CHAPITRE IL
Les illusions que Dieu permet.
Le croyez-vous, Théonée, qu'il y a des Ames qui sont tellement trompées, qu'on ne remarque rien du c6té de la créature qui
tuisse rendre leur disposition criaiinelle? .'on examine leur vie, leurs mœurs, leurs maximes, leurs manières d'opération, et Ton n'yitrouve rien qui ne soit reslé, qui ne soit saint et qui ne porte le caractère de la vertu. L'on considère leurs directeurs et l'on y vo t des esprits extraordinairement éclairés, qui pénètrent facilement les choses les plus secrètes de l'Ame et qui en savent f/iire le discernement. On recnerche même la conduite passée des uns et des autres, et après l'avoir fait avec soin et de près, on connaît que jamais ils ne se sont écartés et qu'ils n'onl jamais pris de fausses lumières pour de véritables.
Néanmoins il ne laisse pas de s'en trouver,
3ui avec tout cela tombent dans l'illusion, ont toute leur innocence et toutes les sages lumières d^un directeur ne les peuvent garantir. C'est ce qui se découvre, lorsque par quelque accident la tromperie de leur voie se déclare elle-même, et que l'on aperçoit de pures opérations de nature, où l'on avait cru voir de pures opérations de grAce.
Ce n'est donc point la faute de cette Ame , Théonée; ce n'est non plus celle de son directeur : et on peut dire d'elle, ce que dit autrefois Notre-Seigneur de cet aveugle-né ♦
![ue ni lui , ni ses parents n'avaient point ait de péché qui méritAt cet aveuglennent, mais que Dieu [l'avait ainsi permis pour faire éclater sa gloire. Cette Ame n'a rien fa.t qui la dût faire tomber dans l'illusion, et son directeur n'a fait aucun mauvais pas dans sa conduite, pour l'v engager; mais Dieu le yevmet ainsi afin cPen tirer sa gloire, faisant par là, et que cette Ame reconnaisse qu'elle a besoin de la conduite du Saint- Esprit bien plus que de celle de son directeur, et qxie le directeur confesse que ses lumières ne soui que ténèbres, si le rayon de la grftcc ne les éclaire.
LES ILLUSIONS DE LA VIE SPIRITUELLE
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