‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 23 sur 315 · PLA · texte numérisé non relu

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de Saint-Remi de Reims en lltô. Placé sur le siège épiscopal de Chartres en 1180, il l'occupa ju3(iu*en février 1187, année de sa mort. On a de lui des Lettres , des Sermons , des Traités de la conscience , des jPatn^ de wronosition , etc. , qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères.

PIERRE CHRYSOLOGUE (Saint), né à Imola , fut élu archevêque de Ravenne vers 4*an ii^33. Il s'était préparé aux vertus épiscopales par la régulante de la vie cénobiitique. Il fut un des principaux défenseurs de la vérité catholique contre les erreurs d'Eutychès. On croit qii'il mourut en 458. Son éloquence lui avait fait donner le surnom d'orateur d'or^ Chrysologue. Ses OEuvres •ont été recueillies et publiées , 1758 , in-fol., Augsbourg. On y trouve des Sermons sur les vertus chrétiennes, des Opuscules de piété et des Lettres.

PIERRE LE DIACRE, écrivain ecclésiastique qui écrivait au 0* siècle, n'est connu <rue par un Traité sur l'Incarnation et la Grâce, qr^e l'on a joint aux OEuvres de saint Fulsence.

PINSONNAT (Jacques), né à Châlons-sur- Saône, était professeur royal en hébreu, curé des Petites -Maisons, et docteur de théologie en la Faculté de Paris. Cet écrivain, distingué par sa piété , son zèle et son érudition, mourut en 1723, t^é de soixante-dix ans. On a de lui des Considérations sur les mystères , les paroles et actions principales de Jésus-Christ , avec des prières.

PINTO (Hector), religieux de Saint-Jérôme, fut docteur et professeur de théologie en l'université de Coïmbre. Il mourut à Tolède en 1584-. On a de lui, outre des Commentaires sur r Ecriture sainte , 3 vol. in-fol., Paris, 1617, un livre intitulé : Image de la vie chrétienne, en portugais, traduit en français, Paws , 1580.

PLAISANTERIES. — « Ne vous amusez pas , dit saint Rasile , à badiner continuellement comme un enfant , car celui qui aspire à la perfection ne doit pas s'occuper à des badinages puérils. » H ajoute ensuite que ces badinages et ces amusements rendent un Chrétien plus négligent et plus relâché dans le service de Dieu et lui ôtent la dévotion et la componction intérieure. Il veut surtout qu'on évite les plaisanteries et les bons mots,

Earce que c'est remplir le personnage d'un ouffon, et que rien n'est plus indigne de l'homme qui s'est proposé a'acquérir la perfection. Saint Rernard traite cette matière avec force : « Que parmi les gens du monde , les bouffonneries ne soient comptées que

Eour des bouffonneries , soit ; mais , dans la ouche d'un prêtre , ce sont autant de blas- Ï)hèmes. Vous avez consacré votre bouche à a parole de Dieu , c'est un crime de l'employer à de telles choses , et un sacrilège de »'y accoutumer, comme c'en est un d'appliquer à des usages profanes ce qui a été consacré au culte divm. Il en est de môme de tous ceux qui veulent tendre à la perfection. Il est dit dans Malachie , continue-t-il, que les lèvres du prêtre seront les dépositaires de

la science, et que Von viendra pour apprendre la loi de Dieu de sa bouche. ( Mal. h , 7.) C'est à cela qu'elle est destinée , et non à conter des frivolités. » Mais ce grand saint ne se contente pas qu'un religieux s'abstienne de telles choses : « Il ne suffit pas , dit-il , que ces sortes de bouffonneries que les gens qui en font leur profession appellent d'un nom plus doux, ne sortent jamais de sa bouche ; elles ne doivent pas non plus entrer dans ses oreilles. 11 veut que , quand on en dira devant nous, nous nous comportions comipe lorsque nous entendons médire, que nous tâchions d*interrompre et de détourner ces discours par quelaue chose de sérieux et d'utile , et que nous lassions voir sur notre visage que nous les désapprouvons. Que, si c'est mal d'en écouter, que serait-ce si on en disait soi-même? 11 est honteux, dit-il, d'applaudir de ces sortes de choses, mais il Test bien plus d'en faire rire les autres. »

Clément d'Alexandrie dit à ce suiet une chose qui s'accorde très-bien avec la doctrine de saint Basile , de saint Bernard et de saint Bonaventure : « Toutes les paroles, ditil , ayant leur source dans l'esprit et dans les mœurs , il est impossible qu'on dise des paroles vaines et légères, sans qu'elles procèdent de la légèreté de Tesprit et de la mauvaise disposition des mœurs. Cesi de Fabondance du cosur, dit l'Evangile , que la bouche parle. De même qu'on connaît au son si une cloche est fêlée ou non , et si un vaisseau est plein ou vide , de même au son de la voix , c est-4-dire aux paroles d'un homme, on connaît bientôt s'il a un bon espr|t oa non. Quand il dit des choses semblables, on voit qu'il pense mal. » Saint Chrysoston^e. écrivant sur ces paroles de l'Apôtre : Qum ne sorte auctm mauvais discours de votre bouche {Ephes. iv, 29), dit que tel est le corar d'un homme , telles sont ses paroles et ses actions. On rapporte de saint Ignace , martyr, qu'il proférait souvent le nom de Jésus au milieu de ses tourments ; et comme on lui en demandait la cause : « C'est , dit-il, qu'il est gravé dans mon cœur, et que je ne puis m'empêcher de le proférer. » Aussi , lorsqu'on lui ouvrit le cœur, après sa mort, on y trouva le nom de Jésus écrit de chaque côté en lettres d'or.

Celui qui aime à plaisanter et à dire des bons mots, n*apas le nom de Jésus gravé dans le cœur, il n'y a que le nom du monde et ses folies qui lui sortent sans cesse de la bouche ; de là vient que ceux qui se piquent de dire des choses plaisantes et de faire rire les autres , non-seulement ne sont itas des hommes spirituels, mais pas même ae bous religieux. Le P. Avila le pensait aussi, et , quand il interprétait ces paroles de l'Apôtre : tes paroles de bouffonneries, qui ne con^ viennent en aucune façon (Ephes. v, 4). il faisait cette réflexion: « Elles ne conviennent en aucune façon, ni avec la modestie d!un religieux , ni avec la gravité de l'institution de la vie chrétienne. » Nous lisons dans sa Vie , qu'il ne lui échappa jamais un mot de

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flaisantenc. UéLaphraste remarque c^ue ean Chrjsosteine u'en disait jAinais, souffrait fias qu'on en dise devant lui. pril des anciens Pères en était si éloi

3ue saint Itasile veut que le religieux q ira soit séparé toute une semaine i communauté. Cette punition était une e (l'excommunication , alors on usage cbe religieuXi pour emijécher ceux qui tomt dans ces fautes de gâter quelqu'un ftai contagion, pour leur donser de la confu el leur faire connaître que celui qui ne p pas coaune un religieux , ne méritait p vivre parmi eux.

Evitons surtout de dire jamais des pli teries ottensautes, telles que certaine rôles qu'on dit quelquefois comme en nant, et qu'on regarde comme des d'esprit , mais qui ne laissent pas pourti blesser le prochain, parce qu'elles l'atlai ouvertement, soit sur son humeur in mode , soit sur son esprit qui ne sera pa brillant, ou sur quelque autre défaut sortes de plaisanteries , qui font tort au chain , sont pires que les autres , et plus sont accompagnées de sel et d'esprit, elles sont criminelles, parce quelles plus d'impression sur ceux qui les entei et se retiennent mieux. Dansie monde n quand ceux qui se mftlent de plaisant qu'on appelle gens de bonne humeur bonne compagnie , le font sans blesser sonne ; on aime h les avoir, et on les lo ce qu'ils savent faire rire sans blesserai Mais, quand ils s'habituent par leurs mois k piquer les uns et les autres , ils si haïr, et mal leur en arrive, parce qu trouve ordinairement quelqu'un qui se > el venge aussi les autres.

P0INSI<;N0!4 (Dom ETienite), Béné( de la congrégation de Saint-Vannes, na< I>un, lo 3 novembre i703, prononç voeux dans l'abbaye de Beaulieu, en Argi le 3 juin 1722, et mourut h l'abbaye de remont, le 27 décembre 1782. Il est c ]iar un ouvrage intitulé : Le Pasteur in. de tes obligations, ou V Institution des e Paris, 1765, 3 vol. in-12.

POITEVIN (N. Hervé Le), prêtre cungré^atioii des Eudîstes, naquit à Va cil lfi65. Il fut chargé de la direction d luinaire de Senlis. Ce vertueux eccu tique mourut à Senlis le 7 novembre et y laissa des souvenirs honorables, de lui : 1* Conduite chrétienne; —2* rhiime ; — 3° Méthodes ; — 4° Jnstntc Tous ces livres respirant la piété la tendre, el sont propres à l'inspii sr.

POLVCARPE (Saint), disciple de Jean l'Evangéliste, fut martyrisé vers 169. Sa Lettre aux Philippient et la J des fidèles de Smyrne, qui rendent ce de son généreux martyre, sont des u ments précieux , non-seulement pour tiquité ecclésiastique , mais encore animer la foi el la charité des fidèles.

POMMEK AIE (Dora Jea«-Fb*i»çois), dictin do la congrégation de Saint-I ué à Kouen en 1617, renonça à tout<

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Raçcoità*di varj documenti' spirituali* per le tiumache ; Venise, 1734 ; — 3" Direttorio délia confessione générale ; Rome, 1739 ; — i* La Via del paradho^ considerazioni sopra le màssime etcmey e sojara la passione ael Sifffiore. Le P. Raphaël de Rome , du ofi^mQ ordre, a écrit la Vie de Léonard, 1753,

POSSESSION {Voy. Démon). — La passession est souvent un des moyens par lesquels Dieu opère la purgation pass,ive de la partie sensible {F. ce mot). On ait que le démon possède un corps ou y existe, qu^ina, y étant entré, il le pousse à certains actes et le tourmente par la permission de Dieu.

On confond ordinairement la possession h Vobsession; les possédés et les obsédés s'appellent indistinctement énergumènes. 11 y a toutefois, à parler rigoureusement , une différence dans ces deux états. Les obsédés sont propreme^nt ceux où le démon ne réside pas intérieurement, mais qui cependant sont tourmentés et affligés par son action extérieure. {Voir Obsession.) Le démon, au contraire, existe véritablement dans le corps des possédés j exerce en eux diverses opérations, et les tourmente par la permission de Dieu. Les possédés s'appellent encore : 1" Démoniaques f parce qu'ils sont sous la

i)uissance du démon ; 2* Energumènes^ c'esti-dire tourmentés, à causç des tortures que leur fait souffrir le démon qui les possède ; 3' Entraînés^ parce que les démons les entraînent malgré eux a foire, ou plutôt à souffrir différentes choses ; h" Maléftci^s, quand leur possession est l'œuvre des maléfices. Selon Pierre Tbyrée (p.iDe Dfsmoniac.j c. 2), il faut deux 'conditions pour être pos-i séde ou démoniaque : d^ abord V existence du démon dans l'homme , ensuite una certaine, puissance reçue sur Vhomme.

Le démon peut posséder^ et obséder \e corps de l'homme , c'e^t une certitude de foi. L'Evangile ne nous laisse aucun doute sur la possibilité de la possession. 1' Jésus-Christ chasse plus d'une fois les démons du corps des possédés. {Matth., iv , 24; viii , 15; Marc. ] , 32 , 34 , 39.) 2* Il commande aux démons de sortir des corps (Qu'ils tourmentent. (Marc. IX , 24.) 3" Il demande devant tout le peuple au démon quel est son nom , celui-ci répond à sa demande , et le prie de ne pa3 lé renvoyer dans l'abtme ,'mais de lui per-t mettre d'entrer dans un troupeau de porcs, ce qui fut fait. {Luc. viii, 27 et seq.) 4' Les' démons sortent en poussant de grands cris. (Luc. IV, 41.) 5* Les écrivains sacrés distinguent les démoniaques des malades , et l'expulsion des démons de là guérison des infirmes. ( Marc. I, 32.; xvi, 15; Luc. vi, 17, 18; VII, 21 ; yiii, 2; xni,32.)6* Les soixantedix disciples revenant plein de joie de ce qu'au nom de Jésus les démons leur étaient soumis , celui-ci leur répondit :Je voyais Satan tomber du ciet comme un éclair '....toute^ fois ne vous réjouissez point parce que ces esprits vous sont soumis, (tue. x, 18.) T Les pharisiens accusant calomnieusement Jésus rfe. chasser les démons par Belzébuth, prince des démons, il leur répondit: Tout royaume

divisé contre lui-même sera désolé.(Matth.xu^ 25 ; Luc. XI , 17.) 8* Jésus-Christ nous ap-

Jrend qu'un esprit étant sorti du corps éTun omme^ allait par les lieux arides^ cherchant du revos et n'en trouvant pas , et * qu'il pen^ sait a y retourner , en prenant avec lui sept autres esprits plus méchants que lui.{Matth. X, 1 ; 43 ; Luc. xi , 24.) 9" Il donpe aux apôtres le pouvoirde chasser les démons.(lfaW^ X, 1 ; Marc, xvi, 13.) lO* Dans les Actes des Apôtres , nous voypns saint Paul chasser d^ne jeune fille l'esprit de Pithon oui prédisait ravénir.

