PEE
DlCnOMiNAlRE
PER
ri^n davantage que d*étre découvert y parce que dès lors il perdrait toute espérance de réussir dans ses mauvaises prétentions : au lieu que, tant qu'on lui garde le secret, il croit pouvoir espérer. C'est ainsi , continue notre saint instituteur, que, (luand le démon veut tromper quelqu'un, il tâche d'rfbord d'empêcher qu'il ne découvre ses tentations à personne , parce que, dès qu'on les cache , il est comme assuré de vaincre et d'obtenir tout ce qu'il veut. Au contraire, ce qu'il apl)réhçnde le plus de ceux qu'il tente, c'est qu'ils n'aillent découvrir aussitôt leurs tentations à leur supérieur ou à leur confesseur; car, comme c'est plutôt par les ruses que par la force qu'il nous surmonte, il se tient pour vaincu, dès qu'il voit ses ruses découvertes. Quiconque fait maly dit l'Evangile, craint la lumière; surtout c'est le propre de ceux qui se mêlent de tromper, de la craindre plus que toutes choses, et de l'éviter autant qu ils peuvent.
Saint Dorothée raconte à ce su iet une chose qui arriva à saint Macaire. Il dit que ce saint, qui avait été disciple du grand saint Antoine, et à qui Dieu avait donné un grand empire sur les esprits des ténèbres, demanda un jour à un démon comment il réussissait auprès des solitaires? Le démon répondit, qu'il ^ réussissait très-maK parce qu'il ne pouvait rien leur suggérer, qu'aussitôt ils n'allassent le découvrira leur supérieur. Mais îl y a pourtant un de vos frères, aiouta-t-il, qui est fort de mes amis, et que je fais tourner quand je veux comme une girouette; et là-dessus contraint par la puissance de Dieu, il déclara le nom de ce solitaire. Saint Macaire l'alla trouver aussitôt, et, ayant connu par l'entretien qu'il eut avec lui, qu'il ne découvrait point ses tentations à son père spirituel, et qu'il ne se conduisait que par ses propres lumières, il l'exhorta à en user d'une autre sorte à l'avenir, et à ne plus se fier à son propre jugement. Le solitaire reçut cet avis avec soumission, et en profita si bien, que, quelque temps après, le saint ayant demande au démon comment il était avec le solitaire son ami : 11 n'est plus mon ami, répondit-il, avec un saisissement de rage et de désespoir, il est devenu mon ennemi mortel. Il est à remarquer, dit à ce sujet saint Dorothée, que tous les solitaires, qui vivaient sous la conduite de saint Macaire , étaient tentés ; mais, parce qu'ils avaient soin do rendre compte de toutes leurs tentations à leur père spirituel, et qu'ils se conduisaient par ses avis, c'était inutilement que le démon les tentait. Il n'avait pu réussir que contre le seul d'entre eux qui, se fiant trop à son propre jugement et à sa propre conduite, ne voulait point découvrir son intérieur à son père spirituel; encore, dès qu'il l'eut fait, le démon n'eut plus de force et de pouvoir contre lui. Cassien dit, que celui qui n'a aucune réserve pour son père spirituel, est entièrement à couvert des embûches et des surprises du démon, et il applique h ce sujet ces paroles du Sage : Si vous découvrez se$ secrets, tous
n'irez plus après lui; et ces autres : Si le setr pent vous mord sans bruit. « Dieu vous préserve, continue-t-il d'un serpent qui mord sans bruit, car, encore quand il sifQe, et qu'il fait du bruit, en sorte que l'enchanteur puisse l'entendre , il y a quelque remède ; mais Dieu nous présWve encore une fois que le vieux serpent, qui est le démon, vous morde sans bruit, car, pourvu que votre père spirituel l'entende, il |K)urra l'enchanter par les paroles de l'Ecriture sainte, et vous préserver ainsi de toute sorte de périls. »
