‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 15 sur 315 · PE · texte numérisé non relu

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péB^rer le cœur d*une sainte compassion à fa vue des désordres du monde, d*en çémir» de s*en confondre et de s*en humilier en union avec le corps entier des fidèles, dont Jésus-Christ est le chef, se considérant comme coupable lui-même dans la personne de ses frères, et implorant sans cesse pour eux la divine miséricorde. Combien de pécheurs ont été retirés de la damnation éternelle! combien de calamités publiques ont été détournées par les prières et les jeûnes de TËÇlisel Jamais Ion n'eut plus sujet de craindre les coups de la vengeancs divine. Les maux sous lesauels le monde gémit, et les fléaux dont le beigneur frappe son peuple, ne sont-ils pas de nature à nous faire, supplier sans cesse, pour écarter de nous ses redoutables châtiments; à nous faire porter avec courage le joug de la pénitence, pour apaiser sa colère 7 Sans parler des calamités temporelles, oui sont déjà autant de châtiments de nos pei^hés, et de marques de Tindignation de Dieu contre nous, peut-on, sans verser des torrents de larmes, consifjérer l'aveuglement spirituel et les misère» affreuses répandues sur la surface de l'univers? Ne semblent-elles pas être Tannonce prochaine de cette grande défection de la foi, dent parle Notre-Seigneur? « Lorsque le ¥ilb de l'homme viendra, pensez-vous qu'il trouvera la foi sur la terre? Les progrès effrayants de l'impiété, de Tirréligion, de l'incrédulité la plus hardie; les débordements du vice, oui a rompu ses digues, et a'M lève aujourd'hui son étendard dans les campagnes, dans les villases et dans les bourgs, comme dans les villes et dans les palais ; jusqu'à laisser à peine des traces de vertu parmi ceux qui lont profession du christianisme ; jusqu'à avoir banni, presque de tous les cœurs, les saintes maximes de l'Evangile, poury substituer cellosdu monde, qu'il réprouve. ï$i nous avons quelque zèle pour Inonneur de Dieu, que nous voj'ons outragé tous les jours d'une manière si excessive et si universelle; si nous aimons l'Eglise de Jésus-Christ; si sa beauté nous charme; si son exaltation et« ses conquêtes font notre joie; si nous avons des entrailles de charité pour le prochain; si nous désirons son salut comme le nôtre, pourquoi ne nous couvrons-nous pas de cendres? pourquoi ne portons-nous pas le cilice et ne veillons-nous pa^ dans les jeûnes et dans les larmes pour toucher le cœur de Dieu, qui, dans son indignation, a livré tant d'âmes qui lui appartenaient à toute la tyrannie de leurs passions? Moïse fut si vivement ému de vojr la colère de Dieu tout enflammée contre son peuple, qu'il alla jusqu'à prier le Seigneur de l'effacer lui-même du livre des vivants, pourvu que les enfants d'Israël fussent épargnés. Saint Paul demanda d'être anathème pour ses frères, s'il pouvait à ce prix obtenir leur salut. Les saints, tout saints qu'ils étaient, s'imputaient à eux-mêmes les désordres publics qui armaient le ciel contre la terre, et ne mettaient point de bornes à leurs ausliîrités pour désarmer le bras du

Seigneur; et nous, qui avons tant sujet d% craindre que nos péchés n'attirent ses malédictions sur le monde, pouvons-nous, à la vue des traits de sa vengeance qui se multiplient sous nos yeux tous les jours, demeurer encore dans le même endurcisssement et la même insensibilité? Verrons -nous périr tant d'âmes sans lever les mains vers Dieu» et sans faire tous nos efforts pour les sauver f Ne ferons-nous donc rien, en un mot, pour écarter loin de nous les malheurs dans les* quels nous méritons nous-mêmes d'être enveloppés ?

PÉRÂLDUS (Guillaviie), Dominicain du Dauphiné, mort vers l'an 1260, est auteur d'un traité imprimé plusieurs fois. De eruditione religioBorum.

PÈRE SPIRITUEL. — Cassien , dit un Père d • la compagnie de Jésus , auquel nous empruntons cet article, rapporte que la première chose que les anciens Pères proposaient à ceux çui ne faisaient que de commencer à servir Dieu , c'était que, quelques tentations ou quelques mauvaises pensées qu'ils eussent, enfin quoi que ce fût qui se passât au dedans d'euxmêmes, ils eussent soin de le découvrir aussitôt à leurs supérieurs; et c'était, dit-il, ro que ces hommes de Dieu regardaient conin-.e une espèce de premier principe parmi eux, et comme la base et le fondement de tout l'édifice spirituel. « Il faut, s'il se peut, disait le grand saint Antoine» qu'un religieux ne fasse pas un seul {)as, et au'il ne boive

[)as une goutte d'eau dans sa cellule, qu'il ne e déclare aussitôt à ses supérieurs, afin qu'il ne puisse y avoir aucun dérèglement en ses momdrcs actions, et qu'elles soient tontes rectifiées par l'esprit de l'obéissance. » Saint Jean Climaque dit qu'il trouva dans un monastère.de très-grande sainteté plusieurs religieux qui portaient à leur ceinture un petit livre dans lequel ils écrivaient chaque jour toutes leurs pensées, pour en rendre compte ensuite à leurs supérieurs, qui les y avait obligés. Saint Basile, saint Jérôme, saint Ambroise et saint Bernard ordonnent expressément la même chose, et c'est ce que saint Içnace, fondé sur leur autorité et sur l'exemple des anciens Pères, recommande également avec les termes les plus graves qui se trouvent dans toutes ses Constitutions. « Aprèn avoir, dit-il , bien examiné la chose eu Dieu, il nous a semblé en présence de la majesté divine, qu'il était expressément à pro- ))0s que tous les religieux se donnassent paràitement à connaître à leurs supérieurs. » Il n'a pas coutume de parler de la même sorte sur les autres matières, quelque importantes qu'elles soient : cependant il ne se contente pas encore de cela, et il passe à montrer, par de solides raisons, l'avantas^e et la nécessité de cette pratique.

La première raison qu^il en donne est que par ce moyen il sera plus aisé aux supérieurs de diriger ceux qui sont sous leur conduite. En effet, c'est au supérieur à prendre M^ia d'eux ; sa charge l'y oblige, et c'est pour co'i qu'on le fait supérieur : mais comment pour-

D^ASGETISME.

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