Parmi les marques auxquelles on recoin nait la possession , les unes portent le caractère de Ift certitude et de l'évidence » les autres de la conjecture et de la probabilité. Les plus certaines sont: l"* Lorsau'un homme ignarant et grossier, peut par l'çffet du démon qui le possède , discourir avexj perfection des matières scientifiques. 2* S'il parle une langue étrangère qu il n'^ jamais apprise. 3** S'il possède une cojnnaissance des choses cachées , ou qui se passent laîQ de là, cojinaissanceque l'homme ne peut naliarellepient avo;r , qui toutefois n'est pas audessus du, pouvoir des démons, et que d'ailleurs ojx ne^peut attribuer à la sainteté de cet homme. V S'il obéit promptement aux ordres de l'exorciste qui Vadjure au nom de Jésus , soit que. le. démon I0]iu*ment& ou non le possédé, le prive pu non de Tusage de tel ou tel membre, etc.» Thyrée remarque aussi (De />(rmoniac., p. i, c. 8) que le dé^ mon de lui-même, ou parce qu'il y est contraint , sort quelouefois du possédé, et ensuite y retourne. 11 cite à l'appui FexempW de cet enfant démoniaque {Luc. ix) , dont le Père disait : A peine le quitte-t-il , après Vavoir tant brisé. Ce gui , selon Maloonat (m Matth. xvu , 13) , indique que le démon ne restait pas constamment dans le corps de cet enfant, mais que parfois il en sortait, parfois il y rentrait té3us-Christ lui-mênae rindique {Marc, ix» 24) , quand il dit au dé* mon : Sors de cet homme et ne rentre plus dans son corps. De mêjne encore, lorsqu'il raconte la parole de cet e3priit immonde qui retourne dans le corps qu'il avait quitté. {Matth. XII, 43.) On le voit encore (/ Jfleg. XVI, 14), à propos de cet esprit, m^m qui tourmentait Saûl. 11 est dit au verset 23: L'esprit malin se retirait de lui^ et plus loi a (xvin , 10) : L'esprit malin se saisit de Saul. A proprement parler, quand nous disons que le démon possède l'homme, il faut seutement l'entendre du corps ; car l'ânje p'est pas en soa pouvoir. Ainsi renseigne Gepuadius, {L. de Eccl. dogm.y c. 83, — OEuvr.es de saint Auqustin) :. « Nous ne croyons pas * dit-il , que 1 action du démon sur le possédé s'opère substantiellement sur l'âme ; il n'a-

Kit sur elle que par opposition et oppression. Lest possible âujssi Ç[ue. celte action ne s'étende que sur l'esprit , qui est l'auteur de la faute , lequel ayant une existence . indépendante du corps , est responsable de ses actes. » C'est aussi l'opinion du Maître des »ei>tences (2 sent d. 8) , et de saint Thomas (a.

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5- ad- S), qui donoe pour raisou 'qu*babiter clans un autre être , c est résider dans les limites de cet 6tre.0rl*esprit n*ayant d'autres limites que son essence, nul ne peut résider en lui , que celui qui lui donne l'être , c'est-à-dire le Dieu créateur. Car d'après leurs limites respectives , un esprit ne peut dépendre d'un autre esprit ni aans son essence, ni dans ses opérations intrinsèques , mais seulement de Dieu seul, qui exerce sur tous un souverain pouvoir.

Le démon ne possède donc proprement que le corps. Non-seulement il y entre , en y pénétrant , ce qui lui est très-iacile , puis- <^uHl est un esprit , et que souvent il lui arrive d'entrer dans les corps humains et d'en sortir ; non-seulement il opère à l'intérieur du corps , car il exerce ce pouvoir même à regard de ceux qui ne sont pas possédés ; mais cette possession consiste en ce que le démon réside intérieurement dans le corps, et y agit avec le pouvoir spécial d'user despotiquement de rhomme, même malgré lui, pour lui faire accomplir des choses étranges et pour lui faire souffrir des tourments corporels. Le démon s'unit à l'homme qu'il } ossède par une infusion spéciale , avec un empire aosolu sur le corps. Thyrée remarque (De Dœmoniac.y c. 3) qu'un seul démon suffit pour la possession, quoique bien souvent elle soit l'œuvre de plusieurs, comme le prouve TEvangile qui parle des sept démons de Madeleine , et ae celui qui s appelait Légion, Enfin il nous apprend (c. ik) que les démons peuvent se réunir en grand nombre afin ae faire souffrir davantage le possédé , soit alternativement , soit tous ensemble , chacun remplissant son rôle soit simultanément, soit tour à tour.

Ce sont rarement les personnes saintes, mais celles qui sont coupables au moins de péchés véniels , qui sont sujettes à la possession des démons en punition de leurs fauies. C'est ce que prouve :

!• L'Ecriture sainte. A l'occasion d'un démon qu'il venait de chasser, Jésus-Christ raconte la parabole de cet esprit impur qui retourne dans le corps qu il avait été contraint de quitter ; et il assigne pour cause de ce retour , qu'il trouve la demeure de celte âme vide ^ nettoyée et ornée ^ c'est-à-dire vide de Dieu , nettoyée seulement pour l'esprit imj)ur et ornée de vices. {Matth, xii, 2d; Luc, XI , 17.) De même il est dit au premier livre des Rois (xvi , It) : L esprit du Seigneur se retira de Saiil , tt un esprit méchant , envoyé

tait retiré de lui , à cause de son pé<hé.Saiat Luc (vu, 37) dit que Madeleine était dans lavilie une^aiîde pécheresse^ et (vui, 2) que c'était dette que sept devions, étaient sor^ fis. Or, elle avait été possédée par eux en punition de ses péchés. L'Apôlre, à propos d'un fornicateur, rapporte que les pécheucs sont sous la puissance de Satan (/ Cor. v ,5): // a été livré à Satan pour mortifier sa chair, il dit au5si , en parlant de deux blasphéaia-

teurs (/ Tim. i , SOj : Que fai livrés à Satan pour leur apprendre à ne plus blasphémer. Ces paroles désignent non-seuliemeui leur excommunication, mais, selon l'iBterprétfttion formelle des Saints Pères, la possession corporelle du démon. Corneille La Pierre remaruue à ce sujet que , d'après l'opinion de quelques Pères , les excommuniés étaient autrefois livrés au démon , afin de leur apprendre à redouter l'excommunication , qu'ils en étaient même tourmentés et possédés corporellement.

2*" Les saints Pères. Saint Augustin dit eu parlant du démon chassé par les exorcismes : « 11 ne s'empare et ne triomphe de l'homme qu'en société du péché, » (L. x De civit. , c. 22. ) — « Quelques personnes , dit saint Isidore , ( 1. m Sent. , c. 5 ), à cause de leurs iniquités incorrigibles, et qui ne font aucun effort pour se convertir, sont livrées aux es-

f)rits impurs , qui reçoivent le pouvoir dees posséder corporellement et de les tour-^ menter, afin qu'ils s'humilient, se repentent; et puissent être sauvés. » Cassien (collât; 7, c. 24) dit, d'après l'abbé Sérénus : it 11 est certain que les démons ne peuvent pénétrer dans le corps de ceux que Dieu livre à leur puissance , que lorsqu ils sont déjà en possession de leur esprit et de leurs pensées. » 11 ajoute : « 11 est même arrivé à quelques saints personnages d'être pos3édés corporellement, en punition de quelques, fautes légères. »

3* La raison. 11 est juste que Dieu livre ^ même en cette vie , au démon pour les torturer, les pécheurs de préférence aux personnes pieuses, soit afin d'inspifer plus d'horreur pour le péché , cause de cette pos* session; soit afin de les détourner de prêter l'oreille aux tentations du démon , ce cruel bourreau-; soit afin de leur montrer, par les tourments terribles que le démon leur fait endurer en cette vie , les supplices qui les attendent dans l'enfer, et même dans le^pur-

f;atoire ; soit enfin afin de les convertir pat 'exemple des autres.

Les personnes d'une sainteté exemplair»

ne sont pas toujours exemptes de l'épreuve de la possession.

l** Jésus-Christ demandant au père d'un possédé ( Marc, ix , 20) depuis quelle époque son uls était dans cet état : depuis son enfance, répondit-il. Si donc les enfants les

S lus innocents peuvent être possédés du émon, à plus forte raison les personnes adultes les plus saintes. 11 ne suiBt pas de dire aue, si les jeunes enfants sont possédés, c'est a cause des péchés des autres ; il faut encore le prouver. D'ailleurs les personnes adultes d'une grande sainteté peuvent sout». frir cette épreuve pour l'expiation des péchés d'aulrui, ou pour en préserver leurs irères.. 2" « Qui peut, ait saint Augustin (h xxii De cil?., c. 22,) se fier sur son innocence pour être à l'abri des mille attaques du démon? Quoi de plus innocent au monde que les jeunes enfants qui ont reçu le baptême ? Et cependant Dieu permet parfois au démon de les tourmenter, afin de mieux nous

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luuQtrer par là combien nous devons déplorer la misère de cette vie , et désirer la félicité étemelle de l'autre vie. » — «Le démon, dit saint Jean Ghrysostotne (hom. t^i^inActa)', ne peut nous empocher d'arriver au royaume des ci eux; et même 11 nous en facilite les moyens, bien que malgré lui. »

3^ De grands serviteurs de Dieu ont été éprouvés et purifiés par la possession du démon. Tel fulStagire, ibolne d'une grande perfection, que saint Jean Cbrysostomè consolait d'être possédé du démon (1. u De prov, ), en disant : «c En quoi cette possession peut-elle vous nuire , si vous n'en remplissez pas moins tous| vos devoirs avec la même exactitude et la même fidélité? «Tel fut Tabbé Alexandre , dont parle Rosweîd ( VU. Patr.f I. X, c. 22) , qui dix jours avant sa mort fut saisi du démon , lutta courageusement contre lui et finit par mourir en paix. Telle fut celle femm^ d'upe vertu exemplaire , qui , possédée du démon , fut délivrée par saint Cutfibert , lequel témoigna de son innocence. IV. Bèdb, inejus Ftïo, c. 15.)

k" Cassien ( loc. cit. sup, ) en donne la raison. Il est très-avantageux de montrer de la patience dans les souffrances et lés humiliations ; or , la possession diabolique nous ejn fournit l'occasion. Cette possession

J)eut d'ailleurs concourir à l'expiation des istutes légères. Aucune personne , quelque juste qu'elle soit , n'est donc à Tabri de cette peine, puisqu'a^ucune n'est exempte des fautes léger^. Les Ames les plus saintes n'en tombent pas moins dans des (siutes véiiiejlçs, si peu graves qu'elles soient, qui leui*n4éritent les peines du purgatoire ; or il est plus avantageux de les expier par la possession du démon.

Néanmoins il est bien rare que la possession diabolique atteigne lès serviteurs de Dieu et les flmes saintes. L'Ecriture sainte nous fournit de nombreux exemples de saints personnages , éprouvés par les démons , en vue de leur perfection ; aucun d'eux pourtant n'a été possédé du démon, et même Dieu , pour faire éclater toute la paience de Job , donnant à Satan le ppuvoir le pïus étendu de le tourmenter, a soin de poser une restriction : Néanmoins respecte son, âme (Job ii, 6); restriction que, d'après Cassiçn (collai. 7, c. 12) Pinéda explique ainsi : a Sache qu'il s'est interdit de rien tenter contre sa vie: garde-toi d'envahir son esprit, sgn intelligence, qui lui appartient en propre , et d'occuper les parties et les organes de son corps, qui sont les instruments fidèles dç sa raison , ou de les détourner de leurs fonctions régulières. » C'est-à-dire, ie te défends de le posséder et de mettre obstacle à l'usage de sa raison. Aussi saint Augustin et CaSsien, en divers endroits de leurs ouvrages , déclarent-ils pie Dieu ne permet sa possession corporelle du démon qu'en punition de graves péchés. En etfet , l'état de possession nuit beaucoup à l'exercice de la perfection. Le trouble et le dérangement de l'esprit qui en résultent entravent l'usage de la raison ,

si nécessaire pourtant pour raocroissemeut des mérites et le progrès de ta perfection. Donc les Ames saintes sont plutôt tourmen^ tées et perfectionnées par| obsession urtie par possession : il est très-rare qu'elles soient possédées ,' encore n'est-ce que d'une manière partielle et transitoire ; ce qui n'est pas le caractère de la possession proprement dite.