11 y a encore plus : c'est que le recours dans les tentations à son père spirituel ou à son confesseur est si agréable à Dieu, que souvent, par cette seule soumission et par cette seule marque d'humilité, et sans qu on ait encore reçu aucun conseil ni aucune réponse de celui à qui on s'est adressé, oz) vient à bout de la tentation. C'est le sentiment de Cassien, qui dit : « Les suggestions du démon ne nous sont nuisibles qu'autant de temps que nous les cachons; car, dès que nous venons à les découvrir, elles perdent toutes leurs forces; et, avant môme que la prudence du supérieur ait rien décidé, le serpent infernal est contraint, par la vertu d'un aveu humble et sincère, de sortir de l'obscurité où il se cachait, et de se retirer tout honteux, i» De même que, quand il y a quelque serpent ou quelque couleuvre sous une pierre, on les fait fuir si on la lève; de même le démon, qui est le père des ténèbres, et qui ne peut souffrir la lumière, s'enfuit sitôt qu'on l'expose au jour. Ajoutez à cela, que, comme il est le père de l'orgueil, il sounre impatiemment que nous fassions connaître sa faiblesse et son impuissance. Ainsi, dès qu'il la voit découverte, il s'enfuit de honte.
Nous pouvons, au reste, faire ici une réflexion qui convient extrêmement à notre sujet. Si les maladies du corps pouvaient se guérir, en les découvrant au médecin, quel soin n'aurait-on point de lui rendre compte des moindres infirmités qu'on aurait? Or, ce qui ne peut arriver dans les maladies du corps, se voit et s'éprouve tous les jours dans celles de l'âme, puisque souvent, comme nous l'avons déjà ait, les tentations cessent dès qu'on vient à les découvrir à son supérieur, et même avant qu'il n'ait rien dit sur ce qu'on lui expose. Nous disons plus : on est souvent délivré d'une tentation par la seule résolution de la découvrir à son père spirituel : vous alliez pour lui en rendre compte, et, avant que vous soyez arrivé à sa porte, il se trouve que Dieu a déjà dissipe le nuage, vous a délivré de votre tentation, et a rendu la paix et la tranquillité à votre âme.
Nous avons un exemple de cette vérité dans la Vie des Pères du désert. Un solitaire avait
ieûné plus d'un an durant, pour obtenir de )ieu 1 éclaircissement de quelque doute , et il offrait continuellement ses prières à Dieu )K)ur ce sujet. Enfin, voyant qu'il ne recevait aucune lumière la-dessus, il résolut d'aller consulter un autre solitaire qui demeurait dans le même désert. A peine fut-il
PER
DÂSCETlSBfE.
PER
ÏH%
sorti de sa cellule pour exécuter son dessein qu'un ange lui apparut, lui donna Téclaircissèment de son doute, et lui ajouta qu*il avait mérité cette grâce , plutôt par son humilité et par sa soumission, que par ses prières et par ses jeûnes. L*£vangile nous fournit aussi un exemple de cette nature dans la personne de dix lépreux qui vinrent au-devant de Jésus-Christ , en lui criant : Maître^ ayez pitié de nous. — Allez ^ ;leur dit Jésus-Christ, et montrez^ous aux prêtres. Et il arriva, dit TEvangile, qu'ils furent guéris en y allant. Dieu est si content de la soumission que nous avons pour ceux qui tiennent sa place, qu'il nous le marque par des miracles. 11 peut arriver même que la seule menace que vous ferez au démon, de découvrir les tentations dont il vous tourmente , lui fera peur et l'obligera de-vous laisser en repos; ainsi, il est toujours bon, dans ces sortes de rencontres, d'en user comme les petits enfants qui, lorsqu'on leur fait quelque peine , menacent de le dire à leur père.
