‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 140 sur 315 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Ob$ervation sur les trois vies, purgaiitr, illuminative et unilive.

Il est à remarquer que bien que ces trois vies soient distinctes et différentes, et qu'elles puissent être séparées en montant, elles ne sauraient l'être en descendant. C'e^t-àdire qu'il peut bien se trouver quantité d'âmes qui auront soin de se purger de leurs pécnés, sans s'adonner à aucune cootemplalion qui les illumine et les fortifiées lentb bons desseins.

Qu'il y en a d'autres qui, pratiquant lare pursative et Tiluminative, ne pensent p»s au dernier degré de perfection, qui consiste à être tellement uni à Dieu, que sans avoir aucune volonté particulière, on veuille absolument tout ce qu'il veut pour l'amourde lui seul , sans vouloir aucune chose que parce qu'il le veut; mais qu'il ne s'en trouTC point qui aient ce dernier degré de pcrfec tion, sans s'y fortifier de plus en plus par de saintes contemplations et illuminations et sans avoir incessamment un soin exact de se nettoyer et se purger des fautes auxquelles la fragilité de riiomme le fait souvent tomber, lorsqu'il pense être le F^

assuré. ,, ^. •..

Il n'v a que Notre-Seigneur Jésus-Cliri« qui ait" été exempt de fautes, depassioD| dépravées, et de mauvaises indmauow tout ensemble; il n'y a que la ^^^^{^2 aussi qui ait été garantie de tout PP^,^" ginel et actuel , i)ar un privilège si parnur lier , qu'il n'a été donné qu'à elle, l' " ^ * que saint Jean, qui conçu en P^cné^^"^|g tous les autres hommes, ayant été sam au ventre de sa mère, ait été par coB^r quent exempt de tout péché actuel.

Le Sauveur du monde excepté et sa » ^^^ Mère, le combat des passions est f^J^^^^^^ hommes. Il n'y en pas un en aai if ,?f' jt, s'opposent à la raison, et la chair ai ^\ et de ce combat naissent plusieurs i^i^ auxquelles les plus parfaits sont îDOins.^^, jets que les autres, bienquiisnc»

pas exempts.

liSS

TRAITE DE LA PERFECTION OU CHRETIEN

Que les Ames donc qui se proposent une parfaite imitation de leur Sauveur, et tendent à la perfection ne soient pas troublées si elles s'aperçoivent qu'elles sont imparlaites , et qu'elles ne marchent pas toujours droit; mais quelles s'humilient, se relèvent et se redressent promptement lorsqu'elles, bronchent et tombent tout à fait.

Je répète ce point que j'ai déià touché au chapitre précédent, parce qu'il est important , et que je sais que beaucoup de bons esprits ne sont pas toujours exempts de troubles et d'inquiétude, bien que la cause qui consiste en leur infirmité naturelle et non en leur malice , en soit du tout innocente.

Que ces Ames remplies de la crainte de Dieu , sachant que souvent la confusion qui est causée par de légères fautes, est plus avantageuse au chrétien qui en est humilié, Qu'une innocence capable de lui donner de fa présomption , et le faire tomber en orgueil lorsqu'il croit en être le plus éloigné.

^ En un mot, la perfection du chrétien consiste , non à ne point déchoir de celle qui lui est prescrite, mais à s'en séparer le moins qu'il pourra, s'humilier quand il est tombé , et se relever si promptement qu'il ne croupisse point en sa faute. L'homme ne pouvant s'empêcher d'être homme, ne peut aussi s'exempter d'être sujet à sa fragilité, ni par conséquent de tomber en quelque faute légère, qui l'humilie seulement au lieu de le perdre.

Que si Quelque curieux désire savoir pourquoi l'nomme ne peut pas aussi bien éviter les péchés légers et véniels que les mortels, je dis que trois raisons sont cause de cette différence.

La première consiste en ce qu'il e$t bien plus aisé de tomber en de légères fautes , qui pour la plupart n'en ont pas l'apparence

au'en celles dont l'énormité est reconnue e tout le monde.

La seconde , qu'il est de la bonté de Dieu de nous donner un plus grand secours pour nous exempter des péchés qui nous peuvent priver de sa grâce et de sa gloire ; que pour nous garantir de ceux qui ne nous privent ni de l'un ni de l'autre.

La troisième , que tant s'en faut que Dieu ait dû vouloir prendre autant de soin de nous exempter des petites que des grandes fautes; guau contraire c'est une preuve extraordinaire et de son infinie sagesse, et de son amour incompréhensible envers nous que de souffrir que nous n'évitions pas absolument celles qui n'étant pas capaolps de nous perdre, sont propres à nous humilier, et par conséquent a nous faire relever avec mérite.

La connaissance de cette vérité est d'autant plus nécessaire, qu'il y a beaucoup de bonnes âmes qui ne s'aperçoivent pas plutôt d'être tombées en quelques fautes , qu'elles pensent être tout à fait éloignées de la fin qu'elles se proposent.

Mais comme il faut éviter la présomption,

capable de perdre les esprits les plus reli-

g'eux, s'ils n'étaient sur leurs gardes, il ut aussi soigneusement fuir la crainte qui les peut précipiter en quelque désespoir.

Page 1