciles el tfès lors les conversions fausses ou imparfaites plus fréquentes. Mais ceux qui, après avoir lait la pénitence publique retombaient dans le crime, n'étaient pas abandonnés au désespoir; on les exhortait, au contraire, avec le plus grand zèle, de mettre en Dieu toute leur contîance et de continuer è faire pénitence jusqu'à U mort. On était si éloigné de la pratique opposée, que saint Aufpistin disait (epist. 153) : « Qui de nous est jamais tombe dans une telle frénésie? Dieu nous préserve de cette folie sacrilège et barbare 1 » Le Pape Sirice^ dans sa première épltre à BiméniuSj représente et confirme ainsi la discipline de l'EglisB à l'égard de ces pécheurs de rechute : «Comm^ ils ne peuvent plus participer aa suffrage de la pénitence publique, nous ordonnons qn*iis se l'oignent, seulement pour la prière, aux fidèles assemblés dans l'église ; et tout indignes qu'ils en sont, nous leur permettons d'assister à la célébration des saints mystères ; mais nous voulons qu'ils s'éloignent pour toujours de la table du Seigneur : cette punition les portera du moins à une vire componction, leur fera sentir la nécessité de se punir eux-mêmes et les avertira continuellement d*édifier par de bons exemples. Cependant, lorsqu'ils approcheront de leur fin, nous ordonnons qu'on leur porte tous les
trois siècles il y avait été soumis comme les autres, outre la dégradation; mais S. Optât et S. Léon en parlent comme d'une coutume constante et perp^ tuelle. L'exemple de Natale, évéque, et de quelques autres (Ei;seb., t. V HUt., c. ult.) montré seulement qu'on en a vu subir ceUe loi volonlairenrent ; alors il faut les entendre de la pénitence privée.
(39) L. I, n. 2i, t. Il, n. 26; S. Lko, ep. î ; S. AoGtTST., 1. 1, De bnpt. contra Denatisias^ c 1.
(40) Tertull., Depienit,, c. 5; S. Ambras., t. U De pcnùleuL, c. 10; S. August., ep. 153.
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D'ASCETISME.
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secoursd€rEglise,elquon]esfoitifte8urtout, en leur administrant par la eommunion le viatique du Seigneur. » (T. IlConct'/., col. 1019,) On voit par ce décret, que, selon la discipline la plus autorisée dansTEglise, jamais aucun pécheur ne devait être privé, à larticle de la mort, du bienfait de 1 absolution et même de la communion, si le pénitent donnait des marques d*une sincère contrition. Saint Cyprien, à la vérité, refuse la communion et la paix à celui qui ne Ta point demandée avant sa dernière maladie, « parce que, dit -il, c*est la crainte de la mort qui arrache cette demande, plutôt que la sincérité du repentir, et qu'on ne mérite* pas cette consolation à la mort, quand dans la suite on a oublié qu'on devait mourir. » Mais il paraît que ce Père veut parler seulede l'absolution do la pénitence publique , que les diacres pouvaient donner par une commission particulière, ou il faut Venlendrc de la sainte Eucharistie. C'est dans le môme sens qu'on doit entendre les paroles rie l'ancien concile d'El vire, en Espagne (can. 1, 2, 3, 11, 12, 66, 72), qui interclit la comniunion, même à la mort, à ceux qui sont tombés dans le crime d'idoiairie ou d inceste, ûiflsi qu aux délateurs, aux calomniateurs, aux corrupteurs ou médiateurs d'intrigues criminelles. Si Ton a voulu parler d'absolution, ce n'a pu être à dessem de porter le pécheur au désespoir, mais d'éloigner les autres du crime par la terreur. Le refus même de la sainte eucharistie à la mort, si le pécheur donne des marques d'un sincère repentir, a toujours été contraire à la disciplme générale et la plus approuvée dans l'Eglise catholique (M) , témoin ce canon du premier concile de Nicéc : «< Quant à ceux qui sont h l'article de la mort, on se conformera à la loi qui a toujours été observée jusqu'ici, de ne les jamais priver du viatique, la dernière et la plus nécessaire de toutes les grâces ; révêque l'accordera donc universellement, après avoir bien éprouvé et examiné les dispositions du pénitent (42). » De là celte réponse d'Innocent i" (*3j touchant ceux qui prétendaient qu'on ne devait pas donner 1 absolution à certains pénitents à leur dernier passage : « Nous frémissons d*horréur h cette pensée, qu'il puisse se troaver des hommes assez durs et assez imp ies pour en agir avec tant de cruauté ! ne serait - ce pas là donner une seconde mort au mourant , et, en laissant son âme dans les liens du péché, s'en faire le meurtrier le plus barbare? » Ces paroles ont été insérées dans le droit canon.