Quelqu'un pourrait dire : J'ai entendu souvent parler des remèdes contre les tentations, et j'ai lu plusieurs livres spirituels qui en traitent, de sorte que je sais déjà ce que le supérieur ou le Père spirituel pourra me répondre : Qu ai-je donc à faire de m'adresser à lui ? Donnons-nous bien de garde de nous laisser aller à cette tentation , et défendons-nous-en d'autant plus, que nous nous croirons plus habiles dans cette science. Saint Dorothée était fort tourmenté de cette sorte de tentation, mais il savait bien aussi s'en délivrer. Il dit que, quand il allait pour découvrir sa tentation à son supérieur, il lui venait aussitôt dans l'esprit : Pourquoi fautil que vous perdiez le temps inutilement? Vous êtes assuré qu'il vous répondra telle ou telle chose, et il ne vous dira que ce que vous savez déjà ; pourquoi donc voulez-vous l'aller importuner? Je me mettais alors en colère contre la tentation, continue-t-il, et contre moi-même, et je disais malheur à toi, Satan, malheur à ton jugement et à ton habileté ! et malheur à ta prudence et à ton savoir I El, sans écouter davantage cette tentation, j'allais rendre compte à mon supérieur de tout ce qui se passait au dedans de moi. Quand il arrivait qu'il me répondait les mômes choses qui m'étaient venues en pensée auparavant, je sentais quelque chose en moi-même qui me disait avec quelque trouble et quelque altération : Eh bien, ne vous Tavais-je pas bien dit , gu'il vous ferait telle réponse , et qu'il n'était pas nécessaire d'y aller? Mais, je vous répondais aussitôt : Je suis maintenant assuré que ce que je pensais était bien, et que c'est une chose qui vient de Dieu ; j'avais lieu d'en douter, lorsque Tétais seul à me le dire. C'est ainsi qu il se délivrait de cotte tentation , ne manquant jamais de s'adresser à son supérieur; et c'est ainsi que nous devons en user, sans nous fier jamais à notre propre jugement, parce <iu*il est constant qu'on n'est jamais bon juge cans ses propres affaires. Que si cela est vrai, lors même qu'on n'est combattu d'au-
cune tentation, que sera-ce lorsque la tentation nous empêche de juger sainement des choses et nous ferme les yeux, suivant ces jjaroles du Prophète : Mes iniquités m'ont saisi, et je n'ai rien pu voir. Vu homme ne sait point alors ce qui lui convient le plus, ou s il le sait, il n'est pas en état d'en profiler et de le mettre en pratique , parce que la tentation le trouble et l'aveugle. Une parole que son supérieur lui dira , iera plus d'effet sur luicfue tout ce qu'il se serait dit à luimême n en aurait pu faire.
Saint Augustin raconte à ce sujet une chose assez particulière et assez plaisante. Il dit qu'un homme, se sentant pressé de quelque incommodité, Qt venir un médecin oui lui donna un remède dont il fut guéri sur-lechamp. La même incommodité avant repris au bout de quelques iours, il voulut user du même remède dont il s'était si bien trouvé ; et, comme il en avait très-bien retenu la com-
Eositlon, il ne fit point appeler le médecin, e remède cependant ne lui apporta aucun soulagement , de sorte qu'étant lort surpris, il envoya chercher le médecin , lui conta la chose et lui demanda d'où pouvait venir que le remède, qui lui avait fait tant de bien la première fois, ne l'avait point soulagé la seconde. « C'est, lui répondit le médecin en riant , que je ne vous l'ai point donné moimême. » Appliquons maintenant ceci à votre sujet. Le remède spirituel dont vous avez tantentenduparler et que vous savez si bien, ne vous servira de rien, parce que ce n'est pas votre médecin spirituel qui vous l'a donné. Un remède donné de la main raêm^ du médecin qui observe les temps et les circonstances, fait bien plus d'effet que quand on le prend d'une autre sorte et par sa propre ordonnance. Il en est de même des remède^ qui regardent l'âme. L'eau des fleuves de Damas était fort bonne, et peut-être môme meilleure que celle du Jourdain; cependant ce ne fut point l'eau de Damas qui guérit Naaman de la lèpre, ce fut celle du Jourdain lorsque Elisée lui eut commandé de s'y laver. Le concours de Dieu se joint à ce que le supérieur vous dit et aux remèdes qu'il vous donne, parce que le supérieur tient la place de Dieu. Ainsi , un remède simple et facile, que le supérieur vous aura donné» vous fera plus de bien que tous ceux doni vous pourriez vous servir d'ailleurs.