I) i&rrive que par uAe témérité imprudente quelques personnes spirituelles, surtout des femmes, sous prétexte de souffrir pour Jésus-Christ , demandent à Dieu aétre livrées à la possession du démon. C'est le démon lui-même, transformé en ange de lumière, qui leur inspire ce désir relies s'imaginent qu^ ^elle est la volonté de Dieu , $\ se livrent ainsi au démon qui finit par les pôss^er en réalité. C'e«l agir avec beaucoup de témérité que de mépriseï* qv^ de ne pas consulter l'avis des personnes plus avancées , et de vouloir en quelque sorte déterminer soi-même le moyen le plus convenable de faire des progrès dans la perfection , surtout quand on fait consister ce moven dans les tourments de la possession diabolique. E^es ne considèrent pas sans doute, outre les obstacles que la posse&% sion oppose à l'avancement spirituel, toutes ces atteintes coupables que le démon porte sans cesse à l'honneur de Dieu et à notr» salut : comme si Dieu n'ayait pas de moyeft plus parfait de nous perfectionner sûrement dans la vertu. Si quelques-uns ont été réellement possédés, c'est un exemule qu.i^ faut plutôt admirer qu'imiter,, etou il qoÙs faut reconnaître l'impulsion toute spi^iald^ du Saint-Esprit.

Pour mieux faire sentir la témérité qu'il y aurait à souhaiter à soi-même ou aux autres la possession diabolicme, indiouons ici les maux qi^ peut causer le démon a la personne qi^'il possède . 1" Il peut empêcher les fonctions des sens extérieurs , comme le prouve l'Evangile. {Matlh. ix, â^ ^ xii, 22 ; Marc, vu, 32; IX, 16; Luc. xi, 14.) Jésus-Christ délivra du démon et guérit en même temps un possédé oui était a la fois muet et aveugle : selon Maldonat, le démon qui le pos^dait l'avait privé de l'usage de ses sens. 2' Le démon peut encore affecter et modifier les sens intérieurs et surtout l'imagination. Ainsi {Matth. viu, 28 ; Marc, v, 2 ; Luc. vni , 27 ; Act. XVI, 16',. XIX, 16) Jésus-Christ délivra et guérit un démoniaque, et même deux démoniaques qui erraient l,out nus dans les montagnes et au milieu, des> tombeaux, qui se jetaient avec fureur sur les personnes qn'ils rencontraient et sur eux-mêmes, et qui parlaient sans comprendre leurs paroles. Saint. Paul délivra une jeune fille possédée par l'esprit de Pithon, qui prédisait l'avenir { un démoniaque furieux se jeta siii: de faut eJ^orcistes qui étaient juifs : le démon parlait |>ar sa bouche. 3* Outre cette modification êtcette perturbation des facultés imaginatiyes, l'appétit sensitif du possédé est souvent affet^té, et il est puissamment excité à des accès tle colère, de tristesse, de haine , d*amour f etc

D*ASC£T|SM£,

C*est ce qui arrive aux frénétiques^ 4^Lo démon peut asir d*une manière terrible sur la santé et sur la vie corporelle du i)Ossédé. Oui tre les exemples déjà cités, rappelons celui de la Ghananéenne (MaUh. xv, 22), dont la fille était si cruellement tourmentée par le démon ; celui de cette femme qui, depuis dix-huit ans, avait uq esprit d'infirmité, dont la puissance la tenait tellement courbée,

Su'elle ne pouvait lever les yeux vers le ciel. * Bien que le démon n'ait aucun pouvoir sur rflme du possédé ni sur ses facultés spirituelles I bien qu'il ne puisse affecter immédiatement rintelligence et la volonté, ni transformer cette flme exk Tâme d'une brute, ni la faire passerdans ui\autre axps^ ni la priver de ses facultés spirituelles, ni enfin empêcher les actes de 1 intelligence et de la volonté^ en tant que maîtresse d'elle-même; néaqmoins il peut entraver ou modifier de mille maqières , médiatement et indirectement, les actes des facultés spirituelles de l'âme, en troublant l'imagination et obscurcissant l'intelligence, comme chez les scrupuleux et les mélancoliques, ou encore en la plongeant dans une sorte d'engourdissement, comme chez les personnes endormies, ivres ou frénétiques. De sorte que, dans cette prostration complète de l'esprit, la liberté qui dé- Send de l'indifirérence du jugement cesse de^ iriger la volonté ; comme aussi toutes les fois que reste Tindifférçjic^ du jugement, survit aussi la liberté^ bien qu'elle soit violemment figi^ée. Ainsi Saiil, ainsi ces possédés, qui ne savent ni ce qu'ils disent, ni ce qu*ils font , et çui parlent et agissent sans être maîtres d eux-mêmes. Aussi saint Thomas remarque avec raison (c. 1, q. 3, a. 2), que Dieu seul peut efficacement incliner à exciter la volonté libre ; un démon ne 1^ peut que par l'action persuasivedes apparitions, etpaç l'excitation des passions de rap[)étit; toutes fois son action nest pas nécessairement efficace ; ciir la volonté demeure toujours libre de conseniir onde résister à la ptission. 6° D'une manière général ç., le démon ne peut rien faire que par un mouvement local et en £yppliquant son action sur un sujet passif; maks parce qu*il a une. connaissance plus parfaite que nous des causes nati^^elles et de leurs^

Sropriétés, et qu'il sait très-bien la manière e les appliquer avec la plus grande habileté et, la plus Vive agilité de mouvement, son action sur les possédés n'excède pa^s les forv^s de la nature aidées des ressources qu'il trouve en lui-même.

Si quelqu'un se trouve possédé du démon,, il doit supporter cette épreuve avec pattience, et, tant qu'elle dure^ s'efforcer, avec la grâce divine, de la faire tourner à son profit. Cef>eudant il est bon et tri^s-utile à la perfection, de chercher sa guérison avec toute la, résignation requise., dans les moyens humains et divins, qui sont approuvés de i^ieu. Nous allons en indiquer les principaux.

I. Le premier remède contre la possession est le secours de la médecinSf en tant que, fiçuis danger et avec quelque utilité, on peut

chasser Taltération et la perturbation causées par le démon dans les humeurs. Il peut se faire en effet que le démon tourmente ie possédé par (Tuelque maladie, naturelle du reste» comme 1 hypocondrie et l'épilepsic; il est possible encore qu'il ne puisse s*opposer aux effets salutaires de la médecine, ni renouveler la maladie, ni en provoquer une nouvelle, surtout si Ton a recours en même temps aux secours spirituels. Dieu n'a peutêtre permis au démon de tourmenter le possédé qu'autant ({u on néi^ligerait les ressources de la médecine : ainsi, quand David jouait de la harpe, les accès furieux de Saiil se calmaient et l'esprit malin s'éloignait de lui : les accords de David apaisaient ses souffrances et son humeur mélancolique. Donc, conclut Valesius, il ne suffira pas toujours d'avoir chassé le démon, si vous ne guérissez la maladie. 11 ne faudra renoncer aux secours de la médecine qu autant que la maladie serait complètement incurable.

Lés théologiens conviennent généralement que les remèdes naturels n'ont aucune action directe pour l'expulsion du démon, mais seulement une action indirecte et dispositive. Brognoli (p. 1, c. 3, a. 5, q. 19, suœ Manud. exor.) s'élève avec non moins de iustesse que de force contre les médecins qui, après avoir constaté la possession du démon, prétendent le chasser uniquement par les ressources de leur art, et contre les exorcistes qui traitent le possédé par des remèdes naturels. Aucun d'eux ne doit imprudemment mettre sa faux sur la moisson d'autrui.

IL Le second remède est la purification de la conscience: si le possédé est pécheur, qu'il se purifie par une confession générale , et ensuite par un fréquent usage du sacrement de pénitence, suivi d'utiles réformes : s'il est tiède, par un renouvellement de ferveur dans les exercices journaliers, et par quelques jours de retraite, sous la direction d'un bon guide spirituel ; s'il marche dans la voie de la perfection , par une scrupuleuse recherche, pour les déraciner de toutes les fautes, même vénielles, de toutes les passions qui peuvent être cachées en lui, et pour l'expiation desquelles il souffre cette é^ireuve. Le possédé doit, avant tout, prendre (;arde de succomber dans de nouveaux péchés de colère, d'impatience, de désespoir, etc. ; bien, 3ue souvent le démon l'y excite, il peut et il oit lui résister. Qu'il imite donc sainte Madeleine qui fut possédée du démon en punition de ses pécnés, mais fut délivrée de seS; Séchés à cfl^usedc 1^ grandçur de son repenr. (Imc. Tiii.)

111. Le troisième remède est le prudent ei^ pieux usage de la sqinte Eucharistie et l'assistance à la messe, « Les énergumènes déj^i Ijaptisés, qui ont à cœur leur purification, et. qui suivent avec docilité les conseils des ecclésiastiques , doivent s'ai)prOi heir de la sainte table, afin de se fortifier, d'abord par la vertu de ce sacrement, conlf è'ics attaques, du démon qui les tourmente, et de se purifier ensuite ' de toute souillure. » ( Concil.

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DiCTIONNAlRE

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Araiiitcan. i, a. Wl, can. ih.) — « Nous n'avons pas souvenir, dit Tabbé Sérénus, dans Cassièn ( collât. 7, c. 30 ) , que jamais nos pères aient interdit la sainte communion aux énerçumènes. Ils pensaient môme qu'on devait leur prescrire de communier tous les jours s'il y avait possibilité. Car c'est à tort qu'on voudrait faire ici Vapplication de celte sentence de TEvangile : iVe donnez pets le saint aux chiens. Car la sainte communion, loin de servjr de nourriture au démon , purifie et protège le corps et Tâme. Quand l'homme la reçoit en lui, le démon qui réside dans son corps, ou qui s'efforce de s'y cacher, est chassé par le leu de Tamour di- ' vin. » Ainsi, le Rituel romain ( De exorris,)^ expliquant l'intention et la pratique de l'Eglise, donne celte prescription : « Qu'on recommande au possédé, s'il conserve toutes ses facultés physiques et intellectuelles , de se forliûer par une confession et une communion fréquentes, selon l'avis du directeur. »

Nous avons dit un prudent usage de la sainte Eucharistie ; car toujours la décision d'un bon directeur doit régler la fréquence de la communion, d'après les dispositions Dhysiqnes et morales ou pénitent. En effet, la sainte table doit être interdite au possédé, I)ar suite de ses dispositions physiques, imand il n'est pas maître de lui-même ou qu'il tombe dans des accès de fureur, à moins qu'il ne soit à l'article de la mort; quant aux dispositions morales, la fréquence des communions est subordonnée au plus ou moins de pureté de la conscience. En elfet, de môme qu'il n'y a aucune raison de priver de la sainte Eucharistie un énergumène bien disposé par la pénitence, et qui s'en approcherait avec joie s'il était en santé, surtout quand l'épreuve qu'il souffre n'a d'autre but que de le puriner de fautes légères; de môme il n'y a aucune raison, sous prétexte de possession, de faire communier 13 possédé plus souvent qu'il ne ferait dans son état normal.

IV. Le quatrième remède est la prière et le jeûne. Cette race de démons^ dit saint Matthieu (xvii, 20), ne se chasse que par la prière et le jeûne. Ce remède, que Jésus-Christ piestrit pour un c^s très-difBoile, à plus îbrle raison sera d'une grande efficacité dans un cas plus facile. Et si Jésus-Christ exige cette condition de celui qui chasse le démon, à plus forte raison sera-t-elle utile au possédé qu'il s'agit de délivrer. « Ne m'ob-

S^tez pas, dit saint Jean Chrysostome (hom. ), aue les démons ont quelquefois été chasses sans le secours du jeûne : ce cas s'est bien rarement présenté. Qu'on en ait vu un exemple ou deux, je le veux bien; il n'en est pas moins impossible, en vivant au milieu des délices , d'être délivré du démon qui nous possède. Le jeûne est un des pr^

miers devoirs du malade Le jeûne n'est

pas seulement nécessaire, il doit être accompagné de la prière qui est encore plus indispensable. »

Quant h la prière, on doit implorer les

Erières oes justes, siurtout des auges et dei ienheureux, et en particulier de la Reine des anges et de tous les saints; ou doit encore se réfugier k l'ombre du sanctuaire. Quant au jeûne, il faut pratiquer toute mor* tiûcation intérieure et extérieure, l'aumône et toutes les autres oeuvres satisfactoires. (Delrio, 1. VI, c. 2.J

y. Le cinquième remède consiste dans les pratiques sacramentelles instituées uar l'Eglise pour l'exoulsion des démous. Les principales sont :

1** L'invocation (tu nom de Jésus. Les dé* mons seront chassés en mon nom. {Marc.

