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CHAPITRE IV

Il semble au on ne doit pas nier qu*il ne soit bon de faire toutes les austérités qWinspirti un mouvement de ferveur.

V Qwoil Cette impétuosité de l'esprit^ n'est^elle pas un insigne et un témoignage sensible de celui de Dieu, qui demande par là qu'on s'abandonne à son feu? L'esprit de Dieu est paisible, mais aussi il est sain-* tement impétueux; il fait mourir pour l'ordinaire tous les mouvements de J'ame, mais aussi il rem[»orte quelquefois par d'étranges transports ; et je dis que ce fort mouvement que j ai, do persécuter ma chair, est sa voix qui me déclare sqs volontés.

2* Et puis, ce feu de haine, et cette ardeur, qui vient à naître dans le cœur, pour tourmenter son corps, peut-il être d'autre que de Dieu? Les mouvements naturels no sont point de cette sorte, et ne se peuvent si bien feindra que d'aller à nous exterminer nous-mêmes.

3° Après tout, que prétend-on par les austérités, sinon de bien châtier son corps? Et. s'en neut-on mieux acquitter que quand la feu de la ferveur anime le brai^et la main^

SUPPLEMENT AU IHCTIONNAIRE DASCEirSHE.

I (Je réveiller les lan- ; si nalurelles, et qui ither vers la IcrreT El ) de nous exciter vi- : ferveur sainlement

le que s'il y a aucun 15 punir les lAcbes lovons d'ordinaire pour de la ferveur, dont il vir, pour faire mieux lir corrompue.

Iiéonée, de quoi tromlein de hsine que le mais voulez-Tous en

i CCS grandes ardeurs, 1 feux du Sainl-Esprit, clion de nos corps, ne que des chaleurs dé les austérités comme 1 on y a une fois pris is d'une manière fort naturel de détruire an, mais il est naturel mmenré d'allumer le 1 continue ; il est oat par des motifs inté- > et secrets. Vraiment 'autres, et vous seriez eiercice sivousignoi)el à sa chair par uq lalériel.

is qu'on satisfasse par de son corps; l'on y rantage à son amourcontenlc toute lachalaisse aller jusqu'où ! laisse s'assouvir sur e; on le laisse comme s de sang, et se come d'une chair abattue e pas là assez, Théonée, pour dire que se laissant emporter & >e3 ferveurs dans les austérités, on y sacrifie hicn i»lus à son amour-} iropre qu'à yne sainte <!t véritable haine de sa chair.

3° Mais savez-vous encore ce qui en arrive quand on seconde ainsi ces sortes de ferveurs! C'est que les indiscrétions qu'un y commet sont ordinairement excessives, et on n'y ^arde aucune règle de conduite. Un croit que la grandeur des austérités ne doit point céder à celle de la ferveur, et qu'il n'y en a jamais assez, tandis que ce feu éi-hautfe encore le cœur à persécuter le corps. Ohl que d'imprudence on voit tous les jours, s'auandonnant à cet emportement d'es|Tii, et que souvent il faut revenir de loin, mais bien tard, lorsque l'on n'a pour son guide qu'un mouvement qui a, si Je l'ose dire, quelque chose de brutal.

4' Ne vous souvenez-vous pas, Théonée, de ce que vousavez dit ci-dessus, aue l'excès des austérités en émoussait toute la pointe? Vous me le disiez pour prouver qu'il fallait user de toutes les espèces dlfléreiites de mortilications, dont je pense vous avoir désajjusé: et moi, je vous le dis moinlenant avec

plus juMe raison pour vous montrer qu'il ne faut pas faire des austérités selon toute la ferveur que l'on a, parce qu'enfin ce serait assommer tellfmenl voire chair qu'elle ea perdrait toute la douleur de la mortification. NVst-ce pas là une ferveur bien déréglée et bien injuste, gui ôte au corps la mortifiai* lion qu elle lui veut procurer?

5' Cela m'oblige à conclure par cet avis important :que vous ne devez jamais étra .plus circonspect à vous ménager dans ces austérités que quand vous sentez un feu extraordinaire qui vous y anime. Tenez too* jours alors la balance en main; déflez-voiu de tout, défiez-vous du démon, déliez-votis de vous-môme, défiez-vous de la vanité, e\ tenez toujours pour suspect tout mouvement qui a du transport, parce que dès-là il obscurcit la raison et le jugement.

le vois bien encore, Théonée, ce que vous me pourrez objecter : que si vous vous rendez aux raisons que je vous ai alléguées, je suis aussi obligé de vous avouer ce que vous m'allez dire: le voici.

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