Le démon se sert encore d'un autre moyen pour nous empêcher d'avoir recours à notro supérieur ou notre confesseur : c'est de nous représenter que la chose dont il est question n'est presque rien, qu'il n'est pas l>esoin de s'adresser a eux pour des bagatelles, et qu'il est honteux de les importuner à tout propos pour des choses qui n'en valent pas la peine* Acelanousrépondons, premièrement, que celui qui aspire à la perfection ne doit pas attendre qu'il s'agisse d'une chose importante ou nécessaire , mais qu'il doit toujours se pro-
fïoser ce qu'il y a de meilleur et de plus pariait, et qu'ainsi, quelque légère qu'une chose puisse être, il est toujours bon de ne pas la négliger et d'en rendre compte à son supé-r
PER
DiCTIONNÂmE
PER
iS&
rieur , parce c'Ci-t en cela proprement que Ton fait voir qu'on aspire à la perfection. En effet, une des choses qui édifient le plus, c'est d'avoir recours aux supérieurs dans les moindres choses, et plus on a ou d'ancienneté d«ns la religion ou de profondeur dans les sciences , plus on édifie ses frères par cette soumission, parce que c'est se faire petit et dt venir comme un enfant pour l'amour de Jésus-Christ.
Nous répondons, en second lieu, que les choses ne sont pas aussi peu considérables Qu'elles vous le paraii^sent, mais c'est la honte et la répugnance que vous avez aies dire, qui vous fournit des raisons pour vous les faire paraître telles, et pour vous persuader qu'il n'importe pas de les dire. C'est ainsi que, quand on a honte de se confesser de quelque faute, le démon se sert aussitôt de cette mauvaise honte pour persuader que ce qu'on a honte de dire n'est pas effectivement un péché mortel , et que par crfnsé- Îuent on n'est pas obligé de s'en accuser, ombien n'en a-t-il point abusés de cette sorte, en les détournant par là de se confesser des choses dont ils devaient se confesser, et on leur faisant faire ainsi des confessions et des communions sacrilèges ? La seule répugnance que nous sentons à découvrir une chose à tiotre supérieur, doit suffire pour nous rendre suspectes des raisons que nous croyons avoir de ne pas la découvrir, et pour nous convaincre qu'il est à propos de la dire. Cassien dit qu'il n'en faut pas davantage pour nous faire voir qu'une chose est niauvalse de soi, et que l'envie de ne la pas dire est une tentation du démon ; et il ajoute que c'était là le sentiment de tous les anciens Pères qui tenaient que c'était une marque infaillible qu'une pensée venait du démon lorsqu'on avait honte de la découvrir à son supérieur. Toute iniquité y dit le Prophète, xe feniie ta bouche; et quiconque fait mal, dit Jésus-Christ, hait la lumière ; c'est pourquoi toutes les fois que l'on tâche de cacher quelque chose à la connaissance de son supérieur, il y a sujet de ne rien soupçonner de bon.