XVI, 17. ) — Les démons eux-mêmes nous sont soumis en votre nom. (Luc. x, 17.) — Js f ordonne ou nom de Jésus-Christ de sortir de cette personne. {Act. xvi, 18.) — « Il n'est pas étonnant , dit saint Bernardin (t. II , serm. 49), que les démons soient cliassés par la vertu de ce nom dont iU ne peuvent supporter la force et qui les remplit de terreur. »

2* Le signe de la croix. L'Ai>ôtre nous en montre toute la vertu, guand il dit (Co/osj.n, U, 15 ) que Jésus-Christ a effacé la cédule de la loi qui nous était contraire, en teutûchant à la croix. Et ayant désarmé les prixir eipautés et les puissances, il les a menées hautement en triomphe^ après les avoir «oîncues en lui-même. Origène explique ainsi ces paroles (hom. 8 in Jos:) : « La croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ a été double, c'esW i-dire, elle se i>rend en deux sens : Fils de Dieu, il a été visiblement cruciûé en sa chair» mais invisiblement, il a lui-même attaché h la croix le démon, avec ses principautés et ses puissances.... C'est ce que prouvent les paroles de rAi>ôtre citées plus haut. »

3* Les reliques des saints. Ainsi l'ombre seule de saint Pi erre d//trratY ceux oui étaient tourmentés des esprits immondes. (Act. v, 16.) Les linges qui avaient touché saint Paul chassaient les esprits fnalins. (Act. xix, 12. ) — « Dès que les démons, dit saint Jean Chrysostome (hom. 1 De Machab.)^ aperçoivent les corps des glorieux martyrs, ils s'enfuient et disparaissent pleins d'épouvante. »

*• L'eau bénite. Au témoignage d'Alexandre (c. Aquam. 19, De consec.y d. 3), « elle déjoue les ruses du démon et préserve les hommes de tout fantôme trompeur, par la vertu du Saint-Esprit et des prières divines que récite le prêtre, à qui il a été dit : Chassez les démons en monnom. » C'est pourquoi l'Eglise, dans la bénédiction de cette eau, demande l'efficacité de la grâce divine pour chasser les démons.

5"* Les Agnus Dei , bénits par le Pape, en récitant cette prière de l'Eçlise : « Qu'ils soient doués d'une force spéciale contre toutes les tentations du démon^ et que ceux qui les portent n'aient rien à craindre de sa méchanceté. »

6* Les saints Evangiles, soit quand on les récite, soit quand on les porte au cou, suivant une pieuse pratique de l'Fglise, ont une vertu spéciale contre les démens. Saint

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DTASCETtSIIÊ.

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Autfustin ( tract. 7 in /oan.jloue la coutume de uire toucher FEvangile aux malades. Et dans le Rituel, il est prescrit, pour les exorcismes, de réciter des Evangiles, surtout le commencement de TEvangile selon saint Jean, celui du chapitre xvi dé saint Marc, et ceux des chapitres x et xi de saint Luc. 11 faut toutefois éviter, dans ces usages, de porter des reliques ou des Evapgiles. toute espèce de superstition , comme d'avoir à cet effet un reliquaire de telle ou telle couleur, de telle ou telle forme, etc. ( Voy. Exor^

CISIIE. )

POUVOIR^REUGIEUX. — Dans l'article GocvEBNEMENT RELIGIEUX nous avous traité du pouvoir religieux en tant qu'il s'exerce pour le bien des stgets. Nous avons parlé des moyens à prendre pjour arriver à ce Dut ; en^ un nous avons considéré les devoirs des supérieurs sous toutes leurs faces. La question plus spéciale uue nous examinons est celleci : quelle est ta nature, quels sont les droits iics supérieurs religieux.

Un prélat religieux est investi d'un double pouvoir : tl'un pouvoir de juridiction et d'un jiouvoirde domination ou économique selon le langage des mystiques. Le pouvoir de juridiction ou ecclésiastique est celui qui se rapporte aux clefs de TEglise : juridiction aceordée par le Christ, exercée dans l'Eglise par le Souverain Pontife, transmise aux évêques. Une portion de cette juridiction est accordée aux supérieurs religieux, afin qu'ils puissent gouverner leurs sujets et les contraindre par des censures et des peines sévères. Le pouvoir de domination est le droit aoquis en religion aux prélats de commander les religieux, de se servir de leur travail, selon quils le jugeront à propos, et ce pouvoir est itindé sur la volonté de ceux qui ont choisi telle ou telle profession religieuse, et i|ui s y vouent avec la promesse et l'obligation d'obéir à celte règle : ce pouvoir est trèssemblable au pouvoir des pères sur leurs enfants, entant qu'il est fondé sur l'amour pour conduire les sujets paç l'amour de Dieu a son cuit e. Le supérieur reçoit ces enfants spirituels rK>n des mains de la nature, mais de leur iiropre vojonté. Ce pouvoir est aussi semblable /•u pouvoirdu maître sur l'esclave, autant qu'il ne laisse rien de propre à ce? lui-ci. Tout les biens des religieux sont au |)ouvoir du supérieur, comme ceux de l'esclave sont au mattre. 11 y a cette énorme di jfërence que le dépouillement de l'esclave est forcé, tandis que celui du religieux est vot, k)nt('iire, et sannoblit par la grandeur du motif, et par Tindépendance de la première détermination. Comme ce pouvoir s'exerce dans un but spirituel , il s'appelle aussi un l'Ouvoir spirituel.

Ce double pouvoir est communément remis dans }a main du supérieur religieux. Cependant il arrive souvent qu'il n'exerce que le pouvoir de domination, ce qui arrive lorsque le supérieur estlaïque et n'a reçu aucune juridiction ecclésiastique; et alors il est soumise Févéquc du lieu, pour tout ce * 4ui est de juridiction. Ainj^i saint Antoine,

saint Hilarion, saint Pac6ine, en tant qae laïques, n'avaient aucune juridiction; et cependant ils gouvernaient [>lusieurs milliers de moines; nous voyons encore cela dans les monastères de femmes et dans plusieurs autres d'hommes. Ils sont spirituellement, juridictionnellement couvernés par le Pape, les évèques ou leurs délégués.

En vertu de son pouvoir, le supérieur religieux a le droit d'obliger ses sujets en conscience ; et selon la gravité de la matière cette obligation peut aller jusqu'à entraîner un péché mortel par la désobéissance. Le

fïouvolr de domination est fondé sur le dou- )le vœu d'obéissance et de don volontaire de la persônpeàlamaisonreligieuse, c'est-à-dire à son chef. Celui qui est aussi lié se trouve engagé par le double lien de la religion et de la justice. Conséquemment le supérieur a droit d'obliger en conscience, comme cela est en effet chez les abbesses et les supérieurs laïques. Quant aux choses de plus grande importance, aux choses de l'ordre spirituel, on a recours au fH)uvoir de juridiction par Ic-

auel le prélat n'est pas seulement un père e famille, mais un vrai législateur et commande sous peine de censures.

Voyons maintenant comment il doit user de ce" pouvoir dans la correction.

Le oevoir de la correction est un des princi|:<aux devoirs de ceux qui ont charge d*dmes; et il se remplit au moyen des deux pouvoirs dont nous venons de parler ; cette correction peut être ou paternelle ou judiciaire. La première se fait au moyen du pouvoir de domination; la seconde au moyen du pouvoir de iundiction. Le premier usage correspond à la correction fraternelle ou évangélique, ou à la correction secrète pour les fautes secrètes. Quant aux fautes publiques elles doivent généralement être réprimées par des peines publiques. Cependant, en suivant Tavis du Pane Innocent (c. 24, De accusatiofie ,) lorsqu'il sagit des Réguliers, on peut souvent, selon les occasions, arriver à la repression des fautes publiques sans recourir aux dernières rigueurs du droit.

Cette QouDle puissance dont nous venons de parler doit être exercée par le supérieur, de telle manière qu'elle soit contenue par la douçeup paternelle. Qu'il se souvienne bien de ce point principal, (jue tout ce qu'il a de puissance sur ses sujets lui vient directement d^ leur volonté libre, de leur soumissioa volontaire à sa propre volonté; ei cela pour Famour de Dieu; qu'ils se sent offerts, par cet abandon de leurs personnes, comme un holocauste à la divinité. Us ne doivent donc pas être traités commo de6 esclaves forcés, mais comme des fils sou.mis. Que le supérieur se souvienne encore que le pouvoir dont il dispose émane aussi de Jésus le bon pasteur, qui a confié ses brebris au soin de Pierre, et qu'à ce propos le concile de Trente (sess. iv, c. i) avertit les pasleurs, d'être pasteurs et non persécuteurs d^ Jours subordonnés; qu'ils leur commandent sans domination; qu'ils les aiment comme

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MCTlOiNNAIRE

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des fils el des.frères; qu'ils agissent de telle sorte quils les» empêchent par leurs exhortdiions et leurs avertissements de tomber clans le péché, de peur cju'ils ne soient dans la nécessité d'user de riçueur quaild la faute est commise. Si cependant, par suite delà fragilité humaine, ils succombent, ils suivront le précepte de l'Apôtre qui leur dît de les reprendre el de les corriger avec toute bonté et toute patience; caria bienveillance obtient plus des coupables que l'autorité, l'exhortation plus que la menace, la charité plus que la puissance. Que celui qui dirige, dit saint Augustin (ep. 109), ne pense |/oint, ne cherche point a dominer par la force, mais se trouve heureux de servir par la charité.

Le supérieur, qui jouit de la double puissance de domination et de juridiction, doit se servir de préférence de la puissance de domination , et s'en servir d'une manière paternelle , comme s*il était encore au temps des Hilarion et des Pacôme ; qu'il aime à se souvenir de la leçon de l'apôtre saint Pierre : Qii'Hs ne soient pas comme des dominateurs parmi les clercs. Saint Grégoire de Nazianze, dans son Discours sur les faits j dit d'un évoque : Qu'il ne contraigne point par la force; mais qu'il attire par la persuasion^ tout ce qui est au delà est tyrannie ; et ce qui repose sur Cfs moyens ne aure pas. Tout ce qu on conduit avec violence ressemble à une plante qui a pris une direction ; on a beau lui donner une direction forcée , elle revient à sa première tendance. Au contraire^ ce qu'on peut obtenir d'une libre volonté est meilleur et plus durable, parce au'il est consolidé par le: liens de la oienveillance.

Il est difficile que le supérieur religieux ne se serve pas quelquefois de son pouvoir de juridiction ; mais il doit le tempérer par une douceur toute paternelle; Toutes es fois que l'Ecriture sainte fait mention de la juridiction ecclésiastique, elle fait comprendre qu'wi doit en user avec douceur. Ainsi, dans saint Matthieu (c. xvi), elle est promise ^ Pierre, sous le nom des clefs et non du

flaive. Et dans saint Jean (c. xxi), il confie Pierre le soin des agneaux et des brebis pour les paître. Jésus-Christ est le père du troupeau, son représentant doit avoir les mômes sentiments. Le concile de Trente (sess. xiii) avertit tous les prélats que s'il «st besoin d'user de la verge à raison de la Çravitédu délit, on doit môlerla douceur à la rigueur, et la miséricorde môme dans la condamnation , afin que la .discipline soit conservée au milieu du peuple fidèle, comme une chose salutaire el nécessaire, mais sans aspérité; et que ceux qui sont repris se corrigent et s'amendent, ou, s'ils reiusent de re^ venir^ qu'ils restent comme un exemple qui 4étoume les autres des mêmes vices. Voici ce que dit à ce sujet saint Chrjsostome dans le livre ii du Sacerdoce : Lorsque i*s juges séculiers ont saisi des hommes qui ont t^'avement violé les lois, ils les contraignent /*ar la force de changer leur genre de vie: mai3 dans C Eglise il n'en est pas ainsi : ici on

persuade et on ne violente pas ; et c'est le moyen de rendre meilleur celui que Von veut corriger.

Dans le chapitre 7 de sa Rigle^ saint Benoit instruit l'abbé de la sollicitude que doivent lui inspirer les excommuniés ; illui conseille de leur envoyer des vieillards pour les consoler secrètement; des personnes expérimentées et sages, qui les traitent comme des frères et les aident à revenir.

