‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 261 sur 315 · ILLUSION VI · texte numérisé non relu

ILLUSION VI

// t'en trouve qui prétendent que pour vaquer â Voraisim^ il faut laisser toute sorte de prières vocales.

Voyez un peu, Théonée, comme toutes les choses se prennent ordinairement à contresens, et comme ce qui est souvent le mieux dit, se tourne par je ne sais quelle malignité, au désavantage des âmes. J'ai montré au premier livre l'illusion des prières vocales quand elles sont mal ménagées, et combien pense5^-vous qu'il s'en trouve qui s'en pourront autoriser, pour dire qu'il s'en faut absolument défaire afin de vaquer à l'oraison? Il y en a, Théonée, et c'est chose bien étrange que l'on prenne occasion même de quelques erreurs, pour tomber dans de nouvelles erreurs.

1* Je veux donc encore une fois le répéter, que mon sentiment est , qu'il y a bien de l'illusion dans Tusage des prières vocales : je ne m'arrête pas ici à vous rebaltre les preuves que je vous en ai alléguées.

2* Il est encore hors de doute que Toraison est bien d'un autre prix, et qu'elle nous doit être tout d'un autre considération. ,

3* Il n'est pas moins certain, que pour aller le grand pas dans les saintes voies, il y faut donner beaucoup plus de temps. Ne nous arrêtons pas davantage à toutes ces diflicultés qui ont déjà été épuisées. Il y a donc de l'illusion dans les prières vocales, comme dans le reste des choses; cela e^i très-constant.

Mais il y en a pour le moins autant à dire qne, pour vaquer à l'oraison, il ne faille pln< absolument en user. Je vous demanfie quel est l'esprit capable de supporter cet égarement ?

Je ne vous refuserai pas une chose» Théonée, que vous les laissiez lorsque vous sentez une plénitude de grâce, dont l'opératiou ne pourrait être qu'interrompue et troublée par ces prières, outre que vous auriez bcao même faire des efforts, avant que de pouvoir parler. N'en dites donc point dans ces circonstances; qui vous le peut raisonnablement disputer? Mais il vous ^ra toujours disputé si vous n'en dites point hors de ces conjoDo tures.

Ehî mon Dieu, dites-moi? Pouvez-vuus m'assurer que vous sojrcz toujours dans )\> raison et hors de l'oraison, tout pénétré de l'onction de la grâce ? vous en savez bien que dire, et que tout au contraire vous n'êtes plein que d'ennuis et de (iégoûts. Ne faat-il donc pas vous en relever? et qui a coutuiue de le mieux faire que les prières vocales, et que quelques sentences de rEcrilure.

douces et enflammées que le coeur fait sortir bien plus que la bouche 1 N'est-ce donc fms ôter son soutien à l'oraison mentale, en ui refusant la vocale, et une illusion bien grande, d'en vouloir user ainsi ?

Quoi? tous les saints se sont servis de prières vocales; l'Eglise s'en sert tous le^ jours, Jésus-Christ a pris lui-même la peine de nous en laisser le modèle, et nos nouveaux contemplatifs s'en voudraient atïsolument dispenser pour en vaquer mieux, disent-ils, à l'oraison? Mais qu'ils uuns disent, je les en prie, si les saints n'ont jias été des personnes d'oraison, si l'Eglise ne la conseille pas à tous les fldèles, si Notre-Scigneur n'en a pas montré l'exemple cnsa personne? Il ne se trouve donc |)as qu'ils 5*^ soient tout h fait dispensés de l'oraison vocale pour la mentale : et des esprits d'un* nouvelle réforme d'oraison , prétendroci; mieux faire que les saints, que l'Eglise, e. que Jésus-Christ.

Savez-vous ce que ces personnes ont coutume de dire? Qu'elles sont tellement attirées à ne prier que du cœur, et d© rosriHu qu'elles ont toutes les peines à proférer

auelques paroles. Mais avant que de rier ire là dessus , qu'elles nous répondent àc. elles ne tiennent pas souvent cent discoarinutiles, et quelquefois contre la charité* Elles ne le savent que trop, et elles ne iK)«rront pas dire quelques prières vocales ! N'e« vonlriez-vous '^as quasi rire, Théunéci

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