En troisième lieu, nour disons que, quelque légère que soit une chose, elle devient considérable avec le temps, quand on la cache, de sorte qu'il est bon de la déclarer, dès le commencement, afin qu'on y remédie de bonne heure, car il est alors aisé de le faire, et il ne Test plus dans la suite. Saint Jean Climaque dit, que de même que des œufs
3ue la mère couve, ou que Ton a cachés sous u fumier, viennent peu à peu à avoir vie, et puis à éclore; de môme les mauvaises pensées que Ton cache dans son cœur, sans vouloir les découvrir à celui qui peut en empocher le progrès, viennent ordinairement à produire de mauvais effets, ^ Un autre moyen dont le démon se sert à l'égard de quelques-unes, pour les détourner de s'adresser à leur supérieur, est de leur faire croire qu'ils ne feraient qu'importuner leur supérieur, et lui donner du chaprin; et c'est une erreur d'avoir celte pensée. Il est du devoir du supérieur de vous écou-
ler à toute heure, et c'est en cela que consiste un des principaux soins de sa charge ; c'est pourquoi vous lui faites tort, si vous croyez qu'il se sente importuné de ce qui fait une de ses i)rincipales occupations. U est très-aisé au contraire d'être occupé à une chose si essentielle, et de laquelle, comme nous l'avons déià dit ailleurs, dépend l'avancement spirituel de tous les religieux.
Cassien rapporte à ce sujet une chose qui arriva à l'aboé Sérapion dans sa jeunesse, et qu'il avait coutume de racontera ses religieux pour les exciter à rendre compte de toutes choses à leur supérieur. « Lorsque j'étais encore novice, disait le saint abbé, j'étais si tenté de gourmandise , que je ne croyais pas pouvoir jamais me rassasier, de sorte que tous les jours, après avoir dîné avec l'abbé Théonas, mon supérieur, je prenais secrètement un petit pain en sortant de table, et je le mangeais le soir sans qu'il le sût. Cependant, quoique la gouiinandise m'emportât tous les jours de la même sorte, à peine avais-je achevé de manger mon pain, que le remords me prenait, et la douleur que je sentais alors de ma faute surpassait de beaucoup le plaisir que j'avais eu de satisfaire ma gourmandise. La tentat'on cependant avait tellement pris le dessus, que le lendemain ie retournais à dérober un autre i-ain, et à Je manger en cachette, sans oser découvrir ma tentation au supérieur, jusqu'à ce qu'il plût à Dieu de m'en délivrer de la manière que vous allez entendre. Qn^^ues solitaires vinrent voir Je saint abbé Théonas, et comme, suivant la coutume, ils s'entretenaient avec lui des choses de Dieu ai rès le repas, il arriva que le saint vieillard, en répondant à leurs que^tions, parla de la gourmandise, et j)arla aussi de la force qu'ont les tentations quand on les tient cachées. Ma conscience me faisait cependant mille reproches; il me semblait que tout ce qu'il disait s'adressait à moi, et je m'imaginais qu'il fallait que Dieu lui eût révélé ma tentation et ma faute, de sorte que, touché et étonné en même temps de la fonce de ses paroles, je commençai à gémir amèrement en moi-même. Ensuite la douleur et le déplaisir de ma faute augmentant dans mon cœur, je n'eus plus le pouvoir de me retenii, mais, m'abandonnant aux larmes et aux gémissements ; je me jetai aux pieds du saint abbé, et lui montrant le pain que j'avais dérobé ce jour-là même, je lui déclarai publiquement la faute dans laquelle je tombais tous les jours, je lui en demandai pardon, et je le suppliai de m'en imposer la pénitence. Le saint vieillard se mit alors à me consoler, et me dit : a Prenez courage, mon « flis, l'action héroïque que vous venez de « faire en déclarant publiquement votre faute « devant tout le monde, vous a dé. ivre pour « toujours d'une tentation si fâcheuse, et « vous avez remporté aujourd'hui sur le dé- « mcm une plus grande victoire que celle a qu'il avait remportée sur vous. Jecrois que « Dieu n'avait permis que la tentation eût « tant de pouvoir sur votre esprit, que parce « que vous la teniez cachée; ainsi soyez cer-
fS5
PER
D*ASG£T1SME.