A SAINT IGNACE
Grand saint, et mon très-digne t^ère, puisqu*après Dieu je vous dois tout ce que je suis, vous avez aussi droit sur tout ce qui peut sortir de mon esprit, comme j*ai Tobligation tout entière, de vous ,«ii faire le présent. C'est ce qui est cause que
j'ose vous oflrir ce travail 'mi^un peu de ce grand zèle, que vous avez eu pour la gloire de Dieu, ni*a fait concevoir pour Tutilité du public. Mais je r.e vous le dois pas seulement, parce qu*il n'est rien en moi qui ne vous soit dû ; je vous le dois encore.
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StPPLEMf3<T At) DICtiONNAiRE D*ASC£T1SMÈ.
(i*aatânt que ce qui en fait la matière et le sujet, fait aussi qu*il tous appartient d'une façon particu*liére. Car n'est-ce pas vous qui nous avex enseigné à faire le discernement du bon et du mauvais es* prit, nous en ayant donné les règles, afm d'éviter les illusions qui Se rencontrent tous les jours dans la vie spirituelle?
On peut dire que U chrIstianîémeTOus a des obligations qui ne sont pas communes, pour la conversion des imes : mais on peut dit'e aussi, avec autant de vérité , que les directeurs ne vous sont pas moins obligés, pour la conduite deft consciences. Car si TOUS avez employé la grandeur de votre zèle, pour convertir tant d'âmes a la foi, voul nous avez aussi laissé les règles les plus justes, pour conduire sûrement les consciences dans les voies de la sainteté ; et cetle lumière perçante que vous aviez, et de la
{^ràce, et de la raison, pour découvrir les illusions es plus subtiles de la vie intérieure, est un flambeau oue vous nous avez mis en main, afin d'en éviter leS égarements, et d*en voir la vérité dans son propre jour; et c'esl aussi pour cela que nous vous sommet exlraordinairement obligés, si nous marchons maintenant avec quelque sûreté, et si nous découvrons les pièges, ou il nous eût été autrement presque inévitable de tomber.
L'histoire de votre vie nous apprend qu'il n'était pas aisé de vous surprendre dans les conmiunications que l'on vous faisait des choses intérieures ; je ne m'en étonne pas, puisque ceux-là mémes]qui ne feront que regarder votre exemple, et se tenir à vos règles, ne seront capables d'être surpris, non
Îihis que vous, dans la conduite des cousciences. 1 est vrai que c*était en Dieu seul que vous puisiez ces vives lumières, qui vous faisaient voir les illusions les plus obscures, et dans celte grandeur d'esprit qui vous était si naturelle; mais, si nousn*a»
Tons ni l'un ni l*Jiutre, noos ponTons an moinl Imms assurer sur les instructions que tous noos avei données, comme dur une régie qui tie peut maih quer.
C'est sur ce grand modèle que J'ii tÀcbé de me former, autant que j'ai p>u, pour mettre au jour ks illusions de cette vie intérieure, si cachée â si secrète. Que si ie ne l'ai pas fait âssefe hèureusemeot, c'est un eflet de mon peu de lumières; et s'il arrhe ||oe j'aie fait quelqtie chose qui ne soit pas tout à hit indigne de vous et du public, il vous doit être uniquement attribué, de même qu*UQ enfant n*k rien qui ne soit dû à son |)ère avec justice.
Après tout, si je n*avais pas dit tout ce qm est nécessaire pour tirer d'illusion les âmes qui soot égarées dans les voies de l'intérieur, au moins, mon S. Père, ne permettez pas que je m'y trompe moimême; mais faites que le dessein que j'ai de détromper les autres soit utile à celui qui eh a la volonté.
Je vous demande pourtant cette grâce, que von^ fassiez dans les cœurs, par des inspirations secrètes, ce que je ne suis pas capable de faire par mt^ écrits ; et que, comme vous vous êtes autrefois si généreusement opposé aux hérésies qui ravageaiei i toute l'Europe, vous ne vous opposiez pas moins aui illusions qui ne font aujourd'hui guère moins de tort à la vie spirituelle.
Pour en obtenir encore plus facilement la favetir. j'ajoute cette très-humble prière, que vous daigni<7 faire couler votre esprit dans ce livre, afin de snp^
f>léer ce qui lui manque de la part du mien, et qs:ip es effets qu'en ressentiront les âmes, pnisser.t faire dire que c'est vous seul qui pariez dans cé\n qui se tient infiniment honoré d'être votre organe, comme c'est sa plus grande gloire d'élre votre fils.