Ce n'est donc qu'à regret, avec une ^ande peine et parce qu*il n'a pas été possible de l'éviter, après avoir épuisé tous les autres moyens, que le supérieur religieux en vient aux mesures ou a l'excommunication, ou aux peines corporelles; et même, dans cette extrémité, il fera ce qui est en lui pour mêler la douceur à la sévénté.

En pratiquant la correction, le supérieur doit être animé du zèle pour le salut des âmes. Saint Paul donne une juste idée de ce zèle, lorsqu'il écrit aux Corinthiens {ICor. iv) : Je ne vous écris point ces choses pour vous confondre , mais pour vous avertir comme des fils cA^ts.Cependant, en pratiquant la douceur, il faut se souvenir de cette règle de saint Bonaventure : Que la douceur no soit

Eas de la mollesse, et la charité une crainte umaine; car la crainte de Dieu doit tout dominer. Tout supérieur doit faire respecter la loi au nom de laquelle il gouverne pour le bien commun et la gloire de Dieu.

PRATIQUES DE PERFECTION. — Les pratiques de perfection sont extérieures et intérieures. Les extérieures sont Toraison, l'examen de conscience, la lecture spirituelle, la confession, la communion, la retraite. (VoyAes mots. Oraison, Examen, etc.)

Quant aux pratiques intérieures , elles consistent dans certains exercices de vertu, auxquels doivent s'adonner ceux qui tendent à la plus haute perfection.

Il y en a six principales : la première, de ne iamais contenter entièrement la nature, et de lui refuser toujours une partie de ce qu'elle souhaite, dans l'usage ordinaire des cnoses, même les plus nécessaires. Ceux qui vivent selon leurs inclinations naturelles, ayant pourtant quelque estime et quelque amour pour la vertu, se satisfont pleinement en toute occasion , et croient faire beaucoup , pourvu qu'ils s'abstiennent du mal ; mais les hommes spirituels craignent ces sortes de satisfactions entières , parce qu elles diminuent la vigueur de l'esprit; el ils mêlent partout la mortification, enlin,

3ue la nature n'ait jamais tout ce qu'elle emande. Ils ne mettent point à cette pratique d'autres bornes que celles de la discrétmn qui veut qu'on se conserve pour le service de Dieu, et qui ne [>ermet pas de retrancher du nécessaire jusqu'à nuire à la santé et à perdre notablement de ses forces. La seconde pratique est le détachement du cœur, que les mystiques appellent la sainte abstraction. Elle consiste a user do toutes les choses de cette vie, non-seulement avec modération, mais encore avec dégage- ^ncnt, et sans y mettre son affection qu oa

DASCETISIIE.

doit réserver tout entière pour Dieu. On s'applique 6 ce qu'on fait, non parce qu'on aÎDic i le faire, mais parce qu'on aime Dieu pour lequel un fait toutes cooses. Quoique occupé au dctiors, on est toujours libre au dedans, parce qu'où ne donne jias son affection aux objets auxquels on s applique. On se prête et on se refuse en vaème temps aux œuvres extérieures ; ou s'ypréte, |>arce qu'on y donne une )iartie de son attention, et qu'on emploie lés facultés de son corps et de son âme pour réussir dans ses entreprises ; et il est vrai aussi qu'on s'y refuse, parce qu'on en détache coostamment son cœur, et que si ou s'y affectionne, ce n'est jomais que pour Dieu. Sainte Catherine de Gènes était dans cette disposition, lorsque, adressant la parole aux affaires de ce monde, elle disait : ■ Faites de mon extérieur ce que vous voudrez, je vous l'abandonne ; mais ne touchez («s à mon intérieur, je veux qu'il soit libre pour Dieu. « Celte pratique revient à ce que dit saint Ignace dans ses Consiitutions, lorsqu'il ordonné à ses reliRieui de refuser leur affection h. toutes les créatures pour la don ncr jtout entière au Créateur. El en effet, ca n'est que par ce moyen de renoncement con lÎQuel à toutes les choses visibles qu'on peut entretenir la vigueur de l'esprit et conservei les forces de l'&ine pour le service de Dieu. La troisième pratique est celle de la rési-

f;nation par laquelle on se remet continuelement entre les mains de Dieu, et oo accepte les ordres de sa providence en tout ce qui arrive defïcheux ou de désagréable. Cette pratique est une suite de la précédente; quand on ne s'affectionne à rien de créé, on n'est pas fort éloigné d'agréer en toutes choses ce qu'on y trouve de Dieu, c'est-à-dire sa sainte volonté, et de se plaire à la voir accomplie. Ce saint exercice combat directement 1 amour-propre. Les goûts particuliers et les inclinations naturelles cèdent au goût et à l'estime qu'on a pour la volonté divine. £t tout ce qu'on appelle aigrtur, indignation, retsentiment , toutes les répugnances qui 'ont naître les contrariétés de la part des créatures, sont bientAt sacrifiées au diësir de contenter Dieu. Cette pratique est une des plus utiles et des plus importantes de la vie spirituelle; elle mène droit & la paix et à la pureté du cœur, et contribue plus que tout autre à l'amour divin.

La quatrième pratique est de ne point compter sur l'amitié des créatures. Il est naturel d'avoir des amis en qui on se confie, de recourir & eux dans l'aflllction et de leur confier ses peines. L'homme spirituel n'a pour ami à qui il décharge son cœur que Jésus-Christ qui lui suffit. Dire, lorsqu'on est désolé : Je me consolerai auprès de cette personne qui m'aime, je trouverai dans son humeur qui me revient un soulagement à mes maux, c'est s'éloigner beaucoup de la perfection. La pratique que l'on assigne ici tend àretrancber ces sortes d'appuis humains, pour n'avoir recours qu'à la foi et à Notre-Sei- Koeur; mais elle n'empêche pas qu'on ne se lie d'amitié avec des personnes dont on çst

aime, e^ qu on aime u pour Dieu. On peut c le soutien, la consolai on a besoin dans ses lions, parce que s'adi c'est s'adresser à Dieu tif et le bien de l'am La cinquième regar vie, et consiste à lair plutôt que la sienne, de se conformer à li leurs manières. Par 1 pre volonté qui est I a la perfection. On ] de l'ordre de Saint-Fn nu si doux et si accoi près et à l'imperfectic tout ce qu'on voula partage une grande li le fruit ordinaire de se faisait remarquer e autres dons de Dieu.

.La sixième, c'est aisé, et de prendre ce autant qu'on le peui te permet; et que de di

E résente, nous prenl le et la moins coi moyen de se fortifiei

§rands progrès en pei es hommes font le c cela que si peu arri qui est un bien difU ceux qui veulent emt cette pratique, trouve; trine de Jesus-Christ < paroles : Si tfuelqu'u mot, qu'il renonce à lu et me luive, (Malth. i dront bientôt par leur doctrine porte, pour s force et le courage, po qu'elle enseigne.

PKËSENCEDEDIEI

TCKE, SI PRATIQUE. — L

les préparations éloigti le fréquent exercice di Chercher le Seigneur, i recherche; cherchez ci ( Pi. civ, ) Saint Aug de Dieu et la préseï qu'une même chose, nuellement la face chose que marcher ton en tournant vers lui t les mouvements de s( saint Bonaventure di mencer dès cette vie des bienheureux, que de ce saint exercice, pi ne puissions le voir cl et tel qu'il est, nouj autant que possible constituant sans cesst des actes d'adoration ne s'est pas contenté jouir éteroellement d a' voulu que nous \ terre une légère csquj

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KCTIONNAiRE

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en marchant toujours en sa présence, en Tadorant toujours, et on le resrardant sans cesse à travers les nuages et les ténèbres de la foi, qui font c[ue nous ne le voyons maintenant gu*en énigme et comme dans un miroir^ au lieu que nous le verrons alors face à face. (/ Cor. xiii. ) « La vue que nous en avons maintenant, dit Uésichius, est ce qui fait notre mérite, celle que nous en aurons alors fera notre récompense. C'est pourquoi, afin de pouvoir mériter une si grande récompense , exerçons-nous continuellement à ce qui doit nous la faire acquérir; envisageons Dieu dans toutes nos actions, et quoi que nous puissions faire, ayons-le toujours présent devant les veux. Les anges, qui ont soin de nous garder et de nous défendre, s'acquittent tellement de cet emploi, qu'ils ne perdent jamais Dieu de vue. » // me semble^ à la vérité^ dit l'ange Kaphaël à Tobie, manger et boire avec vous^ mais je me sers d'une viande invisible^ et d'une boisson que les hommes ne peuvent pas voir. ( Tob. xii. ) Les anges se nourrissent de Dieu; et le Fils de Dieu lui-même nous apprend qu'ils voient toujours la face de son Père qui est dans les deux. {Matth. xviii.) Essayons de les imiter en cela ; quoiqu'on mangeant et en buvant et en conversant avec les hommes il |)araisse que nous n'ayons pas d'autre nourriture ni d'autre entretien , tâchons cependant de

i)rondre une nourriture invisible et de nous aire un entretien qu'ils ne puissent voir ; et cette nourriture et cet entretien con3i»> t^nt à voir toujours Dieu, à l'aimer, et à faire sans cesse en tout sa volonté.

I.es saints et les patriarches de T Ancien Testament ont toujours eu un soin particulier de marcher en la présence de Dieu. Le Prophète royal" ne se contentait pas de !e louer sept fois par jour : Tavais^ dit-il, le Seigneur toujours présent à mes yeux^ car je sais qu'il est toujours à ma droite^ pour empêcher que je ne sois ébranlé. ( Ps. xy. ) H leur était si facile de s'établir en la présence de Dieu, qu'ils disaient communément : Le Seigneur vit^ en la présence duquel je suis. ( ïlIReg, ) Leur extrême attention sur ce point venait sans doute d'une parfaite connaissance qu'ils avaient de l'avantage à marcher toujours devant Dieu, et à songer continuellement^ qu'il nousîregarde. Cela suffit pour nous obliger à être toujours très-réglés dans nos actions. En effet, quel est le serviteur assez insolent pour mépriser les ordres de son maître en sa présence, ou le voleur assez hardi, pour dérober au moment où il voit son juge les yeux attachés sur lui? Or, Dieu nous regarde sans cesse, il est notre maître et notre juge, il est tout-puissant; il peut iaire que la terre s'ouvre ot que l'enfer engloutisse celui qui le mettra en colère, comme il l'a déjà fait. Qui sera asvsez hardi pour l'irriter? Quand je considère attentivement. Seigneur, disait saint Augustin, que vous avez continuellement les yeux sur moi, et crue vous me veillez -jour et nuit

àYeù autant de soin, que si dans le ciel et sur la terre vous n'aviez pas d'autre créature que moi à gouverner; quand je considère que vous voyez toutes mes actions» que vous pénétrez toutes mes pensées, et que tous mes désirs vous sont à déeou^ vert, je me sens rempli de confusion. ( Alg , Soliloq.) On s'impose assurément une obligation très-étroite de bien vivre, quand on considère que toutes ses actions sont connues d'un juge qui observe tout, et à qui rien n'est ca^hé. Si la seule présence d iin homme grave est capable de nous contenir dans le devoir, que ne fera point la présence de la majeslé d'un Dieu infini. Saint Jérôme^ sur le rej)roche que Dieu fait à Jérusalem qu'elle ta oublie ( Ezech. xxii )» remarque que le souvenir de Dieu bannit toutes sortes de péchés. Saint Ambroise en dit autant, et le même saint Jérôme ajoute dans un autre endroit, que si, lorsque nous nous laissons aller au péché, nous songions que Dieu nous voit et qu'il est présent, nous ne ferions jamais rien qui pût lui déplaire. H ne fallut fias d'autre considération pour obliger la pécheresse Thaïs à changer de vie et à aller faire pénitence au fond d'un désert. Le Seigneur ne considêre-t-il pas, disait Job, tous les chemins que je prends^ et ne compte-t-il pas toutes les démarches que je fais? ( Joo xXjj.) Cela étant, qi sera assez hardi pour pécher et pour rien faire qui lui déplaise?

