DES ILLUSIONS DE LÀ DÉVOTION ÂISÉB
Je ne sais s'il y a jamais eu de siècle où la dévotion ait eu tant de cours et tant d'approbateurs, mais aussi je ne sais pas s'il y en t jamais eu où la dévotion ait été si altérée. Il a quasi passé en mode que cent gens professent les dévots, et c'est pour cela que, ne le faisant pas dans le bon esprit, chacun liabille la dévotion selon ses idées. En quoi, ils ne font pas peu de tort à la dévotion véritable et aux personnes d'une parfaite piété
3ui en souffrent indistinctement avec eux, e la part des enfants du siècle, comme si, parce qu'il se voit des dévots contrefaits, toute la dévotion devait être trompeuse et dissimulée.
Après tout, ceux qui sont dans cette Nouvelle dévotion sont les plus doucement trompés du monde ; car au reste, voulant être dévots, ils tAchent de se persuader que la dévotion est de tous bons accommodements et qu'iln'est point de forme qu'elle ne puisse prendre. Elle s'accommode en effet, fhéonée, car l'esprit deDieu est d*une admirable condescendance, et i I n'im)>ose point de joug qui ne soit très- supportable; mais la dévotion étant facile et toute à tous, elle ne dégénère pas au point d'être une politique et une sensuelle, telle aue se la figurent tant d'esprits trompés. Je ferai donc, mon Tfaéonée, ce que
1*e pourrai afin que vous ne tombiez pas dans ^égarement en vous montrant cette dévotion égarée. J'en trouve de quatre sortes dont il est infiniment important dedécoovrir les illusions, afin d'en défendre toutes les âmes bien intentionnées et d'en tirer, s'il se peut, celles qui sont dans l'aveuglement.