(41) Telle a été la loi inhnmaine de France à Fé-
frd des criminels condânniés au deniier soppliêe; qm Tob a refusé la grâce de la confession ^t de Tabsulution . jusqu^à la requête du clergé en 1 598 elle fut atMiUe par Cbarles YI. La coutume s*est même conservée longtemps de refuser la sainte communion aux criminels près de subir la peine de mort, ftt'Us prétexte qu'agir autrement n'eût pas été respectfT assez un si giand mystère; prétexte que jamais l'F.gtlse n'a autorisé, et bien contraire à Tésprit de 1^ ckarHé chrétienne et du vrai zèle ; quoique TËglise
VIL Vobligaticn de faire pénUtnrr^Mt tùi(jours la métne, quoique rancienne digeiptifte ne subsiste plus, — Quoique l'ancienne discipline ne soit plus en vigueur depuis longtemps, la malice du péché est toujours la môme, et la nature, l'obligation, les conditions de la pénitence sont toujours les mêmes. 11 ne peut y avoir pour nous un nouvel Evangile, comme il ne peut y avoir une nouvelle voie pour arriver au ciel, et nous n'avons pas aujourd'hui de moyens plus fa- ' ciles d'a[:ai5er la justice de Dieu, que nous avons irritée par liOs crimes. Nous devons donc étudier les règles de l'ancienne disci-
Ïline, pour employer les remèdes convenables et proportionnés à nos plaies, non pour nous épargner nous-mêmes dans la pratique de la mortification, et surtout pour former en nous l'esprit de componction , et faire d'un temps de pénitence, un temps d'oraison et de larmes. Avec quelle ferveur ne devons-nous pas parcourir la carrière qui nous est ouverte, unissant en esprit nos faibles efforts avec les souffrances de Notre- Seigneur, et portant dans notre chair mortifiée les livrées de sa croix et de ses plaies, afin que, mourant au vieil homme, nous puissions être transformés en son image, et renouvelés car sa grâce. Un chrétien doit être tout feu et flamn e, et brûler du désir de connaître et de guérir toute la corruption de son cœur, pour effacer, par des œuvres de pénitence, tous les restes du péché, et réparer tous les ravages qu'il a laits dans son âme ; pour y détruire son empire, affaiblir la concupiscence, soumettre ses passions, faire vivre enfin l'esprit de Jésus-Christ en lui, par le règne des vertus dont il est le parfait modèle, suitout de son humilité, de sa douceur, de sa charité, de sa miséricorde, de sa vie intérieure.
VIIL Nécessité de faire pénitence^ aujour* d'hui particulièrementy que la corruption est si excessive et si universelle^ pour apaiser ta colère de Dieu^ irrité contre là terre. — Ce n'est pas seulement le poids de nos dettes envers la justice divine, et la nécessité de réduire nos passions en servitude, qui nous oblige à faire pénitence, mais encore le poids immens» des péchés du monde, et les châtimentd terribles suspendus sur nos têtes. Tous ie« membres d un même corps doivent sentir les maux et les dangers réciproques les uns des autres, et chacun doit se regarder comme chargé de la dette d'autrui. Il fallut que tout le peuple d'Israël fît pénitence pour le sacrilège d'Achan ; c'est de u$me un devoir pour tout chrétien de se
pût user de cette rigueur en certains cas extmor* uinaires, «uon qu'elle voulût Jamais porter siudéscs-* poir, mais pour maintenir la vigueur de sa ditcicipline, comme dit S. Augustin (Epist. 185, ad Bonifac), >
(42) C:in. 13. Voir le quatrième concile de Carthagf», can. 70 ; le premier conc. d'Orange, can. 3 ; S. Grec, de Ntsse, Epist. can, ad Lètouum^ can. 2, etc.
(43) Epist. 2 et cap. AgnctimuSy causa 27, ad pcr/iii.