La ruine et la perte des méchants vient de ce qu'ils oublient que Dieu est présent et qu'il les regarde : // n'y a personne qui nous voie (Isa. xlvii] , disent-ils^ il ne verra pas notre dernière pn. (/6td.] C'est ce que remar» que saint Jérôme, sur le chap. xxii d'Ezécniel, où le prophète, après une longue énumération des crimes de Jérusalem, lui reproche enfin l'oubli de Dieu, comme la cause de tous les désordres dans lesquels elle est tombée. Un cheval sans frein se précipite de lui-même, et un vaisseau sans çouvemail ne peut manquer de périr : ainsi l'homme qui n'a plus le frein de la présence de Dieu, tt qui n'est plus couverné par cette crainte, court lui-même a sa perte, en s'abandonnant à ses passions déréglées. // n'a point Dieu devant les yeux^ dit le Prophète royal, c^est pourquoi il est toujours souillé de toutes sortes de crimes. [Ps. ix.) La présence de Dieu est le remède souverain et universel qye saint Basile donne pour vaincre les tentations du démon et toutes les répugnances de la nature, de sorte que si l'on veut un moyen facile et court pour acquérir la perfection, un moyen qui renferme en soi la force et l'efllcacité de tous les autres, c'est de se servir de celui-là. Dieu l'a donné pour toi à Abraham : Marchez devant mot, lui dit-il, et vous serez parfait. (Gen. xm.) 11 faut remarquer que, quoique le texte porte et sopes parfait^ cepenaant ici, comme en plusieurs autres endroits de l'Ecriture, le futur est exprimé par l'impératif, afin de mieux faire voir l'infaillibilité du succès. C'est donc nne chose sf assurée, qu'en vous proposant tou-

D*ASCETIS1IE.

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jours Dieu devant les yeux, vous deviendrez partait, et dès que vous mettez toute votre attention à sa présence, vous pouvez être persuadé que vous Tètes. Car de môme que les astres empruntent toute leur lumière et toute leur vertu du soleil, de même les justes, qui sont comme des astres dans TEglise de Dieu, tirent de sa présence et de Téléva* iion continuelle de leur cœur vers lui, toute la lumière dont Hs brillent au dedans à ses yeux, et au dehors à ceux des hommes, et toute la T^rtu qu*ils ont d'être utiles au bien général de tout le monde. 11 n*y a rien qui explique mieuii que ceci le besoin que nous avons d'être toujours en la présence de Dieu. Voyez la dépendance de la lune envers le soleil, et la nécessité oi\ elle est de le regarder toujours; elle tfa de lumière que celle qu elle en reçoit, selon les différentes manières dont elle le regarde ; et elle n'agit sur les corps inférieurs que selon les communications de cette lumière. Ainsi ses effets augmentent ou diminuent, suivant qu'elle est dans son croissant ou dans son décours ; et dès qu'il y a interposition entre elle et le soleil, elle perd toute sa clarté et toute sa force. 11 en est de même de l'ftme à l'égard de Dieu C(ui est son soleil; et c'est i)ouff cela que les saints nous recommandent si expressément la présence de Dieu.

Saint Ambroise et saint Bernard, parlant de Tapplication que nous devons avoir de nous la rappeler sans cesse, disent que, comme il i^y a aticun moment où l'homme ne jouisse des effets de la bonté et de la miséricorde de Dieu, i! ne doit avoir non plus aucun' moment où il ne l'ait présent à son esprit. Et saint Bernard ajoute dans un autre enaroit, que, dans toutes ses actions et dans toutes ses pensées, on doit se ressouvenir de la présence de Dieu, et s'imaginer avoir perdu tout le temps qu'on a passé sans songer à lui. Jamais Dieu ne nous oublie, il est Juste que nous ne cherchions pas non plus 1 l'oublier. Saint Augustin, sur ces paroles du Psalniiste, f arrêterai mes yeux sur vous (Ps. xxxi), s'écrie : Seigneur^je ne détacherai jamais mes yeux de vousy parce que vous ne les diex jamais de dessus de moi ; je ferai comme le prophète : Mes yeux seront toujours fixés au Seigneur (Ps. xxiv.) Saint Grégoire de Nazianze dit que la respiration doit étro moins fréquente en nous que le souvenir de Dieu ; car de même que nous avons besoin de respirer à tout moment pour rafrjilchir le cœur et tempérer la chaleur naturelle, de même nous avons besoin de recourir à Dieu par l'oraison pour réprimer Tardeur déréglée de la concupiscence qui nous porte continuellement au péché.

Afln de tirer plus de prodt de ce saint exercice^ il est bon de savoir qu'il consiste en deux actes : l'un de l'entendement, l'autre de la volonté. L'entendement doit marcher le premier, comme étant toujours requis et toujours présupposé pour la production de quelque acte de volonté que ce soit. Or ce premier acte tend à considérer aue Dieu est présent partout, ou^il remplit 1 univers,

qu'il est tout en lout, et tout en quelque partie et en quelque créature que ce soit, et à faire à ce sujet un acte de ,foi, parce que c'est en effet une vérité que la loi nous })ropose : car il n'est pas loin de chacun de nous^ dit l'Apôtre, nous vivons en lui^ et cest ep lui que nous avons le mouvement et lélre, {Act. xvn.) 11 ne faut pas nous imaginer Dieu comme loin de nous, ou hors de nous, il e.^'t au dedans de nous-mêmes. « Je chercba's hors de moi, Seigneur, dit saint Augustin, celui qui était au dedans de moi. » Dieu est plus présent en nous, et au dedans de nous d'une manière [)lus réelle cjue nous n'y sommes nous-mêmes. C'est lui qui donne la vie h tout. ce qni vit, la force et le mouvement h tout ce qui se meut, et l'être à tout ce qui est. 11 conserve toutes choses par sa présence, et sans le secours continuel de cette présence, toutes choses cesseraient d'être, et retourneraient dans le néant. Considérons donc que nous sommes tout remplis de Dieu, tout environnés de Dieu, et comme nageant en lui. Ces paroles : Le ciel et la terre sont pleins de votre gloire^ conviennent très-bien au sujet de cette méditation.

Quelques-uns, pour rendre cette considération plus facile, se représentent tout le monde rempli de Dieu, comme il l'est, et eux au milieu de cette mer infinie de l'immensité divine, comme une éponge qui serait plongée au milieu de la mer. Cette comparaison paraît assez juste et as^ez proportionnée à la portée de fesprit humain ; mais au fond, il s en faut beaucoup qu'elle explique suffisamment ce que nous disons. Car cette éponge au milieu de la mer, si e41e s'élève en haut, elle en trouve la surface ; si elle descend en bas, elle en trouve le fond ; si elle est portée de côte et d'autre, elle en rencontre les bords. Mais en Dieu, il n'y a rien de tout cela; il n'y a ni fin ni bornes" en lui, 'parce qu'il est immense et infini. Si je monte dans le cief^ disait David, vous y êtes; si je descends dans les enfers^ je vous y trouve ;tt siievolejus(jju'auxextréniités de la mer^ avec la même vitesse que les rayons de Vaurore se portent d'un bout de l'horizon à Vautre^ ce sera votre main oui m^y condutra, et vous me tiendrez de votre main droite, {Ps. cxxxviii.| De plus, comme l'éponge est un corps, l'eau qui est aussi un corps no peut jamais la pénétrer toute en toutes ses parties ; quant à nous, nous sommes en tout et partout pénétrés entièrement de Dieu qui est un pui esprit. Ces comparaisons, quoique faibles, sont pourtant bonnes, parce qu elles nous aident à concevoir en quelque sorte l'immensité infinie de Dieu, et de quelle manière il est intimement présent en nous et en toutes chuses, et c'est pour cela que saint Augustin s'en sert en plus d'un endroit.

Il faut, au reste, se souvenir que pour sô constituer en la présence de Dieu, il n est pas nécessaire de se le représenter |irès de nous, ou en tel et tel endroit déterminé, ni de se l'imaginer sous telle et tede forme. Quelques-uns se figurent que Jésus-Christ

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UGTIONNAIRE

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marche à côlé d'eux, et qu il les resarde toujours en tout ce qu'ils font ; ainsi us se tien* nent toujours en la présence de Dieu ; et>

Ï)armi ceux qui pratiquent cette méthode, es uns se le représentent attaché à la croix, les autres lié h la colonne, les autres priant au jardin des Olives, et suant des gouttes de sang, ou dans quelqu autre sorte de souffrances; d'autres se lefigurent dans quelqu'un des autres mystères et autres états de sa vie^ selon ce qui touche le plus chacun } ou même ils se l'imaginent tantôt d'une façon et tantôt d'une autre, suivant les dififérentes situations de leur âme, et les différents mouvements de leur dévotion. Tout cela est bon, quand on le fait bien, mais ordinairement parlant, ce n'est pas ce qui nous est le plus convenable, parce que ces sortes de repré sentations d'images sensibles ne servent qu'à fatiguer l'esprit. Saint Bernard et saint Bonaventure y connaissaient assurément des secrets que nous ne savons pas ; c'est ce qui leur y faisait trouver tant de facilité et de douceur, s'imaginant entendre quelquefois ces paroles de l'Epoux des Cantiques : Levezt?ou<, ma bien-aiméey levez-vous, ma belle; venez, ma colombe, dans les trous de lapierre, dans les fentes des murailles (Cant, lU) Ils se cachaient en esprit dans les plaies de Jésus- Christ, entraient dans son sacré côté, et y trouvaient un refuçe dans leurs afflictions, un rcrnède souverain dans leurs maladies, et un soulagement infaillible dans leurs peines. D'autres fois, s'appliquant ces paroleK d'isaïe ; Vous avalereik en esprit de joie des eaux des fontaines du Sauveur (Isa, xu), ils se figuraient le pied d« la croix enfoncé dans le cœur, et recevaient dans leur bouche, avec un extrême contentemeut, les gouttes de sang qui découlaient des précieuse plaies du Sauveur du iQonde. Ces grands saints se trouvaient bien de cette pratique; pour nous, si nous voulions nous appliquer à nous rendre Dieu présent de cette manière, peut-être que, pour quelque temps que nous y réussirions, nous nous détournerfons pQur longtemps de l'oraison, et nous ne ferions que nous fatiguer inutilement l'esprit.

On verra facilement combien cet avertisse* ment est raisonnable, si l'on considère que ceux c|[ui ont le mieux écrit sur l'oraison, lorsqu ils viennent à parler de la représentation du lieu et du surjet, qui n'est qu'un des préambules de la méditation par lequel nous tAchons de nous rendre les choses aussi présentes que si elles se passaient réellement sous nos yeux, remarquent qu'il ne faut pas trop insister sur ces sortes de fictions et de représentations, parce qu'il en peut naître plusieurs inconvénients et plusieurs illusions. Siun simple préambule, qui se fait en très-peu de temps et lorsqu'on n'a rien autre chose à faire, demande une contention d'es-

Ï)rit si pénible et si dangereuse, que sera-ce orsque tout le long du jour et au milieu de plusieurs autres occupations, on voudra s'attacher à conserver les images qu'on aura formées? La présence de Dieu, de laquelle nous parlerons maintenant, est entièrement

dépouillée de ces sortes de iiciions, car nous voulons parler de la présence de Dieu, en tant que Dieu, et en cela premièrement, il n'est pas question de feindre qu'il est ni ici, ni' là, il s'agit seulement de croire comme une vérité constante qu'il est réellement et effectivement partout. Jésus-Christ en tant qu'homme est au ciel et dans TEucharistie, mais il n'est point en toute sorie de lieux, de même quand nous nous imaginons Jésus- Christ présent en tant qu'homme, c'est un pur effet de l'imagination ; mais, en tant que Dieu, il est toujours présent auprès de nous, au dedans de nous et partout. L'Esprit, du Seigneur remplit toute la terre [Sap. i), et il n'est pas nécessaire de feindre ce qui n'est pas; il suffit de produire des actes de foi sur ce qui est. Secondement, on peut se figurer l'humanité de Jésus-Christ, parce qu'elle a un corps et une figure ; mais on ne peut se figurer Jésus-Christ en tant que Dieu, et comme il est, parce qu'il n'a ni corps ni ligure, et que c est un pur esprit. Nous ne pouvons même, par cette raison, nous Imaginer ni un ange, ni notre âme. A plus forte raison, Dieu, tel qu'il est, et nous en faire une peinture dans notre imagination.

Mais comment considérerons-nous Dieu coi\ime présent? En formant simplement un acte de ibi à ce sujet, et supposant qu'il est effectivement présent, puisque la foi nous le dit, sans vouloir d ailleurs approfondir davantage comment cela se fait ? C'est ain^i que le pratiquait Moïse, qui, au rapport de saint Paul, considéra Dieu tout invisible qu'H est^ et Veut toujours présent à T esprit comme s'il l'eût vu, [Éebr. u.) Quand on paile à un de SQS amis dans l'obscurité de la nuit, on ne songe qu'à jouir de son entretien et du plaisir de sa pi^sence sans chercher à se le figurer dans son imagination ; de même nous devons considérer simplement que Dieu est I»résent, et nous contenter de jouir du fruit que nous pouvons recueillir de cette présence. Si nous voulons nous le représenter tel qu'il est, nous n'en viendrons pas à bout,, le temps n'en est pas encore venu, attendons

r)ur cela l'autre vie, alors il se découvrir* nous ; et quand il se montrera dans sa gloire^ nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. (IJoan. m.) Présentement nous avons la vue trop iainle, et son apparition à Moïse, dans la nue, nous enseigne qu'il veut que sa présence soit cachée ici-bas à nos yeux, de manière à ne te voir que par ceux d'une foi aveugle et soumise.

