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CHAPITRE

Les illusions de ceux oui s*humilient dans les

habits.

Entre les humiliations de l'extérieur, celle-ci n'e^^ pas la moindre parmi les personnes qui en font l'exercice; car il s'en voit qui pour des considérations très-sainte*^, et par des sentiments h s'obscurcir et à s'anéantir, se meuent dans une réforme d'habits qui est tout à fait chrétienne. TM%ss

SDPl'LEMENT AU DICTIONNAIRE D^ASCETISME.

prennent ce qu'il y a de plus vil et de plus abject, soit pour la façon » soit pour la matière t et fiar c^lte bassesse de leurs habits, témoignent autant qu'elles peuvent » Tborreur qu'elles ont de tout ce que le monde a de juste et de vain dans ses modes. C'est par là qu'elles commencent d'épouser la sainte abjection de Jésus . c'est par là qu'il leur arrive heureusement d'en devenir toutes méprisables au monde : c'est par là aussi qu'elles montrent combien de leur part elles méprisent et foulent aux pieds toute sa pompe et son luxe, aimant mieux ressentir les baillons et les langes de la crèche, que l'éclat et la vanité de la pourpre. On ne doute |)as, Théonée, que ce ne soit là une sorte d'humiliation qui a un mérite tout nai ticulier entre les autres, ii si je n'avais dessein d'en faire toute la ^juange que je pourrai dans quelque autre ivre que j'espère donner au public, je ne aisserais nas ici passer l'occasion sans en entreprendre le panégyrique.

Que penserez- vous pouitant, si je vous dis que sous ces habits réformés , à qui je donne un si grand prix, il y a souvent bien de l'illusion cachée?

Prenez gardes , âmes dévotes, que cette réforme ne fasse, que vous vous en préfériez aux autres qui n'ont pas des habits si éteints que vous , et que vous ne mesuriez voire vertu au dépouillement que vous avez fait; que vous ne regardiez celles qui ne sont pas habillées de votre manière que comme iïes âmes fort communes, et dont le cœur est aussi vain que la soie qui les couvre. C est ainsi que queluuefoi> votre esprit fonde toute la vertu dans FétofTe, et que vous mettez bien au bas toutes celles qui en portent d'éclatante, quand vous vous les comparez.

Faites là-dessus réflexion, si ce n'est pas ce qui vous anime souvent, à les blâmer d'une façon peu charitable. Vous trouverez, que ce n'est pas tant le déplaisir de voir régner le luxe qui vous fait parler comme de ce qu'on ne fait pas comme vous, qui pensez devoir être la règle de la réforme. Hél pensez Que quelquefois il j a plus de mort, [)lus de haire et plus de cilice sous ces ha- )its éclatants, que sous vos grosses étoffes; et vous ne serez pas ainsi si facile à croire que votre réforme vous donne droit de condamner celles qui ne font pas justement comme vous.

Ne découvrez- vous point encore par là, comme votre esprit s'élève d'arrogance à cause de l'humiliation de vos habits? C'est en vérité bien vous abuser, vous qui devriez avoir l'esprit aussi abaissé que 1 extérieur; et il se trouve que quittant la superbe des habillements, vous ne faites qu'en faire un transport à votre intérieur , et vous en prenez ainsi une bien v^us fine, sogs des habits néanmoins tout à fait grossiers.

Voyez encore de plus près si peut-être dans o-ette réforme vous n'affectez point trop, d avoir toujours quel<|ue chose de plus abject que ceux qui sont réformés comme vous. Il

est bond*avoir des habits, tout Icploshuoibles qu'ils puissent être, oh! je ne dispute pat^ cela; maispeut-êtreydécouvrirez-vous aussi que vous voulez l'emporter en cela raéme, et cest où se fflissent le mal et rillusioDt que dans des habits méprisables, chose étrange! on y puisse quelquefois affecter d*en avoir moins que les autres.

Si cela n'est jwis, vous ne vous défendrez pas au moins d'une autre illusion, à moins que vous ne soyez bien ennemie de tousmême. Vous avez quitté toute la vanité des habits et vous voilà dans l'humiliation , cela va bien. Mais après cela, que faites-vous très-souvent? Vous relevez cette bassesse par une propreté si affectée, que c*est tous reprendre d'une manière bien plus vaine que vous ne vous êtes laissée. Onl ne vou> trompez plus ain<ti vous-même , car c*eM avoir beaucoup fait pour ne trouver rieo. Demeurez dans l'humble modestie de vos habits, je le veux, et soyez y inviolable; mais so^ez-y avec tant do simplicité, que vous en puissiez éviter toutes illusions.

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