Ce qu'on vient de dire regarde l'entendement, mais l'essentiel c'est d'exercer la volonté à l'aimer et à s'unir à hii; c'est en cela que consiste principalement l'exercice de la présence de Dieu. Saint Bonaventure, dans sa théologie mystique, dit que les actes de la volonté par lesquels bous devons élever notre cœur vers Dieu consistent en des dé^ sirs ardents de l'Ame de s'unir à lui par les liens d'une parfaite charité; en des soupirs brûlants que l'amour lui fait pousser pour appeler le Seigneur h elle; et en des mouvements tendres et affectueux qui lui servent

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DASCETISME.

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comme d'ailes pour voler vers lui et s'en approcher de plus jX'ès. Ces sortes de désirs et de mouvements sont appelés par les saints, aspirations^ parceiqu^ils font que Fàme s'élève à Dieu, ce qui est la môme chose qu'aspirer à lui, et parce que ces sortes de désirs embrasés partent si subitement du fond du cœur, qu'on les produit quelquefois sans avoir eu le temps d'en former auparavant le dessein. Ces aspirations et ces désirs s'expriment par des oraisons courtes et fréquentes, appelées jacM/a/otre5, c'est-à-dire selon saint Augustin, lancées subitement^ parce qu'elles sont comme des dards enflammes que le cœur lance vei^s Dieu. Cassien dit qu'elles étaient fort en usage parmi les' anciens solitaires d'Egypte, soit parce que, étant courtes, elles ne fetiguent pas l'esprit, soit parce que, étant pleines de ferveur et de zèle, elles arrivent devant Dieu avant que le démon puisse troubler celui qui les fait et y apporter quelque obstacle. Saint Augustin dit à ce sujet qu'il faut prendre garde que cette intention vive et ardente, si nécessaire à celui qui prie, ne s'émousse par la longueur de la prière ; or, cela n'est pas tant à craindre dans les oraisons jaculoires; c'est pourquoi les Pères du déscit s'en servaient si souvent, tâchant ainsi, par de continuelles élévations de cœur à Dieu, de s'entretenir toujours dans sa ])résence.

Il n 'y a pas de moyen plus propre, plus «nîsé et plus utile à cet effet. Cassien en établit la pratique par ce verset que l'Eglise répète au commencement de toutes les heures canoniales : Mon Dieuj venez à mon aide ; Seiffneur^hâtez'vous de me secourir .{PsaLLXlX,) Commençons-nous quelque affaire difficile? demandons à Dieu par ces paroles la grAce d'en bien sortir; et comme en toutes choses nous avons besoin de son secours, ayons aussi coiitinuelleraent recours h lui. « Ce verset, dit encore Cassien, est excellent pour exprimer nos sentiments en quelque élat et en quelque occasion que nous soyons. Par là nous in voquons l'aide de Dieu, nous nous humilions et nous reconnaissons nos besoins et notre raisère, nous nous élevons à lui, nous nous conflons en sa bonté et en son secours; et nous nous embrasons d'amour, en considérant qu'il est notre protecteur et notre refuge. Enfin , quelques combats et quelques assauts qu'on ait h soutenir contre le démon, on a dans ces paroles un bouclier impénétrable, une cuirasse à l'épreuve, un rempart assuré. C'est pourquoi il faut les avoir toujours dans le cœur et sur les lèvre5, en faire sa prière continuelle, s'en servir à toute heure, pour se constituer en la présence de Dieu. »

Saint Basile fait consister la pratique de cet exercice à se faire de toutes choses une occasion de penser à Dieu. « Mangeonsnous ou nous habillons-nous? rendons-luien grâces. Allons-nous à la campagne? bénissons Dieu qui la rend fertile. Regardonsnous le ciel ou les astres? louons Dieu qui a tout créé. Enfin, si nous nous éveillons pendant la nuit, ne manquons jamais d'élever notre cœur vers Dieu. »

DicTioN?ïÀniE d'Ascétismc. II.

Mais, comme dans le chemin spiriluel ii y a trois voies, la purgative pour ceux qui commencent, l'illurainative pour ceux qui sont déjà avancés, et l'unitive pour les parfaits. Quelques-uns romi lent aussi trois cs- Eèces d'aspirations et d'oraisons jaculatoires, es unes regardent la voie purgative, et tendent à obtenir le pardon de leurs [»échés, à purifier l'âme de tous vices, et à la détacher de toutes affections terrestres. Les autres demandent l'acquisition des vertus, la victoire dans les tentations, et le courage d'embrasser toutes sortes (Je travaux pour Dieu, et celles-là répondent à la voie illuminative. Les autres enfin appartiennent à la voie unitive, et ont pour but l'union de l'âme avec Dieu, par le lien d'une chariré parfaite. Ce que l'on a envisagé dans cette distribution, c'est que chacun y trouvât de auoi s'occuper à l'exercice le ].lus conforme à la situation de son âme. Mais, après tout, comme, quelque parfait qu'on puisse être, c'est un exercico très-agréable a Dieu aiiede s'occuper à concevoir une vive douleur de ses fautes, et à lui demander la grâce de ne plus l'offenser; ainsi, quoique ceux gui travaillent encore ou à se défaire des vices et des mauvaises habitudes qu'ils ont, ou a acquérir les vertus qui leur manquent, ne soient pas dans l'état de perfection, ils peuvent s'exercer aussi à produire des actes d'sraour de Dieu, afin de se rendre leur entreprise plus facile et plusagréable,et tous généralement peu vent s'ap])l iquer quelquefois à former les actes suivants : O mon Dieu 1 qu'on serait heureux de ne vous avoir jamais offensé! Ne permettez par. Seigneur que je vous offense jamais; plutôt mourir que de pécher 1 Que je meure plutôt mille fois que do commettre un seul péché mortel l D'autres fois on peut élever son coeur à Dieu, ou en lui rendant grâces des bienfaits reçus, tant en général qu'en particulier, ou en lui demandant l'acquisition de quelque vertu, comme une humilité profonde, une obéissance parfaite, une charité ardente, une patience ferme et inaltérable. D'autres fois on formera des actes d'amour de Dieu et de conformité à sa sainte volonté, en disant ces paroles de l'Ecriture : Mon bien-aimé est tout àmoiy et moi à lui, (Cant, ii.) — Que votre volonté se fasse ^ et non pas la mienne. {Luc. xxii.) — Que désiré-je dans le ciel et sur la terre^ si ce n^est vous ? (Ps. lxxii.) Toutes ces aspirations et oraisons jaculalatoires sont très-propres pour se conserver en la présence de Dieu; mais les meilleures et les plus efficaces, quoique non conçues en des termes si expressifs, sont celles que le cœur

Eroduit de lui-même quand il est touché de ►ieu. 11 n'est nas nécessaire d'en faire de plusieurs manières; une seule, répétée souvent et avec ferveur, suffit pour nous entretenir plusieurs jours en sa présence, et même toute notre vie. Si on se trouve bien dédire avec l'Apôtre : Seigneur ^ que voulezvous que je fasse ? ^Àci. ix) ou ces paroles de l'Epouse : Mûnlften-aime est tout à mot« ei moi à lui, ou bien, avec le Psalmiste : Que désiré-je sur la terre et dans le ciel, si ce nesi

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DlCTIONNÂlilS

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twuf, Seigneur? M n'en faut pas davantage; tciions-nous-en là ; que ce soit là notre exercice et notre moyen continuel pour nous maintenir en la présence de Dieu.

Entre plusieurs aspirations et oraisons jaculatoires dont on peut se servir pour la pratique de cet exercice, une des principales et des plus propres est celle de TApôtre aux Corinthiens : 5ot7 que vous mangiez, soii que vous buviez ou que vous fassiez toute autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. (/ Cor. X.) Tâchons donc dans toutes nos actions d'élever notre cœur à Dieu, en disant : Seigneur, c'est pour vous que je fais ceci , c'est pour vous plaire, c'est |;arce que vous le voulez : votre volonté, Seigneur, est la mienno; je n'ai pas d'autre contentement que le vitre ; je ne sais vouloir ou ne vouloir pas que ce que vous voulez ou ne voulez pas ; toute ma joie et ma satisfaction est l'accomplissement de votre volonté, et, pourvu que je vous [ilaise et que je vous contente, je ne désire rien davantage; il n'y a rion dans le ciel ni sur la terre sur quoi je veuille arrêter mes yeux. C'est là une manière très-excellente et très-parfaite de marcher toujours en la présence de Dieu, puisque c'est s'entretenir dans un continuel exercice de l'amour de Dieu. De tous les moyens que nous pouvons nous imaginer»

il n'y en a point de meilleur ni de plus utile que celui-là pour s'entretenir toujours dans cette perpétuelle oraison que Jésus-Christ exige de nous en ces termes : Il faut toujours prier, et ne se relâcher jamais, {Luc. XVIII.) Quelle meilleure oraison peut-on faire que de désirer continuellement la plus grande gloire de Dieu, de se conformer sans cesse à la volonté divine en toutes choses, d'établir tout son contentement et toute sa joie dans celle de Dieu?

C'est ce (jui a donné lieu à un célèbre docteur de dire, avec beaucoup de raison, que celui qui persévérera constamment dans cet exercice, en retirera tant de fruits, qu'en peu de temps il se sentira le cœur tout changé, et y trouvera une extrême aversion pour le monde, et un amour inconcevable {)0ur Dieu. Si on pratique comme il faut une si sainte méthode, on nest plus des hôtes et des étrangers, mais les citoyens des sçinls et tes serviteurs de Dieu. (Ephes. ii.) C'est de ceux-là que parle saint Jean, quand il dit que les serviteurs de Dieu verront sa face, et que son nom sera écrit sur leur front. (Âpoc. XXII.) Avoir la présence de Dieu sans cesse devant les yeux, et se souvenir toujours de lui, c'est, en effet, voir sa face et porter son nom écrit sur le front. Ceux qui vivent ainsi n'ont plus, à bien dire, de commerce avec la terre. Tout leur entretien est dans le ciel : ils ne considèrent plus les choses qui se voient, mais celles qui ne se voient piis, parce oue celles qui se voient sont temporelles, et celles qui ne se voient pas sont étemelles. (Il Cor. iv.)

Aureste,iliautremarquerque quand oufait ces actes, et qu'on dit : •Seigneur, c'est pour vcus que je fais ceci, c'est parce que vous le voulez, etc., il faut le dire, non pas comme éle-

vant son cœur ou portant sa pensée à unobj^ hors de soi, mais comme parlant à Dieu présent, car c'est là marcher en la présence de Dieu, et ce qui nous rend celte pratique plus douce, plus aisée et plus utile môme dans les autres manières de faire oraison. Par exemple, lorsque nous méditons sur Jésus- Christ attaché a la croix ou lié à la colonne, ceux qui ont écrit sur l'oraison observent qu'il ne faut pas s'imaginer cela comme étant arrivé dans le temps à Jérusalem, rarce que l'imagination est ainsi plus fatiguée, et le cœur moins excité ; mais il &ut se le flgurer comme une chose présente qui se passe devant nous, et comme si nous entendions les coups de fouet et de marteau. Si nous méditons sur la mort, ils disent qu'il faut s'imaginer réellement que nous allons mourir, que nous sommes abandonnés des médecins, que nous avons le cierge béni ou le crucifix entre les mains. Cela étant, è combien plus forte raison est-il juste que, dans l'exercice de la présence de Dieu, nous fassions ces actes, non pas comme parlant à quelqu'un qui serait éloigné de nous, mais comme parlant à Dieu présent, puisque c'est en cela que consiste ce saint exercice, et qu'en effet cette présence est très-réelle.

Pour faire mieux voir encore combien cette manière de marcher on la présence de Dieu est parfaite et avantageuse» nous allons montrer en quoi elle excelle sur les autres. !• Dans la plupart des autres, il semble que tout se réduise au simple acte d'entendement, et se termine à s'imaginer Dieu présent ; mais celle-ci, supposant cet acte d entendement et de foi touchant la présence de Dieu, s'occupe toute à former des actes d'amour de Dieu, et par conséquent il n'y a pas de doute qu'elle ne soit plus excellente et plus utile que les autres. Car, de même que dans l'oraison on ne doit pas s'arrêter aux actes de l'entendement, qui consistent dans la méditation et la réflexion qu'on fait sur les choses, mais qu'il faut aller jusqu'aux actes de la volonté, qui sont les mouvements affectueux pour la vertu, et les désirs véhéments d'imiter Jésus-Christ, et que c'est de ces derniers actes que dépend tout le fruit de l'oraison ; aussi tout Te fruit de l'exercice de la présence de Dieu est renfermé dans les actes de la volonté, et c'est là-dessus qu'il faut particulièrement insister.

2" La pratique en est plus facile et plus douce que les autres, parce que dans les autres il faut que l'entendement et l'imagination travaillent beaucoup pour se représenter les choses, ce qui dessèche beaucoup ; mais dans celle-ci, il ne faut aucun effort d'imagination ; il ne faut que des mouvements affectueux de la volonté qui se produisent sans peine. Car, quoiqu'il soit vrai que la présence de Dieu, sur quoi cet exercice est fondé, ne puisse se concevoir que par un acte de l'entendement, cependant, de même que, quand on est devant le Saint-Sacrement, on se contente d'y supposer par la fpi Jésus-Christ présent, et qu'on réJviit toute son attention à l'adorer, l'aimer et à

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DAStETlSME.

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lui demander les grâces dont on a le plus besoin; do même, dans l'exercice de la présence de Dieu, on regarde celte présence comOïc une chose supposée par la foi, et, sans insister sur les acles de 1 entendement, on passe à ceux de la Tolonté. Or, comme ils sont aisés à proJuire, on peut aussi y

dans les graves maladies , dan de haute importance, qui sont i avec l'habitude de la méditt que, au contraire, rexercice de 1 Dieu ne doit Jamais être nég] faut s'en acquitter sans cesse même de ses occupations, par

iiersévércr longtemps; c'est pourquoi, quand' jaculatoires, par lolîrande de les malades ne sont plus en état de faire au- '" "" '" * "'

cune autre sorte d'oraison, on leur conseille d'élever souvent leur cœur à Dieu par ces actes de tolonté, parce que c'est une chose

Îui peut se faire facilement en tout temps, insi, quand il n'y aurait pas d'autre avantage dans celte pratique que d'y pouvoir fiersévérer''plus longtemps que dans les aures, ce serait toujours assez pour en faire Elus d'estime que des autres ; mais à comien plus forte raison leur doit-elle Ctre préférée, puisqu'elle les surpasse encore en tant d'autres choses essentielles.

Ce qu'il faut prinoiiialcmcnt remarquer, c'est qu'en se constituant en la présence de Dieu, ce n'est pas pour rester Ih, mais c'est afin que cette presen<'e nous serve d'un moyen pour bien faire nos actions. Car, si tious nous contentions de la simple attention à la présence de Dieu, et que du reste nous venions i nous négliger dans nos actions, et à y commettre (Tes fautes, celte attention ne serait pas une dévotion utile, mais une illusion préjudiciable. On doit donc fairt; état que tandis qu'on a un œil attaché k contempler Dieu, il faut se servif de l'autre

Four regardera bien faire toutes choses pour Bnsour de lui, en sorte que la considération que nous sommes en sa présence, soit un moyeu pour nous obliger & mieux faire.loutes nos actions, et c'est à quoi la méthode dont on parle ici est beaucoup plus propre que toutes les autres. Dans les autres, l'entendement est tellement occupé ou à se former des images sensibles des choses qu'il veut se représenter, ou à tirer de ces images quelque bonne pensée qui y convienne, que 1 ftine, y donnant toute son attention, n'en a plus pour le reste, et ne produit, par conséquent, que des actions imparfaites et alfectueuses. Mais ici, comme l'imagination ne travaille point, il n'y a rien qui détourne do l'application qu'on doit avoir à bien faire SCS actions; au contraire, on y trouve un grand secours pour les faire comme il faut, parce que, en songeant qu'on les fait pour Dieu et devant Dieu, on tâche de les faire de telle manière qu'elles puissent paraître devant la majesté de Dieu, et qu'il n'y ailTien qui soit indigne dosa présence.

ApDomsuEs. — I. Lo directeur doit, nonseulement faire grand cas de cet exercice delà présence de Dieu et le recommander à ses pénitents , mais encore faire en sorte que ceux-ci s'y appliquent par un effort constant et assidu, s'ils veulent obtenir quelques progrès dans la perfection. Cet exercice n'est pas moins nécessaire que la méditation, il est même, en quelque sorte, plus nécesfflire; car, quelquefois, on peut, on doit môme omettre la méditation , par exemple,

de ses afflictions h Dieu, ou vellement de son intention; b doit s'y livrer davantage pend dies ou dans les aâ'âires de haut afm de suppléer ainsi au défai tion que ces circonstances rei siblo. Knûn que le directeur .

que les âmos doivent d'autant p mies dans la pensée de la prési qu'elles doivent être conduite haute perfection. Et cela est t( que les Pères des premiers si quaient peut-ûtre plus k de fr vationî de l'flme vers Dieu qu' méditations. Car ces actes ferve:

.répétés les unissaient, disaien(-i tement à Dieu, et cela pour d la première , parce que ces ( point accompagnés de disiracl il arrive si souvent pendant les sons; la seconde, parce qu'ils des pièges que le démon nous naire à l'occasion des méditati gués. Ainsi le pensaient Cas Jean-Chrysoslome. De là il n( pendant qu'il faille omettre h qui unit si bien l'âme à Dieu p ration plus approfondie des nelles ; mais il faut en conclure i de la présence de Dieu doit êtr tique, et qu'il n'est pas moi:

que la méditation ; et le diiectei avec le plus grand soin à ce q tents dirigent et élèvent souve et leur cœur vers Dieu au mi occupations ordinaires.

II. Cependant le directeur prudence en cette matière, et de ses pénitents une applicati sence de Dieu qui soit au-des»

de la nature et de la grâce. Ce; aura soin de bien examiner d'ornison ils sont parvenus : cai la règle qu'il doit suivre pou avec sagesse dans la pratique d divine. Si le pénitent a le don i plation , on pourra exiger de tienne continuellement, morale en la présence de Dieu, comme i de saint Bernard, qui, penda:

de trovail , priait întérieuremei rompre son travail, et travailla rompre sa prière { Vie de tain ch. 4.) Si le pénitent n'a pas er Dieu le don d'oraison , s'il y éj de la difficulté, et surtout si ; dans l'aridité et la sécheresst uoint alors en état de s'appliqu icment à la pensée de !a prése à moins d'un effort violent de s'exposer au danger de devei

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DKITIONNAJRE

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des exercices spirituels. Il faut donc se contenter de lui prescrire certains actes qui réveillent de temps à autre son esprit engourdi et rélèvent à Dieu. Cependant, généralement parlant, personne ne doit être exempté de roffrande de ses actions à Dieu, ni de l'intention sincère de lui être agréable et de faire sa volonté , ni môme de pousser vers le ciel quelques saintes aspirations , k Taide surtout des oraisons jaculatoires : cette louable habitude ne peut incommoder qui que ce soit , pas même les malades gravement attaqués. Toutefois le directeur doit remarquer que cette pratique ne convient point aux personnes qui ont ia tête faible, surtout aux femmes, si elles se tiennent en la présence de Dieu par. un effort de Timagination, parce que cette faculté pourrait lacilement en soutfrir, et qu'il y aurait danger pour ces sortes de personnes de tomber en de funestes illusions.

III. Si le pénitent a l'esprit sujet aux distractions et perd facilement le souvenir de la présence de Dieu , le directeur doit employer divers moyens pour le ramener à une pratique si utile. Qu'il lui impose d'élever son âme vers Dieu par une pieuse aspiration, par une courte prière, chaque fois qu'il entendra sonner 1 norloge ; de ne mettre la main à aucun ouvrage sans l'avoir jjréalablement offert à Dieu avec l'intention (le lui plaire; de placer dans les lieux où il travaille, un crucifix ou une image de la sainte Vierge, afin qu'à leur aspect la pensée (le Dieu se réveille en son esprit. Saint Kdraond, archevêque de Cantorbéry, portait toujours sur lui une médaille d'ivoire qui représentait les m.y stères de la vie et de la mort de Jésus-Christ, afin d'en conserver toujours le souvenir au milieu de ses nombreuses occupations.

IV. Mais si le directeur, malgré tous ses soins, ne peut obtenir de son pénitent qu'au milieu de ses occupations dissipantes il élève souvent son âme vers Dieu, c'est une marque suffisamment certaine qu'il n'y a dans son cœur aucune étincelle de l'amour divin, aucun désir de perfection ; car, quand on aime, on pense souvent à l'objet aimé, et quand on aésire quelque chose , on emploie les moyens d'obtenir ce qui est l'objet de ce désir. C'est en outre une preuve qu'il ne cherche dans ses actions que lui-même, c'est-à-dire , ou son propre plaisir, ou son avantage, ou son intérêt, ou son honneur, ou sa réputation , ou sa gloire. De là vient que son âme, aveuglée par des pensées toutes terrestres et accablée sous le poids d'affections mondaines , n'a pas la force de s'élever jusqu'à Dieu. Et en ce cas , il ne reste plus qu'à employer toutes sortes de moyens pour exciter en lui l'amour de Dieu et ïe désir de la perfection.

PRESSY (Frauçois-osbph-Gàston db Partzdb), évêque de Boulogne, naquit au château d'Esquires, en 1712. Il fut élevé au .<niinaire de Saint-Sulpice , où il se forma à l'esprit ecclésiastique qui, le distingua pendant tout le cours de sa vie. Il fut nommé

à Vévêçhé de Boulogne le Si décembre 171^2, et signala son épiscopat par toutes les vertus qui recommandent un évêque. Il mourut en octobre 1789, laissant plusieurs écrits ascétiques, dont les principaux sont: 1* Mande^ ment pour le renouvellement public et annuel des vaux du baptême^ 1758; — 2* Mandement sur V obligation d'instruire et sur la fête du Sacré-Cœur^ 1776; — 3* Mandement pour Vadoration perpétuelle du Saint-Sacrement^ 1775; — 4* un autre, pour la pratique du souvenir de la mort de Jésus-Christ^ 1776;

— 5" Instructions pastorales^ etc.,2 vol.in-4'. PRÊTRES ( Obligations des.) — Outre

l'obligation générale d'être saints, les prêtres

ont une multitude d'obligations particulières

que nous voulons résumer dans cet article :

Les prêtres sont obligés d'être saints.

— Voila ce que vous êtes par le caractère de votre baptême, disait aux premiers chrétiens le prince des apôtres, une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte : Vos autem genus electum^ reaale sacerdotium\ gens sancta. {I Petr. u, 9.) Voilà, peut-on dire à meilleur titre à tous les prêtres de la loi nouvelle, voilà ce qiie vous êtes par la dienité de votre caractère, et ce que vous devez être par la sainteté qu'il exige , une race choisie et séparée des pécheurs, pour exercer sur la terre le sacerdoce de Jésus-Christ. Genus eleclum y regale sacerdotium: une nation sainte, totalement dévouée au culte de Dieu et au service de ses autels; un peuple à part , destiné à faire aimer le Dieu seul aimable, en publiant partout les grandeurs, la puissance et les miséricordes de celui qui, des ténèbres , vous appela à son admirable lumière , et qui ne vous préposa à tous les ministères de son culte, que pour le faire régner dans tous les cœurs. Car voilà ce que Jésus-Christ s'est proposé en fondant le sacerdoce évangélique et en y associant ceux qu'il daigne appeler à cette dignité sublime; il a prétendu en faire des samts , qui, euxmêmes, travailleraient infatigablement à faire d'autres saints. Mais, pour cela, quelle doit être la sainteté des prêtres, et quelles sont les raisons sur lesquelles est appuyée l'obligation qu'ils ont à la sainteté? Cest ce

8ue nous nous jiroposons d'exposer ici.

lu'ils doivent être saints , c'est une vérité si palpable , si universellement connue , si profondément gravée dans tous les esprits et dans tous les cœurs , qu'on peut la regarder comme le sentiment de tous les peuples de l'univers. Qui dit un prêtre , dit un saint, et ces deux idées du sacerdoce et de là sainteté sont deux idées si essentiellement liées ensemble, qu'on ne peut les séparer sans violence. La vocation qui les destine à un état si saint, l'onction qui .les consacre pour un ministère si relevé, les vertus sublimes qu'ils doivent pratiquer dans le sanctuaire» les titres augustes dont ils sont décorés, la dignité dont ils sont revêtus dans l'Eglise de Jésus-Christ; enfin la sublimité et la sainteté des fonctions toutes divines qu'ils y exercent pour la gloire de Dieu et la sanctification des peuples ; telles sont les raisons

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